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La violence et le stress au travail
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Medias:
Violence et stress sur le lieu de travail

Portée et impact de la violence et du stress

La violence physique constatée dans l’industrie du spectacle et des médias concerne tout particulièrement les journalistes opérant sur le terrain et, dans une moindre mesure, les acteurs, danseurs et musiciens. La violence psychologique, le harcèlement et le stress sont plus répandus dans les milieux du théâtre et du cinéma, de la danse, de la musique, de la radio-télévision, et du journalisme. Bien que ces professions présentent des caractéristiques très différentes, certaines préoccupations concernant la violence et le stress sont partagées au sein du secteur.

Les journalistes qui travaillent sur le terrain sont exposés au risque de recevoir une balle, d’être battus, emprisonnés, voire tués dans l’exercice de leurs fonctions et ce, en raison de la nature même de leur profession, qui implique un contact direct avec le public ainsi que la couverture d’événements multiples : troubles de l’ordre public, guerres, actes de violence, abus de pouvoir. Les correspondants de guerre, en particulier, qui opèrent aussi près que possible du lieu de l’action, s’exposent de surcroît au risque d’être pris entre deux feux. Leur tâche, qui consiste à témoigner d’actes de violence – meurtres ou viols – et à traiter les événements en toute impartialité et dans le détail, aux fins d’informer et de sensibiliser l’opinion publique, peut parfois conduire au syndrome de stress post-traumatique.

L’angoisse de la scène (trac) est une manifestation courante de stress parmi les acteurs, les musiciens, les artistes et autres interprètes, que ce soit lors d’auditions, de répétitions ou de prestations. Par ailleurs, le manque d’intégrité dans le milieu artistique et la tension sociale contribuent à accroître l’angoisse de certains artistes-interprètes. De même, le droit de regard et la critique de la direction peuvent exercer sur certains artistes une pression difficile à supporter, tandis que, pour la plupart d’entre eux qui s’efforcent d’améliorer leur performance et de travailler leur talent artistique, cela peut, dans certaines circonstances, être profondément blessant et interprété comme des manœuvres d’intimidation. Sur un échantillon de 162 artistes-interprètes issus d’institutions aussi prestigieuses que le London Symphony Orchestra, le Royal Opera House et le English National Opera, environ un tiers des acteurs, danseurs et chanteurs, et la moitié des musiciens auraient le trac. Par ailleurs, on constate chez les danseurs un taux élevé de dépression (38 pour cent).

Rares sont les travailleurs des médias et des métiers du spectacle qui ont des horaires réguliers, des journées de travail de huit heures ou des heures de repas bien établies, la plupart d’entre eux étant régis par des contrats à court terme, intermittents ou précaires. Pour les travailleurs des médias, les contraintes et les pressions liées aux délais imposés par la nécessité de fournir des informations actualisées 24 heures sur 24 ont contribué à modifier l’organisation du travail, y compris le travail de nuit et le travail posté. Les artistes-interprètes estiment eux aussi que les horaires décalés et le temps passé en dehors de chez eux, en tournée ou en déplacement, perturbent profondément leurs relations personnelles.

Sur scène comme sur un tournage, nombreuses sont les pressions mentales et psychologiques liées à la prestation des artistes/acteurs, à savoir : accidents, fatigue de la voix, stress excessif, sacrifices considérables en ce qui concerne la vie privée et, une fois qu’ils sont devenus célèbres, comportement du public en permanence à l’affût de leur intimité. D’où une consommation abusive de tabac, d’alcool et de drogue dans les milieux artistiques, et le préjudice causé à la carrière de nombreux artistes de talent qui payent le prix de cette dépendance. Parmi les musiciens célèbres, les causes de stress sont liées principalement aux facteurs suivants : aspiration à atteindre ou à maintenir un niveau de qualité élevé (51%) ; mauvais fonctionnement des instruments/équipements (45%) ; interprétation ou lecture d’une pièce difficile (42%) ; nombre de prestations insuffisant (39%) ; manque de temps consacré aux répétitions avant le spectacle (38%) ; niveau sonore élevé (37%) ; déplacements longs associés à la fatigue (33%) ; incapacité à décrocher un contrat décent (32%).

