Programme dAjustement du Secteur de lEducation - Republique de Guinée
Source: Gouvernement du Guinée
ENSEIGNEMENT PRE-UNIVERSITAIRE
Le Programme dAjustement du Secteur de lEducation - PASE est la concrétisation des principes déroulants de la Déclaration de Politique Éducative et de la Lettre de Politique de Développement de lEducation de 1990 précisant les objectifs. Ce programme a reçu lappui des bailleurs de fonds dont les principaux sont: la Banque Mondiale, lUSAID et la Coopération Française. A ceux-ci sont venues sajouter dautres, dont lUNICEF, lUnion Européenne, la JICA, la KFW, des ONG, soit au total près de 21 partenaires extérieurs du PASE.
Les impacts de la mise en uvre de cette politique éducative par le biais du Programme dAjustement Sectoriel de lEducation (PASE) sobservent concrètement notamment par la manifestation dune volonté politique en faveur de lécole, lamélioration sensible du budget alloué à lécole, une forte demande de scolarisation, la qualification des structures administratives. On peut noter:
Laugmentation du budget de léducation et une meilleure répartition des ressources entre les secteurs de léducation
La volonté du Gouvernement de respecter la ventilation du budget entre les différents secteurs de léducation, telle que recommandée par la Déclaration de Politique Éducative, a permis datteindre les résultats suivants:
Conformément à la politique nationale déducation et aux objectifs du PASE, la majorité de ces augmentations ont été allouées à lenseignement pré-universitaire (77% en 1992). Dans ce pourcentage, 35% ont été consacrés à lenseignement élémentaire.
Le développement institutionnel et le renforcement des capacités nationales en administration, planification et gestion
Une meilleure organisation administrative du système éducatif a été obtenue. Elle se caractérise par:
Lamélioration de laccès à lécole:
Le taux brut de scolarisation est passé de 31,8% en 1990 à 51% en 1997; le taux dinscription en 1ère année du primaire est passé de 39,42% en 1990 à 40,3% en 1998.
Bien que plus lente, on constate une progression de la scolarisation des filles. leur taux brut de scolarisation passe de 19% en 1990/91 à 36,9% en 1997/98 et leur taux dinscriptions en 1ère année évolue de 28% à louverture 1990/91 à 33,8% en 1997/98.
Pendant la même période, lenseignement privé fait ses premiers pas et représente 4,22% de lensemble des effectifs, alors quil nétait que 2,44% à louverture des classes en 1990/91.
Plus de 7 000 salles de classes ont été construites dont la moitié par les communautés villageoises.
La valorisation des ressources humaines et la rationalisation de la gestion du personnel par:
Lun des plus importants résultats du PASE est sans nul doute lengoûement en faveur de la scolarisation et la remobilisation des acteurs et des communautés en faveur de lécole.
LAppui à lEducation non Formelle
Dans le cadre de la mise en uvre progressive du plan daction national déducation de base pour tous, notre Département a entamé avec réalisme la mise en uvre dun politique cohérente et concertée de la lutte contre lanalphabétisme.
Parallèlement les centres NAFA ou école de la seconde chance sont ouverts pour les jeunes non scolarisés ou déscolarisés de 10 à 17 ans. 64 Centres NAFA dont 58 féminins sont aujourdhui fonctionnels.
Se fondant sur les acquis du PASE I, les résultats des enquêtes, des études, de lévaluation du système éducatif et des recommandations formulées par différentes expertises, le département poursuivra pour la période 1995 - 2000 dans le cadre du PASE II, les objectifs suivants:
Au titre des acquis du PASE II, opérationnel depuis 1996 et dont les objectifs ont été définis dans la Deuxième Lettre de Développement de lEducation, on peut notamment citer:
La loi dorientation de lEducation, le Décret sur lorganisation du système Éducatif, larrêté sur les Règlements généraux des Examens, le Décret fixant les modalités dapplication de lordonnance portant création du statut de lécole privée en République de Guinée ont été adoptés et promulgués.
Ils constituent au plan réglementaire et juridique une avancée significative qui permettra déviter le pilotage à vue, limprovisation et de renforcer le contrôle pédagogique dans la recherche de la qualité de lEducation.
