Apprendre et se former pour travailler dans la société du savoir - Introduction

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Apprendre et se former pour travailler dans la société du savoir

Introduction


Décision de réviser la recommandation (nº 150) sur la mise en valeur des ressources humaines, 1975

En mars 2001, à sa 280e session, le Conseil d'administration a décidé d'inscrire à l'ordre du jour de la 91e session (2003) de la Conférence internationale du Travail une première discussion sur la formation et la mise en valeur des ressources humaines en vue de l'adoption d'une norme révisée en 2004. Cette décision se fonde sur une proposition contenue dans les Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, adoptées par la Conférence internationale du Travail à sa 88e session après une discussion générale sur ce thème. Ces conclusions proposent qu'une nouvelle recommandation de l'OIT qui refléterait l'approche actuelle de la formation soit établie. 

Les principaux instruments de l'OIT dans le domaine de la formation et de la mise en valeur des ressources humaines sont la convention (nº 142) sur la mise en valeur des ressources humaines, 1975, et la recommandation nº 150 qui l'accompagne. Elles couvrent tous les aspects de la formation et de l'orientation professionnelles à divers niveaux et ont remplacé la recommandation (nº 117) sur la formation professionnelle, 1962, qui elle-même remplaçait une série de normes spécifiques mises au point depuis 1939, en particulier les recommandations (nº 57) sur la formation professionnelle, 1939, (nº 60) sur l'apprentissage, 1939, et (nº 88) sur la formation professionnelle (adultes), 1950

Beaucoup d'autres instruments reconnaissent l'importance de la formation et de l'orientation s'agissant de la recherche d'un emploi, des conditions de travail ou d'un traitement équitable, et certains d'entre eux ont un rapport étroit avec ces questions, notamment la convention (nº 140) et la recommandation (no 148) sur le congé-éducation payé, 1974; la recommandation (nº 99) sur l'adaptation et la réadaptation professionnelles des invalides, 1955, ainsi que la convention (nº 159) et la recommandation (no 168) sur la réadaptation professionnelle et l'emploi des personnes handicapées, 1983; la convention (nº 138) sur l'âge minimum, 1973; la convention (nº 111) et la recommandation (no 111) concernant la discrimination (emploi et profession), 1958; la convention (nº 122) sur la politique de l'emploi, 1964; la convention (nº 100) et la recommandation (no 90) sur l'égalité de rémunération, 1951.

Raisons de la révision

Adoptées en 1975, la convention no 142 et la recommandation no 150 reflètent les conditions économiques et sociales qui prévalaient alors. La plupart des pays poursuivaient des politiques économiques, sociales et d'industrialisation planifiées; les technologies de l'information et de la communication étaient encore embryonnaires; l'organisation du travail dans les entreprises était largement fondée sur les principes tayloristes; une grande partie de la population active occupait des emplois salariés sûrs. La convention no 142, qui est de nature générale, est encore reconnue comme un instrument valable pour guider les pays dans l'élaboration de leurs politiques et systèmes de formation. En revanche, la recommandation a perdu de sa pertinence sous bien des aspects, même si certains restent encore valables. «On peut constater le besoin d'un instrument plus dynamique, plus applicable et dont l'utilisation se généralise entre les Etats Membres et les partenaires sociaux pour la formulation et la mise en œuvre des politiques relatives à la mise en valeur des ressources humaines, intégrées aux autres politiques économiques et sociales, et plus particulièrement aux politiques de l'emploi.» (Conclusions, paragr. 21). 

La recommandation no 150 reflète le paradigme de la planification du début des années soixante-dix. Elle fait très peu de place à la demande et aux considérations relatives au marché du travail, et elle fournit très peu d'orientations, voire aucune, sur de nombreuses questions qui sont au centre des réformes des systèmes et politiques de formation en cours dans les Etats Membres. Ces questions sont les suivantes: politique, gouvernance et cadre réglementaire de la formation; rôles et responsabilités des parties autres que l'Etat (par exemple le secteur privé, les partenaires sociaux et la société civile) dans l'élaboration des politiques; investissement et offre de possibilités de formation et autres modes d'acquisition du savoir; volonté de nombreux pays d'offrir à tous des possibilités d'acquisition continue de connaissances; conception de politiques et mécanismes appropriés pour les groupes ayant des besoins particuliers; réorientation vers le développement et la reconnaissance de compétences incluant un large éventail de connaissances liées au travail, de compétences techniques et de comportements et qui constituent les éléments des cadres de qualifications que l'on voit apparaître dans de nombreux pays; nécessité d'étendre les activités de développement des compétences qui préparent les travailleurs à l'emploi indépendant. 

Le rapport

Ce rapport examine les législations, politiques et pratiques récentes qui reflètent la nouvelle approche de la formation et de l'acquisition du savoir. Il se veut une source d'idées pour les pays qui sont invités à répondre à un questionnaire. Ce questionnaire demande aux gouvernements et aux organisations d'employeurs et de travailleurs si la Conférence internationale du Travail devrait adopter une nouvelle recommandation sur la formation et la mise en valeur des ressources humaines et quel devrait être le contenu de ce nouvel instrument. 

Le chapitre I étudie l'évolution des économies et des sociétés, qui dépendent de plus en plus des connaissances et des compétences pour produire des biens et services et assurer à chacun un emploi décent. Il examine les nouveaux objectifs de l'éducation et de la formation, à savoir améliorer la productivité et la compétitivité dans une économie mondiale intégrée et promouvoir la participation de tous à la vie économique et sociale. Le chapitre II donne un aperçu des cinq grands principes qui sous-tendent les politiques, législations et pratiques actuelles en matière de formation et de mise en valeur des ressources humaines. Le chapitre III examine les réformes des systèmes d'éducation de base et de formation initiale entreprises dans différents pays. Ces réformes visent à renforcer l'employabilité et à faciliter l'insertion dans le monde du travail. Le chapitre IV étudie un large éventail de politiques, législations et pratiques qui visent à offrir un plus grand nombre et de meilleures possibilités d'acquisition du savoir aux travailleurs occupant un emploi, aux chômeurs et aux travailleurs ayant des besoins particuliers. Ces politiques et pratiques sont conçues pour développer et préserver l'employabilité, souvent dans le contexte des systèmes nationaux qui commencent à être mis en place pour favoriser l'acquisition continue de connaissances. Le chapitre V donne un aperçu des tendances des politiques des donateurs et de la coopération internationale dans le domaine de la formation et de la mise en valeur des ressources humaines. Le rapport se termine par quelques conclusions.

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