Initiatives nationales concernant la compétitivité, la productivité et la croissance economique - Canada
Source: Gouvernement du Canada
La Stratégie d'innovation du Canada
Message du premier ministre
Message du ministre de l'Industrie
La stratégie d'innovation du Canada est présentée sous forme de deux documents, qui traitent de ce que le Canada doit faire pour assurer l'égalité des chances et l'innovation économique dans la société du savoir.
Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités reconnaît le besoin de considérer l'excellence comme un bien stratégique national. On y met l'accent sur les moyens de renforcer la capacité scientifique et de recherche et de faire en sorte que ces connaissances contribuent à l'établissement d'une économie innovatrice au profit de tous les Canadiens.
Le savoir, clé de notre avenir: le perfectionnement des compétences au Canada reconnaît que dans la société du savoir, les gens constituent la ressource la plus importante d'un pays. On y présente ce que le Canada peut faire pour renforcer l'apprentissage, développer le talent de chacun et offrir à tous la possibilité de contribuer à la nouvelle économie et d'en tirer parti.
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No de catalogue C2-596/2001F-IN1
ISBN 0-662-86387-9
53564B
Message du premier ministre
Le Canada est l'une des grandes réussites de notre temps.
Grâce à l'effort, à l'ingéniosité et à la créativité de nos citoyens, nous bénéficions d'une prospérité extraordinaire et d'une qualité de vie incomparable. Les grandes caractéristiques de notre histoire sont l'adaptation et l'innovation. La petite société agraire de l'époque de la Confédération est devenue un grand centre industriel. Et nous y sommes parvenus à la manière canadienne, c'est-à-dire en créant entre les citoyens, les entrepreneurs et les gouvernements un partenariat générateur de nouvelles idées et de nouvelles approches qui nous a permis de saisir les nouvelles opportunités avec énergie et enthousiasme.
La manière canadienne implique aussi un engagement national inébranlable envers le partage de la prospérité et l'égalité des chances; envers la conviction selon laquelle le succès économique et le succès social vont de pair et tous les Canadiens doivent bénéficier des moyens et de la possibilité de réaliser leur potentiel et de contribuer à rehausser le niveau de vie et à favoriser le mieux-être général au Canada.
Dans la nouvelle économie mondiale du savoir du XXIe siècle, la prospérité est tributaire de l'innovation, qui à son tour dépend des investissements que nous consacrons à la créativité et aux talents de nos citoyens. Il nous faut investir non seulement dans la technologie et dans l'innovation, mais aussi, à la manière canadienne, dans la création d'une société inclusive où tous les Canadiens et Canadiennes peuvent mettre à profit leurs talents, leurs compétences et leurs idées et où l'imagination, les savoir-faire et la faculté d'innover se conjuguent au mieux.
Cet objectif est au cur de l'action de notre gouvernement et sous-tend le discours du Trône de 2001. C'est pourquoi nous sommes tellement déterminés à travailler avec les provinces, les territoires et nos autres partenaires à la réalisation d'un projet national visant à nous donner une main-d'oeuvre qualifiée et une économie innovatrice.
Afin de stimuler la réflexion et d'aider à cristalliser un effort pancanadien, nous publions deux documents intitulés Le savoir, clé de notre avenir: le perfectionnement des compétences au Canada et Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités. Nous souhaitons ainsi amorcer un débat en vue de dégager un vaste consensus sur les objectifs nationaux communs, mais aussi sur la manière canadienne de les atteindre.
Le premier ministre du Canada,
Jean Chrétien
Message du ministre de l'Industrie
L'ingéniosité a toujours joué un rôle essentiel dans le progrès. Nous lui devons la presse à imprimer, la turbine à vapeur, l'électricité et Internet. Toutes ces inventions ont changé à jamais notre mode de vie et nos relations les uns avec les autres. Aujourd'hui, des découvertes spectaculaires dans la recherche médicale, les télécommunications et la science transforment le monde dans lequel le Canada doit soutenir la concurrence.
Par son ingéniosité, le Canada contribue aux innovations mondiales. Il suffit, pour s'en convaincre, de songer au téléphone, à l'insuline, au stimulateur cardiaque et à Canadarm. Notre population active est la plus instruite du monde. Ces dernières années, le Canada a résorbé les déficits publics, maîtrisé l'inflation, considérablement réduit le chômage, amélioré son ratio de la dette au PIB et beaucoup investi dans l'infrastructure sur laquelle s'appuie la recherche-développement. Cela a aidé à faire du Canada un pays concurrentiel où il est intéressant de faire des affaires. Mais ce n'est pas suffisant.
Nous devons maintenant passer à l'étape suivante, c'est-à-dire trouver des moyens d'appuyer les équipes de recherche canadiennes qui font des grandes découvertes, les entreprises qui se taillent de nouveaux marchés grâce à des produits et à des services novateurs, les industries traditionnelles qui continuent d'innover et prouvent ainsi qu'elles peuvent livrer concurrence à l'échelle mondiale, et les collectivités canadiennes qui attirent des compétences de tout premier ordre et des entreprises ayant un sens aigu des affaires.
Le moment est venu de voir ce que le Canada a accompli et de nous demander: que nous faut-il faire pour continuer dans ce sens et plus vite, et pour multiplier les réussites dans tout le pays, aujourd'hui et demain? Le moment est venu de conjuguer véritablement nos efforts à l'échelle nationale pour atteindre l'excellence dans tout ce que nous entreprenons, pour être les meilleurs et rien de moins.
Si nous réussissons, tous les Canadiens y gagneront une meilleure qualité de vie. Nous devons établir un partenariat entre les différents ordres de gouvernement, les chercheurs, les universitaires, les entreprises et les Canadiens. Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités nous explique en détail comment y parvenir. À présent, nous devons débattre ces idées à l'échelle nationale. Nous devons comprendre que notre succès permettra au Canada de définir sa place dans le monde.
Nous avons toute l'imagination, toute la créativité et toute l'ingéniosité dont nous avons besoin. Le défi consiste à s'assurer que le Canada et tous les Canadiens en tirent profit.
Le ministre de l'Industrie,
Allan Rock
Section 1: Introduction
Innover, c'est tirer du savoir de nouveaux avantages économiques et sociaux
L'innovation s'appuie sur le savoir pour mettre au point de nouveaux produits et services ou trouver de nouvelles façons de concevoir, de produire et de commercialiser des produits ou services existants pour les marchés public et privé. Le terme « innovation » renvoie à la fois au processus de création et à son résultat. Une innovation peut constituer une première mondiale ou, tout simplement, une nouveauté au Canada ou pour l'organisation qui l'utilise. Si innover a toujours été l'un des moteurs de la croissance économique et du développement social, force est de constater que, dans l'économie du savoir actuelle, cette fonction est devenue primordiale.
Le savoir est devenu la locomotive de la performance économique
Les facteurs qui, par le passé, déterminaient le succès des entreprises, comme les économies d'échelle, de faibles coûts de production, la disponibilité des matières premières et de faibles coûts de transport, contribuent encore à leur réussite économique. La différence, c'est qu'aujourd'hui, le savoir et les ressources qui le produisent, c'est-à-dire le capital humain, occupent beaucoup plus de place. Le savoir est la principale source d'avantage concurrentiel, et ce sont des personnes qui l'incarnent, le créent, le développent et l'appliquent. Il suffit de voir la création d'emplois au Canada pour se rendre compte de l'importance prise par ce secteur. (Graphique 1)

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La poignée de main canadienne L'astronaute canadien Chris Hadfield a réveillé la fierté nationale en installant Canadarm2 dans la station spatiale internationale. Le moment fort de la mission a été celui où les deux générations de bras robotiques canadiens ont travaillé ensemble, dans l'espace, réaffirmant la réputation du Canada en tant que chef de file de l'industrie de la robotique. |
L'innovation est également considérée comme quelque chose que l'on peut encourager systématiquement dans toute l'économie et pas seulement dans des laboratoires de recherche-développement (R-D). Avant, nous cpensions que l'innovation était tout bonnement le fruit de l'esprit d'entreprise individuel. À présent, nous y voyons quelque chose qui peut être encouragé dans le cadre d'une stratégie délibérée visant à améliorer la productivité nationale et le niveau de vie des Canadiens. La promotion consciente de l'innovation est devenue un objectif important de la politique économique et sociale.
Le rythme de l'innovation s'accélère
On tire plus rapidement que jamais de nouvelles connaissances de connaissances anciennes. De nouveaux produits remplacent rapidement les anciens. Les nouvelles technologies de production sont adoptées plus rapidement. Dans beaucoup d'industries, le cycle de vie des produits est raccourci.
Les progrès technologiques rapides que l'on enregistre dans le secteur des technologies de l'information et des communications représentent autant d'innovations importantes. Mais, plus important encore, ils sont à l'origine de nouvelles vagues de recherche et de transformations technologiques dans d'autres secteurs, notamment les sciences de la vie, les ressources naturelles, l'environnement, les transports et la fabrication de pointe. À l'instar des ordinateurs et des télécommunications, la biotechnologie et la génomique, science qui permet de déchiffrer et de comprendre le code génétique, promettent de transformer notre vie.
Toutes les régions du Canada et tous les secteurs de la société canadienne sont concernés par l'économie du savoir
Il y a 10 ans à peine, il était courant d'associer l'économie du savoir à certains secteurs, comme les technologies de l'information et des communications, ou à certaines régions, comme la Silicon Valley (États-Unis). Aujourd'hui, l'économie du savoir ne connaît pratiquement plus de frontière industrielle ou géographique. Dans toutes les industries, des ressources naturelles aux services, en passant par la fabrication, on accroît les connaissances, on trouve de nouveaux moyens d'ajouter de la valeur et on les applique de manière à obtenir de meilleurs résultats économiques.
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Les camionneurs et la technologie Les camionneurs commerciaux doivent communiquer leur entreprise, des répartiteurs, des expéditeurs et des agents des douanes en utilisant des ordinateurs de bord perfectionnés et d'autre matériel de communication de haute technologie. Ils doivent savoir faire fonctionner les systèmes installés à bord des camions qui dictent la vitesse et la configuration du véhicule pour une consommation de carburant optimale, et interpréter les données. L'efficacité et la compétitivité globales d'une entreprise de transport dépendent de plus en plus des compétences de ses camionneurs. Agriculture de précision Une nouvelle méthode agricole, appelée l'agriculture de précision, repose sur le système de positionnement mondial (GPS). Un dispositif de surveillance du rendement installé sur le tracteur utilise le GPS pour glaner des renseignements essentiels sur différents champs. Grâce à cette technologie, un agriculteur peut savoir quels secteurs ont besoin de plus de pesticides ou d'humidité. L'agriculture de précision se taille actuellement la réputation d'être l'un des meilleurs moyens d'accroître les rendements et les bénéfices, simplement en aidant les agriculteurs à faire de meilleurs choix. |
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Nouvelle thérapie pour le traitement de la perte de la vue Une entreprise canadienne a été autorisée dernièrement à utiliser un nouveau traitement de la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l'âge, principale cause de perte grave de la vue chez les personnes de plus de 50 ans. Ce traitement est le premier qui offre un soulagement aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire, maladie qui grève lourdement la qualité de vie. |
En agriculture, par exemple, les progrès réalisés dans les sciences biologiques et en informatique ont permis d'accélérer la mise au point de nouveaux produits à partir de ressources agricoles renouvelables. Certaines cultures servent maintenant à des fins nouvelles, qu'il s'agisse de carburants renouvelables, de « nutraceutiques » sources de substances médicales. Ces produits se vendent à prix fort, d'une part, parce qu'ils respectent des normes rigoureuses en matière de sécurité et de protection de l'environnement et, d'autre part, parce qu'ils répondent à une demande croissante de produits particuliers sur les marchés de spécialités.
