Apprendre et se former pour travailler dans la société du savoir
Chapitre I. Vers des économies et des sociétés fondées sur la connaissance et les qualifications: nouveaux objectifs et nouveaux défis de la mise en valeur des ressources humaines et de la formation
«Un défi majeur se pose à l'humanité en cette aube du XXIe siècle; il consiste à atteindre le plein emploi et une croissance économique durable dans l'économie mondiale, ainsi que la capacité d'intégration sociale» (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, paragr. 1). Ces derniers temps, ce défi est devenu encore plus complexe, encore plus difficile à relever. Les transformations économiques et sociales et les mutations technologiques se succèdent à un rythme toujours plus rapide, et il faut sans cesse adapter les politiques et les institutions pour faire face à de nouveaux besoins et saisir les occasions offertes par une économie mondiale de plus en plus intégrée. On reconnaît maintenant de plus en plus que la clé du développement économique et social réside dans les qualifications et compétences individuelles et donc dans les investissements qui sont faits dans l'éducation et la formation. La formation fait augmenter la productivité et le revenu et favorise la participation de tous à la vie économique et sociale.
Toutefois, il est très difficile de mettre en uvre des politiques axées sur l'emploi et la croissance qui donnent la priorité à l'éducation et à la formation. Certains pays investissent énormément dans leurs ressources humaines; c'est le cas notamment des pays industrialisés et des pays en voie d'industrialisation rapide (par exemple, la République de Corée et Singapour). D'autres pays, et particulièrement les pays pauvres, n'ont pas la capacité de maintenir leurs investissements à des niveaux suffisamment élevés pour faire face aux nouveaux besoins. S'ils ne parviennent pas avec l'aide de la communauté internationale à mettre en uvre des politiques et des programmes efficaces d'éducation et de formation accessibles à tous, l'écart entre pays se creusera encore plus en matière de qualifications. Selon l'OIT, l'objectif ultime de l'économie doit être de garantir à chacun, femme ou homme, un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité. Pour y parvenir, il faut atteindre quatre objectifs stratégiques qui sont essentiels au progrès social: la création d'emplois, ce qui exige des investissements plus importants et bien ciblés dans la mise en valeur des ressources humaines et dans tous les types de formation afin de promouvoir l'employabilité, la compétitivité, la croissance et l'intégration sociale; le respect des droits fondamentaux au travail; l'amélioration de la protection sociale; le renforcement du dialogue social. Le concept de travail décent défendu par l'OIT, qui envisage l'emploi sous l'angle à la fois qualitatif et quantitatif, pose les fondements de nouvelles politiques de formation et de mise en valeur des ressources humaines.
A. Avantages économiques et sociaux de l'éducation et de la formation
L'éducation, la formation et autres modes d'acquisition du savoir sont un atout pour les particuliers, pour les entreprises, pour la société
Les particuliers profitent des mesures prises en faveur de l'éducation et de la formation pour autant qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'une politique économique et sociale appropriée. L'éducation et la formation, en améliorant leur employabilité, les aident à accéder à un travail décent et à échapper à la pauvreté et à la marginalisation. Elles leur permettent d'accroître leur productivité, d'obtenir un meilleur salaire, d'avoir une plus grande mobilité sur le marché du travail, et élargissent leurs perspectives de carrière. Selon des recherches effectuées aux Etats-Unis, le grade d'«associé» (deux ans de formation de niveau moyen, orientée vers la vie professionnelle) permettrait de gagner jusqu'à 20 à 30 pour cent de plus (hommes ayant choisi une filière technique ou commerciale et femmes travaillant dans le secteur de la santé)1 (Grubb, 1996, cité dans Grubb et Ryan, 1999, p. 93). En France, des études portant sur la période 1970-1993 montrent que les personnes possédant des qualifications professionnelles postsecondaires avaient beaucoup plus de facilité à trouver un emploi, beaucoup moins de risques de connaître le chômage et beaucoup plus de chances de voir leur rémunération augmenter assez rapidement2.
L'éducation et la formation aident à échapper à la pauvreté. Les agriculteurs et autres travailleurs qui peuvent acquérir des connaissances et des compétences voient leur production augmenter. Selon la Banque mondiale, l'éducation primaire est le facteur qui contribue le plus à la croissance et au progrès dans les pays en développement. Un paysan qui est allé à l'école pendant quatre ans est beaucoup plus productif qu'un paysan sans instruction. En favorisant l'accès des filles à l'instruction, on peut faire beaucoup reculer la pauvreté car celle-ci est encore plus répandue parmi les femmes que parmi les hommes.
