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Stimulation du marché du travail au niveau régional pour faire face aux effets de la crise à Madagascar

Type Communiqué de presse
Date de parution 27 mai 2011
Référence BIT/11/04
Unité responsable Communication et information publique
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ANTANANARIVO (Nouvelles du BIT). - Dans son étude intitulée « Tendances mondiales de l’emploi 2011: le défi d’une reprise de l’emploi », le Bureau international du Travail (BIT) avertit qu’avec un chômage mondial qui, selon les chiffres officiels, atteint un niveau record pour la troisième année d’affilée depuis le début de la crise économique, la faible reprise en matière d’emploi devrait se poursuivre en 2011. La reprise sur les marchés du travail est très disparate, avec la persistance d’un chômage élevé et un découragement croissant dans les pays développés en même temps qu’une hausse de l’emploi et un nombre toujours élevé de travailleurs pauvres et de travailleurs occupant un emploi vulnérable dans les pays en développement.

En dépit d’un fort rebond de la croissance économique dans de nombreux pays, le nombre de personnes au chômage a atteint 205 millions de personnes en 2010, un chiffre sensiblement égal à celui de 2009, soit 27,6 millions de personnes de plus qu’en 2007, juste avant que la crise économique mondiale éclate. Le BIT prévoit un taux mondial de chômage de 6,1% en 2011, ce qui porte le nombre de chômeurs à 203,3 millions dans le monde.

L’étude met également en évidence le fait qu’à l’échelle mondiale : (i) quelque 1,53 milliard de travailleurs occupaient un emploi vulnérable en 2009, ce qui correspond à un taux d’emploi vulnérable de 50,1% ; (ii) environ 630 millions de travailleurs (20,7% de l’ensemble de la main-d’œuvre mondiale) vivaient avec leurs familles sous le seuil d’extrême pauvreté de 1,25 dollar en 2009. Cela représente 40 millions de travailleurs pauvres supplémentaires, soit 1,6 point de pourcentage de plus que le taux projeté sur la base des tendances d’avant la crise ; (iii) 78 millions de jeunes étaient au chômage en 2010, un nombre bien au-dessus du niveau d’avant la crise qui était de 73,5 millions en 2007. Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans s’établissait à 12,6% en 2010, soit 2,6 fois plus que le taux de chômage des adultes.

Dans ce contexte, le Directeur-général du BIT, Juan Somavia, a souligné que: «Il existe un défi commun: nous devons repenser le modèle de nos politiques macroéconomiques et faire de la création d’emplois de qualité, du travail décent, un objectif central de la politique macroéconomique en même temps qu’une forte croissance, une inflation faible et des politiques budgétaires équilibrées. Nous ne devons pas oublier que c’est la qualité du travail qui définit la qualité d’une société.». Il a également déclaré que «Le chômage des jeunes constitue une priorité mondiale» et «La faible reprise en matière de travail décent ne fait que renforcer l’incapacité persistante de l’économie mondiale à garantir un avenir pour tous ces jeunes. Cela mine la cohésion sociale et familiale ainsi que la crédibilité des politiques mises en œuvre».

Le BIT souligne l’importance des mesures qui peuvent contribuer à stimuler la création d’emplois et donner un nouvel élan à une reprise durable de l’emploi, mettant l’accent sur le fait que l’amélioration des résultats du marché du travail contribuerait à une reprise macroéconomique plus large et pourrait aider à compenser les effets négatifs des mesures d’assainissement budgétaire. De même, le développement de l’entreprenariat, l’investissement dans l’économie réelle, des marchés du travail qui ne soient pas exclusifs, et une croissance alimentée par les revenus du travail sont les moyens pour enclencher cette croissance tandis que des mesures destinées à étendre la protection sociale et à améliorer la qualité des emplois peuvent aboutir à des résultats plus durables.

Madagascar, un pays à fortes potentialités économique et sociale, se trouve dans une situation de pauvreté aggravée par les impacts de la double crise financière mondiale et politique intérieure sur l’emploi et le travail. Les retombées négatives de cette crise sont fortement ressenties par l’ensemble de la population dont 69% vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté et fragilisent surtout le secteur privé si l’on ne cite que le nombre d’emplois perdus estimés à plus de 200.000 depuis 2008.

