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En avril 1916, je reçois de l'Ecole Sophie-Germain où j'ai terminé mes études dans la section "Administrations" un pneumatique me demandant de me présenter au sous-secrétariat d'Etat de l'Artillerie et des Munitions, à l'hôtel Claridge, avenue des Champs-Élysées; le secrétariat du chef adjoint du Cabinet du Ministre, où se trouve une ancienne élève de l'Ecole, doit être renforcé. Je m'y rends immédiatement. Je suis reçue par le chef adjoint, Mario Roques (1), et engagée pour l'après-midi même.
J'ai 18 ans (2), suis totalement inexpérimentée, je n'ai même jamais eu l'occasion de me servir d'un téléphone, et j'arrive dans un milieu de normaliens (Normale Supérieure naturellement): Mario Roques, professeur à la Sorbonne, Albert Thomas, le Sous-Secrétaire d'Etat, député socialiste de la 2ème circonscription de la Seine, François Simiand, économiste et sociologue, bibliothécaire du Ministère du Commerce. Je verrai que tous trois forment une équipe solide, soudée par l'amitié, la formation, les opinions politiques. Au Cabinet du Ministère se trouvent encore Henri Hubert, ethnographe, conservateur du Musée de St Germain-en-Laye, Henri Marais, actuaire, Maurice Halbwachs‚économiste, anciens normaliens eux aussi, puis William Oualid, professeur à la Faculté de Droit et collaborateur de François Simiand, Charles Dulot, chef du Service de Presse, en temps de paix chargé de la rubrique sociale au journal Le Temps, M. Sevin, pour les Services de main d'oeuvre, M. Léon Eyrolles, chef du Service industriel, directeur de l'Ecole spéciale des Travaux publics, M. Jules-Louis Breton, chef du Service des Inventions. Fréquemment on voit aussi Pierre Comert, journaliste, ancien normalien, comme Paul Mantoux, professeur à l'Université de Londres, à ce moment interprète de Lloyd George, ministre anglais des Munitions, qu'il accompagne dans tous ses voyages et plus spécialement aux réunions du Comite interallié à Paris. Les Directions du Ministère ont à leur tête des officiers généraux pour les services techniques.
On travaille beaucoup, secrétariat de jour, secrétariat de nuit; on travaille la semaine, les dimanches et jours fériés. C'est la guerre, l'équipe des trois a renoncé à toute vie privée régulière; Albert Thomas, qui habite dans sa circonscription à Champigny-s/Marne, a une chambre au Ministère.
Ma première lettre est une demande de passeports diplomatiques au Ministère des Affaires Etrangères pour le Sous-Secrétaire d'Etat et plusieurs collaborateurs. Le Gouvernement envoie en mission en Russie Albert Thomas et René Viviani pour tenter d'obtenir du Tsar et des dirigeants russes qu'ils déclenchent une offensive susceptible de soulager le front occidental. Albert Thomas, devenu Ministre de l'Armement, retournera dans ce pays en avril 1917, au moment du Gouvernement révolutionnaire provisoire de Kerensky, donc en plein bouleversement.
Le secrétariat du Ministère est assuré par celui de François Simiand; celui de Mario Roques vient en renfort si nécessaire. C'est ainsi que j'ai dû un jour sténographier sous la dictée du Ministre. Grosse émotion. Il dictait vite et longtemps, mais l'expression bienveillante de son visage m'avait à peu près rassurée et tout s'est bien passé.
- Mario L.G. Roques (1875-1961). Directeur du Bureau du BIT à Paris du 17 mars 1920 au 31 décembre 1936. (IE)
- Née le 28 novembre 1898, elle est décédée le 15 mars 1979 (IE)
Après chaque voyage, chaque conversation importante, chaque réunion de comités, chaque visite au Grand Quartier Général, le Ministre dicte immédiatement ses instructions aux directeurs, mais surtout ses réflexions, impressions, explications, suggestions pour ses deux amis François Simiand et Mario Roques. Il doit y avoir aux Archives nationales, dans le Fonds Albert Thomas constitué‚ par Georges Bourgin, un grand nombre de classeurs contenant les doubles de toutes ces notes; elles reflètent la vie même du Ministère, l'impulsion constamment donnée par le Ministre.
