Stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) - Sénégal
Source: Gouvernement du Sénégal
Les stratégies et le plan dactions du DSRP ont été retenus à lissue dun processus participatif ayant impliqué aux différentes échelles toutes les catégories dacteurs de la société civile, de ladministration, des collectivités locales et du secteur sprivé.
Le document passe un revue les principaux éléments de diagnostic permettant de réactualiser le profil de pauvreté à partir des données denquêtes les plus récentes permettant ainsi de disposer dindicateurs pertinents pour le suivi de limpact du DSRP. Le contenu des axes stratégiques est défini après une revue des problèmes internes du secteur et des politiques en cours permettant de fixer les objectifs prioritaires à poursuivre.
Lensemble des actions identifiées par les acteurs au cours du processus participatif et devant avoir un impact significatif sur la pauvreté ont été répertoriées dans une matrice de mesures. Les objectifs prioritaires et les actions correspondantes ont été identifiés dans le cadre dun plan dactions prioritaires couvrant la période 2003-2005.
Les besoins de financement des actions prioritaires ont été ensuite évalués et comparés aux ressources disponibles dans les programmes existants ou dans le PTIP. Le gap de financement à été calculé et répartit entre les engagements de lEtat et les ressources à rechercher auprès des partenaires financiers y compris le PPTE.
Sur la base dune ligne de pauvreté correspondant à une consommation de 2400 calories par personne et par jour, la première enquête budget consommation (ESAM-I) a permis dévaluer la proportion de ménage en dessous du seuil de pauvreté à 57,9% en 1994. Les premier résultats du QUID évaluent cette proportion à 53,9% en 2001. Cependant, ces taux sont largement en dessous des résultats de lEPPS (2001) où 65 % des ménages interrogés se considèrent comme pauvres et 23 % se considèrent même comme très pauvres. Par ailleurs 64 % des ménages considèrent que la pauvreté sest aggravée au cours des cinq dernières années contrairement à ce qui a été énoncé plus haut. Cette apparente contradiction résulte certainement de critères différents dappréciation de la pauvreté.
Au total, le retour de la croissance enregistré sur la période I995 - 2001 na pas suffi à garantir une réduction très significative de la pauvreté.
La stratégie de réduction de la pauvreté du Sénégal sintègre harmonieusement dans la vision du Nouveau Partenariat pour le Développement de lAfrique (NPDA) et des orientations stratégiques identifiés dans le cadre des travaux préparatoires du dixième Plan de Développement Economique et Social du pays à adopter pour la période 2002 - 2007.
Les principaux objectifs poursuivis se déclinent en trois axes prioritaires:
A court terme et sous réserve de la non-occurrence de chocs exogènes majeurs, il sagira dassurer une croissance moyenne de 7% à 8% en vue de réduire dau moins 15% le pourcentage de personnes pauvres sur la période 2003 2005, de redresser significativement le taux daccès aux soins de santé et à léducation tout en améliorant la qualité des prestations et lindice de parité entre filles et garçons dans léducation et datteindre le plus rapidement possible les recommandations de lOMS en ce qui concerne la consommation en eau potable, soit 35 litres deau par habitant et par jour.
Lanalyse du profil de pauvreté, de ses causes et manifestations, a permis de retenir une stratégie axée sur quatre leviers fondamentaux que sont : la création de richesse, le renforcement des capacités et la promotion des services sociaux de hase, lamélioration des conditions de vie des groupes vulnérables et un dispositif de mise en oeuvre et de suivi évaluation décentralisé et participatif.
En définitive, la stratégie de création de richesse qui sera le pilier principal pour lutter contre la pauvreté en milieu urbain et rural reposera sur les axes suivants :
Lidentification des activités ou domaines dactivités résultant de cette option de création de richesse ciblant les pauvre porte à retenir les secteurs suivants.
La stratégie macro-économique créatrice de richesse sera axée sur la promotion des secteurs productifs et des investissements privés par la création dun environnement économique et social favorable au développement de linitiative privée. elle sera essentiellement portée, dune part, par les exportations de biens et services ayant un fort potentiel de valeur ajoutée et faisant lobjet dune demande croissante et, dautre part, par des taux dinvestissement élevés. Lagriculture demeure encore un des secteurs les plus importants de lactivité économique. Elle occupe plus de la moitié de la population, contribue pour 10% à la formation du produit intérieur brut et absorbe en moyenne environ 10% du programme dinvestissements publics. Le secteur agricole joue également un rôle majeur dans léconomie par son apport à lamélioration de la sécurité alimentaire, par la fourniture de nombreuses matières premières a lagro-industrie (arachide, coton ..), par labsorption dune partie de la production du secteur industriel et de lartisanat (engrais, pesticides, matériel agricole...).
