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Secteur informel

Ministère de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale (MEFPPS)

ATELIER NATIONAL SUR LA PROMOTION DE L'EMPLOI DANS LE CONTEXTE DE L'AJUSTEMENT STRUCTUREL EN ASSURANT L'EGALITE ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES EN CôTE D'IVOIRE

RAPPORT DE L'ATELIER
GRAND BASSAM
9 - 11 novembre 1998
ISBN 92-2-212017-5

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SOMMAIRE

Préface

Objectifs

Organisation et programme

Participants

Déroulemetn de l'atelier

Discussions thématiques

Séance 1 : Revue des politiques macro-économiques et leur impact sur l'emploi des hommes et des femmes

Séance 2 : Une analyse différenciée selon le genre de l'impact des PAS sur le secteur formel

Séance 3 : Les PAS et leur impact sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel

Séance 4 : Les PAS et leur impact sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur rural : contraintes et opportunité

Séance 5 : Stratégies pour promouvoir l'emploi de façon égale pour les hommes et les femmes

Synthèses des travaux en groupes

Plan d'action

Préface

L'atelier national sur "la promotion de l'emploi dans le contexte de l'ajustement structurel en assurant l'égalité entre les femmes et les hommes" a été organisé dans le cadre du projet Promotion de l'emploi des femmes dans le contexte des réformes économiques (INT/94/M04/DAN). Le département des Politiques de Développement (POLDEV) de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) a initié ce projet, depuis 1995, pour prendre en compte la dimension genre dans les discussions sur l'ajustement structurel et l'emploi.

Ce projet inter-régional financé par l'agence de coopération danoise DANIDA a pour objectifs de mieux:

Ces deux dimensions sont à prendre en compte, du point de vue de l'OIT, pour pallier les insuffisances en matière d'analyse et de définition des politiques et actions proposées pour atténuer les effets des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS).

Ce projet a permis l'organisation d'ateliers destinés à élaborer un plan d'action pour promouvoir l'emploi des femmes. Ainsi, quatre ateliers ont déjà été organisés en Inde, au Sri Lanka, en Tanzanie et au Zimbabwe. Les deux derniers ateliers ont adopté un plan d'action national pour la promotion de l'emploi en assurant l'égalité entre les femmes et les hommes. Suite aux recommandations prioritaires formulées par ces ateliers, des activités diverses sont en cours de mise en oeuvre en collaboration avec les partenaires nationaux de chaque pays.

Dans la perspective d'organiser un atelier similaire, l'OIT, à travers son département des Politiques de Développement et en collaboration avec le Bureau de Zone et l'Equipe Multidisciplinaire de l'Afrique de l'Ouest (EMACO), amené, à partir de juin 1998, des concertations avec différents partenaires nationaux pour préparer un atelier national sur les effets de l'ajustement structurel sur les opportunités d'emploi des femmes et des hommes.

Ces rencontres ont ainsi permis d'ouvrir une série de discussions avec le Gouvernement ivoirien, les syndicats, le patronat, les organisations non-gouvernementales (ONG), les partenaires au développement, ainsi que les autres agences des Nations Unies. Ces concertations ont fait ressortir un accord unanime des différents partenaires sur la pertinence des thèmes proposés par l'OIT, ainsi que sur l'opportunité, la nécessité et l'intérêt d'organiser un tel atelier dans le pays.

Cet atelier était le premier de la sorte à traiter des problèmes de l'emploi, des réformes économiques et des relations entre les femmes et les hommes dans le cadre du travail, en Côte d'Ivoire. L'intérêt exprimé par les participants et les discussions animées furent de haut niveau.

A la fin de l'atelier, un plan d'action faisant la synthèse des différentes recommandations émises par les groupes a été adopté. Les actions suggérées sont les suivantes: (a) estimer l'impact des programmes sur l'emploi des femmes dans les secteurs agro-rural et informel; (b) étayer les bases de données en tenant compte de la dimension de "genre" et de l'égalité des femmes et des hommes; (c) établir un système de coordination plus performant entre les différentes agences gouvernementales; (d) définir des mesures pratiques afin d'accroître le taux de participation des filles à la scolarisation ainsi que leur engagement dans des filières techniques de formation; (e) créer des incitations et/ou des mesures concrètes visant à encourager le recrutement de femmes en général, et à des postes décisionnels en particulier; (f) réviser les politiques et programmes socio-économiques existants relatifs aux femmes chefs de famille; et (g) créer une "banque pour les pauvres" dans les secteurs rural et informel.

Une semaine après l'atelier, les réactions concernant la réunion étaient très positives. Le Ministère du Travail annonça que le Plan d'Action, ci-dessus mentionné, serait utilisé lors de la préparation du "Document Cadre", document central du Ministère des Finances pour la planification et le budget de tous les ministères de Côte d'Ivoire. Les conclusions de l'atelier furent également utilisées par le Ministère de la Famille et de la Promotion de la Femme dans la formulation de son plan d'action en réponse à la Conférence Mondiale pour les Femmes, Beijing, 1995.

Nos remerciements sont spécialement adressés aux personnes suivantes: Mme Coty Peccoud, la coordinatrice de projet nationale, et Mme Grace Hemmings, spécialiste du BIT pour les questions de genre pour l'Afrique, qui ont organisé les consultations avant l'atelier et assisté au comité préparatoire; MM. Boni Kouakou Adolphe et Konadio Bénié, qui ont préparé la version préliminaire du compte rendu de l'atelier; et Annie Guyon qui a finalisé le rapport de l'atelier.

Objectifs

Similaire à ceux organisés en Inde, au Sri Lanka, en Tanzanie et au Zimbabwe, l'atelier sur "la promotion de l'emploi dans le contexte de l'ajustement structurel en assurant l'égalité entre les femmes et les hommes" , qui s'est déroulé à Grand Bassam, Côte d'Ivoire, du 9 au 11 novembre 1998, a eu pour objectifs de:

Organisation et programme

Cet atelier a été organisé conjointement par l'OIT et le Ministère de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale. Un comité de préparation de l'atelier composé de vingt (20) membres issus de différentes organisations gouvernementales, non-gouvernementales, des syndicats et du patronat a été mis en place. Chacun des membres a participé activement à la préparation, au déroulement et à l'évaluation de l'atelier. Un consultant a été recruté par l'OIT pour assurer la préparation et la coordination de toutes les actions à entreprendre.

Le programme de l'atelier était composé d' une séance d'ouverture, suivie de huit (8) séances de travail et une séance de clôture. A la cérémonie d'ouverture, outre l'allocution du Directeur Régional Adjoint de l'OIT et celle du Ministre de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale, une présentation du contexte et des objectifs de l'atelier a été exécutée.

Les différentes séances de travail ont été réparties de la façon suivante:

Participants

La recherche d'un consensus social a animé les organisateurs de cet atelier dans la mesure où les différents partenaires sociaux ont été invités. C'est ainsi qu'on a pu noter la participation des trois centrales syndicales (UGTCI, DIGNITE, FESACI), l'organisation patronale (CNPI) et les représentants des Ministères concernés par les questions du Genre (Ministère de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale, Ministère de l'Education Nationale et de la Formation de Base, Ministère de la Famille et de la Promotion de la Femme, Ministère de l'Enseignement Technique , de la Formation Professionnelle, etc.). La société civile représentée par des ONG ainsi que des partenaires au développement furent également présents à cet atelier et ont apporté leurs contributions aux réflexions lors des discussions en panel.

L'intérêt que cet atelier a suscité auprès des partenaires sociaux et des mandants de l'O.I.T. a été démontré par le haut niveau de participation.

C'est ainsi que les cent trente sept (137) personnes qui ont participé aux trois journées de réflexion ont été réparties dans cinq groupes de travail. En dehors de la commission qui devait réfléchir sur la situation macro-économique, les autres groupes de travail avaient la charge de rechercher les causes de la faible représentation des femmes dans les secteurs informel, rural, formel public et formel privé. Ces commissions avaient également la charge de proposer des stratégies et moyens d'action pour promouvoir l'emploi des femmes.

Déroulement de l'atelier

1. Cérémonie d'ouverture

La cérémonie d'ouverture de l'atelier a été honorée de la présence de trois Ministres : le Professeur Atsain Achi, Ministre de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale, Madame Danielle Boni-Claverie, Ministre de l'Information et le Professeur Françis Wodié, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de l'Innovation Technologique. M. Ahmar Touré, Directeur Régional Adjoint du BIT pour les pays du Conseil de l'Entente, a prononcé le discours d'ouverture, et l'atelier a été officiellement ouvert par le Ministre de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale.

Allocution du Directeur Régional Adjoint du BIT

Dans son intervention, le Directeur Régional adjoint du BIT pour les pays du Conseil de l'Entente a rappelé que cet atelier qui réunit l'ensemble des partenaires nationaux et de coopération pour participer au débat sur la dimension "genre" dans le contexte des PAS en Côte d'Ivoire, offre l'opportunité de rechercher un meilleur renforcement mutuel des politiques économiques et sociales en vue de promouvoir un développement global, durable et équitable.

Par ailleurs, il a fait remarquer que la capacité de contribution des femmes africaines au développement est de plus en plus reconnue. Cependant, dans la plupart des pays, notamment dans les zones pauvres qui sont généralement dans les zones périurbaines et les zones rurales, la reconnaissance de ce rôle positif des femmes, de même que les niveaux de formation et de moyens accessibles aux femmes, restent très insuffisants.

En effet, les femmes, déjà minoritairement représentées dans l'emploi formel, se trouvent davantage touchées par les effets sociaux négatifs des mesures de réformes économiques. Une des résultantes de ce processus est l'extension du secteur informel engendrant des emplois précaires, peu rémunérateurs et sans protection sociale.

