Programme d’appui au renforcement des capacités des acteurs du monde rural  - Sénégal

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Programme d’appui au renforcement des capacités des acteurs du monde rural  - Sénégal

Source: Bureau d'appui à la coopération Sénégalo-suisse ORT


1999 - 2002 - Appui au Monde Rural

Les objectifs du programme relatif à cette présente phase de trois années s'articulent autour des 4 chantiers suivants :

Un bureau d'appui, basé à Dakar, composé de spécialistes en agriculture, élevage et développement rural s'évertue à gérer une quinzaine de sous-projets répartis sur tout le territoire.

Depuis un peu plus de vingt ans, la coopération suisse apporte son soutien au gouvernement du Sénégal en matière d’enseignement agricole et rural.

De 1977 à 1997, dans le cadre des Projets Sénégalo-Suisses d’enseignement agricole et forestier, son action a essentiellement porté sur le renforcement institutionnel d’écoles de formation professionnelle agricole :

Quelques acquis:

A la logique de projet qui a prévalu jusqu’en 1997, s’est substituée une démarche d’accompagnement restituant l’initiative aux acteurs locaux.

L’objectif est de favoriser le dialogue et la concertation entre les différents acteurs impliqués dans l’information, la formation et le conseil au monde rural. Ceci, par le renforcement de leurs capacités à concevoir et à mettre en œuvre des mécanismes leur permettant de développer leurs propres stratégies.

Orientations et stratégies de formation

  1. Généraliser en milieu rural l’éducation de base et assurer à tous les ruraux l’accès à l’alphabétisation.
  2. Répondre aux besoins de formation professionnelle des ruraux dans tous les domaines.
  3. Renforcer, adapter et mieux articuler les formations secondaires et supérieures entre elles et avec celles destinées aux ruraux.
  4. Réguler l’ensemble des institutions publiques et privées de formation agricole.

Mission du Bureau d’Appui

Le Bureau d’Appui à la Coopération Sénégalo-Suisse ORT est chargé de mettre en œuvre l’accord de coopération signé entre le Sénégal et la Suisse en juin 1999. Cet accord soutient les programmes s’inscrivant dans les orientations et stratégies de formation agricole et rurale définies par les acteurs et approuvées par le gouvernement du Sénégal.

Quatre lignes d’actions prioritaires sont retenues :

Dans le cadre de ces actions prioritaires, le Bureau d’Appui soutient les initiatives : 1. Introduction

Une agriculture paysanne en crise, une pauvreté généralisée

L’agriculture occupe près de 60 % de la population et demeure la principale activité économique en zone rurale. Elle contribue pour 11% au PIB. Elle est essentiellement une petite agriculture paysanne pratiquée sous pluie et à faible productivité. Les politiques d’ajustement structurel mises en œuvre depuis le début des années 1980 ont permis d’assainir en grande partie le cadre macroéconomique. Elles ne lui ont pas permise de sortir de la crise de la fin des années 1970. D’après les données de la FAO, la production agricole totale a régressé en moyenne de 1% par an entre 1980 et 1988 alors que la population rurale augmente de 2% par an. Le désengagement brutal de l’Etat a eu comme conséquences immédiates la baisse du niveau d’équipement des exploitations agricoles, la réduction des disponibilités de semences de qualité, d’engrais et de produits phytosanitaires. Le dépérissement des Sociétés Régionales de Développement a privé les agriculteurs et les éleveurs d’un encadrement technique et d’une offre de formation rapprochés.

Les paysans sénégalais arrivent à peine à couvrir 52 % des besoins alimentaires de la population alors que le taux de croissance démographique est de 2,7% par an.

Les principaux produits agricoles d’exportation que sont l’arachide et le coton subissent la baisse des cours mondiaux. La pauvreté rurale généralisée frappe 53,9 % des ménages (Quid 2001) et 72 à 88 % de la population rurale (Enquête sur la perception de la pauvreté en 2001).

Les défis de l’agriculture sénégalaise

L’agriculture sénégalaise doit de ce fait relever trois défis majeurs : 
  1. assurer la sécurité alimentaire de la population, 
  2. contribuer à l’amélioration des revenus des ruraux, et à la réduction de la pauvreté et 
  3. préserver les ressources naturelles de la dégradation. Elle doit pour cela se transformer en se modernisant, en diversifiant ses produits et en améliorant sa compétitivité.

