Programme dappui au renforcement des capacités des acteurs du monde rural - Sénégal
Source: Bureau d'appui à la coopération Sénégalo-suisse ORT
1999 - 2002 - Appui au Monde Rural
Les objectifs du programme relatif à cette présente phase de trois années s'articulent autour des 4 chantiers suivants :
Depuis un peu plus de vingt ans, la coopération suisse apporte son soutien au gouvernement du Sénégal en matière denseignement agricole et rural.
De 1977 à 1997, dans le cadre des Projets Sénégalo-Suisses denseignement agricole et forestier, son action a essentiellement porté sur le renforcement institutionnel décoles de formation professionnelle agricole :
Quelques acquis:
Lobjectif est de favoriser le dialogue et la concertation entre les différents acteurs impliqués dans linformation, la formation et le conseil au monde rural. Ceci, par le renforcement de leurs capacités à concevoir et à mettre en uvre des mécanismes leur permettant de développer leurs propres stratégies.
Orientations et stratégies de formation
Mission du Bureau dAppui
Le Bureau dAppui à la Coopération Sénégalo-Suisse ORT est chargé de mettre en uvre laccord de coopération signé entre le Sénégal et la Suisse en juin 1999. Cet accord soutient les programmes sinscrivant dans les orientations et stratégies de formation agricole et rurale définies par les acteurs et approuvées par le gouvernement du Sénégal.Quatre lignes dactions prioritaires sont retenues :
Une agriculture paysanne en crise, une pauvreté généralisée
Lagriculture occupe près de 60 % de la population et demeure la principale activité économique en zone rurale. Elle contribue pour 11% au PIB. Elle est essentiellement une petite agriculture paysanne pratiquée sous pluie et à faible productivité. Les politiques dajustement structurel mises en uvre depuis le début des années 1980 ont permis dassainir en grande partie le cadre macroéconomique. Elles ne lui ont pas permise de sortir de la crise de la fin des années 1970. Daprès les données de la FAO, la production agricole totale a régressé en moyenne de 1% par an entre 1980 et 1988 alors que la population rurale augmente de 2% par an. Le désengagement brutal de lEtat a eu comme conséquences immédiates la baisse du niveau déquipement des exploitations agricoles, la réduction des disponibilités de semences de qualité, dengrais et de produits phytosanitaires. Le dépérissement des Sociétés Régionales de Développement a privé les agriculteurs et les éleveurs dun encadrement technique et dune offre de formation rapprochés.
Les paysans sénégalais arrivent à peine à couvrir 52 % des besoins alimentaires de la population alors que le taux de croissance démographique est de 2,7% par an.
Les principaux produits agricoles dexportation que sont larachide et le coton subissent la baisse des cours mondiaux. La pauvreté rurale généralisée frappe 53,9 % des ménages (Quid 2001) et 72 à 88 % de la population rurale (Enquête sur la perception de la pauvreté en 2001).
Les défis de lagriculture sénégalaise
Lagriculture sénégalaise doit de ce fait relever trois défis majeurs :Face à ces défis, trois visions de lavenir de lagriculture sénégalaise coexistent sans que des choix clairs ne soient opérés : une vision productiviste de lagriculture qui domine depuis les indépendances. Elle vise à accroître les rendements et les productions grâce au recours aux intrants améliorés sans tenir suffisamment compte des règles du marché. Cette vision est condamnée par la libéralisation de léconomie agricole, par les politiques dintégration régionale et les ressources insuffisantes de lEtat pour soutenir la production agricole. une vision entreprenariale de lagriculture qui tend à privilégier lentreprise agricole à base de capitaux et de main duvre salariée, le recours systématique à lirrigation et aux techniques intensives, lexportation de produits horticoles. Les projets en gestation dinstallation de jeunes diplômés sur des fermes modernes en sont une bonne illustration. La question majeure soulevée par cette vision est celle de lavenir réservé à la petite agriculture paysanne jugée archaïque et incapable dassurer la modernisation de lagriculture sénégalaise. une vision paysanne de lagriculture basée principalement sur la restructuration et la transformation de lagriculture familiale. Cette vision suppose le développement des activités non agricoles en milieu rural et le développement de léconomie urbaine pour permettre linsertion des surplus de main duvre rurale. Elle suppose aussi une réforme des législations foncières et une politique hardie de formation agricole et rurale.
Cette vision paysanne est défendue par les organisations paysannes mais elle a des difficultés à simposer. Cette vision paysanne est cependant plus conforme avec la priorité donnée par lEtat et les partenaires au développement à la lutte contre la pauvreté, à la sécurité alimentaire et à la préservation des ressources naturelles. Avec lappui de ses partenaires au développement, lEtat met en place dimportants projets et programmes pour lutter contre la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et améliorer le cadre de vie des ruraux.
