Département du développement des entreprises et des coopératives

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Avant-propos 1
I. Introduction 3
Champ d'application 3
L'objectif de l'enquête 3
Le questionnaire 3
Organisation de l'enquête 4
Qualité et fiabilité des données 4
II. Résultats 5
Définition de la PME 5
Objectif des banques vis-à-vis de la PME 5
L'importance du client PME 5
Le portefeuille PME - types de projets 6
Le portefeuille PME - utilisation des prêts 6
Évolution du portefeuille PME 1984-1986 6
Le portefeuille PME - problèmes rencontrés 7
Procédures et méthodes 7
Examen préalable 8
Étude du dossier PME 9
Évaluation du promoteur 10
Évaluation du projet - étude technique 10
Évaluation du projet - étude du marché 10
Évaluation financière 10
Évaluation économique 11
Organisation de l'évaluation 11
Montage des opérations et déblocage des fonds 12
Suivi, contrôle et recouvrement 12
Formation et perfectionnement 13
III. Conclusions 15
Implications pour la conception de programmes d'appui 15
Implications pour le BIT 16
Annexe 1: Liste des banques et établissements financiers contactés 17
Annexe 2: Questionnaire 19
Les auteurs sont reconnaissants à Monsieur Pierre Hidalgo, à l'époque Conseiller Régional
du BIT pour la formation à la gestion et actuellement Chef de Section «Formation à la
Gestion» au siège du BIT à Genève, pour ses observations critiques et constructives.
Avant-propos
Ce document présente les résultats d'une enquête menée en 1987 auprès de 35 banques
et établissements financiers en Afrique de l'Ouest. L'enquête était initialement conçue
comme étape préalable à la conception d'une série de séminaires et ateliers. L'objectif
de ce projet du BIT, réalisé conjointement avec la Banque Centrale des États de l'Afrique
de l'Ouest (BCEAO) et financé par la République fédérale d'Allemagne, était de mettre
en lumière, au sein du système bancaire, le potentiel et les limites de financement des
PME dans les pays de l'UMOA (Union Monétaire Ouest-Africaine).
Pour cela, il convenait de mesurer l'importance des PME dans le portefeuille des banques
et d'apprécier l'image que se font les banques de cette clientèle «PME».
Ce projet s'inscrivait dans la politique des organes de l'UMOA de promouvoir le secteur
privé africain et notamment les petites et moyennes entreprises et l'artisanat. Cette tâche
revenait surtout à la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, en tant qu'institut
d'émission de l'Union doté de responsabilités pour la gestion de la politique de la
monnaie et du crédit, le refinancement et la supervision du système bancaire primaire,
mais également chargé du développement du système financier.
Dans l'optique d'une meilleure adéquation entre l'offre de services financiers et la
demande du secteur privé africain, la BCEAO mettait en oeuvre, au début des années
80, des instruments indirects de distribution de crédit, par exemple:
-- des participations au capital des différents fonds de garantie PME;
-- un taux d'escompte préférentiel pour le financement de PME nationales dont l'encours de crédit ne dépassait pas les FCFA 30 millions;
-- un plafond élevé pour le refinancement par la BCEAO de la quantité des concours
à moyen et long termes mis en place par le système bancaire en faveur des PME.
Depuis la réalisation de l'enquête, des changements notables sont intervenus: de
nombreuses banques recensées ont disparu. Par ailleurs, avec la «Nouvelle Politique
Monétaire», introduite en 1989, la BCEAO a abandonné la politique sectorielle du crédit
et, en particulier, le différentiel entre taux d'escompte normal et taux d'escompte
préférentiel (TEP), tout en renforçant la surveillance des banques et la gestion et le
contrôle global de la monnaie et du crédit. L'abandon du TEP résulte du constat fait par
la BCEAO que ces 2 points ne suffisaient pas pour permettre aux banques primaires
d'absorber tous les coûts et risques du financement des PME.
La banalisation des taux d'escompte n'a que très peu influencé le volume et les
conditions du financement des PME. Dès lors, les PME sont confrontées encore plus aux
effets du «credit rationing».
En conséquence, le problème de fond aujourd'hui demeure identique à celui de 1986-87:
il reste un travail à faire pour assurer l'adéquation entre besoins de financement du côté
des PME et offre de services financiers du côté du système bancaire. Les modalités d'un
tel rapprochement seraient soit l'assouplissement de procédures internes des banques,
soit encore la création ou le développement de structures intermédiaires pour réduire les
coûts de transaction et les risques, soit enfin une amélioration générale de la qualité de
gestion des PME ou bien des politiques visant l'entrepreneuriat africain.
Compte tenu de l'actualité quasi permanente des questions soulevées par l'enquête d'une
part et le nombre restreint de publications traitant du financement des PME par les
banques en Afrique de l'Ouest d'autre part, les auteurs ont estimé utile une diffusion
plus large. Ce document s'adresse principalement aux responsables du système bancaire,
au sein d'organismes de promotion de la PME et à ceux chargés de concevoir des
programmes d'appui au financement des PME en Afrique de l'Ouest.
I. Introduction
Champ d'application
1. L'enquête, réalisée en 1987 par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de
l'Ouest (BCEAO) avec l'appui du Bureau international du Travail, concernait les
banques et établissements financiers au Burkina Faso, Mali, Niger et Sénégal
engagés dans le financement des petites et moyennes entreprises africaines, y
compris l'artisanat. La définition de la PME utilisée dans ce contexte comprenait
toutes les formes juridiques et tous les secteurs économiques. Le questionnaire a
été envoyé aux banques «commerciales» faisant le financement à court terme des
PME du secteur des services ou d'activité manufacturière mais aussi aux caisses
nationales du crédit agricole prêtant des crédits de campagne aux coopératives
agricoles. Egalement concernés étaient les fonds ou sociétés de garanties. Par
contre, les Caisses nationales d'épargne étaient exclues.