Les entreprises tirent elles aussi des avantages de l'éducation et de la formation. Les entreprises qui investissent dans les ressources humaines peuvent améliorer leur productivité et être concurrentielles sur des marchés internationaux toujours plus intégrés. Des études ayant porté sur 62 usines de montage d'automobiles à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix ont montré que la productivité du travail et la qualité du produit (nombre de défauts d'assemblage par véhicule) étaient étroitement liées à trois facteurs: absence de gaspillage, travail d'équipe, méthodes novatrices de gestion des ressources humaines. L'organisation d'une formation pour les personnes récemment recrutées et d'une formation pour les employés plus anciens faisait partie intégrante de la gestion des ressources humaines. On a constaté que l'influence de la formation sur la productivité dépendait en grande partie de l'organisation de la production et du travail, du recrutement et de la structure des rémunérations. Au Danemark, les entreprises innovantes (procédés ou produits) assurant une formation ciblée avaient plus de chances que les autres de voir croître leur production (11 pour cent contre 4 pour cent), l'emploi (3 pour cent contre 2 pour cent) et la productivité du travail (10 pour cent contre 4 pour cent)3. Dans de nombreux pays dont l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et le Japon, les études parviennent aux mêmes conclusions, à savoir que la formation professionnelle traditionnelle organisée par l'employeur fait augmenter la productivité individuelle et les salaires. Comme Bishop l'a observé dans le cas des Etats-Unis, lorsqu'ils sont le fait des entreprises, ces investissements profitent à la fois à ces entreprises et aux travailleurs4 (Bishop, 1994, p. 24).
La croissance économique et le développement social d'un pays sont toujours liés à l'importance de ses investissements dans l'éducation et la formation. Les pays ayant les plus hauts revenus sont les pays dont les travailleurs ont le niveau d'instruction le plus élevé: l'enseignement primaire y est universel, l'enseignement secondaire quasi universel et le taux de fréquentation des établissements d'enseignement supérieur avoisine 50 pour cent du groupe d'âge concerné. Le taux d'alphabétisation de la population adulte des pays à hauts revenus est d'environ 98 pour cent. Dans les pays les moins avancés, le taux de fréquentation était d'environ 71,5 pour cent en 1997 pour les établissements d'enseignement primaire, de 19,3 pour cent pour les établissements d'enseignement secondaire et de 3,2 pour cent seulement pour les établissements d'enseignement supérieur5. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, beaucoup d'adultes n'ont jamais eu accès à l'enseignement primaire, pourtant indispensable pour suivre un apprentissage ou une formation et avoir accès à un emploi décent dans le monde d'aujourd'hui. Les pays industrialisés investissent dans l'éducation et la formation au moins 30 fois plus par étudiant que les pays les moins avancés. La mise en valeur des ressources humaines et la formation font augmenter la productivité de l'économie, améliorent l'offre de main-d'uvre et rendent les pays plus compétitifs sur le plan international. Une étude comparant l'Allemagne et le Royaume-Uni montre que le système d'apprentissage britannique est moins étendu et moins performant, d'où une main-d'uvre moins qualifiée, ce qui nuit à la productivité et à la compétitivité du pays6.
Enfin, indépendamment des considérations économiques, l'éducation et la formation profitent à la société. La formation et la mise en valeur des ressources humaines contribuent également à promouvoir les valeurs fondamentales: équité, justice, égalité entre les sexes, non-discrimination, responsabilité sociale et participation de tous à la vie économique et sociale (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, paragr. 1; Conclusions sur la formation permanente)7.
B. Placer l'individu au centre de la société du savoir et des compétences
Les Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines affirment que chacun a droit à l'éducation et à la formation. La Constitution de beaucoup de pays, comme l'Allemagne, l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, l'Espagne, le Guatemala, l'Italie ou encore le Mexique, reconnaît expressément ce droit, qui figure aussi dans des instruments internationaux tels que la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) ou la Déclaration américaine des droits et devoirs de l'homme (1948). Ce droit est reconnu dans divers instruments régionaux, par exemple dans la Déclaration sociale et du travail du MERCOSUR (1998) et dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (2000).
Plus que jamais, chacun souhaite être maître de son destin et jouer un rôle actif dans l'économie et la société. Faire de chacun un citoyen et un membre actif de la société tend à devenir un des grands objectifs des programmes d'éducation et de formation. On peut lire dans le mémorandum de la Commission européenne sur l'éducation et la formation tout au long de la vie que la citoyenneté active est «liée à la question de savoir si et comment les citoyens participent à toutes les facettes de la vie sociale et économique, aux chances dont ils bénéficient et aux risques qu'ils encourent, et [...] ont le sentiment d'appartenir à la société dans laquelle ils vivent et d'avoir voix au chapitre». Un emploi décent est synonyme d'indépendance, d'estime de soi et de bien-être; c'est donc un élément essentiel de la qualité de vie. De nombreux pays, industrialisés ou en développement, placent l'individu au centre du processus d'éducation et de formation et prennent les dispositions financières nécessaires à cette fin (voir chap. IV, section C.2).