Face à ces défis, trois visions de l’avenir de l’agriculture sénégalaise coexistent sans que des choix clairs ne soient opérés : une vision productiviste de l’agriculture qui domine depuis les indépendances. Elle vise à accroître les rendements et les productions grâce au recours aux intrants améliorés sans tenir suffisamment compte des règles du marché. Cette vision est condamnée par la libéralisation de l’économie agricole, par les politiques d’intégration régionale et les ressources insuffisantes de l’Etat pour soutenir la production agricole. – une vision entreprenariale de l’agriculture qui tend à privilégier l’entreprise agricole à base de capitaux et de main d’œuvre salariée, le recours systématique à l’irrigation et aux techniques intensives, l’exportation de produits horticoles. Les projets en gestation d’installation de jeunes diplômés sur des fermes modernes en sont une bonne illustration. La question majeure soulevée par cette vision est celle de l’avenir réservé à la petite agriculture paysanne jugée archaïque et incapable d’assurer la modernisation de l’agriculture sénégalaise. – une vision paysanne de l’agriculture basée principalement sur la restructuration et la transformation de l’agriculture familiale. Cette vision suppose le développement des activités non agricoles en milieu rural et le développement de l’économie urbaine pour permettre l’insertion des surplus de main d’œuvre rurale. Elle suppose aussi une réforme des législations foncières et une politique hardie de formation agricole et rurale.

Cette vision paysanne est défendue par les organisations paysannes mais elle a des difficultés à s’imposer. Cette vision paysanne est cependant plus conforme avec la priorité donnée par l’Etat et les partenaires au développement à la lutte contre la pauvreté, à la sécurité alimentaire et à la préservation des ressources naturelles. Avec l’appui de ses partenaires au développement, l’Etat met en place d’importants projets et programmes pour lutter contre la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et améliorer le cadre de vie des ruraux.

L’intégration régionale et la libéralisation de l’économie agricole

Les efforts ci-dessus sont entrepris au moment où le pays intègre des espaces économiques sousrégionaux et internationaux avec de nouvelles règles régissant l’accès au marché. Le Sénégal fait ainsi partie des huit pays de la sous-région engagés dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique agricole unitaire (PAU) dans le cadre de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Une étape importante a été franchie dans ce cadre avec la création d’une union douanière en janvier 2000 et l’adoption, en janvier 2001, d’une directive relative aux positions communes pour les négociations commerciales de l’OMC sur l’agriculture.

Le Sénégal est aussi membre de la CEDEAO qui prévoit à son tour d’élaborer une politique agricole commune et qui a reçu mandat de ses membres pour négocier avec l’Union Européenne des accords de libre échange.

Le Sénégal participe activement dans le même élan à l’initiative panafricaine de développement connue sous l’acronyme anglais de NEPAD (New Partnership for Africa’s Development) qui réclame un changement de paradigme : mettre l’accent sur un partenariat privilégiant des investissements publics et privés plus efficients que les crédits et les aides.

Face à ces processus d’intégration économique, les ruraux et leurs organisations doivent assumer des responsabilités nouvelles et développer de nouvelles stratégies pour adapter leurs systèmes de production à ces évolutions. La dynamique d’organisation et de professionnalisation en cours au niveau national et sous-régional (ROPPA) traduit la détermination des producteurs ruraux à prendre une part active à l’effort commun de développement économique et social durable des pays concernés.

Cependant, les politiques et les systèmes de formation ont peu évolué par rapport à l’ampleur des besoins de formation des acteurs à tous les niveaux pour conduire les transformations de l’agriculture et de l’économie rurale dans ce contexte. Forts de cela et se basant sur une vingtaine d’années de coopération avec la Suisse en matière de formation agricole, les acteurs sénégalais ont engagé, en 1998, une réflexion globale et prospective sur la formation agricole et rurale, avec l’appui de ce partenaire. Les orientations et les stratégies issues de cette réflexion s’intègrent aujourd’hui dans la démarche plus globale de définition d’une « stratégie opérationnelle et de plan-cadre d’actions du secteur agricole » entreprise par le gouvernement et soutenue par ses partenaires.

La coopération suisse apporte son appui à la formation agricole au Sénégal depuis 1997. Elle soutient la vision paysanne de l’agriculture et du monde rural. Elle a chois de poursuivre son soutien à la formation agricole et rurale qui, à long terme, est le levier le plus puissant de transformation de l’agriculture paysanne et de développement de l’économie rurale.