L'enquête concernait 35 banques et établissements financiers des quatre pays, dont
24 ont renvoyé le questionnaire. Le taux de couverture est très inégal d'un pays
à l'autre:
Nombre d'établissements Nombre de questionnaires
concernés renvoyés
Burkina Faso 7 6
Mali 6 6
Niger 8 5
Sénégal 14 7
TOTAL 35 24
L'objectif de l'enquête
2. L'enquête s'inscrivait dans le cadre d'un projet conjoint du Bureau international du
Travail (BIT) et de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO)
sur le perfectionnement des cadres de banques au financement des PME dans la
région, projet financé par la République Fédérale d'Allemagne. L'enquête étant la
première étape avant l'organisation des séminaires de perfectionnement, elle devrait
renseigner d'abord sur les besoins de formation des cadres de banques chargés
de crédits aux PME ainsi que sur les critères et modalités d'octroi du crédit,
contraignant souvent toute action de formation. Le troisième point d'intérêt était
la perception de la PME par le milieu bancaire, la perception de ses points forts et
faibles, de sa potentialité et du contexte d'appui politique et institutionnel entourant
la PME.
Le questionnaire
3. L'organisation du questionnaire reflète ces préoccupations; il consiste en six
parties:
Les premières questions cherchent à identifier l'optique bancaire de la PME:
comment elle est définie par l'établissement concerné et si elle est vue comme un
client potentiel. La deuxième partie du questionnaire vise à cerner l'importance,
composition et qualité du portefeuille PME. La troisième partie cherche à tracer la
procédure bancaire mise en marche par une demande de crédit d'une PME; dans
cette partie, le questionnaire suit le parcours normal d'un dossier dès sa soumission
jusqu'au recouvrement. Les quatrième et cinquième parties du questionnaire visent
à reconstruire le profil idéal d'un «crédit man» chargé des dossiers PME et
d'identifier le niveau d'intérêt de la banque au perfectionnement de ses cadres et
des efforts entrepris dans ce sens. Le profil idéal du partenaire financier des PME
est le thème de la dernière partie du questionnaire.
Organisation de l'enquête
4. Le questionnaire a été préparé conjointement par les experts du projet BIT/BCEAO. Ensuite, il a été testé auprès de trois banquiers à Dakar avant sa distribution
dans le cadre d'une mission itinérante au Mali, Niger, Burkina Faso et Sénégal
auprès des 35 établissements en janvier-février 1987. Le renvoi des documents
passait par le canal des agences nationales de la BCEAO.
Qualité et fiabilité des données
5. Aucune banque n'a répondu complètement au questionnaire, et cela en dépit du
fait qu'on avait délibérément évité de poser des questions touchant aux coûts et
rendements des opérations avec les PME. Le taux de réponse varie d'une partie du
questionnaire à une autre; les procédures d'octroi du crédit ont été soigneusement
décrites alors qu'il est impossible de dégager avec précision la situation du
portefeuille «PME» soit parce que la comptabilité de la banque n'est pas organisée
à tel point, soit parce qu'il était jugé préférable de ne pas divulguer les données
chiffrées.
II. Résultats
Définition de la PME
6. C'est la dimension de l'encours de crédit qui détermine ce que constitue pour la
banque une petite et moyenne entreprise. Or, puisque la réglementation de la
BCEAO prévoyait jusqu'en 1989 une distinction entre un taux d'escompte normal
et un taux d'escompte préférentiel, une PME était donc pour la banque une
entreprise qui bénéficiait d'un encours de crédit en dessous de FCFA 30 millions
($ 100 000).
15 banques et établissements financiers utilisent cette définition. Les banques se
contentent du fait que la Banque centrale définisse la PME pour elles.
Les banques qui utilisaient des critères matériels définissent la PME par rapport aux
effectifs, deux banques établissant la limite à 50 employés, une à 40 et une autre
à 30. Par rapport au chiffre d'affaires, les banques considèrent une entreprise petite
ou moyenne si son chiffre d'affaires est inférieur à FCFA 20 millions (4 réponses)
ou à FCFA 100, 400, ou 500 millions (une réponse respectivement). Les critères
«valeurs d'actifs» (2 réponses) ou «apport en fonds propres» (3 réponses) sont peu
répandus, paraît-il, ainsi que le critère «coût global d'investissement» qui est
d'ailleurs utilisé seulement par deux banques de développement.
Objectifs des banques vis-à-vis de la PME
7. Sur 20 banques, seules 5 se sont fixé des objectifs quantitatifs pour les années
à venir. Cependant, la PME revêt un intérêt certain pour les banques (20 sur 24)
pour différentes raisons: soit la minimisation du risque (16 réponses pour
«diversification du portefeuille»), soit pour la rentabilité attendue (9), suivi par
l'aspect marketing (8 réponses pour «offrir d'autres services»), et finalement pour
renforcer la réputation de l'institution (8 pour «meilleure image») ou le passif (7 pour
«mobilisation de l'épargne»). Ces réactions sont encourageantes quand on tient
compte de l'objectif que le projet s'est fixé, c'est-à-dire promouvoir le financement
des PME par les banques commerciales, car chaque réponse représente un
argument en faveur du financement des PME. En tout état de cause, le milieu
bancaire n'apparaît certainement pas insensible aux arguments «risque», «rentabilité»
, «marché potentiel».
8. Restent les banques (4) qui n'ont pas répondu: on ne peut que spéculer si elles
n'ont pas d'objectifs vis-à-vis des PME ou bien si c'est la formation d'une stratégie
cohérente qui fait défaut ou bien si l'expérience dans le passé avec les crédits
octroyés aux PME était décevante, comme dans le cas d'une très grande banque
de développement qui a géré plusieurs lignes de crédit aux PME mises à la
disposition par des bailleurs de fonds internationaux.