Lintégration régionale et la libéralisation de léconomie agricole
Les efforts ci-dessus sont entrepris au moment où le pays intègre des espaces économiques sousrégionaux et internationaux avec de nouvelles règles régissant laccès au marché. Le Sénégal fait ainsi partie des huit pays de la sous-région engagés dans lélaboration et la mise en uvre dune politique agricole unitaire (PAU) dans le cadre de lUnion Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Une étape importante a été franchie dans ce cadre avec la création dune union douanière en janvier 2000 et ladoption, en janvier 2001, dune directive relative aux positions communes pour les négociations commerciales de lOMC sur lagriculture.
Le Sénégal est aussi membre de la CEDEAO qui prévoit à son tour délaborer une politique agricole commune et qui a reçu mandat de ses membres pour négocier avec lUnion Européenne des accords de libre échange.
Le Sénégal participe activement dans le même élan à linitiative panafricaine de développement connue sous lacronyme anglais de NEPAD (New Partnership for Africas Development) qui réclame un changement de paradigme : mettre laccent sur un partenariat privilégiant des investissements publics et privés plus efficients que les crédits et les aides.
Face à ces processus dintégration économique, les ruraux et leurs organisations doivent assumer des responsabilités nouvelles et développer de nouvelles stratégies pour adapter leurs systèmes de production à ces évolutions. La dynamique dorganisation et de professionnalisation en cours au niveau national et sous-régional (ROPPA) traduit la détermination des producteurs ruraux à prendre une part active à leffort commun de développement économique et social durable des pays concernés.
Cependant, les politiques et les systèmes de formation ont peu évolué par rapport à lampleur des besoins de formation des acteurs à tous les niveaux pour conduire les transformations de lagriculture et de léconomie rurale dans ce contexte. Forts de cela et se basant sur une vingtaine dannées de coopération avec la Suisse en matière de formation agricole, les acteurs sénégalais ont engagé, en 1998, une réflexion globale et prospective sur la formation agricole et rurale, avec lappui de ce partenaire. Les orientations et les stratégies issues de cette réflexion sintègrent aujourdhui dans la démarche plus globale de définition dune « stratégie opérationnelle et de plan-cadre dactions du secteur agricole » entreprise par le gouvernement et soutenue par ses partenaires.
La coopération suisse apporte son appui à la formation agricole au Sénégal depuis 1997. Elle soutient la vision paysanne de lagriculture et du monde rural. Elle a chois de poursuivre son soutien à la formation agricole et rurale qui, à long terme, est le levier le plus puissant de transformation de lagriculture paysanne et de développement de léconomie rurale.
En 1998, elle a engagé, avec les acteurs publics et privés concernés, une réflexion prospective sur la formation agricole et rurale. Cette réflexion a permis didentifier les nouveaux besoins de formation basés sur la vision dune nouvelle économie agricole et rurale.
Dimportantes recommandations ont été formulées en termes dorientations et de stratégies dans le but de restructurer le système de formation, de définir des mécanismes didentification de la demande et de pilotage qui impliquent davantage les bénéficiaires. Ces recommandations font de la formation des ruraux à la base, le centre dintérêt de la restructuration du système de formation agricole et rurale. Pour mettre en uvre ces stratégies, le programme intitulé « Renforcement des capacités des producteurs et autres acteurs du développement agricole et rural » a été lancé en juillet 1999.
Ce rapport fait le bilan des trois premières années dexécution du programme. Il présente les actions appuyées et met laccent sur les indicateurs de déclenchement des processus de changement sur le double plan :
2.1. De lappui aux institutions publiques de formation agricole à lappui au renforcement des capacités des acteurs du monde rural: le nouveau cadre de la coopération sénégalo-suisse
Depuis 1977, la Suisse soutient les efforts du gouvernement du Sénégal pour la formation des cadres intermédiaires et des techniciens dans les écoles nationales denseignement agricole : lEcole des Agents Techniques dElevage (EATE) à Saint-Louis, lEcole des Agents Techniques dAgriculture (EATA) et lEcole des Agents Techniques des Eaux et Forêts (EATEF) à Ziguinchor, lEcole Nationale des Cadres Ruraux (ENCR) de Bambey et son département forestier à Ziguinchor.
La crise de léconomie agricole et les mesures dajustement structurel ont eu comme conséquences la réduction des débouchés des diplômés de ces écoles et du recrutement délèves, la réduction des ressources allouées par lEtat et le dépérissement des centres de formation. En 1991, il y a eu des tentatives de réforme : arrêt du recrutement automatique des diplômés dans la fonction publique, orientation vers les besoins du secteur privé et des producteurs ruraux, politique de génération de ressources propres.