En 1998, elle a engagé, avec les acteurs publics et privés concernés, une réflexion prospective sur la formation agricole et rurale. Cette réflexion a permis d’identifier les nouveaux besoins de formation basés sur la vision d’une nouvelle économie agricole et rurale.

D’importantes recommandations ont été formulées en termes d’orientations et de stratégies dans le but de restructurer le système de formation, de définir des mécanismes d’identification de la demande et de pilotage qui impliquent davantage les bénéficiaires. Ces recommandations font de la formation des ruraux à la base, le centre d’intérêt de la restructuration du système de formation agricole et rurale. Pour mettre en œuvre ces stratégies, le programme intitulé « Renforcement des capacités des producteurs et autres acteurs du développement agricole et rural » a été lancé en juillet 1999.

Ce rapport fait le bilan des trois premières années d’exécution du programme. Il présente les actions appuyées et met l’accent sur les indicateurs de déclenchement des processus de changement sur le double plan :

2. Le Programme d'Appui

2.1. De l’appui aux institutions publiques de formation agricole à l’appui au renforcement des capacités des acteurs du monde rural: le nouveau cadre de la coopération sénégalo-suisse

Depuis 1977, la Suisse soutient les efforts du gouvernement du Sénégal pour la formation des cadres intermédiaires et des techniciens dans les écoles nationales d’enseignement agricole : l’Ecole des Agents Techniques d’Elevage (EATE) à Saint-Louis, l’Ecole des Agents Techniques d’Agriculture (EATA) et l’Ecole des Agents Techniques des Eaux et Forêts (EATEF) à Ziguinchor, l’Ecole Nationale des Cadres Ruraux (ENCR) de Bambey et son département forestier à Ziguinchor.

La crise de l’économie agricole et les mesures d’ajustement structurel ont eu comme conséquences la réduction des débouchés des diplômés de ces écoles et du recrutement d’élèves, la réduction des ressources allouées par l’Etat et le dépérissement des centres de formation. En 1991, il y a eu des tentatives de réforme : arrêt du recrutement automatique des diplômés dans la fonction publique, orientation vers les besoins du secteur privé et des producteurs ruraux, politique de génération de ressources propres.

Ces mesures se sont révélées insuffisantes par rapport aux mutations profondes du secteur agricole et de son environnement. Celles-ci remettent en cause les missions des écoles, les contenus et les méthodes de formation et de gestion.

Pour avoir appuyé pendant vingt ans tous ces efforts, la coopération suisse s’est interrogée globalement sur son intervention en terme de pertinence, de démarche, de réalisations et d’impact.

Le bilan montre que cette intervention est largement positif avec : 

  1. la mise en place d’un important corps enseignant expatrié dans un premier temps, 
  2. la formation de techniciens sénégalais qui ont pu assurer la relève de ces expatriés, 
  3. la réhabilitation des infrastructures et l’acquisition de nouveaux équipements, 
  4. l’élaboration de documents pédagogiques avec des contenus plus adaptés et 
  5. l’ouverture de la formation aux producteurs qui ont suivi des formations de courtes durées dans divers domaines grâce à la mise en place en 1994 d’un fonds de formation rurale géré par des comités régionaux constitués de représentants d’organisations de producteurs. Les écoles d’enseignement agricole et forestier ont été ainsi soutenues et préservées de la dégradation de la situation économique.

Ces écoles sont, cependant, restées en marge de la réflexion sur la réorganisation globale des services agricoles et le renforcement des capacités des producteurs ruraux, engagée lors de la conception du Programme des Services d’Appui aux Organisations de Producteurs (PSAOP).

Tirant les leçons de cet engagement, la coopération suisse a souhaité repositionner son intervention dans une logique d’accompagnement pour laisser l’initiative aux acteurs locaux.

