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86e session
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Rapport de la Commission des résolutions |
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Présentation, discussion et adoption
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Le PRESIDENT -- Le premier point à l'ordre du jour cet après-midi est l'adoption du rapport de la Commission des résolutions, qui figure dans le Compte rendu provisoire no 14. Je demande à M. Castillo Cardona, président et rapporteur de la commission, de bien vouloir présenter le rapport.
Original espagnol: M. CASTILLO CARDONA (délégué gouvernemental, Colombie; président et rapporteur de la Commission des résolutions) -- J'ai le plaisir de vous présenter, pour adoption, la résolution adoptée par notre commission, qui vise à élaborer une stratégie et des mesures pertinentes pour soutenir l'emploi des jeunes dans le monde. Bien que notre commission ait été saisie de huit propositions de résolution, pour des raisons de temps, c'est la seule que nous ayons pu examiner dans nos séances plénières.
Cependant, nous considérons que la question de l'emploi des jeunes est au niveau mondial l'une des grandes préoccupations des pays développés et en développement. L'accès des jeunes et des femmes au marché du travail est devenu un phénomène généralisé qui augmente le nombre de demandeurs d'emploi sans que l'économie, surtout s'il s'agit d'un pays en développement, ait la capacité de les absorber.
Les jeunes de bien des pays en développement fondent un foyer de plus en plus tôt et assument ainsi des responsabilités que seules des personnes plus âgées assumaient il y a quelques dizaines d'années. Ils arrivent sur le marché du travail avec une expérience insuffisante et une formation souvent inachevée ou inadaptée aux emplois qu'on leur offre. Très souvent, quand ils trouvent du travail, ils sont moins bien traités, bénéficient d'une moins bonne couverture sociale et occupent des emplois précaires et mal rémunérés. Il est logique que beaucoup de jeunes soient insatisfaits et frustrés. Dans les pays et les groupes sociaux où les jeunes sont moins obligés de travailler, l'absentéisme est fréquent et l'entrée dans la vie active souvent repoussée à plus tard.
La commission a analysé de près ces questions. Grâce à elle, la résolution que je vous propose est dûment motivée et elle reconnaît la responsabilité des gouvernements, des employeurs et des travailleurs vis-à-vis de notre jeunesse. C'est pour cette raison que la commission demande aux intéressés de s'efforcer d'adapter un système éducatif aux réalités du marché du travail, de faciliter l'accès des jeunes à ce marché, de soutenir les organisations de jeunes et leur participation à la société et de protéger les jeunes travailleurs.
De même, la résolution demande à l'OIT d'appuyer résolument les politiques en faveur de l'emploi des jeunes, d'en faire la promotion auprès de ses Membres, de poursuivre ses recherches dans ce domaine, de créer une base de données sur ce thème et de diffuser des informations sur les méthodes qui ont fait leurs preuves.
Nous sommes sûrs que le thème de l'emploi des jeunes a de l'avenir au sein de l'OIT et que cela tournera à l'avantage des gouvernements, des employeurs, et surtout des jeunes travailleurs et de leurs organisations. Pour cette raison, il faut que l'OIT, conformément au mandat qui est le sien, adopte des politiques affirmant encore plus son rôle fondamental dans l'avènement d'un ordre mondial sans exclusions, qui garantisse à tous l'égalité des chances.
J'aimerais maintenant faire quelques commentaires sur la forme et la qualité des travaux de la commission.
Tout d'abord, je dois dire qu'il n'a pas été facile de satisfaire toutes les parties. Cependant, grâce à la tolérance mutuelle, au dialogue et à un sens profond de la démocratie, les difficultés ont été aplanies sans que les parties n'aient eu le sentiment de céder sur leurs principes.
J'ai le plaisir de vous informer que nous sommes parvenus à un accord sur les 84 amendements et multiples sous-amendements présentés sans avoir à aucun moment recouru à la procédure de vote.
Cela montre que les trois parties sont très conscientes de l'importance du sujet, de l'urgence de trouver des solutions pertinentes, et aussi qu'il est possible de l'examiner dans un esprit de consensus, de compréhension et d'intérêt mutuel.