Il a aussi souligné que cet atelier national qui permettra de débattre de trois thèmes d'importance majeure pour tous à savoir l'égalité, l'emploi et la justice sociale, sera une occasion pour :

Allocution d'ouverture

Le Ministre de l'Emploi, de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale a souligné l'importance de l'atelier en terme d'occasion donnée au Gouvernement Ivoirien de faire le bilan de sa politique en matière de restructuration du marché du travail, de création d'emplois productifs et durables et d'identification de méthodes pour corriger les distorsions.

Faisant ressortir les tendances de l'emploi en Côte d'Ivoire, il a insisté sur la nécessité de renforcer les efforts de création d'emplois productifs pour les femmes du fait de leur nombre peu élevé comparativement aux hommes sur le marché du travail. A cette fin, des dispositions réglementaires sont prises par le Gouvernement pour augmenter l'offre des possibilités de formation professionnelle des femmes et améliorer leurs conditions de travail. Par ailleurs, des actions spécifiques sont entreprises en leur faveur au niveau de l'éducation, de la lutte contre la pauvreté et du renforcement des capacités.

Selon Monsieur le Ministre, la création d'emplois productifs est l'un des principaux éléments de la stratégie du programme du Gouvernement de lutte contre la pauvreté. Afin d'atténuer l'exclusion des femmes, des ressources spécifiques ont été allouées à travers des fonds sociaux pour développer des activités génératrices de revenu.

Tout en reconnaissant que la croissance économique ne peut pas générer des emplois pour tous, il a souligné les contraintes additionnelles auxquelles la Côte d'Ivoire doit faire face, à savoir, l'évolution démographique, la forte immigration et la montée du chômage.

Le Ministre a conclu son discours en s'engageant, au nom du Gouvernement, à mettre en œuvre le plan d'actions complémentaires résultant des travaux de l'atelier.

Présentation des objectifs de l'atelier

L'introduction a été faite par Madame Azita Berar, Chef d'unité sur les politiques du genre et de développement du Département des politiques de développement du BIT.

Elle a rappelé l'approche et l'action de l'OIT sur les thèmes de l'emploi, des réformes économiques et de l'égalité entre les hommes et les femmes, qui sont au cœur des préoccupations nationales de nombreux pays, et jouent un rôle crucial dans le développement social et économique des nations.

Les objectifs de l'OIT, en matière de réformes économiques et d'ajustement structurel, sont:

Dans le domaine de l'emploi, les priorités de l'OIT consistent, d'une part, à apporter un appui à la mise en œuvre de stratégies de croissance et d'investissement à forte intensité de main-d'oeuvre et, d'autre part, à la promotion de politiques et de programmes sectoriels d'emploi ciblés comme le moyen le plus efficace et durable pour réduire la pauvreté.

En ce qui concerne la question de la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail, les conventions n° 100 et n° 111 font partie des sept conventions retenues dans la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par la Conférence Internationale du Travail en juin 1998. Il faut rappeler que la convention n° 100 assure l'égalité de rémunération entre la main-d'oeuvre masculine et féminine pour un travail de valeur égale, et la convention n° 111, la promotion de l'égalité de chance et de traitement dans l'emploi sans discrimination établie sur la base de la race, la couleur, le sexe, la religion, l'opinion politique, l'ascendance nationale ou l'origine sociale.

En définitive, assumer l'égalité entre les hommes et les femmes est à la fois une question de justice sociale, d'efficacité économique et sociale et de démocratisation. Dans une telle perspective, les méthodes de promotion d'égalité dans le monde de l'emploi entre les hommes et les femmes ne peuvent se limiter à une série d'interventions ponctuelles d'activités génératrices de revenu. Il convient surtout de s'interroger sur le rôle de l'Etat dans un contexte de restriction budgétaire et d'ajustement structurel et du secteur privé sur le plan social. Les effets négatifs de crises récurrentes et soudaines devraient aussi faire l'objet d'une préoccupation.

2. Plénière et discussions de groupes

Quatre études ont servi de base aux discussions de l'atelier: 1) "Revue des politiques macro-économiques et leur impact sur l'emploi des femmes: contraintes et opportunités" parPaul Koffi Koffi du Ministère de l'Economie et des Finances ; 2) "Une analyse différenciée selon le genre de l'impact des PAS sur le secteur formel" par M. Kouadio Benie de l'Agence d'Etude et de la Promotion de l'Emploi; 3) "Les PAS et leur impact sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel" par Mme Ténin Touré-Diabaté, une consultante indépendante; et 4) "Les PAS et leur impact sur l'emploi des hommes et des femmes dans le secteur rural: contraintes et opportunités pour les femmes agriculteurs" par MM. G. Bamba, B. Kama, N. Coulibaly et K. Abo de l'Institut Africain pour le Développement Economique et Social (INADES).

Le but de ces études était de : 1) donner une vue d'ensemble des politiques mises en oeuvre dans le cadre des PAS ; 2) analyser les impacts de ces programmes sur l'emploi et les conditions sociales des femmes et des hommes en Côte d'Ivoire; et 3) faire des recommandations pour promouvoir l'emploi des femmes. (Ces quatre études de cas sont disponibles pour consultation au bureau du BIT à Abidjan .)

Chaque présentation a été commentée par un modérateur chargé de résumer les arguments et de faire des observations et éclaircissements. Les séances thématiques en plénière ont été dirigées par un président et le compte-rendu de chaque séance a été exécuté par un rapporteur désigné; en outre, les groupes de travail ont bénéficié de la présence des facilitateurs ayant la tâche de définir le cadre de discussion et de suivre les travaux.

Les participants se sont départagés en cinq petits groupes de travail afin d'examiner et d'identifier les problèmes majeurs qui affèctent l'emploi des femmes et accentuent les inégalités entre les hommes et les femmes dans le travail. Le but final était d'élaborer un plan d'action national en se basant sur les recommandations faites par chaque groupe, les mesures macro-économiques et par secteur proposées en vue d'améliorer la situation des femmes et leurs opportunités pour un emploi sur les marchés de travail formel et informel, ainsi que les moyens suggérés pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes.

3. Cérémonie de Clôture

M. Ambeu Yenon, Directeur de Cabinet du Ministre de l'Emploi, a officiellement clôturé l'atelier. A son avis, la présence massive des participants dénote l'intérêt suscité par le thème de l'atelier et la prise de conscience de l'importance de la question de l'emploi des femmes. Tout en relevant l'opportunité du plan d'action, il souligne le caractère novateur du thème de l'atelier et le besoin de formation qu'il va susciter afin de développer une expertise locale. Le Ministère de l'Emploi est prêt à assurer le suivi pour que le plan d'action soit adopté et mis en oeuvre par les différents acteurs qui ont été identifiés.

Discussions thématiques

Séance 1: Revue des politiques macro-économiques et leur impact sur l'emploi des hommes et des femmes

Présentateur: M. Koffi Koffi Paul, Directeur de cabinet adjoint du Ministère de l'Economie et des Finances.

Modérateur: M. Assemien Alexandre, Directeur du Plan.

Au cours de cette séance, les résultats de l'étude sur la revue des politiques macro-économiques et leur impact sur l'emploi des hommes et des femmes ont été présentés. La présentation a été commentée par le modérateur, il s'en est suivi un débat avec les participants.

Résumé de la présentation

Les politiques et stratégies de développement qui ont été mises en oeuvre au cours des années quatre-vingt pour faire face à la crise que la Côte d'Ivoire a connue de 1981 à 1993 n'ont pas réussi à trouver des solutions durables. L'une des raisons est le fait que les mesures prises n'ont pas suffisamment mis l'accent sur le facteur humain et aussi sur la femme en tant qu'agent et bénéficiaire du développement.

C'est la raison pour laquelle l'objet de cette étude était d'analyser les contraintes et les opportunités en terme d'emploi des hommes et des femmes dans la définition et la mise en oeuvre des politiques macro-économiques.

L'étude indique que la faiblesse des taux de croissance s'est répercutée systématiquement et de façon négative sur l'emploi dans le secteur moderne privé sur la période 1981-1993. L'emploi a chuté de 4,9 % en moyenne. Depuis 1994, à la faveur de la reprise économique, l'emploi dans le secteur moderne privé a connu tendanciellement une hausse en moyenne de 2,6%.

L'agriculture qui englobe plus de la moitié de la population a vu sa part dans l'emploi total chuter d'un peu plus de 2 points entre 1980 et 1985, et de près de 4 points entre 1980 et 1990. Le secteur informel, quant à lui, voit sa part augmenter dans l'emploi total pendant cette même période. On enregistre en 1980, 1985 et 1990, des parts respectives de 13,6 %, 18,7 % et 22,4 %, soit des hausses d'emploi de 57,7 % entre 1980 et 1985, et de 42,2 % entre 1985 et 1990. Le niveau de l'emploi dans le secteur informel a plus que doublé.

Bien que sa part diminue dans l'emploi total du fait de l'exode rural, le secteur agricole garde une marge de croissance non négligeable dans l'emploi. En clair, avec une croissance de 30 % durant la période 1980-1990, le secteur agricole constitue avec le secteur informel, les deux secteurs pourvoyeurs d'emplois.

En 1995, l'emploi dans le secteur agricole représentait 65,8 % de l'emploi total et la population active occupée a augmenté entre 1992 et 1995 de 31,5 % dans ce secteur. Les femmes, par rapport aux hommes, sont plus des employées agricoles avec une proportion de 59 % dans la population active contre 41 % pour les hommes. Cette proportion des femmes est plus concentrée dans le vivrier avec 36,3 % du total contre17,2 % dans l'agriculture d'exportation. Elles ne représentent que 25 % des chefs exploitants.

L'étude indique aussi que les femmes sont plus menacées par le chômage que les hommes car, par rapport à ceux-ci, elles ont un niveau d'instruction relativement bas. Ce phénomène peut s'expliquer par certains indicateurs de scolarisation. On constate un taux de scolarisation faible des filles par rapport aux garçons sur l'ensemble du territoire.

