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Promotion des questions de genre

Le rôle des syndicats dans la promotion de l'égalité des genres et la protection des travailleuses vulnérables
Premier rapport de l'étude OIT-CISL

1. Buts du rapport et sa base d'information

Dans de nombreux pays, les femmes représentent maintenant près de la moitié de la force de travail. Mais l'augmentation quantitative de la participation des femmes à la force de travail n'est pas allée de pair avec des améliorations qualitatives. « La qualité des emplois de nombreuses femmes, surtout dans les pays en développement, est aussi lamentable que l'attention prêtée à leur droit de s'organiser afin de mieux se défendre ». La ségrégation au travail persiste ; le plafond de verre est fêlé mais pas cassé ; les inégalités de salaire subsistent ; la majorité des femmes occupent des « emplois de femmes » caractérisés par un statut irrégulier, l'insécurité, des salaires inférieurs et bien souvent des risques sérieux pour leur santé ainsi que des problèmes de sécurité au travail. Et les femmes supportent encore le gros des responsabilités familiales. La crise financière asiatique et les effets déferlants des troubles économiques et politiques ont eu un impact disproportionné sur les femmes. La liberté d'association est aussi fortement menacée en ces temps de troubles économiques. Des exemples abondent de formes tant ouvertes que subtiles de violation des droits syndicaux et il est clair que ces violations sont plus sérieuses pour les femmes que pour les hommes.

La façon dont le mouvement syndical répond à ces défis est critique, en termes de sa capacité de répondre aux besoins des travailleuses et, plus généralement, de jouer un rôle efficace dans le dialogue social et l'action sociale dans le contexte de la mondialisation. L'intérêt pour la promotion de l'égalité des genres et la protection des travailleuses vulnérables peut fournir des bases communes aux acteurs syndicaux aux niveaux local, national et international, leur permettant de démontrer qu'ils ont leur place dans cet ordre économique et social en plein changement et d'augmenter leur influence.

Ce rapport décrit l'action des syndicats pour promouvoir l'égalité des genres au sein de leurs propres structures internes, sur le lieu de travail et dans la société en général aux niveaux local, national et international. Il aborde l'impact de la mondialisation et des récents changements survenus sur le marché de l'emploi sur la capacité des syndicats à organiser les travailleurs. Il insiste surtout sur les efforts innovateurs des syndicats pour organiser les travailleuses atypiques ou « difficiles à organiser » et pour forger des alliances nationales et internationales avec d'autres organisations et groupes civils sur base des préoccupations de genres.

L'information pour le rapport a été collectée grâce à un effort de partenariat actif entre le Programme international pour davantage et de meilleurs emplois pour les femmes (WOMEMP), de l'OIT, le Bureau pour les activités des travailleurs (ACTRAV), de l'OIT et le Comité des femmes de la Confédération international des syndicats libres, CISL. Un des principaux objectifs de WOMEMP est de promouvoir des politiques et des programmes plus efficaces et durables ainsi qu'une bonne pratique pour augmenter l'égalité des genres. Tant pour l'OIT que pour la CISL cette activité fait partie du suivi de la Quatrième conférence des Nations Unies sur les femmes et elle devrait fournir des éléments utiles pour les discussions de Beijing +5 en l'an 2000. Pour la CISL, elle contribue aussi à la réalisation du Programme d'action pour l'intégration des femmes dans les organisations syndicales et elle servira de base aux discussions de la 7ème Conférence mondiale des femmes, de la CISL à Rio de Janeiro en mai 1999.

La principale source d'information était des questionnaires(1) spécialement conçus et envoyés à tous les affiliés de la CISL et aux Secrétariats professionnels internationaux (SPI) à la fin de 1998. Certains SPI, comme l'Internationale des services publics (ISP) et la Fédération internationale des métallurgistes (FIM) ont également envoyé les questionnaires à leurs affiliés. Beaucoup de réponses au questionnaire étaient précodées, mais on avait encouragé les centres nationaux et les syndicats locaux à ajouter des documents supplémentaires : rapports, brochures, descriptions des fonctions de l'unité des femmes, constitutions des syndicats, conventions collectives, publicités, bulletins, etc. Des études de cas ont également été réalisées dans plusieurs pays afin de compléter les questionnaires. Des réponses au questionnaire sont encore en train d'arriver mais ce rapport se limite aux informations reçues en date du 31 mars 1999.

Un total de 217 questionnaires complétés a été reçu en provenance de 57 centres nationaux et 160 syndicats. La ventilation par région se trouve au (Tableau 1). On y voit qu'environ la moitié de l'échantillon provient des pays développés, industrialisés et l'autre moitié des pays en développement et en transition. Les syndicats représentent un large éventail de secteurs et d'emplois, certains dominés par les hommes, d'autres par les femmes.

2. La position des femmes dans les syndicats

Parmi les syndicats étudiés, beaucoup ont fait état d'une diminution plutôt que d'une augmentation du nombre de membres depuis 1995. Là où il y a eu une augmentation, il est très probable que ce soit dû aux femmes ;; autrement dit, il est probable que la chute du nombre de membres soit plus attribuable aux hommes qu'aux femmes(Tableau 2). Le nombre de femmes syndiquées a augmenté surtout parce que les femmes représentent le gros de la croissance de la force de travail ou parce qu'il y a eu des campagnes spécifiques de recrutement et de publicité adressées aux femmes.

Toutefois, le nombre de femmes qui se syndicalisent est encore inférieur à celui des hommes (Tableau 3). Dans quasi un tiers des syndicats, moins de 30% des membres sont des femmes et dans 60% des syndicats, moins de la moitié des membres sont des femmes. Mais la majorité des syndicats prétendent que le nombre de femmes syndiquées est égal ou supérieur à leur proportion dans la force de travail (Tableau 4). Il apparaît donc que la représentation généralement faible des femmes dans les syndicats peut être largement due à leur participation relativement plus faible à la force de travail par rapport aux hommes.

Les femmes n'ont pas de représentation proportionnelle dans la direction syndicale. Les femmes occupent moins du tiers des fonctions supérieures de prise de décision dans plus de 60% des syndicats étudiés. En réalité, 7% des syndicats n'ont pas une seule femme dans les strates supérieures de décision (Tableau 3).

Le Tableau 5et la Case 1 montrent les facteurs qui empêchent les femmes de se syndiquer. Le facteur le plus fréquemment cité, et identifié comme étant le plus important, est que les femmes ne comprennent pas comment les syndicats peuvent les aider, ce qui implique que les syndicats ont encore beaucoup à faire en matière de publicité, afin d'améliorer leur image publique et de développer la prise de conscience des travailleuses quant aux bénéfices du syndicalisme. De tels efforts de sensibilisation sont aussi nécessaires parce que beaucoup de femmes manquent d'éducation ou de confiance en soi pour se syndiquer. Un autre facteur fréquemment identifié est que les femmes n'ont pas le temps de se syndiquer à cause des responsabilités familiales incompatibles. Elles sont aussi souvent confrontées aux objections de leurs conjoints ou de leurs familles, ou il y a encore des contraintes religieuses ou culturelles. Dans l'environnement de travail, surtout dans les industries orientées vers l'exportation, mais aussi dans de nombreux services publiques, la principale contrainte est que les femmes craignent les représailles de la part des employeurs (y compris la perte de l'emploi). Puisque les femmes se trouvent de plus en plus dans des formes atypiques de travail, elles sont généralement plus difficiles à joindre et à organiser. En outre, la culture ou les activités d'un syndicat, dominées par les hommes, ou des réactions hostiles de la part des collègues hommes découragent souvent les femmes. Plusieurs syndicats ont également signalé les cotisations élevées comme étant une barrière.

Plus de trois quarts des syndicats et 86% des centres nationaux prétendent que les femmes syndiquées participent à toutes les activités syndicales et qu'elles ne se laissent pas confiner à certaines activités ou à des activités réservées aux femmes (Tableau 6). Mais environ un tiers des syndicats et des centres nationaux pense que les femmes syndiquées sont moins impliquées dans les activités syndicales que les hommes (Tableau 7).

3. La promotion de l'égalité des genres au sein des structures syndicales

Environ 43% des syndicats locaux et plus des deux tiers des centres nationaux ont entrepris des mesures spéciales pour recruter des femmes (Tableau 8). Beaucoup ont adopté une approche multiple du recrutement qui consiste en une série de stratégies sur une certaine période de temps. La formation d'une unité des femmes est normalement un point central parmi les efforts d'organisation. Les efforts visant à organiser une série intensive d'activités au cours desquelles on encourage les femmes à participer donnent généralement des résultats encourageants. Demander les points de vue des travailleuses, écouter leurs problèmes et leurs attentes dans des fora (tels que des cercles d'étude réservés aux femmes) où elles se sentent en confiance pour exprimer leurs opinions, semblent être de meilleures stratégies que la simple information sur leurs droits. Certains syndicats soulignent aussi l'importance de la création d'une image publique positive, en publiant des communiqués de presse fréquents ou des bulletins d'information sur les activités du syndicat. Là où les efforts de recrutement n'ont pas été couronnés de succès, les syndicats mentionnent le manque de finances et d'expertise, les difficultés pour atteindre les travailleuses dans des formes atypiques de travail et dans les petites entreprises, ainsi que l'hostilité ou le manque de soutien des dirigeants syndicaux hommes.

Des exemples de mesures de recrutement visant les femmes sont signalés à la Case 2. Certains syndicats adoptent un modèle d'organisation pour mobiliser les femmes syndiquées, en insistant sur une action collective telle que indiquée à la Case 3. Dans de nombreux pays en développement, les syndicats ont cependant tendance à compter sur la fourniture d'un service comme stratégie de recrutement (Case 4), en montrant aux femmes des exemples pratiques de la façon dont les syndicats peuvent les aider.

Conformément aux recommandations du Programme d'action de la CISL pour l'intégration des femmes dans les organisations syndicales, six syndicats sur dix et sept centres nationaux sur dix ont signalé qu'ils avaient adopté des actions positives ou affirmatives pour augmenter la participation des femmes aux fonctions de direction. Le Tableau 9 montre que des sièges réservés ou additionnels restent le moyen préféré d'action positive, la double nomination étant la mesure la moins appréciée. Dans la Case 5, certaines de ces mesures sont développées et d'autres efforts spécifiques y sont décrits, y compris des réformes statutaires, des plans spécifiques pour atteindre les buts de représentation des femmes, la prise de conscience, la formation des dirigeantes et la publication régulière des statistiques sur les progrès. L'échec des efforts entrepris dans ce sens est souvent attribué à des contraintes telles que les responsabilités familiales des femmes, le manque de soutien des autres femmes pour les dirigeantes et la résistance des hommes.