Mieux informé, j'ai su ensuite qu'Albert Thomas avait été premier partout, lauréat du Concours général quand il était élève au lycée Michelet, premier au concours d'entrée à l'Ecole Normale, premier à l'agrégation d'histoire. A une carrière dans l'enseignement, il a préféré le contact avec les hommes et surtout avec la classe ouvrière. Militant syndicaliste et coopérateur, élu conseiller municipal à Champigny en mai 1904, puis député de la Seine en 1910, il fait partie du groupe socialiste de la Chambre, celui de Jaurès, et s'impose tout de suite par la clarté‚ de ses interventions et sa connaissance précise des questions.
La guerre éclate le 2 août 1914. Le Parti socialiste, qui avait toujours refusé de voter les crédits militaires, accepte de participer au Gouvernement. Dès septembre, celui-ci charge Albert Thomas de la coordination des chemins de fer entre l'Etat-Major et le Ministère des Travaux publics. Tâche urgente et importante: le nord de la France, riche et fortement industrialisé est envahi, et les munitions autant que les hommes doivent parvenir à tout prix sur un large front.
L'efficacité du jeune parlementaire est telle qu'en octobre, Alexandre Millerand, ministre de la Guerre, lui demande d'organiser la production du matériel de guerre. Les stocks des arsenaux sont dérisoires eu égard à la consommation du front. La guerre sera décidément longue, c'est toute l'industrie française qu'il faut réorganiser. Albert Thomas parcourt les routes de France, il va voir les industriels pour les convaincre et connaître leurs problèmes. Le G.Q.G. dispose de 13'500 obus par jour, il en demande 100'000. La main d'oeuvre manque: les ouvriers qualifiés seront rappelés du front et on utilisera la main d'oeuvre féminine; plus tard, on recrutera des ouvriers dans les colonies.
En mai 1915, Albert Thomas devient Sous-Secrétaire d'Etat de l'Artillerie et des Munitions; il a alors accès au Conseil des Ministres, aux réunions interalliées, et dispose de toute une organisation technique et administrative. Le solide trio se constitue. D'abord François Simiand, adjudant de territoriale, est affecté au sous-secrétariat; peu après Mario Roques, engagé volontaire en août 1914, est rappelé du front pour le Cabinet du Ministre. Le travail intense commence. A la fin de 1916, Albert Thomas devient Ministre de l'Armement dans le second cabinet de guerre d'Aristide Briand, mais rien n'est changé à la collaboration que lui apportent sans jamais une minute de répit François Simiand et Mario Roques.
Deux volets donc: le technique et le social.
Le technique est du ressort des grandes Directions que, sans relâche le Ministre anime et inspire. Les résultats obtenus sont attestés par des graphiques dans des registres tenus à jour par le service spécialisé‚ (registres qui doivent être soit aux Archives nationales dans le Fonds Albert Thomas, soit à la Bibliothèque du Service Historique de l'Armée de Terre au Château de Vincennes, où sont rassemblés les documents officiels). Les demandes du G.Q.G. étaient satisfaites de plus en plus rapidement, il n'en était plus réduit à supplier.
