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3. Quelles sont les réponses d'un système lorsqu'il est exposé à des produits toxiques?
Le corps humain a besoin de doses très faibles de certaines substances
chimiques qui sont toxiques à forte dose. C'est notamment le
cas pour certains métaux comme le cuivre, le magnésium et le
manganèse, qui posent problème sur les lieux de travail.
L'effet nocif est fortement corrélé à la dose et
peut même entraîner la mort. Les effets nocifs des substances
chimiques sont généralement moins graves, allant d'un
manque d'appétit à des problèmes de santé
importants.
La figure ci-après compare l'effet d'une dose aiguë
à celui d'une exposition à plusieurs doses plus faibles.
L'organisme n'est parfois pas capable d'éliminer la
substance chimique toxique qui s'accumule alors dans le corps; c'est
le cas, par exemple, pour le cadmium. Si la capacité de l'organisme
à éliminer la substance chimique toxique est limitée,
l'accumulation est plus lente; lors d'expositions
répétées, on peut toutefois atteindre un niveau qui
entraîne des problèmes de santé.
Une dose unique Plusieurs petites doses.
Les effets peuvent être immédiats ou retardés, et les
effets toxiques peuvent être réversibles ou irréversibles
(voir chapitre 1. "Introduction à la sécurité lors de
l'utilisation de substances chimiques").
Toxicité locale/systémique
Les produits chimiques peuvent principalement exercer leurs effets de deux
manières. Les effets locaux se manifestent à l'endroit
du corps qui a été en contact avec la substance chimique. A
titre d'exemple on peut citer les lésions dues aux acides ou
les atteintes des poumons dues à l'inhalation de gaz réactifs.
Les effets systémiques se manifestent une fois que la substance chimique
a été absorbée en son point d'entrée et
distribuée dans d'autres parties du corps. La plupart des substances
ont des effets systémiques, mais certaines d'entre elles induisent
les deux types d'effets. Le plomb tétraéthyle, un additif
de l'essence en est un exemple: il donne lieu à des effets
cutanés au niveau de la zone de contact; il est également
absorbé à travers la peau et transporté dans le corps,
où il induit des effets typiques sur le système nerveux central
et d'autres organes.
Organes cibles
Le degré de toxicité de l'effet n'est pas le même
dans tous les organes. Généralement un ou deux organes
présentent l'effet toxique le plus important. Ce sont les organes
cibles de la toxicité de la substance en question. Le système
nerveux central est l'organe cible de la toxicité le plus souvent
concerné par des effets systémiques. Viennent ensuite le
système circulatoire, le foie, les reins, les poumons et la peau.
Les muscles et les os sont des organes cible pour quelques substances. De
nombreuses substances ont un effet sur le système reproducteur masculin
et féminin.
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La peau est l'organe cible le plus étendu du corps humain, soit
une surface de 1,5-2 m2. Il constitue une couverture protectrice
pour le corps, qui a cependant ses limites, notamment si la charge est très
importante. Certaines substances peuvent passer à travers la peau
intacte et saine et entrer dans la circulation. Le phénol est une
substance qui peut s'avérer mortelle en cas d'exposition
et de pénétration à travers la peau. La grande
majorité des affections cutanées d'origine professionnelle
sont des eczémas de contact, des irritations et des inflammations
de la peau. Ces affections sont soit des réactions allergiques soit
des réactions non allergiques induites par une exposition à
des substances chimiques. Les agents de sensibilisation par contact les plus
fréquents sont notamment certains colorants et teintures, des métaux
tels que le nickel et ses sels, les sels de chrome et de cobalt, les
composés organomercuriels, les monomères de certains acrylates
et méthacrylates, les additifs du caoutchouc et les pesticides. Dans
la pratique, les lésions cutanées chimiques sont également
influencées par les conditions environnementales, en particulier
l'humidité et la chaleur.
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Les poumons constituent la principale voie de pénétration des
substances toxiques dans l'organisme sur le lieu de travail. C'est
aussi le premier organe affecté par les poussières, les
fumées métalliques, les vapeurs de solvants et les gaz corrosifs.