C'est pourquoi je remercie sincèrement les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de m'avoir ainsi aidé à accomplir ma mission. La collaboration de M. Servais et de tout le personnel du Bureau a été vraiment efficace et ponctuelle. Je me rappellerai toujours de Mme Patricia O'Donovan et de M. Steve Marshall, vice-présidents de cette commission, comme d'ardents défenseurs de leurs idées et de leurs principes qui ont su, chacun selon son point de vue, défendre les intérêts des jeunes.
Ils nous ont prouvé que le consensus tripartite est possible, qu'il est nécessaire et qu'il est pour nous la seule façon de progresser.
Original anglais: M. MARSHALL (délégué des employeurs, Nouvelle-Zélande; vice-président de la Commission des résolutions) -- Monsieur le Président, chers collègues de la Commission des résolutions, le groupe des employeurs est très heureux que la Commission des résolutions ait pu terminer une résolution sur l'importante question de l'emploi des jeunes, qui est maintenant soumise à l'approbation de la Conférence.
Par contre, nous sommes déçus que la vitesse à laquelle la commission a travaillé n'ait pas permis d'adopter une seconde résolution, et nous le sommes d'autant plus que la deuxième résolution par ordre de priorité choisie par la commission portait sur une autre question importante et concrète, à savoir la révision et la réforme des procédures relatives à l'élaboration et à l'application des normes internationales du travail.
Le groupe des employeurs a beaucoup apprécié l'appui qu'ont reçu les résolutions qu'il a proposées et, en particulier, l'appui émanant du groupe gouvernemental. Le fait qu'ils aient accordé aux deux projets de résolutions susmentionnés le même degré de priorité que la commission nous conforte dans l'idée qu'il s'agit là de deux sujets particulièrement importants qui méritent d'être examinés rapidement et avec une attention toute particulière par la Conférence, le Conseil d'administration et le Directeur général.
Même si nous n'avons pas réussi à mettre la dernière main à une résolution sur les normes du travail, le débat général sur cette question a été très fructueux. Le compte rendu de ce débat, qui figure dans le rapport de la commission, servira de base utile pour les futures tentatives visant à améliorer l'efficacité des activités de l'OIT et la crédibilité de l'OIT, en faisant en sorte que l'Organisation réponde mieux aux besoins des Membres, qu'elle affirme sa pertinence dans un monde en mutation rapide et qu'elle confirme son attachement à l'application de principes solides. Le groupe des employeurs estime que la résolution dont nous sommes saisis aujourd'hui donne au Conseil d'administration et au Directeur général des indications quant aux moyens pratiques par lesquels les mandants peuvent améliorer les perspectives qui s'ouvrent aux jeunes lorsqu'ils quittent le monde de l'éducation pour entrer dans le monde du travail.
Nous sommes tous préoccupés par la situation difficile où nous nous trouverions, sur le plan social comme sur le plan économique, si aujourd'hui ou demain un trop grand nombre de jeunes n'avaient pas la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel dans la vie.
La résolution souligne combien il importe en tout premier lieu de prendre des mesures visant à accélérer la croissance économique et de reconnaitre l'importance du rôle joué par le commerce international et les investissements étrangers directs à cet égard.
De même, la résolution reconnaît que la création de possibilités d'emploi durable est subordonnée à la création, par les gouvernements, des conditions favorables à l'existence d'un secteur privé, compétitif et viable et d'un secteur public efficace et efficient. Tout en reconnaissant le rôle que jouent la législation et la réglementation pour protéger l'emploi, la résolution appelle les Etats Membres à recenser les obstacles à l'embauche des jeunes et, lorsque cela est possible et souhaitable, à supprimer ces obstacles.
L'éducation et la formation sont des domaines absolument fondamentaux lorsque l'on souhaite faciliter cette transition difficile entre le monde de l'école et le monde du travail. La résolution s'attarde donc sur ces questions puisqu'elle appelle les autorités de l'Etat, les employeurs, les travailleurs et leurs organisations respectives à renforcer leur coopération en ce qui concerne l'établissement des programmes de l'enseignement et leur application, la conception, le contrôle et l'évaluation des systèmes de validation des qualifications, et la collaboration avec les prestataires d'enseignement.