Le Danemark expérimente une approche de l'éducation et de la formation professionnelle axée sur l'apprenant. D'autres pays, comme la Tunisie, l'Egypte, Singapour, l'Argentine et beaucoup d'autres pays d'Amérique latine, ont entrepris une réforme de leur système d'éducation qui met l'accent sur les compétences «essentielles», «de base» ou «fondamentales» et qui vise à développer l'indépendance et l'esprit d'initiative de chacun. En Suède, l'Initiative pour l'éducation des adultes, qui est la plus importante action en faveur de l'éducation des adultes jamais entreprise dans le pays, met expressément l'accent sur l'individu. La forme et le contenu des activités de formation entreprises au titre de cette initiative sont dictés par les souhaits, les besoins et les aptitudes de chacun. La formation a pour but d'améliorer les perspectives d'emploi et de permettre à ceux qui le souhaitent d'entreprendre une formation plus approfondie. La formation vise à répondre à la demande, en termes d'organisation, d'horaires et de contenu. Chaque personne peut choisir parmi une gamme très vaste les cours ou enseignements qu'elle souhaite suivre et décider à quel moment le faire8.
L'individu devient l'architecte de sa formation grâce au processus d'acquisition permanente du savoir financé par l'Etat et l'entreprise. Responsabiliser l'individu est le fondement même de la démocratie. Plusieurs facteurs - économiques, sociaux et technologiques - expliquent que l'accent soit mis de plus en plus sur l'individu. Dans toutes les économies modernes, la production des biens et services dépend de plus en plus des ressources humaines, c'est-à-dire des connaissances et qualifications individuelles et collectives des travailleurs, et de moins en moins du capital physique. Par exemple, en Allemagne, en 1989, la valeur du capital humain, mesurée en termes d'éducation et de formation, était un peu plus du double de celle du capital physique, alors que dans les années vingt le rapport était de cinq (capital physique) à un (capital humain)9.
D'autre part, on est passé, en matière d'acquisition des compétences et connaissances, d'une approche passive, axée sur l'enseignant, à une approche active, axée sur l'individu. Le processus d'éducation et de formation consiste moins à transmettre des informations, l'accès à l'information étant quasiment illimité dans le monde actuel, qu'à apprendre aux individus à apprendre afin qu'ils puissent se procurer par eux-mêmes les informations dont ils ont besoin. Il s'agit moins d'accumuler des informations que de savoir comment les trouver, les analyser, les utiliser (BIT, 2001, p. 209). Il faut donner à chacun le désir et les moyens, y compris les moyens financiers, de prendre en main son propre apprentissage, afin qu'il puisse trouver sa place dans la société du savoir10.
Enfin, les technologies de l'information et de la communication (TIC), en particulier les technologies fondées sur Internet, offrent de nombreuses possibilités. De plus en plus de gens utilisent les TIC comme outil d'apprentissage, puisqu'il est de plus en plus facile d'y avoir accès dans les pays à revenus élevés et dans de nombreux pays à revenus intermédiaires, et que l'on trouve désormais des cours gratuits sur Internet. Une enquête menée récemment au Viet Nam auprès des personnes travaillant dans le secteur des technologies de l'information a révélé que 70 pour cent de ceux qui avaient les connaissances en informatique les avaient acquises grâce à un CD-ROM ou à Internet11. L'offre ne se limite pas aux compétences informatiques et aux technologies de l'information et de la communication: elle s'étend à toutes sortes de formations utiles dans la société et l'économie du savoir. Toutefois, la «fracture numérique», à savoir l'inégalité d'accès aux TIC et à Internet, qui existe à la fois entre les pays et entre catégories sociales à l'intérieur d'un même pays, risque de s'élargir si aucune mesure n'est prise, au plan national comme au plan international.
C. Exemples de stratégies et objectifs
Les stratégies et objectifs de la formation peuvent être définis à différents niveaux: pays, entreprises, organismes de formation, individus, organismes internationaux (par exemple, Organisation de coopération et de développement économiques et organismes européens). Quelques exemples sont donnés ci-après.
