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Modules de formation à la sécurité chimique
1. Introduction à la sécurité lors de l'utilisation
de substances chimiques
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[ Table des matières ]
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1. Risques d'atteinte à la santé liés aux substances chimiques
Aujourd'hui, les substances chimiques font partie intégrante
de notre vie: elles nous permettent de réaliser un grand nombre de
nos activités, contribuent à la prévention et au
contrôle de nombreuses maladies et accroissent la productivité
agricole.
Toutefois, on ne peut pas ignorer qu'en cas d'utilisation incorrecte,
beaucoup de ces substances peuvent mettre notre santé en danger et
polluer notre environnement.
On estime qu'environ mille nouvelles substances chimiques sont mises sur
le marché chaque année, et qu'environ 100'000 substances
chimiques sont utilisées à l'échelle mondiale.
Dans les produits du commerce, les substances chimiques sont
généralement présentes sous forme de mélanges,
et l'on recense un à deux millions de produits de ce type ou de noms
de marque dans la plupart des pays industrialisés.
L'augmentation du nombre de substances disponibles ainsi que la croissance
des volumes de production se traduisent par une augmentation du stockage,
du transport, de la manipulation, de l'utilisation et de
l'élimination de substances chimiques: en effet, lors de
l'évaluation des risques et des avantages d'une substance, on
doit tenir compte de l'ensemble de son cycle de vie.
La plupart des accidents chimiques ont des conséquences limitées.
Mais il se produit parfois des catastrophes comme celle de Bhopal, Inde,
en 1984, qui a eu pour conséquence des milliers de morts ainsi que
de nombreuses personnes handicapées à vie.
Ce n'est pas seulement le travailleur manipulant des substances chimiques
qui court un risque; le consommateur aussi peut être exposé
à son domicile lors d'une mauvaise utilisation ou d'un accident,
ou peut être contaminé par des produits de consommation, y compris
par les aliments.
L'environnement peut être également atteint: les substances
chimiques peuvent polluer l'air que nous respirons, l'eau que nous
buvons et les aliments que nous consommons. Les substances chimiques peuvent
aussi pénétrer dans les forêts et les lacs; elles
détruisent alors la faune sauvage et modifient les
écosystèmes.
Toutes les substances chimiques ne présentent pas le même risque.
L'évaluation des risques d'atteinte à la santé
liés aux substances chimiques constitue un effort permanent, les
informations sur les risques chimiques étant disponibles par le biais
de nombreuses sources.
Il ne faut jamais oublier que les substances chimiques renferment une certaine
puissance, raison pour laquelle nous les utilisons. Apprenons à respecter
cette puissance et manipulons ces produits avec précaution. |
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2. Comment les substances chimiques peuvent-elles pénétrer
dans notre corps?
Aucune substance chimique ne peut provoquer des effets néfastes sans
avoir au préalable pénétré dans le corps ou
être entrée en contact avec celui-ci. Il existe principalement
quatre voies d'exposition par lesquelles les substances chimiques
pénètrent dans le corps:
-
l'inhalation (en respirant);
-
l'absorption (à travers la peau ou les yeux);
-
l'ingestion (en mangeant ou en avalant);
-
le transfert à travers le placenta d'une femme enceinte
à l'enfant à naître (ftus).
Figure 1
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| La plupart des substances chimiques utilisées sur le lieu de travail
peuvent être disséminées dans l'air sous forme de
poussières, de brouillards, de fumées, de gaz ou de vapeurs,
et peuvent être inhalées. Ainsi, même les travailleurs
qui ne les manipulent pas directement mais se trouvent à proximité
peuvent être exposés à des mélanges de produits
chimiques de sources diverses.
La manipulation de substances chimiques sans protection adéquate expose
le travailleur au risque d'absorber des quantités nocives de
ces substances à travers la peau. Ceci se produit habituellement lors
de la manipulation de substances chimiques sous forme liquide. Les
poussières peuvent également être absorbées à
travers la peau lorsqu'elles sont mouillées, par exemple, par la
transpiration. La facilité avec laquelle différentes substances
peuvent pénétrer à travers la peau varie
considérablement. Certaines substances passent à travers la
peau sans même que l'on s'en rende compte. L'absorption
à travers la peau (absorption percutanée) représente
la voie la plus courante d'exposition professionnelle après
l'inhalation.