Dans le secteur culturel, on allie innovation, connaissances et créativité pour donner naissance à de nouvelles formes d'expression artistique. Les artistes canadiens utilisent des technologies de pointe telles que la large bande et le multimédia. Dans les spectacles en direct, ils utilisent des microphones sans fil. Des matériaux et des tissus nouveaux pour les costumes et les décors ainsi que des systèmes d'éclairage informatisés complexes transforment les arts de la scène. Un milieu artistique dynamique est tout autant un produit qu'un élément de l'économie du savoir moderne, car il génère de nouvelles idées, stimule la créativité dans l'ensemble de l'économie et de la société, et contribue à une qualité de vie à la fois riche et gratifiante.
L'application d'innovations dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'énergie renouvelable, des transports, de la sécurité et de l'écoefficacité contribue directement à améliorer la qualité de la vie au Canada. Des innovations telles que la pile à combustible, les membranes de filtration de l'eau et les nouvelles technologies de biorestauration améliorent la qualité de l'air, de l'eau et des sols. L'innovation permet d'améliorer l'état de santé de la population canadienne, car elle apporte de nouveaux médicaments, de nouvelles techniques chirurgicales, de nouvelles méthodes de diagnostic et de nouvelles prothèses, tous plus efficaces. Les nouvelles thérapies géniques qui se dessinent à l'horizon promettent une vague de traitements plus efficaces et, dans bien des cas, moins effractifs pour quantité de maladies et de problèmes de santé. De meilleures mesures de sécurité dans les aéroports, y compris grâce à des systèmes de lecture faciale, de lecture de l'iris et d'impression automatique de l'empreinte du pouce, deviendront possibles grâce à des technologies novatrices.
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Premières nations Saisir les occasions La responsabilité financière et le sens des affaires de la collectivité autochtone de Membertou, au Cap-Breton, transforment la collectivité. La bande, qui attire l'attention de partenaires commerciaux de tout le continent, a reçu la certification ISO 9000 de son processus d'intendance, véritable label de qualité en commerce international. L'an dernier, ses 1000 membres ont généré 52 millions de dollars en activités économiques, et la situation sociale s'est considérablement améliorée. |
Non seulement l'innovation est intersectorielle, mais en plus, elle touche autant les grandes agglomérations urbaines que les collectivités rurales, isolées et autochtones. Aujourd'hui, dans toutes les régions du Canada, des collectivités saisissent les occasions que leur offre l'économie du savoir, s'appuient sur les atouts locaux et développent de nouveaux domaines de compétence.
Dans l'économie mondiale du savoir, c'est en maximisant sa capacité novatrice que le Canada assoira son avantage concurrentiel
Pour les entreprises canadiennes, innover signifie devenir plus concurrentiel sur des marchés de plus en plus mondiaux. Les industries les plus novatrices du Canada affichent de meilleurs résultats sur le plan de la productivité, prennent plus rapidement de l'expansion et créent des emplois de meilleure qualité qui sont mieux rémunérés. Les industries les plus novatrices sont également tournées vers l'extérieur, ce qui leur permet de mieux réussir sur les marchés mondiaux1.
Pour les Canadiens, innover est synonyme de meilleur niveau de vie, de revenus plus élevés et d'emplois meilleurs et plus nombreux. Quand de nouvelles technologies et d'autres types d'innovations sont mis au point ici, les Canadiens bénéficient des améliorations apportées à la qualité de vie et des avantages économiques de la création d'emplois. La croissance économique alimentée par l'innovation ouvre plus de possibilités et de choix aux citoyens, y compris en ce qui concerne les richesses nécessaires pour faire de nouveaux investissements sociaux dans des domaines tels que l'éducation, la santé et la culture.
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Les chaises roulantes de la prochaine génération Le Southern Alberta Institute of Technology * de Calgary aide une petite entreprise à mettre au point le mécanisme d'entraînement d'une nouvelle chaise roulante et à en faire un prototype. Le système d'entraînement modifié permettra à l'utilisateur de propulser manuellement la chaise par un geste horizontal, au lieu du mouvement rotatoire habituel. La toute nouvelle chaise roulante soulagera des problèmes musculaires, articulaires et autres liés au mouvement de rotation des bras. |
* Prière de noter que certains liens sont disponibles seulement en anglais.
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Cartographie des fonds marins En utilisant des techniques canadiennes de cartographie des fonds marins, une entreprise de la Nouvelle-Écosse a amélioré sa productivité tout en respectant l'environnement. Ces techniques permettent d'obtenir des images en trois dimensions des fonds marins grâce à des méthodes ultramodernes de collecte de données et de télédétection. Elles aident à localiser avec précision les meilleurs endroits pour pêcher le pétoncle, tout en évitant les captures dans des écosystèmes fragiles. |
L'innovation est mondiale et déterminée par le marché
Les entreprises sont au cur de l'innovation, notamment en ce qui concerne la mise au point et la commercialisation de nouveaux produits et technologies. Beaucoup d'entreprises canadiennes petites, moyennes et grandes mettent au point de nouveaux produits. Beaucoup d'autres appliquent de nouvelles technologies pour devenir plus productives et pour gagner en écoefficacité en ce qui concerne les matériaux, les méthodes de fabrication et les produits. D'autres encore innovent en adoptant de nouveaux modes d'organisation, de financement, de commercialisation et de gestion. Innover demande beaucoup de choses, comme la recherche, mais aussi des stratégies commerciales ciblées, une approche globale, un financement concurrentiel, une gestion des risques et des changements organisationnels.
Le sens aigu des affaires et l'entrepreneuriat des entreprises sont les principaux moteurs de l'innovation au Canada. Cependant, l'innovation ne va pas sans risque. Souvent, on est loin d'être certain de pouvoir rentabiliser les investissements consentis dans la mise au point de nouveaux produits, de nouveaux procédés ou de nouvelles techniques. La concurrence est féroce, et l'on doit faire des investissements de plus en plus considérables pour commercialiser de nouvelles découvertes.
Les partenariats sont essentiels pour accroître les possibilités d'innover et atténuer les risques
Les universités, les collèges, les hôpitaux de recherche et les établissements techniques jouent un rôle important dans la recherche et dans la création de connaissances. Ils aident le secteur privé à mettre au point et à adopter des innovations. Ils sont également les principaux intervenants dans la formation des personnes hautement qualifiées qui créent et appliquent ces connaissances.
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Agro-industrie Le Olds College Centre for Innovation (OCCI) est un nouvel incubateur qui fait de la recherche appliquée avec des partenaires industriels. Il appuie aussi la commercialisation de nouveaux produits agricoles. L'OCCI, qui est financé par les secteurs public et privé, renforce la capacité d'innovation du secteur agricole dans l'Ouest du Canada. |
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Téléphone cellulaire Grâce à un chercheur d'une université canadienne, les conversations coupées sur votre téléphone cellulaire seront bientôt un lointain souvenir. En effet, ce chercheur a élaboré une théorie selon laquelle un circuit radiotéléphonique pourrait être conçu sur une micropuce plus efficace, ce qui augmenterait considérablement la durée de la pile. Non seulement son système s'est révélé possible à réaliser, mais il est aussi facile à produire en série que des croustilles. |
Les gouvernements sont responsables de la recherche appuyant le « milieu de l'innovation », autrement dit, des politiques qui définissent bon nombre des incitations à innover et protègent l'intérêt général. Ils font aussi de la recherche, souvent avec une vision à plus long terme que celle du secteur privé. pour appuyer leurs mandats de développement économique. Ils apportent le soutien financier qui permet aux établissements d'enseignement de faire de la recherche et de former la prochaine génération de personnes hautement qualifiées. Les laboratoires gouvernementaux forment de plus en plus de partenariats entre eux, avec des établissements d'enseignement et des entreprises, et avec des organismes du monde entier. Les partenariats deviennent de plus en plus essentiels pour créer et appliquer les connaissances qui sous-tendent une réglementation et un développement économique sains. Les gouvernements devraient se montrer plus novateurs dans ces fonctions et contribuer à un environnement public plus propice à la créativité et à l'innovation.
Les pays novateurs ouvrent volontiers la porte au changement, qu'ils considèrent comme une chance, et en font une valeur fondamentale
Les pays novateurs sont constamment à la recherche de nouvelles possibilités, autrement dit de nouvelles façons d'améliorer leurs perspectives économiques et leur qualité de vie. Les sociétés novatrices sont entreprenantes. Elles créent des richesses, récompensent l'initiative individuelle, recherchent l'excellence à l'échelle internationale et contribuent à améliorer la qualité de vie de tous leurs membres. Les pays novateurs sont ouverts et inclusifs. Ils apprécient les connaissances, quelle qu'en soit l'origine, et offrent des possibilités de premier ordre non seulement à tous leurs citoyens, mais aussi aux gens de talent venant du monde entier. Les pays novateurs accordent une grande priorité à l'investissement dans l'innovation et s'efforcent de maintenir leurs investissements en période de récession.
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Système d'information sur les feux de végétation Quelque 10 000 feux de végétation détruisent environ 2,5 millions d'hectares de forêt chaque année, ce qui coûte plus ou moins un demi-milliard de dollars. Le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada est un chef de file mondial dans la mise au point de systèmes d'information sur les feux de végétation qui aident les pompiers à évaluer les risques et la propagation des incendies de forêt. Des éléments de ce système sont maintenant utilisés en Alaska, en Nouvelle-Zélande, en Floride et dans les pays de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est pour lutter contre ce problème. |
Le Canada devrait viser à devenir rien de moins qu'un des pays les plus novateurs au monde. Pour y parvenir, il lui faut une stratégie nationale d'innovation pour le XXIe siècle. Le présent document, Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités, marque une étape importante dans ce sens. Il présente une évaluation de la performance du Canada sur le plan de l'innovation, propose des objectifs nationaux afin de guider tous les intervenants dans leurs efforts au cours de la prochaine décennie, et cerne un certain nombre de domaines où le gouvernement du Canada peut intervenir pour améliorer la performance nationale sur le plan de l'innovation (voir l'annexe A). Cela ne suffit pas en soi. Pour réussir, tous les ordres de gouvernement, le secteur privé, les universitaires et d'autres parties intéressées doivent contribuer à rendre le Canada plus novateur.
Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités constituera la base de discussions entre le gouvernement du Canada et des intervenants clés dans les prochains mois. Ces discussions viseront:
Section 2: Le Canada dans un monde axé sur l'innovation
Depuis quelques années, les gouvernements, les universités et le secteur privé investissent beaucoup dans l'innovation. En conséquence, le Canada améliore rapidement sa capacité d'innovation et, dans certains secteurs, il affiche le taux de croissance le plus rapide. Cependant, plusieurs pays ont agi plus tôt. Le Canada accuse donc un retard sur de nombreux pays développés pour ce qui est de la performance globale. Il n'y a pas de temps à perdre. Des organisations internationales comme le Forum économique mondial (Prière de noter que certains liens sont disponibles seulement en anglais) estiment que les perspectives économiques du Canada sont plus prometteuses que sa performance actuelle le laisserait supposer. Nous en concluons donc que nous sommes sur la bonne voie. Cependant, nous devons continuer de nous appuyer sur nos atouts pour réaliser notre potentiel.
Le Canada s'achemine vers une économie plus novatrice
L'économie mondiale a commencé à montrer des signes de faiblesse au début de 2001. Devant la situation aux États-Unis, les difficultés persistantes au Japon, les perspectives moins bonnes en Europe et un déclin marqué dans plusieurs pays émergents, le Fonds monétaire international a revu sensiblement à la baisse ses prévisions relatives à la croissance mondiale. Et les attentats du 11 septembre ont encore aggravé la situation économique américaine.
Pour la première fois en 25 ans, le Canada est aux prises avec un ralentissement économique qui frappe en même temps tous les grands marchés du monde. Plus de 40 p. 100 de l'activité économique canadienne tient aux exportations, or le ralentissement mondial ne les a pas épargnées, comme le montre notre performance à la baisse de la première moitié de 2001. De plus, les attentats du 11 septembre ont eu des répercussions sur notre performance, notamment dans des secteurs tels que les transports et le tourisme.
En cette période d'incertitude, il est important de redonner à chacun un sentiment de sécurité. C'est là un des principaux objectifs du budget de 2001 du gouvernement du Canada. Cependant, le budget a également annoncé une série d'investissements importants destinés à relancer l'économie en cette période de ralentissement et à améliorer les perspectives économiques du Canada à moyen et à long terme. Le gouvernement a réussi, par l'entremise d'initiatives stratégiques, à maintenir son engagement en ce qui a trait au programme d'innovation. Notre succès économique dépendra de la compréhension que nous aurons des grands courants qui dessinent le monde de demain. On les retrouve dans les transformations qu'entraînent les nouvelles technologies. Des facteurs économiques fondamentaux solides sont indispensables pour les affronter, tout comme l'ingéniosité et l'innovation dont savent faire preuve les Canadiens. Depuis 1993, le gouvernement du Canada poursuit un plan à long terme qui vise ces priorités et qui jette les bases d'une croissance vigoureuse et durable.
Par rapport au reste du monde, les Canadiens jouissent d'un niveau et d'une qualité de vie exceptionnels. Leurs revenus sont élevés, leur espérance de vie est longue, la population est en bonne santé, les collectivités sont sûres et le milieu naturel est le meilleur qui soit. Le Canada s'est toujours classé parmi les tout premiers pays ayant la meilleure qualité de vie au monde. Cependant, nous avons aussi des défis importants à relever ensemble. Atteindre l'excellence: investir dans les gens, le savoir et les possibilités porte forcément sur ces défis. Il encourage les Canadiens à les relever en ayant confiance dans leurs capacités, et en sachant que le Canada fait fond sur ses atouts.
Niveau de vie
Le niveau de vie du Canada est très élevé par rapport au reste du monde. Il se classe septième parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour ce qui est des revenus réels par habitant. Seuls deux pays le dépassent largement, à savoir le Luxembourg et les États-Unis (Graphique 2)2.
Toutefois, le revenu réel des Canadiens ne cesse de baisser par rapport au revenu réel des Américains depuis près de 20 ans (Graphique 3). Le Canada a réussi à resserrer quelque peu l'écart en 1999 et de nouveau en 2000, ce qui donne à penser que nous faisons des progrès dans ce domaine clé. Cet important écart avec les États-Unis n'en reste pas moins cause d'inquiétude, car les États-Unis sont notre plus proche voisin, notre premier partenaire commercial et notre principal concurrent.
Nous devons commencer à resserrer l'écart entre le niveau de vie au Canada et aux États-Unis, à innover et à offrir plus de possibilités aux Canadiens. Sans cela, nous risquons d'atteindre un point où les sorties de talents et de capitaux contribueront à une baisse du niveau de vie des Canadiens.
Productivité
Les moyens d'améliorer le niveau de vie d'un pays sont limités: faire travailler plus de gens ou accroître la productivité, ou les deux à la fois. Le Canada ne peut compter sur le premier moyen en raison des pressions démographiques. Le vieillissement de la population active et le rétrécissement de la cohorte des jeunes limiteront relativement le nombre des travailleurs qui feront vivre la population canadienne à l'avenir. Nous devons donc devenir plus productifs et nous améliorer plus rapidement que les États-Unis.
L'écart entre notre niveau de vie et celui des Américains tient, pour l'essentiel, à ce que notre productivité est inférieure à la leur. La productivité canadienne, mesurée en PIB par heure de travail, est inférieure de 19 p. 100 environ à celle des États-Unis. La productivité canadienne s'est sensiblement améliorée au cours des dernières années, mais l'écart avec les États-Unis s'est encore creusé parce que nous ne progressons pas aussi vite qu'eux.
Le Canada affiche une meilleure productivité que les États-Unis dans certaines industries (Graphique 4). Nous obtenons d'assez bons résultats dans les secteurs du pétrole brut et du gaz naturel, dans la fabrication de métaux de première fusion, de papier et de produits connexes, dans le bois d'uvre et le bois ainsi que dans le matériel de transport.

Le retard de productivité global du Canada sur les États-Unis tient à des différences dans la taille et la croissance de la productivité de leurs secteurs des technologies de l'information et des communications respectifs. Les États-Unis ont su mettre plus rapidement l'accent sur les industries très productives, comme celles du matériel électrique et électronique et celles des communications. Au Canada, ce sont les industries qui alimentent la croissance de la productivité, mais pas autant qu'aux États-Unis.
Innovation
Il est essentiel d'innover pour améliorer la productivité. Or, le Canada est parmi les plus mal classés du G-7 pour ce qui est de la capacité d'innovation (Graphique 5), et il continue d'afficher ce que l'OCDE qualifiait en 1995 de retard sur le plan de l'innovation.
Le Conference Board du Canada l'a confirmé dernièrement. Dans son rapport intitulé Rendement et potentiel, 2001-2002, il estime que la performance du Canada en matière d'innovation est assez piètre (tableau A). Nous nous classons mal par rapport à d'autres pays pour ce qui est de divers indicateurs, y compris les dépenses de R-D en pourcentage du PIB, le nombre de demandes de brevet à l'étranger et le nombre de chercheurs par rapport à la taille de notre population active.
Tableau A: Performance du Canada en 2001-2002
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Catégories |
Performance du Canada |
Premier au classement |
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Économie |
Moyenne |
É.-U. |
|
Marchés du travail |
Très bonne |
É.-U. |
|
Innovation |
Piètre |
Suède |
|
Environnement |
Piètre |
Suède |
|
Éducation et compétences |
Moyenne |
É.-U. |
|
Santé et société |
Moyenne |
Japon |
Source : Conference Board du Canada, Rendement et potentiel, 2001-2002, 2001.
Bâtir des organisations très performantes et novatrices dans les secteurs public et privé suppose l'engagement de la haute direction et de tous les employés. D'après le Conference Board, les dirigeants d'entreprise canadiens doivent mettre plus d'ardeur à innover et engager résolument leur organisation dans la voie de l'innovation.
Le Forum économique mondial estime lui aussi que la performance actuelle du Canada est faible, avec une « compétitivité actuelle » qui le classe 11e dans le monde (tableau B).
Tableau B: Milieu de l'innovation au Canada Classement du Canada et des États-Unis en 2001
| Canada | É.-U. | |
| Compétitivité actuelle | 11 | 2 |
| Compétitivité en matière de croissance | 3 | 2 |
Source: Forum économique mondial, Rapport sur la compétitivité mondiale, 2001.
Le Canada a sensiblement amélioré sa performance sur le plan de l'innovation ces dernières années, si l'on considère divers indicateurs clés (graphique 6). Il affiche le plus fort taux de croissance des pays du G-7 pour ce qui est du nombre de travailleurs en R-D, du nombre de demandes de brevet à l'étranger et des dépenses de R-D des entreprises. L'activité est particulièrement importante en ce qui concerne les brevets dans le secteur des technologies de l'information et des communications et dans celui de la biotechnologie. Les dépenses de R-D, en pourcentage du PIB, ont aussi augmenté à un rythme qui est le plus rapide des pays du G-7.

Ces gains montrent l'engagement du Canada envers l'innovation. Mais cela ne suffit pas. Le Canada est parti de très loin et ses gains, quoique impressionnants, ne suffisent pas à lui assurer une position solide en Amérique du Nord et à l'échelle internationale.
Les perspectives d'avenir du Canada sont meilleures, d'après le Forum économique mondial, qui le classe troisième au rang de la «compétitivité en matière de croissance». Cette évaluation plus optimiste des perspectives économiques du Canada donne à penser que nous faisons les bons choix stratégiques et que les entreprises vont dans la bonne direction.
Facteurs qui influent sur les résultats en matière d'innovation
Le présent document est structuré en fonction de trois grands facteurs qui exercent une influence profonde sur les résultats en matière d'innovation: la performance sur le plan du savoir, les compétences et le milieu de l'innovation. Ces éléments du système d'innovation national se réunissent au niveau communautaire. Les sections qui suivent présentent un diagnostic plus détaillé ainsi qu'un plan d'action.
La performance sur le plan du savoir
Beaucoup d'entreprises canadiennes mettent au point de nouveaux produits et en améliorent d'autres pour les marchés mondiaux. Elles investissent aussi dans de nouvelles technologies de pointe. Cependant, nous devrons investir davantage dans la R-D pour nous classer parmi les meilleurs au monde.
Les dépenses brutes du Canada en R-D s'élevaient à 21 milliards de dollars en 2001, soit 9 p. 100 de plus qu'en l'an 2000, où elles avaient déjà augmenté de 11 p. 100 par rapport à 19993. Malgré ces investissements importants, le Canada ne se classe qu'au 14e rang des pays de l'OCDE pour ce qui est des dépenses brutes de R-D par rapport au PIB4. Cette piètre performance s'explique par de faibles niveaux de dépenses en R-D dans trois secteurs clés, à savoir les entreprises, les universités et les gouvernements. Il faut accroître les investissements dans la R-D pour générer le savoir qui alimentera l'innovation.
De plus, les entreprises canadiennes doivent former davantage d'alliances technologiques, car elles sont essentielles à l'innovation. L'industrie canadienne du capital-risque doit fournir davantage de services spécialisés aux entreprises qui présentent un potentiel de croissance rapide et puiser dans de nouvelles sources de capital.
Ces défis doivent être relevés, car il est essentiel pour la compétitivité du secteur privé de créer des connaissances et de leur trouver des applications commerciales. Les gouvernements doivent eux aussi avoir accès à une base de connaissances solide afin de protéger l'intérêt public en matière de santé et de sécurité, par exemple, et de promouvoir l'innovation en adoptant de bonnes politiques et de bons règlements.
Le défi de la performance sur le plan des connaissances: les entreprises canadiennes ne tirent pas assez d'avantages de la commercialisation du savoir, et le Canada n'investit pas assez dans la recherche-développement. (La section 5 traite plus en détail de ces questions.)