Mais cette branche de l'activité du Ministère relevait de François Simiand et je n'en ai qu'un souvenir imprécis. Je crois cependant devoir rappeler le nom d'un jeune ingénieur du Service industriel du Cabinet: il s'appelait Hugoniot. Léon Eyrolles avait tenu à l'avoir dans son Service. Remarquablement intelligent, plein d'imagination et de fougue, Hugoniot avait vite compris que cette guerre si meurtrière exigeait un matériel énorme pour épargner les vies humaines. Les directions traitaient surtout avec les grands établissements susceptibles de fabriquer beaucoup et vite (ce qui se défendait), mais le Ministre croyait qu'étant donné‚ les immenses besoins, toutes les capacités industrielles du pays devaient être employées, et Hugoniot à sa demande, alla voir dès le début de 1915 les petites et moyennes entreprises; animateur merveilleux, son imagination allumait celle des autres; il les conseillait et les orientait, aucun problème technique ne l'arrêtait, et les petits industriels eurent la joie de se sentir tout à la fois utilisés et utiles.
Vers le milieu de la même année 1915, le G.Q.G., qui recevait par jour 700 obus de gros calibre - seuil de fabrication de l'industrie à l'époque -, en demande 50'000, "faute de quoi le sort de la guerre sera sans doute compromis". François Simiand en parle à Hugoniot. Celui-ci commence à bien connaître "ses" industriels, il sait où il trouvera des hommes d'initiative et d'audace. Des usines devront être agrandies, l'outillage complété: ce sera fait. Il encourage le Ministre à passer les commandes. Cependant certains industriels sur lesquels il comptait hésitent, cherchent à se dérober; il insiste, donne indications et suggestions, leur assure qu'ils seront aidés auprès des autorités militaires, auprès des fournisseurs de presses. En quelque huit jours, toutes les commandes sont acceptées, elles seront exécutées. Hugoniot a sauvé alors bien des vies humaines.
D'autres exemples pourraient être cités. Grand Français obscur, il m'a semblé‚ juste de parler de lui dans ces souvenirs sur Albert Thomas, Ministre de l'Armement.
Mario Roques s'occupait des questions de personnel et de main d'oeuvre. Les trois amis connaissaient bien les conditions d'existence de la classe ouvrière avant 1914; ils seront constamment préoccupés de réalisations sociales.
D'abord la main d'oeuvre féminine indispensable pour les fabrications d'armement. Le 21 avril 1916, création d'un Comité du travail féminin. Pendant plus d'un an, ce Comité veille à l'organisation du travail des femmes, à leur recrutement et à leur emploi, à l'amélioration de leur situation matérielle et morale. Ensuite, dans une circulaire du 3 juillet 1916, il décide d'interdire dans les usines de guerre l'emploi des femmes de moins de 18 ans au travail de nuit; il fixe en même temps la durée du travail des femmes âgées de 18 à 21 ans, au maximum à 10 heures. Il interdit également l'emploi de jeunes filles de 16 à 18 ans dans les poudreries. Le 1er juillet 1917, une autre circulaire fixe les modalités relatives à la protection de la main d'oeuvre féminine et les
étend à l'organisation générale de l'hygiène, de la sécurité‚ et des services médicaux dans les établissements publics: on peut dire que tous les principes de la loi sur la médecine du travail du 11 octobre 1946 sont posés.
Une commission consultative du travail sera crée dont le président effectif sera Arthur Fontaine (que nous retrouverons plus tard premier Président du Conseil d'Administration du BIT, 1919-1931), Albert Thomas en étant le Président d'honneur. Ce sera le résultat d'une concertation constante avec le patronat et les organisations syndicales ouvrières. Le but de cette commission est de prendre toutes les mesures possibles pour éviter toute cause d'épuisement ou d'affaiblissement de la main d'oeuvre employée dans les usines de guerre; elle doit chercher à remédier au surmenage, cause principale des accidents de travail, en conseillant aux chefs d'entreprise d'accorder un repos périodique à leurs ouvriers.
Le Ministre s'occupe également du manque de logements, interdit les logements insalubres et confie le soin à la commission d'étudier la construction de dortoirs à proximité des usines. Il suscite la création d'un Fonds coopératif du personnel des usines de guerre en vue de résoudre le problème de l'alimentation de la main d'oeuvre en créant des coopératives de consommation et des restaurants coopératifs.