La couche superficielle protectrice de la peau peut être ramollie,
par exemple par du toluène ou de la soude caustique diluée,
facilitant ainsi la pénétration d'autres substances chimiques,
telles que le l'aniline, le phénol ou le benzène.
Les yeux peuvent également absorber des substances chimiques, provenant
soit d'éclaboussures, soit de vapeurs.
Les substances chimiques dangereuses peuvent pénétrer dans
le corps par ingestion lorsqu'elles se trouvent sous forme de gaz, de
poussières, de vapeurs, de fumées, de liquides ou de solides.
Les poussières inhalées peuvent être avalées,
et les cigarettes ou les aliments peuvent être contaminés si
l'on a des mains sales. Il doit être interdit de manger, de boire ou
de fumer sur les lieux de travail où l'on utilise des produits
chimiques nocifs.
Quelle que soit leur voie de pénétration, les substances chimiques
peuvent atteindre la circulation sanguine et être distribuées
dans tout le corps; elles peuvent donc affecter non seulement les parties
du corps à l'endroit où elles ont pénétré,
mais également des organes situés loin de la zone exposée.
Figure 2
Figure 3
Les substances chimiques solides peuvent se présenter sous
différentes formes telles que gâteaux, pellets, granulés,
poudres mouillées par de l'huile ou pâtes. Lors du choix
de la forme physique, il faut garder à l'esprit le risque de
formation de poussières. |
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3. Quels sont les effets des substances chimiques sur notre
organisme?
Les effets nocifs des substances chimiques dépendent de leur
toxicité et de l'importance avec laquelle on y est exposé.
La toxicité est une propriété de la substance chimique,
alors que l'exposition dépend de la manière dont on l'utilise.
Le degré d'exposition dépend de la concentration de la substance
chimique dangereuse et de la durée du contact. De nombreuses substances
n'émettent aucun signal d'alarme olfactif dans l'air ambiant de travail,
n'étant pas décelables même à des concentrations
nocives.
Effets aigus chroniques
Les effets peuvent être aigus: ils peuvent se manifester
immédiatement après une exposition de courte durée.
L'apparition d'effets chroniques nécessite généralement
une exposition répétée, et l'on observe un temps de
latence entre la première exposition et les effets nocifs.
Une substance peut provoquer à la fois à des effets aigus et
chroniques: les deux types d'effets peuvent donner lieu à des atteintes
à la santé permanentes.
Les lésions provoquées par une substance chimique peuvent
être de nature temporaire, c'est-à-dire réversibles:
elles peuvent disparaître dès que l'exposition à la substance
chimique cesse.
L'exposition aux solvants peut provoquer des dermites de contact, des maux
de tête ou des nausées. Ces effets peuvent être à
la fois aigus et temporaires. Les solvants peuvent aussi induire des effets
chroniques et donner lieu à des atteintes permanentes et
irréversibles du système nerveux.
Effets locaux - Effets systémiques
Les substances dangereuses peuvent induire des effets locaux. Les effets
locaux aigus peuvent comprendre des lésions dues à l'action
corrosive d'acides et de bases, ou des lésions des poumons
consécutives à l'inhalation de gaz tels que l'ozone, le
phosgène et les oxydes d'azote.
De nombreux autres gaz ne provoquent des effets nocifs que s'ils sont
inhalés de façon répétée au cours d'une
période prolongée. Les gaz en concentrations faibles peuvent
également agir de cette façon. Une exposition à des
gaz tels que les oxydes de soufre, l'acide fluorhydrique et l'acide chlorhydrique
peut donner lieu à une irritation persistante du système
respiratoire.