En ce qui concerne le secteur informel, il est devenu inévitablement un réservoir d'emplois pour les femmes car ne demandant pas une qualification particulière. En 1995, les femmes représentaient 51,5 % des personnes occupées dans le secteur informel, selon l'Enquête Ménage de 1995, contre 48,5 % par les hommes.

Outre la chute de l'emploi, on note aussi qu'entre 1986 et 1991, le revenu brut disponible par tête de ménage en francs constants a baissé de 30,3 % et de 28,3 % en valeur nominale.

Pour la période 1998-2000, le Gouvernement entend réaliser des objectifs de croissance à moyen terme et mettre en oeuvre une politique active de redistribution des fruits de la croissance. Il s'agit de relever les taux de scolarisation et d'alphabétisation, d'améliorer les soins de santé primaire, d'accroître la participation des femmes aux activités de développement, d'enrayer l'exode rural, de maîtriser la croissance démographique et de favoriser la création d'emplois.

Contribution du modérateur

Le modérateur a d'abord souligné la pertinence de la tenue de l'atelier et la complexité de mesurer l'impact différencié par genre des PAS. Il a ensuite proposé des solutions pour équilibrer les disparités qui existent entre les hommes et les femmes au niveau de l'emploi.

L'atelier permet de sensibiliser les responsables politiques et les techniciens et donne l'occasion de faire un bilan et de réfléchir sur des mesures appropriées pour prendre en compte les questions de genre dans l'élaboration des politiques macro-économiques. Il a souligné l'insuffisance en Côte d'Ivoire de données désagrégées par sexe qui ne permettent pas d'examiner les modifications que ces politiques entraînent sur l'intégration économique des hommes et des femmes. Pour remédier à cette situation, il est nécessaire de collecter des données statistiques et de disposer d'une base de données qui permette le suivi de l'impact des politiques.

M. Assemien considère que les PAS ont eu les effets suivants:

Pour encourager l'emploi des femmes, il propose d'agir par le biais d'une action directe et par le biais de mesures politiques, d'autre part. L'action directe consistera à faire une discrimination positive en faveur des femmes dans l'allocation des fonds pour une meilleure efficacité économique. En effet, l'examen des remboursements au niveau des fonds sociaux fait ressortir le fait que les femmes sont plus crédibles que les hommes. En ce qui concerne les dispositions de nature politique, il s'agira d'intégrer les questions de genre dans l'élaboration des politiques du Gouvernement.

Discussions

Les débats qui ont suivi ont essentiellement porté sur l'importance qu'a pris le secteur informel dans l'économie, du fait des PAS, et sur la politique du Gouvernement vis-à-vis de ce secteur informel. Cette orientation sur le secteur informel peut s'expliquer par le nombre important de femmes qui sont intervenues.

De l'avis des participants, le développement du secteur informel peut s'expliquer par le mauvais fonctionnement du marché du travail qui n'a pas été capable de fournir un emploi à tous.

Les avis des participants sont cependant partagés quant au devenir du secteur informel. Pour les uns, les politiques macro-économiques doivent créer un cadre incitatif pour convertir ce secteur en secteur formel par la fiscalisation. Pour les autres, les incitations devraient permettre de mieux structurer le secteur informel, qui est bien adapté à une économie populaire et qui est une soupape de sauvegarde des PVD en cas de turbulence et de menace de l'économie formelle.

En réponse, M. Koffi Koffi Paul, réaffirmant les objectifs du Gouvernement, a précisé que le secteur informel évoluera vers le secteur moderne et s'insérera dans les petites et moyennes entreprises (PME/PMI). Il estime que les principaux bénéficiaires de ces PME/PMI devraient être les jeunes déscolarisés et les diplômés de l'enseignement supérieur qui n'ont pas pu s'insérer dans le monde du travail ou qui n'ont pas eu de financement pour créer leur PME/PMI.

Pour tenir compte du nombre croissant de femmes chefs de famille, un participant a proposé la réforme de la politique fiscale actuelle. En effet, les femmes sont beaucoup plus imposées sur le revenu que les hommes, en partant de l'hypothèse que les hommes ont la charge des dépenses familiales. Si cette situation peut se vérifier dans les couples traditionnels, elle ne prévaut pas pour les femmes chefs de famille. Il est donc nécessaire d'ajuster les règlements à la réalité sociale.

Séance 2 : Une analyse différenciée selon le genre de l'impact des PAS sur le secteur formel

Présentateur: M. Kouadio Bénié, Directeur de la Promotion de l'Emploi à l'AGEPE

Modérateur: M. N'Doumi Bernard, Vice-Président du Conseil National du Patronat Ivoirien et chef d'entreprise

Cette séance a été consacrée à la présentation des résultats de l'étude sur l'impact des PAS sur l'emploi des hommes et des femmes dans le secteur formel (privé et public).

Résumé de la présentation

L'objectif de cette étude était de mettre en évidence l'impact des programmes d'ajustement sur le secteur formel en Côte d' Ivoire à partir d'une analyse différenciée selon le genre. La préoccupation était plus précisément de voir si l'exécution de ces programmes a particulièrement affecté les femmes au point qu' il est nécessaire de bâtir une politique et des programmes pour améliorer leur employabilité et leur taux d'activité.

Deux méthodes ont été utilisées pour mesurer l'impact des PAS sur le secteur formel qui recouvre à la fois le secteur public et le secteur privé. Il s'agit d'une part, de la méthode comparative qui a permis de comparer la situation de l'emploi avant et après l'application des PAS et, d'autre part, de la méthode des effets attendus qui a révélé les attentes de ces réformes, à savoir le développement du secteur privé au détriment du secteur public.

L'application de ces méthodes, quoique limitée par l'insuffisance des données recueillies, a permis toutefois de relever des effets résultant de la mise en oeuvre des PAS. C'est ainsi que l'observation de l'évolution de l'emploi dans le secteur formel indique qu'après une importante chute du volume de l'emploi au début des PAS, on note une reprise de l'emploi depuis la dévaluation du F CFA, même si son niveau reste inférieur à celui de 1981.

La prise en compte du genre indique que l'évolution de l'emploi du secteur privé présente des particularités. On note, par exemple, que la proportion des femmes dans l'emploi total du secteur privé, quoiqu'encore faible, est en augmentation puisqu'on est passé de 6 % en 1981 à 10.4 % en 1996. Les taux de croissance de l'emploi des femmes sont dans l'ensemble supérieurs à ceux des hommes à partir de 1981. La branche la plus concernée par une telle évolution est celle du commerce.

Par ailleurs, il est à souligner que la modification de la structure de l'emploi a été profitable aux femmes "Cadres" et "Agents de Maîtrise". Dans le secteur privé, leur proportion est passée respectivement de 8.9 et 13.4 % en 1981 à 15 et 17.6 % en 1996. On note enfin que l'emploi des ivoiriennes a plus progressé que celui des ivoiriens.

Dans le secteur public, la proportion des femmes est demeurée la même en 1993 et 1997: 22 %. On note aussi un glissement catégoriel dans ce secteur puisque la proportion des agents de la catégorie A (catégorie des cadres) est passée de 8.8 en 1981 à 23 % en 1997. En revanche, on observe une régression de part relative des agents de l'Etat de niveau d'instruction faible (C et D): de 38 et 36 % en 1981, on est passé respectivement à 13 et 10 % en 1997.

L'étude indique également que le désengagement de l'Etat du système productif qui s'est traduit par la liquidation, la réhabilitation et la privatisation des entreprises publiques a fortement influé sur l'emploi public. Les destructions et les créations d'emploi varient selon la nature des entreprises publiques et les branches dans lesquelles la participation financière de l'Etat est importante (Agriculture, Energie-Eau-Gaz, Transports et Communication, Bâtiments et Travaux Publics).

On note aussi que les salaires moyens réels sont en baisse dans le secteur privé. Dans le secteur public, l'éventail des salaires s'est accru entre les agents de la catégorie A et ceux de la catégorie D.

Le développement de l'initiative privée encouragé par le Programme d'Ajustement Structurel Privé (PASPRIV) a suscité la création d'emplois additionnels dans une moindre mesure parce que les investissements réalisés ont été affectés au développement des grandes entreprises existantes. En revanche, l'effort financier fait au niveau des entrepreneurs de micro-entreprises a généré de nombreux emplois. La contribution remarquable des femmes à ce processus de création d'emplois est à souligner, d'autant plus que la majorité d'entre elles n'a obtenu aucun financement du dispositif d'appui à la création d'entreprises.

La réforme des institutions du marché du travail entreprise dans le cadre du Programme d'Ajustement Structurel de la Compétitivité (PASCO) et le Programme Structurel de Valorisation des Ressources Humaines (PVRH) s'est traduite par un ensemble de mesures qui ont contribué à la flexibilité du marché du travail indispensable à l'amélioration de la compétitivité des entreprises et au développement de l'initiative privée. L'assouplissement de la réglementation du travail, la révision du code du travail, et le recours à l'emploi temporaire sont autant de décisions qui ont été prises et dont les effets sur le licenciement des travailleurs et la précarité des emplois sont perceptibles.

Les nouvelles politiques d'emploi et de formation consécutives à l'émergence de nouvelles institutions publiques telles que l'Agence d'Etude et de la Promotion de l'Emploi (AGEPE), l'Agence d'Etude et de la Formation Permanente (AGEFOP), et le Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP) intervenant dans la dynamique de la relation emploi-formation, ont été bénéfiques aux femmes. Au niveau de l'emploi, un programme dénommé Programme Spécial d'Insertion des Femmes, a été conçu et exécuté pour favoriser la promotion de l'emploi des femmes. Les résultats encourageants de ce programme pourraient être amplifiés si des moyens financiers conséquents étaient dégagés. En ce qui concerne la formation, la revue à mi-parcours du Projet d'Appui à la Formation de la Population Active (PAFPA) indique que les femmes ont amplement bénéficié de ce projet (60% des bénéficiaires).