Il faut informer les industriels et les ouvriers. Pour cela, Charles Dulot, avec l'aide de Pierre Hamp, rédige, publie et diffuse le Bulletin des Usines de Guerre dont une collection se trouve dans la bibliothèque du BIT à Genève.
Je me suis attardée sur l'activité sociale du Sous-Secrétaire d'Etat puis du Ministre Albert Thomas: ne préfigurait-elle pas celle du Directeur du BIT?
Septembre 1917, crise ministérielle. Le Parti socialiste refuse sa participation au Cabinet Painlevé Albert Thomas n'est plus ministre, il reprend sa place à la Chambre des Députés. Les amis envisagent l'avenir. Tous pensent qu'Albert Thomas s'est constitué‚ comme ministre un capital d'expérience sociale et de relations lui permettant de jouer un rôle important dans la nouvelle organisation du monde qui suivra la terrible guerre. Il faut le lui conserver. Ils décident, chacun donnant sa contribution, de se grouper avec lui en une petite Association d'Etudes et de Documentations sociales (A.E.D.S.), qui couvrira les frais d'un bureau et d'un
secrétariat réduit. Charles Dulot trouve un appartement libre 74 rue de l'Université; le député socialiste est donc installé en plein faubourg St-Germain, ce qui est assez amusant, mais les locaux vacants ne sont pas nombreux. Les amis apportent les tables et chaises dont ils peuvent disposer personnellement chez eux, on en achète quelques autres d'occasion, on fait poser quelques rayons en bois blanc, et on travaille. Ambiance laborieuse mais calme, sans énervement, sans vaine agitation. Avec un collègue, j'ai abandonné le ministère pour suivre le ministre. Comme le secrétariat est insuffisant, les collaborations bénévoles sont bien accueillies, je me rappelle, un instituteur en retraite, le médecin d'un service social, une inspectrice de l'enseignement primaire en retraite, tous amis d'Albert Thomas; chacun s'ingénie à se rendre utile pour des recherches de documents, des études, de la correspondance d'électeurs. Les membres de l'Association viennent très souvent; la guerre terminée, Mario Roques reprendra son enseignement à la Sorbonne et viendra tous les jours. Les colloques sont longs dans le bureau de l'ex-ministre.
Je me rappelle l'émotion des amis le jour où ils accueillirent pour la première fois dans ce bureau un camarade qui avait été député socialiste d'Alsace au Reichstag et dont la victoire sur l'Allemagne venait de faire un Français.
Comme d'habitude on travaille beaucoup, même le dimanche (jour consacré par Albert Thomas à sa famille), à Champigny où je me rends l'après-midi. Dans cette commune où il est né‚ et dont il est maire, il n'a jamais manqué, même quand il était ministre, de participer chaque année à la manifestation de décembre au monument aux morts de 1870. Il aimait retrouver là ceux qui l'avaient connu jeune écolier sortant de la boulangerie paternelle, ainsi que les camarades de sa section socialiste. Dans ce milieu familier, il exprimait sa pensée profonde sur les heures graves que vivait le pays et sur les problèmes du Parti.
Le parlementaire suit assidûment les travaux de la Chambre, où il intervient à la tribune pour une paix juste, solide et durable. Au bureau, il consacre une ou deux matinées par semaine à ses électeurs qui viennent nombreux.
Le socialiste participe, en février 1918, à la Conférence socialiste et ouvrière réunie à Londres et il est, avec Vandervelde et Henderson, nommé membre d'une commission chargée de demander à la future Conférence de la Paix que, dans chaque délégation nationale, figure un représentant du travail. Il est également présent à la 4ème Conférence socialiste et syndicaliste interalliée convoquée le 18 septembre 1918 à Londres et qui s'occupe de l'insertion de clauses de législation ouvrière dans le futur Traité.