Les compétences
La population instruite et la main-d'uvre hautement qualifiée que possède le Canada sont des atouts essentiels dans l'économie mondiale. Cependant, sa réserve de personnes hautement qualifiées est loin d'être assurée à moyen terme. Le Canada aura beaucoup de mal à devenir plus compétitif sans un bassin suffisant de personnes hautement qualifiées qui soient capables de stimuler le processus d'innovation et d'appliquer de nouvelles technologies.
Le marché du travail exigera de plus en plus de compétences. Les entreprises chercheront davantage de personnel de recherche techniciens, spécialistes, gestionnaires pour renforcer leur capacité novatrice et maintenir leur avantage concurrentiel. Les universités, les collèges et les laboratoires gouvernementaux ont déjà lancé une campagne de recrutement afin de remplacer les nombreux professeurs, enseignants, chercheurs et administrateurs qui atteignent l'âge de la retraite. Il y aura donc une très forte demande de main-d'uvre qualifiée au Canada.
Du côté de l'offre, le Canada enregistre depuis quelques années une faible croissance des taux d'inscription dans l'enseignement supérieur. De plus, il soutient mal la comparaison avec d'autres pays pour ce qui est du perfectionnement de la main-d'uvre existante par la formation des employés. Le Canada réussit à attirer des immigrants qualifiés, mais il doit redoubler d'efforts pour en attirer de très qualifiés au cours des 10 prochaines années. S'il ne réagit pas, il sera confronté à des pénuries persistantes en ce qui concerne les compétences nécessaires pour réussir dans l'économie du savoir.
Les pénuries seront exacerbées par la concurrence des pays étrangers, car les économies les plus avancées connaissent les mêmes pressions économiques et démographiques. Si le Canada ne prend pas dès maintenant des mesures, il devra faire face à coup sûr à des pénuries critiques en matière de talents nécessaires à l'économie.
Le défi sur le plan des compétences: le Canada doit faire en sorte, dans les années à venir, de disposer d'une offre suffisante de personnes hautement qualifiées possédant les compétences voulues pour l'économie du savoir. (La section 6 traite plus en détail de ces questions.)
Le milieu de l'innovation
Les gouvernements doivent protéger l'intérêt public tout en encourageant et en récompensant l'innovation. Un milieu de l'innovation de tout premier ordre ne tolère aucun compromis à cet égard.
Les gouvernements s'acquittent de cette responsabilité en matière d'intendance en utilisant des instruments tels que les règlements, les codes et les normes. Or, le Canada a toujours utilisé ces instruments pour faire en sorte que ses citoyens bénéficient de l'innovation sans avoir à redouter les effets néfastes sur leur santé, leur environnement ou leur sécurité.
L'accélération des découvertes scientifiques et technologiques force cependant les gouvernements à réagir. Si leurs politiques ne permettent pas de réagir aux progrès scientifiques et technologiques, le public n'aura sans doute pas confiance dans les nouveaux produits et services, et les entreprises ne croiront sans doute pas suffisamment à la stabilité et à la prévisibilité de la conjoncture pour investir dans l'innovation, qui comporte toujours des risques.
Une bonne intendance repose sur une base de connaissances solide, sur l'accès à des compétences spécialisées et sur la volonté de penser et de former des partenariats à l'échelle mondiale. Les gouvernements doivent faire les bons choix stratégiques et les bons investissements afin de créer un milieu prévisible et efficace, responsable envers le public et digne de la confiance des investisseurs.
La politique fiscale compte parmi les principaux instruments dont disposent les gouvernements pour encourager l'investissement dans l'innovation. Or, le Canada aura bientôt l'un des régimes les plus concurrentiels du monde pour ce qui est de l'impôt sur les bénéfices des sociétés. Les allégements de l'impôt sur le revenu des particuliers contribueront aussi à attirer davantage de travailleurs hautement qualifiés.
Il ne suffit pas de créer les conditions propices à une innovation fructueuse. Il est essentiel que les investisseurs et les personnes hautement qualifiées sachent que le Canada est un bon endroit où investir et vivre. Trop souvent, ils n'y pensent pas. Leur perception est importante et il faut les informer, sans quoi le Canada risque d'être oublié dans la concurrence internationale intense qui se livre autour de l'investissement et des talents. Les gouvernements doivent relever le défi et devenir les facilitateurs de l'innovation et les promoteurs de l'image du Canada.
Le défi du milieu de l'innovation: le public risque de perdre confiance si les régimes d'intendance n'évoluent pas au rythme de l'innovation et des changements technologiques. Les entreprises risquent de perdre confiance si elles n'ont pas la certitude que la réglementation est propice à l'innovation et à l'investissement et qu'elle est reconnue comme telle. (La section 7 traite plus en détail de ces questions.)
C'est au niveau communautaire que se réunissent les éléments du système d'innovation national. L'innovation fleurit dans les filières industrielles, qui sont des centres de croissance concurrentiels à l'échelle internationale. Les gouvernements doivent reconnaître les premiers signes de l'émergence de filières et fournir le bon type d'appui au bon moment afin de réunir les conditions propices à une croissance durable. L'innovation ne devrait toutefois pas être considérée comme l'apanage des grands centres urbains. Beaucoup de collectivités possèdent des connaissances et des ressources entrepreneuriales importantes. Il se peut, cependant, qu'il leur manque les réseaux, l'infrastructure, les capitaux d'investissement et la vision commune nécessaires pour profiter pleinement de leur potentiel sur le plan de l'innovation. S'ils coordonnent leurs efforts, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi que les administrations municipales peuvent collaborer avec le secteur privé, le milieu universitaire et le secteur bénévole afin d'établir une capacité locale et de permettre aux collectivités de tout le pays de réaliser leur plein potentiel. (La section 8 traite plus en détail de ces questions.)
Un consensus croissant
Les décideurs et des observateurs s'entendent sur le fait que le Canada doit relever le défi de l'innovation. Les gouvernements, les entreprises et leurs associations, les théoriciens et les établissements de recherche sont tous d'avis qu'il est essentiel d'innover davantage pour améliorer la performance économique générale du Canada.
En septembre 2001, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des sciences et de la technologie se sont entendus sur le fait que le Canada doit devenir un des pays les plus novateurs du monde. Ils ont reconnu que le défi est de taille et qu'il faudra conjuguer les efforts et les approches de tous les gouvernements pour le relever. Ils ont adopté des principes qui guideront les mesures prises à l'avenir pour renforcer l'innovation dans leurs domaines de compétence respectifs et ils ont convenu de se rencontrer de nouveau l'an prochain afin d'examiner les progrès enregistrés.
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Principes d'action Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux entendent contribuer à faire du Canada un des pays les plus novateurs du monde. Les ministres reconnaissent que cela demandera un effort soutenu de la part de tous les acteurs et que les diverses régions du pays auront besoin de politiques différentes pour atteindre cet objectif. Les principes suivants aideront les gouvernements à mettre en place un cadre de référence pour faire passer le Canada du 14e au 5e rang pour ce qui est de l'intensité de la recherche dans les pays industrialisés. Les gouvernements s'efforceront:
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Le Conference Board du Canada a publié trois rapports annuels sur la performance du Canada en matière d'innovation. Ces rapports concluent que la performance du pays est faible et que cela nuit à la productivité et à la performance économique. Le Conference Board préconise une action simultanée sur le plan national et à l'échelle des entreprises. Beaucoup appuient cet appel à l'action. Autrement dit, le Canada doit renforcer son engagement à l'égard de l'innovation et les entreprises doivent améliorer leurs pratiques et leurs capacités pour stimuler l'innovation. Des associations d'entreprises telles que Manufacturiers et Exportateurs du Canada ont compris qu'il est nécessaire d'utiliser les meilleures pratiques commerciales dans la gestion du changement et de faire de l'innovation une priorité dans tous les aspects des activités des entreprises.
Les universités et les hôpitaux de recherche s'efforcent de plus en plus de trouver des partenaires dans le secteur privé afin de commercialiser les découvertes issues de leurs travaux de recherche. Entre-temps, les établissements techniques et les collèges répondent de plus en plus aux besoins du secteur privé en ce qui concerne la mise au point des produits et l'exploitation des marchés. Les établissements d'enseignement ont un rôle essentiel à jouer dans l'amélioration de la performance du Canada sur le plan de l'innovation. Ils ont reconnu qu'ils doivent eux aussi continuer de tendre vers l'excellence et de relever le défi de l'innovation.
Cette convergence d'opinion offre aux principaux partenaires une occasion unique de travailler de concert pour améliorer la performance du Canada sur le plan de l'innovation. Le consensus international grandit également en ce qui concerne l'importance de l'innovation pour le bien-être économique et social des pays (voir l'annexe B). Le Canada a donc toutes les raisons de vouloir se classer parmi les économies les plus novatrices du monde.
Un consensus naissant sur l'importance de l'innovation
Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux sont d'accord pour faire du Canada un des pays les plus novateurs du monde |...| Les ministres reconnaissent que les mesures pouvant être prises par les gouvernements ne suffiront pas à elles seules à atteindre cet objectif primordial et ils demandent à tous les acteurs du système de l'innovation de jouer leur rôle.
Principes
d'action,
Réunion des ministres
fédéral,
provinciaux et territoriaux responsables des sciences et de la
technologie,
Québec, 20-21 septembre 2001
Il est temps que le Canada adopte une véritable culture de possibilités et d'innovation qui permettra aux Canadiens de mieux vivre personnellement et d'offrir une vie meilleure à leurs familles et à leurs collectivités.
Conseil canadien des chefs d'entreprise,
Risk
and Reward, Creating a Canadian Culture of Innovation,
5 avril
2000
Compte tenu des réalités du marché d'aujourd'hui, c'est-à-dire de la concurrence internationale sans merci, de l'évolution rapide des développements technologiques, de la libre circulation de l'information, des investissements et des connaissances, les entreprises doivent plus que jamais renforcer leur capacité concurrentielle en misant sur la productivité et l'innovation.
Manufacturiers et Exportateurs du Canada,
L'écart
d'excellence enregistré par le Canada - Mesurer le rendement de l'industrie
canadienne à celui des pays du G7,
1er août 2001
Les Canadiens doivent innover davantage. Il est essentiel d'améliorer notre capacité d'innovation pour accroître la productivité et créer des richesses. Les entreprises novatrices sont plus rentables, créent plus d'emplois et s'en sortent mieux sur les marchés mondiaux.
Conference Board du Canada,
Rendement et potentiel, 2001-2002,
2001
Mais le secteur privé, y compris mon secteur et ma propre société, doit faire partie de la solution. Nous devons encourager l'innovation pour alimenter la croissance nécessaire pour réaliser notre objectif de niveau de vie.
A.
Charles Baillie,
président-directeur général,
Groupe financier Banque TD,
discours au Canadian Club,
Toronto, 26 février
2001
Section 3: Appui du gouvernement à l'innovation de 1995 à 2001
Dans les économies novatrices, une action concertée de tous les ordres de gouvernement et du secteur privé est la norme. Au Canada, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont tous fait de l'innovation une priorité.