Les réactions allergiques peuvent être provoquées par
des substances telles que les poussières de coton, le TDI (diisocyanate
de toluène, utilisé dans la fabrication des plastiques de
polyuréthane) et le MIC (méthylisocyanate, utilisé dans
la production d'insecticide à base de carbaryle). Lors d'une
catastrophe chimique survenue à Bhopal, Inde, en 1984, plus de 2000
personnes sont mortes à cause d'une exposition au MIC. Les
réactions allergiques peuvent aussi être dues à une
exposition à des bactéries ou des champignons: c'est le
cas des allergies dues à la manipulation de ballots de paille ("poumon
du fermier") ou de canne à sucre séchée. Pour certaines
substances, lors de l'inhalation de particules d'une certaine taille,
les poumons ne parviennent pas à éliminer ce particules qui
restent logées dans les poumons et provoquent une maladie appelée
pneumoconiose. La pneumoconiose touche surtout les travailleurs exposés
à la poussière de silice (quartz) et à l'amiante;
il s'agit de l'affection pulmonaire non maligne la plus fréquente
à travers le monde. D'autres substances comme le formaldéhyde,
de dioxyde de soufre, les oxydes d'azote et les brouillards d'acides
peuvent provoquer des irritations et diminuer la capacité
respiratoire.
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Le système nerveux, est sensible aux effets nocifs des solvants
organiques. Certains métaux ont également des effets sur le
système nerveux, en particulier les métaux lourds tels que
le plomb, le mercure et le manganèse. Les insecticides
organophosphorés, tels que le malathion et le parathion, interfèrent
avec la transmission des informations par le système nerveux (fonction
des neurotransmetteurs chimiques), et entraînent une faiblesse, une
paralysie voire la mort.
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La circulation sanguine et une cible pour les effets nocifs des solvants.
Les cellules sanguines sont principalement produites dans la moelle osseuse.
Le benzène a des effets sur la moelle osseuse; le premier signe est
une mutation des cellules appelées lymphocytes. Pour étudier
ces mutations, les lymphocytes sont cultivés en laboratoire afin
d'observer les différents types de modifications cellulaires.
Le plomb sous forme métallique ainsi que ses composés sont
d'autres exemples typiques de substances chimiques pouvant entraîner
des problèmes sanguins. Dans le sang, le plomb inhibe
l'activité de certaines enzymes intervenant dans la production
de l'hémoglobine des globules rouges. Une intoxication chronique
au plomb peut diminuer la capacité du sang à distribuer
l'oxygène dans tout le corps, une affection que l'on appelle
anémie.
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Le foie est le plus grand organe interne du corps et il a plusieurs fonctions
importantes. C'est une usine de purification qui dégrade les
substances indésirables contenues dans le sang. Le foie a une
capacité de réserve considérable et les symptômes
hépatiques n'apparaissent qu'en cas d'affections graves. Les
solvants tels que le tétrachlorure de carbone, le chloroforme et le
chlorure de vinyle, ainsi que l'alcool, sont nocifs pour le foie.
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Les reins font partie du système urinaire. Ils ont pour tâche
d'excréter les déchets des différents organes du
corps qui sont transportés par le sang, de maintenir
l'équilibre hydrique et de s'assurer que ces liquides
contiennent un mélange adéquat des différents sels
nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme. Ils maintiennent
aussi l'acidité du sang à un niveau constant. Les solvants
peuvent irriter et affecter la fonction rénale. La substance la plus
nocive pour les reins est le tétrachlorure de carbone. L'essence
de térébenthine est également dangereuse en grandes
quantités: l'affection rénale des peintres est une
conséquence bien connue de l'exposition professionnelle. Le plomb
et le cadmium sont également des substances connues pour leurs effets
nocifs sur les reins.
