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page principale sur la violence et le stress au travail
Services de santé:
Violence et stress sur le lieu de travail
Le secteur des services de santé
Plusieurs professions du secteur de la santé, tels les médecins,
le personnel infirmier et les travailleurs sociaux, figurent en «bonne»
position sur la liste des professions qui génèrent des niveaux
de stress élevés, et le personnel médical est particulièrement
exposé à la violence sur le lieu de travail. Ainsi, près
d’un quart de la totalité des incidents violents qui surviennent
sur le lieu de travail sont concentrés dans le secteur de la santé,
phénomène encore accru par la restructuration permanente
dont le secteur fait l’objet et qui varie d’un pays et d’un
cas à l’autre. L’accès du public aux soins de
santé est menacé dès lors que les travailleurs de
la santé sont mis à rude épreuve dans leurs activités
professionnelles, caractérisées par des pénuries
de personnel, un faible niveau des salaires, le travail posté,
des déplacements à destination et en provenance du lieu
de travail et d’autres circonstances, qui les rendent particulièrement
vulnérables au stress et à la violence. Autant de raisons
qui conduisent souvent les travailleurs de la santé à abandonner
leur métier.
Portée et impact de la violence et du stress
Pour les travailleurs de la santé, qui sont en contact direct
avec des personnes en situation de détresse, les situations de
stress et de violence sont si fréquentes qu’elles peuvent
être considérées comme faisant partie intégrante
de leur profession.
Au Royaume-Uni, de récents rapports indiquent que 25 à
50 pour cent des effectifs du Service national de santé (NHS) seraient
en situation de profond désarroi personnel, précisant à
cet égard que bon nombre des facteurs de stress sont propres au
secteur de la santé. Les niveaux de stress lié au travail
seraient plus élevés dans le Service national de santé
que dans d’autres professions comparables, avec 28 pour cent des
infirmiers(ères) souffrant de problèmes mineurs de santé
mentale, contre 18 pour cent pour l’ensemble de la population salariée.
Il en résulte des coûts élevés du point de
vue à la fois des taux de maladies (à savoir 5 pour cent,
ce qui représente un coût pour le Service national de santé
de 700 millions de £ par an) et des pertes de personnel (plus de
30'000 membres du personnel infirmier ont abandonné leur profession
au cours de la seule année 1996, contribuant ainsi à aggraver
la tension qui pèse sur le personnel toujours en place).
La violence au travail exercée à l’encontre du personnel
de santé est un problème fort répandu, que ce soit
dans les pays en développement, les pays en transition ou les pays
industrialisés. Si l’on estime que le personnel ambulancier
est celui qui court le plus de risques, notons toutefois que le personnel
infirmier est en moyenne plus exposé à la violence sur le
lieu de travail que d’autres groupes professionnels. Etant donné
que les effectifs de santé sont en grande majorité composés
de femmes, il semble évident d’examiner la question en prenant
en considération la dimension de genre.
Selon des enquêtes réalisées récemment dans
différents pays, une majorité de travailleurs des services
de santé ont vécu au moins une expérience de violence
physique ou psychologique au cours de l’année écoulée,
à savoir 75.8 pour cent en Bulgarie ; 67.2 pour cent en Australie
; 61 pour cent en Afrique du Sud ; au Portugal, respectivement 60 pour
cent dans un centre de soins et 37 pour cent dans un hôpital ; 54
pour cent en Thaïlande ; et 46.7 pour cent au Brésil. Dans
plusieurs pays, le schéma semble être le suivant : les patients
sont les principaux auteurs d’actes de violence physique, tandis
que le personnel médical se rend davantage coupable de formes de
violence psychologique. Les enquêtes menées dans les différents
pays confirment qu’il est difficile d’établir un profil
type de l’auteur d’actes de violence sur le lieu de travail,
et elles soulignent les risques liés à la généralisation
et aux stéréotypes qui prévalent dans ce domaine.
La violence psychologique est plus répandue que la violence physique,
et elle s’étend à l’ensemble des services de
santé : la violence verbale est la source de préoccupation
la plus courante, avec 27 à 67 pour cent des personnes interrogées
qui affirment en avoir fait l’expérience, suivie des manœuvres
d’intimidation, dont 10 à 30 pour cent des personnes interrogées
seraient victimes.
Il est reconnu que la violence sur le lieu de travail est une source
importante du syndrome de stress post-traumatique. Selon différentes
enquêtes, 40 à 70 pour cent des personnes victimes de la
violence en présentent de graves symptômes : état
d’alerte permanent, effort pour ne plus se souvenir ou parler de
ce qui s’est produit, sensation de fatigue chronique, inquiétude
liée aux souvenirs récurrents de l’incident. Une étude
menée en Australie a permis d’établir clairement la
relation qui existe entre l’exposition à des manœuvres
d’intimidation sur le lieu de travail et l’apparition de troubles
émotionnels, soulignant ainsi dans quelle mesure la violence psychologique
peut être source de stress.