Au cours de la période 1998-2000, si l'option de promouvoir la scolarisation et la formation des jeunes filles est mise en exécution conformément aux objectifs du Plan National de Développement du Secteur de l'Education et de la Formation (PNDEF), l'employabilité des femmes se trouvera améliorée.

Malgré ces résultats encourageants au niveau des femmes, des disparités persistent entre les deux sexes sur le marché du travail. Les femmes sont encore victimes d'une discrimination à l'embauche puisque leur part dans l'emploi total du secteur formel demeure faible. Pour améliorer l'emploi des femmes, l'instruction et la formation apparaissent comme une solution. Elles leur permettront d'accéder aux emplois de haut niveau et d'augmenter leur nombre dans l'effectif total employé, particulièrement dans l'Administration où le recrutement se fait sur concours sans aucune discrimination.

Pour augmenter le niveau d'instruction et de formation des femmes, il est fortement suggéré :

Ces recommandations visent à augmenter la participation des femmes à l'emploi dans le secteur formel. De même que pour accroître leur taux d'activité, des mesures spécifiques doivent être prises pour favoriser leur accès aux différentes sources de financement.

Les actions à entreprendre pour améliorer l'employabilité des femmes par le biais de l'éducation et de la formation, et les mesures destinées à les encourager à créer leur propre entreprise impliquent que les politiques et les programmes sectoriels soient plus en adéquation avec les ambitions du Gouvernement en matière de promotion de l'emploi des femmes. Il importe également que le cadre institutionnel, en l'occurrence le Ministère en charge des femmes, soit plus opérationnel.

Contribution du modérateur

Le modérateur, mettant à profit son expérience de chef d'entreprise dans le secteur privé, a fait des recommandations pour la réalisation d'études complémentaires et des propositions concrètes pour encourager l'emploi des femmes.

Selon lui, la structure de l'emploi des femmes dans l'administration devrait être mieux analysée pour cibler les politiques et actions visant à promouvoir leur emploi. Une étude prospective devrait être entreprise pour identifier les secteurs d'activité dans lesquels l'emploi des femmes devrait être encouragé.

Des mesures incitatives pourraient encourager les chefs d'entreprise à embaucher les femmes dans le secteur privé, telles que la réduction de la part patronale sur l'Impôt sur les Taxes et Salaires, en fonction de l'évolution de l'effectif des femmes dans les différentes catégories, et l'installation d'une prime à la formation des femmes. Ces mesures n'auront cependant que des effets limités, si les structures de formation qui existent pour les femmes n'améliorent pas leur efficacité, d'où la nécessité de les évaluer systématiquement.

Discussions

Les débats ont porté sur l'identification des contraintes à l'emploi des femmes et sur les mesures à prendre pour les atténuer. Les participants ont identifié la discrimination à l'embauche dont les femmes font l'objet comme l'une des raisons pour lesquelles il est difficile de mettre en oeuvre la politique d'égalité des chances au niveau de l'embauche dans le secteur salarié. Bien que la discrimination à l'embauche soit illégale en Côte d'Ivoire, les femmes en sont victimes. A formation égale, les chefs d'entreprise préfèrent embaucher des hommes. Cette discrimination se manifeste également au niveau du mode de fonctionnement des entreprises qui encourage les heures supplémentaires. En général, les femmes ont plus de responsabilités au niveau du ménage et elles doivent quitter leur travail aux heures réglementaires pour les remplir.

Les femmes n'ont pas de recours lorsqu'elles sont confrontées à cette discrimination car elle est si subtile que la production de preuves irréfutables de ce type de délit est, en général, difficile. Les agences de placement sont conscientes de cette situation, mais elles sont également impuissantes. Cette discrimination s'expliquerait en partie par le fait que les chefs d'entreprise voient les rôles reproductif et social des femmes comme un handicap à leur performance.

Cette opinion, bien que représentant l'opinion générale des participants, ne fait pas l'unanimité. Pour certains des participants, c'est le nombre limité de femmes demandeurs d'emploi qui expliquerait cette situation.

Un nombre de mesures de redressement ont été proposées par les participants :

La séance a permis de susciter un débat intense sur les contraintes à l'emploi des femmes dans le secteur formel et d'initier des suggestions sur les moyens de les résorber.

Séance 3 : Les PAS et leur impact sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel

Présentateur: Madame Touré Ténin, Consultant formateur au Centre Africain de Management et de Perfectionnement des Cadres (CAMPC)

Modérateur: M. N'Guessan Kouakou François, Recteur de l'université de Bouaké.

Au cours de cette séance, les résultats de l'étude sur l'impact des PAS sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel ont été présentés.

Résumé de la présentation

L'étude sur l'impact des PAS sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel en Côte d'Ivoire, basée sur une revue littéraire, relève la difficulté de définir le secteur informel. En effet, plusieurs auteurs ont cherché à donner une définition appropriée du secteur informel. L'une des principales raisons pour expliquer cette difficulté a trait à la légalité des activités qui sont menées dans ce secteur. Peut-on considérer les travailleurs qui paient des taxes et qui ont un registre de commerce comme faisant partie du secteur informel au même titre que les personnes qui travaillent à domicile? Une activité commerciale peut-elle être considérée comme une entreprise si elle n'est pas déclarée? Pour sa part, l'auteur a retenu dans le cadre de cette analyse la définition de Monsieur Koffi Koffi Paul (tirée d'une communication sur la promotion du secteur informel, octobre 1987): "Le secteur informel est constitué d'activités variées, non agricoles. En général, les activités sont hors du secteur moderne et échappent à la réglementation légale". Sur ce, l'auteur a décrit le secteur informel en se basant sur les acteurs, le type d'activité, sa localisation, et les conditions de travail.

En 1995, 26% de la population active travaillaient dans le secteur informel et 52% de ces travailleurs étaient des femmes. Plus de 30% de la force de travail féminine gagnent leur vie principalement dans ce secteur, contre 17% pour les hommes.

Le secteur informel est caractérisé par des activités de commerce de petite échelle souvent basées sur la vente de produits agricoles. Les femmes traitent et vendent des produits vivriers de production locale. Elles sont en grande partie dans l'agro-industrie, les services (coiffure, couture), et les petites unités de transformation traditionnelle (vannerie, poterie, savons, etc.).

Les hommes ont une plus grande gamme d'activités que les femmes. Ils exercent eux aussi dans l'agro-alimentaire et vendent des produits d'importation. Ils vendent dans des établissements localisés et prédominent dans la vente du charbon, les métiers d'ébénisterie, menuiserie, couture, maçonnerie, etc.

Même si les études tendent à se focaliser sur le milieu urbain, Mme Touré a souligné que les activités du secteur informel ont lieu aussi bien en zone rurale qu'en zone urbaine.

Les hommes sont beaucoup plus localisés en zone urbaine dans des activités de commerce de biens durables, en tant que chefs d'entreprises.

La majorité des femmes qui travaillent à plein temps, dans le secteur des produits agricoles, vendent une part de leurs produits sur le marché informel rural. Les deux tiers des femmes actives dans le secteur informel travaillent en zone rurale dans les services, la transformation alimentaire et l'artisanat.

Une autre caractéristique du secteur informel en Côte d'Ivoire est le nombre important de non-ivoiriens qui y travaillent. Cet aspect, qui est particulier à la Côte d'Ivoire, n'a pas pu être développé par le présentateur. La présence d'un nombre important de non-ivoiriens montre l'ampleur de ce secteur et le potentiel commercial qu'il représente.

Les conditions de travail dans le secteur informel sont difficiles. Les structures de commercialisation sont en mauvais état, les outils de travail sont vétustes et non adaptés, les capacités de stockage sont inadéquates et limitées et le coût du transport est élevé. Par manque de moyens financiers, les femmes ont un accès limité à une main-d'oeuvre qualifiée. Le temps consacré au travail est particulièrement important en partie à cause de toutes ces difficultés évoquées.

En plus des mauvaises conditions de travail, le secteur informel est caractérisé par la prépondérance de travailleurs qui ont des compétences limitées en gestion. Tous ces facteurs contribuent au faible niveau de rentabilité et de productivité typique du secteur informel. Par conséquent, les gains sont maigres et le niveau de pauvreté est le plus important parmi les travailleurs des zones urbaines et périurbaines de la même catégorie.

Selon Mme Touré, les effets des PAS se sont particulièrement fait ressentir dans le secteur informel. Du fait des nombreux licenciements de salariés et de la crise dans le secteur du cacao, de nombreuses personnes ont été forcées de se tourner vers le secteur informel pour y tirer leur moyen de subsistance. La taille du secteur a doublé en conséquence. La proportion des hommes dans le secteur a augmenté. En 1975 les femmes représentaient 72% des travailleurs du secteur informel. Leur proportion a chuté à 52% en 1995.

Dans le même temps, la hausse des prix de certains services de base, comme l'eau et l'électricité, a augmenté le coût de production pour les travailleurs des zones urbaines qui dépendent énormément de ces services pour leurs activités de transformation alimentaires. De plus, la réduction des taxes sur certains produits importés, comme les vêtements, a entraîné l'abandon de la production de produits similaires dans le secteur informel.

Les travailleurs du secteur informel ont été forcés de réorienter leur stratégie de production pour échapper aux effets négatifs des mesures d'un côté, et profiter du peu de nouvelles opportunités qui se sont présentées avec la mise en oeuvre des PAS. La demande de produits vivriers a augmenté dans les zones urbaines. Cependant, peu de femmes productrices ont pu profiter de cette augmentation de la demande du fait de leur ressources financières limitées.

En résumé, le secteur informel, qui jusqu'à la mise en oeuvre des PAS, était dominé par des femmes et basé sur l'agriculture, a vu sa taille augmenter. La force de travail y a doublé dans les années 80. Cependant le type d'activités qui caractérisent le secteur informel, à présent, reflète le degré de changement intervenu dans le travail et la manière dont les activités menées par les femmes sont devenues de moins en moins rentables.