Une fois que la substance dangereuse a pénétré dans
la circulation sanguine, elle peut être distribuée dans toutes
les parties du corps. Elle atteindra le foie, l'organe de désintoxication
le plus important du corps. Le foie tente de convertir les produits toxiques
en substances moins toxiques ou en substances utiles pour le corps. Ce processus
est appelé métabolisme. Certaines substances, telles que l'alcool
et le tétrachlorure de carbone, peuvent entraîner une atteinte
hépatique. Le corps excrète les substances non
désirées. Elles sont retirées de la circulation sanguine
par les reins, qui filtrent le sang- C'est là la principale voie
d'excrétion des substances toxiques. La filtration de substances telles
que le tétrachlorure de carbone, le polyéthylène glycol
et le disulfure de carbone peuvent toutefois donner lieu à des
lésions rénales. Le cadmium provoque des lésions
rénales permanentes.
L'excrétion s'effectue aussi par les selles, la transpiration et
l'exhalation par les poumons.
Le système nerveux est sensible aux produits chimiques. Les effets
néfastes peuvent se manifester au niveau du système nerveux
central ou sur les nerfs qui transportent les impulsions aux autres parties
du corps. Les solvants organiques sont fréquemment utilisés
au travail, et leurs effets sur le système nerveux sont connus. De
nombreuses autres substances se comportent de la même manière,
par exemple le disulfure de carbone, le mercure, le plomb ou l'arsenic.
Notre corps possède une capacité considérable à
excréter les substances toxiques, à rendre inoffensives les
substances chimiques dangereuses et à nous protéger. Toutefois,
notre système de défense peut être surchargé par
des expositions importantes et répétées, de sorte qu'il
ne peut plus assumer ses fonctions. Le corps stocke alors la substance nocive,
ce qui peut entraîner des problèmes de santé.
Certaines substances sont éliminées lentement, par exemple
le plomb. D'autres ne sont pas du tout traitées par le corps; c'est
le cas notamment du cadmium: une fois qu'il y a pénétré,
il y reste.
Figure 4
Figure 5
Figure 6
Le cadeau que nous fait le
pétrole! Description du produit issu de la distillation fractionnée
du pétrole brut
Figure 7
Figure 8 |
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4. Classes de produits chimiques courants pouvant provoquer des
atteintes à la santé
Si les poussières ne sont souvent qu'un désagrément,
elles peuvent aussi présenter des risques en fonction de leur composition
et de la taille de leurs particules.
Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent
profondément dans les poumons avec l'air inhalé; elles passent
alors à travers la barrière pulmonaire. De telles poussières
sont invisibles à l'il nu et ne peuvent être identifiées
que par des techniques de microscopie. Ces poussières peuvent s'accumuler
dans les poumons au cours d'une période prolongée et provoquer
une maladie pulmonaire appelée pneumoconiose. Il s'agit d'une maladie
professionnelle invalidante largement répandue, le plus souvent due
à des poussières contenant de l'amiante ou de la silice.
Le sable et de nombreuses roches peuvent contenir de la silice cristalline;
il en va de même pour de nombreux minerais ainsi que pour le béton,
les céramiques et les terres à diatomées. La mise en
uvre de ces matériaux libère de la poussière,
entraînant une accumulation de silice dans les poumons pouvant donner
lieu, bien plus tard, à des affections pulmonaires incurables, même
si l'exposition a cessé depuis longtemps.
L'amiante est une fibre minérale naturelle très résistante
au feu et à de nombreuses substances chimiques. Les fibres d'amiante
sont très tenaces et fines. L'amiante existe sous différents
noms et formes: la chrysotile, la crocidolite, l'amosite, l'antophyllite,
l'actinolite et la trémolite. La chrysotile est utilisée dans
les matériaux d'isolation ainsi que dans les nattes et les vêtements
de protection.
La poussière pénètre dans les poumons et détruit
le tissu pulmonaire. Cette affection est appelée asbestose. L'asbestose
peut également induire un cancer du poumon. Si l'exposition à
l'amiante est combinée au tabagisme, le risque de cancer est de
considérablement plus élevé. De nombreux pays ont interdit
ou fortement limité l'utilisation de l'amiante.
L'exposition aux fumées de métaux peut provoquer les atteintes
à la santé. La "fièvre des fondeurs" est une pathologie
connue, induite par l'inhalation de vapeurs de métal, souvent à
base de zinc. Elle apparaît généralement le jour suivant
l'exposition.