Les objectifs nationaux en matière de formation et de mise en valeur des ressources humaines ont souvent été (re)formulés dans le cadre des efforts menés par les pays pour réformer en profondeur leur système d'éducation et de formation afin qu'il soit mieux adapté aux besoins économiques et sociaux actuels. L'Australie, le Chili, l'Irlande, le Malawi, le Portugal et la Zambie, par exemple, ont entrepris de telles réformes. Ces réformes ont toujours donné lieu à un dialogue social auquel ont participé toutes les parties prenantes. Dans beaucoup de pays peu développés, en particulier d'Afrique, la stagnation économique et le développement exponentiel de l'économie informelle ont rendu indispensable une redéfinition des priorités en matière de mise en valeur des ressources humaines et de formation. Les principaux objectifs de la nouvelle loi promulguée par la Zambie en 1997 sont d'adapter l'offre de main-d'uvre qualifiée à la demande, de contribuer à l'amélioration de la productivité et à la production de revenus et de réduire les inégalités sociales. Des objectifs plus spécifiques sont énoncés: augmenter la productivité du travail; favoriser l'esprit d'entreprise et la participation de tous à l'activité économique afin d'augmenter l'efficience dans le secteur formel comme dans le secteur informel; promouvoir la polyvalence, la créativité, l'employabilité; donner aux femmes plus d'autonomie sur le plan économique; favoriser les compétences et les ressources qui peuvent contribuer à la réduction de la pauvreté ainsi qu'à l'amélioration du logement et des soins de santé.
De nombreux pays, par exemple l'Irlande, la Tunisie et la Zambie, font de la réduction de la pauvreté et de l'inclusion sociale des catégories défavorisées, dont les femmes, un objectif de leur politique de mise en valeur des ressources humaines. L'Irlande a été le premier pays de l'Union européenne à fixer des objectifs précis en matière de réduction de la pauvreté. Le but premier de la Stratégie nationale antipauvreté (NAPS) était de ramener le pourcentage de pauvres de 9-15 pour cent à moins de 5-10 pour cent en 2007. Vu les progrès réalisés, le gouvernement s'est fixé pour nouvel objectif en 1999 de ramener ce pourcentage à moins de 5 pour cent d'ici à 2004. L'éducation et la formation constituent des éléments importants de la stratégie (pour en savoir plus sur la NAPS, voir chap. IV, section C.4).
Les pays en développement expriment de plus en plus leur ambition de faire de l'éducation et de la formation (formelle et informelle) la base d'un progrès économique et social durable, favorisant la démocratie et associant la société civile aux efforts de développement économique et social. L'enseignement de base, en donnant aux citoyens la possibilité d'acquérir les compétences nécessaires au bon fonctionnement des institutions démocratiques, permet aux nations d'avoir prise sur leur destin12. L'éducation de base informelle joue un rôle de plus en plus reconnu dans les PMA en donnant à chacun l'accès au savoir13.
Dans le cas particulier des pays frappés par la guerre ou par un conflit civil ou sortant d'un conflit, l'éducation et la formation sont considérées comme un facteur essentiel de stabilisation. Aller à l'école est une routine indispensable pour que les enfants et les jeunes reprennent une vie normale. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et plusieurs grandes organisations non gouvernementales font de l'éducation et de la formation des composantes essentielles des interventions humanitaires pour les enfants affectés par les conflits armés. Les écoles sont considérées comme des «zones de paix». A Sri Lanka, le programme d'action national en faveur des enfants et des jeunes affectés par le conflit en cours mentionne la formation professionnelle et l'éducation obligatoire.
Dans d'autres pays, et particulièrement les Etats membres de l'OCDE, de même qu'aux Philippines, par exemple, beaucoup de réformes législatives visant l'éducation et la formation ont été entreprises en vue de favoriser le passage à une société fondée sur le savoir et les compétences. Aux Philippines, l'ambition de l'Autorité du développement de l'éducation et des compétences techniques (TESDA) est que les travailleurs philippins possèdent un niveau d'instruction et de formation technique soutenant la comparaison au plan international et qu'ils associent au travail des valeurs positives, de manière à contribuer à la prospérité du pays qui pourra ainsi assurer à chaque citoyen sécurité économique, bien-être et dignité.
Acquisition permanente du savoir
Les politiques de mise en valeur des ressources humaines de beaucoup de pays visent de plus en plus à favoriser l'acquisition permanente du savoir. En Finlande, par exemple, le plan de développement 1999-2004 prévoit des mesures propres à aider les jeunes à mener à leur terme des études secondaires du deuxième cycle ou un enseignement professionnel et à développer leur capacité d'apprendre. Il prévoit aussi d'augmenter l'offre d'éducation supérieure non universitaire; d'offrir aux adultes plus de possibilités de suivre un enseignement professionnel secondaire ou postsecondaire et de faire d'autres études pour améliorer leur employabilité et leur capacité de se perfectionner; de développer des méthodes pour la reconnaissance des compétences, de quelque façon qu'elles aient été acquises.