Contribution du modérateur

En conformité avec la présentation faite, le modérateur a souligné la contradiction qui existe entre le dynamisme du secteur informel et le haut niveau de pauvreté qui y règne. Il a aussi attiré l'attention de l'audience sur le fait que les principaux acteurs qui travaillent dans le secteur informel sont des femmes et des enfants. A son avis, l'amélioration de la productivité de ce secteur en vue d'augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs serait la principale stratégie de réduction de la pauvreté.

Discussions

Les discussions ont porté sur le travail des enfants dans le secteur informel et sur le devenir de ce secteur. Des propositions ont également été faites pour améliorer le fonctionnement de ce secteur.

C'est ainsi que de nombreux participants à l'atelier ont été préoccupés par la recrudescence du travail des enfants, surtout des filles, du fait des PAS. Malgré l'existence de textes qui interdisent le travail des enfants, un grand nombre d'entre eux sont utilisés comme main- d'oeuvre dans le secteur informel. Une étude récente a indiqué que 73% de ces enfants sont des filles.

Deux causes sont à l'origine de cette situation:

Par ailleurs, pour certains participants, des mesures doivent être prises pour formaliser ce secteur de façon à l'intégrer dans le développement économique de la nation. La fiscalisation serait le moyen à utiliser. Cela aurait pour avantage additionnel de permettre la collecte des données. Pour d'autres, la formalisation basée uniquement sur la fiscalisation équivaudrait à la disparition du secteur informel. Cette stratégie pénaliserait les travailleurs plutôt que de promouvoir leurs activités économiques.

La formation a été identifiée comme le moyen le plus approprié pour accroître la productivité du secteur. Cependant les programmes de formation devraient tenir compte du calendrier journalier de travail très chargé des intervenants, surtout des femmes. Ces dernières sont souvent incapables de suivre les programmes de formation du fait de la rigidité des horaires. La formation pour développer les capacités techniques et la formation de gestion sont les deux activités prioritaires pour améliorer les revenus des travailleurs de ce secteur. Il a été suggéré de créer un centre de formation et des incubateurs d'entreprises pour améliorer la qualité du fonctionnement du secteur informel.

Un représentant du Ministère du Développement Industriel a signalé que des expériences d'incubateurs d'entreprises sont initiées par son Ministère à San-Pedro, et d'autres vont se développer à Bouaké, Korhogo et Man. Il a suggéré que les structures d'appui au secteur informel procèdent à des études prospectives ayant pour objectif particulier d'identifier les opérateurs performants qui seront intégrés dans des incubateurs d'entreprises.

Il est également ressorti des discussions que le Gouvernement n'a pas défini de politique pour ce secteur. Cette faiblesse de la politique du Gouvernement affecte plus les femmes que les hommes du fait de leur plus grande implication dans ce secteur.

Un certain nombre de raisons ont été avancées par les participants pour expliquer ce manque d'intérêt: le Gouvernement ne considère pas le secteur informel comme une priorité dans sa stratégie de développement économique. L'existence de problèmes conceptuels et empiriques dans la définition de ce secteur ne permet pas de déterminer le type d'activités qu'il faut y classer, et rend difficile l'élaboration de politiques ciblées pour promouvoir ce secteur.

S'il est admis qu'il existe des inégalités et des disparités entre les femmes et les hommes dans le secteur informel, les discussions et les résultats de l'étude n'ont pas permis de faire ressortir les raisons de leur existence. Il en est ressorti la nécessité de réaliser des études complémentaires pour analyser l'impact des PAS sur les opportunités d'emploi des femmes et des hommes dans le secteur informel.

Séance 4 : Les PAS et leur impact sur l'emploi des femmes et des hommes dans le secteur rural: contraintes et opportunités

Présentateur: M. Kama Berté, Directeur de l'Ecole Supérieure d'Agronomie

Modérateur: M. Dembélé Yacouba, Sous-Directeur de la vulgarisation agricole au Ministère de l'Agriculture

Cette séance a été consacrée à la présentation des résultats de l'étude sur l'impact des PAS sur l'emploi des femmes et des hommes dans le milieu rural.

Résumé de la présentation

L'étude, basée sur une revue littéraire, a analysé, d'une part, les impacts des PAS sur l'emploi des femmes et leur accessibilité aux facteurs de production et, d'autre part les contraintes et les opportunités pour les femmes agriculteurs.

Elle révèle l'importance de l'agriculture dans l'économie ivoirienne. Cette agriculture est dominée économiquement par l'agriculture de rente. En 1997, le secteur agricole représentait 33% du PIB et 66% des recettes d'exportation et employait 61% de la population active.

Une autre caractéristique de l'agriculture ivoirienne est le rôle déterminant joué par les femmes et la force essentielle de travail qu'elles constituent. 68% de la main-d'oeuvre féminine pratiquent la culture vivrière et en assurent 75 % de la production. Cependant, l'ensemble de la main-d'oeuvre féminine participe également à la production des cultures de rente.

Il existe une différence entre les hommes et les femmes en ce qui concerne le type de culture et les activités menées. Les femmes travaillent sur des parcelles de vivriers qu'elles gèrent de façon autonome avec des techniques rudimentaires. Elles interviennent à tous les stades du cycle de production et elles assurent le transport, la conservation et la transformation des produits.

Les femmes sont peu représentées dans les systèmes productifs basés sur les cultures de rente qui utilisent des paquets technologiques. Le pourcentage de femmes chefs d'exploitation est de 1% pour le coton et de 7% pour le café et le cacao. Cette faible présence s'explique par le fait que ce sont les propriétaires des plantations qui sont considérés comme les chefs d'exploitation. Les femmes, bien qu'elles participent autant que les hommes à la production des cultures de rente, ont rarement la propriété des plantations.

L'existence de disparités de revenus entre les hommes et les femmes est une conséquence de la différenciation exercée dans le type de culture et dans les activités menées. Le secteur vivrier ne représente pas une grande valeur marchande comparativement à la culture de rente, et les femmes, étant considérées comme une main-d'oeuvre familiale, n'ont pas le contrôle des revenus tirés de la vente des cultures de rente.

De nombreuses inégalités persistent dans le milieu rural entre les femmes et les hommes, notamment au niveau du cadre juridique et social, de l'accès aux ressources économiques et aux facteurs de production. Ces disparités ont été créées par les politiques agricoles mises en oeuvre par la Côte d'Ivoire. Celles-ci ont en effet favorisé les cultures de rentes dominées par les hommes, au détriment des cultures vivrières dominées par les femmes. Ces disparités ne permettent pas aux femmes d'augmenter leur productivité et ont ainsi entraîné leur appauvrissement.

Le secteur agricole a été soumis à des PAS qui ont entraîné des réformes profondes, tant au niveau des institutions de développement rural que des conditions de production. Les subventions sont supprimées, l'accent est mis sur les productions de rente, les prix sont libéralisés, les sociétés d'Etat sont privatisées et l'on tend à une professionnalisation de l'exploitant agricole.

De l'avis du présentateur, les femmes n'ont pas été prises en compte dans l'élaboration des PAS qui ont essentiellement mis l'accent sur les principales cultures de rente. De plus, sur 34 projets mis en oeuvre depuis 1986 pour relancer l'agriculture, seules trois ont un volet femme. Ainsi, l'application des PAS a eu pour effet l'accentuation des disparités et des inégalités qui existent entre les hommes et les femmes dans le milieu rural. Les femmes ont vu s'accroître leurs responsabilités dans la sécurité alimentaire familiale et diminuer leurs possibilités d'augmenter leurs revenus avec notamment la réduction de leur temps disponible. En effet, l'accroissement des productions des cultures de rente accroît leur activité d'aide familiale. Les femmes sont devenues encore plus pauvres et leurs possibilités de développer des activités économiques indépendantes se sont réduites.

Bien que le rôle clé joué par les femmes dans la sécurité alimentaire familiale et nationale soit reconnu, peu d'attention a été accordée à l'amélioration de leur situation. Le niveau de collecte des données et les études menées à ce jour en Côte d'Ivoire ne permettent pas de faire ressortir les interdépendances entre les hommes et les femmes dans le milieu rural et l'impact des PAS sur ces interdépendances.

Il est donc nécessaire de mener des études supplémentaires afin de mesurer l'impact des PAS sur les prix et les revenus agricoles et la production par type de culture, ainsi que les interdépendances entre les hommes et les femmes. Il s'agira d'examiner, en particulier, l'impact: 1) de la suppression des subventions sur la production et les revenus agricoles; 2) de l'évolution des salaires agricoles sur la disponibilité de main-d'oeuvre; 3) du contrôle des revenus du ménage sur la prise de décision d'investissement; et 4) des relations entre l'augmentation des prix, les surfaces plantées et la demande en main-d'oeuvre, et la disponibilité des terres.

Contribution du modérateur

Le modérateur a souligné l'importance de l'étude qui, pour la première fois en Côte d'Ivoire, se penche sur la situation de la femme dans le milieu rural.

En accord avec la présentation, il a fait ressortir le paradoxe qui existe entre le rôle déterminant des femmes dans la sécurité alimentaire et l'absence de techniques de production appropriées au mode de culture des femmes, ainsi que le peu d'assistance dont elles font l'objet pour augmenter leur productivité. Le développement d'approches méthodologiques appropriées pour prendre en compte la femme rurale est nécessaire pour un véritable transfert de technologie afin de baisser la pénibilité du travail et d'augmenter la productivité. L'alphabétisation fonctionnelle pourrait être une solution pour donner aux femmes des rudiments de gestion moderne et un accès aux technologies améliorées.

Discussions

Les discussions ont porté essentiellement sur les contraintes auxquelles les femmes doivent faire face dans la production agricole. L'effet des PAS sur les femmes et les hommes a été peu abordé. Cela pourrait s'expliquer par la nouveauté du thème et par le fait que la présentation n'a pas pu faire ressortir clairement cet aspect.