Plus spécifiquement, les stratégies à mettre en place permettront daugmenter le produit intérieur brut agricole grâce à la levée des contraintes auxquelles font face les paysans mais également daugmenter la sécurité économique des plus pauvres notamment les petits exploitants agricoles. Pour ce faire, le programme dactions à exécuter tournera autour des composantes essentielles suivantes : la réduction de la vulnérabilité des activités agricoles, lintensification et la modernisation de lagriculture, laugmentation et la diversification des revenus ruraux, notamment à travers la promotion des activités à forte valeur ajoutée, le renforcement du rôle des organisations paysannes, et enfin, le désenclavement des zones rurales.
Le second axe stratégique est le renforcement des capacités. Lamise en place dinfrastructures de base de qualité et mieux réparties géographiquement ainsi que la mise à la disposition des populations de services sociaux indispensables constituent des préalables pour renforcer le stock de capital humain et appoeter des solutions viables à la demande sociale à travers des investissements conséquents, notamment dans les domaines de léducation, de la santé, de lhydraulique et des transports. Tous les supports communicationnels quoffre la culture (théâtre, cinéma, dessin, peinture ) seront utilisés pour une information et une sensibilisation dans tous les domaines dintervention.
Pour léducation qualifiante des jeunes et des adolescents, les stratégies sont articulées autour de :
Pour la santé, quatre objectifs prioritaires sont retenus
Pour leau potable les objectifs prioritaires retenus sont : daccroître la qualité et le taux daccès leau potable (moins de 15 mn) qui se situe actuellement à 87,9% pour le porter à 100% à lhorizon 2010 en dotant à court terme 600 localités rurales en forages puits modernes pour les communautés nayant pas encore accès à leau potable et par la réhabilitation de 100 forages existants depuis 30 ans.
Les stratégies retenues sont centrées autour de :
Pour la mobilité, les actions viennent en appoint au Programme Sectoriel des Transports (PST 2). Ce deuxième Programme Sectoriel des Transports a pour objectif daccroître lefficacité des opérations de prestation de services et des infrastructures en vue de contribuer à la croissance économique, à la réduction de la pauvreté et à la protection de lenvironnement. Il sappuie sur les différents modes de transport interurbains et internationaux. La stratégie adoptée comprend principalement :
Le capital nature, qui contribue à renforcer la capital humain est à linstar de celui-ci un axe important de la croissance à long terme, muai s également du cadre de vie. Aussi, dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et de lenvironnement, les objectifs prioritaires suivants ont été retenus :
A cette fin, la stratégie sera basée sur une démarche qui sappuie sur :
Les axes stratégiques pour une amélioration du capital naturel reposeront sur un cadre institutionnel amélioré et une meilleure organisation de la gestion de lenvironnement, la suscitation et la stimulation des attitudes positives dappropriation des stratégies et des actions de lensemble des acteurs et la promotion de la préservation et de la protection des ressources naturelles.
En ce qui concerne laxe " Amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables ", les différents groupes sociaux (enfants, femmes. handicapés, aînés, jeunes, personnes déplacées et réfugiées. etc.).sont touchés par la paupérisation. Leur basculement dans la pauvreté crée des conditions de vulnérabilité inversement proportionnelles à leur capacité à se défendre et à réagir. Cest pour cette raison que la protection des groupes vulnérables constitue le troisième pilier de la stratégie. Ainsi, des programmes ad hoc seront mis en oeuvre pour réduire les facteurs dexclusion sociale, notamment en faveur des populations pauvres dont les capacités daction sont affectées par le statut social (genre), lâge, les handicaps physiques ou les conjonctures particulières (victimes des inondations ou des conflits sociaux et politiques), afin que ces groupes aient les mêmes chances et potentiels que les autres acteurs pour bénéficier des opportunités économiques de création de richesse et daccès aux services sociaux.
Un des enjeux principaux de la lutte contre la pauvreté est la nécessité de toucher Ptoute la population sénégalaise ciblée en répondant à ses besoins spécifiques.
Pour assurer lefficacité et la durabilité des interventions, un quatrième axe de la stratégie portera sur la mise en oeuvre dune démarche participative et décentralisée de pilotage, dexécution et de suivi-évaluation des programmes garantissant toute la célérité et la transparence nécessaires à lappropriation mais aussi assurant la cohérence avec les programmes sectoriels et les initiatives locales en cours ou planifiées.
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