La performance de toutes les régions du Canada en matière d'innovation s'est sensiblement améliorée depuis le début des années 19905. Toutes les provinces ont réduit les obstacles intérieurs au commerce et ont augmenté leurs échanges commerciaux avec le reste du monde. L'Ontario se classait en tête, les échanges de biens et de services (importations plus exportations) représentant 90 p. 100 de son économie. Le Canada atlantique a enregistré la plus grande progression dans les inscriptions aux programmes d'études postsecondaires en sciences et en génie. Les Prairies ont affiché la plus forte croissance de l'investissement dans les nouvelles technologies machines, matériel et technologies de pointe. Le Québec occupait le premier rang pour ce qui est d'attirer plus d'investissements du secteur privé dans la R-D par rapport à la taille de son économie. La Colombie-Britannique avait les taux les plus élevés de participation des adultes aux programmes d'éducation et de formation et le plus fort pourcentage d'utilisation d'ordinateurs par les ménages. Toutes les régions augmentent leur part de main-d'uvre hautement qualifiée en pourcentage de la population active. Tous les gouvernements ont sensiblement amélioré leur situation financière, et beaucoup ont éliminé leur déficit et affichent maintenant des excédents. La réussite du passage du Canada à une économie du savoir dépend, en définitive, des progrès réalisés dans les différentes régions du pays.
Le gouvernement du Canada a également fait de l'innovation une priorité. Tôt dans son premier mandat, il a reconnu que, pour améliorer la performance du Canada sur le plan de l'innovation, il fallait agir sur plusieurs fronts.
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Recherche nordique Le Mining Environment Research Group du Yukon comprend des organismes gouvernementaux, des sociétés minières, des Premières nations du Yukon et des organismes non gouvernementaux. Il encourage la recherche sur des questions relatives à l'exploitation minière et à l'environnement. Le Nunavut Research Institute, qui fait partie du Nunavut Arctic College, met l'accent sur les connaissances traditionnelles, les sciences, la recherche et la technologie. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le Aurora Research Institute *, qui a son siège à Inuvik, s'efforce d'améliorer la qualité de vie dans ces territoires en appliquant des connaissances scientifiques, technologiques et autochtones à la résolution de problèmes du Nord et au progrès économique et social. Infrastructure du savoir Le Research Trust Fund de la Nouvelle-Écosse, le Knowledge Development Fund de la Colombie-Britannique, le Fonds des innovations du Manitoba et l'Innovation and Science Fund de la Saskatchewan investissent dans l'infrastructure afin que leurs chercheurs aient accès à des installations et à du matériel qui leur permettront de mener des recherches scientifiques de pointe. |
* Prière de noter que certains liens sont disponibles seulement en anglais.
Milieu de l'innovation
Le gouvernement du Canada a commencé par se concentrer sur l'amélioration de la situation afin de favoriser l'innovation en éliminant les effets de dissuasion de certaines politiques. Il a supprimé la plupart des subventions et autres interventions directes sur le marché parce que c'est la concurrence, et non la protection, qui engendre l'innovation. Il a continué de libéraliser le commerce national et international afin d'ouvrir des marchés aux Canadiens dans tout le pays et dans le monde entier. Le premier ministre et ses homologues des provinces ont dirigé des tournées d'Équipe Canada afin de promouvoir le commerce des biens et des services canadiens et, plus récemment, afin d'attirer des investissements au Canada. Les programmes sectoriels et de développement régional ont été réorientés de manière à aider le secteur privé à passer à l'économie du savoir.
Remettre de l'ordre dans les finances publiques figurait aussi parmi les grandes priorités. Le gouvernement du Canada a éliminé le déficit et il rembourse maintenant la dette publique. La dette fédérale équivalait à 52 p. 100 du PIB en 2000-2001, et elle devrait être ramenée à 47 p. 100 d'ici 2003-2004. Ces progrès sont impressionnants, étant donné qu'en 1995-1996, la dette publique représentait 71 p. 100 du PIB.
Une dette publique allégée libère des ressources qui peuvent être consacrées à des priorités sociales des Canadiens telles que les soins de santé et l'éducation. Ces investissements sont importants en eux-mêmes. Ils aident également le Canada à attirer les personnes hautement qualifiées qui sont les moteurs de l'innovation parce que les gens veulent vivre dans des collectivités propres et sans danger et bénéficier de services de qualité. De plus, une population instruite et en bonne santé attire l'investissement. Le gouvernement du Canada entend créer un « cercle vertueux » où une bonne politique économique crée les richesses nécessaires pour répondre aux priorités sociales, ce qui alimente encore l'innovation et la croissance économique.
Le taux d'inflation étant faible et stable, les taux d'intérêt le sont eux aussi. Les impôts diminuent, ce qui soulage les entreprises et les ménages canadiens. Fait remarquable, l'impôt sur le revenu des particuliers et l'impôt sur les bénéfices des sociétés, y compris l'impôt sur les gains en capital, baisseront de 100 milliards de dollars en cinq ans. Cette combinaison de faibles taux d'intérêt et de réductions d'impôt donne à l'économie un coup de pouce qui atténuera les effets du ralentissement actuel et accélérera le retour à une croissance vigoureuse.
Le gouvernement du Canada tient également à ce que les politiques d'intendance protègent l'intérêt public dans notre monde toujours plus complexe et en constante mutation. De nouvelles politiques de marché, comme la Stratégie sur le commerce électronique, qui encourage un développement économique respectueux de la vie privée des consommateurs et tient compte d'autres préoccupations, ont été mises en place (voir la section 7). Le gouvernement a également engagé des ressources pour améliorer la réglementation de la biotechnologie, domaine qui recèle d'immenses promesses et possibilités pour les Canadiens, à condition d'en prévoir et d'en gérer les risques.
Performance sur le plan du savoir
Après avoir amélioré les facteurs économiques, le gouvernement a pu passer à d'autres priorités. Le savoir étant essentiel pour créer des possibilités économiques et améliorer la qualité de vie, le gouvernement a lancé plusieurs initiatives complémentaires qui visaient:
S'il est un facteur que nos politiques des dernières années ont en commun, c'est la reconnaissance du fait que le dynamisme de notre économie et notre qualité de vie dépendent tous deux de l'innovation. Le budget de 2000 et l'Énoncé d'octobre ont fait fond sur cet impératif par des investissements importants et à long terme dans l'infrastructure du savoir de notre pays, c'est-à-dire nos universités et nos instituts de recherche.
L'honorable Paul Martin,
Mise à jour économique,
inistère des Finances,
17
mai 2001.
Les dépenses du gouvernement en sciences et en technologie sont estimées à 7,4 milliards de dollars en 2001-2002, soit une augmentation de 25 p. 100 par rapport au maximum atteint auparavant. Il est à noter que le gouvernement investit davantage dans les trois conseils subventionnaires, afin d'appuyer la recherche dans les universités et les hôpitaux du Canada. Dans le cadre de cet effort global, les Instituts de recherche en santé du Canada ont été lancés en 2000. À cet égard, le gouvernement a réuni pour la première fois plusieurs disciplines afin de répondre aux préoccupations prioritaires des Canadiens en matière de santé. Les budgets combinés des conseils subventionnaires, qui s'élèvent à plus de 1,1 milliard de dollars par an, n'ont jamais été aussi élevés, et le budget fédéral de 2001 prévoit une enveloppe supplémentaire de 121 millions de dollars. Le budget a également annoncé une contribution de 25 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir l'Institut canadien de recherches avancées, société sans but lucratif qui finance la recherche scientifique à long terme.
Le milieu universitaire s'est réjoui à l'annonce, dans le budget fédéral de 2001, d'un investissement ponctuel de 200 millions de dollars destiné à aider les universités et les hôpitaux de recherche à couvrir leurs frais d'administration, d'entretien et de commercialisation ainsi que d'autres coûts indirects associés à la recherche subventionnée par le gouvernement fédéral.
Le gouvernement a également lancé Génome Canada, organisme sans but lucratif qui fera du Canada un chef de file mondial dans la recherche génomique. Cinq nouveaux centres de recherche génomique réunissent des chercheurs qui viennent d'universités, d'hôpitaux de recherche, de laboratoires gouvernementaux et d'entreprises privées. Ce domaine peut aider à améliorer la santé des Canadiens de manières inimaginables il y a quelques années à peine. Le budget de 2001 comprend une contribution supplémentaire de 10 millions de dollars à la BC Cancer Foundation, afin de soutenir la recherche en cours dans le Genome Sequence Centre.
Afin de compléter les investissements dans la recherche, le gouvernement a créé la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour permettre aux universités de renouveler leur infrastructure de recherche, autrement dit leur matériel de laboratoire, leurs installations et leurs réseaux. D'ici 2005, la FCI aura engagé des capitaux de plus de 5,5 milliards de dollars, y compris les fonds investis par ses partenaires.
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Initiatives provinciales complémentaires La Heritage Foundation for Medical Research de l'Alberta appuie la recherche biomédicale et médicale dans les universités, les établissements affiliés et d'autres établissements médicaux et technologiques de la province. Le Québec a trois conseils subventionnaires pour la R-D, qui financent la recherche en santé, en sciences naturelles et en sciences humaines. Sables bitumineux On ne trouve de sables bitumineux, ressource de tout premier ordre, qu'au Canada. Nous continuons d'améliorer la technologie afin de mettre au point des moyens sûrs et viables sur le plan environnemental de récupérer le pétrole et de créer par là-même des dizaines de milliers d'emplois en exploitant les sables bitumineux. En collaboration avec les gouvernements, le monde universitaire et l'industrie, des chercheurs ont contribué à réduire les obstacles économiques et environnementaux à l'exploitation de cette importante ressource. Bénéficiant de nouveaux investissements de 51 milliards de dollars, les sables bitumineux constitueront la plus grande mise en valeur d'une richesse naturelle au Canada ces dix prochaines années. Une collaboration qui a vraiment décollé Grâce à un professeur de génie mécanique à l'Université de la Colombie-Britannique, la productivité s'envole littéralement dans une entreprise canadienne, chef de file mondial dans la conception, la fabrication et l'entretien de moteurs d'avion, de turbines à gaz et de systèmes de propulsion spatiale. En effet, le professeur a aidé l'entreprise à économiser des millions de dollars dans la fabrication de composants de turboréacteur. Il a mis au point un logiciel de contrôle adaptatif afin d'optimiser l'usinage. Le système a ainsi permis à l'entreprise de réduire les déchets et les arrêts, ce qui a entraîné une amélioration de la productivité de 50 p. 100. La technologie intéresse maintenant des fabricants du monde entier. Le professeur et l'entreprise ont bénéficié, pour leur recherche concertée, de subventions du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. |
Dans le cadre de l'initiative Un Canada branché, le gouvernement a appuyé la mise au point de CA*net 3 afin que les chercheurs canadiens puissent partager des données, travailler en collaboration et former des réseaux avec d'autres partenaires, au Canada comme à l'étranger. Comme il a été annoncé dans le budget de 2001, le gouvernement fournira 110 millions de dollars pour financer la construction de CA*net 4, nouvelle génération d'architecture de réseau Internet à large bande qui reliera entre eux, par l'entremise de réseaux provinciaux, tous les établissements de recherche, y compris de nombreux collèges communautaires. Pour bien innover aujourd'hui, il faut que les chercheurs aient accès à quantité d'informations et qu'ils puissent les partager rapidement et sans problème. CA*net 4 accélérera les applications de réseau de la prochaine génération en facilitant la recherche médicale et génétique et la recherche environnementale, et en permettant des simulations complexes. Les investissements consentis dans CA*net 4 aideront également à faire connaître le Canada comme un chef de file international dans la technologie des réseaux.