Au Royaume-Uni, l’Administration de la santé et de la sécurité conseille aux travailleurs de la radio et de la télévision de prendre les précautions suivantes au titre de mesures préventives en cas de trouble de l’ordre public :

  • si possible, trouver un lieu d’observation surélevé et abrité qui, en outre, offre une meilleure vision de la situation ;
  • ne pas laisser les confrères opérer seuls dans des situations susceptibles de dégénérer ;
  • identifier les méthodes et les moyens permettant d’entrer et de sortir de l’endroit considéré ;
  • éviter de filmer ou d’enregistrer de façon ostensible ;
  • être prêt à partir au cas où la situation dégénère ou se prolonge ;
  • voyager dans des véhicules signalés par un logo ;
  • travailler avec une personne qui connaît les lieux ;
  • s’entendre sur le choix des réseaux de communication ;
  • utiliser des vêtements et équipements de protection ;
  • coopérer avec d’autres sociétés de radiodiffusion ;
  • avoir recours aux services d’agences de sécurité.

Evaluation et gestion des risques et orientations

Les conditions de collecte et de diffusion d’informations relatives à des incidents violents varient considérablement d’un média à l’autre et d’une activité à l’autre. Nul n’ignore les risques auxquels s’exposent les journalistes et les travailleurs de la presse opérant en situation dangereuse et dans des zones de conflits. Ainsi, plus de 1'000 journalistes et travailleurs de la presse ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours des dix dernières années. En ce qui concerne d’autres groupes professionnels du secteur, on ne dispose en revanche d’aucunes statistiques. De nombreux journalistes sont tués, blessés ou harcelés dans des zones de conflits, qu’ils soient la cible de l’une ou l’autre des parties ou pris entre deux feux. D’autres sont victimes d’attaques préméditées et de manœuvres d’intimidation qui sont le fait de criminels, de terroristes ou de forces de sécurité agissant secrètement ou illégalement. Si les victimes parmi les journalistes sont inévitables, les groupes de presse peuvent néanmoins réduire les risques en assurant aux journalistes en situation dangereuse une préparation, une formation, des soins médicaux et une protection sociale appropriés. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a publié un guide portant sur ce sujet (2003).

L’International News Safety Institute (INSI), l’initiative lancée par le plus grand groupe mondial de journalistes, la FIJ, ainsi que l’Institut international de la presse (IIP), qui représente les éditeurs et les responsables de l’information, expriment leur opposition ausx attaques dirigées contre les médias et à la violence exercée à l’encontre des journalistes. Des représentants de nombreux pays ont jugé nécessaire d’endiguer la vague de violence croissante dirigée contre les journalistes et les travailleurs de la presse dans le monde entier, en sensibilisant l’opinion et en faisant pression sur les autorités et les professionnels en faveur de la sécurité. L’IFJ appelle les associations de journalistes, les groupes de presse et tous les pouvoirs publics compétents à respecter le Code international de pratique pour l’exercice d’un journalisme en toute sécurité ci-après

  1. Les journalistes et autres travailleurs de la presse bénéficieront d'un équipement approprié à toutes leurs missions, y compris une trousse de secours, des outils de communication, des moyens de transport adaptés et, au besoin, des vêtements de protection
  2. Les groupes de presse, et si nécessaire, les pouvoirs publics, fourniront une formation de sensibilisation aux risques aux journalistes et travailleurs de la presse susceptibles d'être impliqués dans des missions dans lesquelles prédominent des conditions dangereuses ou raisonnablement supposées comme telles
  3. Les pouvoirs publics informeront leur personnel de la nécessité de respecter les droits des journalistes et leur ordonneront de respecter l'intégrité physique des journalistes et des travailleurs de la presse dans l'exercice de leur métier
  4. Les groupes de presse offriront une protection sociale à tout leur personnel exerçant des activités journalistiques en dehors de leur lieu habituel de travail, y compris une assurance-vie
  5. Les groupes de presse offriront gratuitement des traitements médicaux et des soins de santé. Ils prendront à leur charge les coûts liés à la rééducation et à la convalescence de journalistes et de travailleurs de la presse blessés ou malades en raison de leurs activités menées en dehors de leur lieu habituel de travail
  6. Les groupes de presse protégeront les journalistes indépendants ou les salariés à temps partiel. Ceux-ci devront bénéficier d'une protection sociale, d'une formation et d'équipements qui soient égaux à ceux offerts au personnel employé à plein temps.

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Mise à jour par AV. Approuvée par BR/ET. Dernière modification: 14 mars 2007.