Environ 93% des centres nationaux et 76% des syndicats déclarent avoir établi une certaine structure interne pour promouvoir l'égalité. Environ trois quarts des centres nationaux et la moitié des syndicats ont créé des comités des femmes/pour l'égalité, un pourcentage inférieur des deux a nommé des responsables des femmes/pour l'égalité et encore moins ont créé des départements des femmes/pour l'égalité (Tableau 10). Ces structures internes sont dotées d'un statut réglementaire dans environ la moitié des centres nationaux et des syndicats, tandis que le reste a un rôle consultatif (Tableau 11). Il est décevant de remarquer que seul un tiers environ des centres nationaux et des syndicats signale que les structures créées ont une influence significative sur les organes supérieurs de décision. Moins de 75% des unités des femmes/pour l'égalité dispose d'un budget régulier et, parmi celles-ci, moins de la moitié pense que ce budget suffit (Tableau 12).

Les syndicats disposent aussi d'autres mesures moins formelles pour augmenter la représentation des femmes, telles que veiller à ce que les activités soient réalisées à des moments qui conviennent aux femmes et qu'une garde des enfants soit prévue (Tableau 13 et Case 6) ainsi que prêter plus d'attention aux questions des genres dans leurs publications, documentation, bulletins, discours officiels, etc. (Tableau 14). Un grand nombre de syndicats qui signale avoir organisé des activités spécifiques pour les femmes estime que ce sont des réussites surtout parce que ces activités répondent directement aux besoins des femmes sur le lieu de travail et à l'extérieur, qu'elles leur permettent de participer en se sentant à l'aise, qu'elles les aident à avoir confiance et qu'elles les font sentir que le syndicat est important pour elles.

La mesure peut-être la plus commune pour promouvoir la solidarité entre les membres femmes et hommes est la prise de conscience des questions des genres et la formation en matière d'égalité. Beaucoup de syndicats ont signalé des activités spécifiques telles que des cours sur les « Soeurs et frères travaillant ensemble » et des discussions sur le machisme. La solidarité s'est encore développée en faisant participer les femmes et les hommes à des campagnes conjointes sur des questions d'intérêt commun, telles que le travail des enfants, les congés de paternité payés, une campagne « pas de démocratie sans équilibre » afin d'augmenter le nombre de femmes candidates aux élections nationales, etc. Un syndicat, qui a remarqué un problème largement répandu là où les hommes ne réalisent pas tout leur potentiel par rapport à leurs études, a organisé un groupe d'hommes et il propose d'effectuer une étude sur la question.

4. La promotion de l'égalité des genres sur le lieu de travail

Dans le passé, beaucoup de questions liées à l'égalité étaient traitées comme des préoccupations personnelles plutôt que collectives. Mais maintenant, les syndicats soulignent de plus en plus l'importance de la promotion de l'égalité par le biais des conventions collectives (Case 7).

Plus d'un tiers des syndicats et plus de la moitié des centres nationaux qui ont participé à des négociations pour des conventions collectives ont adopté une politique spécifique de participation des femmes aux équipes de négociation (Tableau 15), et beaucoup ont instauré la formation pour les déléguées en techniques de négociation et en préparation de documents de négociation. Le degré de participation des femmes aux négociations pour les conventions collectives semble néanmoins varier énormément : certains syndicats ont des quotas pour la participation des femmes ; d'autres stipulent que certaines femmes membres du bureau doivent être incluses dans les équipes de négociation ; d'autres encore n'incluent des femmes dans les équipes que si il y a des questions qui les intéressent tout particulièrement. En général, lorsque des politiques explicites ont été adoptées pour inclure des femmes dans les négociations pour les conventions collectives, elles ont été appliquées avec succès.

La question la plus souvent reprise dans les conventions collectives est celle du congé de maternité (Case 8). Les questions liées à la maternité (allaitement maternel, congé de paternité, droits spéciaux pour les femmes enceintes, garde des enfants et congé de maternité/paternité) étaient celles que l'on proposait le plus souvent d'inclure dans les conventions. Il y avait d'abord la question de la protection de la maternité, suivait de près celle de l'égalité des salaires. Plus d'un tiers de tous les syndicats et centres nationaux ont aussi négocié une politique contre le harcèlement sexuel dans leurs conventions collectives. Lorsque les questions relatives aux genres ne sont pas incluses dans les conventions, c'est souvent parce qu'elles sont déjà couvertes par la législation.

En général, les questions des genres incluses dans les conventions ont été identifiées conjointement par les membres hommes et femmes et non uniquement par les femmes (Tableau 16). Lorsque la question a été soulevée surtout par un sexe, c'était plus probablement par des femmes. L'inclusion de certaines questions des genres dans les conventions a également été promue par d'autres sources, y compris les employeurs, les femmes politiques, le gouvernement national et parce que la question a été posée suite au dépôt d'une plainte. La CISL, les SPI et les centres nationaux peuvent également jouer un rôle important. Le procédé à suivre pour inclure les questions des genres dans les conventions collectives comprend normalement les mesures signalées à la Case 9.

La promotion de l'égalité des genres sur le lieu de travail ne termine pas lorsque la convention collective est signée. Parmi ceux qui disposent d'une convention collective, environ 60% des syndicats et 75% des centres nationaux surveillent systématiquement la mise en œuvre des dispositions sur l'égalité des genres prévues dans les conventions collectives (Tableau 17). Certaines procédures de suivi sont informelles ou ad hoc, réalisées par des dirigeants syndicaux ou en cas de plainte. Des efforts plus systématiques de suivi consistent à instaurer des procédures régulières de rapport et à effectuer des statistiques. Dans de nombreux cas, le suivi couvre la mise en œuvre de toute la convention, et pas uniquement des dispositions relatives à l'égalité. Néanmoins, dans certains cas, on prête une attention spéciale aux clauses relatives aux genres, avec rapport à un organe supérieur ou externe. Plusieurs syndicats collectent également des statistiques ventilées par genre afin de suivre de plus près l'engagement, le renvoi et les promotions, la participation aux programmes de développement des ressources humaines et les dispositions relatives à l'égalité des salaire.

En plus des conventions collectives, plusieurs autres initiatives sont signalées à la Case 10, qui font beaucoup pour améliorer les conditions de travail des femmes et surtout pour réduire leurs tâches familiales. Ce qui frappe dans ces initiatives, c'est leur nature tripartite et le lien entre la promotion de l'égalité sur le lieu de travail et le rôle public des syndicats. C'est quand les syndicats participent aux pressions pour une meilleure législation et au suivi de la mise en œuvre de cette législation, qu'ils participent aux campagnes publiques de prise de conscience, qu'ils travaillent de près avec le gouvernement et les employeurs et qu'ils forment des alliances avec d'autres groupes civils qu'ils sont les plus efficaces pour la promotion de l'égalité des genres sur le lieu de travail.

5. Organiser les travailleuses non organisées et protéger celles qui sont vulnérables

Environ un cinquième des syndicats et un quart des centres nationaux ne ciblent actuellement pas les travailleurs « atypiques » dans leurs efforts de mobilisation (Tableau 18). Mais beaucoup plus signalent qu'ils ont des plan à l'avenir allant dans ce sens car ils reconnaissent que ces travailleurs sont beaucoup trop nombreux pour les ignorer. De plus, les syndicats souhaitent changer la perception selon laquelle ils ne représentent que les travailleurs employés dans des formes de travail typiques ou standards. Les groupes de travailleurs atypiques les plus souvent ciblés sont (par ordre du chiffre total de syndicats et de centres nationaux qui font des efforts d'organisation) : les travailleurs intérimaires, les apprentis et ceux qui sont en stages de formation, les travailleurs à temps partiel, les travailleurs contractuels, les travailleurs occasionnels, les travailleurs indépendants, les travailleurs à domicile, les télétravailleurs et les travailleurs du secteur informel.

L'organisation de stratégies ciblant les travailleurs atypiques n'est pas encore une activité prioritaire( (Tableau 19 et 20). Plutôt que d'organiser ces travailleurs, les syndicats signalent que leur approche devrait être de les orienter, de les former et de les aider à développer leur capacité de s'organiser eux-mêmes et de forger des alliances avec eux. Les principaux problèmes pour les syndicats qui veulent organiser les travailleurs atypiques sont les barrières juridiques, la menace de représailles par des employeurs hostiles, le manque de conscience des travailleurs atypiques des bénéfices de la syndicalisation, la résistance des syndicalistes « purs et durs » et, autre facteur important, le coût élevé des campagnes pour faire de nouveaux membres.

Lorsque les syndicats ont donné la priorité aux efforts pour organiser les travailleurs atypiques, ils ont généralement réussi. Certains exemples de succès sont résumés à la Case 11, y compris : (a) atteindre les travailleurs atypiques et leur faire prendre conscience de leurs droits en tant que travailleurs ainsi que des bénéfices de la syndicalisation. Pour établir des contacts, les syndicats doivent souvent travailler avec d'autres organisations au niveau des communautés et avec des ONG. Les activités de groupe organisées autour de projets générateurs de revenus, de programmes d'éducation et de formation, de loisirs, etc. sont généralement les fora utilisés pour faire prendre conscience aux travailleurs des actions collectives ; (b) adopter une approche plus holistique de l'organisation et de la fourniture de services spéciaux pour répondre à leurs besoins, tels que l'aide pour régulariser leur statut d'employé, l'accès à l'assurance médicale, les fonds de santé, les allocations de chômage, les coopératives, etc. ; (c) changer les statuts du syndicat ou ses structures internes afin de tenir compte des travailleurs atypiques (Tableau 21). Les amendements constitutionnels couvrent le droit d'être membre, la participation aux équipes de négociation, la couverture dans les conventions collectives et l'organisation de services spéciaux, tandis que les structures incluent des organisateurs à temps plein ou des unités spéciales ; (d) les inclure dans les conventions collectives (Tableau 21), soit pour surmonter les désavantages que subissent les travailleurs atypiques, soit pour régulariser leur statut et (e) les aider à former leurs propres associations ou syndicats. Il existe de nombreux exemples de syndicats qui aident ces travailleurs à renforcer leurs capacités afin de former leurs propres organisations et qui gardent ensuite des contacts étroits avec eux.