L'importance du client PME
9. Les PME représentent la clientèle la plus importante dans le crédit à court terme;
dans le portefeuille de 9 banques (sur 13 répondant), elles absorbent plus de
65 pour cent de l'emploi total, et dans 7 établissements même plus de 80 pour
cent. Par contre, la PME ne bénéficie que très peu du crédit à plus longue
échéance: dans 8 banques (sur 11 répondant), moins de 15 pour cent des
ressources totales sont affectées aux PME, et même moins de 5 pour cent dans
5 banques.
Étonnant, le taux élevé des non-réponses: comme il ne s'agit pas ici d'une question
délicate, la conclusion s'impose que les statistiques internes des banques ne
permettent pas apparemment la ventilation du portefeuille par volume du crédit.
Le portefeuille PME -- types de projets
10. 4 banques sur 13 ne financent que des entreprises déjà opérationnelles alors que
6 prêtent principalement aux nouvelles créations (plus de 80 pour cent de leur
portefeuille consiste en ce type de projet). Parmi ces établissements, on compte
4 banques de développement. Finalement, 2 banques ont cessé toute activité de
crédit aux PME depuis deux ans. Un tiers des banques contactées n'est pas en
mesure de distinguer entre entreprises existantes et nouvelles.
Le portefeuille PME -- utilisation des prêts
11. Il y a une sorte de spécialisation des banques: soit elles «font» exclusivement (ou
presque) des crédits pour financer le fonds de roulement, soit des crédits à l'investissement (9 sur 16). 4 banques (sur 11) financent principalement le fonds de
roulement d'entreprises établies, 3 financent les investissements, soit dans les
entreprises existantes ou nouvelles, et une seule banque est engagée dans le
financement du fonds de roulement des nouvelles unités.
Évolution du portefeuille PME 1984-1986
12. Le questionnaire était également censé renseigner sur la sélectivité des banques
au stade de l'étude, l'importance des crédits octroyés aux PME pendant les trois
dernières années, l'importance et l'évolution des arriérés et le pourcentage des
projets irrécouvrables par rapport au portefeuille global. Or, sur les 24 banques
contactées, seules 5 ont pu (ou voulu) fournir des données chiffrées dont 2
banques de développement. Ceci peut être attribué à une réticence de révéler la
qualité du portefeuille PME ou bien à un manque d'organisation dans la documentation des dossiers.
13. Il serait peu significatif de tirer des conclusions d'ordre général compte tenu de la
petite base des données. Il doit suffir ici d'observer qu'au niveau de la sélection
des demandes reçues une banque soumet chaque demande de financement reçue
à une étude, tandis que 3 autres rejettent déjà à ce stade préliminaire la moitié des
demandes, et deux autres même deux tiers. Une fois évalué, un dossier passe
généralement aussi le cap de l'approbation par le directeur du crédit (ou un comité
de crédit). Ceci n'est pas valable pour aucune des banques de développement où
la décision d'octroi du crédit n'affecte qu'entre 10 pour cent et 60 pour cent des
dossiers étudiés. Le bas pourcentage n'est pas forcément dû à une mauvaise
qualité d'étude, mais peut refléter une forte fluctuation du niveau de ressources
disponibles pour les engagements, ou même le choix de constituer un stock de
dossiers évalués.
14. La part des arriérés dans l'ensemble des crédits octroyés au cours d'une année ne
ressort pas nettement du tableau. Seuls deux établissements ont indiqué les chiffres
appropriés pour deux années consécutives, alors que deux autres ont donné le
nombre global et cumulatif des crédits en arriéré. Dans ces deux banques, le risque
de non-remboursement affecte entre 3 et 13 pour cent des crédits octroyés.
15. L'importance des crédits irrécouvrables varie considérablement d'un établissement
à l'autre; par contre, elle est relativement stable dans le temps. Dans quatre
banques, les irrécouvrables représentent moins de 5 pour cent du portefeuille, dans
une banque 13 et 20 pour cent et dans une autre 30 et 75 pour cent. Le
portefeuille entier d'une banque de développement était irrécouvrable (à 82 pour
cent) en 1984.
Le portefeuille PME -- problèmes rencontrés
16. Le questionnaire présentait une liste de dix problèmes typiques dans le financement
des PME. Les banquiers étaient invités à indiquer, d'une part, avec quelle intensité
chaque problème se pose selon eux dans les opérations de tous les jours et, d'autre
part, s'ils considèrent ce problème sérieux ou mineur. Le premier constat est que
les problèmes sérieux arrivent aussi plus fréquemment. La deuxième observation:
les quatre problèmes les plus sérieux sont l'insuffisance dans la tenue de la
comptabilité par le promoteur, l'insuffisance des fonds propres, l'incohérence dans
la conception et les déficiences dans le marketing.
Par contre, les faiblesses liées plutôt à la personnalité du promoteur et à sa moralité
(manque d'esprit d'entreprise, désinvestissement, manque d'engagement et
détournement du crédit) ne sont pas aussi graves dans l'opinion des banquiers.
Deux banques de développement qui étaient représentées à un séminaire de l'IDE
et de la BAD sur l'esprit d'entreprise (en juillet 1986 à Abidjan) jugent que ce
facteur est d'une importance mineure.
Procédures et méthodes
17. Cette partie du questionnaire était destinée à mieux comprendre les opérations à
l'intérieur de la banque après qu'une demande pour un financement d'une PME ait
été soumise pour l'examen.
Il s'agissait notamment de clarifier les aspects suivants:
-- le degré de standardisation;
-- les niveaux de la prise de décisions;
-- l'importance des critères d'octroi du crédit;
-- la durée des différentes étapes du cycle.
