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L'OIT est l'une des deux organisations internationales fondées en 1919 au terme de la Première Guerre mondiale. La Ligue des Nations fut fondée en vue de promouvoir la paix politique et militaire, et l'OIT en vue de promouvoir la paix sociale, ainsi que l'indique sa Constitution, dans laquelle il est dit que " une paix durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ". L'OIT s'est d'abord intéressée aux peuples indigènes et tribaux en leur qualité de travailleurs. Leur protection revêt une importance critique lorsque ces peuples sont expulsés de leurs terres ancestrales pour devenir des travailleurs saisonniers, des migrants, des travailleurs asservis ou de simples domestiques, et qu'ils se trouvent de ce fait exposés aux formes d'exploitation de la main-d'œuvre couvertes par le mandat de l'OIT. C'est dans ce contexte que l'OIT a commencé à s'intéresser en 1921 déjà à la situation, dans les colonies d'outre-mer des puissances européennes, de ceux que l'on appelait les " travailleurs natifs ". L'une des conséquences de cet intérêt fut l'adoption, en 1930, de la convention n° 29 sur le travail forcé.
Suite à la création des Nations Unies en 1945, l'OIT a élargi la portée de l'attention qu'elle accordait aux travailleurs indigènes, en l'étendant aux questions concernant les peuples indigènes et tribaux en général et, de 1952 à 1972, elle a dirigé un programme de développement multidisciplinaire regroupant plusieurs institutions - le Programme des Indiens des Andes, dont on estime qu'il a fourni une assistance à plus de 250 000 personnes. Peu après le lancement de ce programme, à l'initiative d'autres éléments du système onusien et avec leur participation, l'OIT s'est attelée à la rédaction de la convention n° 107 sur les populations indigènes et tribales, adoptée en 1957. C'était là le tout premier traité international adopté sur le sujet, que 27 pays allaient ratifier - des pays d'Amérique surtout, mais également d'Asie du Sud, et plusieurs pays d'Afrique.
Au fil des années, et sous l'impulsion de l'opinion publique, l'attention a fini par se porter sur certaines faiblesses de la convention, en particulier sur ses hypothèses selon lesquelles l'intégration des peuples indigènes et tribaux au sein d'une société plus grande était le seul moyen d'assurer leur avenir, affirmant par-là que toute décision en matière de développement relève du ressort des Etats plutôt que des populations les plus concernées elles-mêmes. Par une prise de conscience de plus en plus grandissante de la part de ces peuples, au cours des années soixante et soixante-dix, et leur présence sur le plan international de plus en plus forte, ces hypothèses ont fini par être mises à l'épreuve. Pendant les années soixante-dix, les Nations Unies ont commencé à examiner de plus près les questions relatives aux peuples indigènes et tribaux, et ces derniers ont dans le même temps commencé à s'organiser sur le plan international. Ces activités ont entraîné une remise en question de la convention n° 107, dont la position était considérée comme intégrationniste. Sa révision a été demandée. Le moment était venu de procéder à une mise à jour de la convention n° 107. La Commission d'experts réunie en 1986 par le Conseil d'administration de l'OIT a conclu que " l'approche intégrationniste de la convention était obsolète et que son application était préjudiciable dans le monde moderne ".
Le Conseil d'administration a donné suite en inscrivant la question à l'ordre du jour de la Conférence internationale du Travail (CIT) en 1988 et 1989. La convention n° 107 a été révisée en juin 1989, et inclut désormais un concept fondamental basé sur l'idée que les modes de vie des peuples indigènes et tribaux doivent survivre et survivront. Autre changement fondamental : la proposition qui veut désormais que ces peuples et leurs organisations traditionnelles soient étroitement impliqués dans la conception et dans la mise en œuvre des projets de développement les concernant, ainsi d'ailleurs que dans toutes les mesures prises pour appliquer la convention.
Cet instrument révisé, la convention nº 169, fait progressivement l'objet de ratifications de la part des Etats membres de l'OIT et est à la base des discussions nationales dans un certain nombre de pays. Cette convention pose les normes internationales minimales tout en maintenant la porte ouverte à d'autres normes supérieures dans les pays qui peuvent en faire davantage. Elle cherche à amener tous les intéressés - gouvernements, organisations des peuples indigènes et tribaux et autres organisations non gouvernementales - à un même dialogue.
C'est avant tout la philosophie de base de la convention nº 169 qui la distingue de la convention nº 107. Alors que la convention n° 107 était fondée sur l'hypothèse que les populations indigènes et tribales étaient destinées à disparaître au terme de leur intégration dans les pays où elles vivaient, la convention nº 169 adopte une attitude générale de respect pour les cultures et modes de vie des peuples indigènes et tribaux, insistant sur leur droit à continuer d'exister et à se développer au rythme dicté par leurs propres priorités.
Aujourd'hui, le travail de l'OIT dans le domaine des peuples indigènes et tribaux se divise en deux catégories :
1. La supervision des conventions nº 107 et nº 169 et
2. L'assistance aux peuples indigènes et tribaux ainsi qu'aux gouvernements..
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 Le Programme des Indiens des Andes était un programme conjoint de l'ONU, de l'UNESCO, de l'OMS et de l'OIT, conduit sous les auspices de cette dernière. |
 Jeunes garçons étudiant dans un centre de Cotoca, Bolivie |
 Stagiaire dans un atelier de mécanique de Pillapi, Bolivie |
 Les habitants du village de Pillapi, Bolivie, ont construit l'école sous la direction d'un expert de l'UNESCO |
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