Le pays est confronté à un dysfonctionnement grandissant du marché du travail qui se traduit par une perte massive d’emplois, la déstabilisation des demandes sur le marché et la faiblesse chronique des offres et de la productivité. Cette faible productivité trouve fondamentalement son origine dans l’inadéquation et le déficit du système d’éducation et de formation professionnelle par rapport aux besoins de l’économie et du développement social du pays.

D’autres faits relatifs au développement du pays méritent aussi d’être soulignés, notamment : (i) la disparité interrégionale flagrante en dépit des efforts consentis à développer une politique de décentralisation et à mettre en place des programmes régionaux. En outre, la vulnérabilité des ménages ne leur permet pas d’amortir les chocs issus des périodes d’instabilité politique ou des cataclysmes naturels, du fait de la faiblesse de la productivité de l’emploi qui est la principale source de revenus des ménages ; (ii) la structure démographique de Madagascar caractérisée par une population active (15-65 ans) de 87,9% et une population féminine qui constitue un peu plus de la moitié de la population totale soit 50.6%.

Ainsi, est-il nécessaire de stimuler le marché du travail au niveau des régions qui ont élaboré des plans régionaux de développement mettant l’emploi au centre des actions à promouvoir et à renforcer pour impulser une économie régionale percutante et touchant la vie de la population tout en renforçant la dynamique contribution des jeunes et des femmes à travers l’emploi et l’entrepreneuriat.

Dans ce cadre, le Bureau de Pays de l’OIT à Antananarivo se propose d’organiser des Salons Régionaux de l’Emploi (SRE) dans deux régions à fortes potentialités socio-économiques de Madagascar mais qui connaissent une situation de vulnérabilité dans le domaine de l’emploi, à savoir : Diana et Boeny. Cette action se base sur les acquis de l’évènement similaire organisé à Antananarivo en 2009 ayant vu la participation de 14 000 jeunes et se trouve en cohérence avec la Politique Nationale de l’Emploi. Elle constitue également une réponse rapide et efficace aux effets des crises et conçue conformément aux principes développés dans les cadres d’intervention du BIT au niveau mondial, notamment la Déclaration 2008 de l’OIT sur la Justice Sociale pour une mondialisation équitable et le Pacte Mondial pour l’Emploi.

Ce projet sera également mis à profit pour que les acteurs régionaux réfléchissent sur l’importance de l’appropriation d’une Stratégie Régionale de Promotion de l’Emploi (SRPE) qui va servir de levier fort et durable pour mieux répondre aux défis de développement et aux effets des crises mentionnées plus haut.

A titre de rappel, le BIT en collaboration avec le PNUD a appuyé les processus de formulation et de validation des SRPE des régions Atsimo Andrefana et Vatovavy Fitovinany en 2009. Compte tenu des besoins exprimés par les autres régions du pays par rapport à l’importance d’un tel document cadre régional, le BIT est disposé à appuyer les régions Diana et Boeny pour se doter d’un instrument capital de ce genre.

Les prochains Salons Régionaux de l’Emploi à organiser dans les régions Diana et Boeny ambitionnent de drainer au minimum 8.000 visiteurs et ciblent principalement les jeunes et les femmes vulnérables aux impacts des crises.

A travers ces évènements de deux jours dans chaque région, plusieurs activités sont prévues (séances de sensibilisation/ d’information/formation, rencontres entre les offres et les demandes en matière d’emploi, mini-atelier, etc.) à l’issue desquelles les autorités locales et les acteurs régionaux seront sensibilisés sur la formulation d’une stratégie régionale de l’emploi, les capacités des acteurs régionaux dans la promotion des dispositifs pour stimuler le marché du travail seront renforcées et l’esprit entrepreneurial au niveau des deux régions sera stimulé.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter le :

Bureau de Pays de l’OIT
pour Madagascar, les Comores, Djibouti, Maurice et les Seychelles
Maison Commune des Nations Unies
Zone Galaxy Andraharo, Antananarivo
Tél : 23 300 92/93/94 - Fax : 23 300 87
E-mail : antananarivo@ilo.org
http://www.ilo.org/antananarivo
 
Dernière mise à jour : 04.08.2011 ^ top