La question sous-jacente est de savoir si ces procédures et méthodes sont
identiques à celles appliquées à d'autres opérations de crédit aux emprunteurs plus
importants, ou bien si elles sont propres aux opérations avec les PME. Cela
reviendrait à une vérification de l'hypothèse selon laquelle les besoins des PME au
financement soient particuliers, ce qui entraînerait une augmentation des coûts et
risques pour les banques nécessitant des procédures d'opérations plus adaptées
à cette clientèle.
L'ordre des questions est celui des étapes consécutives que le dossier parcourt
normalement: réception de la demande, examen préalable, évaluation du promoteur
et du projet, décision d'octroi du crédit, montage des opérations et déblocage des
fonds, suivi et contrôle, recouvrement.
Examen préalable
18. Dans l'examen préalable, il s'agit d'établir si le dossier est recevable avant même
l'appréciation de la rentabilité du projet et de la viabilité de son financement. A ce
stade, les aspects uniquement formels devraient jouer un rôle, tels que l'existence
juridique et sa forme, la mise en place des documents comptables, la domiciliation
du client, etc. En effet, pour 9 banques (sur 22), la durée du fonctionnement du
compte constitue une condition préalable. Cependant, en réalité un tiers des
banques (8 sur 22) exigent aussi et déjà à ce stade la soumission d'une étude de
viabilité, ce qui pourrait dresser un obstacle trop haut pour un certain nombre de
promoteurs simplement soucieux de se renseigner sur les modalités d'un concours
bancaire éventuel. Il se peut aussi que certaines banques ne distinguent pas entre
«examen préalable» et «évaluation».
19. Toutes les formes juridiques sont admises dans 20 banques (sur 23), alors que trois
sont obligées par leurs statuts de ne financer que des collectivités locales ou
coopératives rurales. L'apport en fonds propres exigé pour un crédit aux besoins
du fonds de roulement se situe à 30 pour cent en moyenne (12 réponses variant
de 0 à 75 pour cent), et pour un crédit à l'investissement à 26,25 pour cent en
moyenne (16 réponses variant de 10 à 40 pour cent).
20. Deux tiers des banques (15 sur 22) considèrent l'ancienneté des relations avec le
client PME «déterminante» en matière de financement, pour 7 c'est plutôt un critère
«accessoire». Ce constat laisse supposer qu'il existe quand même certaines
ouvertures au crédit institutionnel pour un entrepreneur pas encore établi, mais il
faut les chercher plutôt parmi les banques de développement (3 parmi les 7).
21. Le taux de garantie exigé paraît relativement élevé: la couverture en garantie se
situe en moyenne à 190 pour cent du crédit (14 réponses variant de 35 à 200 pour
cent). A cet égard, on ne constate aucune différence entre banques commerciales
et banques de développement. La forme de couverture préférée est de loin celle
des garanties réelles: 20 sur 21. Par contre, l'intervention d'un fonds de garantie
publique n'est généralement pas exigée (14 sur 19). Quels que soient le taux de
couverture exigé et la forme, toutes les banques ont des difficultés à réaliser les
garanties. Seuls deux établissements sénégalais déclarent ne pas en avoir.
22. La décision sur la recevabilité du dossier est prise à tous les niveaux hiérarchiques
de la banque et suivant différentes formules. Face à cette diversité les réponses
ont été regroupées de manière suivante:
Conseil d'administration ) niveau supérieur
Directeur général )
Chef du service crédit ) niveau intermédiaire
Comité du crédit )
Exploitant (seul ou en liaison ) niveau inférieur
avec le niveau intermédiaire) )
Le dossier est normalement traité à un niveau inférieur par rapport à celui où la
décision est prise. Le nombre de banques (11) dans lesquelles les cadres supérieurs
(chef de service du crédit ou même directeur général) sont chargés de préparer le
dossier paraît relativement élevé.
23. L'impression d'une centralisation est confirmée quand on examine le pouvoir de
décision exprimé en valeur du crédit. Sur les 12 établissements qui ont répondu
à cette question, seul un accorde le pouvoir de décision à l'exploitant, en
l'occurrence jusqu'à un montant de FCFA 7 millions (approximativement $ 23.400).
Dans les autres banques, c'est le directeur (ou le comité) du crédit ou le directeur
général qui sont chargés de la décision. En termes de l'importance du crédit, les
mains mêmes des cadres supérieurs semblent liées, car la compétence du directeur
général ne peut parfois dépasser FCFA 20 millions (approximativement $ 67.000)
(4 cas), ce qui le place au même niveau qu'un chef du crédit dans deux autres
banques.
24. En moyenne, seulement la moitié des dossiers soumis passe le cap de l'examen
préalable pour avancer à l'évaluation proprement dite: le taux de rejet dans 9
banques varie de 5 à 80 pour cent.
Étude du dossier PME
25. L'approche conventionnelle de la banque à une demande de crédit consiste dans
l'appréciation de la rentabilité des activités envisagées et de la capacité de
supporter le remboursement du prêt sans difficulté au plan de la solvabilité.
L'analyse financière se base normalement sur des documents comptables. Or,
comme bon nombre de PME sont incapables de les fournir, l'étude par la banque
est bien obligée de sortir des sentiers battus. Ce dilemme est reflété dans le
questionnaire: au-delà des démarches conventionnelles (étude technique, étude du
marché, interprétation des comptes d'exploitation et trésorerie prévisionnels,
tableau de remboursement, etc.), sont également examinés les aspects liés à la
personne du promoteur, notamment ses qualités morales, sa capacité sur le plan
technique et de la gestion. Les instruments utilisés à ces fins indiquent, en fait, que
presque toutes les banques insistent sur le minimum de contact direct et personnel
avec le promoteur: 22 (sur 24) l'invitent dans les locaux de la banque soit pour un
interview individuel (21), soit pour une présentation devant le comité du crédit (5)
ou bien on se déplace pour visiter le promoteur dans son entreprise (18). Le niveau
de standardisation est relativement bas: seules 6 banques (sur 24) utilisent des
manuels et 11 exigent que le promoteur remplisse un formulaire de demande de
crédit. Pour structurer les interviews, seules 5 banques s'appuient sur un
questionnaire. Par contre, les renseignements commerciaux jouent un rôle très
important: dans 20 banques (sur 24), c'est la pratique courante.