La promotion de l'entreprise, de l'esprit d'entreprise et de l'emploi indépendant parmi les jeunes ainsi que la reconnaissance du rôle que jouent les PME sont importantes à cet égard.
L'un des côtés positifs de la mondialisation est le développement d'un marché du travail mondial qui offre de nouvelles possibilités d'emploi à nos jeunes.
C'est dans cet esprit que le groupe des employeurs est heureux de se joindre à l'appel lancé par la commission pour que soit inscrite à l'ordre du jour d'une prochaine session de la Conférence une discussion générale sur l'emploi des jeunes, pour que soit créée une base de données sur l'emploi des jeunes qui pourrait être utilisée par les mandants et pour que soient diffusées des informations et des études sur les meilleures pratiques en matière d'emploi pour les jeunes.
Le groupe des employeurs tient à remercier tous les membres de la commission pour la façon très constructive dont ils ont participé aux discussions et, en particulier, le président de la commission pour la façon dont il a dirigé les travaux. Je ne saurais oublier de mentionner l'appui très professionnel qui a été fourni à la commission par le secrétariat.
Le groupe des employeurs vous recommande d'adopter la résolution sur l'emploi des jeunes.
Original anglais: Mme O'DONOVAN (déléguée des travailleurs, Irlande; vice-présidente de la Commission des résolutions) -- Le groupe des travailleurs appuie sans réserve l'adoption du rapport de la Commission des résolutions ainsi que le texte de la résolution concernant l'emploi des jeunes.
Comme M. Cardona, notre président, vient de le dire, la résolution concernant l'emploi des jeunes est la seule résolution que la Commission ait adoptée. Le groupe des travailleurs regrette beaucoup qu'une majorité ne se soit pas dégagée au sein de la Commission des résolutions en faveur de la résolution célébrant le 50e anniversaire de l'adoption de la convention no 87 sur la liberté syndicale, pour en faire une des résolutions prioritaires.
Notre groupe espérait que cette résolution serait largement appuyée car elle aurait permis à tous les mandants de l'OIT de réitérer leur engagement face à l'un des droits des travailleurs les plus fondamentaux, c'est-à-dire la liberté syndicale. Le fait que nous n'y soyons pas parvenus cette fois-ci, ne sera pas interprété, je l'espère, comme un affaiblissement de l'importance que nous attachons à cette convention fondamentale.
Bien que la résolution sur l'emploi des jeunes soit la seule qu'ait produite la Commission, je suis convaincue qu'il s'agit là d'une contribution importante au travail de cette Conférence. Le groupe des travailleurs de la Commission des résolutions a reconnu dès le début l'importance du sujet et a participé de manière constructive au remaniement du texte de la résolution présenté par les employeurs. Le texte de la résolution élaboré au cours de discussions et de négociations fructueuses conduites dans le cadre tripartite qui fait l'originalité de cette Conférence et qui a été adopté par la Commission, est j'en suis convaincue, un texte équilibré qui tient pleinement compte des différents avis des mandants tripartites sur cette importante question.
La commission a eu le privilège d'entendre l'excellente présentation faite par M. Sengenberger, directeur du Département de l'emploi et de la formation du BIT, qui a parlé du travail important que fait l'OIT en matière d'emploi des jeunes et, plus particulièrement, le Programme d'action sur les stratégies de lutte contre la marginalisation et le chômage des jeunes de l'OIT. Les résultats des études de cas et des recherches faites par le Bureau nous ont donné des informations précieuses et ont alimenté une discussion très positive au sein de la Commission.