A des concentrations dangereuses, les gaz n'ont pas forcément un odeur
qui pourrait alerter les personnes exposées. L'odeur n'apparaît
parfois que lorsque la concentration dans l'air est très
élevée. Les gaz peuvent avoir des effets irritants, ou alors
passer dans la circulation sanguine et provoquer des atteintes internes.
Les oxydes de soufre, les oxydes d'azote, le chlore et l'ammoniac sont des
gaz toxiques corrosifs et irritants pour le système respiratoire.
Leur utilisation est très répandue dans l'industrie. Le
phosgène se forme lorsque des solvants contenant du chlore, tels que
le "TRI" (trichloro-1,1,2 éthylène), entrent en contact avec
des surfaces chaudes ou des flammes. Le phosgène peut s'avérer
un poison mortel même avant que son odeur ne soit décelée.
L'oxyde de carbone est un gaz toxique incolore et inodore, formé lors
de la combustion incomplète de matériaux d'origine organique.
Il peut pénétrer dans la circulation sanguine. Certains gaz
peuvent pénétrer à travers la peau, notamment l'acide
cyanhydrique.
4.2 Solvants
La plupart des solvants sont des substances chimiques organiques sous forme
liquide. On les utilise en raison de leur capacité à dissoudre
d'autres substances, notamment les huiles et les graisses, qui sont insolubles
dans l'eau. Beaucoup s'évaporent facilement à température
ambiante. Ils sont souvent inflammables et peuvent s'enflammer sous l'action
de la chaleur d'une cigarette, d'un poste de soudage ou de
l'électricité statique. Les vapeurs se répandent sous
l'effet des courants d'air et peuvent donc être enflammées
même par une source de chaleur située à une certaine
distance.
L'inhalation est la voie la plus fréquente de pénétration
dans le corps pour les solvants, mais certains peuvent même passer
à travers la peau saine et intacte. Une fois dans la circulation sanguine,
les solvants peuvent être transportés jusqu'aux différents
organes, notamment le cerveau et le foie.
Les effets des solvants sur l'homme varient en fonction de leur taux
d'évaporation et de leur solubilité dans l'eau. Les
risques d'atteinte à la santé dépendent de la
durée de l'exposition et de la concentration du solvant dans
l'air inhalé.
De nombreux solvants ont des effets narcotiques et peuvent provoquer des
vertiges, des maux de tête, un état de confusion ou de la fatigue.
Ils peuvent également irriter les yeux et les voies respiratoires.
Sous l'action de contacts fréquents, la couche protectrice de
la peau se dégraisse, ce qui provoque une irritation. Certains solvants
sont très nocifs pour le foie, les reins, la moelle osseuse ou le
système nerveux. Le benzène, le tétrachlorure de carbone
et le disulfure de carbone font partie de la catégorie des solvants
qui devraient être remplacés par des produits moins toxiques.
Les métaux peuvent entrer dans le corps sous forme de poussières
ou de fumées (notamment lors de meulage ou de soudage). Certains peuvent
même pénétrer à travers la peau, par exemple le
plomb tétraéthyle utilisé comme additif antidétonant
dans l'essence. Les vapeurs de mercure sont souvent inhalées,
ce métal sous forme liquide s'évaporant facilement à
température ambiante.
On utilise le plomb dans différents secteurs industriels: les
accumulateurs, l'industrie du verre, l'industrie minière, la
fabrication de câbles, la fonderie et l'imprimerie. Les structures
en acier sont protégées par des revêtements anticorrosion
contenant du plomb qui peut être libéré lors
d'opérations de soudage, par exemple dans les chantiers navals.
Le mercure est présent dans de nombreux pesticides ainsi que dans
les bains de décapage. Dans l'environnement, il peut
s'accumuler dans les poissons. L'intoxication par le mercure
entraîne des effets graves sur le système nerveux.
On trouve le nickel dans différents alliages métalliques. Le
nickel et ses composés sont connus pour leurs propriétés
sensibilisantes. Une fois que l'on développé une
réaction allergique au nickel, la réaction se répète
même au contact de quantités très faibles de nickel
présentes dans les produits en cuir, le ciment ou les poignées
de porte. Certains composés du nickel peuvent provoquer un cancer.
L'utilisation des composés du chrome, notamment des chromates
et des bichromates est largement répandue dans l'industrie. Le
ciment contient de faibles quantités de composés du chrome.