Évaluation du promoteur
26. La motivation sous-jacente du promoteur n'intéresse que 12 établissements (sur
18). Ceux qui sont effectivement intéressés (6) cherchent à le vérifier par des tests
du type «PATEL» (4), des entretiens (6), des renseignements commerciaux (1) ou
bien par l'ampleur de l'apport en fonds propres. Alors que la motivation ne semble
pas être jugée primordiale comme critère d'appréciation, les banques sont, par
contre, unanimes (23 sur 23) sur l'importance de la personnalité du promoteur. Ce
résultat un peu contradictoire est peut-être dû au fait qu'on ne se pose pas trop
de questions sur les mobiles d'un client.
27. Le profil idéal d'un promoteur pour le milieu bancaire se présente de façon suivante:
responsable, il respecte ses engagements (notamment vis-à-vis de sa banque, il
est sous-entendu) et il est organisateur énergétique et persévérant qui cherche
activement des opportunités d'affaires. On n'apprécie pas tellement un patron
charismatique («leader»). Ce qui ressort d'abord des réponses, c'est que les banques
considèrent plus pertinentes les qualités qui se manifestent directement dans le
rapport promoteur-banque que les qualités requises dans la gestion même de
l'entreprise (organisation, persévérance, énergie). L'appréciation du facteur
«formation» est relativement négative bien qu'un niveau minimum d'enseignement
est considéré indispensable.
Évaluation du projet -- étude technique
28. Il semblerait que l'étude du projet comprenne systématiquement un examen de
l'emplacement de l'usine, de la technologie proposée, y compris l'approvisionnement en matières premières et le stockage. Ce constat surprend compte tenu
des causes de bon nombre d'échecs dans le passé, dû à un équipement
surdimensionné nécessitant l'engagement des fonds en pièces de rechange ou une
matière première importée coûteuse. Si effectivement ces aspects avaient été
soumis à un examen systématique, on ne pourrait en conclure que la compétence
technique requise a fait défaut.
Évaluation du projet -- étude du marché
29. Un constat analogue s'impose en matière d'étude du marché: il est vrai, les difficultés d'obtenir les données fiables sur la demande sont énormes et il est souvent
hasardeux de faire des projections d'écoulement à l'horizon de cinq à dix ans. Du
côté des banques, on est alors obligé de se débrouiller avec les «observations
courantes» et «comparaisons avec affaires similaires» (8 banques) ou «enquête
auprès des distributeurs (2)». 6 établissements s'appuient parfois sur des
statistiques de commerce. Deux banques ont répondu: «On n'a aucune base de
jugement».
Évaluation financière
30. Les banques exigent -- sans exception -- la présentation de documents comptables;
la vérification par un expert comptable n'est cependant pas de rigueur (au moins
pour 16 des 22 banques). L'horizon historique pour bilans et comptes d'exploitation
est généralement de trois ans (17 sur 22), l'horizon des documents prévisionnels
n'est pas spécifié. Hormis les bilans et comptes d'exploitation prévisionnels, on
exige d'une manière systématique dans la plupart des banques (18 sur 21) des
plans de trésorerie. Face à ces exigences, bon nombre de promoteurs se voient
obligés de faire appel à l'assistance d'un organisme de promotion ou bien d'un
bureau d'études.
31. La méthode des ratios semble être prédominante dans l'interprétation des
documents comptables (18 sur 22). Les banques opèrent avec des normes de
structure financière, de rentabilité et d'exploitation propres à la maison et à sa
politique de crédit. 7 établissements indiquent qu'ils travaillent avec des normes
sectorielles.
32. Ce qui intéresse les banques en premier lieu, ce sont des facteurs liés à la structure
financière de l'entreprise (17 mentions sur 17), à savoir l'endettement, la liquidité
et le fonds de roulement, suivi par la rentabilité (10) économique et financière et
les ratios de l'exploitation (5).
Évaluation économique
33. Sept banques (dont 5 au Sénégal) sur un ensemble de 23 déclarent avoir systématiquement recours à une évaluation économique, mais on peut se demander si cela
se réfère bien à la PME. Une banque applique la méthode des prix de référence et
trois autres celle des effets induits.
Organisation de l'évaluation
34. Les dossiers sont principalement (19 sur 22) traités au niveau inférieur (exploitant,
rédacteur ou les deux); dans 2 petits établissements, c'est le directeur du crédit
et même le directeur général qui sont chargés d'élaborer le dossier conjointement
avec un exploitant. Par contre, la décision sur l'engagement n'est jamais prise au
niveau de l'exploitant, mais au niveau intermédiaire (comité de crédit ou directeur
du crédit: 5 cas), ou bien conjointement avec le directeur général et le conseil (6)
ou encore exclusivement à ce niveau supérieur (10).
35. La rentabilité est le critère principal dans la décision (18 mentions sur 22) suivi de
la qualité des garanties fournies et de la personnalité du promoteur (9 respectivement). Moins importantes semblent être l'existence d'un marché (6) et la
disponibilité en fonds propres (5).