Le journaliste collabore à l'Humanité, au Populaire de Nantes, à la France de Bordeaux, à la Dépêche de Toulouse. Là encore il mène campagne pour les buts de guerre qu'il croit justes et pour une paix fondée sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et sur le principe des nationalités garanties par l'institution d'une Société des Nations.
Pour que la documentation sur les problèmes sociaux soit rassemblée, il crée avec Charles Dulot la publication hebdomadaire L'information ouvrière et sociale dont il écrit l'éditorial; on peut en trouver une collection à la bibliothèque du BIT à Genève.
Les articles sont quelquefois dictés au tout dernier moment, soit faute de temps, soit parce qu'ils concernent un sujet d'immédiate actualité; plus d'une fois, Albert Thomas devant partir en voyage le soir même, je l'ai accompagné‚ jusqu'à la gare pour qu'il continue de dicter dans le taxi et sur le quai, la dernière phrase coïncidant avec le départ du train; il ne me restait qu'à retourner au bureau pour transcrire et à téléphoner pour que le journal envoie prendre chez le concierge.
Le coopérateur a des relations fréquentes avec Ernest Peisson, secrétaire général de la fédération nationale des Coopératives de Consommation, dont il soutient les efforts, en particulier par le moyen du Comité d'action parlementaire compos‚ de sénateurs, de députés et de coopérateurs, qui se réunit à notre bureau et dont il est secrétaire jusqu'en 1920. La Fédération dispose de moyens matériels que n'a aucun des amis; elle prête quelquefois à Albert Thomas une de ses voitures avec un chauffeur, précieux moyen de gagner du temps, surtout pour retourner à Champigny.
Et il garde des contacts avec des personnalités qui viennent à la rue de l'Université‚: Robert Pinot, du Conseil national du Patronat français, des industriels comme Louis Renault, André Citroën, Marcel Boussac, Dumuis, P.D.G. des Aciéries et Forges de Firminy; des syndicalistes: Léon Jouhaux, secrétaire général de la C.G.T., Merrheim, des Métaux, Bidegaray, des Chemins de fer, Delzant, du Verre.
Avec des socialistes étrangers, il crée le petit Comité d'Entente des Nationalités dont font partie Bénès pour les Tchécoslovaques, des Serbes, des Roumains, des Polonais. Pendant la Conférence de la Paix, c'est avec obstination qu'il fera entendre leur cause aux négociateurs réunis pour rédiger le traité. Avec le Général Rudeanu, il s'intéresse particulièrement au sort de la Roumanie.
La Partie XIII du Traité de Versailles donne naissance à l'Organisation internationale du Travail. La 1ère Conférence internationale du Travail se réunit à Washington en novembre 1919; les gouvernements, les patrons et les ouvriers y sont représentés. Sur proposition du groupe ouvrier unanime (par Léon Jouhaux à la 1ère Session du Conseil d'administration, 27 novembre 1919.), la candidature d'Albert Thomas est présentée pour le poste de Directeur du Bureau international du Travail au Conseil d'administration désigné par la Conférence; il est élu provisoirement au scrutin secret par 11 voix contre 9 et un vote blanc.
J'étais dans son bureau quand lui fut remis le télégramme qui l'informait du résultat; visiblement il était heureux, mais pensif; il entrevoyait peut-être l'énorme et passionnant travail qui l'attendait si, comme il l'espérait sans doute, sa nomination serait confirmée. Lorsque les amis apprirent la nouvelle le soir même, eux aussi étaient heureux, fiers également; c'est à l'échelle du monde qu'Albert Thomas pourrait désormais employer pour plus de justice sociale les étonnantes ressources de son intelligence, de son énergie et de son expérience.
Sa nomination devait devenir définitive le 27 janvier 1920, à Paris, à la réunion du Conseil d'administration, et cette fois elle était « adoptée par acclamation à l'unanimité".
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