Dans leurs efforts pour organiser dans la diversité, pour « partager la table et créer des espaces », les syndicats ont visé les femmes (et les hommes) qui sont : jeunes, vieux, émigrés, handicapés, indigènes ou de couleur, lesbiennes et homosexuels. Ils visent aussi les groupes de femmes particulièrement vulnérables tells que celles qui travaillent dans les zones franches d'exportation (ZFE) et les domestiques (Tableau 22 et Case 12). En défendant les droits de ces groupes ou en leur fournissant une aide directe, les syndicats entrent en contact direct ou travaillent de près avec d'autres associations et des ONG qui ne sont pas liées au monde du travail. Les causes de ces groupes représentent donc des bases importantes pour que les syndicats forgent des alliances avec d'autres organisation.

Le fait que beaucoup de syndicats aient un département consacré aux jeunes et qu'ils aient prévu un budget pour les organiser, reflète leur importance : ils représentent l'avenir des syndicats et ils sont capables de beaucoup d'activisme. Les syndicats vont à la rencontre des jeunes dans les écoles, ils gèrent des centres pour les jeunes, ils les aident à chercher un emploi, ils leur offrent des services de conseil, y compris des cours sur le harcèlement sexuel, etc. Les syndicats s'occupent des personnes âgées, surtout pour protéger ceux qui, étant près de la retraite, risquent de perdre leur emploi ou pour faire face aux problèmes des retraités. Certains syndicats ont des plans d'action pour les handicapés, y compris l'élimination de la discrimination grâce aux conventions collectives, à des programmes spéciaux d'assistance et à la prise de conscience, par leurs membres, des questions liées aux handicapés. Les syndicats ont aussi milité pour l'adoption de politiques relatives à l'orientation sexuelle, en établissant des structures pour les activistes lesbiennes et homosexuels, en faisant prendre conscience des questions liées aux L&H sur le lieu de travail et en soutenant le travail international de solidarité. Bien que certaines préoccupations des peuples indigènes et des tribus se situent au-delà de la couverture habituelle du travail organisé, certains syndicats ont commencé à défendre leurs droits, à leur fournir une assistance directe et à représenter leurs préoccupations dans les fora internationaux appropriés. Un certain nombre de syndicats a établi des programmes spéciaux pour aider les travailleuses immigrées au niveau international qui deviennent domestiques ou qui s'engagent dans l'industrie des loisirs où elles sont particulièrement vulnérables à l'exploitation et à l'abus de la part des employeurs et d'agents sans scrupules. Il existe de nombreux exemples de syndicats qui ont réussi à aider les travailleurs domestiques, tant au niveau international que local, à fonder leurs propres associations ou syndicats ; ils ont aussi fait du lobbying pour que les travailleurs domestiques soient reconnus dans le code du travail d'un pays. Les syndicats ont aussi aidé les femmes des ZFE à former des syndicats ou à adhérer à ceux existants, grâce à des actions de solidarité, à l'aide financière (telle que le fond de justice sociale) ou à la formation d'organisateurs et au soutien de ceux-ci. Dans de nombreux cas, vu la force des compagnies multinationales qui opèrent dans les zones ou les règlements gouvernementaux qui limitent la liberté d'association, les syndicats ont dû compter sur des alliances et des actions transnationales pour soutenir ces travailleurs des ZFE.

6. Les syndicats dans un monde changeant : élever leur profil et forger des alliances

Les récents développements opérés dans l'économie mondiale et sur le marché du travail qui représentent un défi, pour ne pas dire une menace, pour le nombre de membres des syndicats et leur influence sont énumérés dans le Tableau 23 et la Case 13. Pour répondre à ces défis et pour réaffirmer et renforcer leur rôle parmi les travailleurs et dans la société civile, les syndicats ont adopté différentes mesures, telles que soulignées dans la Case 14, y compris : (a) construire l'activisme parmi les membres femmes et hommes, en leur rappelant pourquoi ils sont syndiqués et en les revitalisant en cherchant sérieusement à connaître leurs points de vue et en répondant à leurs besoins, en les faisant participer à des actions pour l'amélioration des conditions de travail et à des campagnes publiques, etc. ; (b) améliorer les communications avec les membres et le public en général, pour qu'ils soient plus visibles surtout là où ils ont réussi dans leurs actions pour les travailleurs ; (c) renforcer leurs relations avec les média (Tableau 24) pour transmettre un message positif et améliorer leur image publique ; et (d) promouvoir le syndicalisme communautaire, c'est-à-dire encourager la création de forts partenariats entre le monde du travail et la communauté afin de contrecarrer les tactiques de division des entreprises et des gouvernements et de renforcer l'engagement public vis-à-vis de la justice sociale.

Le syndicalisme communautaire est une manière efficace d'étendre la base des membres des syndicats, de construire la solidarité par delà les communautés et les différents groupes et de faire avancer le programme de l'égalité. Pour stimuler le syndicalisme communautaire, les centres nationaux et les syndicats ont forgé des alliances (Tableau 25) avec d'autres syndicats dans le même secteur, dans le même pays ou au niveau international, avec des instituts académiques et de recherche, avec des organisation politiques, des groupes religieux et plusieurs ONG qui ont traditionnellement été les rivaux des syndicats. L'éventail des organisations nationales et internationales avec lesquelles les syndicats ont établi des liens se trouve à la Case 15.

La variété de stratégies que les syndicats utilisent pour établir/renforcer les contacts ou construire des coalitions avec d'autres groupes ou organisations apparaît dans les Cases 16 et 17. Ces stratégies ont plus de chances de succès là où  il y a : une cause commune pour une action conjointe et la solidarité ; un bénéfice mutuel qui en résulte; le soutien de l'opinion publique ; la capacité de capitaliser le soutien des consommateurs ; une structure ou un cadre établi pour les alliances ; le respect mutuel pour les perspectives de différentes organisation et un moyen d'atteindre les groupes difficiles à atteindre en temps normaux. Beaucoup de syndicats utilisent leur expertise, leur expérience et leurs ressources particulières pour construire le syndicalisme communautaire, y compris en aidant les ONG à réaliser des programmes d'éducation et de formation, tels que ceux destinés aux femmes dans le secteur informel.

Les syndicats risquent de sentir qu'il est plus facile de forger des alliances sur base d'autres questions sociales ou politiques que le genre (Tableau 26). Apparemment, les questions des genres ne sont pas considérées comme étant des questions suffisamment « brûlantes » pour galvaniser les syndicats et les autres groupes civils afin qu'ils se regroupent en vue d'actions conjointes concertées. Les exceptions se trouvent plutôt là où il y a des dimensions politiques supplémentaires, telles que promouvoir une nouvelle loi sur l'égalité et obtenir que les femmes occupent des positions politiques. Les bases communes pour que les syndicats travaillent avec d'autres groupes comprennent les questions sociales (santé, éducation, environnement, drogues, alcool, délinquance et violence, réductions gouvernementales des programmes sociaux, protection des consommateurs), les droits humains fondamentaux (y compris les droits pour les immigrés, les lesbiennes, les homosexuels et les handicapés) et les problèmes économiques (chômage croissant, conditions de travail, sécurité sociale, inflation et pouvoir d'achat). Ces grandes questions indiquent que les syndicats travaillent bien au-delà de leurs intérêts traditionnels.

Avec une mondialisation croissante et l'extension des entreprises multinationales, les syndicats ont également ramifié leurs stratégies, activités, procédures et structures aux nouvelles dimensions internationales (Case 17). Un aspect très important de la coopération internationale est son potentiel à organiser des pressions internationales efficaces de soutien aux travailleuses dans les pays où elles se voient refuser la liberté d'association ou bien où elles sont l'objet d'une exploitation sérieuse de la part des compagnies multinationales. Puisque les femmes sont souvent la base de politiques de l'emploi bon marché mais qu'elles n'ont pratiquement aucun recours - ou si peu - par rapport aux puissantes entreprises multinationales qui les emploient, le soutien des efforts organisés et coordonnés au niveau international est souvent crucial. Ces campagnes internationales peuvent comprendre un certain nombre de stratégies, y compris : l'aide directe aux syndicats affiliés, la formation et l'éducation des nouveaux membres, le lobbying pour un soutien politique, l'organisation de boycotts de la part des consommateurs pour les produits de ces compagnies, des campagnes coordonnées dans les média (y compris usage de l'internet), etc. Mais, comme le montre la Case 18, bien que l'action internationale puisse persuader les multinationales à adopter des codes de conduite, ces codes de conduite ne devraient pas les empêcher de prendre part au dialogue social ni remplacer le droit à la liberté d'association et aux conventions collectives.

7. Conclusions

Depuis le délai prévu pour la préparation de ce premier rapport, d'autres questionnaires complétés ont été reçus. Nous encourageons encore à répondre aux questionnaires et à effectuer d'autres études de cas. Tout ce matériel sera analysé dans un rapport final et il sera incorporé dans un manuel de bonne pratique qui indiquera les types de mesures qui ont connu la réussite ou l'échec (et les raisons sous-jacentes) dans la promotion de l'égalité des genres au sein des syndicats, sur le lieu de travail et dans la société civile dans son ensemble. La possibilité d'adopter ou de reproduire ces mesures dans différentes parties du monde sera également abordée. Nous espérons que le manuel, qui sera amplement diffusé et promu, sera une source d'inspiration pour les syndicats et d'autres organisations pour la promotion de l'égalité des genres ou pour la formulation de stratégies permettant de dépasser d'autres formes de discrimination et d'exclusion. Nous espérons que cela aide à attirer l'attention du monde sur le rôle potentiel et réel des syndicats en tant que force pour instaurer le changement social souhaité.