36. En moyenne, une évaluation d'un dossier PME dure quatre semaines avec une
variation entre trois jours et trois mois (21 banques). La prise de décision elle-même
dure encore en moyenne dix-huit jours, ce qui fait que le promoteur doit
normalement attendre deux mois avant que le résultat lui soit communiqué. Il est
évidemment possible de raccourcir cette période, comme le démontre le cas d'une
banque au Mali qui boucle la procédure entière en une semaine. La durée de
l'évaluation pourrait être en partie due au fait que le dossier est généralement
renvoyé (19 sur 22) par la direction au service concerné pour obtenir des
renseignements supplémentaires ou revoir l'appréciation du risque ou l'étude de
marché.
37. Le résultat de la prise de décision est plus souvent communiqué au promoteur par
écrit que de vive voix (13 par rapport à 4).
Montage des opérations et déblocage des fonds
38. Après la prise de décision sur l'engagement, il reste en moyenne encore plus de
dix-huit jours de travail jusqu'à ce que le crédit soit effectivement mis en place, ce
qui fait que le promoteur doit patienter pendant trois mois avant de pouvoir utiliser
le crédit. Dans quelle mesure est-il possible de simplifier et standardiser les
procédures pour réduire ce laps de temps et en même temps les coûts de transaction? La plupart des banques (15 sur 21) utilisent déjà une liste de contrôle; le
promoteur n'est-il pas, lui aussi, responsable de la longueur de la procédure du fait
que les principales formalités à remplir dépendent de sa collaboration, à savoir la
signature de la convention, la mise à disposition de la garantie et la libération des
fonds propres?
39. En général, pour les crédits mis en place, il n'existe pas de seuil minimum; seules
deux banques indiquent qu'elles ne feront pas d'engagements en dessous de FCFA
1 million et FCFA 2 millions, respectivement ($E.U. 3.333 et 6.666). Il n'est pas
clair si ce seuil a été fixé après une analyse du type «point mort». En règle générale,
l'échéance pour le crédit au fonds du roulement se place à douze mois, mais il y
a certaines banques (5) qui permettent une échéance plus longue jusqu'à vingt-quatre ou même trente-six mois. L'échéance pour les crédits à l'investissement est
entre 84 et 120 mois.
Suivi, contrôle et recouvrement
40. Dans la plupart des banques (18 banques sur 22), c'est le service d'engagements
qui est aussi chargé du suivi qui se fait normalement (12 banques sur 18) à
l'occasion des visites auprès du promoteur. Cependant, il semble exister une
divergence entre la norme et la pratique: seules 6 banques prévoient les visites
fréquentes, c'est-à-dire au moins une fois par mois. Plus souvent c'est laissé à
l'initiative de l'exploitant, et là les visites se font plus rares. Dans la majorité des
cas, ces visites ne sont pas structurées autour d'une liste de contrôle. Les visites
sont parfois complétées par une analyse des bilans intérimaires et du mouvement
du compte (4 banques), par des communications téléphoniques (1) ou par la sous-traitance du suivi à un organisme de promotion ou un bureau d'études (2).
41. Le recouvrement est dans les mains soit du service d'engagements (13 banques
sur 22), soit du service recouvrement: la première formule est favorisée par la
connaissance intime du service des antécédents du dossier, tandis que la centralisation de cette fonction auprès d'un service spécialisé pourrait être plus efficace.
A la suite de la révision du compte dont la périodicité varie entre hebdomadaire (3
banques) et annuelle (3), mais plus souvent mensuelle (11), le service contentieux
peut être saisi si un impayé est constaté à l'échéance du remboursement et un
règlement à l'amiable n'apporte pas de solutions ni une lettre de mise en demeure.
C'est le signal dans 12 banques (sur 21) qui déclenche normalement la saisie du
contentieux. Evidemment, la situation varie d'un crédit à l'autre, mais auprès de
quelques banques ce seuil est nettement plus haut, c'est-à-dire le contentieux
intervient quand il y a des impayés à la deuxième ou même troisième échéance.
42. Le pourcentage des dossiers qui nécessitent l'intervention du service contentieux
varie de 0 à 100 pour cent avec une moyenne de 45 pour cent. Seules 9 banques
ont donné une réponse chiffrée à cette question. L'analyse des causes de
défaillance fait ressortir que les banques jugent les facteurs internes à la PME
(notamment la faible gestion et le manque de sérieux du promoteur) plus décisifs
que les facteurs externes liés à la conjoncture et au marché. Il est intéréssant de
noter que le manque de ressources pour financer le fonds de roulement ne semble
pas être une cause importante de défaillance, selon le milieu bancaire.
43. Les chances de redresser la situation sont estimées d'une manière très variée (entre 75 et 0 pour cent). Deux banques déclarent pouvoir récupérer 50 -- 75 pour cent du prêt lors d'une cessation d'activité; elles favorisaient l'implication d'un fonds de garantie qui pourrait effectivement faire une différence à cet égard.
44. Compte tenu du fait que les banques n'ont généralement pas d'approche spécifique
vis-à-vis de la PME, il est tout à fait logique que le principe prédominant de la
politique du personnel soit celui de la polyvalence. En fait, la distribution des
dossiers à l'extérieur du service crédit se fait sur la base de l'expérience et de la
disponibilité de l'exploitant plutôt qu'en fonction des connaissances intimes d'un
secteur d'activité. La performance est régulièrement évaluée dans 14 banques;
parmi les neuf établissements qui ne le font pas, figurent trois grandes banques
de développement. L'évaluation n'a point de conséquence pour le salaire. Aussi,
à l'exception d'une filiale américaine, il n'y a pas de prime d'incitation pour le
volume et la qualité du travail. Cependant, les banques ont quand même une idée
assez précise des qualités requises d'un exploitant: compétence en analyse
financière et une certaine indépendance et sûreté d'appréciation du facteur risque.