D'une façon générale, les participants ont été en accord avec le présentateur sur les contraintes auxquelles les femmes font face dans le milieu rural. Ils apportent cependant des précisions sur les aspects ci-après:

Les participants ont suggéré que les ONG soient les principaux acteurs des actions menées en faveur des femmes, à cause de la lourdeur et de l'inefficacité de l'intervention de l'Etat.

La discussion a également permis des échanges d'informations. Celles-ci ont porté essentiellement sur l'accès au financement. Un projet de création de banque agricole est en cours d'élaboration. Une banque des PME a été créée. Une participante, membre d'une coopérative d'achat de café et de cacao constituée uniquement de femmes, a pu avoir des précisions sur les types de financement qui existent pour les coopératives et leurs modalités de fonctionnement.

Séance 5 : Stratégies pour promouvoir l'emploi de façon égale pour les hommes et les femmes

Afin d'identifier les opportunités et les difficultés pour promouvoir l'emploi des femmes, il a été nécessaire d'organiser une discussion et un échange de vues sur les expériences menées en Côte d'Ivoire.

Au cours des discussions en panel, des représentants d'organisations gouvernementales, de sociétés privées et des centrales syndicales ont présenté leur programme de promotion d'emploi. Un débat a suivi l'exposé des intervenants.

C'est ainsi que l'AGEPE met en oeuvre, depuis 1996 pour une durée de cinq ans, un programme de promotion d'emploi spécifique aux femmes non salariés (Programme Spécial d'Insertion des Femmes). Ce programme permet à des groupements de femmes non salariées de bénéficier de prêts à taux d'intérêt nul dans les domaines de l'agro-industrie, de l'élevage, de l'artisanat et du commerce. Malheureusement, la lourdeur administrative des procédures de création de groupements a entraîné des retards dans le financement des projets. Ainsi en 1998, seuls 9 groupements ont pu bénéficier de prêts.

L'AGEFOP met en oeuvre un programme de formation professionnelle pour les jeunes déscolarisés et les chômeurs. Des stages d'apprentissage et des formations à distance dans les filières techniques leurs sont offerts. Des formations ponctuelles sont également offertes à la demande. Un quota de 40 % des effectifs est réservé aux jeunes filles. On constate cependant qu'un nombre limité de jeunes filles s'engage dans les filières techniques de formation à distance. La faible présence de jeunes filles dans les filières techniques s'expliquerait par la faible proportion de filles qui atteignent le niveau élevé de la terminale, requis pour pouvoir bénéficier de ces formations. En ce qui concerne les stages d'apprentissage, peu de jeunes filles choisissent des filières techniques, elles optent pour les métiers traditionnels de coiffure et de couture.

Le Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) est l'organisme de financement de la formation professionnelle. Ainsi, les femmes représentent 60 % des bénéficiaires du Projet de Formation de la Population Active (PAFPA).

Dans le milieu rural, le Ministère de l'Agriculture intervient par le biais du Projet National d'Appui aux Services Agricoles (PNASA) mis en oeuvre par l'Agence nationale pour le développement rural (ANADER) et le projet du Centre de Métiers Ruraux (CMR). Ces deux projets ont démarré en 1994.

L'ANADER, dans sa stratégie d'intervention, intègre les femmes dans sa politique de recrutement et également dans ses activités de recherche et de vulgarisation agricole. Cette stratégie s'est traduite par la création d'un service "Genre et Développement" et la mise en oeuvre de cinq programmes nationaux pour l'intégration des femmes. L'objectif pour l'an 2000 est d'avoir 20% des emplois occupés par des femmes, et que 30% des femmes rurales bénéficient directement des services de vulgarisation en 2001.

Le projet des CMR offre un programme de formation dans des domaines variés, à la demande des bénéficiaires. L'objectif est d'assurer l'auto-promotion de la population rurale. Il est mis en oeuvre dans 10 villes. La méthodologie utilisée est basée sur la prise en compte des considérations de genre dans toutes les activités et l'utilisation de méthodes pédagogiques adaptées au milieu rural (approche participative, formation dans les villages à des heures convenues, utilisation de modules simplifiés de formation pour analphabètes). L'utilisation de cette méthodologie a permis d'augmenter la proportion des femmes bénéficiaires. En 1998 les femmes représentaient environ 45% des bénéficiaires.

Le secteur privé est représenté par la société de collecte et de traitement d'ordures ménagères (ASH International) et la société de distribution d'eau et d'électricité SODECI-CIE. Le recrutement de femmes à certains postes est le résultat d'une stratégie de gestion définie par le président du SODECI-CIE. Ce dernier, sur la base d'observations et d'expériences, a constaté que les femmes sont beaucoup plus performantes que les hommes aux postes de caissiers, de relation avec la clientèle et de gestion du matériel technique. Après avoir effectué une série de tests concluants, il a décidé de féminiser tous les postes de ces trois catégories.

La société ASH International n'a pas défini de stratégie de promotion de l'emploi des femmes. Elle explique le nombre important de femmes au niveau de son activité de balayage par la nature de cette activité souvent exécutée par les femmes dans leurs tâches domestiques. Les femmes se servent de cette activité, qu'elles mènent sur une courte période, pour créer un fonds qui leur servira pour développer des activités dans le commerce ou les services.

Les syndicats sont représentés par les centrales Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI) et Dignité. Ces deux syndicats interviennent, traditionnellement, pour la promotion de l'emploi des femmes dans les entreprises. Les actions menées dans les entreprises sont de deux ordres: a) la promotion de femmes déléguées du personnel et la sensibilisation des femmes travailleuses par ces dernières; et b) la formation sur les droits et les devoirs des femmes travailleuses.

Suite aux nombreux licenciements du personnel du fait des PAS, ces syndicats ont développé des actions pour permettre aux personnes licenciées d'avoir des activités génératrices de revenus. Les femmes ont bénéficié des activités génératrices de revenus bien qu'elles n'étaient pas directement ciblées.

Les syndicats interviennent également pour aider des groupements de femmes du secteur informel à se regrouper au sein d'associations.

Les discussions ont porté essentiellement sur des demandes d'informations complémentaires sur les modalités de fonctionnement des différents programmes.

Trois recommandations ont été faites par les participants: (1) évaluer les différents programmes mis en oeuvre par le Gouvernement pour juger de leur efficacité et de leur capacité à atteindre leurs objectifs; (2) coordonner les différents programmes mis en oeuvre dans le milieu rural pour une plus grande efficacité; et (3) organiser une campagne d'information et faire connaître l'existence des différents programmes mis en oeuvre par le Gouvernement aux femmes du milieu rural.

Le représentant du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires de Côte d'Ivoire (REFAMPCI) a informé l'assistance de la contribution de son organisation pour promouvoir l'emploi des femmes. Le REFAMPCI a élaboré un projet de loi rendant l'éducation des filles obligatoire jusqu'à 16 ans; des discussions sont menées avec le Gouvernement pour la mise en place d'un quota permettant aux femmes d'être représentées dans toutes les instances de décisions et la création d'une cellule genre au niveau de l'Assemblée nationale et du cabinet du Premier Ministre.

Synthèse des travaux en groupes

Les cinq groupes de travail ont analysé, au niveau macro-économique et sectoriel (formel privé, formel publique, informel et agro-rural), les problèmes et les actions à mettre en oeuvre pour favoriser la promotion de l'emploi assurant l'équité entre les femmes et les hommes. Les discussions de chaque groupe ont porté principalement sur les points suivants:

Situation macro-économique

Les problèmes suivants ont été identifiés:

Les mesures et actions préconisées pour créer un environnement macro-économique favorable à la promotion de l'emploi en vue d'assurer l'égalité entre les femmes et les hommes sont nombreuses et diversifiées. Il est par exemple suggéré de:

Secteur formel public

En ce qui concerne le secteur public, les problèmes identifiés sont:

Les actions et mesures suggérées à cet effet sont:

Secteur formel privé

Dans le secteur formel privé, les femmes rencontrent aussi des difficultés pour s'insérer. Celles-ci sont relatives:

Pour résoudre ces problèmes, les actions et mesures préconisées visent à:

Secteur rural

Les femmes qui exercent dans le secteur rural sont confrontées à des problèmes, tels que:

Les moyens d'actions suggérés sont:

Secteur informel

Le dynamisme des femmes du secteur informel est freiné par:

Les actions et mesures pour améliorer leur situation dans ce secteur sont de:

Plan d'action

Consécutivement à la résolution finale adoptée lors de la clôture de l'atelier sur «la promotion de l'emploi dans le contexte de l'ajustement structurel en assurant l'égalité entre les hommes et les femmes en Côte d'Ivoire », un plan d'action a pu être formulé. Ce plan synthétise les problèmes rencontrés par les femmes dans les différents secteurs de l'activité économique; il indique les stratégies à mettre en place en précisant leurs objectifs et les résultats attendus. Ce plan précise également les actions et mesures appropriées pour la résolution des problèmes identifiés. Par ailleurs, il mentionne le cadre, les organes et la période d'exécution des mesures à prendre.

Le diagnostic

Les dispositifs suggérés par le plan d'action partent des constats suivants:

Les dispositifs d'appui

Il ressort du diagnostic qui vient d'être fait, de l'analyse des études thématiques présentées et des rapports des cinq groupes de travail qu'il est nécessaire de mettre en place un dispositif pour promouvoir l'emploi des femmes. Ce dispositif comprend cinq composantes:

La collecte et le traitement des données désagrégées sont indispensables pour l'élaboration des politiques et des programmes sectoriels selon le genre. Ils permettent une analyse différenciée selon le genre dans les domaines de l'éducation, la formation et l'emploi.