Il est important de conclure en soulignant que ce rapport n'a pas pour but de comparer la performance de certains centres nationaux ou syndicats, et il ne reflète évidemment pas toute la richesse des activités et des expériences syndicales. Sa nature préliminaire et ses sources d'informations (surtout parce que les questionnaires seuls sont souvent inadéquats ou qu'ils fournissent des informations très partielles) signifient qu'il peut y avoir des vides et peut-être des erreurs. Des éclaircissements, commentaires, critiques, idées ou informations additionnelles sont donc les bienvenus. N'hésitez pas à contacter :

ENCADRE 1

Identification des obstacles majeurs à l'affiliation des femmes dans les syndicats

  1. Méconnaissance de la manière dont les syndicats peuvent les aider (17,3 pour-cent)

  2. Crainte de représailles de la part des employeurs (15,8 pour-cent)

  3. Incompatibilité avec les responsabilités familiales (15,0 pour-cent)

  4. Culture et activités syndicales dominées par les hommes (12,8 pour-cent)

  5. Manque de confiance des femmes pour une affiliation syndicale (7,5 pour-cent)

  6. Normes et contraintes religieuses et culturelles (6,8 pour-cent)

  7. Manque de sensibilisation du syndicat aux besoins spécifiques des travailleuses (6,0 pour-cent)

  8. Les femmes sont employées dans des activités atypiques et il est donc difficile de les atteindre et de les organiser (5,3 pour-cent)

  9. Les femmes se trouvent confrontées à des objections de leur époux ou de leur famille (4,5 pour-cent)
    Les cotisations syndicales constituent un problème (4,5 pour-cent)

  10. L'image des syndicats véhiculée par les médias a été négative (3,0 pour-cent)

  11. Restrictions légales (1,5 pour-cent)



ENCADRE 2

Le recrutement de membres parmi les femmes

  • Une campagne globale pour recruter des travailleuses à temps partiel a également inclus des efforts pour faire connaître toutes les victoires relatives à l'égalité: cette campagne a permis d'identifier le syndicat comme défenseur du travail à temps partiel et comme un champion de l'égalité (Royaume-Uni);

  • Des activités intensives de sensibilisation (kits d'information, séminaires, cercles d'étude) dirigées par des femmes syndicalistes ont formé 300 travailleuses en six mois: ceci a montré aux femmes que la participation à tous les niveaux du syndicat est bienvenue et faisable (Côte-d'Ivoire);

  • Une série d'activités pour motiver les travailleuses comportait des conférences traitant de leurs préoccupations en matière d'égalité de rémunération et de santé au travail, des articles de presse pour développer la prise de conscience et l'insertion de normes dans les conventions collectives (Lettonie);

  • Au moins 30% de femmes dans chaque organe (de même qu'au Congrès) et dans chaque délégation (dont les équipes de négociation collective): ceci montre l'avantage d'avoir une politique permanente depuis la création de la confédération et de ses fédérations et d'une intensification des mesures au cours des cinq dernières années (France);

  • Une stratégie délibérée pour assurer que les femmes aient leur mot à dire et puissent voter dans les délégations aux organes exécutifs, dirigent les délégations de leur lieu de travail, et soient dotées de la formation nécessaire pour apporter des solutions aux problèmes des membres. Savoir qu'elles ont le soutien du syndicat a permis aux femmes de participer à part entière et en toute confiance et de gagner le respect des membres (Argentine);

  • La personne élue à la présidence est mandatée pour organiser des comités de femmes dans toutes les branches et pour agir en tant que coordinatrices en matière d'éducation. Elle est un modèle pour d'autres travailleuses et cela a permis d'augmenter la participation des femmes et d'associer également des hommes (Malawi);

  • Le syndicat traite des questions de soins de santé, d'égalité de rémunération, de services de soins aux enfants. Sa longue histoire de soutien aux questions des femmes est utilisée en tant qu'instrument d'organisation de la main-d'oeuvre (Etats-Unis d'Amérique);

  • Le syndicat a visité des entreprises de prê-à-porter dont des Grecs sont propriétaires et a tenu une réunion avec des employeurs grecs, l'inspection du travail et les autorités locales; les travailleuses s'aguerrissent et recherchent la protection du syndicat (Bulgarie).

  • Campagnes de sensibilisation et de recrutement dans une section d'une importante ville pendant trois jours, avec notamment la distribution d'un livret et la présence de responsables syndicaux pendant une partie de chaque journée: 20 pour-cent environ des femmes qui sont venues demander des informations au sujet de l'affiliation syndicale ont ensuite adhéré à l'organisation (Inde);

  • Une campagne 1+1 pour recruter en particulier de nouvelles travailleuses dans le secteur vestimentaire a eu de bons résultats en encourageant chaque femme membre à en recruter une nouvelle - dévouement des membres (Bangladesh);

  • Des représentantes syndicales chargées d'un programme spécial (SPUR) par le biais duquel des membres de la base, tant des hommes que des femmes, organisent de nombreux groupes - sont plus proches des travailleurs et travailleuses et il y a plus d'organisateurs ou d'organisatrices disponibles (Canada);

  • Des cours de formation en action positive et des journées thématiques axées sur des thèmes intéressant spécifiquement les femmes: les responsabilités familiales des femmes et la crainte des femmes de ne pas être entendues ou de n'avoir pas suffisamment de connaissances pour contribuer aux activités empêchent leur réussite (Espagne);

  • Le Comité des femmes s'est réparti en équipes qui se sont rendues dans des secteurs industriels non organisés et sur les marchés pour influencer et organiser la main-d'oeuvre, en particulier les femmes: cet effort a permis d'organiser quelques syndicats et de recevoir des questions positives de nombreuses travailleuses intéressées (Malaisie);

  • Recherche et diffusion d'informations sur les besoins des travailleuses, notamment des travailleuses non syndiquées; de nombreuses affiliées ont été inspirées par la recherche et le colloque pour mieux répondre aux besoins des femmes non syndiquées (Canada);

  • Séries d'activités de formation pour renforcer les aptitudes et les pratiques des organisateurs et organisatrices chargé(e)s des ZFE; en outre, six mois de formation intensive sur le terrain, des évaluations mensuelles des activités de personnes ayant reçu la formation: depuis 1996, 32 entreprises organisées dans des ZFE et autour des ZFE (Philippines);

  • Organisation d'un syndicat de femmes dans le domaine des arts et de l'artisanat financé par la centrale nationale et création d'un secrétariat pour les questions de genre et les questions familiales: un manque de ressources a empêché la poursuite des activités d'organisation et de développement de petits projets pour la commercialisation des produits artisanaux (Panama);

  • Des femmes membres ont été encouragées à recevoir une formation afin de pouvoir participer plus activement et de mieux connaître leurs droits en tant que membres du syndicat; la planification, l'exécution et l'évaluation du programme et le travail en groupe ont développé la connaissance des femmes et ont encouragé l'échange d'idées (Panama).

ENCADRE 3

Mobiliser des travailleuses par le biais d'un effort de
syndicalisation ou par des services?

La syndicalisation, l'éducation et l'action sont les trois éléments essentiels du modèle d'organisation de la main-d'oeuvre. Vous avez besoin de la participation de membres informés pour avoir un bon contrat. Le modèle de syndicalisation:

  • renforce la négociation;

  • aide à présenter une menace visible et crédible d'actions efficaces sur le lieu de travail;

  • prépare des membres et des syndicats à une éventuelle action collective;

  • détermine les problèmes sur le lieu de travail;

  • mobilise des membres pour une action de lobbying et une action politique;

  • génère du recrutement;

  • forme des dirigeant(e)s sur le lieu de travail.

La syndicalisation consiste à donner aux travailleurs et travailleuses le pouvoir de promouvoir et d'apporter des changements sur leur lieu de travail. le modèle fonctionne pour l'organisation extérieure de la main-d'oeuvre -- recrutement et organisation des travailleurs et travailleuses dans des lieux externes au syndicat et également pour l'organisation interne - travailler avec des membres et recruter sur les lieux de travail qui sont largement syndiqués.

Les services par contre consistent dans des efforts faits pour essayer d'aider les gens à résoudre des problèmes pour eux. Si des membres syndicaux se considèrent eux-mêmes comme achetant un service (ou pire encore, comme achetant un produit d'assurance) lorsqu'ils s'affilient à un syndicat, alors leurs attentes ne peuvent pas être satisfaites.

Les syndicats ont besoin de personnes qui fassent des choix collectifs plutôt qu'individuels et qui soutiennent ces choix par l'action. A long terme, un syndicat peut uniquement réaliser ce que les membres sont prêts à défendre et ce pourquoi ils sont prêts à se battre.

Les avantages d'utiliser le modèle de syndicalisation:

  • Il est plus efficace. Il est plus probable qu'un employeur négocie s'il existe une indication claire qu'un nombre important de travailleurs et travailleuses sont impliqués et se trouvent derrière le syndicat;

  • Ce modèle donne aux membres un sentiment de pouvoir en tant que groupe en les laissant partager les décisions et les victoires;

  • Ce modèle instruit les membres de la nature du différend entre les syndicats et l'employeur;

  • Le syndicat acquiert du pouvoir;

  • Le modèle de syndicalisation permet à un syndicat de traiter et de résoudre davantage de problèmes parce qu'il y a un plus grand nombre de personnes impliquées et disponibles pour apporter une aide.

Source: New Zealand Council of Trade Unions (1995), Organiser les travailleuses, mobiliser les travailleuses en utilisant le modèle de syndicalisation. Wellington, NZCTU.

ENCADRE 4

Le recrutement de femmes par le biais de la fourniture de services

En tant qu'instrument de syndicalisation, certains syndicats, en particulier dans les pays en développement mettent l'accent sur la fourniture de services directs aux femmes. Ce type d'action est considéré comme nécessaire et important pour traiter les besoins spécifiques des femmes et les aider à comprendre en termes pratiques les avantages que représentent pour elle la syndicalisation. Certains des types de services que les syndicats ont fourni dans le cadre de leurs efforts de syndicalisation sont:

  • Au Bénin, des projets syndicaux pour:

    • une coopérative du personnel grâce à laquelle des produits de ménage (riz, savon) sont achetés en gros pour permettre aux femmes membres de les acheter à des prix inférieurs;

    • des services de blanchisserie pour les travailleuses dans leur quartier pour les soulager de leurs nombreuses tâches au travail et à la maison; ces services créent également de l'emploi pour d'autres femmes du voisinage;

    • la création d'un service de soins aux enfants près du marché principal pour les enfants des vendeuses afin de faciliter l'allaitement tout en permettant aux femmes de continuer à travailler;

    • un groupe théâtral de femmes qui contribue à l'éducation des femmes non seulement en ce qui concerne des questions liées à la syndicalisation mais également des questions sociales comme le planning familial, la santé, l'éducation des filles, les désavantages de la polygamie. C'est une question particulièrement importante étant donné qu'une majorité de femmes sont illettrées.

  • Au Congo, la CSTC s'est centrée non seulement sur les problèmes professionnels des travailleuses en ce qui concerne l'égalité de traitement, l'égalité de chances, les qualifications professionnelles et les bourses d'études mais également les problèmes sociaux liés à la vie familiale, l'assurance-maladie.

  • Au Kenya, la COTU a développé des programmes éducatifs spéciaux à l'intention des femmes, des projets générateurs de revenus, des groupes d'auto-assistance et des coopératives; "les femmes apprécient de ne pas avoir à se soucier d'une domination masculine ou de la domination d'experts supérieurs."

  • En Lettonie, le syndicat des gens de mer de la marine marchande a développé une assurance spéciale pour les femmes, des examens médicaux, une allocation supplémentaire pour congé de maternité et des services de soins aux enfants.

  • Aux Philippines également, des consultations médicales gratuites ont représenté un instrument mobilisateur utile puisque les femmes n'ont généralement pas les ressources financières pour payer les frais médicaux.

