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La problématique du travail domestique des enfants au centre des discussions de l’Atelier de formation et d’échanges des Inspecteurs du Travail de Madagascar

Type Communiqué de presse
Date de parution 23 novembre 2011
Référence BIT/11/05
Unité responsable Communication et information publique
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Récemment approuvées, la Convention n° 189 et la Recommandation n° 201 de l'OIT sur le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques ont pour but de protéger et d'améliorer les conditions de vie et de travail de millions de travailleurs à travers le monde qui n'ont guère – voire pas – de droits au travail. Il s'agit souvent d'enfants qui passent de longues heures à travailler comme employés de maison, accomplissant des tâches ménagères de nettoyage, repassage, cuisine, garde d'autres enfants ou jardinage, plutôt que d'aller à l'école.


ANTANANARIVO (Nouvelles du BIT) - Un nouveau Projet intitulé LCTE/AMAV pour appuyer l’appropriation par toutes les parties prenantes de la lutte contre le travail domestique des enfants dans les régions Analamanga, Amoron’i Mania et Vakinankaratra vient d’être mis en place.

55 Inspecteurs du Travail venant de 13 Régions de Madagascar se mobilisent dans le cadre d’un atelier de deux jours, pour prendre connaissance des instruments internationaux visant à combattre le travail domestique des enfants afin de définir en commun les modalités utiles et possibles pour mieux cadrer leur rôle et leurs interventions dans cette lutte.

Le terme «travail domestique des enfants» qui figure parmi les pires formes du travail des enfants, fait référence à des tâches domestiques exécutées par des enfants (c'est-à-dire des personnes de moins de 18 ans) au domicile d'un tiers ou d'un employeur. Compte tenu de sa nature dissimulée, il est impossible de disposer de chiffres fiables pour mesurer l'étendue du travail domestique des enfants. Cependant, des études montrent qu'à l'échelle mondiale, au moins 15,5 millions d'enfants (âgés de 5 à 17 ans) étaient employés comme domestiques en 2008. Un peu plus de la moitié d'entre eux appartiennent à la tranche des 15 à 17 ans, tandis que le reste, soit 7,4 millions, sont âgés de 5 à 14 ans. Le nombre de filles dépasse de très loin celui des garçons parmi les employés de maison. L'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine sont les régions les plus touchées par ce problème.

A Madagascar, la dégradation socio-économique issue de la crise financière internationale et de la crise politique intérieure a engendré l’accroissement du fléau du travail des enfants. Depuis 2008, 336.000 emplois sont détruits, 90% des emplois existants sont vulnérables, 91% des entreprises formelles sont touchées, une chute de 11% des revenus par habitant est constatée entre 2008 et 2010. La pauvreté est passée de 68,7% en 2005 à 76,5% en 2010.

Le travail des enfants est un problème crucial dans le contexte socio-économique du pays. L’ENTE (Enquête Nationale sur le Travail des Enfants) 2007-2008, effectuée par le BIT et l’INSTAT au niveau des 22 régions du pays, a fait ressortir que près de 2/3 des enfants travailleurs ont un statut d’aides familiaux. 438 000 enfants de 5 à 17 ans effectuent des travaux dangereux. Le travail de nuit est pratiqué par 41 000 enfants qui, dans la plupart des cas, sont impliqués dans les travaux domestiques. Dans l’ensemble, le volume hebdomadaire de travail effectué par les enfants astreints aux travaux domestiques tournerait autour de 42 heures par semaine, surtout pour ceux âgés entre 15 et 17 ans. La situation est plus grave encore en zone urbaine où un enfant domestique travaille en moyenne 56 heures dans la semaine. La domesticité concerne 17% des filles de 15 à 17 ans, soit un effectif total de 27 000, contre 9% des garçons du même groupe d’âge, soit un total de 15 000.

Une étude récente menée en 2008/2009 par le BIT et le Ministère de Education Nationale dans 80 CISCOs (Circonscriptions scolaires) des 22 (Directions Régionales de l’Education Nationale) révèle que l’âge moyen des enfants victimes d’abandon scolaire est de 13 ans à l’échelle nationale. Cet âge est plus précoce encore dans les régions Analamanga, Amoron’i Mania et Vakinankaratra. Elle conforte les résultats de l’ENTE en concluant que la plupart du temps, les enfants agissent comme aides familiaux sans rémunération et sont astreints à divers travaux domestiques comme la recherche de l’eau, la lessive, les préparations des repas familiaux ou la garde des animaux domestiques. Les filles sont majoritaires par rapport aux garçons avec un taux de 65% contre 35% dans l’ensemble. Elles s’occupent essentiellement des tâches ménagères. Les statistiques montrent que les garçons sont plus nombreux que les filles à l’école.

L’impact du travail des enfants dépasse largement le cadre de l’éducation et de la santé, du fait qu’il rejaillit également sur l’économie nationale et se traduit par les baisses de compétitivité, de productivité et de revenus potentiels en raison de la faible qualité des ressources humaines. Plus, Madagascar court le risque de ne pas renouer avec les financements extérieurs à cause du travail des enfants qui empêcherait les grandes entreprises dans le monde d’acheter des produits fabriqués avec le travail des enfants, qui empêcherait les Etats de financer un pays qui ne combat pas assez le fléau du travail des enfants.

L’appui du BIT au Gouvernement qui se base sur le Programme Pays pour le Travail Décent a été constant. Madagascar a ratifié la Convention N° 138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et la Convention N° 182 sur les pires formes du Travail des enfants. Le Plan National d’Action de Lutte contre le Travail des Enfants a été adopté en 2004. Des actions concertées se doivent d’être menées et la part de responsabilités qui incombent aux Inspecteurs et Contrôleurs du Travail est grande, malgré leur insuffisance en nombre (un Inspecteur pour 90.000 travailleurs) dans leur effort collectif pour éradiquer le travail des enfants et notamment ses pires formes comprenant les travaux domestiques. Leur pleine contribution est attendue : (i) au processus de mise à jour du droit national, notamment par l’adoption de textes d’application du Code du Travail et par la mise en conformité du droit positif avec les Conventions internationales du Travail ratifiées, (ii) dans la mise en place et le renforcement du cadre institutionnel régissant le monde du travail, (iii) la mise en application des Principes et Droits fondamentaux au travail, (iv) la sensibilisation et la promotion du dialogue social entre les partenaires sociaux (employeurs et travailleurs).

Pour de plus amples informations, veuillez contacter le :

Bureau de Pays de l’OIT
pour Madagascar, les Comores, Djibouti, Maurice et les Seychelles
Maison Commune des Nations Unies
Zone Galaxy Andraharo, Antananarivo
Tél : 23 300 92/93/94 - Fax : 23 300 87
E-mail : antananarivo@ilo.org
http://www.ilo.org/antananarivo
 
Dernière mise à jour : 26.01.2012 ^ top