Cette corrélation entre violence et stress permet d’en évaluer
l’impact général non seulement sur les individus,
mais aussi sur le coût et le fonctionnement des structures de santé,
ainsi que sur l’efficacité des systèmes de santé.
Selon une enquête réalisée par l’Association
américaine des infirmiers(ères) (ANA), 76 pour cent des
7'251 infirmières interrogées font état de l’augmentation
de la pression exercée par les patients, 75 pour cent estimant
qu’il en résulte une dégradation de la qualité
des soins. Une association médicale américaine a révélé
que bon nombre d’infirmier(ères) abandonnent leur profession
et que leur surmenage augmente avec le nombre de dossiers traités,
ces derniers pouvant être, chaque année, à l’origine
de 20'000 décès pourtant évitables.
Causes
La violence et le stress sur le lieu de travail
peuvent trouver leur origine au niveau de l’organisation, de la société
ou des individus, les liens entre les uns et les autres étant plutôt
complexes. L’accumulation de stress et de tension due aux contraintes
imposées par les professions du secteur de la santé –
ces dernières étant soumises à des tensions liées
aux problèmes de la société en général
ainsi qu’à la pression née des réformes des
systèmes de santé – contribuent à l’apparition
de la violence. Au plan individuel, les travailleurs de la santé
tendent à classer la personnalité du patient comme facteur
de violence numéro un, puis vient la situation économique
et sociale du pays et, loin derrière, le mode d’organisation
du travail et les conditions de travail. Mais ces facteurs peuvent être
considérés comme aussi déterminants les uns que les
autres dans l’analyse des risques de violence et de stress, pour
autant qu’ils soient classés comme critères relatifs
à l’individu, à la société ou à
l’organisation, avec toutefois une prépondérance
pour ces derniers.
Stratégies visant à traiter le problème
du stress et de la violence
L’analyse de l’origine et des facteurs de risque de violence
et de stress sur le lieu de travail dans le secteur de la santé
est déterminante pour élaborer les politiques et mesures
appropriées, identifier les domaines d’action prioritaires,
et attribuer les ressources nécessaires à cet effet. Pour
ce qui est de la violence sur le lieu de travail, les mesures actuelles
mettent l’accent sur une plus grande rapidité de réaction
orientée davantage vers les mesures de sécurité et
l’amélioration de l’environnement physique que vers
les facteurs stratégiques et structurels. Lorsqu’un incident
violent se produit, le soutien aux victimes devrait être la priorité
absolue et prendre par exemple une des formes suivantes : assistance médicale
et psychologique à différents stades, avec le concours des
collègues et de la direction ; procédures de recours ; aide
juridique ; et mesures de réadaptation.
Les recommandations émanant des rapports rédigés
par les différents pays au sujet des modalités de traitement
de la violence sur le lieu de travail dans le secteur de la santé
reflètent une stratégie qui intègre des interventions
aux niveaux de l’organisation, de la société et de
l’individu, tout en mettant clairement l’accent sur les mesures
préventives. Ces interventions devraient privilégier a)
la situation sociale générale et le cadre juridique ; b)
la fonction normative, à savoir orientations et compétences
de la direction ; et c) l’environnement et l’individu. De
nombreux pays pourraient adopter des stratégies fondées
sur le renforcement de la sensibilisation des parties prenantes et de
la compréhension entre le personnel de santé et les autres
parties concernées à tous les niveaux. Il est de plus en
plus manifeste que le dialogue social est indispensable pour désamorcer
le stress et la violence sur le lieu de travail dans le secteur de la
santé. Il est donc vivement recommandé d’adopter une
approche participative, à laquelle toutes les parties concernées
s’associent pour jouer un rôle actif dans la conception et
la mise en œuvre d’initiatives anti-stress et anti-violence.
Plus d'informations
- The relationship between
stress and workplace violence in the health sector (pdf,
500k), Working paper of the Joint ILO/ICN/WHO/PSI Programme on Workplace
violence in the health sector, Geneva,
2003.
- Directives
générales sur la violence au travail dans le secteur de la santé,
Programme conjointe ILO/ICN/WHO/PSI sur la violence et le stress au travail,
Genève, 2002.
- Workplace violence in
the health sector: State of the Art (pdf, 391k)
Working paper of the Joint
ILO/ICN/WHO/PSI Programme on Workplace violence in the health sector,
Geneva, 2002.
- Workplace violence
in the health sector, Country case studies: Brazil, Bulgaria,
Lebanon, Portugal, South
Africa, Thailand and an additional Australian study - Synthesis Report
(pdf, 325k),
Working paper of the Joint ILO/ICN/WHO/PSI
Programme on Workplace violence in the health sector, Geneva,
2002.
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