La situation actuelle du programme du pré-universitaire se présente comme suit:
Evolution des élèves, des enseignants et infrastructures du primaire et du secondaire de 1990 à 1997
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Désignation |
1990 |
1997 |
1998 |
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|
Enseignement élémentaire |
||||
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Élèves |
Total Filles % Filles |
310.064 95.924 30,94% |
649.835 233.415 35,92% |
674.732
249.088 36,91% |
|
T.B.S (Taux brut de scolarisation) |
Garçons + Filles Filles Garçons |
310.064 95.924 30,94% |
50,5% 35,5% 66,0% |
51%
36,9% 65,7% |
|
T.B.I (Taux brut d'inscription) |
Garçons + Filles Filles Garçons |
39,42% |
48,9% 40,2% 57,9% |
40,3%
33,8% 47,1% |
|
Enseignants |
Total Femmes % Femmes |
8.140 1.817 22,10% |
13.234 3.281 24,79% |
13.883
3.405 10.478 |
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Infrastructures |
Nombre d'écoles Nombre de classes |
2.401 7.615 |
3.534 13.836 |
3.723
14904 |
|
Enseignement secondaire |
||||
|
Elèves |
Total Filles % Filles |
71.970 17.453 24,25% |
143.243 36.817 25,70 |
153.661
39.449 25,67 |
|
Enseignants |
Total Femmes % Femmes |
3.904 449 11,50% |
4.958 524 10,56% |
5.099
573 11,23% |
|
Infrastructures |
Nombre d'écoles Nombre de classes |
226 1.591 |
310 2.513 |
329
2.704 |
ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET FORMATION PROFESSIONNELLE
Ladoption en Janvier 1994 dune déclaration de Politique en matière dEnseignement Technique et de la Formation Professionnelle à conduit à la création dun Ministère chargé de cet ordre denseignement. Cette volonté du Gouvernement trouve son appui sur une série détudes et danalyses qui se veulent une reforme en profondeur de ce sous secteur pour le rendre performant.
Globalement la réforme vise les objectifs suivants:
Plus spécifiquement, elle entend fournir une main duvre qualifiée dans chaque région du territoire national; contribuer à linsertion économique et sociale des déflatés et des diplômés sans emploi; préparer les jeunes à la création et à la gestion de petites ou moyennes entreprises et les encourager à lauto-emploi; permettre aux filles / femmes davoir un meilleur accès au marché de lemploi:
Suite à la mise en uvre de la réforme, le système sera capable de fournir en quantité et en qualité les ouvriers et techniciens qualifiés requis par le marché de lemploi:
Dans cette optique, létablissement denseignement deviendra le lieu dune série dactivités portant sur la fourniture de biens et des services, la formation initiale et continue et lapprentissage modulaire de petits métiers.
Le Ministère de lEnseignement Technique et la Formation Professionnelle vise également lamélioration sensible des compétences pédagogiques et techniques du personnel enseignant par la mise en place de programme de formation et de perfectionnement continus de même que par lorganisation de stages en gestion dentreprises. Un processus daccréditation des enseignants sera instauré.
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET RECHERCHE SCIENTIFIQUE
En 1984, la Guinée comptait 10.994 étudiants représentés dans 39 Institutions dEnseignement supérieur avec 1981 enseignants.
Reconnaissant les graves distorsions du sous-secteur, ainsi que labsence de viabilité financière et qualitative, suite aux états généraux de lEducation, un vaste programme damélioration de lefficacité et de la qualité a été initié dans la Déclaration de Politique Éducative.
Actuellement, le sous secteur compte deux (2) Universités, trois (3) Instituts Supérieurs Spécialisés avec 8.151 étudiants et 766 enseignants-checheurs permanents. La Recherche Scientifique et Technique a connu aussi dimportantes mutations. Le rattachement de certaines institutions de recherche à dautres Ministères laisse sous la tutelle du Ministère de lEnseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique 7 centres de recherche et 3 établissements de documentation.
La réduction notoire des effectifs et la décision récente daccorder aux Institutions dEnseignement Supérieur (IES) et de recherche (IRST) une plus grande autonomie de gestion témoignent de la détermination du gouvernement à mettre en place des Institutions de qualité. Cependant le niveau des ressources matérielles et financières disponibles, la pertinence de programmes denseignement et de recherche, lefficacité de gestion, tout comme le qualité des universitaires sortants et des produits de recherche sont encore loin en dessous des résultats escomptés.
Cest pour cette raison que le Gouvernement a décidé de redéfinir sa stratégie de développement dans ce sous secteur.
La problématique actuelle du sous secteur repose en termes de pertinence de la formation et des efforts de recherche. Les préoccupations majeures en matière de développement de sous secteur sont les suivants:
A lhorizon 2000, deux objectifs stratégiques sont visés:
En 1996, le Gouvernement a bénéficié dans ce cadre dun Projet dAppui de la Banque Mondiale, le projet dAppui à lEnseignement Supérieur (PADES). La mise en vigueur du programme a été précédée en 1995, de lélaboration dun cadre de réflexion et de conception de la Lettre de politique.
Celui-ci pose la problématique du sous secteur en termes de:
Le cadre de réflexion insiste sur la nécessité daxer la stratégie sur les renforcements de lautonomie des institutions et établissements dune relation ouverte et flexible entre lEnseignement Supérieur et l'environnement Èconomique (formation la carte et spÈcialisation dans les disciplines de pointe).
LES ENJEUX ACTUELS DE L'EDUCATION
Malgré les grands efforts consentis par le Gouvernement dans le secteur de léducation avec lappui constant des bailleurs de fonds, des nombreux problèmes existent encore dont la solution conditionne la réussite des programmes de valorisation des ressources humaines nationales.