Ces composés peuvent provoquer des allergies, voire un cancer du poumon.
Contrairement au cobalt et au nickel, le chrome pur ne provoque pas
d'allergies. Les composés du chrome peuvent induire des malformations
à la naissance si les femmes enceintes sont exposées à
ces composés lors de la grossesse.
On trouve des composés à base d'arsenic dans les pesticides,
les insecticides et certains colorants. L'intoxication chronique à
l'arsenic peut se manifester au début par une irritation des
voies respiratoires, une inflammation des yeux ou des problèmes
cutanés, suivis d'une atteinte du système nerveux.
L'arsenic et ses composés peuvent provoquer des cancers.
Les acides et les bases forts sont surtout utilisés sous forme de
solutions aqueuses, qui sont corrosives pour les tissus humains. Le fait
de travailler avec des acides ou des bases forts peut donner lieu à
des brouillards qui ont les mêmes propriétés corrosives
que les solutions.
Lorsqu'on mélange des acides et des bases, ils se produit le
phénomène de neutralisation, généralement
accompagné d'un fort dégagement de chaleur. La chaleur
libérée lorsqu'on ajoute de l'eau à de l'acide sulfurique
concentré peut avoir des conséquences graves: la chaleur va
provoquer des éclaboussures du liquide, lui-même fortement corrosif,
risquant ainsi de blesser les travailleurs.
Certains acides sont explosibles au contact de matières organiques,
telle que la sciure.
Le traitement de pièces métalliques dans des bains d'acide
peut provoquer des dommages graves. Le bain utilisé pour le trempage
de pièces peut contenir un mélange de plusieurs acides et
libérer de l'hydrogène, gaz inflammable, ainsi que des
brouillards d'acide.
On utilise l'acide phosphorique pour le traitement des métaux.
Au contact de surfaces chaudes, il peut libérer des gaz toxiques.
L'ammoniaque, la soude et la potasse sont des bases fréquemment
utilisées. Elles sont corrosives pour les tissus humains, mail il
faut un certain laps de temps avant qu'on ne ressente la sensation de
corrosion. Les bases pénètrent dans la peau et provoquent des
plaies profondes. Il est difficile de les éliminer en rinçant
abondamment. Les bases diluées sont irritantes.
Le dégraissage des métaux en bain chaud est un exemple
d'utilisation de soude et de potasse.
Les pesticides servent à détruire ou à contrôler
toutes sortes d'insectes ou de parasites. Ils sont utilisés dans
l'industrie, par exemple pour l'imprégnation du bois, et
dans l'agriculture pour contrôler les insectes, les mauvaises
herbes, les moisissures et les rats. Il existe de nombreux types de pesticides,
et on les utilise aussi sous forme de mélanges.
L'utilisation de certains composés est réglementée,
alors que d'autres sont totalement interdits en raison de leurs effets
nocifs graves. En Europe, la liste de produits interdits comprend les
composés tels que les composés inorganiques du mercure, le
camphéchlore, le chlordane, la diéldrine, le DDT, le HCH (lindane),
l'heptachlore, l'héxachlorobenzène, et le
nitrofène.
Les insecticides peuvent être classés en plusieurs grands groupes:
Composés organophosphorés
Ils sont souvent hautement toxiques pour les insectes et l'homme. Ils peuvent
avoir des effets sur le système nerveux, voire provoquer la mort.
Ils sont efficaces même à faible concentration. Le dichlorvos,
le déméton, le parathion et la thioazine font partie de ce
groupe.
Composés organochlorés
La toxicité aiguë de ces composés est plus faible que
celles des composés organophosphorés. Ils se décomposent
lentement et peuvent par conséquent s'accumuler dans
l'environnement et le corps. L'aldrine, la diéldrine,
l'heptachlore et le DDT appartiennent à ce groupe.
Les carbamates sont à la fois des insecticides et des fongicides
Ils sont toxiques pour l'homme et provoquent des symptômes comparables
à ceux des organophosphorés. Le dithiocarb et le carbaryle
font partie de ce groupe.
Figure 9
Figure 10
Figure 11
Figure 12 |
|
5. Comment minimiser les risques liés aux substances
chimiques?