L'amélioration de l'accès des femmes à l'éducation et à la formation apparaît aussi comme un puissant moyen d'insertion professionnelle et sociale, d'autant plus qu'elle va permettre de réduire ou d'éliminer la discrimination dont les femmes sont victimes sur le marché du travail, et d'accroître leur taux d'activité et leur productivité, aussi bien dans le secteur formel que les secteurs agricole et informel.

La promotion de l'emploi des femmes implique également qu'elles aient la possibilité de s'insérer davantage dans le marché du travail grâce à des mesures incitatives à l'embauche.

La question du financement est primordiale lorsque les femmes veulent créer leur micro-entreprise dans les secteurs agricole et informel. C'est pourquoi il convient de mettre en place un dispositif de financement spécifique à elles. Il leur permettra d'accroître leur taux d'activité et leur contribution à l'économie nationale.

Il est à noter enfin que la transversalité des questions de genre nécessite une coordination des actions entreprises par les différents partenaires en vue d'améliorer la situation des femmes sur le plan de l'emploi.

Les objectifs

Conformément aux différents composants du dispositif d'appui à la promotion des femmes, les objectifs visés par le Plan d'Action sont de:

Les résultats escomptés

La plupart de ces résultats peuvent être réalisés à court et moyen terme si des études de faisabilité des différents dispositifs d'appui sont faites très rapidement.

Les mesures et les actions

A partir de ces objectifs et des résultats escomptés, des mesures et des actions sont suggérées. En ce qui concerne les mesures, elles sont volontairement discriminantes en faveur des femmes afin de rattraper leur retard dans le domaine. Elles sont d'ordre fiscal et para-fiscal (exonérations fiscales, réduction des charges sociales, crédit d'impôt, etc.) et financier (assouplissement des conditions et des modalités d'accès au crédit, réduction des taux d'intérêt). Sur le plan de l'éducation et de la formation, des actions spécifiques sont préconisées.

Les actions pour promouvoir l'emploi des femmes sont variées. Elles ont trait à l'étude et à la constitution des bases de données statistiques selon le genre, et à la sensibilisation des populations réfractaires à l'éducation des jeunes filles. Ces actions sont aussi relatives à l'organisation des femmes en coopératives d'épargne, de crédit et de production, et à la coordination des activités des différents partenaires dont la préoccupation est de promouvoir la femme, notamment sur le plan de l'emploi.

Le cadre et les organes d'exécution

Ces mesures et actions connaissent, pour la plupart d'entre elles, un début d'exécution ou sont en voie de l'être dans le cadre des programmes et projets des différents ministères suivants: Ministère de la Famille et de la Promotion de la Femme (MFPF), Ministère de l'Economie et des Finances (MEF), Ministère de l'Emploi et de la Fonction Publique et de la Prévoyance Sociale (MEFPPS), Ministère de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFP), etc.); des institutions publiques (AGEPE, AGEFOP, FDFP, ANADER, Crédit d'Ajustement Structurel Agriculture (CASA)) et des institutions privées (ONG , CNPI, Syndicats) intervenant dans la dynamique de la relation emploi-formation. Le problème est cependant la coordination et le suivi de toutes les actions des différents partenaires afin d'assurer l'égalité entre les hommes et les femmes.

LISTE DES MEMBRES DU COMITE DE PREPARATION

NOM & PRENOMS STRUCTURE TELEPHONE
1 ADJE MAURICE MCI 09 57 28/ 22 27 62
2 ADOU THERESE METFP 22 15 09
3 BOSSO YVONNE SIMONE MFPF 21 59 85
4 BOUAN KAN EMILE MEFPPS 21 70 51
5 BONI KOUAKOU ADOLPHE MIN. D'INTERIEUR 21 14 75/05 85 99
6 BRO-GREBE GENEVIEVE RIOF 21 14 75/05 85 99
7 COTY M. PECCOUD OIT 21 26 39
8 DOUMBIA SALIMATA UGTCI 24 16 95
9 GOUESSE BI ZA MINAGRA 21 08 33 P.32
10 GUIHEHOUA MARIETOU UGTCI 24 16 95/ 09 14 03
11 HEMMINGS-GAPIHAN OIT  
12 KINIMO CHANTAL DIGNITE 37 74 89/ 09 76 86
13 LOBA N'GUESSAN CNPI 22 50 08/01 55 27
14 N'DIAYE DIARRA SARR MEFPPS 21 35 22
15 SALL ADAMA MIN. DE L'ECON.. & FIN.  
16 TAPE KIPRE FESACI  
17 YAVO SIMONE MFPF  
18 ZADI MARTHE METFP 22 15 09
19 ZADI SESSEGNON UGTCI 24 16 95
20 EPKITINI MATHURIN UVICOCI 32 81 56

LISTE DES PARTICIPANTS

NOM & PRENOMS STRUCTURE TELEPHONE
1 ABBAS FNUAP  
2 ABE MARTIN MEEP/PS  
3 ACHI MICHEL MEFPPS 22 22 90
4 ADJE MAURICE MCI 21 31 31
5 ADOU THERESE METFP 22 15 09
6 AGUIA SOLANGE AGEPE  
7 AHMAR TOURE OIT  
8 AKA OLGA MC 2000 32 82 80/86 65
9 KAFFOU K. AGNES AGEPE IDEM
10 AKE YAPO GERMAIN AGEPE 21 85 08
11 ALIGUI BORE UFDA  
12 AMOUSSAN BAKARI M. ASS. NATIONALE 93 27 39
13 ASSAINIE MARTHE MUCOPAD 26 14 95
14 ASSAMOI COLETTE OIT  
15 ASSEKE ép. EHOUNOU MOI PME  
16 ASSEMIEN ALEXANDRE MPPD 22 30 24/ 2230 89
17 ASSEMIEN DELPHINE CIFAD-CI 32 21 31
18 ASSEMIEN NADINE WINROCK INT. 41 86 94
19 ASSOUMOU ANGOUA MEFPPS 21 70 51
20 AZITA BERAR AWAD OIT/GENEVE  
21 BAMBA BINTOU AWLAE  
22 BEKOUIN KOUADIO AGEPE  
23 BENIE EUGENIE MUCREFAB 30 44 89/30 15 36
24 BINATE NAMIZATA CIRES 44 21 93/44 43 63
25 BOGA DAGO DIGNITE  
26 BOGUI NATHALIE FACILITATEUR 50 00 45/ 47 92 70
27 BONI DJEMI EQUIPE TECHNIQUE 43 20 76
28 BONI KOUAKOU ADOLPHE MIN. D'INTERIEUR  
29 BOSSO YVONNE SIMONE MFPF 21 59 85
30 BOSSON ALLA PIERRE AGEPE  
31 BOUAN KAN EMILE MEFPPS 21 70 51
32 BRO-GREBE GENEVIEVE RIOF 21 14 75/05 85 99
33 BROU GEORGETTE MUCREFAB IDEM
34 BROU ISABELLE FDFP  
35 COTY M. PECCOUD OIT 21 26 39
36 DAMEY SOLANGE ASH INTERNATIONAL  
37 DAO GABALA SCOD 22 62 85
38 DEMBELE YACOUBA MINAGRA 21 08 33
39 DIABATE LACINA MEFPPS  
40 DIALLO KAMA RIOF IDEM
41 DJE YOBOUE FIPME  
42 DJOUSSOU LOUISE FACILITATEUR / MSP 22 51 91/ 05 44 37
43 DOFFO DELPHINE AIDF 44 42 49
44 DOSSO BAKARY MIN. DE L'ECON. & FINANCES  
45 DOUMBIA SALIMATA UGTCI 05 53 23
46 EDOUARD ACDI 32 91 50
47 EKPITINI MATHURIN UVICOCI 32 81 56
48 ELIASON SUZANNE EQUIPE TECHNIQUE 21 26 39/ 21 17 46
49 ETTE MARCEL FESACI 21 78 76
50 FADIGA LANCINE ASH INTERNATIONAL  
51 FLORENT N'GUESSAN B. COFENCI  
52 GBADJA SAMUEL CONGACI 21 31 99/ 47 04 04
53 GLOUNAHO DANIEL ANADER  
54 GNAGNE ELISE NOMEL MTA  
55 GOUESSE BI ZA MINAGRA 21 08 33 P.32
56 GRAH AGEFOP 06 30 11
57 GROGUHE TIEBRO SODECI  
58 GUIHEHOUA MARIETOU UGTCI 24 16 95/ 09 14 03
59 GUIRO MICHEL MDI-PME 21 26 31 / 21 12 95
60 HACCANDY BENIANH 32 28 96
61 HAMED BAKARY COULIBALY MIN. P.C.I  
62 HEMMINGS-GAPIHAN OIT  
63 HOBA HELENE ACCES FEM. 21 73 52
64 JEAN PIERRE KOUAME CEPRASS 22 08 08
65 KAMA BERTE ESA 41 90 15
66 KANATE FATOUMATA MAIRIE DE COCODY 08 58 13
67 KING DESJARDIN OIT/GENEVE  
68 KINIMO CHANTAL DIGNITE 37 74 89/ 09 76 86
70 KODJO MICHEL MEFPPS  
71 KOFFI GERMAINE MUCREFAB 30 44 89/30 15 36
72 KOFFI KOFFI PAUL MIN. DE L'ECON. & FINANCES 20 08 20
73 KOFFI VANGAH MUCREFAB 30 44 89/30 15 36
74 KONAN NARCISSE EXPERT/MEFPPS 22 15 62
75 KONATE NINA AGENCE SD  
76 KONE KADIJA INADES-FORMATION  
77 KONE MOUROULAYE SODECI-CIE  
78 KOSSONNOU ADRAO 22 77 64
79 KOUADIO AYA MARINA FIPME  
80 KOUAHO JEANNE BNETD 44 28 05
81 KOUAKOU APPOLINAIRE EQUIPE TECHNIQUE  
82 KOUAKOU N'GUESSAN UNIV. DE BOUAKE 63 48 57
83 KOUAO MARTHE FACILITATEUR 21 01 45/ 63 92
84 KOUTOUA MARIE-LAURE MFPF  
85 KRA JOSEPH FDFP 24.02.43/44
86 LAGAUD CONSTANCE MSP  
87 LINANGBO MEFPPS  
88 LOBA N'GUESSAN CNPI 22 50 08/ 01 55 27
89 MAHAN GAHE DIGNITE 37 74 89
90 MARTIN JEANNE MDJEA  
93 MATTI N'DIAYE AFPA (ALEPE) 39 44 90
91 MOLOKO LEONTINE AFJCI 21 56 54/69 51
92 MOUSSA OUATTARA FEJECI  
93 N'DIAYE DIARRA SARR MEFPPS 21 35 22
94 N'DOUMI BERNARD CNPI 22 50 08/ 07 51 47
95 N'GUESSAN PACôME ASH INTERNATIONAL  
96 NOBRE AISSATOU FNUAP 21 44 26
97 OBO SOPHIE CLOTILDE EQUIPE TECHNIQUE 22 15 22
98 OBO SOPHIE CLOTILDE    
99 OKANI CMR 24 16 02/ 95 42 66
100 OSSOUE ROSE MARIE ONAFSI 37 96 51
101 OTTRO MARYSE OIT  
102 OUATTARA EUGENIE COFENCI  
103 OUATTARA MAHOUA REFAMP/CI 21 57 78/33 21 84
104 OUEZZIN COULIBALY AFCECJ  
105 PAPA KANE OIT  
106 PARADIS PNUD 21 13 41
107 PISEI EAP BANQUE MONDIALE 44 22 27
108 SALE JEANNE METFP 06 21 76
109 SALL ADAMA MIN. DE L'ECON. & FINANCES  
110 SEKA PIERRE ROCHE EXPERT/MEFPPS 21 12 75
111 SEM FACILITATEUR 22 93 84
112 SIDI TOURE UFDA  
113 SIE KOFFI CNRA 45 41 70/46 31 16
114 SIMONE NDA G.V.G.F.Z.  
115 SOFONOU PATRICIA A.R.K 86 09 01
116 SOUMAHORO ALIMATA FACILITATEUR 21 39 42/43
117 TAPE BEHIGRA YVONNE CONOS  
118 TIA ALINE AGEPE IDEM
119 TOURE MOUSTAPHA COFENCI  
120 TOURE TENIN CAMPC 44 49 94/ 43 22
121 TOUSSEA HENRIETTE AGEFOP 05 36 73
122 TRA BI THERESE AGEPE  
123 TRAORE NAFATOUMATA MFPF  
124 TRAORE SOUNGALO CNPI  
125 TRAORE SALIMATA UGTCI 24 16 95
126 VABE IRENE COFENCI  
127 VICTOR DIWANDJA ONUDI 22 28 06
128 VIRUS MARIE OLGA MARIE DE BASSAM  
129 YAO SAKI COFENCI 04 40 79/ 22 77 05
130 YAVO SIMONE MFPF  
131 ZADI MARTHE METFP 22 15 09
133 ZADI SESSEGNON UGTCI 24 16 95
134 ZIKE RAYMOND FESACI  
135 ZOUZOUA MATHILDE ANADER 09 11 14