Différentes organisations internationales et régionales se sont également prononcées sur la question (voir par exemple Conclusions sur la formation permanente14). La Charte de Cologne sur les objectifs et aspirations de l'apprentissage continu (1999) du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) réclame un «engagement renouvelé de la part des gouvernements, qui devront investir dans la modernisation de l'éducation et de la formation à tous les niveaux; de la part des entreprises du secteur privé, qui devront former leurs employés actuels et futurs; [et] de la part des individus, qui devront développer leurs capacités et avancer leur carrière»15. Cet engagement doit reposer sur trois principes, à savoir que l'éducation et la formation devraient être accessibles à tous, y compris aux désavantagés et aux analphabètes, que chacun devrait être encouragé à apprendre tout au long de sa vie et disposer des moyens voulus pour le faire et qu'il faut aider les pays en développement à mettre sur pied des systèmes d'éducation et de formation complets, modernes et efficaces. La «chaîne de formation» comporte les éléments suivants: une éducation accessible à tous les enfants dès leur plus jeune âge; une éducation de base universelle, gratuite et obligatoire; une amélioration de l'accès de tous à l'enseignement secondaire; des possibilités de formation dans les établissements scolaires et les entreprises; de nombreuses possibilités d'accès aux études postsecondaires; l'accès des adultes à l'éducation et à la formation continue; l'égalité entre les sexes pour ce qui est de l'accès à l'éducation et aux possibilités de formation; des possibilités d'éducation pour les minorités et autres populations défavorisées16.
Au niveau de l'Union européenne, le Livre blanc sur l'éducation et la formation insiste sur la nécessité pour tous les citoyens de développer une solide culture générale qui les aidera à faire leur chemin dans la société de l'information. Il met en garde contre le danger d'exclusion sociale de certains groupes du fait de leur manque de qualifications. Les conclusions de la présidence du Conseil européen de Lisbonne (mars 2000) demandent que «les systèmes européens d'éducation et de formation s'adaptent tant aux besoins de la société de la connaissance qu'à la nécessité de relever le niveau d'emplois et d'en améliorer la qualité». Ils devront développer le potentiel des individus en offrant des possibilités d'études et de formations conçues en fonction de groupes cibles et des différentes étapes de la vie: les jeunes, les adultes sans emploi et les travailleurs dont les compétences risquent d'être dépassées en raison de la rapidité des changements. Cette nouvelle approche comportera trois axes principaux: création de centres locaux d'acquisition des connaissances, promotion de nouvelles compétences de base, notamment dans les technologies de l'information, et plus grande transparence des qualifications.
Objectifs de la formation en entreprise
La plupart des grandes entreprises, et de plus en plus de petites et moyennes entreprises, se fixent des objectifs précis en matière d'éducation et de formation à l'appui de leur développement général et organisationnel. La Banque Laiki (Chypre) a ainsi défini des objectifs pour le développement des compétences de tous les membres de son personnel. Les modifications apportées à l'organisation du travail nécessitent que tous les employés acquièrent de nouvelles compétences, à savoir mener à bien un travail individuel, être à même d'assumer différentes fonctions, résoudre les problèmes simples; assumer des responsabilités et s'acquitter des tâches exigées par le travail. Les cadres doivent acquérir des compétences dans toutes sortes de domaines: communication verbale et écrite, travail d'équipe, capacité relationnelle, de direction, de gestion prévisionnelle, raisonnement analytique, résolution des problèmes, prise de décisions, créativité, esprit d'entreprise, dynamisme, énergie et initiative, gestion du stress17.
D. Intégration des objectifs et politiques de mise en valeur des ressources humaines dans les politiques économiques et sociales
Pour l'OIT, le plein emploi doit être un objectif central partout dans le monde18. L'éducation et la formation ne sauraient certes résoudre tous les problèmes qui se posent dans ce domaine mais elles doivent être cohérentes et faire partie intégrante de politiques et programmes économiques, sociaux et du marché du travail propres à promouvoir la croissance de l'économie et de l'emploi (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, paragr. 4). Il faut favoriser la «création d'un climat macroéconomique propice à l'essor des entreprises et à la création d'emplois, adopter des politiques de croissance économique et de changement technologique qui favorisent au maximum la création d'emplois et appliquer des politiques du marché du travail et des politiques de formation qui facilitent l'insertion ou la réinsertion des travailleurs dans les emplois productifs».
La nécessité de mener des politiques économiques et sociales intégrées est reconnue par l'UE. Selon les conclusions de la présidence du Conseil européen de Lisbonne, les objectifs de l'UE en matière d'apprentissage, d'éducation et de formation font partie intégrante des objectifs stratégiques adoptés par l'UE pour renforcer l'emploi, la réforme économique et la cohésion sociale, dans sa volonté de devenir «l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi». Pour réaliser cet objectif stratégique, les conclusions de Lisbonne formulent un ensemble d'objectifs et de stratégies complémentaires dans différents domaines de la politique économique et sociale. Outre l'éducation, la formation et la formation permanente, les objectifs et les stratégies portent sur les points suivants: instauration d'un climat favorable à la création et au développement d'entreprises novatrices, notamment de petites et moyennes entreprises; réformes économiques nécessaires pour achever et rendre pleinement opérationnel le marché intérieur; création de marchés financiers efficaces et intégrés; coordination des politiques macroéconomiques et mesures à prendre pour assurer la viabilité des finances publiques, par exemple en réorientant les dépenses publiques de manière à accroître l'importance relative de l'accumulation de capital, tant humain que physique, et en améliorant les effets d'incitation en faveur de l'emploi et de la formation des régimes d'imposition et d'allocation.