L'utilisation des substances chimiques en toute sécurité
peut être améliorée en agissant à plusieurs niveaux.
Il faut mettre sur pied un comité de prévention ayant pour
tâche de travailler régulièrement sur des questions ayant
trait à la sécurité. Il pourrait aborder en priorité
les aspects suivants:
Mesures organisationnelles
-
évaluer les risques chimiques et établir des priorités
en matière de prévention au sein de l'organisation;
-
établir des plans d'urgence pour chacun des risques identifiés;
-
organiser les services de santé au travail et mener des enquêtes
régulières en fonction des nécessités;
-
organiser les contacts avec les pouvoirs publics et les laboratoires afin
d'établir un système de surveillance des risques liés
aux substances chimiques, et d'évaluer ou de mesurer de manière
fiable l'exposition professionnelle aux produits chimiques, en fonction
des besoins;
-
commencer à répertorier les cas d'accidents et de maladies
survenus dans l'entreprise, afin de créer une base destinée
à établir les mesures de prévention prioritaires pour
le contrôle des risques;
-
identifier les substances chimiques utilisées;
-
recueillir des informations sur leurs risques;
-
rassembler ces informations et dresser un inventaire de toutes les substances
chimiques utilisées dans l'usine; création d'un registre
des substances chimiques utilisées sur le lieu de travail;
-
encourager la participation des travailleurs à l'organisation
de la prévention, par exemple dans le système des
délégués à la prévention ou dans les
comités de prévention.
Mesures techniques de contrôle du risque
Les mesures techniques peuvent être utilisées pour prévenir
les risques chimiques à la source et pour empêcher le transfert
de substances chimiques dangereuses. Il est également possible, par
des moyens techniques, d'abaisser le niveau d'exposition des
travailleurs.
Substitution
La substitution est une méthode efficace pour le contrôle des
substances chimiques dangereuses. Elle consiste à remplacer une substance
chimique dangereuses par une autre, moins dangereuse. Ceci est
particulièrement important quand les substances incriminées
peuvent provoquer des cancers, des atteintes au système de reproduction
ou des réactions allergiques. Le choix d'un procédé
plus sûr ou le passage d'un procédé ancien et dangereux
à un procédé moins dangereux peuvent s'avérer
être des moyens efficaces pour réduire les risques.
Un d'exemple de choix plus sûr est le remplacement de substances
pulvérulentes (poudres), qui libèrent des niveaux
élevés de poussières de produits dangereux, par des
granulés ou de la pâte. On peut remplacer les peintures et les
adhésifs contenant des solvants nocifs par des dispersions aqueuses.
Lorsqu'on envisage de changer une substance ou tout un procédé
complet, on doit être en possession de toutes les données
disponibles afin que ce nouveau choix n'entraîne pas de nouveaux
risques insoupçonnés.
Contrôle au niveau de la conception du procédé
Système fermé
Dans les cas où les substances chimiques dangereuses ne peuvent être
remplacées par des substances moins nocives, on doit limiter
l'exposition par une protection des travailleurs. Le confinement de
la substance chimique ou du procédé s'avère une
méthode efficace.
Un exemple pratique est l'utilisation de tuyaux scellés pour
le transfert de solvants ou d'autres liquides, au lieu de les transvaser
à l'air libre. Les vapeurs et les gaz libérés lors
de la peinture au pistolet ou du traitement des métaux dans des bains
de dégraissage ou de trempe doivent être contrôlés
et aspirés, et il faut faire en sorte qu'ils ne polluent pas l'air
ambiant.
Aspiration localisée
Il n'est pas toujours possible de confiner toutes les opérations
dangereuses. Une aspiration localisée représente une alternative
pour éliminer les contaminants à la source. Un système
d'aspiration localisée comprend une hotte, des gaines ou des tuyaux,
un système pour collecter les polluants et les séparer de
l'air propre, et enfin un ventilateur efficace pour générer
une puissance d'aspiration suffisante.
Les gaz, les fumées et les poussières dangereux contenus dans
l'air évacué peuvent être collectés. Ils
ne doivent pas être déversés directement, sans traitement
préalable, pour éviter de polluer les alentours de l'usine
ou l'environnement. On doit prêter une attention particulière
à l'afflux d'air qui remplace l'air évacué.