Par contre, les banques considèrent moins importante la capacité d'un exploitant
de parler le même «langage» que le promoteur d'une PME. Egalement peu apprécié
est l'engagement de l'agent pour la réalisation du projet.
Formation et perfectionnement
45. Conformément à ce profil, les programmes de perfectionnement dont disposent 11
banques (sur 16) mettent l'accent sur la maîtrise des techniques du crédit et
l'analyse des documents comptables. Ces compétences de base sont aussi
thématisées par des cours auprès des institutions de formation, telles que COFEB,
CIFPB, ITB, SIFOR, IDE, BAD, etc. Selon les banques, l'approfondissement des
techniques bancaires de base semble plus nécessaire que la diversification des
connaissances spéciales. Onze banques signalent leur satisfaction quant à l'impact
des activités de formation dans le passé; deux seulement ne sont pas satisfaites.
Le séminaire sur le financement de la PME retiendrait l'intérêt de 80 cadres de
banques dans les 16 établissements ayant répondu à cette question; le projet
conjoint BIT/BCEAO pourrait en effet contribuer à une meilleure sensibilisation,
étant donné que la grande majorité des banques se considèrent par rapport aux
organismes de promotion comme l'institution convenable pour financer les PME,
soit par l'intermédiaire d'une filiale spécialisée ou d'une banque de développement.
III. Conclusions
46. Il n'y a pas d'approche particulière des banques vis-à-vis des petites et moyennes
entreprises. Ce fait pourrait expliquer pourquoi il y a actuellement peu de crédit
bancaire aux PME: un petit crédit n'est simplement pas intéressant pour la banque,
car cela implique une étude aussi approfondie et par conséquent des coûts de
transaction aussi élévés qu'un crédit plus important.
Cependant, les banques reconnaissent que la PME est qualitativement différente
et qu'elle pose des problèmes bien particuliers, à savoir les quatre faiblesses
cardinales: conception, fonds propres, gestion, ventes. La conclusion s'impose
alors de modifier l'approche pour réduire les coûts dans l'étude et la gestion du
crédit PME et en même temps pour l'adapter aux exigences particulières de ce
client.
47. En principe, l'intérêt existe auprès des banques de s'engager davantage dans ce
secteur, à défaut d'alternatives d'activités économiques rentables, bien que, dans
le passé, les banques n'ont généralement pas fait de bonnes expériences avec les
PME. La démarche vis-à-vis des banques pour atteindre un changement d'approche
doit, pour être crédible, s'inspirer des considérations de rentabilité et de sécurité:
par exemple la décentralisation de la préparation du dossier et de la prise de
décision en fonction du montant du crédit octroyé, l'élimination d'un pourcentage
plus élevé de demandes avant l'étude proprement dite, et cela sur la base d'une
discussion détaillée et structurée avec le promoteur, la simplification des manuels
conçus pour des opérations plus importantes, l'utilisation des listes de contrôle
conçues et établies par des praticiens du crédit.
Aussi, il est indispensable que les banques connaissent mieux la situation réelle de
leur portefeuille: les lacunes, à cet égard, semblent importantes. Il serait très
souhaitable d'analyser les besoins d'informatisation dans ce domaine.
48. Les organismes d'encadrement et de promotion de la PME, seuls, ne pourront pas
assurer le rapprochement entre système bancaire et PME, ne serait-ce que parce
que leurs contributions à la conception du projet et à l'étude du marché manquaient
souvent de réalisme. Mais il n'en reste pas moins vrai qu'un organisme
intermédiaire est indispensable, que ce soit une ONG, une coopérative, une
chambre de commerce, etc.
Implications pour la conception de programmes d'appui
49. Il y a deux sens à suivre: d'abord les mesures visant à réduire le niveau général des
coûts administratifs internes aux banques, par exemple la mise en place de
systèmes de contrôle de gestion, une décentralisation de la prise de décision, des
primes incitatives en supplément aux salaires, etc. Ici on ne parlerait pas
«d'assistance technique», mais plutôt de «services» mis à la disposition du système
bancaire, lequel devrait payer pour ces services. Même si l'on réussissait à hausser
le niveau d'efficience des banques commerciales, le financement des PME
continuerait d'entraîner des coûts que les autorités publiques seraient appelées à
absorber. Les différentes formes de subventionnement aux PME se justifient
compte tenu des bénéfices sociaux: distribution de revenus plus équitable,
émergence d'une classe indigène d'entrepreneurs, création/stabilisation d'emplois.
Ces bénéfices sociaux justifient un subventionnement notamment à des structures
intermédiaires absorbant une partie du risque (fonds de garantie).
Implications pour le BIT
50. -- Études, enquêtes au niveau micro-économique sur coûts de transaction et
risque.
-- Diffusion d'information sur apprentissage institutionnel ailleurs (Afrique de
l'Est, Asie).
-- Intermédiation entre organismes de promotion, publics et privés, et banques.
-- Renforcement de la capacité institutionnelle des organismes appelés à faciliter
le financement bancaire des PME.
-- Conception et préparation de projets de textes d'ordre politique et
réglementaire.
-- Évaluation de politiques et programmes concernant la promotion et le financement des PME.