PLAN D'ACTION
POUR PROMOUVOIR
L'EMPLOI DES FEMMES

MATRICE DU PLAN D'ACTION

1 - APPUI A LA COLLECTE, AU TRAITEMENT ET A L'ANALYSE DES DONNEES PAR GENRE
Diagnostic Objectifs Résultats
Escomptés
Mesures et
Actions
Cadre
d'Exécution
Organismes
d'Exécution
Période de
Réalisation
Insuffisance de données statistiques désagrégées par genre au niveau de l'emploi Créer une base de données fiables pour l'analyse différenciée par sexe permettant une élaboration de politique globale et sectorielle Création d'une base de données statistiques relatives au genre - Etude des différentes sources de données sur le marché du travail

- Collecte, traitement des données statistiques sur la situation des femmes dans l'emploi

- PAFPA (Composante suivi et analyse du marché du travail)

- Enquête Ménage/ Recensement de la population / Enquête Emploi

- Programme de soutien au secteur des ressources humaines

- INS

- AGEPE
(Observatoire)

- BDF

- CAA

- ANADER

- ONG

- Centre de
Recherche

1998 - 2000
2 - APPUI A L'EDUCATION ET A LA FORMATION DES FEMMES
Diagnostic Objectifs Résultats
Escomptés
Mesures et
Actions
Cadre
d'Exécution
Organismes
d'Exécution
Période de
Réalisation
Faible niveau d'éducation et de formation des femmes - Assurer l'égalité d'éducation et de formation pour les filles et les garçons

- Améliorer l'accès des femmes à l'éducation et à la formation

- Accroître l'accès des filles à l'éducation de base et dans l'enseignement supérieur

- Accroître l'accès des filles dans les filières scientifiques et technologiques

- Amélioration du taux d'admission et de rétention des filles aux différents niveaux et types d'enseignement

- Proportion de filles plus élevée orientées vers les filières scientifiques et technologiques et vers les formations de cadres supérieurs

- Réduction du taux d'analphabétisme chez les femmes

- Femmes formées à la conception et à la gestion des micro- projets et des projets agricoles

- Expansion et amélioration du réseau scolaire dans les zones sous-scolarisées et où les filles sont sous-représentées dans les admissions

- Sensibilisation des populations rurales à la scolarisation des filles

- Prêts gratuits de manuels scolaires aux enfants des écoles où l'écart d'admission entre garçons et filles est élevé

- Réalisation d'une étude sur les facteurs qui influent sur la scolarisation des filles et les facteurs déterminant leur décision quant au choix de la filière de formation

- Bourses d'études pour les filles méritantes

PNDE - MRNFB

- METFP

- MESRS

- MEFPPS

- MEPF

- Partenaires au
développement

1998 - 2005
3 - APPUI A L'EMBAUCHE DES FEMMES DANS LE SECTEUR FORMEL (PUBLIC ET PRIVE)
Diagnostic Objectifs Résultats
Escomptés
Mesures et
Actions
Cadre
d'Exécution
Organismes
d'Exécution
Période de
Réalisation
Faible insertion des femmes sur le marché du travail dans le secteur formel - Améliorer l'employabilité des femmes

- Favoriser l'accès des femmes à l'emploi

- Surmonter la discrimination dont les femmes font l'objet dans l'emploi

- Augmentation de la participation des femmes à l'emploi dans le secteur formel

- Réduction des écarts de rémunération entre les sexes, à qualifications égales

- Protection sociale des femmes

- Encourager l'embauche des femmes grâce à des mesures incitatives (crédit d'impôt plus élevé pour l'embauche d'une femme, réduction des charges sociales, exonérations fiscales, etc.)

- Encourager la promotion interne des femmes par la formation professionnelle continue

- Augmenter les postes de responsabilités destinés aux femmes dans le secteur formel public et privé.

- Organiser des actions de formation qualifiante à l'attention des jeunes filles diplômées ou déscolarisées

- PAE

- PAISD

- PAFPA

- PNDEF

- PNE

- DGI

- CNPS

- FDFP

- SYNDICATS

- CNPI

- MEPF

- MEF

- MEFPPS

- AGEPE

1998 - 2000
4 - APPUI AU FINANCEMENT DES ACTIVITES GENERATRICES DE REVENU AU PROFIT DES FEMMES DANS LES SECTEURS AGRICOLE ET INFORMEL
Diagnostic Objectifs Résultats
Escomptés
Mesures et
Actions
Cadre
d'Exécution
Organismes
d'Exécution
Période de
Réalisation
- Faible accès des femmes aux crédits

- Insuffisance de financement des activités génératrices de revenus pour les femmes

- Absence de fonds de soutien à l'activité des femmes

- Accroître le financement des activités des femmes dans les secteurs agricole et informel

- Améliorer l'accès des femmes au système bancaire et à la micro-finance

- Amélioration de l'accès des femmes aux sources de financement existant

- Création de fonds de garantie pour les femmes

- Augmentation du taux d'activité des femmes

- Organisation des femmes en coopérative d'épargne et de financement

- Réduction du taux d'intérêt pour les projets des femmes

- Réorganisation du Fonds des femmes (fonds sociaux)

- PSIF

- Fonds sociaux

- CREEP/COOPEC

- PASI - PASFI

- PCME

- FDI

- Mutuelle d'Epargne et de Crédit

- MEF

- CAA

- Institut.
Financières

- ONG

- MFPF

- AGEPE

- MINAGRA

- Partenaires au
développement

1998 - 2000
5 - APPUI INSTITUTIONNEL A LA PROMOTION DES FEMMES
Diagnostic Objectifs Résultats
Escomptés
Mesures et
Actions
Cadre
d'Exécution
Organismes
d'Exécution
Période de
Réalisation
Manque de coordination des acteurs intervenant dans les différents domaines destinés à la promotion des femmes - Créer une structure de coordination et de suivi des actions entreprises en direction des femmes

- Recentrer la mission du MFPF

- Elaborer un cadre d'analyse GED pour renforcer les capacités d'élaboration de politique dans les secteurs de l'éducation, la formation, l'emploi, la santé

- Coordination des actions de promotion de la femme

- Recommandations concernant la mission du MFPF

- Approche GED dans la mise en oeuvre des politiques macro-économiques et sectorielles

- Créer des cellules genre dans les centres de décisions (Ministères, Assemblée Nationale, CES)

- Renforcement des programmes de recherche-action sur les questions de genre et leur prise en compte

- Mise en place d'une structure de coordination des activités des ONG et associations intervenant dans la promotion de l'emploi des femmes

  - MFPF

- ONG

- Partenaires au
développement

1998 - 2000

contacts publications Quoi de neuf

Mise à jour par GT. Approuvée par PA. Dernière modification: 15 janvier 2000.