La résolution dont vous êtes saisis reconnaît que l'emploi des jeunes n'est que l'un des aspects du chômage mondial que l'on rencontre sous diverses formes dans toutes les régions de notre globe. Cette résolution donne des directives claires et précises aux mandants tripartites de l'OIT en matière d'emploi des jeunes. Le groupe de travail souhaite souligner que l'éducation et la formation font partie intégrante de toute stratégie efficace visant à résoudre le problème du chômage des jeunes et que l'éducation de base et la formation doivent être librement accessibles à tous les jeunes et nous avons d'ailleurs présenté avec succès des amendements au texte sur ces points précis.
Le groupe des travailleurs a également tenté d'introduire dans la résolution la reconnaissance de la diversité des besoins des jeunes, ainsi que la nécessité d'axer en particulier l'attention sur les jeunes les plus défavorisés. D'après l'expérience acquise dans beaucoup de nos pays, les programmes de formation et d'emploi qui réussissent le mieux, sont ceux qui sont conçus spécifiquement pour des groupes de jeunes par exemple ceux qui quittent l'école précocement, les jeunes femmes, les jeunes appartenant à des communautés ethniques et, enfin, les enfants de familles de migrants. Je suis heureuse de constater que cette idée a été insérée dans la résolution.
Le premier paragraphe du dispositif de la résolution présente une longue liste de points qui s'adressent aux gouvernements, à l'OIT et à ses mandants à qui il est demandé d'agir aux niveaux national et international. Il est demandé aux gouvernements de mettre en œuvre une stratégie de croissance économique équilibrée, de nature à relancer la création d'emplois. Il est demandé également d'accroître l'aide au développement et la coopération technique au bénéfice des pays les plus défavorisés et de reconnaître les difficultés particulières que rencontrent les pays en développement du fait des programmes d'ajustement structurel, et du fardeau de la dette internationale. La résolution reconnaît également que les mesures prises du côté de l'offre ne sont pas suffisantes pour résoudre à elles seules le problème du chômage des jeunes.
Le groupe des travailleurs est particulièrement inquiet du fait que dans le texte original de la résolution, on pouvait interpréter certains passages comme visant à réduire la protection administrative et législative accordée aux jeunes travailleurs. Nous sommes heureux de constater que la Commission a accepté des amendements émanant de notre groupe qui soulignent le besoin pour chaque pays de mettre en place un cadre législatif et administratif permettant d'amener la protection des jeunes, de réitérer la pertinence des normes de l'OIT pour l'emploi des jeunes et de souligner de nouveau l'importance de la liberté syndicale et de la protection contre la discrimination en particulier à l'encontre des jeunes.
Cette résolution souligne l'importance des activités de l'OIT visant à combattre le chômage des jeunes, et offre un bon fondement pour renforcer ultérieurement le rôle de l'organisation. Un appel est lancé pour la création d'une base de données, et la collecte et diffusion d'informations sur les meilleures pratiques en matière d'emploi pour les jeunes. Dans le dispositif 2, il est demandé au Conseil d'administration du BIT de définir une stratégie internationale en matière d'emploi des jeunes et de coopérer avec d'autres organisations internationales pertinentes pour amener sa mise en œuvre.
Cette résolution reconnaît que les jeunes, dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement doivent être considérés comme une source d'enrichissement de notre vie sociale, culturelle, civique et économique. Nous partageons tous la responsabilité de faire en sorte que cette ressource humaine essentielle soit encouragée et aidée à s'épanouir pleinement, et si nous n'y parvenons pas, nous serons tous perdants. Faire reculer la montée du chômage chez les jeunes, est l'un des moyens les plus efficaces de leur offrir la possibilité de jouer un rôle positif et valorisant dans la société en général et dans la vie économique en particulier.
Enfin, je voudrais remercier tout particulièrement M. Cardona, pour la patience, le calme, et l'efficacité dont il a fait preuve dans la présidence des travaux de cette commission. Nous souhaitons également remercier tous les gouvernements qui ont participé activement à la discussion. Un grand merci à M. Marshall du groupe des employeurs pour la manière vivante dont il a toujours présenté la position du groupe des employeurs. C'était toujours stimulant. Le groupe des employeurs est resté également, toujours ouvert à d'autres arguments et prêt à faire des concessions sur des points importants.