L'apprentissage sur le lieu de travail, la formation et la mise en valeur des ressources humaines font désormais partie intégrante des objectifs de beaucoup d'entreprises et de leur stratégie générale et organisationnelle. C'est en particulier le cas dans les entreprises où l'organisation du travail est hautement performante et qui génèrent des produits et des services à forte valeur ajoutée. Les recherches qui ont été menées sur la question par le BIT19 donnent des informations sur les méthodes de ces entreprises. Elles montrent de quelle manière la gestion de la performance, des activités et du personnel, ainsi que les objectifs et méthodes d'apprentissage et de formation sont alignés sur les objectifs organisationnels qui visent à mobiliser la confiance et l'enthousiasme des travailleurs pour qu'ils adhèrent aux orientations prises par l'organisation. Par exemple, une petite auto-école de Singapour (Comfort Driving Centre) inculque à son personnel des valeurs communes, attribue des primes en fonction du degré de participation à la réalisation des objectifs, motive ses employés et les aide à développer leurs capacités à tous les niveaux. La direction partage également son savoir-faire avec le personnel et lui transmet les informations dont elle a connaissance. Le processus d'apprentissage au travail s'articule principalement autour de la notion de travail d'équipe. Au niveau des entreprises, performance et croissance résultent donc de la complémentarité des politiques et pratiques qui sont adoptées, y compris les politiques de formation.
E. Economie, emploi et société: évolution et problèmes
Les évolutions récentes de l'économie, de l'emploi et du marché du travail dans le contexte d'une mondialisation rapide et de l'intégration des marchés mondiaux ont été exposées dans des publications récentes du BIT20 (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines), de même que dans les études de la politique de l'emploi de beaucoup de pays. Tous ces documents s'accordent sur un point essentiel, à savoir que ces évolutions ont creusé le fossé entre les pays en termes de participation à l'économie mondiale et d'avantages que les pays, les entreprises et les individus en retirent. Des écarts se creusent également entre différentes catégories de population à l'intérieur des pays, en termes d'accès à des emplois et revenus décents et de participation à la vie économique et sociale. Même en période de croissance et de faible chômage, les grands perdants des mutations économiques sont ceux qui n'ont reçu qu'une instruction et une formation rudimentaires.
Dans les pays industrialisés, l'emploi brut a récemment augmenté, mais sa structure a changé. Les marchés du travail sont de plus en plus segmentés. Dans la plupart des entreprises du monde industrialisé, on trouve deux grandes catégories d'emplois: les emplois stables offrant des perspectives de carrière, occupés majoritairement par des hommes, et les emplois périphériques, caractérisés par une forte rotation de la main-d'uvre, de faibles possibilités d'avancement professionnel et peu d'accès à l'éducation et à la formation. Les emplois de la première catégorie sont occupés par des travailleurs hautement qualifiés, alors que ceux de la deuxième catégorie sont occupés par des travailleurs qui n'ont guère d'instruction ou dont les compétences sont devenues obsolètes. De plus en plus les marchés du travail sont impitoyables pour les travailleurs sans qualifications. L'absence d'intégration des politiques économiques, sociales et de l'emploi et l'augmentation des formes d'emploi atypiques ont rendu de nombreux travailleurs plus vulnérables. Leurs perspectives de carrière et de formation se sont amoindries et leurs conditions d'emploi se sont détériorées.
Dans les pays en développement, les changements associés à la mondialisation - libéralisation des échanges, restructuration d'entreprises, voire de secteurs entiers, nouvelles pratiques commerciales ou de gestion - ont eu de lourdes conséquences, souvent négatives, sur les marchés du travail. Le chômage a continué à augmenter, les jeunes n'arrivant pas à trouver un emploi productif et rémunérateur. Cette situation a été exacerbée par les licenciements massifs opérés par les entreprises pour répondre aux exigences de la mondialisation, augmenter leur productivité et trouver de nouveaux marchés. Le secteur public a également supprimé des emplois à la suite des coupures budgétaires décidées par l'Etat pour désengorger l'administration et la rendre plus efficace. Il y a de plus en plus de travailleurs pauvres; pour compléter leurs revenus, beaucoup sont contraints d'occuper un deuxième emploi dans le secteur informel où les conditions de travail sont mauvaises et les salaires misérables.