Ces mesures se sont révélées insuffisantes par rapport aux mutations profondes du secteur agricole et de son environnement. Celles-ci remettent en cause les missions des écoles, les contenus et les méthodes de formation et de gestion.
Pour avoir appuyé pendant vingt ans tous ces efforts, la coopération suisse sest interrogée globalement sur son intervention en terme de pertinence, de démarche, de réalisations et dimpact.
Le bilan montre que cette intervention est largement positif avec :
Ces écoles sont, cependant, restées en marge de la réflexion sur la réorganisation globale des services agricoles et le renforcement des capacités des producteurs ruraux, engagée lors de la conception du Programme des Services dAppui aux Organisations de Producteurs (PSAOP).
Tirant les leçons de cet engagement, la coopération suisse a souhaité repositionner son intervention dans une logique daccompagnement pour laisser linitiative aux acteurs locaux.
Du côté sénégalais la nécessité dengager une réflexion de fond sur le système de formation en partant dune analyse prospective de la demande était bien perçue. Cest ainsi quune phase de dix huit mois allant de janvier 1998 à juillet 1999 a été consacrée à cette réflexion qui sest déroulée à deux niveaux:
Le travail réalisé au niveau national a permis dexaminer la question dans toutes ces dimensions et dimpliquer tous les acteurs dans une réflexion commune. Cette réflexion a été conduite par un groupe de travail dont les analyses et les conclusions ont été discutées et amendées lors dun séminaire national qui a regroupé cent vingt participants représentant toutes les catégories dacteurs du monde rural.
Le programme dappui destiné à soutenir la mise en uvre des orientations et des stratégies de formation agricole et rural issues de cette profonde réflexion, a fait lobjet de laccord entre le Conseil Fédéral Suisse et le Gouvernement de la République du Sénégal en Juillet 1999.
2.2. Les objectifs et les composantes du programme
Par son soutien aux efforts de formation et dinformation, le programme entend contribuer à lamélioration des conditions nécessaires à la redynamisation du secteur agricole et rural et influer favorablement sur lévolution de la situation économique et sociale des populations rurales.
Le programme se situe dans la continuité du travail de réflexion, de proposition et daccompagnement des processus de mise en uvre des orientations et stratégies de formation/conseil/information agricole et rurale.
Au cours des trois années écoulées, laccent a été mis sur les objectifs suivants :
Appui aux initiatives de formation des producteurs et des ruraux à la base
Le désengagement de lEtat dans le cadre de lajustement structurel sest traduit par un retrait massif des sociétés publiques qui assuraient dans les différentes régions la formation et le conseil des producteurs ruraux.
Des ONG et des OP ont, en partie, pris le relais permettant ainsi à de nombreux ruraux daccéder à lalphabétisation et à des formations techniques couvrant divers domaines dactivités agricoles et non agricoles.
Cependant leur démarche est généralement isolée et na pas la cohérence nécessaire pour assurer une réelle adéquation entre loffre et la demande. En effet, les ruraux sont faiblement impliqués dans lidentification et la formulation de leurs propres besoins de formation.
Ce chantier, appuie des actions pilotes pour mettre en place des mécanismes didentification de la demande et de renforcement des capacités de loffre à y répondre efficacement notamment par la création de cadres de concertation entre ruraux et entre ruraux et formateurs et daméliorer le niveau de ces derniers en relation avec les structures de formation en amont.
Appui à la création de réseaux de formation - information des ruraux
En dépit du niveau avancé dorganisation et de la disponibilité de technologies en matière de communication dans la plupart des communautés rurales et villageoises, laccès à linformation de qualité pour de bonnes prises de décisions de production, de commercialisation et de gestion individuelle et collective des ressources est très limité.Lappui vise à aider les acteurs à concevoir et mettre en place des systèmes de formation information - communications aptes à améliorer leurs performances techniques et économiques et à les décloisonner.
Appui à létude de la faisabilité de pôles régionaux de formation/recyclage de techniciens, de conseillers agricoles et de jeunes agriculteurs pour deux zones test
Lanalyse du dispositif actuel de formation montre la nécessité de mettre en réseau les compétences dispersées dans différentes structures (centres de formation, sociétés de développement, centres de recherche, ONG, bureaux détude, etc.) au niveau des grandes régions naturelles.Des économies déchelles importantes et lamélioration de loffre de formation pourraient ainsi être réalisées. Les collectivités locales, les organisations de producteurs et les opérateurs privés seraient davantage impliqués dans le pilotage et le financement de la formation.
