L'OIT et la France
Promouvoir la justice sociale
Issue du traité de paix de Versailles, qui a suivi la première guerre mondiale, l'OIT a été créée en 1919 avec pour objectif principal de promouvoir la justice sociale et de faire respecter les droits de l'homme dans le monde du travail. Vingt cinq ans plus tard, en 1944, les délégués à la Conférence internationale du Travail adoptèrent la Déclaration de Philadelphie qui réaffirme cet objectif et élargit les buts et principes fondamentaux de l'OIT. En 1946, l'OIT est devenue la première institution spécialisée du système des Nations Unies. En 1969, date de son 50e anniversaire, le Prix Nobel de la paix lui a été décerné.
Une structure tripartite unique dans le système des Nations Unies
L'OIT se distingue des autres organisations internationales, qui sont toutes intergouvernementales, par sa structure " tripartite ", unique dans le système des Nations Unies. En effet, participent aux discussions et aux décisions de l'Organisation, sur un pied d'égalité, les représentants des gouvernements, des travailleurs, et des employeurs.
Son fonctionnement repose sur trois organes essentiels que sont, d'abord la Conférence internationale du travail, ensuite le Conseil d'administration et enfin le Bureau International du Travail et son Directeur général.
- la Conférence internationale du travail, le " Parlement " de l'OIT est l'organe suprême de l'Organisation. Elle réunit, à Genève, tous les ans, au mois de juin, pendant trois semaines, les représentants tripartites de tous les Etats membres de l'Organisation. Elle élit tous les trois ans les membres du Conseil d'Administration du BIT. La Conférence adopte des résolutions sur l'orientation de la politique générale de l'OIT et ses activités futures. Tous les deux ans, elle arrête, son programme et son budget. A l'occasion de la présentation du rapport annuel du Directeur général, elle débat sur un thème choisi dans l'actualité sociale et économique du monde. Elle élabore au sein de ses commissions, puis adopte en séance plénière les normes internationales du travail, sous forme de conventions et recommandations. Elle contrôle l'application par les Etats membres des conventions qu'ils ont ratifiées.
- le Conseil d'administration, le " gouvernement " de l'OIT, est composé de 56 membres (14 représentants des travailleurs, 14 représentants des employeurs et 28 membres gouvernementaux - dont dix représentants des Etats membres " ayant l'importance industrielle la plus considérable "). Il élit un bureau composé d'un président, choisi en général parmi les représentants des gouvernements, et de deux vice-présidents qui sont respectivement représentants des employeurs et des travailleurs.
Le premier président du Conseil d'administration a été le Français Arthur FONTAINE qui avait joué un rôle important lors de la création de l'OIT. Le Conseil d'Administration et ses Commissions spécialisées, notamment le Comité de liberté syndicale et la Commission d'application des normes, se réunissent trois fois par an, en mars et en novembre et en juin pour une courte session.
Le Conseil prend les décisions nécessaires à la mise en oeuvre de la politique de l'Organisation. Il fixe l'ordre du jour de la Conférence internationale du Travail, établit le projet de programme et de budget de l'Organisation avant sa soumission à la Conférence et élit le Directeur général.
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Le Conseil d'Administration est actuellement présidé
par Victoria Marina Velásquez de Avilés
Ambassadrice et représentante permanente
d’El Salvador auprès des Nations Unies à Genève
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Les deux vice-présidents élus sont M. Luc CORTEBEEK,(
Belgique/ Travailleurs) et M. Daniel FUNES DE RIOJA,
Argentine employeurs)
La France y est actuellement représentée par :
- M.Gilles de ROBIEN (Représentant du Gouvernement),
- M. Emmanuel JULIEN (Représentant des employeurs,
MEDEF),
- M. Yves VEYRIER (Représentant Adjoint des travailleurs,
CGT-FO).
Le Bureau international du Travail est le secrétariat permanent
de l'Organisation Internationale du Travail. Le BIT met en oeuvre
l'ensemble des activités de l'Organisation sous le contrôle du Conseil
d'administration et sous la direction de son Directeur général,
élu pour un mandat de cinq ans renouvelable. Le premier Directeur
général du BIT fut, pendant 13 ans et jusqu'à sa mort, le français
Albert THOMAS. Il est actuellement dirigé par Guy RYDER (Royaume
Uni ) élu en mai 2012 et qui a pris ses fonctions le 1er
octobre 2012 pour un mandat de 5 ans. Le BIT emploie près de 2 000
fonctionnaires de plus de 110 nationalités différentes. Ceux-ci
se répartissent entre le siège à Genève et 40 bureaux dans le monde.
En outre, près de 600 experts effectuent des missions dans toutes
les régions du monde au titre d'un vaste programme de coopération
technique internationale conçu, et exécuté en partenariat avec ses
mandants, afin d'aider les pays à appliquer les politiques qu'il
préconise.
Le BIT dispense des programmes de formation professionnelle dans le Centre de formation de Turin. Il édite de nombreuses publications, et au travers de l'Institut International d'études sociales, il mène une importante activité de recherche en matière de politique sociale.
A côté de ces trois organes principaux ont été instituées d'autres
instances qui se réunissent selon une périodicité différente. Il
s'agit, d'une part, des " réunions régionales " - la dernière réunion
régionale africaine s'est tenue à Addis Abeba en avril 2007 - et
d'autre part, des " réunions sectorielles " concernant notamment
la marine marchande.
Les priorités du nouveau millenaire
Un travail décent pour les femmes et les hommes du monde entier: tel est le but fondamental de l'OIT en ce début de millénaire. Pour obtenir des résultats concrets dans ce domaine, l'Organisation s'est fixé quatre objectifs stratégiques :
- promouvoir les principes et droits fondamentaux au travail de la déclaration solennelle de juin 1998 ;
- accroître les possibilités pour les femmes et pour les hommes d'obtenir un emploi et un revenu convenable ;
- accroître l'étendue et l'efficacité de la protection sociale pour tous ;
- renforcer le dialogue social.
Leur mise en oeuvre est notamment réalisée dans le cadre de huit programmes focaux :
- Promouvoir la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de juin 1998.
- Eliminer progressivement le travail des enfants, promouvoir le développement.
- Lutter contre la pauvreté et développer l'emploi par la reconstruction et les investissements à forte intensité d'emploi.
- Investir dans les connaissances, les compétences et l'employabilité.
- Stimuler l'emploi par le développement des petites entreprises.
- Assurer la sécurité économique et sociale au XXIème siècle.
- Garantir le travail sans risque : sécurité et productivité par la protection des travailleurs et de leur santé.
- Renforcer le dialogue social et ses acteurs.
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