
| L'unité des finances sociales |
De par son mandat, l'OIT s'intéresse au secteur financier et à ses effets sur l'allègement de la pauvreté, la création d'emploi et la lutte contre l'exclusion. L'accès au crédit et autres services financiers et la capacité de gérer efficacement les ressources financières influencent directement la mesure dans laquelle les entreprises, en particulier les petites entreprises, peuvent créer et préserver des emplois. De la même manière, des dispositions informelles de collecte de l'épargne permettant de redistribuer de petits montants aident les populations dans le besoin à se prémunir contre les risques menaçant leur survie. Plusieurs questions revêtent une importance particulière en terme de justice sociale:
Accès aux marchés financiers Le marché financier a tendance à défavoriser les transactions à petite échelle principalement du fait des coûts fixes élevés. Les banques préfèrent généralement traiter avec les gros clients pour éviter les risques. Les restrictions d'accès aux marchés financiers peuvent aussi être le fait de l'absence de garantie, problème auquel se heurtent fréquemment les femmes. Auto-assistance Les petits opérateurs économiques, pour compenser les désavantages liés à la petite taille de leurs unités économiques, s'organisent en groupements tels que coopératives de crédit, sociétés de cautionnement mutuel. Le principe de l'auto-assistance est d'ailleurs bien mis en exergue dans la Déclaration de Philadelphie. Secteur financier informel Le secteur financier est à l'origine de nombreuses innovations en matière de virements, dépots, crédits, aval, assurance, etc. Pour les plus démunis, il est vital que ce secteur puisse continuer à se développer avec toute la flexibilité requise tout en supprimant les pratiques d'exploitation. Dans une certaine mesure, le secteur financier informel peut même stimuler les opérations bancaires, notamment en l'absence de garanties. Il constitue également un élément important de la stratégie de survie des plus démunis Liens entre marché du travail et marché financier Ces liens peuvent être à la fois bénéfiques et préjudiciables. Ils peuvent entraîner des servitudes pour dettes qui résultent des monopoles des marchés financiers et du travail dans les zones rurales.
On observe d'autre part que ces rapports de dépendance peuvent aussi créer une certaine sécurité de revenus pour les plus démunis. Dans les pays industrialisés, la concentration de capital social de grandes sociétés anonymes dans les banques ayant des intérêts industriels peut aussi avoir de sérieuses répercussions sur l'emploi.
Le marché financier en tant que véhicule pour la réalisation des objectifs sociaux
Dans leurs efforts de création d'emplois, les décideurs ne se limitent pas nécessairement au marché du travail. Dans certains cas, le marché financier peut avoir les mêmes résultats, avec peut-être plus d'efficacité.
En Europe et aux Etats-Unis, par exemple, un nombre croissant d'initiatives privées à but non lucratif tentent d'aider les chômeurs de longue durée. Certaines privilégient l'auto-emploi, d'autres mettent l'accent sur le développement des qualifications qui permet d'améliorer l'employabilité. Du fait de leur action au niveau local, ces initiatives sont peu connues. L'impact social des politiques de libéralisation du secteur financier
Les mesures politiques visant le secteur financier ont des effets directs sur l'investissement et indirects sur la production et l'emploi. Ceci est notamment valable pour les mesures de libéralisation du secteur financier qui peuvent avoir des effets néfastes sur l'accès des petites entreprises aux services financiers, du moins à court terme. A long terme, ces politiques devraient faire disparaître les distorsions du marché.
|