Du côté sénégalais la nécessité d’engager une réflexion de fond sur le système de formation en partant d’une analyse prospective de la demande était bien perçue. C’est ainsi qu’une phase de dix huit mois allant de janvier 1998 à juillet 1999 a été consacrée à cette réflexion qui s’est déroulée à deux niveaux:

  1. dans les écoles d’enseignement agricole jusque là uniques bénéficiaires de la coopération avec la Suisse ;
  2. à l’échelle nationale avec l’ensemble des acteurs concernés par la formation agricole et rurale (responsables des ministères ayant en charge la formation agricole et rurale, responsables d’institutions de formation et d’ONG, opérateurs privés et dirigeants d’organisations de producteurs).
Au niveau des écoles l’analyse des performances et la réflexion prospective menées sans discrimination par tous les agents et les partenaires directs ont permis de s’interroger sur les causes des problèmes identifiés et sur l’avenir de ces écoles. Cet exercice a permis à chaque école d’élaborer son projet d’établissement. Il a en même temps montré que les problèmes de la formation et leurs solutions dépassaient le cadre des écoles. 

Le travail réalisé au niveau national a permis d’examiner la question dans toutes ces dimensions et d’impliquer tous les acteurs dans une réflexion commune. Cette réflexion a été conduite par un groupe de travail dont les analyses et les conclusions ont été discutées et amendées lors d’un séminaire national qui a regroupé cent vingt participants représentant toutes les catégories d’acteurs du monde rural.

Le programme d’appui destiné à soutenir la mise en œuvre des orientations et des stratégies de formation agricole et rural  issues de cette profonde réflexion, a fait l’objet de l’accord entre le Conseil Fédéral Suisse et le Gouvernement de la République du Sénégal en Juillet 1999. 

2.2. Les objectifs et les composantes du programme

Par son soutien aux efforts de formation et d’information, le programme entend contribuer à l’amélioration des conditions nécessaires à la redynamisation du secteur agricole et rural et influer favorablement sur l’évolution de la situation économique et sociale des populations rurales.

Le programme se situe dans la continuité du travail de réflexion, de proposition et d’accompagnement des processus de mise en œuvre des orientations et stratégies de formation/conseil/information agricole et rurale.

Au cours des trois années écoulées, l’accent a été mis sur les objectifs suivants :

Le programme comprend quatre axes dénommés ‘chantiers’ dont les deux premiers sont considérés prioritaires par l’appui.  

Appui aux initiatives de formation des producteurs et des ruraux à la base

Le désengagement de l’Etat dans le cadre de l’ajustement structurel s’est traduit par un retrait massif des sociétés publiques qui assuraient dans les différentes régions la formation et le conseil des producteurs ruraux.

Des ONG et des OP ont, en partie, pris le relais permettant ainsi à de nombreux ruraux d’accéder à l’alphabétisation et à des formations techniques couvrant divers domaines d’activités agricoles et non agricoles.

Cependant leur démarche est généralement isolée et n’a pas la cohérence nécessaire pour assurer une réelle adéquation entre l’offre et la demande. En effet, les ruraux sont faiblement impliqués dans l’identification et la formulation de leurs propres besoins de formation.

Ce chantier, appuie des actions pilotes pour mettre en place des mécanismes d’identification de la demande et de renforcement des capacités de l’offre à y répondre efficacement notamment par la création de cadres de concertation entre ruraux et entre ruraux et formateurs et d’améliorer le niveau de ces derniers en relation avec les structures de formation en amont.

Appui à la création de réseaux de formation - information des ruraux

En dépit du niveau avancé d’organisation et de la disponibilité de technologies en matière de communication dans la plupart des communautés rurales et villageoises, l’accès à l’information de qualité pour de bonnes prises de décisions de production, de commercialisation et de gestion individuelle et collective des ressources est très limité.

L’appui vise à aider les acteurs à concevoir et mettre en place des systèmes de formation – information - communications aptes à améliorer leurs performances techniques et économiques et à les décloisonner.

Appui à l’étude de la faisabilité de pôles régionaux de formation/recyclage de techniciens, de conseillers agricoles et de jeunes agriculteurs pour deux zones test

L’analyse du dispositif actuel de formation montre la nécessité de mettre en réseau les compétences dispersées dans différentes structures (centres de formation, sociétés de développement, centres de recherche, ONG, bureaux d’étude, etc.) au niveau des grandes régions naturelles.

Des économies d’échelles importantes et l’amélioration de l’offre de formation pourraient ainsi être réalisées. Les collectivités locales, les organisations de producteurs et les opérateurs privés seraient davantage impliqués dans le pilotage et le financement de la formation.