Lobjectif de lappui est de tester la mise en place de deux pôles dans :
Appui à la réflexion pour lorganisation dune formation supérieure des formateurs et des cadres du développement agricole et rural
Lobjectif est de soutenir une réflexion sur la mobilisation des compétences existantes dans les écoles supérieures de formation, dans les départements universitaires et dans les institutions de recherches sur lagriculture, lagro-alimentaire et lenvironnement pour concevoir et mettre en uvre une formation supérieure de formateurs et de cadres maîtrisant le contexte et les évolutions de lagriculture et du monde rural.
2.3. La démarche de lappui
Lappui aspire à jouer un rôle de levier et à favoriser la prise dinitiative et la responsabilisation des divers acteurs locaux. Il se distingue par les principes, les domaines dintervention, les procédures et le dispositif qui animent sa démarche.Les principes
La demande est le point de départ de lappui
Linitiative vient des acteurs locaux qui présentent leurs projets et les négocient avec le Bureau dappui.La négociation
Pour être souple et ouvert, lappui fait de la négociation un principe de base qui doit fonder et animer le partenariat. Le Bureau dappui (BA) se soumet à ce principe qui amène les acteurs à argumenter et à faire preuve dengagement par rapport à leurs projets.Linscription de lappui dans laction de lEtat
Lappui sinscrit dans les grandes orientations stratégiques de lEtat à qui revient la responsabilité du développement et la création des conditions nécessaires aux transformations quexige ce développement.Les domaines de lappui
Approche thématique
Lappui souvre de façon globale à tout ce qui peut contribuer à laugmentation des compétences du monde rural en rapport avec les enjeux et les défis dordre politique, économique et social. La vision sur laquelle il se fonde est celle du développement rural basée sur la transformation/modernisation des systèmes de production, le renforcement des exploitations familiales et lamélioration des conditions de vie des populations rurales. Un intérêt majeur est porté à la diversification des activités génératrices de revenus.Approche géographique
Lappui se déploie sur le plan national en accordant la priorité aux :Les procédures dappui
Lappui sopère selon des procédures simples et connues par les acteurs. Les procédures de sélection des projets et les modalités de coopération sont présentées dans une plaquette qui a été largement diffusée auprès des partenaires potentiels.Les actions appuyées font lobjet de conventions signées entre lorganisme bénéficiaire de lappui et le Bureau dAppui. Ces conventions donnent un cadre juridique aux engagements des deux parties.
Suite à la première évaluation interne du programme en janvier 2000, lidée de créer un groupe consultatif mobilisant des personnes bénévoles, qui appuierait le B.A. dans les choix stratégiques et opérationnels a été retenue.
Les membres du groupe consultatif sont aussi appelés à contribuer à la diffusion des leçons tirées des expériences de terrain notamment au sein de leurs propres structures et institutions (ministères concernés et leurs démembrements, ONG, OP).
Le suivi-évaluation régulier des actions sur le terrain et lévaluation annuelle du programme permettent aux acteurs de confronter, de façon continue, les objectifs et hypothèses de départ aux réalisations.
Le dispositif
Il est constitué par une équipe légère au niveau du Bureau dappui. Cette équipe est renforcée de façon ponctuelle par des consultants et des mandataires faisant partie dun réseau de compétences qui partagent la vision de base du programme et qui contribuent à alimenter la réflexion globale sur la formation agricole et rurale.
| Encadré n° 1 RESUME DES ORIENTATIONS ET STRATÉGIES POUR LA FORMATION AGRICOLE ET RURALE La Formation Agricole et Rurale doit avoir pour priorité la
modernisation de lagriculture familiale, lémergence dune véritable
économie rurale et leur intégration dans une économie nationale et
internationale ouverte. Elle doit appuyer aussi le développement
dune agriculture intensive à base de capitaux. A. Généraliser en milieu rural léducation de base et assurer à
tous les ruraux laccès à lalphabétisation B. Répondre aux besoins de formation professionnelle des ruraux dans
tous les domaines.
C. Renforcer, adapter et mieux articuler les formations secondaires
et supérieures entre elles et avec celles destinées aux ruraux.
D. Réguler lensemble des institutions publiques et privées de
formation agricole et rurale
La planification stratégique de la FAR |
Figure 1
Organigramme du Bureau d'Appui

DDC : 2002 - 2005 - Appui au Monde Rural (Phase II)
Ce projet a été prolongé de 3 ans, jusqu'en 2005. La phase I s'est déroulée de 1999 à 2002. Dans ce projet appuyé par la Coopération Suisse (DDC), L'ORT est responsable de la formation des paysans et des ouvriers ruraux non-qualifiés, de la création d'un réseau rural de formation / information et de l'organisation d'une formation supérieure destinée aux formateurs et aux managers dans le domaine du développement agricole et rural.
L'appui sera également donné pour former un réseau de différentes institutions en vue de produire des techniciens polyvalents
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