Le gouvernement du Canada encourage également la recherche et, donc, la mise au point d'innovations qui revêtent une importance stratégique pour le pays. Partenariat technologique Canada a été créé afin de partager avec le secteur privé les risques inhérents à la mise au point de technologies stratégiques qui constituent des premières mondiales et ce, dans des domaines prioritaires, à savoir les technologies habilitantes, l'environnement et l'aérospatiale.
Le développement durable fait partie intégrante des objectifs de l'innovation. Le gouvernement a créé le Fonds d'appui technologique au développement durable et le Fonds d'action pour le changement climatique afin de trouver des solutions au réchauffement de la planète et à d'autres problèmes environnementaux. Ces fonds appuient des recherches conduisant à la mise au point de nouvelles technologies qui aideront à améliorer la qualité de l'air, de l'eau et des sols au Canada. Le gouvernement a aussi lancé la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère afin de favoriser la recherche scientifique sur le système climatique, et des indicateurs environnementaux sont élaborés afin de suivre l'évolution de l'état de l'environnement. De plus, le gouvernement a appuyé des initiatives sectorielles complémentaires, dont le Programme de recherche et de développement énergétiques, qui contribue à assurer l'avenir énergétique durable du Canada, et les Mesures d'action précoce en matière de technologie qui appuient des projets technologiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
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Initiatives provinciales complémentaires Beaucoup de provinces facilitent la commercialisation de découvertes. Le Centre de recherche industrielle du Québec répond aux besoins de l'industrie et contribue au transfert de compétences et de savoir-faire au secteur manufacturier. Le Life Sciences Industry Partnership de la Nouvelle-Écosse facilite le repérage et l'exploitation de possibilités dans l'industrie des sciences de la vie. L'Ontario a ouvert des Centres de commercialisation de la biotechnologie à Ottawa, à London et à Toronto. À l'Île-du-Prince-Édouard, le centre de technologie de l'Atlantique favorisera la création de nouveaux partenariats afin d'encourager des projets novateurs de recherche appliquée et de développement. |
Le gouvernement entend rapprocher chercheurs universitaires et entreprises afin que les meilleures idées puissent être commercialisées. Le programme des Réseaux de centres d'excellence, qui appuie la recherche concertée dans des domaines prioritaires, est devenu permanent. Ces réseaux relient entre eux des chercheurs de diverses disciplines travaillant dans des établissements d'enseignement, au gouvernement et dans le secteur privé et ce, dans tout le pays. C'est souvent à la croisée de leurs domaines que se dessinent les innovations les plus importantes. Ce programme intéresse le monde entier.
Le gouvernement entend également faire en sorte d'avoir accès à la R-D dont il a besoin pour prendre des décisions judicieuses en matière d'intendance tout en stimulant le développement économique. Dans le budget fédéral de 1999, 65 millions de dollars étaient affectés à la modernisation et au renforcement du système fédéral d'assurance de la salubrité des aliments, 42 millions de dollars allaient à l'amélioration de la gestion et du contrôle des substances toxiques dans l'environnement, les aliments et l'eau potable, 55 millions de dollars sur trois ans devaient servir à financer la recherche biotechnologique dans les ministères et organismes fédéraux, et 60 millions de dollars sur cinq ans étaient alloués à l'initiative GéoConnexions, qui facilite l'accès à des données géographiques.
Le Programme d'aide à la recherche industrielle offre une assistance technique et financière aux petites et moyennes entreprises du Canada afin de les aider à mettre au point et à adopter de nouvelles technologies. Parallèlement, le rôle de la Banque de développement du Canada a été réorienté de manière qu'elle finance les nouveaux besoins d'entreprises du savoir. Non seulement la Banque offre des services financiers, mais en plus, elle a constitué un réseau de mentorat afin d'aider les entreprises à acquérir ou à améliorer des compétences essentielles à la continuité de leur succès.
S'assurer que toutes les régions et toutes les collectivités du Canada sont capables de passer à une économie du savoir est une autre grande priorité. Le gouvernement du Canada a créé le Fonds d'innovation de l'Atlantique afin de renforcer les capacités des provinces de l'Atlantique de créer, d'adopter et de commercialiser des connaissances. Le Fonds appuiera des partenariats et des alliances entre des entreprises, des universités, des établissements de recherche et d'autres organisations dans le Canada atlantique.
Avec des établissements de recherche, des centres et des programmes de recherche dans toutes les régions du pays, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) contribue beaucoup à la formation de filières de recherche et aux activités de commercialisation. Le budget de 2001 prévoit une enveloppe supplémentaire de 110 millions de dollars sur trois ans afin d'aider le CNRC à élargir son initiative relative à l'innovation au-delà du Canada atlantique.
Les compétences
En 1998, le gouvernement du Canada a élargi sa stratégie afin d'encourager la formation de personnes hautement qualifiées.
Le programme des chaires de recherche du Canada a été lancé pour aider les universités canadiennes et les hôpitaux de recherche à attirer et à retenir des universitaires très talentueux du monde entier. Le budget de 2000 prévoyait 900 millions de dollars sur cinq ans pour créer 2 000 nouvelles chaires de recherche. Grâce à ce programme, le gouvernement du Canada a beaucoup aidé les universités et les hôpitaux affiliés canadiens à réaliser leur plein potentiel sur le plan de la recherche. Ils ont maintenant les ressources nécessaires pour attirer et retenir les plus grands talents, qui ont accès au financement et à l'infrastructure leur permettant de mener des travaux d'avant-garde.
Le gouvernement du Canada a lancé les Bourses d'études canadiennes du millénaire afin que plus de Canadiens puissent faire des études postsecondaires, les Subventions canadiennes pour études afin d'aider les étudiants ayant des personnes à charge ou une incapacité, et la Subvention canadienne pour l'épargne-études qui permet aux parents d'épargner pour les études de leurs enfants. Des mesures fiscales visant à aider les Canadiens à financer leurs besoins en matière d'éducation ont également été prises.
Les compétences relatives à Internet et à l'informatique sont tout aussi essentielles pour réussir dans l'économie du savoir que le simple fait de savoir lire et écrire. Pour profiter des nombreux avantages socioéconomiques potentiels de l'innovation, il est primordial que tous les Canadiens et les entreprises aient accès à Internet et aux compétences nécessaires pour l'utiliser. Par conséquent, un des volets de l'initiative Un Canada branché vise à améliorer l'accès des collectivités autochtones et rurales ainsi que des personnes handicapées aux avantages socioéconomiques qui découlent d'Internet.
Le Canada est maintenant reconnu comme étant un chef de file mondial en matière de connectivité grâce à des programmes tels que Rescol, le Programme d'accès communautaire et les Collectivités ingénieuses. Cependant, le rythme des changements s'accélère encore et le Canada doit continuer de développer et de renforcer son infrastructure de l'information. Comme l'annonçait le discours du Trône de 2001, le gouvernement travaillera donc en collaboration avec l'industrie canadienne, les provinces et les territoires, les collectivités et le public afin de trouver des solutions pour que le secteur privé élargisse la couverture Internet à large bande au Canada, notamment dans les régions rurales et éloignées.
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Collectivité ingénieuse En partenariat avec les gouvernements et le secteur privé, la Première nation Keewaytinook Okimakanak de l'Ontario a mis en place un service d'information et de technologie qui s'appuie sur un réseau à large bande à haute vitesse. Ce réseau rapporte des avantages économiques et sociaux à sept collectivités. Il offre un nouveau réseau téléphonique avec des produits de télécommunications courants, comme le courrier électronique, des services Internet et des vidéoconférences. Plus important encore, ce réseau permet de suivre des cours à distance, de bénéficier de la télémédecine et de faire de la production multimédia. |
Un bon commencement
Le gouvernement du Canada est convaincu d'avoir choisi la bonne méthode pour améliorer la performance du Canada sur le plan de l'innovation. Des fondations solides ont été jetées en se concentrant systématiquement sur tous les éléments de l'innovation. De plus, les investissements consentis dans un domaine du système d'innovation en renforcent souvent un autre. Il faudra cependant du temps pour que ces investissements rapportent, mais le gouvernement est convaincu qu'ils porteront leurs fruits. Toutefois, l'innovation est une course sans cesse recommencée, car d'autres pays continuent d'investir dans leur capacité d'innover. Le gouvernement du Canada fera sa part en continuant d'investir dans des domaines prioritaires.
Section 4: Une stratégie d'innovation pour le XXIe siècle
Pour relever les défis et devenir un chef de file en innovation, le Canada doit adopter un plan collectif, coordonné et dynamique. Le gouvernement du Canada travaillera en collaboration avec les provinces et les territoires, les entreprises et les universités, entre autres, afin d'élaborer une stratégie nationale de l'innovation pour le XXIe siècle. Comme l'annonçait le discours du Trône de 2001, l'objectif global devrait être de faire en sorte que le Canada soit reconnu comme étant l'un des pays les plus novateurs du monde.
Des buts clairs, partagés et à long terme (par ex., en ce qui concerne la performance en R-D, l'intendance et le perfectionnement des compétences) doivent occuper une place essentielle dans la stratégie. Le gouvernement du Canada entend aussi élaborer une stratégie de l'innovation qui débouchera sur des résultats quantifiables. En surveillant les résultats obtenus et en rendant compte de ceux-ci, il sera possible de suivre la performance, d'apporter des corrections ponctuelles et d'améliorer la reddition de comptes.
Afin de lancer l'élaboration d'une stratégie nationale de l'innovation, le reste du présent document explique dans plus de détails le défi que le Canada doit relever en matière d'innovation. Il propose également des objectifs, des cibles ainsi que des priorités fédérales dans les trois grands domaines suivants.
| Le défi de la performance sur le plan du savoir | Créer et utiliser des connaissances de façon stratégique au profit des Canadiens: encourager la création, l'adoption et la commercialisation des connaissances. |
| Le défi sur le plan des compétences | Élargir le bassin de personnes hautement qualifiées: continuer à alimenter le bassin de personnes capables de créer et d'utiliser des connaissances. |
| Le défi du milieu de l'innovation | S'efforcer d'améliorer le milieu de l'innovation: créer un climat de confiance où l'intérêt général est protégé et où les politiques du marché poussent à innover. |
Section 5: Le défi de la performance sur le plan du savoir
En 1991, le Canada a choisi la voie familière et confortable de l'imitation, de l'analyse comparative et de l'amélioration opérationnelle. En l'an 2000, le pays doit choisir l'autre voie, celle de l'innovation, et une stratégie audacieuse |...| Les entreprises canadiennes doivent comprendre qu'en se cantonnant au marché canadien, elles finiront par se détruire. Elles doivent décider de se lancer sur les marchés mondiaux et d'y livrer concurrence en proposant des produits et des procédés uniques. Cette voie sera très inquiétante, voire effrayante parfois, mais il est nécessaire de s'y engager pour que le Canada prospère et cesse de perdre du terrain par rapport aux autres pays de pointe.