L’objectif de l’appui est de tester la mise en place de deux pôles dans :

Appui à la réflexion pour l’organisation d’une formation supérieure des formateurs et des cadres du développement agricole et rural

L’objectif est de soutenir une réflexion sur la mobilisation des compétences existantes dans les écoles supérieures de formation, dans les départements universitaires et dans les institutions de recherches sur l’agriculture, l’agro-alimentaire et l’environnement pour concevoir et mettre en œuvre une formation supérieure de formateurs et de cadres maîtrisant le contexte et les évolutions de l’agriculture et du monde rural.

2.3. La démarche de l’appui

L’appui aspire à jouer un rôle de levier et à favoriser la prise d’initiative et la responsabilisation des divers acteurs locaux. Il se distingue par les principes, les domaines d’intervention, les procédures et le dispositif qui animent sa démarche.

Les principes

La demande est le point de départ de l’appui

L’initiative vient des acteurs locaux qui présentent leurs projets et les négocient avec le Bureau d’appui.
Les demandes doivent être exprimées par les communautés présentées comme étant les maîtres d’ouvrage. Il ne s’agit donc pas pour ces communautés de s’accommoder d’une offre qui ne correspond pas à leurs priorités dans le domaine d’intervention de l’appui.

La négociation

Pour être souple et ouvert, l’appui fait de la négociation un principe de base qui doit fonder et animer le partenariat. Le Bureau d’appui (BA) se soumet à ce principe qui amène les acteurs à argumenter et à faire preuve d’engagement par rapport à leurs projets.
Une fois un projet retenu, sa réalisation relève d’un engagement commun avec les partenaires pour atteindre des objectifs partagés.

L’inscription de l’appui dans l’action de l’Etat

L’appui s’inscrit dans les grandes orientations stratégiques de l’Etat à qui revient la responsabilité du développement et la création des conditions nécessaires aux transformations qu’exige ce développement.
Dans ce cadre, l’appui est attentif :

Les domaines de l’appui

Approche thématique

L’appui s’ouvre de façon globale à tout ce qui peut contribuer à l’augmentation des compétences du monde rural en rapport avec les enjeux et les défis d’ordre politique, économique et social. La vision sur laquelle il se fonde est celle du développement rural basée sur la transformation/modernisation des systèmes de production, le renforcement des exploitations familiales et l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. Un intérêt majeur est porté à la diversification des activités génératrices de revenus.

Approche géographique

L’appui se déploie sur le plan national en accordant la priorité aux :

Les procédures d’appui

L’appui s’opère selon des procédures simples et connues par les acteurs. Les procédures de sélection des projets et les modalités de coopération sont présentées dans une plaquette qui a été largement diffusée auprès des partenaires potentiels.

Les actions appuyées font l’objet de conventions signées entre l’organisme ‘‘bénéficiaire’’ de l’appui et le Bureau d’Appui. Ces conventions donnent un cadre juridique aux engagements des deux parties.

Suite à la première évaluation interne du programme en janvier 2000, l’idée de créer un groupe consultatif mobilisant des personnes bénévoles, qui appuierait le B.A. dans les choix stratégiques et opérationnels a été retenue.

Les membres du groupe consultatif sont aussi appelés à contribuer à la diffusion des leçons tirées des expériences de terrain notamment au sein de leurs propres structures et institutions (ministères concernés et leurs démembrements, ONG, OP).

Le suivi-évaluation régulier des actions sur le terrain et l’évaluation annuelle du programme permettent aux acteurs de confronter, de façon continue, les objectifs et hypothèses de départ aux réalisations.

Le dispositif

Il est constitué par une équipe légère au niveau du Bureau d’appui. Cette équipe est renforcée de façon ponctuelle par des consultants et des mandataires faisant partie d’un réseau de compétences qui partagent la vision de base du programme et qui contribuent à alimenter la réflexion globale sur la formation agricole et rurale.

 

Encadré n° 1    
RESUME DES ORIENTATIONS ET STRATÉGIES POUR LA FORMATION AGRICOLE ET RURALE

La Formation Agricole et Rurale doit avoir pour priorité la modernisation de l’agriculture familiale, l’émergence d’une véritable économie rurale et leur intégration dans une économie nationale et internationale ouverte. Elle doit appuyer aussi le développement d’une agriculture intensive à base de capitaux.
Quatre grandes orientations et les stratégies pour les réaliser ont été définies à partir de ces nouvelles missions et priorités.