  • En Thaïlande, le Congrès du travail de Thaïlande coordonne un fonds pour des bourses d'études pour aider les enfants des travailleurs et travailleuses qui n'ont plus de travail à poursuivre leur scolarité; le fonds reçoit des contributions de la CISL-ORAP et du bureau du premier ministre.

ENCADRE 5

Augmenter la représentation des femmes à des postes de direction

  • Amender les statuts pour assurer une représentation des femmes (sièges réservés, quotas, objectifs-cibles, proportionnalité, etc.);

  • Utiliser un langage non discriminatoire en ce qui concerne le sexe dans tous les documents syndicaux;

  • Cibler les syndicats à dominance masculine par des campagnes de sensibilisation/éducationnelles qui leur montrent comment une représentation proportionnelle de femmes à tous les niveaux peut leur être profitable ainsi qu'à l'image du syndicat;

  • Adopter et mettre en oeuvre un programme d'égalité;

  • Encourager et assurer des fonds aux comités des femmes pour promouvoir une participation plus active des femmes dans la mise en oeuvre de programmes éducatifs et de formation;

  • Organiser des réunions syndicales d'une manière plus informelle pour encourager une plus large participation et prendre d'autres mesures pour surmonter les obstacles à la participation des femmes (tenir les réunions durant les heures de travail, assurer un service de soins aux enfants, assurer un temps libre rémunéré pour des activités syndicales);

  • Mener une enquête auprès des travailleuses afin d'élaborer des revendications en matière de négociation collective qui répondent aux besoins et aux préoccupations des femmes;

  • Accroître la visibilité des femmes dirigeantes;

  • La présidente des femmes est automatiquement un membre du présidium au niveau national et automatiquement la vice-présidente dans certaines provinces assurant ainsi que les femmes participent à la prise de décision au plus haut niveau(Autriche);

  • Des organes qui peuvent assurer une proportion représentative en matière de genre par le biais d'élections doivent élaborer des mécanismes correcteurs pour atteindre cet objectif par étapes (Belgique);

  • Un programme de six mois pour développer les aptitudes à des postes de direction à l'intention des femmes afin de les encourager à jouer un rôle de direction dans le syndicat et dans la société (Bermudes);

  • Le conseil général établit en tant qu'objectif une représentation proportionnelle des femmes dans les principaux comités syndicaux et contrôle régulièrement les progrès faits (Danemark);

  • Promotion de la participation des femmes au Comité exécutif, établissement d'un groupe de travail, adoption d'un Programme d'action par le Comité exécutif qui approuve également la création de postes réservés pour le comité des femmes au comité exécutif (Japon);

  • Sensibilisation aux postes de direction et besoin de confiance en soi, ce qui permettra par exemple qu'une mère qui travaille et qui a de multiples responsabilités puisse également occuper un poste de dirigeante dans le syndicat (Malaisie);

  • Combiner le processus électoral (qui est fondé sur une politique de proportionnalité) avec des mesures informelles (comme une formation destinée uniquement aux femmes) afin d'arriver à ce que un nombre important de femmes occupent des postes de direction et afin de "féminiser" l'image du syndicat (Royaume-Uni);

  • La présidente du comité des femmes participe à la négociation collective et ceci a contribué à augmenter le nombre de femmes dans les équipes de négociation (Zimbabwe);

  • Inclusion de programmes spécifiques de formation pour dirigeantes syndicales dans le programme éducatif annuel de la centrale nationale (Equateur);

  • Chaque année, le syndicat publie des chiffres sur la participation des femmes dans les effectifs et aux postes de direction (Pays-Bas).

ENCADRE 6

Promouvoir une participation plus égale entre hommes et femmes dans les activités syndicales

Mesures affirmatives/positives:

  • Etablissement de quotas pour les programmes d'éducation et de formation;

  • Avoir des femmes-candidates à toutes les élections;

  • Instaurer un système de double candidature (pour le Bureau national de la Confédération, France);

  • Développer des programmes d'égalité au sein des syndicats ;

  • Formuler une résolution sur la promotion de l'action positive, programme d'action positive (Italie, Etats-Unis, Australie);

  • Développer un projet national sur "Un siège sur deux pour des femmes" (Suède);

  • Elaborer une charte sur des structures mixtes (France)

  • Assurer un équilibre entre hommes et femmes dans les représentations à des activités nationales et internationales (Egalité de genre dans le parrainage: ISP);

  • Assurer la proportionnalité aux organes élus (Nouvelle-Zélande);

  • Organiser des activités à des moments où les femmes sont en mesure d'y participer;

  • Assurer des services de garderies enfants pour pouvoir participer aux activités syndicales;

  • Organiser une campagne de publicité pour encourager les votes pour les femmes dans les élections politiques (Belgique)

  • Consacrer une partie de certains budgets syndicaux à des projets en matière d'égalité entre hommes et femmes (Belgique);

  • Organiser un forum des femmes;

  • Mettre sur pied des campagnes sur la violence et le harcèlement sur le lieu de travail;

  • Organiser une conférence sur l'intégration des questions des femmes à l'ordre du jour général (Danemark);

  • Adopter un rapport sur l'accès à l'égalité pour les femmes dans les syndicats (Canada).

Mesures spécifiquement axées sur les femmes:

  • Organiser des séminaires budgetés pour développer la participation des femmes, traiter de sujets spécifiques aux femmes;

  • Etablir des cercles/ groupes d'études sur les questions relatives aux femmes;

  • "Demander une étude sur la femme au travail"(participation de 50.000 travailleuses, Etats-Unis);

  • Organiser des journées de formation pour les femmes (sur les pensions, la classification des emplois, etc.) (Belgique);

  • Organiser des cours d'été pour les femmes, un conseil éducatif pour les femmes (Royaume-Uni)

  • Faire une vidéo sur un programme de sensibilisation aux questions de genre et sur le principe: 1+1 = Pouvoir des femmes (Bangladesh)

  • Mettre en oeuvre une campagne d'organisation des femmes au travail: 1+1 recrutement (Bangladesh)

  • Programme de formation en aptitudes (Barbade);

  • Formation en informatique pour les femmes (Pakistan);

  • Formation à des postes de direction, développement de la confiance en soi, gestion du temps (Philippines, Royaume-Uni);

  • Programme de formation en cours résidentiel pour militantes (Canada)

  • Activités commémoratives (8 mars - Journée de la femme, 6 décembre - Violence contre les femmes, Fête des mères);

  • Réseau européen de femmes où des femmes syndicalistes se réunissent annuellement;

  • Comité sur les conditions de travail et de vie des femmes (Canada);

  • Recherche sur l'environnement de travail des femmes (Danemark);

  • Activités pour déléguées syndicales;

  • Exposition sur "La femme compétente" organisée une fois par an (Finlande);

  • Déjeuner-débat pour "prendre la mesure des problèmes des femmes" (Inde);

  • Formation en matière de harcèlement sexuel: "Comment dire non à votre patron" (Croatie);

  • Santé et sécurité pour les femmes (cancer du sein, planning familial, cours pour les mères);

  • Apprentissage à distance pour des femmes qui ne peuvent pas participer à des cours en raison de leurs responsabilités familiales (Royaume-Uni)

  • Numéro vert pour obtenir des informations sur les femmes et les syndicats (Etats-Unis);

  • Séminaires régionaux et conférences régionales par des SPI et la CISL sur des questions relatives aux femmes.

ENCADRE 7

La négociation en matière d'égalité de genre est importante pour les raisons suivantes:

  • les questions des femmes sont des questions de genre

  • les contributions des femmes dans le monde du travail ont été sous-estimées

  • les femmes représentent une part croissante de la main-d'oeuvre rémunérée

  • il est important de changer les attitudes à l'égard des femmes dans l'emploi

  • la négociation collective peut traiter un grand nombre des fausses idées persistantes et profondément ancrées à propos du rôle des femmes dans l'emploi

  • les préoccupations des femmes ont traditionnellement été négligées dans la négociation collective

  • la couverture législative peut être inadéquate

  • là où une législation existe, elle doit être appliquée d'une manière pratique

  • la négociation collective traite de certaines questions non relatives à la rémunération qui sont peut-être plus faciles à négocier dans des périodes économiques difficiles

  • c'est un moyen d'attirer les femmes dans le syndicat - cela montre que le syndicat prend des engagements à l'égard des femmes.

La négociation collective peut faire la différence grâce au poids des femmes!

Source: Olney, S. et al., 1998, Booklet 1, p.6.

ENCADRE 8

Questions de genre incluses dans les conventions collectives

(Par ordre de fréquence d'inclusion par les centrales nationales et les syndicats)

  1. Congé de maternité

  2. Egalité de rémunération

  3. Droits spéciaux pour les femmes enceintes

  4. Congé de paternité

  5. Congé parental

  6. Clause en matière de travail de nuit

  7. Soins aux enfants

  8. Politique en matière de harcèlement sexuel

  9. Clauses en matière d'allaitement

  10. Politiques soucieuses de la famille

  11. Formation professionnelle pour les femmes

  12. Politiques d'action positive/affirmative

ENCADRE 9

Comment inclure les perspectives de genre dans la négociation collective

  • Promouvoir la prise de conscience et la compréhension des questions de genre:

    • assurer que le matériel de formation et d'éducation syndicale incorpore les questions de genre;

    • organiser des campagnes spéciales et faire des efforts de motivation (forum tripartite sur la vie active avant des négociations);

  • Associer les femmes aux équipes de négociation (afin qu'elles puissent jouer un rôle-clé dans la formulation des demandes et dans l'examen des clauses proposées pour la discrimination);

    • le département des femmes/la responsable des questions des femmes est membre de l'équipe;

    • établissement de quotas et d'autres moyens statutaires;

    • éducation et formation des membres féminins en vue d'une participation effective aux négociations;

  • Consulter et assurer que leur voix soit entendue:

    • des dirigeantes discutent avec le comité exécutif du syndicat de la formulation des demandes;

    • on attend du département des femmes et de la responsable des questions des femmes de soumettre les demandes;

    • établissement d'un comité conjoint pour des discussions préliminaires avant la négociation;

    • organisation de réunions spéciales de représentantes de tous les départements;

  • Faire des efforts spéciaux pour connaître les points de vue de toutes les travailleuses (afin d'assurer que des besoins soient adéquatement identifiés et qu'on leur donne la priorité adéquate):

    • faire des efforts pour atteindre les femmes qui sont absentes ou qui restent silencieuses lors des réunions en assurant que les déléguées syndicales et les femmes soient proches de ces femmes absentes ou silencieuses, leur fournissent des explications et déterminent leurs points de vue;

    • envoyer des circulaires à toutes les travailleuses en leur demandant de soumettre leurs points de vue et leurs demandes;

    • envoyer un questionnaire, effectuer une recherche;

    • diffuser un projet d'accord pour commentaire;

  • Etre bien préparée aux négociations:

    • faire un "travail à domicile" - rassembler tous les faits et statistiques relatives à la position des femmes sur le lieu de travail;

    • être bien au courant des dispositions existantes en matière d'égalité de genre dans la législation, des conventions collectives existantes, des politiques gouvernementales, des règles de travail, etc.;

    • disposer d'arguments à fournir aux employeurs et aux membres syndicaux masculins, pour montrer que la promotion de l'égalité de genre est une bonne chose - en termes de coût et de bénéfices, de productivité, du moral du personnel, de l'image publique de l'entreprise, etc.