Roger L. Martin et Michael E. Porter,
Canadian Competitiveness; Nine Years
after the Crossroads*,
Toronto, Rotman
School of Business, janvier 2000.
* Prière de noter que certains liens sont disponibles seulement en anglais.
Pour devenir un des pays les plus novateurs du monde, le Canada doit gérer le savoir comme un bien stratégique national. Nous devons pouvoir transformer nos meilleures idées en de nouvelles possibilités pour les marchés mondiaux. Dans une économie mondiale où le Canada contribue de façon importante, quoique modeste, au bassin de connaissances total, nous devons aussi pouvoir utiliser le savoir et la technologie mis au point dans le monde.
Beaucoup d'entreprises canadiennes mettent au point et commercialisent avec succès sur les marchés mondiaux des produits et des services nouveaux ou sensiblement améliorés. Beaucoup d'autres adoptent des innovations, qu'il s'agisse de nouvelles technologies ou de pratiques commerciales améliorées, qui représentent le nec plus ultra sur les marchés internationaux. Le Canada doit célébrer ses réussites pour créer une culture qui accorde de la valeur à l'innovation et qui appuie les innovateurs.
Les investissements canadiens dans les machines et le matériel, en pourcentage du PIB, sont maintenant parmi les plus élevés de l'OCDE. Les gouvernements rivalisent de mesures pour attirer des investissements dans la R-D, et le Canada offre des mesures d'incitation fiscales à la R-D parmi les plus favorables de l'OCDE.
Le secteur privé augmente ses investissements dans la R-D plus rapidement que tout autre pays du G-7, et le nombre de personnes affectées à la R-D au Canada a augmenté plus vite que nulle part ailleurs dans le G-7 au cours des 20 dernières années. Les entreprises canadiennes embauchent de plus en plus de ces travailleurs, ce qui démontre une volonté croissante d'innover. Le secteur canadien du matériel de communication et celui des services font beaucoup de R-D, comparé aux mêmes secteurs dans les autres pays de l'OCDE. L'intensité de la R-D au Canada et le nombre de demandes de brevets déposées à l'étranger augmentent plus vite qu'ailleurs dans le G-7. Les entreprises canadiennes comptent également plus que leurs concurrentes du G-7 sur les universités comme sources d'innovations importantes issues de la recherche.
Le Canada a beaucoup progressé ces dernières années, mais pas suffisamment pour rattraper son important retard sur d'autres pays selon divers indicateurs de l'innovation. Le secteur privé canadien doit faire preuve de plus de dynamisme pour renforcer sa capacité de commercialiser et d'adopter des technologies afin de rester concurrentiel. Pour cela, il devra investir plus dans la R-D, former plus d'alliances stratégiques et avoir plus facilement accès au capital-risque.
L'innovation dans le secteur privé
La commercialisation
Tout au long des années 1990, beaucoup d'entreprises canadiennes ont réagi à la mondialisation en restructurant leurs activités et en mettant l'accent sur la réduction des coûts6. Cet ajustement a été facilité par la dépréciation du dollar canadien par rapport à la monnaie de notre principal concurrent, les États-Unis. Cependant, la compétitivité des coûts ne suffit pas pour se positionner sur un marché mondial où la concurrence repose de plus en plus sur la qualité plutôt que sur les prix. Pour réussir, les entreprises doivent appliquer et commercialiser des connaissances, afin d'innover et d'être les premières à mettre en marché de meilleurs produits et procédés.
Beaucoup d'entreprises, petites et grandes, considèrent l'innovation comme la seule façon de rester dans la course, de répondre aux nouveaux besoins des clients, d'augmenter les marges bénéficiaires et d'accroître la productivité. Ces dernières années, au moins 80 p. 100 des fabricants canadiens ont introduit avec succès sur le marché des produits ou des procédés nouveaux ou nettement améliorés (graphique 7). Quelque 26 p. 100 des entreprises manufacturières canadiennes ont été des innovateurs originaux, c'est-à-dire qu'ils ont introduit des innovations entièrement nouvelles au Canada ou, dans certains cas, dans le monde. Ces innovateurs présentent certaines caractéristiques communes. Il s'agit généralement de grandes entreprises du secteur de la haute technologie, qui font de la R-D et protègent leur propriété intellectuelle.

De prime abord, les entreprises manufacturières canadiennes semblent plus novatrices que leurs concurrentes dans certains pays européens pour lesquels il existe des données comparables. Mais la valeur d'une innovation sur le marché est ce qui compte pour une entreprise. Les entreprises allemandes, espagnoles et irlandaises vendent nettement mieux leurs innovations (graphique 8). Les entreprises canadiennes sont plus lentes à tirer profit des retombées économiques de leurs innovations, ce que confirme le Conference Board du Canada. Ainsi, on lit dans son premier rapport annuel sur l'innovation, véritable défi lancé au secteur privé:
« La plupart des grandes entreprises canadiennes innovent d'une manière ou d'une autre, mais il reste encore beaucoup à faire. Seules les deux tiers d'entre elles innovent dans tous les domaines et environ la moitié seulement utilisent tous les intrants clés pour innover sur le plan technologique. En outre, les grandes entreprises canadiennes semblent peu innover en ce qui concerne les produits, étant donné la réduction du cycle de vie des produits et le nombre croissant de nouveaux produits et services mis sur le marché par des concurrents. Le rapport ne porte pas sur les PME, mais il semble que la situation est encore pire dans leur cas. »
Adopter des innovations
Les entreprises canadiennes investissent beaucoup dans les machines et le matériel. Ces 10 dernières années, les investissements canadiens en la matière sont passés, en pourcentage du PIB, d'un des niveaux les plus bas à un des niveaux les plus élevés des pays de l'OCDE 7. Cela est important parce que l'adoption de nouvelles technologies permet aux entreprises canadiennes de devenir plus productives et plus concurrentielles. En outre, de nouvelles machines et un nouveau matériel jouent souvent un rôle clé dans des stratégies plus générales visant à mettre au point ou à améliorer sensiblement des produits pour les marchés mondiaux.
Les entreprises novatrices ne se contentent pas d'adopter de nouvelles technologies, elles adoptent des technologies d'avant-garde. Presque tous les grands fabricants canadiens utilisent plus de cinq technologies de pointe (graphique 9). Fait encore plus encourageant, 24 p. 100 des directeurs d'usine interrogés croient utiliser des technologies plus avancées que leurs concurrents américains, tandis que 33 p. 100 estiment utiliser des technologies semblables. Dans l'ensemble, cependant, il semble que les petites entreprises canadiennes accusent un retard considérable sur les entreprises de propriété étrangère pour ce qui est de l'utilisation des technologies de pointe.

De plus, les entreprises canadiennes de toute taille accusent beaucoup de retard sur leurs concurrentes américaines pour ce qui est d'adopter les technologies et de mettre en uvre les pratiques commerciales novatrices nécessaires pour profiter des possibilités offertes par le marché du commerce électronique. Les investissements canadiens dans les technologies de l'information et des communications (par employé) sont nettement inférieurs aux investissements américains, et l'écart se creuse. Ceci limite notamment la capacité du Canada de réaliser des ventes sur le marché électronique (graphique 10).

Les technologies de l'information et des communications et Internet révolutionnent le mode de fonctionnement des entreprises. Leur incidence est évidente, si l'on considère la croissance explosive du commerce électronique inter-entreprises dans des domaines comme les achats, les ventes directes, la gestion des stocks, le marketing et la mise au point des produits. De plus en plus, les clients, les partenaires, les fournisseurs et les employés d'une entreprise communiquent entre eux par Internet et échangent en temps réel des connaissances et des renseignements d'une importance primordiale. Des décisions et des processus qui demandaient auparavant des jours ne prennent que quelques secondes, ce qui entraîne pour toute l'organisation et pour ses partenaires de nouveaux gains en efficacité et en productivité et plus d'innovations. Les entreprises qui ne tirent pas pleinement avantage de ces nouvelles technologies importantes subiront de graves conséquences sur le plan de la concurrence.
Facteurs qui influent sur l'application commerciale du savoir
Trois facteurs influent considérablement sur la capacité d'innovation du secteur privé, à savoir la R-D, les alliances stratégiques et l'accès au capital-risque.
La recherche-développement
Secteur privé
Le secteur privé réalise 57 p. 100 environ de la R-D canadienne8. Beaucoup d'entreprises partout au Canada font de la R-D, et elles bénéficient de crédits d'impôt à la R-D parmi les plus généreux du monde. Le secteur privé a augmenté ses investissements dans la R-D à un rythme plus rapide que les entreprises de tout autre pays du G-7. La proportion de travailleurs de la R-D employés dans l'industrie a elle aussi sensiblement augmenté au Canada.
Le secteur des services figure parmi les secteurs canadiens qui font beaucoup de R-D. En fait, le Canada lui doit 27 p. 100 environ de l'activité de R-D de toutes les entreprises, soit nettement plus que la moyenne de l'OCDE, qui est de 17 p. 100. L'industrie canadienne du matériel de communication constitue un autre point fort. Elle investit davantage dans la R-D, en proportion de ses ventes, que ses concurrents des autres pays membres de l'OCDE9.
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La soie d'araignée Une entreprise canadienne a produit la soie d'araignée artificielle la plus réaliste existant à ce jour. La fibre, qui est extraite d'un lait de chèvre génétiquement modifié avec des gènes d'araignée, est assez résistante pour protéger un vaisseau spatial des débris qui flottent dans l'espace et assez fine pour être utilisée en médecine pour les sutures. Nutrition marine Une entreprise canadienne de nutrition marine située en Nouvelle-Écosse est un chef de file mondial dans la recherche et la production de produits marins nutritifs et de santé naturels (suppléments diététiques et neutraceutiques). L'entreprise, qui emploie plus de 30 chercheurs, exploite le plus grand établissement privé de recherche sur les produits marins naturels d'Amérique du Nord. Elle a également découvert et mis au point les éléments nutritifs efficaces, stables et assimilables qui sont essentiels aux cellules humaines saines et réduisent le risque de troubles cérébraux. Tous ces produits de grande qualité respectent les normes relatives aux bonnes pratiques de fabrication. |
Cependant, le secteur privé canadien continue d'accuser un retard sur ses concurrents des autres grands pays de l'OCDE sur le plan de la R-D. Le Canada se classe au 13e rang pour ce qui est des dépenses des entreprises exprimées en pourcentage du PIB, ce qui est nettement inférieur aux niveaux concurrentiels à l'échelle internationale10. Dans une certaine mesure, cela reflète la présence, dans le secteur manufacturier canadien, de plus d'entreprises sous contrôle étranger (qui ont tendance à dépenser plus dans la R-D dans leur propre pays) et de moins d'entreprises de haute technologie (qui tendent à dépenser plus dans la R-D), ainsi que la prédominance des PME (qui ont moins de ressources à consacrer à la R-D)11.
En outre, les dépenses en R-D du secteur privé au Canada sont très concentrées. En effet, quatre entreprises représentent à elles seules 30 p. 100 des dépenses que le secteur privé consacre à la recherche12 et un seul secteur, celui des technologies de l'information et des communications, en représente 44 p. 10013.
