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page principale sur la violence et le stress au travail
Services postaux:
Violence et stress sur le lieu de travail
Portée et impact de la violence et du stress
Les travailleurs des services postaux sont considérés comme
appartenant à une profession «à haut risque» eu égard à l’exposition à la
violence et au stress. Aux Etats-Unis d’ailleurs, l’expression «going
postal» est devenue synonyme d’actes de violence graves perpétrés
sur le lieu de travail et pouvant aller jusqu’à l’homicide.
Or, le plus souvent, on a à faire à des actes de violence moins
graves qui, de ce fait, passent inaperçus, tels que les menaces et la
violence psychologique.
De par la nature même de leur travail, les employés des postes
sont exposés à des risques de violence et de stress dont les
causes sont extérieures à l’environnement de travail, comme
l’ont récemment montré les cas de bio-terrorisme (anthrax)
aux Etats-Unis, où des mesures de sécurité ont dû être
prises en réponse à cette menace. Ces événements
mettent en lumière les dangers omniprésents auxquels sont confrontés
les travailleurs des services postaux lors du traitement d’énormes
volumes de courrier, ainsi que la nécessité de rester particulièrement
vigilant à tous dispositifs suspects, tels les bombes et les engins
incendiaires. Les travailleurs des services postaux doivent également
faire face à l’agressivité du public, aux risques que présente
la manipulation des espèces, et à une augmentation de stress
due aux réformes structurelles et à l’impact des fusions
et acquisitions, de la mondialisation, des nouvelles technologies, des nouvelles
pratiques de travail, des performances commerciales, etc. Ces facteurs contribuent à créer
une tension dans les relations entre direction, employés et organisations
de travailleurs, ainsi qu’à engendrer insécurité de
l’emploi, mécontentement et conflits au sein du personnel. Ils
peuvent aussi éveiller chez les travailleurs le sentiment d’incapacité à faire
face aux exigences imposées par le travail et, partant, accroître
les tensions existantes.
Selon une enquête réalisée en 2001 par le Syndicat des
travailleurs des communications (CWU) au Royaume-Uni, les principales causes
de stress sont les suivantes : mauvaise gestion (44%) ; charge de travail excessive
(42%), pénuries de personnel (20%), insécurité de l’emploi
(17%), monotonie du travail (16%), horaires de travail trop longs (13%), manœuvres
d’intimidation (11%), manque de maîtrise de son propre travail
(11%). Le stress est particulièrement élevé chez les travailleurs
qui subissent régulièrement des actes de violence ou des menaces
de violence. Les jeunes travailleurs et les travailleurs régis par des
contrats à durée déterminée, en particulier, signalent
que la violence est une source essentielle de stress sur le lieu de travail.
Ainsi 24 pour cent d’entre eux considèrent le stress lié au
travail comme une préoccupation majeure en matière de sécurité et
de santé, tandis que 84 pour cent s’estiment plus stressés
aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Sur un échantillon de travailleurs
des services postaux, 14 pour cent jugent la menace de violence néfaste,
voire très néfaste.
Une étude menée en 2002 au Royaume-Uni, à l’échelon
national, sur les manœuvres d’intimidation exercées sur le
lieu de travail a révélé que c’est le secteur des
postes et télécommunications qui connaît le taux d’incidence
le plus élevé, avec 16 pour cent des personnes interrogées
signalant avoir été régulièrement victimes de manœuvres
de ce type, et 27 pour cent affirmant en avoir fait l’objet au cours
des cinq dernières années (contre 14.6 pour cent pour la moyenne
de la population). Dans 79.1 pour cent des cas, ces actes sont commis par des
cadres, tandis que les collègues sont incriminés dans 37.2 pour
cent des cas (compte tenu que les manœuvres d’intimidation peuvent être
le fait de plusieurs personnes, le total n’est pas égal à 100).
Selon une étude régionale portant sur les femmes travaillant
dans les services postaux réalisée en Italie, le harcèlement
sexuel est bel et bien une réalité, et il est trop peu souvent
dénoncé. En effet, 20 pour cent des personnes interrogées
déclarent avoir déjà rejeté les avances sexuelles
de leurs supérieurs et collègues, tandis que, sur 45 pour cent
qui signalent avoir été victimes de harcèlement sexuel
ou témoins de manœuvres de ce type dans leur entourage professionnel,
seulement 0.5 pour cent ont donné suite en déposant plainte.
Les causes de la violence et du stress sur le lieu de travail
En raison des progrès technologiques spectaculaires et de l’évolution
vers la mondialisation, ainsi que des changements structurels et des efforts
considérables constatés aux plans régional, national et
mondial en vue de réglementer les services postaux, les anciens monopoles
des postes se sont trouvés pour la première fois en situation
de concurrence, et ils ont été contraints d’envisager la
diversification. Ces changements soudains survenus dans des circonstances particulières
ont contribué à détériorer les relations professionnelles,
provoquant des conflits souvent liés aux initiatives prises par les
nouvelles équipes dirigeantes et suscitant chez les travailleurs un
sentiment d’injustice et de trahison. En outre, le stress lié au
travail est souvent associé à des emplois extrêmement contraignants
qui, dans le même temps, ne permettent pas une grande maîtrise,
tout comme bon nombre de domaines du secteur, où les individus doivent
assumer de lourdes charges de travail sans avoir suffisamment d’autonomie
pour y parvenir.
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