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Ce premier semestre de 2004 aura été dominé, au Siège comme dans les relations entre ce Bureau et la France, par la publication, le 23 février, du Rapport de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation (CMDSM).
Mise en place par le Directeur général, Juan SOMAVIA, avec l'appui du Conseil d'administration de l'OIT, la Commission, présidée par deux Chefs d'Etat en exercice, a réuni, pendant près de deux ans, une vingtaine de personnalités « mondiales » d'horizons très divers, parmi lesquelles le français François PERIGOT, Président de l'Organisation internationale des employeurs (OIE), et elle a largement auditionné.
Sous le titre « Une mondialisation juste ; Créer des opportunités pour tous », ces quelque 180 pages établissent non seulement un bilan approfondi de la « mondialisation » et de son impact, mais surtout, conformément au mandat de la Commission, elles proposent un ensemble cohérent de recommandations pour réformer la « gouvernance » de ce phénomène afin d'en faire « un processus juste, ouvert à tous, gouverné démocratiquement et qui offre une chance et des avantages concrets à tous les pays et tous les habitants ».
Les analyses et les propositions de la Commission sont désormais « sur la table du monde » et, les Etats en particulier, sont invités à les examiner, à les discuter et, s'ils les partagent, à les adopter et à les exprimer dans leurs politiques nationales et internationales, notamment au sein des grandes Organisations internationales.
Ainsi, ce document a-t-il été soumis au Conseil d'administration de l'OIT lors de sa session de mars. Il a reçu un soutien unanime tant des membres du Conseil que des institutions qui avaient souhaité s'y exprimer (Secrétariat général des Nations Unies, PNUD, CNUCED, UNESCO, FAO, OMS, ONUDI, Banque mondiale, FMI, OCDE, Présidence et Commission de l'Union européenne).
A son tour, la Conférence internationale du Travail de juin, saisie d'un Rapport du Directeur général intitulé « Une mondialisation juste, le rôle de l'OIT » a débattu et approuvé les orientations qui résultent, pour l'OIT même, des recommandations de la CMDSM et, sur cette base, le Conseil d'administration de novembre prochain arrêtera les mesures concrètes qui en découlent pour le programme de travail du Bureau International du Travail.
Le rapport de la CMDSM mettant clairement en lumière les nombreuses convergences d'opinion entre la France et le Directeur général sur la mondialisation, tant dans l'analyse de ses insuffisances que dans les propositions pour sa gouvernance démocratique, économique et sociale, c'est, bien naturellement, à Paris que le Directeur général tint, sans délai, à s'entretenir des « suites » que la France et, sous son impulsion, la Communauté mondiale et les Etats pourraient réserver aux recommandations de la CMDSM.
Ainsi, dans la dynamique des entretiens de mai 1999, de septembre 2001 et de février 2003, le Directeur général rencontra, le 25 mai, à l'Elysée, en présence des Délégués SEGUIN, BOISSON et BLONDEL et du Président PERIGOT, le Président de la République, Jacques CHIRAC, qui le félicita du travail accompli, l'assura de son soutien et l'informa des initiatives qu'il avait décidé de prendre, sur ce sujet, au G 8 de SEA ISLAND, à l'Assemblée générale et à l'ECOSOC des Nations Unies et sur le financement du développement par une taxe sur la mondialisation.
Dans le même mouvement et le même jour, suite à leurs entretiens d'octobre 2003 et à son audition à l'Assemblée nationale, le Directeur général, rencontra le Président Jean Louis DEBRE qui lui fit part, lui aussi, de son soutien et de l'initiative qu'il prend, d'une part, le 3 juillet, devant les Présidents des 25 Parlements européens, réunis à LA HAYE, d'engager une réflexion commune des Parlements des pays de l'Union européenne pour combler le déficit démocratique de la gouvernance de la mondialisation et, d'autre part, d'inscrire cette même réflexion à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée nationale française.
Enfin, avec les Ministres Jean Louis BORLOO et Gérard LARCHER, le Directeur général pu donner la primeur des orientations qui découleront, pour l'Organisation même, des recommandations de la CMDSM et enregistrer l'appui déterminé du Gouvernement français.
A peine deux jours après cette visite de travail en France, le Directeur général accueillait (exercice, là aussi, préparé de longue date), dans les locaux du BIT, l'Assemblée générale de l'« Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires » (AICESIS), présidée, depuis le début de l'année, par Jacques DERMAGNE, Président du CES français. L'AICESIS, qui réunit près de 60 assemblées consacrées au « dialogue social organisé », aura donc été parmi les premières enceintes internationales à débattre du rapport de la CMDSM, à en approuver les recommandations, à s'en approprier celles qui la concerne directement. Ses membres décidèrent, en outre, d'impulser, chacun pour ce qui le concerne, le « débat national » ouvert par le rapport de la CMDSM et ses recommandations. Le CES français en débattra à l'automne.
Je ne m'étendrai pas, dans cet éditorial déjà trop long, sur d'autres sujets notables de ce semestre, qu'il s'agisse de l'impulsion du rapport de la CMDSM auprès l'Organisation de la Francophonie, de l'OCDE et de l'UNESCO, de notre réunion des Directeurs d'Europe, à BRUXELLES, de la ratification par la France de 8 Conventions maritimes, des travaux de la CIT de juin concernant la liberté syndicale ou les migrations, de la 3ème journée internationale contre le travail des enfants ou de la réunion de notre Commission mixte de coopération, ces sujets seront développés ailleurs dans ce site.
En revanche, deux évènements méritent d'être salués ici: d'abord, l'élection à la présidence du Conseil d'administration du BIT, au tour de l'Europe et jusqu'à juin 2005, de Philippe SEGUIN, événement qui renoue brillamment avec une illustre tradition française et qui vient particulièrement à point nommé dans le débat mondial ouvert par le rapport de la CMDSM, ensuite, la parution, aux Editions du Seuil, de l'ouvrage, passionnant, de Francis BLANCHARD intitulé « L'Organisation internationale du travail, de la guerre froide à un nouvel ordre mondial », un excellent choix de lecture pour la rentrée. |
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