  • Suivi:

    • faire connaître le travail fait par le syndicat pour le bénéfice des femmes (en tant que stratégie organisationnelle);

    • contrôler régulièrement la mise en oeuvre des actions entreprises.

ENCADRE 10

Initiatives pour promouvoir l'égalité de genre sur le lieu de travail

La négociation collective est le moyen le plus important pour promouvoir l'égalité de genre sur le lieu de travail. mais d'autres initiatives - non seulement à entreprendre par les syndicats mais également par le gouvernement et les employeurs - peuvent également faire une nette différence:

  • Des programmes d'évaluation des postes de travail en tant que base pour déterminer l'égalité de rémunération (Le gouvernement québécois, par le biais de sa législation en matière d'égalité de rémunération exige des employeurs ayant une majorité de travailleuses dans leur personnel de créer un comité pour l'égalité de rémunération chargé d'évaluer les postes de travail; en Belgique, classification des postes de travail par le département gouvernemental responsable de l'égalité de chances; en Islande, le BSRB a initié une expérience en matière d'évaluation des postes de travail non discriminatoire en matière de genre; l'UATUC en Croatie a exercé une pression en faveur d'un travail qui prenne en compte les perspectives de genre et les statistiques sociales);Un programme de "Retour à l'étude" au Royaume-Uni en vue de promouvoir une éducation permanente. Ce programme a été initié par des syndicats mais il est maintenant organisé conjointement avec des employeurs. 80 pour-cent de participants sont des femmes;

  • Création d'un centre national de formation professionnelle pour améliorer les aptitudes des femmes: initiative des syndicats, des employeurs conjointement avec la Commission nationale sur le rôle des femmes dans le cadre du bureau du président des Philippines et financé par le gouvernement japonais;

  • Initiatives pour traiter de la question du harcèlement sexuel (en Belgique, le gouvernement a pris des initiatives en matière de directives relatives au harcèlement sexuel avec différents apports de partenaires sociaux; aux Philippines, des comités sur les convenances et une enquête pour une suite donnée à la législation sur le harcèlement sexuel);

  • Equilibre entre travail et responsabilités familiales (Un guide des travailleurs du métal pour négocier l'équilibre entre travail et responsabilités familiales; une initiative de la FOA Danemark);

  • Facilités en matière de garderies d'enfants (établissement de crèches par des syndicats avec le soutien et le financement soit du gouvernement, soit du patronat; services de garde d'enfants à domicile ou sur les lieux de réunion pour permettre aux femmes de participer à des cours, des réunions, etc.; dispositions en matière de garderies d'enfants et de soins aux enfants pour chaque cours syndical, paiement d'une allocation de soins aux enfants par le syndicat);

  • Améliorations sur le lieu de travail (des syndicat au Bangladesh ont contribué à l'installation de toilettes séparées, de salles de prière, de salle de repos, de facilités pour l'allaitement et autres soins relatifs à la maternité pour les travailleuses);

  • Autres avantages et facilités liés au travail: (droit à une déduction fiscale pour les mères célibataires; nivellement du traitement fiscal dans le mariage; contrôles médicaux gratuits et facilités en matière de planification familiale; corrections de la discrimination en matière d'allocations de retraite);

  • Initiatives particulières travailleur-employeur (programme d'égalité de droits entre la LO et l'organisation des employeurs du secteur privé en Norvège; établissement d'un comité conjoint du syndicat et de la direction concernée en matière d'égalité de droits; code de santé et de sécurité au travail);

  • Sensibilisation aux questions d'égalité sur le lieu de travail (recherche en matière de santé et de sécurité et de violence contre les femmes; cercle d'études sur des questions d'égalité avec le soutien de syndicats internationaux; inclusion dans le matériel éducatif et de formation des thèmes relatifs aux questions de genre; déclaration conjointe du syndicat et de l'employeur dans la convention collective sur l'importance d'organiser des programmes conjoints d'éducation et de formation sur l'égalité de chances au travail).

ENCADRE 11

L'organisation de la main-d'oeuvre non syndiquée

  • Campagnes de publicité et de sensibilisation axées sur la main-d'oeuvre atypique:

    • motivation par le biais d'une sensibilisation aux services et à la protection découlant d'une syndicalisation;

    • une forte publicité des avantages acquis pour les syndicats en faveur de ce type de main-d'oeuvre;

    • campagne de "syndicalisation des non syndiqués" (Népal)

    • information et conseils donnés à la main-d'oeuvre atypique concernant leurs droits légaux;

    • activités de groupe planifiées autour d'activités génératrices de revenus, éducation et formation, etc. comme le forum de la sensibilisation aux actions collectives;

  • Méthodes spéciales pour atteindre la main-d'oeuvre atypique:

    • les syndicats prennent contact avec les stagiaires et apprentis et les associent à des activités (Bangladesh);

    • établissement d'un plan spécial d'assurance avantageux pour des étudiant(e)s qui deviennent et restent membres (l'école assure la promotion du syndicat) (Danemark);

    • le syndicat établit un réseau professionnel pour la main-d'oeuvre freelance qui n'a pas d'employeur ou de collègues permanents;

    • invitation aux travailleuses/eurs indépendants à s'affilier (Suède)

  • Changements dans les statuts du syndicat pour rendre l'affiliation possible:

    • changement dans les statuts pour permettre le recrutement de ce type de main-d'oeuvre;

    • modification du règlement en matière de mutuelle, soins de santé et coopératives pour permettre aux travailleurs/euses à temps partiel de devenir membres (Japon);

    • adoption d'une politique syndicale qui ne fait pas de différence entre des travailleurs et des travailleuses dont les schémas de travail sont différents (Nouvelle-Zélande);

    • taux de cotisation ajustés aux niveaux de revenus (Royaume-Uni);

  • Changements dans les structures et les dispositions internes du syndicat:

    • organisateurs à plein temps avec un mandat syndical pour donner la priorité à la syndicalisation de la main-d'oeuvre atypique;

    • SPUR (représentants syndicaux - programme spécial) (Canada): des membres de la base, hommes et femmes, aident à l'organisation de nombreux groupes;

    • département de l'organisation de la main-d'oeuvre rurale (Ghana, Equateur);

    • secrétariat pour la main-d'oeuvre rurale et pour les questions relatives à la main-d'oeuvre indigène (Panama);

    • la main-d'oeuvre à temps partiel/temporaire dispose d'une session distincte avec un représentant aux réunions nationales du comité exécutif (Irlande);

    • secrétariat pour le secteur non structuré (Bénin);

  • Services spéciaux disponibles pour la main-d'oeuvre atypique:

    • la main-d'oeuvre atypique peut émarger à une assistance-chômage (Finlande);

    • efforts pour régulariser les services offerts à la main-d'oeuvre atypique lorsqu'il y a des emplois permanents vacants dans le secteur public (Pakistan);

    • négociations pour recruter des travailleurs/euses ayant un statut régulier et des avantages et pour que la main-d'oeuvre sous contrat devienne permanente et que les travailleurs occasionnels reçoivent un double salaire (Zimbabwe);

    • négociation de contrats pour le personnel assurant des soins à domicile (Etats-Unis)

  • Inclusion de la main-d'oeuvre atypique dans les conventions collectives:

    • conventions collectives particulières pour cette main-d'oeuvre (Royaume-Uni);

    • "Campagne pour un temps partiel positif" pour négocier des accords de reconnaissance avec des agences qui emploient ce type de main-d'oeuvre (Royaume-Uni);

    • Campagne pour une main-d'oeuvre flexible (Pays-Bas);

    • la main-d'oeuvre à temps partiel dispose de sa propre unité de négociation ou occupe des postes au comité de négociation (Canada);

    • pleine couverture de la convention collective (Danemark);

    • disposition dans la convention collective réglementant la durée de l'emploi des travailleurs sur une base temporaire avant de devenir permanente;

  • Aide à la main-d'oeuvre atypique pour former leurs propres associations/syndicats:

    • développement des capacités pour la création d'une coalition nationale de la main-d'oeuvre du secteur non structuré (Philippines)

    • association de travailleurs/euses indépendants (Québec);

    • syndicat de travailleurs et travailleuses temporaires (Japon).

ENCADRE 12

L'organisation dans la diversité

    Jeunes

  • Capter l'attention des jeunes dans les établissements scolaires (assurance pour les étudiants, activités organisées par le syndicat pour les étudiants);

  • Le département des femmes donne des conseils sur une base hebdomadaire à de jeunes femmes, notamment en ce qui concerne des problèmes personnels (Autriche);

  • Colloque sur la jeunesse en 2000 (Canada);

  • Intégration des jeunes femmes sans travail dans les programmes de formation (Cameroun);

  • Aide à la recherche d'un emploi (Bulgarie, Finlande)

  • Activités d'un centre de jeunesse (Lettonie);

  • Comité/département de la jeunesse syndicale (nombreux pays);

  • Programme budgeté pour encourager les jeunes travailleurs et travailleuses à s'affilier à un syndicat (Nouvelle-Zélande);

  • Séminaire relatif aux jeunes travailleurs/euses pour discuter du harcèlement sexuel (Belize, Taiwan).

    Travailleuses et travailleurs âgés

  • Des travailleuses et travailleurs âgés et retraités organisés au sein d'une association d'aide mutuelle (Côte-d'Ivoire);

  • Lobbying pour une protection légale des travailleuses et travailleurs âgés de plus de 50 ans (Slovaquie);

  • Département syndical pour traiter des questions de la main-d'oeuvre à la retraite (Pologne);

  • Protection contre la perte de son emploi/garanties sociales juste avant la retraite (République tchèque, Finlande, Lettonie);

  • Politique contre la discrimination fondée sur l'âge (Royaume-Uni).