Réactions allergiques
Une réaction allergique qu'on appelle aussi sensibilisation
peut se manifester après un contact répété
avec une substance. Une fois la sensibilisation induite, des doses même
très faibles sont susceptibles de provoquer une réaction. Il
existe un grand nombre d'allergies différentes qui vont de
l'irritation cutanée légère à des
réactions très graves pouvant même être mortelles.
Le tableau des sensibilisations diffère selon l'espèce.
Chez l'homme, la réponse allergique se manifeste le plus souvent
au niveau de la peau et des yeux alors que chez les cochons d'Inde,
par exemple, les réactions au niveau du tractus respiratoire sont
plus fréquentes.
Interactions
L'effet d'une exposition simultanée à deux ou plusieurs
substances n'est pas toujours un effet d'addition simple (1+1=2).
Les pesticides organophosphorés tels que le dialiphos, le naled et
le parathion, sont des exemples de produits chimiques dont les effets
combinés correspondent à la somme des effets observés
pour les produits pris individuellement.
L'effet peut être supérieur à la somme des effets
individuels de deux produits chimiques (p. ex. 1+1=4). Un exemple de ce type
est l'augmentation du risque lorsque des fibres d'amiante sont
conjuguées au tabagisme: le risque de développer un cancer
du poumon après une exposition aux fibres d'amiante est quarante
fois supérieur pour un fumeur que pour un non-fumeur. Le
trichloréthylène et le styrène, deux solvants, constituent
une autre paire de produits chimiques pour lesquels le risque combiné
est supérieur aux effets additionnés.
Les effets nocifs de deux substances peuvent se contrecarrer (1+1=0). Cet
effet est utilisé pour trouver des antidotes à des produits
toxiques.
Dans d'autres cas, une substance peut être inoffensive en
elle-même, mais peut aggraver l'effet d'un autre produit
chimique (0+1=3). Deux solvants fréquemment utilisés,
l'isopropanol et le tétrachlorure de carbone, présentent
ce type d'effet. L'isopropanol en concentrations inoffensives pour
le foie augmente l'atteinte hépatique provoquée par le
tétrachlorure de carbone.
Dans certains cas, après une exposition répétée
à une substance, la sensibilité du corps à cette substance
peut s'abaisser; en d'autres termes la tolérance à
cette substance augmente.
Certaines substances toxiques peuvent être dégradées
dans l'environnement; d'autres résistent toutefois aux processus
de décomposition. Les effets néfastes augmentent avec la
concentration de ces substances et leur accumulation dans la chaîne
alimentaire.
L'environnement naturel renferme de nombreuses substances potentiellement
toxiques. Dans certains cas, la substance en elle-même est inoffensive
mais peut réagir avec d'autres substances toxiques ou être
concentrée ou transformée en un produit plus dangereux dans
des conditions particulières.
La formation de smog photochimique est un exemple de réaction de pollution
atmosphérique. Les hydrocarbures chlorés tels que le DDT et
la dieldrine ont des effets biologiques similaires et s'ils sont
présents tous deux, ils entraînent des effets plus graves que
ceux qu'ils induisent individuellement.
On utilise des indicateurs d'écotoxicité pour évaluer
les effets des substances toxiques dans l'environnement.
Dans les essais en laboratoire, on utilise des poissons et des insectes
appelés daphnies (puces d'eau) pour examiner les effets aigus
sur l'environnement aquatique. Des espèces d'algues vertes
sont également utilisées pour déterminer le degré
de pollution de l'eau.
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Liste des annexes
Annexe 1. Facteurs pouvant influencer l'appareil reproducteur humain et effets
induits (en anglais)
Annexe 2. Substances susceptibles d'induire des affections respiratoires
d'origine professionnelle (en anglais)
Annexe 3. Voies d'absorption, de distribution et d'excrétion de
substances potentiellement toxiques (en anglais)
Annexe 4. Femmes enceintes au travail (en anglais)
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Bibliographie
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KLAASSEN C.D., AMDUR M.O. and DOULL J., ed., Casarett and Doull's la toxicologie,
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SEILER H.G. and SIGEL H., Handbook of Toxicity of Inorganic Compounds, Marcel
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