Je souhaite remercier également au nom du groupe des travailleurs, les collaborateurs du Bureau qui ont travaillé avec une grande compétence au sein de notre commission et qui ont fait en sorte que nos efforts conjoints soient reflétés dans ce rapport de très haute qualité soumis aujourd'hui à la Commission pour adoption.
Le PRESIDENT -- J'ouvre la discussion générale du rapport de la Commission des résolutions.
Original anglais: M. LIATO (délégué des travailleurs, Zambie) -- Après deux semaines de dur travail, nous avons maintenant une bonne résolution concernant l'emploi des jeunes.
Cette résolution envisage un grand nombre de problèmes, y compris ceux de l'éducation et de la formation, ce qui sera très utile pour traiter du chômage des jeunes dans les pays Membres de l'OIT.
Le problème de la jeunesse, qui manque d'instruction et de formation adéquate et qui n'a pas d'emploi, existe aujourd'hui dans beaucoup de pays, mais il se pose avec bien plus d'acuité encore dans les pays en développement, notamment d'Afrique, d'où je viens.
La situation en Afrique est aggravée par les réformes économiques dans lesquelles nos gouvernements se sont lancés en appliquant des programmes d'ajustement structurel qui se traduisent par une réduction majeure des dépenses publiques, essentiellement dans les services sociaux, y compris l'éducation et la formation.
Dans une tentative désespérée de réduire au maximum leurs dépenses, les gouvernements ont supprimé des emplois dans le secteur public, ce qui a aggravé le chômage, en particulier le chômage des jeunes qui entrent sur le marché du travail.
L'autre facteur qui contribue aux difficultés financières dans le secteur social est le problème de la dette en Afrique.
Les gouvernements sont obligés de rembourser leurs dettes, et ceci aux dépens des services sociaux, comme l'éducation, la formation et l'orientation professionnelle des jeunes.
A cet égard, il convient de mentionner que la résolution appelle à une augmentation de l'assistance aux pays pauvres dans le domaine de l'éducation et de la formation afin de promouvoir et de préparer les jeunes à des emplois qui aient un sens.
Je saisis cette occasion pour remercier le Président et les deux Vice-présidents ainsi que tous les membres de cette commission qui ont produit une résolution équilibrée et positive sur l'emploi des jeunes.
Original anglais: Mme WALSH (conseillère technique des travailleurs, Etats-Unis) -- La résolution sur l'emploi des jeunes reconnaît que, s'il n'existe pas de solution miracle au problème du chômage des jeunes, les partenaires sociaux et les gouvernements peuvent et doivent néanmoins prendre des mesures significatives pour améliorer les perspectives d'emploi des jeunes dans le monde entier. Cette résolution tripartite définit le cadre de ces tâches, et reconnaît et défend sans ambiguïté les droits et aspirations des jeunes.
Voici deux semaines, les délégués à la Conférence ont été les témoins de l'éloquence des enfants au terme de leur marche à travers le monde jusqu'à Genève. Ces enfants nous ont amenés leurs aspirations, leurs rêves, leurs chants. Ils ont formé un tableau qui nous a tous émus, quelle que soit l'expérience que nous ayons les uns et les autres de ces conférences internationales du travail.
Nous sommes tous conscients du fait que ces enfants seront bientôt les jeunes auxquels notre résolution est consacrée. Le groupe des travailleurs voulait être certain que les mots utilisés manifestaient notre respect à l'égard de ces jeunes. Nous savons que, pour qu'ils puissent participer à la vie économique du monde, il faut qu'ils soient persuadés et qu'ils sentent qu'ils y ont une place. Nous savons que le monde de demain leur appartient et nous souhaitions donc que cette résolution ne porte pas simplement sur la question de savoir comment les jeunes peuvent mieux s'adapter au marché dans ce qui ressemble de plus en plus à une sorte d'enchère mondiale de la main-d'œuvre. Nous pensions que c'étaient les jeunes qui devaient avoir la priorité, nous voulions donc que les termes utilisés dans cette résolution reconnaissent leurs préoccupations les plus profondes, même si nous sommes conscients qu'aucune résolution ne peut véritablement aborder tous les problèmes de la jeunesse.
