Sénégal : 90ème anniversaire de l’Organisation internationale du Travail
"Journée nationale sur le Dialogue social, facteur de paix sociale, de progrès social et de croissance"
Le Gouvernement, les Employeurs et les Travailleurs du Sénégal
ont célébré, le mercredi 28 avril 2009, à
l’auditorium du CESAG, le 90ème anniversaire de l’Organisation
internationale du Travail (OIT). Les festivités ont démarré
par une série de déclarations.
La déclaration du BIT a été prononcées
par Monsieur François Murangira qui, a saisi l’occasion
de la célébration pour rappeler le passé prestigieux
qui a valu à l’OIT de se voir décerner le Prix
Nobel de la Paix en 1969, mais surtout pour insister sur la nécessité
de se tourner vers l’avenir qui nous lance de nombreux défis,
particulièrement en cette période de crise financière
économique et de l’emploi. A la suite de Monsieur Murangira,
Monsieur Ibrahima Diagne dans la déclaration des Employeurs
a tenu à rappeler que le dialogue social doit jouer un rôle
fondamental dans la modernisation de l’organisation du travail,
l’anticipation des changements structurels, l’accompagnement
des restructurations et l’adaptation du cadre contractuel.
Au nom des Travailleurs, Monsieur Cheikh Diop déclare que
le dialogue social doit permettre d’instaurer au Sénégal
un climat de confiance favorable au travail et à la croissance
ainsi qu’à une meilleure répartition des fruits
de cette croissance mais aussi une politique de protection sociale.
Madame la Ministre d’Etat, Innocence Ntap Ndiaye, s’exprimant
au nom du Gouvernement du Sénégal, réaffirme
l’attachement de son pays aux principes et valeurs de l’Organisation
Internationale du Travail qui se traduit par son adhésion
à la Déclaration de 1998 sur les principes et droits
fondamentaux au travail, par la ratification des huit conventions
fondamentales ainsi qu’à la Déclaration de 2008
sur la justice sociale pour une mondialisation équitable.
Après ces déclarations empreintes de solennité,
le Professeur Babacar Diop Buuba, Médiateur de l’Université
Cheikh Anta Diop de Dakar, a proposé une introduction générale
du thème qui a été choisi par le pays pour
célébrer les 9 décennies de l’OIT au
service de la justice sociale dans le monde : « le dialogue
social comme facteur de paix sociale, de progrès social et
de croissance ». Le Professeur Diop a mis à profit
sa longue et riche expérience sur la question pour passer
en revue les activités menées, de même que les
impacts, les difficultés, les obstacles, les contraintes
et les perspectives du dialogue social au Sénégal.
Les deux panels qui ont suivi l’introduction du Professeur
Diop, ont permis d’organiser des échanges d’idées
et de vision sur la thématique du dialogue social.
Le premier panel a été consacré à une
réflexion sur les avancées et les défis du
dialogue social au Sénégal face à la crise
économique actuelle. Des représentants des mandants
tripartites de l’OIT (Employeurs, Travailleurs et Gouvernement)
ont été désignés pour proposer une évaluation
de l’impact du dialogue social au Sénégal, de
dresser des perspectives en vue de consolider les acquis et relever
de nouveaux défis face à la crise. Le Comité
National du Dialogue social du Sénégal (CNDS) et le
BIT ont apporté des contributions à ce panel qui a
été suivi par des discussions contradictoires de grande
qualité.
Le deuxième panel plus technique a présenté
des expériences pour montrer comment le Dialogue peut influer
et/ou optimiser le processus d’élargissement de la
couverture sociale aux travailleurs évoluant dans l’économie
informelle, surtout dans ce contexte de crise mondiale financière,
économique, et sociale. Les cas des routiers à travers
TRANSVIE et des ruraux ont été présentés
comme des moyens d’utilisation du dialogue social pour lutter
contre la pauvreté par l’extension de la protection
sociale. Les interventions des panélistes du Gouvernement,
des Employeurs et des travailleurs sur la questions ont été
suivies par des contributions de sous panélistes impliqués
dans les expériences en cours et par des discussions intéressantes.
La journée de réflexion a débouché sur
des recommandations concrètes parmi lesquelles, on peut retenir
la mise en place des structures de dialogue à tous les niveaux
(de l’entreprise, sectoriel et national) comme le prévoit
la charte nationale d’une part et d’autre part de renforcer
le CNDS pour lui permettre de jouer pleinement son rôle moteur
de paix et de progrès social.
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