    Travailleurs et travailleuses moins valides

  • Département/représentante syndicale pour traiter des questions de la main-d'oeuvre moins valide (Argentine, Autriche, Pologne; Etats-Unis);

  • Programme d'action syndicale pour les personnes moins valides (Canada);

  • Négociation par la direction des entreprises et les syndicats d'un programme d'assurance pour les personnes blessées incluant les frais de voyage et les frais médicaux (Belize);

  • Bourse d'études pour travailleurs et travailleuses moins valides pour étudier à l'étranger (Côte-d'Ivoire);

  • Réseau consultatif pour des personnes moins valides (Royaume-Uni).

    Lesbiennes et homosexuels

  • Développement d'un jeu de documents que les syndicalistes peuvent utiliser pour organiser les lesbiennes et les homosexuels ou les encourager à s'occuper de leur propre organisation, pour sensibiliser l'opinion publique aux questions relatives aux lesbiennes et aux homosexuels sur le lieu de travail, soutenir des activités internationales de solidarité, etc. (ISP);

  • Adoption d'une politique syndicale sur l'orientation sexuelle (Canada);

  • Comité pour homosexuels et lesbiennes (Canada, Etats-Unis)

  • Conférence nationale pour homosexuels et lesbiennes (Canada);

  • Reconnaissance des droits des partenaires (Canada).

    Personnes indigènes

  • Conférence nationale pour Aborigènes et travailleurs et travailleuses de couleur (Canada);

  • Organisation des travailleurs et travailleuses indigènes, des secteurs rural et non structuré (Equateur);

  • Activité budgétée axée sur les Maoris (Nouvelle-Zélande).

    Travailleuses et travailleurs migrants

  • Aide aux femmes migrantes en matière d'éducation professionnelle (Autriche);

  • Division syndicale locale pour traiter des travailleuses et travailleurs migrants et leur fournir une aide (Italie, Danemark, Norvège);

  • Formation dans des centres de main-d'oeuvre migrante (Finlande);

  • Aide aux prostituées migrantes (Italie);

  • Programmes de subsistance et coopératives (Philippines).

    Main-d'oeuvre domestique

  • Aide syndicale aux ONG défendant les droits de la main-d'oeuvre domestique (Canada);

  • Pétition au parlement pour la reconnaissance de la main-d'oeuvre domestique dans le cadre de la loi sur les relations professionnelles (Trinidad et Tobago).

    Les femmes dans les ZFE

  • Aide à la formation d'un syndicat (Bangladesh, Philippines);

  • Couverture syndicale et avantages sociaux (Argentine);

  • Fonds de justice sociale pour aider les femmes des ZFE à se syndiquer (Canada);

  • Action de grève pour le compte de la main-d'oeuvre des ZFE (Chili).

ENCADRE 13

Identification des obstacles majeurs à l'affiliation des femmes dans les syndicats

  1. Méconnaissance de la manière dont les syndicats peuvent les aider (17,3 pour-cent)

  2. Crainte de représailles de la part des employeurs (15,8 pour-cent)

  3. Incompatibilité avec les responsabilités familiales (15,0 pour-cent)

  4. Culture et activités syndicales dominées par les hommes (12,8 pour-cent)

  5. Manque de confiance des femmes pour une affiliation syndicale (7,5 pour-cent)

  6. Normes et contraintes religieuses et culturelles (6,8 pour-cent)

  7. Manque de sensibilisation du syndicat aux besoins spécifiques des travailleuses (6,0 pour-cent)

  8. Les femmes sont employées dans des activités atypiques et il est donc difficile de les atteindre et de les organiser (5,3 pour-cent)

  9. Les femmes se trouvent confrontées à des objections de leur époux ou de leur famille (4,5 pour-cent)
    Les cotisations syndicales constituent un problème (4,5 pour-cent)

  10. L'image des syndicats véhiculée par les médias a été négative (3,0 pour-cent)

  11. Restrictions légales (1,5 pour-cent)

ENCADRE 14

Réaffirmer et renforcer le rôle des syndicats

  • évoquer à nouveau le sens du "pourquoi" du syndicalisme parmi les personnes syndiquées, de manière à contrecarrer le sentiment de crainte exprimé par de nombreux membres, en particulier les femmes;

  • renforcer les racines de la solidarité: "réorganiser les syndiqués" ou "redonner une énergie nouvelle aux membres affiliés" -- pour galvaniser les membres afin de prendre une action concernant des questions d'intérêt commun, en particulier des questions relatives à la justice sociale, notamment l' exploitation des travailleuses;

  • faire passer le message à des membres potentiels pour les aider à comprendre et à apprécier les avantages du syndicalisme et pour se rendre compte que la syndicalisation est une réalité actuelle et non une chose du passé;

  • développer un sentiment de "syndicalisme communautaire", non seulement en tant que moyen "d'organiser les personnes non syndiquées" mais également pour construire des partenariats entre la main-d'oeuvre et la communauté pour forger des alliances avec d'autres groupes sociaux et pour promouvoir l'agenda de l'égalité;

  • promouvoir la solidarité internationale - la lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses et pour les droits des femmes est une lutte mondiale et elle doit être traitée par des coalitions et des réseaux entre syndicats et avec d'autres groupes aux niveaux national, régional et international;

  • renforcer la coopération technique - les syndicats dans les pays développés peuvent assurer des programmes d'éducation et de formation pour des membres syndicaux, en particulier pour des femmes membres dans les pays pauvres en développement.

ENCADRE 15

Relations entre SPI et ONG (ISP)

Nom de l'ONG Domaine d'intérêt
Droits syndicaux et humains
Amnesty International Droits humains
International Labour Rights Fund (Fonds international pour les droits des travailleurs et travailleuses ) Recherche en matière de droits des travailleurs et travailleuses
Human Rights Network (Réseau des droits humains ) Droits humains
Discrimination
Gladnet Invalidité/incapacité (recherche et information)
Association internationale des lesbiennes et homosexuels Questions relatives aux lesbiennes et homosexuels
Main-d'oeuvre migrante
conseil mondial des églises Droits de la main-d'oeuvre migrante
Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté Droits de la main-d'oeuvre migrante , questions relatives aux femmes et à la paix
Human Rights Watch (Observatoire des droits humains ) Droits humains et main-d'oeuvre migrante
conseil international des jurés Droits de la main-d'oeuvre migrante
comité du Migrant Rights Watch Droits des migrants
Coopération au développement
Groupe syndical international de recherche et d'éducation (sigle anglais TUIREG) Recherche et éducation
TUTA Australie Formation syndicale
Fédération internationale des associations pour l'éducation des travailleurs (FIAET) Education
Développement
Global Policy Forum (Forum de politique globale) Politiques des Nations unies
Bretton Woods Project (Projet de Bretton Woods) Institutions de Bretton Woods
Third World Network (Réseau du Tiers monde) Mondialisation
Environnement
Fonds de défense de l'environnement Questions environnementales
Questions de genre
Marche mondiale des femmes 2000 Femmes, pauvreté et violence
Forum des ONG - Commission de la condition de la femme Femmes
Recherche du secteur public
International Labour Resource and Information Group (ILRIG ) 0rganisation des services du travail
Trade Union Research Project (TURP - Projet de recherches syndicales) Organisation des services du travail
Public Sector Research Centre (Centre de recherche du secteur public) Recherche du secteur public
Dette
Réseau européen pour la dette et le développement (sigle anglais: EURODAD) Questions relatives à la dette et au développement
Development Gap Questions relatives à la dette
Jubilé 2000 Questions relatives à la dette
Bank Information Centre (centre d'information bancaire) Questions relatives à la dette
Focus on the Global South Dette, développement, mondialisation
Codes de pratique du travail et responsabilité des entreprises
SOLIDAR OMC, clause sociale, questions relatives au développement
Commerce
Centre international pour le commerce et le développement durable Questions relatives à l'OMC
Politique économique et sociale
Action mondiale concernant les personnes âgées Questions des personnes âgées
Institut de politique économique Economie
Général
Conférence des ONG (CONGO) Réseau des ONG
Fédération internationale des assistants sociaux et des assistantes sociales (sigle anglais IFSW)  

ENCADRE 16

Forger des alliances nationales entre des syndicats et autres
groupes civils et organisations

  • Les syndicats adoptent une résolution au Congrès pour soutenir des coalitions fondées sur la communauté et pour travailler avec des ONG sur des questions relatives à la politique sociale;

  • Création au sein de la centrale nationale d'un département chargé de relations avec des institutions de l'Etat;

  • Le Comité des femmes de la centrale nationale est membre du conseil national des femmes;

  • Création d'un groupe de dialogue informel entre centrales nationales;

  • Travailler avec d'autres syndicats dans la communauté par le biais de conseils du travail, de l'échange d'information et d'une coopération avec d'autres syndicats locaux sur la base des questions nationales relatives au travail;

  • Des syndicats locaux préparent conjointement la 4e Conférence mondiale des femmes;

  • Travail avec d'autres syndicats, groupes locaux et agences gouvernementales pour la formulation et l'application d'une nouvelle loi sur l'égalité des chances dans le pays;

  • Alliance nationale fondée sur des questions telles que la privatisation, les programmes d'ajustement structurel , les réformes fiscales et politiques, aide à la main-d'oeuvre migrante, violence contre les femmes et les enfants, travailleuses et travailleurs incarcérés;

  • Participation à des campagnes nationales sur des questions environnementales, fonds pour des services de garderie d'enfants, violence contre les femmes à domicile et sur le lieu de travail, protection des mères célibataires;

  • Participation à des activités organisées pour la Journée nationale de la femme;

  • Le Comité des femmes du syndicat a établi des projets spéciaux pour des coopératives, qui sont également accessibles aux épouses des travailleurs et aux jeunes ayant quitté l'école;

  • Projets de coalition avec les ONG : projet de coalition du secteur non structuré, Projet pour des services juridiques aux femmes désavantagées, projet de coalition en matière de justice, etc.;

  • Réunions régulières avec des organisations fondées sur la communauté, s'occupant de questions de femmes - harcèlement sexuel, violence, femmes migrantes, etc. - réunions au cours desquelles des histoires qui ont eu une issue heureuse sont discutées;

  • Travail conjoint entre d'autres syndicats, groupes religieux, groupes de femmes, partis politiques, ONG sur la réforme juridique, notamment sur une nouvelle loi pour le travail atypique;

  • Alliance de la "Plate-forme pour la démocratie" avec des organisations politiques, des instituts de recherche et des institutions académiques, des groupes de jeunes, etc.;

  • Coalition de syndicats et de groupes communautaires pour maintenir et développer un système public de soins de santé;

  • Publication conjointe avec d'autres groupes civils de communiqués de presse, feuilles informatives sur le harcèlement sexuel, etc.;