A. Généraliser en milieu rural l’éducation de base et assurer à tous les ruraux l’accès à l’alphabétisation
La généralisation de l’éducation de base et l’accès des adultes à l’alphabétisation ont été retenus comme un préalable indispensable à la bonne formation professionnelle. C’est l’objectif que le gouvernement souhaite atteindre à l’horizon 2008. La réalisation de cet objectif nécessite des efforts en matière d’adaptation du modèle de l’école publique pour une population rurale répartie dans près de 14 000 villages, de scolarisation des filles et d’accès des femmes à l’alphabétisation et donc à la formation professionnelle, de synergies entre alphabétisation et formation professionnelle et d’adaptation du contenu de l’éducation de base à l’environnement et aux préoccupations des ruraux.

B. Répondre aux besoins de formation professionnelle des ruraux dans tous les domaines.
Avec la libéralisation de l’économie mondiale, la formation professionnelle des ruraux, est considérée comme un investissement à long terme indispensable à l’augmentation de la productivité des ruraux et à leur compétitivité sur le marché national et à l’exportation. Cette formation est aussi indispensable pour le développement des activités non agricoles en milieu rural pour les paysans obligés de quitter la terre, qui à terme seront plus nombreux que les producteurs et qui ne pourront pas tous être absorbés par une économie urbaine peu dynamique.
Trois stratégies ont été retenues à cet effet :

  • appuyer la formulation de la demande de formation des ruraux en systématisant les mécanismes permettant aux ruraux d’identifier et de formuler leurs besoins, de mobiliser des ressources et des compétences pour y répondre et de s’impliquer dans la formation. Cette démarche permet une adaptation permanente de l’offre à la demande de formation.
  • appuyer l’offre de formation répondant aux demandes des ruraux. Les offres publiques, associatives et privées de formation pour les ruraux, doivent être soutenues financièrement et en terme de formation de formateurs pour répondre en quantité, en qualité et en diversité aux demandes des ruraux.
  • concéder le service public de la formation professionnelle des ruraux. L’Etat ne pourra pas répondre à l’énorme demande des ruraux suivant le modèle des institutions publiques de formation, trop coûteux et peu réactif. Sans remettre en cause le statut de service public de la formation professionnelle, il est proposé que l’Etat concède à des opérateurs associatifs ou privés cette formation sur la base d’engagements contractuels réciproques avec des mécanismes de contrôle. L’Etat et les collectivités locales continueraient à financer les infrastructures, les gros équipements et la formation initiale, les autres formations se faisant sous forme de prestations financées directement ou indirectement par les bénéficiaires, mais pouvant ètre en partie subventionnées.
Cette nouvelle forme d’association entre l’Etat et les collectivités locales d’une part et les ONG, les O.P. et le privé d'autre part pourrait être expérimentée avec la concession des centres de formation professionnelle existants.

C. Renforcer, adapter et mieux articuler les formations secondaires et supérieures entre elles et avec celles destinées aux ruraux.
Les institutions de formation professionnelle secondaire et les institutions de formation supérieure qui sont pour l’essentiel publiques paraissent suffisantes en nombre. Les stratégies proposées consistent à améliorer la qualité de leurs offres et à la diversifier en développant les synergies entre elles.

  • créer cinq pôles de formation professionnelle de niveaux secondaire et supérieur court : Il est proposé de découper le Sénégal rural en cinq grandes régions : fleuve Sénégal, bassin arachidier et zone sylvo-pastorale, zone des Niayes, basse et moyenne Casamance, Sénégal-Oriental et Haute-Casamance.
    Dans chacune de ces régions, les institutions de formation publiques et privées seraient organisées en réseau pour répondre de façon complémentaire aux demandes de formation. Pour des raisons d’avantages comparatifs et d’économie d’échelle, les pôles pourront avoir un mandat national pour certaines formations. L’idée des pôles régionaux peut s’articuler avec les projets du gouvernement de créer des centres universitaires régionaux.
  • diversifier les formations professionnelles : l’organisation en réseau au sein de chaque pôle permet de diversifier les offres de formation sur la base des avantages comparatifs de chaque institution et des demandes de formation. Les offres de formation aujourd’hui très centrées sur les aspects techniques de la production agricole doivent prendre en compte les aspects socio-économiques et de gestion et surtout s’ouvrir rapidement à l’ensemble des activités non agricoles.
  • créer des formations spécialisées associant les universités, les écoles supérieures, les institutions de recherche : le nombre limité de spécialisations supérieures offertes au Sénégal est plus dû au cloisonnement des institutions qu’à l’absence de personnel compétent pour les assurer. Une analyse de la demande et de l’offre devrait permettre en exploitant les synergies entre les institutions existantes de répondre aux demandes pour lesquelles il existe un avantage comparatif à les assurer sur place.
  • élargir les missions des institutions de formation à la recherche, au conseil agricole et rural et aux prestations de services privées : Il s’agit de systématiser la diversification des missions des institutions de formation amorcée avec la réforme de la formation professionnelle de 1991, en tirant les implications sur le plan de l’organisation, des obligations professionnelles des enseignants et de leur carrière, de la gestion et du financement.