Tous les pays sont exposés à la mondialisation et à ses différentes manifestations. La question est de savoir quelles sont les politiques et stratégies les mieux à même de les aider à emprunter le chemin d'un développement économique et social soutenu, à obtenir de bons résultats dans un environnement international de plus en plus compétitif et à réduire les inégalités croissantes en matière de revenu et d'accès à l'emploi. Les stratégies précédemment adoptées par les pays en développement - industrialisation rapide visant à réduire le besoin d'importations, redistribution des terres, etc. - ne font plus beaucoup d'adeptes. La richesse des nations se fonde de plus en plus sur le savoir et les qualifications de leur force de travail. Une stratégie d'éducation et de formation comportant trois volets permettrait de surmonter les difficultés liées à la mondialisation par une compétitivité accrue, tout en réduisant les inégalités croissantes qui s'observent sur le marché du travail.
Le premier volet consiste à développer le savoir et les qualifications nécessaires pour qu'un pays soit compétitif sur des marchés internationaux de plus en plus tendus. Dans les pays industrialisés, il est indispensable que chacun ait accès à la formation permanente pour que la nouvelle société du savoir et de l'information soit véritablement ouverte à tous. Dans les pays en développement, il faut promouvoir la formation aux TIC, afin que ces pays puissent avoir accès aux nouvelles technologies, les exploiter et les utiliser de manière novatrice. Pour que tous ceux qui le souhaitent puissent acquérir des connaissances en matière de technologie numérique, le système d'enseignement primaire doit être de qualité. Les inégalités de salaires et de revenus sont de plus en plus liées au niveau d'instruction et de formation. Une politique dictée par l'équité qui vise à permettre au plus grand nombre d'accéder à l'éducation et à la formation devrait, dans le long terme, réduire les inégalités de revenus entre pays et, à l'intérieur des pays, entre les différentes catégories de population.
Deuxième volet: les politiques et programmes d'éducation et de formation doivent servir à atténuer les effets néfastes de la mondialisation. Il s'agit d'aider les nombreux travailleurs qui ont perdu leur emploi à la suite des restructurations opérées dans les secteurs privé et public à acquérir de nouvelles compétences qui leur permettront plus facilement de trouver du travail, notamment dans les secteurs nouveaux en pleine expansion. Il est certain que la formation sera de plus en plus considérée comme une composante indispensable de toute politique du marché du travail active et coordonnée. Elle devra s'assortir de différentes aides, par exemple pour la recherche d'un emploi ou la création d'entreprises.
Le troisième volet vise à remédier par l'éducation et la formation à la vulnérabilité croissante de certaines catégories de population - femmes, jeunes, travailleurs peu qualifiés - qui, faute d'instruction et de qualifications, sont devenues pauvres ou risquent de le devenir. L'accent doit être mis sur l'acquisition des connaissances de base, en tout premier lieu la lecture et le calcul. L'acquisition de qualifications, si elle s'inscrit dans le cadre d'une politique économique et sociale d'ensemble, augmentera l'employabilité des personnes à qui ces mesures sont destinées, les aidera à entreprendre des activités productives et génératrices de revenus en tant qu'indépendant ou salarié, et favorisera leur intégration dans la vie économique et sociale.
Il faudra faire un très gros effort en matière d'éducation et de formation et le relayer par d'autres mesures économiques et sociales pour aider les travailleurs à avoir accès à un travail décent et à participer pleinement à la vie économique et sociale. Quels sont les principaux axes de la politique à adopter à cette fin?
F. Rôle fondamental et enjeux de la formation et de la mise en valeur des ressources humaines
Pour relever les défis à venir, il faut faire en sorte que chacun ait accès aux trois volets de l'éducation et de la formation: éducation de base, formation à l'emploi, acquisition continue de connaissances.
Education de base
L'éducation de base est le premier élément et un élément essentiel du processus de formation permanente. Elle inculque des compétences fondamentales telles que savoir lire, écrire et compter, dispense une éducation civique, apprend à apprendre, à travailler en équipe, à résoudre les problèmes. Ces compétences sont indispensables pour vivre et travailler dans la société contemporaine, acquérir de nouvelles compétences et utiliser les technologies modernes. En améliorant l'employabilité des femmes et leur capacité de gagner leur vie, elles concourent à leur émancipation économique et sociale. Chacun doit avoir accès à l'éducation de base. Sa qualité est également importante; les élèves hésiteront à abandonner l'école s'ils reçoivent une éducation de bonne qualité qui correspond à leurs besoins et à ceux de leur famille. De nombreux pays se doivent d'investir davantage dans l'éducation de base pour la rendre universelle et améliorer sa qualité en privilégiant l'acquisition des compétences indispensables pour vivre et travailler.