Le dirigeant de la marche mondiale nous a dit voici deux semaines que la pauvreté ne saurait être utilisée comme excuse pour exploiter les enfants. Il en va de même pour les jeunes qui font l'objet de cette résolution car, d'ici à quelques années, ces enfants seront les jeunes que notre résolution espère pouvoir aider à trouver et à conserver un emploi.
Les délégués à cette Conférence dans les couloirs du Palais des Nations ne peuvent échapper aux enregistrements sonores des voix d'enfants. Voilà des voix qui doivent nous rappeler à tous que la dignité humaine est indivisible. Les voix des enfants sont certainement les plus émouvantes de toutes.
Notre résolution reconnaît que les jeunes qui viennent tout juste de sortir de l'enfance ont des droits eux aussi, le droit de s'organiser, le droit à la liberté syndicale. Il serait absurde d'adopter une résolution sur les jeunes, l'année même où l'on entame une discussion sur une convention relative au travail des enfants et où se déroule la Marche mondiale contre le travail des enfants, sans reconnaître ces droits fondamentaux.
L'OIT a effectué récemment une étude approfondie sur les causes du chômage chez les jeunes, intitulée The challenge of youth unemployment, qui note que la cause première du chômage des jeunes est l'insuffisance de la demande globale plutôt que des salaires trop élevés ou une population de jeunes trop importante. En d'autres termes, ce n'est pas leur faute, ce n'est pas de la faute des jeunes s'ils sont au chômage.
Cette étude n'a pas fait ressortir de relation directe entre le taux de chômage chez les hommes et le taux de chômage chez les femmes mais, la plupart du temps, pour les jeunes comme pour les adultes, le chômage est plus élevé parmi les femmes que parmi les hommes, bien que la situation change d'un pays à l'autre.
Dans mon pays, les jeunes de moins de 19 ans continuent à avoir le taux de chômage le plus fort, de 14,2 pour cent, et ce chiffre dépasse 30 pour cent pour certains groupes de jeunes. Je voudrais, si vous le permettez, rectifier une erreur typographique qui apparaît à la page 6 de notre rapport de la Commission des résolutions où il manque une virgule, le chiffre du chômage pour les jeunes âgés de moins de 24 ans aux Etats-Unis est 2,2 millions.
Et puisque je parle des jeunes dans mon pays, aux Etats-Unis, le mouvement syndical dispose d'un programme qui vise essentiellement à aider les jeunes. Ce programme qui s'appelle «Union Summer» existe depuis deux ans et permet à des jeunes de travailler dans des campagnes d'enregistrement des électeurs, dans l'organisation des communautés, dans l'organisation de campagnes dans tout le pays.
La force de cette résolution sur les jeunes tient à son caractère tripartite. Elle appelle en effet, au nom des partenaires sociaux, à une amélioration de l'éducation et de la formation pour que les jeunes aient une meilleure place dans la société et dans l'économie. Nous connaissons tous les graves effets sociaux du chômage. Nous savons tous que la privation de pouvoir débouche sur des attitudes destructrices. Nous ne pouvons pas laisser les jeunes à l'abandon sans aptitude, sans compétences, sans perspectives, sans place dans la société. Nous ne voulons pas que les jeunes soient sans espoir. Notre résolution cherche à faire en sorte que la société se consacre à la formation et à l'éducation. Elle tient compte du fait que les jeunes travailleurs sont exploités lorsqu'on ne leur offre pas de possibilités et de droits en tant que travailleur.
Cette résolution reconnaît que les jeunes doivent bénéficier du droit d'association et du droit de liberté syndicale.
Original arabe: M. ABDELMONEIM (conseiller technique gouvernemental, Egypte) -- La délégation égyptienne a participé la semaine passée aux réunions de la Commission des résolutions au cours desquelles ont été examinés un grand nombre de projets de résolutions importants relatifs à des thèmes s'inscrivant dans le cadre de l'action de l'Organisation internationale du Travail et qui reflètent les préoccupations et les intérêts des trois parties. Le rapport de la Commission des résolutions soumis à la Conférence internationale du Travail montre que le projet de résolution relatif à l'emploi des jeunes a bénéficié de la priorité parmi les projets de résolutions soumis à la commission.