Dans l'économie mondiale du savoir, les entreprises qui investissent beaucoup dans la R-D ont plus de chances de prospérer. Elles sont mieux à même de soutenir la concurrence d'autres entreprises sur les marchés mondiaux en offrant à leurs clients des produits et des services nouveaux ou sensiblement améliorés. Celles qui continuent d'offrir les mêmes biens et services sont obligées, dans une large mesure, de livrer une concurrence sur les coûts et elles doivent affronter de plus en plus de concurrents internationaux dont les coûts de revient sont plus faibles. La R-D devrait être considérée comme un investissement dans l'avenir de l'entreprise plutôt que comme un coût inévitable en affaires.
Universités
Les universités effectuent 31 p. 100 de la R-D canadienne14, ce qui est beaucoup, comparé à ce qui se passe dans d'autres pays.
Les universités sont donc des acteurs clés du système d'innovation au Canada. Elles forment une main-d'uvre hautement qualifiée et font des recherches qui alimenteront la compétitivité du Canada à long terme. Elles collaborent avec les entreprises canadiennes afin de mettre au point de nouvelles technologies et elles représentent une source importante de nouvelles entreprises dérivées.
Les universités contribuent nettement à stimuler l'innovation dans tous les pays, mais leurs liens avec le secteur privé en font des acteurs particulièrement importants au Canada. En effet, les entreprises canadiennes confient à des universités le soin de faire plus de 6 p. 100 de leur R-D, soit plus que leurs concurrents des autres pays du G-7 (graphique 11). Ces relations solides entre les entreprises et les universités canadiennes montrent que le secteur privé a besoin d'accéder aux connaissances scientifiques qui lui font défaut pour rester concurrentiel et que les universités souhaitent diffuser leur savoir d'une manière qui sera bénéfique aux Canadiens sur les plans économique et social.

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La maison R-2000 La première maison éconergétique et rentable d'Amérique du Nord, la R-2000, est un effort conjoint de l'Université de la Saskatchewan et de Ressources naturelles Canada. En effet, un professeur de génie mécanique a mis au point le premier ventilateur-récupérateur de chaleur. Le système récupère l'énergie de l'air vicié et l'utilise pour réchauffer l'air frais qui entre dans la maison, d'où une amélioration de la qualité de l'air. Le système est particulièrement bénéfique pour les personnes qui souffrent d'asthme ou d'allergies. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada a soutenu les travaux du professeur depuis le début de sa carrière. |
La plupart des pays pensent que leur potentiel en matière d'innovation est renforcé s'ils financent de façon soutenue la recherche universitaire, et le Canada ne fait pas exception à la règle. Le gouvernement du Canada investit beaucoup dans la recherche universitaire depuis quelques années et il entend aider les universités à développer leur plein potentiel.
La recherche universitaire est essentielle à la formation de la prochaine génération de chercheurs et de personnes hautement qualifiées. Selon l'Association des universités et collèges du Canada, le taux d'inscription dans les universités devrait augmenter de 20 à 30 p. 100 au cours des 10 prochaines années. Parallèlement, près des deux tiers du corps enseignant actuel prendront leur retraite. Il faudra donc recruter quelque 30 000 enseignants au Canada et à l'étranger. Or, cela se produira à un moment où la course internationale aux travailleurs hautement qualifiés sera plus intense. Les membres plus jeunes du corps enseignant, pour la plupart formés dans un milieu où la recherche est intensive, s'attendront à pouvoir poursuivre leurs travaux de recherche. Il sera donc essentiel de disposer de fonds de recherche suffisants pour que le Canada puisse former, attirer et retenir des enseignants de tout premier ordre et former la prochaine génération de personnes hautement qualifiées.
Un autre défi de taille pour le milieu universitaire, c'est que le financement n'a pas suivi la recherche, qui est devenue de plus en plus complexe. Aujourd'hui, la recherche est menée par des équipes à l'échelle mondiale et dans un cadre de plus en plus exigeant (par ex., protection des animaux, éthique humaine et évaluation environnementale). Les coûts associés à ces nouvelles demandes, que l'on qualifie souvent de coûts « indirects », ne sont pas entièrement couverts par les gouvernements fédéral ou provinciaux et territoriaux. Or, aux États-Unis et au Royaume-Uni, ils le sont depuis de nombreuses années.
Dans ses rapports, le Conseil consultatif des sciences et de la technologie du premier ministre conclut que le gouvernement du Canada devrait financer une plus grande part du coût de la recherche subventionnée, reconnaissant ainsi que les coûts encourus par les petites universités sont relativement élevés. En effet, avec moins de moyens, ces dernières offrent des infrastructures de recherche similaires. Le défi pour les petites universités consiste à ne pas tenter d'imiter la diversité des grandes universités, mais plutôt à se placer stratégiquement dans des créneaux spécialisés et à exploiter au maximum leurs ressources relativement limitées afin d'obtenir une incidence optimale. Le budget de 2001 a fait un premier pas pour appuyer les coûts indirects de la recherche en prévoyant un investissement ponctuel de 200 millions de dollars. Le gouvernement devra collaborer avec le milieu universitaire pour définir les bases d'un appui continu.
Les résultats de la recherche universitaire sont souvent publiés dans des revues spécialisées et contribuent donc au progrès général des connaissances. Le Canada peut être fier de ses établissements d'enseignement postsecondaire. En effet, beaucoup d'articles scientifiques sont produits pour chaque million de dollars investis dans la recherche et, à voir le nombre de fois où la recherche canadienne est citée dans des travaux menés dans d'autres pays, la qualité de ces articles est évidente.
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Innovations renforçant la sécurité Un professeur canadien de génie mécanique de l'Université du Nouveau-Brunswick met au point de nouvelles technologies qui permettront de détecter des matières dangereuses pour la sécurité, la santé et l'environnement. Le tout nouveau dispositif du professeur produit des images en trois dimensions d'objets cachés dans des bagages ou dans une cargaison. Ce système d'imagerie a été mis au point avec l'aide du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. |
Les investissements canadiens, publics et privés, dans la recherche universitaire sont payants. En 1999, les universités canadiennes et les hôpitaux de recherche ont touché 21 millions de dollars sous forme de redevances. Les actions qu'elles détenaient valaient 55 millions de dollars. Ces universités étaient également à l'origine de la publication de 893 inventions. Par ailleurs, elles ont obtenu 349 brevets et exécuté 232 licences15. Et, à ce jour, elles ont donné naissance à 818 entreprises dérivées, ce qui représente un très bon résultat, comparé aux États-Unis16. Il ressort d'une enquête de l'Association of University Technology Managers que la commercialisation de la recherche universitaire au Canada a généré plus de 1,6 milliard de dollars de ventes et permis d'assurer plus de 7 300 emplois en 199917. Il semble bien que les universités peuvent contribuer à la croissance économique et bénéficier d'un financement industriel sans compromettre leur rôle clé dans la recherche fondamentale ou leur capacité de diffuser largement leurs résultats en publiant des articles.
Cependant, une comparaison avec les 139 universités américaines et les 20 universités canadiennes qui soumettent un rapport à l'Association of University Technology Managers, a révélé que l'on peut faire mieux. En effet, les universités américaines font environ 14 fois plus de recherche que les universités canadiennes, mais elles perçoivent 49 fois plus en revenus de licences, ce qui est un indicateur clé de la valeur des innovations18. Les recommandations du Conseil consultatif des sciences et de la technologie portaient essentiellement sur la nécessité pour le gouvernement d'aider financièrement les universités pour qu'elles puissent redoubler d'efforts.
D'autre part, les universités doivent mettre l'accent sur les domaines où elles excellent, former plus de personnes hautement qualifiées qui posséderont les compétences que demandent le secteur privé et le gouvernement, et s'efforcer de trouver plus d'applications commerciales à la recherche subventionnée. Les indicateurs clés de la performance sur le plan de la commercialisation devraient au moins tripler au cours des 10 prochaines années. Pour cela, il faudra élaborer des stratégies d'innovation à long terme assorties d'objectifs et de cibles. Il faudra aussi mettre en place des politiques claires en matière de propriété intellectuelle et s'efforcer de former des spécialistes des transferts de technologie, dont il y a pénurie actuellement. Plus important encore, il faudra un réel engagement à faire en sorte que, dans toute la mesure du possible, les Canadiens bénéficient des retombées de l'investissement public dans la recherche. À cet égard, les universités doivent rendre beaucoup plus précisément compte des retombées économiques au Canada du très large investissement en recherche que les gouvernements consentent chaque année.
Gouvernements
Les gouvernements effectuent environ 11 p. 100 de la R-D canadienne, ce qui est comparable à la moyenne des pays de l'OCDE19. Le gouvernement du Canada compte environ 200 laboratoires de R-D, qui ont un budget de recherche de 1,7 milliard de dollars et emploient 14 000 chercheurs et ingénieurs20.
Tout au long du XXe siècle, les gouvernements ont dû faire beaucoup de R-D pour compenser le peu d'activité des universités et du secteur privé à cet égard. Aujourd'hui, le Canada s'enorgueillit d'un très bon réseau universitaire et son secteur privé affiche un des taux de croissance des dépenses de R-D les plus élevés du G-7. Le gouvernement concentre donc ses efforts sur des domaines où d'autres ne peuvent satisfaire ses besoins en matière de R-D. Dans les domaines d'intérêt public, comme la santé, la sécurité, l'environnement et l'intendance des ressources naturelles, les gouvernements ont le devoir de faire ou de financer des recherches sur lesquelles s'appuieront des politiques de réglementation judicieuses. Ils ont également des rôles clés à jouer en tant que bâtisseurs, gardiens et facilitateurs d'une infrastructure de recherche qui soutient le système d'innovation canadien.
| Indice UV et programme de prévision
Des scientifiques du gouvernement ont élaboré un indice UV dont les Canadiens peuvent se servir pour mesurer la force des rayons ultraviolets et se prémunir contre les coups de soleil. L'indice UV se calcule à partir de données recueillies dans 13 sites de surveillance répartis d'un bout à l'autre du Canada. Le Centre météorologique canadien intègre ensuite ces données dans ses modèles météorologiques de prévisions quotidiennes de l'indice, émises le lendemain à l'échelle nationale. Ce programme est devenu la norme mondiale. La licence de fabrication du matériel nécessaire a été accordée à une entreprise canadienne, qui vend maintenant le matériel dans le monde entier. |
Depuis quelques années, le Conseil d'experts en sciences et en technologie examine le rôle des laboratoires du gouvernement du Canada dans la société canadienne. Ses études montrent que le système des laboratoires gouvernementaux possède de nombreux atouts. On lui doit les excellents résultats du Canada en matière de santé et de sécurité publiques. Il a mis en place un système de normes industrielles solide, et il a bâti une infrastructure qui favorise le développement économique. Plusieurs secteurs de l'économie canadienne ont toujours beaucoup dépendu du gouvernement pour la R-D, notamment l'agriculture et les pêches.
Si l'on considère les documents de recherche publiés ou l'utilisation qu'en font d'autres chercheurs, la R-D effectuée par le gouvernement du Canada est de grande qualité et productive par rapport à celle d'autres pays. Dans plusieurs domaines spécialisés, y compris les ressources naturelles et l'environnement, les laboratoi