Lon peut notamment constater aujourdhui:
Dans un contexte de pénurie de ressources budgétaires et de contraintes de lajustement, ces problèmes pris dans leur globalité induisent des effets négatifs sur la qualité et léfficacité de léducation, malgré les nombreux acquis quantitatifs et au plan de la gestion du système.
Pour atteindre la scolarisation universelle, alphabétiser la majorité des Guinéens, Èteindre les disparités entre filles et garçons dans laccès à lécole et la poursuite des études, donner un enseignement de qualité offrant des ouvertures sur le milieu, la vie socio-professionnelle et le monde moderne, les efforts consentis devront se poursuivre, se rationaliser davantage dans le cadre dune meilleure gestion des ressources disponibles.
Le problématique actuelle de lEducation au niveau de lenseignement Pré-Universitaire appelle un programme vaste,
multidimentionnel prenants en compte les acquis et les faiblesses du système, qui porte sur lensemble du territoire et concerne aussi bien lélèmentaire, le secondaire que le non formel (Alphabétisation, Centre NAFA) et linformel. Cest à ce prix que le programme de valorisation des ressources humaines nationales atteindra son efficacité optimale pour un meilleur développement économique et social.
En raison notamment de la démographie galopante, le nombre d'enfants en âge d'entrés à l'école augmente dans la même proportion. Les défis à relever exigent de gros efforts dépassant les capacités de financement des Etats.
Si l'aide multilatérale à l'éducation est importante, elle ne saurait suffir. Un programme comme le PASE n'aurait pas atteint ses objectifs quantitatifs et qualitatifs sans le complément de l'aide bilatérale, la mobilisation des ressources de l'Etat, des Communautés et des ONG nationales et étrangères.
Le renforcement du partenariat autour de l'école et la mise à profit des moindres possibilités de la coopération multilatérale et bilatérale sont des exigences incontournables pour atteindre les objectifs éducationnels.
Certes, la mise en jeu de nombreux acteurs, partenaires et intervenants autour d'un secteur aussi spécifique que l'Education pose notamment d'énormes problèmes de gestion, de coordination des interventions des Bailleurs de Fonds et de suivis sur le terrain. La concertation entre tous ces partenaires aussi bien au niveau du ficelage des projets éducatifs qu'au niveau de leur mise en oeuvre sur le terrain et la prise en compte déterminée des besoins réellement ressentis par les populations bénéficiaires. La réalisation d'économies substantielles et la prévention des dérapages sont à ce prix.
Le développement accéléré de l'Education exige le renforcement du principe de partage des coûts sur la base d'un partenariat entre l'Etat, les Bailleurs de Fonds, les collectivités décentralisées, les communautés et les parents d'élèves.
Les résultats obtenus en matière d'Education en moins d'une décennie font de la Guinée un exemple à suivre dans la sous-région. L'expérience du PASE suscite l'intérêt de la communauté internationale et autorise la mise en oeuvre d'autres programmes visant la scolarisation universelle, l'alphabétisation de la majorité de la population et le renforcement de la qualité et de la pertinence de l'Education.
Voilà que se dessine aujourd'hui avec l'appui des Bailleurs de Fonds, un programme "d'Education pour Tous" pour la période 2000-2005 et répondant dans une certaine mesure à la problématique que nous venons de situer. Ce programme s'appuiera sur l'Initiative des Nations Unies soutenue par la Banque Mondiale et s'inscrira tout naturellement dans la "Vision 2010" du Gouvernement de la République et le Programme Mondial adopté à Jomtien en Thaïlande en 1990.
Par ailleurs, il faudrait adopter des politiques de lEnseignement Secondaire, de lEnseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. En ce qui constitue la vision globale sectorielle, les défis à relever dans un proche avenir sont aussi identifiÈs travers les programmes sous sectoriels existants et en gestation.
A lhorizon 2000, la politique éducative vise les objectifs suivants:
Au plan quantitatif: laccroissement de taux brut de scolarisation de 28% à 60% (43%) pour les filles; un taux dadmission en 1ère année de 70%; une augmentation des effectifs du secondaire de 71.000 à 80.000 élèves et ceux du supérieur de 6.000 à 9.000 étudiants. La stabilisation du nombre délèves de lEnseignement Technique autour de 6.000; la construction de 1.500 à 2000 nouvelles classes par an; la rénovation et léquipement des Établissements dEnseignement Professionnelle et Supérieur.
Au plan qualitatif: Laugmentation du nombre et la qualification professionnelle des personnels au niveau des différents cycles. Les stratégies envisagées pour atteindre ces objectifs portent notamment sur laugmentation des dépenses de fonctionnement de
lEducation de 13% à 20% des dépenses publiques totales, laccroissement des dépenses investissements de 6% à 12% du PIP, et laffectation de 65% des dépenses dinvestissements de lEducation à lEnseignement Primaire.
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