Annexe 1
Les banques suivantes ont été contactées:
Burkina Faso
BIB Banque Internationale du Burkina
BICIA Banque Internationale pour le Commerce, l'Industrie et
l'Agriculture
BND-B Banque Nationale du Développement du Burkina
CAI Caisse Autonome d'Investissements
CNCA Caisse Nationale du Crédit Agricole
CNDI Caisse Nationale des Dépôts et des Investissements
UREBA Union Révolutionnaire de Banques
Mali
BALIMA Banque Arabe Libyo-Malienne pour le Commerce Extérieur et le
Développement
BDM Banque de Développement du Mali
BIAO Banque Internationale de l'Afrique de l'Ouest
BMCD Banque Malienne pour le Commerce et le Développement
BNDA Banque Nationale pour le Développement Agricole
BOA Bank of Africa
Niger
BALINEX Banque Arabe Libyo-Nigérienne pour le Commerce Extérieur et
le Développement
BCCI Bank for Credit and Commerce International
BDRN Banque de Développement de la République du Niger
BIAO Banque Internationale de l'Afrique de l'Ouest
BICIN Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie du Niger
CITY City Bank Niger
CNCA Caisse Nationale du Crédit Agricole
MASRAF Masraf Faycal al Islami du Niger
Sénégal
BCCI Bank of Credit and Commerce International
BCS Banque Commerciale du Sénégal
BHS Banque de l'Habitat du Sénégal
BIAO Banque Internationale de l'Afrique de l'Ouest
BICIS Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie du
Sénégal
BNDS Banque Nationale de Développement du Sénégal
BSK Banque Sénégalo-Koweitienne
BST Banque Sénégalo-Tunisienne
CITY City Bank, Dakar
MASRAF Masraf Faycal al Islami du Sénégal
SGBS Société Générale de Banques au Sénégal
SOFISEDIT Société Financière Sénégalaise pour le Développement de
l'Industrie et du Tourisme
SONABANQUE Société Nationale de Garantie, d'Assistance et de Crédit
USB Union Sénégalaise de Banques
Annexe 2
Le Centre Ouest Africain de Formation et d'Études Bancaires (COFEB) de la Banque Centrale des États
de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le Bureau international du Travail (BIT) sont heureux d'annoncer qu'ils
se proposent d'organiser conjointement dans les pays suivants: Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal, au
cours des exercices 1987-1988, une série de séminaires (régionaux et nationaux) et de cours auprès
des établissements bancaires sur le thème du «Financement des petites et moyennes entreprises et de
l'artisanat en Afrique de l'Ouest».
Objectifs du projet
Ce programme a pour objet de procurer à des cadres responsables, chargés de l'étude, de la mise en
place, du suivi et du recouvrement du crédit aux PME/PMI, un perfectionnement complémentaire qui
leur permette:
-- d'élargir le champ de leurs connaissances et leur capacité de réflexion, afin de rendre plus
efficace leur action dans le cadre des responsabilités qui leur sont confiées;
-- de renforcer leur capacité analytique et opérationnelle en matière d'évaluation bancaire et de
conseil aux PME/PMI;
-- d'harmoniser les méthodes et critères d'évaluation en vigueur.
Méthodologie
Cette formation se voulant essentiellement pratique, l'accent sera mis, au cours des sessions, sur l'étude
de cas concrets en se servant d'exemples tirés de la réalité. Le succès de ce programme dépendra dans
une large mesure de la participation des séminaristes et chacun sera amené à contribuer à la formation
collective du groupe en apportant ses connaissances et son expérience.
But du questionnaire
Le questionnaire joint en annexe devrait nous permettre de cerner plus précisément les besoins en
formation et les méthodes les plus appropriées à mettre en oeuvre dans ce projet.
Dans cette perspective, le questionnaire comprend les rubriques suivantes:
1. Définition de la «PME» et objectifs généraux
2. Le portefeuille PME
3. Méthodologie, critères d'octroi et de suivi des crédits aux PME
4. Profil et qualité attendus des exploitants chargés des crédits aux PME
5. Activités de formation
6. Le contexte institutionnel.
D'une manière générale, la synthèse des résultats de cette enquête et la réalisation du projet devraient
favoriser:
-- une décentralisation des activités de formation;
-- la participation des établissements bancaires au stade de l'élaboration et de la confection du
matériel didactique;
-- le renforcement des contacts inter-bancaires dans la sous-région.
La réussite du programme repose par conséquent sur la collaboration et la contribution des
établissements bancaires des pays visés.
Une mission conjointe se rendra ultérieurement auprès des différents établissements bancaires afin de
recueillir, sur la base du questionnaire préalablement distribué, leurs critiques et suggestions pour les
intégrer dans cette action de formation pratique et intensive.
Centre Ouest Africain de Formation et Bureau international du Travail
d'Études Bancaires de la Banque Centrale
des États de l'Afrique de l'Ouest
1. Définition et objectifs généraux
Oui Non
a) Les PME sont-elles spécifiquement visées par votre institution?
Oui Non
b) Avez-vous fixé pour l'avenir des objectifs quantitatifs quant
au volume des crédits à octroyer aux PME?
1.1 Définition
Dans votre établissement, les PME sont définies par:
-- leurs actifs? Valeur maximale ................ CFA
-- leurs effectifs? Employés ................
-- leur chiffre d'affaires? Limite ................ CFA
-- le niveau de leurs fonds propres? Montant ................ CFA
-- Le niveau des encours de crédits? Montant ................ CFA
-- Le niveau des garanties? ................
-- Le critère d'admission au TEP définit
par les autorités de l'UMOA?
-- D'autres critères? Si oui, lesquels? ...............................................................................
1.2 Objectifs commerciaux
L'engagement de votre établissement dans les opérations de crédits avec les PME s'est fait (ou pourrait
se faire) dans la perspective:
-- d'une diversification du portefeuille?
-- d'une division de risques?
-- d'une mobilisation de l'épargne?
-- de donner une meilleure image de votre établissement?
-- d'accroître votre rentabilité?
-- d'offrir d'autres services?
Pour de plus amples informations, prière de contacter
le Département du développement des entreprises et des coopératives
(ENTREPRISE), BIT, 1211 GENEVE 22, Suisse Tél: +41.22.799.8319 or
Fax: +41.22.799.7978
E-mail: entreprise@ilo.org
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1997.