Il convient de signaler que le projet de résolution soumis à la Conférence par la Commission des résolutions est différent de celui qui a été discuté par la commission à l'origine et qui a été soumis par le groupe des employeurs. Ce projet de résolution est en fait l'objet d'un consensus, et il met l'accent sur les dimensions du problème de l'emploi des jeunes et les moyens d'affronter ce problème. A cet égard, je voudrais indiquer que les discussions qui ont eu lieu au sein de la Commission des résolutions ont été fructueuses. Elles se sont caractérisées par la compréhension et par l'interaction entre les trois parties, ce qui a permis à la commission d'adopter ce projet. Les nombreux amendements au projet de résolution, ceux en particulier présentés par les travailleurs, ont permis d'aboutir à une formulation équilibrée, qui traduisait les priorités des partenaires sociaux et présentait leur vision du problème et de ses causes et des moyens de le traiter.
Le projet de résolution fait état, dans ses paragraphes préliminaires, des difficultés auxquelles sont confrontés un grand nombre de pays, en raison de programmes de restructuration, ainsi que l'effet de ces difficultés sur la capacité à assurer l'enseignement et la formation et à créer des opportunités de travail pour les jeunes. Le projet de résolution reconnaît que le chômage des jeunes est l'un des aspects d'un problème plus général et plus vaste, celui du chômage partiel et du sous-emploi. Il est le reflet d'une situation économique mauvaise qui ne peut s'améliorer sans l'augmentation du niveau de la croissance socio-économique et l'augmentation des opportunités d'emploi au niveau mondial. Il appelle de même à accorder une importance particulière à l'enseignement public et privé et à la formation professionnelle, afin de permettre aux jeunes d'accéder au marché du travail.
Ce projet de résolution contient deux paragraphes qui délimitent clairement les moyens de faire face au problème du chômage des jeunes et les initiatives à prendre de la part des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, ainsi que de la part du Conseil d'administration du BIT, afin de surmonter ce problème majeur qui touche les jeunes d'aujourd'hui qui seront les hommes de demain.
En fonction de tout ce qui précède, la délégation égyptienne accueille favorablement le rapport de la Commission des résolutions et le projet de résolution relatif à l'emploi des jeunes. Nous espérons, à travers son adoption par consensus, affirmer la crédibilité et le sérieux de l'OIT dans la manière d'affronter le problème du chômage, en général, et le chômage des jeunes en particulier, et ce en vue de réaliser le développement de l'individu et, à travers lui, de la société dans son ensemble.
Je voudrais, en concluant, féliciter M. Cardona, président de la commission, pour la manière fructueuse dont il a guidé les débats.
Je voudrais remercier, de même, Mme O'Donovan, représentante des travailleurs, et M. Marshall, représentant des employeurs, pour leur participation positive et pour les efforts qu'ils ont déployés auprès des gouvernements afin de parvenir à ce consensus.
Je voudrais enfin remercier le secrétariat pour tous les efforts entrepris. Sans lui, la commission n'aurait pas pu achever ses travaux.
Le PRESIDENT -- Nous allons maintenant procéder à l'adoption du rapport et de la résolution soumise par la commission. Je commence par l'adoption du rapport proprement dit. Puis-je considérer que les paragraphes 1 à 282 sont adoptés?
(Le rapport, paragraphes 1 à 282, est adopté.)
Résolution concernant l'emploi des jeunes
Le PRESIDENT -- Nous passons à l'adoption de la résolution concernant l'emploi des jeunes. S'il n'y a pas d'objections, je considérerai que la résolution concernant l'emploi des jeunes est adoptée.
(La résolution est adoptée.)
Je voudrais féliciter le président, les vice-présidents et tous les membres de la commission, ainsi que le secrétariat, pour le travail qu'ils ont accompli.