Il est indispensable d'inspecter, d'entretenir, de nettoyer et
de changer les filtres à des intervalles réguliers afin de
protéger les travailleurs des contaminants dangereux.
La ventilation générale
Là où il est difficile d'empêcher, à la source,
l'entrée de substances chimiques, de fumées, de
poussières ou de brouillards dangereux dans l'air ambiant, on
peut installer une ventilation générale pour les diluer. Celle-ci
doit être conçue de manière à répondre
aux exigences spécifiques du procédé et du poste de
travail. Idéalement, elle devrait comprendre un afflux d'air
propre et une évacuation forcée par des ventilateurs situés
à des emplacements adéquats bien conçus. Cette méthode
peut être utilisée conjointement avec d'autres mesures
de prévention.
Ordre et propreté
Lors du travail en présence de substances chimiques dangereuses, il
est essentiel de respecter l'ordre et la propreté. Les zones
de stockage doivent être bien organisées et maintenues bien
ordonnées. Le transport de produits chimiques au sein de l'usine
doit être planifié et les voies de circulation doivent rester
dégagées. L'entretien du site et des équipements
doit également être planifié. Ces tâches doivent
être assignées à des personnes, des groupes ou des
départements. Les travailleurs utilisant les équipements doivent
savoir à qui s'adresser pour la réparation en cas de
fonctionnement défectueux.
Une surveillance de l'efficacité des mesures d'ordre et de propreté
ainsi que des inspections doivent être effectuée à des
intervalles réguliers, avec la participation des travailleurs, du
fait qu'ils sont les mieux placés pour connaître leur propre
poste de travail.
Figure 13
Figure 14
Un recueil
de directives pratiques (Sécurité dans l'utilisation des produits chimiques
au travail, 1993) a été mis au point par le Bureau
international du Travail, et plusieurs pays ont adopté ces principes
pour l'organisation du contrôle des risques. Le Comité de
sécurité pourrait, par exemple, prévoir que les tâches
suivantes soient réalisées au niveau de l'atelier de production:
-
effectuer des inspections régulières à l'aide de listes
de contrôle adaptées aux substances chimiques et aux
procédés utilisés;
-
marquer et étiqueter toutes les substances chimiques;
-
conserver une liste de toutes les substances chimiques manipulées
sur le lieu de travail, de même qu'un jeu complet de fiches de
données de sécurité pour ces substances chimiques;
-
former les travailleurs au déchiffrage et à l'interprétation
des données de sécurité chimique, y compris les risques
d'atteinte à la santé et les voies d'exposition; les encourager
à considérer les substances chimiques dangereuses et les
procédés avec respect;
-
planifier, développer et choisir des méthodes de travail
sûres;
-
réduire le nombre de personnes entrant en contact avec des substances
chimiques dangereuses;
-
réduire la durée et/ou la fréquence d'exposition
des travailleurs aux substances chimiques dangereuses;
-
former les travailleurs à connaître et à comprendre les
mesures d'urgence;
-
équiper et former les travailleurs à utiliser correctement
les équipements de protection individuelle une fois que tout a
été entrepris, par d'autres moyens, pour éliminer
les risques.
La conception et l'entretien de zones de stockage sont des
éléments très importants pour les utilisateurs de substances
chimiques dangereuses si l'on veut éviter des pertes de matériel,
des accidents et des catastrophes. Une attention toute particulière
doit être portée aux substances incompatibles, à
l'emplacement adéquat des produits dans la zone de stockage et
aux conditions climatiques. Par exemple, les bouteilles de gaz doivent être
fixées par des chaînes en position verticale, et les acides
doivent être stockés dans des zones ou des armoires qui leur
sont exclusivement réservés. Les fumées ou les
éclaboussures ne doivent jamais atteindre la zone où les bouteilles
de gaz sont stockées.
Les substances dangereuses peuvent fuir, provoquer des incendies ou libérer
des fumées et des vapeurs dangereuses. Lorsque deux substances entrent
en contact, elles peuvent réagir violemment. Les produits de
réaction peuvent être beaucoup plus dangereux que les substances
chimiques originales.