D. Réguler l’ensemble des institutions publiques et privées de formation agricole et rurale
Les stratégies suivantes visent à créer des mécanismes ayant les compétences et les pouvoirs pour réguler l’ensemble de la FAR et en assurer la durabilité financière.

  • Créer un mécanisme interministériel de régulation et y associer l'ensemble des acteurs publics et privés : la répartition des institutions publiques de FAR entre quatre ministères et la proposition ci-dessus de faire de la formation des ruraux à la base une concession de service public suppose qu’en plus des services ou directions ministérielles, il y ait un mécanisme interministériel chargé de l’élaboration, du suivi, de l’évaluation et de la coordination de la politique de formation.
    Les conseils régionaux, les institutions de formation publiques, associatives et privées, ainsi que les organisations professionnelles doivent. Cette fonction de régulation doit être décentralisée pour les formations organisées au niveau des pôles qui ont été proposées tout en restant coordonnée au niveau national. Les conseils régionaux, les conseils ruraux, les institutions de formation, les ONG, les O.P., les représentants du secteur privé doivent s’associer pour jouer ce rôle.
    Les collectivités locales et les utilisateurs doivent aussi participer aux conseils d’administration et aux conseils pédagogiques des institutions publiques et de celles concédées.
  • Assurer une coordination et une coopération verticale et horizontale des institutions de formation: les instances de tutelle, les conseils d’administration et les conseils pédagogiques doivent assurer une cohérence et une complémentarité entre les structures de formation.
  • Assurer le financement durable du système national de formation agricole et rurale :
    Il est proposé en plus d’un accroissement des contributions de l’Etat, que progressivement, les collectivités locales assurent avec celui-ci le financement de la formation initiale et contribuent au financement des autres formations. Les bénéficiaires doivent aussi directement ou par le biais de prélèvements sur leurs activités participer au financement de leur formation. Les institutions de formation doivent aussi par des prestations de service diverses réaliser des ressources complémentaires.
    Les coûts unitaires de la formation doivent aussi être réduits par le recours à d’autres modèles de formation : concessions de service public, formations sur le terrain ne nécessitant pas d’infrastructures, recours aux professionnels par le biais de l’apprentissage ou comme formateurs dans les institutions.
    L’aide de bailleurs de fonds sera cependant indispensable pendant quelques années encore.

La planification stratégique de la FAR
Les orientations et stratégies proposées ci-dessus nécessitent encore un exercice de planification stratégique pour les traduire en programmes d’actions opérationnels et chiffrés.
Dans ses grandes lignes, la démarche consiste à découper le travail de planification en un certain nombre de «chantiers», chaque chantier étant confié à un comité de planification.
Cinq chantiers régionaux correspondent aux pôles régionaux retenus. Deux chantiers horizontaux correspondent l’un à la création d’un système d’information pour les ruraux, l’autre aux formations supérieures agricoles et rurales. Un comité national mis en place par les ministères de tutelle pilotera l’ensemble de l’exercice qui sera validé par un colloque national.

Figure 1

Organigramme du Bureau d'Appui

DDC : 2002 - 2005 - Appui au Monde Rural (Phase II)

Ce projet a été prolongé de 3 ans, jusqu'en 2005. La phase I s'est déroulée de 1999 à 2002. Dans ce projet appuyé par la Coopération Suisse (DDC), L'ORT est responsable de la formation des paysans et des ouvriers ruraux non-qualifiés, de la création d'un réseau rural de formation / information et de l'organisation d'une formation supérieure destinée aux formateurs et aux managers dans le domaine du développement agricole et rural.

L'appui sera également donné pour former un réseau de différentes institutions en vue de produire des techniciens polyvalents

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