  • Liens avec des universités, des partis politiques, des ONG pour donner une formation aux femmes en vue de leur insertion dans la vie politique;

  • Collaboration avec les institutions académiques pour mener des enquêtes, effectuer des recherches et produire de la documentation sur des questions particulières relatives au travail;

  • Participation à des conférences organisées par le Centre d'information pour le développement des sciences et de la technologie afin que le syndicat puisse se maintenir au courant des nouvelles techniques d'information;

  • Invitation faite à des groupes religieux pour discuter de questions relatives aux travailleuses et travailleurs et de questions d'intérêt national;

  • Collaboration avec des organisations religieuses par le biais de la vente de livres, etc. pour les pauvres;

  • Création d'écoles informelles pour les enfants-travailleurs;

  • Organisation, parrainage ou participation à des séminaires, colloques, débats publics conjoints, par exemple avec des organisations estudiantines, des associations d'avocats, etc. sur des questions relatives aux femmes;

  • Fourniture d'un matériel syndical pour des ateliers éducatifs et de formation organisés par d'autres organisations;

  • Parrainage de cercles d'études et formation d'instructeurs/trices pour sensibiliser davantage le public à la valeur et aux compétences des femmes, à leur potentiel pour jouer un rôle-clé dans les syndicats, etc.;

  • Fourniture par les syndicats d'une aide financière pour des campagnes spécifiques organisées par d'autres groupes civils et également pour soutenir des ONG dans le secteur non structuré;

  • Soutien à d'autres syndicats et groupes civils pour des manifestations, journées d'action, lobbying du gouvernement, groupes politiques communs sur l'égalité, etc.;

  • Participation à la foire nationale des ONG afin de publier plus largement les activités syndicales et de diffuser le matériel syndical.

ENCADRE 17

La promotion de l'égalité de genre et la protection de la main-d'oeuvre vulnérable par le biais de la coopération transnationale

    Les spi et les confédérations internationales:

  • réunir les syndicats nationaux des filiales de multinationales en comités formels ou informels pour échanger des informations et partager des expériences ou pour se préparer aux pourparlers avec la direction centrale de l'entreprise concernée;

  • conclure des conventions collectives transnationales (par exemple. Entre l'UITA et l'entreprise Danone, qui comporte une clause sur l'égalité entre femmes et hommes);

    syndicats et organisations patronales:

  • conclure des accords-cadres au niveau interprofessionnel (par exemple. UNICE, CES et Centre européen des entreprises avec la participation publique, concernant le congé parental et la promotion du temps partiel);

    partenariats syndicaux Internationaux et nationaux:

  • mener une action syndicale internationale pour aider un syndicat affilié ou coordonner une campagne locale (par exemple: pour soutenir les efforts des syndicats lors de la négociation de conventions collectives dans les zones franches d'exportation en République dominicaine, pour soutenir les efforts des femmes pour créer un syndicat au Salvador);

    campagnes et coalitions internationales (alliances avec des groupes actifs dans le domaine des droits humains , mouvements de comsommateurs, etc.)

  • adoption de codes de bonne conduite applicables à chaque maillon d'une chaîne internationale de production (par exemple: la campagne pour des "vêtements propres" adoptée en mai 1998

  • recours collectif en justice par les travailleurs (par exemple: le Syndicat de l'industrie des travaux d'aiguille et du textile avec des groupes actifs dans le domaine des droits humains ont introduit deux recours collectifs en justice contre des fabricants de vêtements aux Etats-Unis, dans le nord des Iles Mariannes);

  • établissement d'une coalition à propos de questions internationales ou transfrontières (par exemple: mouvement anti-ALENA, travail des enfants, Greenpeace);

  • planification de la Marche mondiale des femmes en 2000;

    aide internationale, syndicats dans des pays développés et en développement:

  • élaboration par des SPI et des syndicats dans les pays développés de programmes éducatifs et de formation pour les syndicats de pays en développement (par exemple: projet de l'ICEM en Amérique latine sur la formation d'éducatrices pour fournir une instruction à leurs collègues féminines et pour renforcer leurs syndicats;)

  • projets pour aider les membres syndicaux, en particulier les femmes dans les pays en développement (par exemple: SID au Danemark a des projets en Amérique centrale et en Afrique);

  • établissement de fonds d'aide/soutien international (par exemple: un Fonds de justice sociale);

  • assistance à des syndicats dans les pays en développement (par exemple: les syndicats au Zimbabwe) fournie par des syndicats, instituts de recherche, étudiants universitaires dans des pays développés pour effectuer un travail de recherche;

  • accords conjoints (par exemple: entre l'Association des syndicats estoniens et les syndicats scandinaves.

ENCADRE 18

Codes de conduite: sont-ils adéquats pour protéger les femmes et les enfants?

Bien qu'elle se décrive elle-même comme une entreprise "socialement engagée" on a découvert que la société italienne Benetton employait de la main-d'oeuvre enfantine dans l'une de ses usines de sous-traitance en Turquie. A la suite de cette révélation, l'entreprise a annoncé la suspension des relations avec sa société patentée en Turquie. Deux jours plus tard, en septembre 1998, Benetton signait un protocole avec les syndicats turc et italien du textile concernant un code de conduite intitulé "principes pour une production propre" - incluant l'interdiction du travail des enfants, l'égalité de chances et de traitement sur le lieu de travail, l'égalité de salaire pour un travail de même valeur, des conditions de travail satisfaisantes, une couverture sociale garantie et la responsabilité de Benetton pour l'entièreté du cycle de production.

En fait, Benetton était déjà lié par un code de conduite signé avec les employeurs de l'industrie textile (EURATEX) et les syndicats (ETUF:TCL) code qui se réfère aux normes fondamentales du travail et notamment au respect des droits syndicaux. S'il est vrai que la signature de ce code de conduite est déjà une victoire en soi, le problème est que la liberté syndicale n'était pas couverte dans le protocole de septembre - et que pas moins de 40.000 syndicalistes de DISK (la fédération des travailleurs du textile) ont été licenciés au cours des deux dernières années dans un pays qui est connu pour sa discrimination envers les femmes et pour son recours à la main-d'oeuvre enfantine.

Source: J. Delorme, "Ciel gris sur le textile", Monde syndical No.12-1, décembre 98-janvier 99, pp.32-33.

Tableau 1: Type de syndicat et Region: syndicats soumis à l'enquête

Région Type et nombre de syndicats
  Centrale

nationale

Syndicat

local

Total
Afrique 13 16 29
Asie et Pacifique: 7 35 42
Extrême-Orient -- 6 6
Asie du Sud-Est 2 7 9
Asie du Sud 5 18 23
Pacifique -- 4 4
Moyen-Orient 1 -- 1
Europe: 25 74 99
occidentale 14 53 67
centrale et orientale 12 21 33
Amériques: 9 35 44
Etats-Unis & Canada 4 12 16
Amérique centrale 3 9 12
Caraïbes -- 5 5
Amérique latine 2 9 11
International (ISP) 1 -- 1
TOTAL 57 160 217

Tableau 2: Changements dans les effectifs syndicaux depuis 1995

Changements dans les effectifs Augmentation Baisse Pas de
changement
Pas de réponse
  CN SL CN SL CN SL CN SL
Total 19 57 22 66 11 19 4 15
Hommes 12 38 14 52 11 18 4 15
Femmes 13 54 14 45 7 15 4 15

CN: centrale nationale
SL: syndicat local

Tableau 3: Pourcentage de femmes dans les syndicats

Pourcentage de femmes Nombre de syndicats avec un pourcentage de femmes dans les effectifs totaux Nombre de syndicats avec un pourcentage de femmes dans les organes de prise de décision
  CN SL CN SL
Moins de 30 13 48 38 88
30-39 11 13 7 18
40-49 12 17 4 13
50-59 7 25 3 8
60-69 6 6 1 9
70-79 1 13 -- 8
80-89 -- 11 -- 5
90 et plus -- 8 -- 5
Ne savent pas -- 3 -- --
Pas de réponse 7 16 4 6

Tableau 4: Affiliation féminine par rapport à la proportion de femmes dans la population active

Affiliation féminine par rapport à la proportion de femmes dans la population active
Nombre
de syndicats
Egale à 80
Supérieure à 19
Inférieure à 41
Ne savent pas 5
Pas de réponse 15

Tableau 5: Facteurs empechant les femmes de s'affilier à un syndicat

Facteurs Nombre de syndicats
  Syndicats ayant cité le facteur Syndicats ayant cité le facteur comme le plus important
Normes et contraintes religieuses et culturelles 33 9
Contraintes légales 9 2
Objections de la part de l'époux ou de la famille 45 6
Image négative des syndicats véhiculée par les médias 37 4
Les femmes ne comprennent pas comment les syndicats peuvent les aider/ les femmes n'ont pas un bon niveau d'éducation 84 23
Les femmes manquent de confiance pour s'affilier 56 10
Les femmes n'ont pas le temps en raison de responsabilités familiales 80 20
Les femmes se trouvent dans des emplois atypiques et on peut dès lors difficilement les atteindre et les organiser 38 7
Les femmes craignent des représailles des employeurs (notamment la perte de leur emploi) pour s'être affiliées à un syndicat 57 21
Culture/activités syndicales dominées par les hommes
52

17
Découragement ou réactions hostiles des membres masculins
19

0
Le syndicat n'est pas sensible aux besoins spécifiques des travailleuses
33

Les cotisations syndicales sont un problème
26

6
Attitudes négatives du gouvernement 2 0
Pas de réponse 24 27

Tableau 6: Participation des femmes aux activités syndicales

Activités syndicales Nombre des syndicats. Nombre de centrales nationales.
Toutes les activités syndicales 123 49
Certaines activités syndicales 24 5
Activités spécifiquement destinées aux femmes 3 --
Pas de réponse 10 3

Tableau 7: Participation des femmes aux activités syndicales par rapport aux hommes

Participation aux activités syndicales Nombre de centrales nationales. Nombre de syndicats.
Les femmes membres plus actives que les hommes membres 3 24
Les femmes membres aussi actives que les hommes membres 33 75
Les femmes membres moins actives que les hommes membres 18 54
Pas de réponse 3 7

Tableau 8: Des mesures speciales ont-elles ete prises par le syndicat pour recruter des femmes?

Des mesures ont/n'ont pas été prises Nombre de centrales nationales Nombre
de syndicats
Oui 38 70
Non 19 82
Pas de réponse -- 8
Total 57 160

Tableau 9: Mesures prises pour accroître la participation des femmes à des postes de direction

Type de mesure Nombre de centrales nationales (57) Nombre de syndicats (160)
Quotas 15 22
Sièges réservés/supplémentaires 17 36
Cibles