Le message ci-après a été envoyé à tous les représentants syndicaux du terrain:
Genève, 13 mai 2003.
Chers et chères Collègues,
Ce n'est qu'aujourd'hui 13 mai, et de manière très indirecte c'est-à-dire au travers de remarques faites par notre collègue Basharat Ahmad agissant en tant que Président de la FUNSA d'Islamabad sur une communication interne de la FICSA que le Syndicat du BIT a appris les résultats de la 56ème session de la CFPI sur la "Revue de la Méthodologie pour les enquêtes sur les meilleures conditions d'emploi dans les lieux d'affectation hors Siège". Le rapport qui laissait présager ces décisions avait été publié le 4 mars 2003, et figure sur http://icsc.un.org/other/ses/56r8.pdf
Les décisions prises par la CFPI représentent une tentative délibérée de réduire le niveau des salaires pour les fonctionnaires recrutés localement pratiquement dans tous les lieux d'affectation hors Siège, par l'utilisation combinée de trois instruments apparaissant chacun comme bien plus politique que technique:
- Augmentation du nombre de comparateurs dans un certain nombre de lieux d'affectation (on parle de "Différenciation des marchés du travail") par la classification des lieux d'affectation en quatre catégories au lieu des trois instaurées en 1997 (exigence de 5 à 15 employeurs de référence au lieu de 5 à 12 actuellement). La liste des lieux d'affectation touchés reste à établir.
- Augmentation du poids du secteur public / sans but lucratif de 25 à 33% du nombre des employeurs participant à l'enquête. Il est bien connu que les employeurs du public et du secteur non lucratif offrent des conditions d'emploi et de rémunération moins attractives que les mieux disants parmi les employeurs du secteur privé …
- Utilisation de méthodes alternatives pour le recueil des données, au lieu de se reposer sur des équipes locales d'enquêteurs à même de conduire sur place des dialogues approfondis. Le recueil d'informations directement auprès du siège des multinationales ou par téléphone provoquera sans nul doute, dans nombre de lieux d'affectation, une sous-estimation de la rémunération indirecte qui représente parfois une partie significative de la masse salariale globale.
Pris isolément, chacun de ces trois instruments résulterait en une baisse des niveaux de rémunération considérés chez les employeurs parties aux enquêtes. Agissant de conserve, les trois approches peuvent avoir un impact extrêmement négatif.
Le BIT n'était pas représenté du tout sur le groupe de travail (membres de la CFPI organisations "organes représentant le personnel" secrétariat de la CFPI) où a été adopté le rapport amenant les décisions précitées. Les représentants de la FICSA et du CCISUA ont émis des opinions divergentes dont il n'a visiblement été tenu aucun compte.
Le Syndicat du BIT regrette vivement que ni la FICSA ni le CCISUA n'aient apparemment cru bon d'informer réellement le personnel des dangers encourus lorsque le Groupe de Travail a conclu sa session le 28 février, qu'ils n'aient pas essayé de mobiliser le personnel avant la session de Rome de la CFPI tenue du 31 mars au 18 avril et que, plus de trois semaines après la conclusion de cette session, ils n'aient pas encore proposé de stratégie pour s'opposer fermement à cette sérieuse détérioration en devenir pour la rémunération des fonctionnaires locaux de par le monde.
Au Syndicat du BIT, nous pensons qu'il serait insensé d'attendre davantage avant de réagir.
Nous ferons évidemment part de nos préoccupations aux représentants du Directeur Général dès que cela sera possible, c'est-à-dire probablement demain 14 mai. Nous pensons cependant que la protestation la plus vigoureuse doit émaner du terrain.
Nous suggérons donc que d'urgence vous, représentants locaux du Syndicat, exprimiez vos préoccupations au vu des résultats de la 56ème session de la CFPI auprès :
i) des Directeurs régionaux et des Directeurs des structures de terrain de l'OIT;
ii) des Présidents des Comités locaux chargés des enquêtes de salaires.
Nous vous conseillons également:
i) d'informer précisément de la situation tout le personnel local à votre lieu d'affectation, en leur demandant de se tenir prêts pour l'action lorsqu'elle sera lancée;
ii) de contacter sans délai les représentants des autres Associations et Syndicats pour les informer de la situation s'ils ne la connaissent pas encore, et considérer d'ores et déjà avec eux la possibilité d'actions communes.
La prochaine session de la CFPI se tiendra à New York en juillet 2003. Les décisions de toutes façons ont déjà été prises. Il est donc de la plus haute importance que la mobilisation se développe dès maintenant, de manière à ce que le système tout entier exprime haut et fort son opposition aux actions prises par la CFPI pour une nouvelle dégradation des conditions de service des personnels locaux dans les lieux d'affectation hors siège ce qui, pour le moins, contraste étrangement avec la déclaration faite par le Secrétaire général de l'ONU devant l'Assemblée générale des Nations Unies en 2002, selon laquelle « Il faut que l'ONU offre aux agents des services généraux davantage de possibilités et d'incitations pour que leur carrière leur procure davantage de satisfactions. »
Nous continuons d'espérer que la FICSA et la CCISUA assumeront leurs responsabilités pour organiser une réponse mondiale. N'attendez pas cependant pour élever le niveau de conscience et commencer à mobiliser les collègues. Ne manquez pas de nous faire part de toute initiative que vous viendriez à prendre.
Fraternellement,
Jean-Victor Gruat,
Président,
Comité du Syndicat du BIT