Le mode opératoire du stockage doit faire l'objet de consignes
écrites, et les fiches de données de sécurité
des produits chimiques dangereux stockés doivent être disponibles
dans la zone de stockage.
Les substances chimiques réagissent de la manière qui leur
est propre, que ce soit sous forme de déchet ou lorsqu'elles sont
utilisées dans un procédé de fabrication, et les risques
sont les mêmes. Partout où on utilise des substances chimiques,
l'entreprise doit prévoir l'étiquetage, la collecte
et la manipulation des déchets. Certains pays ont introduit une
législation et fournissent des instructions détaillées
sur la manière de traiter les déchets chimiques dangereux.
Afin chacun y trouve son compte, il est essentiel que l'ensemble des
salariés - des travailleurs des ateliers où les substances
chimiques sont utilisés en pratique jusqu'à la direction
de l'entreprise - participe à la conception du "cycle de vie"
complet et sûr de chaque substance chimique. Une coopération
avec les autorités et entre les différents services de
l'administration est nécessaire pour la réalisation de
ces tâches.
De nombreux accidents se sont produits parce qu'on s'imaginait
que tout le monde était conscient de la situation. Il faut discuter,
sur le lieu de travail, des idées qui viennent à l'esprit
lorsqu'on tente de répondre aux questions suivantes:
Figure 15
Figure 16 |
Liste de contrôle pour la gestion de la sécurité
-
Qui sont les personnes responsables de cette tâche?
-
Leurs responsabilités se recoupent-elles avec celles d'autres
personnes?
-
Y a-t-il des domaines pour lesquels personne n'est responsable?
-
Les méthodes sûres pour réaliser cette tâche ont-elles
été étudiées, choisies, mises en uvre?
-
Existe-il des codes de bonne pratique ou des notes d'orientation que
l'on peut appliquer à cette tâche?
-
Le travailleur a-t-il reçu la formation nécessaire pour
réaliser cette tâche?
-
La tâche est-elle sûre ou des équipements de protection
sont-ils nécessaires?
-
L'utilisateur d'équipements ou de vêtements de protection
a-t-il été informé de leur bonne utilisation et de leurs
limitations?
-
Qui a évalué si les outils, les machines et les équipements
de protection sont adaptés à la tâche?
-
Quelles seraient les conséquences si les choses tournent mal?
-
Comment la personne responsable entend-elle agir en cas de problème?
-
En cas d'incident, vos collaborateurs sauraient-ils quoi faire? Existe-il
un plan d'urgence? Savent-ils comment appeler une ambulance ou les pompiers?
-
Si le travail ne peut pas être terminé le jour même, peut-on
laisser les choses telles quelles en toute sécurité? Y a-t-il
des instructions claires pour l'équipe suivante?
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Comment communiquez-vous sur votre lieu de travail? Les personnes travaillant
en production ont-elles connaissance des travaux d'entretien qui vont
être réalisés, notamment ceux qui nécessiteraient
l'arrêt de certaines parties de la production? Le personnel
d'entretien a-t-il connaissance des éventuelles exigences
spéciales des tâches liées à celle à laquelle
il travaille?
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Vérifie-t-on de manière systématique que les tâches
ont été réalisées de manière conforme,
ou que l'ordre et la propreté sont respectés?
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Bibliographie
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Falköping, Suède, 1990
BAKAR CHE MAN A. and GOLD D., Safety and Health in the use of Chemicals at
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Directive 91/659/CEE de la Commission, du 3 décembre 1991, portant
adaptation au progrès technique de l'annexe 1 de la directive 76/769/CEE
du Conseil concernant le rapprochement des dispositions législatives,
réglementaires et administratives des états membres relatives
à la limitation de la mise sur le marché et de l'emploi de
certaines substances et préparations dangereuses (amiante)
Règlement 2455/92/CEE du Conseil, du 23 juillet 1992, concernant les
exportations et importations de certains produits chimiques dangereux
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TUC, Trade Union Congress, Hazards at Work, TUC Guide to health and safety,
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Mise à jour par CD. Approuvée par EC. Dernière modification: 30.11.2004.
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