Formation à l'emploi
Elle permet d'acquérir les compétences de base, distinctes des compétences techniques, dont chacun a besoin pour s'intégrer dans le monde du travail et dans la société, quel que soit le travail qu'il effectue ou le milieu dans lequel il vit. Ces compétences complètent et renforcent les compétences fondamentales acquises dans le cadre de l'éducation de base. Elles visent à permettre aux travailleurs d'acquérir en permanence de nouvelles connaissances et compétences et de les utiliser. A Singapour, par exemple, les objectifs sont les suivants: aptitude à apprendre, lecture, écriture et calcul, notions de base en informatique, écoute et communication orale, résolution des problèmes, créativité, efficacité personnelle (estime de soi, établissement d'objectifs et motivation, compétences en matière de développement personnel et professionnel), efficacité de groupe (qualité relationnelle, travail d'équipe, capacité de négociation), efficacité organisationnelle, aptitude à exercer des fonctions de direction. Il faut aussi apprendre à «naviguer» sur le marché du travail. Il s'agit de savoir comment chercher un emploi, se présenter à des employeurs potentiels, évaluer ses perspectives professionnelles, faire des choix, déterminer et évaluer les possibilités d'emploi, d'éducation et de formation. Il faut aussi apprendre à utiliser Internet, car de plus en plus d'offres d'emploi et de services d'orientation sont disponibles en ligne.
Acquisition continue de connaissances
Elle est appelée à jouer un rôle fondamental au XXIe siècle. Elle occupe une grande place dans les politiques d'éducation et de formation de plus en plus de pays. Comme le souligne l'OCDE 21, il faudra apprendre toute sa vie durant. L'éducation et la formation conventionnelles jouent leur rôle dans ce processus, de même que le savoir que l'on acquiert à la maison, sur le lieu de travail, au sein de la communauté, dans la société dans son ensemble. Les principales caractéristiques de cette formation continue sont les suivantes: elle place l'apprenant au centre, en pourvoyant à des besoins très divers; elle met l'accent sur la motivation en permettant, par exemple, à l'étudiant de choisir le rythme de son apprentissage et de l'organiser comme bon lui semble, grâce à un recours accru aux TIC. Les objectifs des politiques d'éducation et de formation sont multiples, et on reconnaît que les objectifs d'une personne peuvent changer au cours de sa vie, et que tous les types d'apprentissage (formel, non formel, informel) devraient être reconnus. Selon le BIT, «l'apprentissage tout au long de la vie fait en sorte que chacun conserve et améliore ses niveaux de qualification et de compétence à mesure qu'évoluent le travail, la technologie et les aptitudes exigées; il assure l'épanouissement individuel et la progression de la carrière des travailleurs et se traduit par des hausses de la productivité générale et des revenus de tous; il renforce l'équité sociale» (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, paragr. 5).
Une nouvelle recommandation de l'OIT sur la mise en valeur des ressources humaines
Permettre à chacun d'acquérir les compétences nécessaires à tout emploi et d'apprendre toute sa vie durant est une entreprise de taille pour tous les pays, même les plus riches, et une uvre de très longue haleine. L'ampleur de la tâche demande que l'on poursuive et que l'on accélère les réformes de l'éducation et de la formation qui ont été entreprises dans de nombreux pays. Il faut maintenir l'élan actuel, en profitant des évolutions récentes. Les parties concernées (Etat, partenaires sociaux, société civile) ont désormais une nouvelle perception de ces questions, comme on a pu le constater à la 88e session (2000) de la Conférence internationale du Travail. Les mandants de l'OIT se sont prononcés en faveur d'investissements plus importants dans la formation et la mise en valeur des ressources humaines; d'une transformation du système, qui fasse de l'individu l'architecte de son développement et de son apprentissage; de l'exploitation du potentiel des nouvelles technologies en matière d'éducation et de formation; du dialogue social comme catalyseur permettant à tous les intéressés - Etat, partenaires sociaux, société civile et individus - de prendre une part active aux politiques et programmes de formation et de mise en valeur des ressources humaines.
La recommandation (nº 150) sur la mise en valeur des ressources humaines, qui date de 1975, donne peu d'indications sur la manière dont les pays, les partenaires sociaux et les individus pourraient tirer parti de la dynamique actuelle et mener de nouvelles politiques et programmes qui prennent en compte «les besoins éducatifs et de formation du marché du travail moderne dans les pays en développement comme dans les pays développés et [qui promeuvent] l'équité sociale dans l'économie mondiale» (Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines, paragr. 21). Le BIT a donc entrepris d'élaborer une nouvelle recommandation reflétant la nouvelle approche de la formation afin d'aider les mandants de l'OIT à:
La nouvelle recommandation visera également à:
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Chapitre V | Conclusions
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