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La violence et le stress au travail
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Education:
Violence et stress sur le lieu de travail

Le secteur de l’enseignement

Les enseignants, qui constituent la catégorie professionnelle la plus nombreuse au sein du secteur de l’éducation, sont les plus directement touchés par le problème de la violence et du stress, même si celui-ci affecte toutes les catégories d’employés. Tout comme les directeurs d’établissements scolaires, les enseignants sont les personnes ayant le plus de contacts avec les usagers internes (élèves ou étudiants) et externes (les parents, pour l’essentiel) des services de l’enseignement. Cette étroite interdépendance entre directeurs d’établissements, enseignants et élèves ou étudiants tournée vers les méthodes et résultats pédagogiques, ainsi que le manque de discipline des élèves souvent dû à des facteurs extérieurs donnent lieu à des tensions qui sont source de violence, notamment au niveau de l’enseignement secondaire. L’isolement des enseignants qui, le plus souvent, sont seuls face à leur classe, n’est pas étranger à ce phénomène. Il arrive également que les enseignants soient les auteurs d’actes de violence perpétrés à l’encontre d’élèves ou d’étudiants. En outre, harcèlement et intimidation sont des pratiques couramment observées entre élèves ou étudiants quasiment à tous les niveaux d’éducation, et des facteurs extérieurs tels que la drogue, la pauvreté et les conflits ethniques, raciaux ou religieux contribuent à créer un climat de violence susceptible d’avoir des répercussions sur le personnel. La violence occasionnelle est le fait d’armes à feu utilisées contre des élèves ou étudiants et des membres du personnel soit par des élèves ou étudiants mécontents soit par des personnes étrangères à l’établissement qui ont pu s’y introduire facilement en raison du manque de surveillance.

Tout comme la violence, le stress qui touche le personnel de l’enseignement provient bien souvent de sources liées au milieu de travail, à savoir les relations interpersonnelles étroites qui déterminent les activités pédagogiques, les changements radicaux constatés dans le contenu et les modes caractérisant les services d’enseignement offerts, le manque d’autonomie, et l’obligation pour les élèves ou étudiants, les parents et les dirigeants politiques de rendre des comptes au sujet des résultats scolaires ou académiques obtenus.

Portée et impact de la violence et du stress

L’évolution de la violence dans le secteur de l’éducation est variable. Il semble que certains pays (les Etats-Unis, par exemple) aient constaté une diminution de la violence au cours des dernières années, tout en déplorant des actes de violence dramatiques liée aux armes à feu. Dans d’autres pays et régions, au contraire, les actes de violence seraient en forte augmentation. Dans certains pays de l’OCDE, 15 à 20 pour cent d’élèves ou d’étudiants de tous âges seraient victimes de diverses formes de violence à l’école, ce chiffre pouvant, dans certains pays, être parfois encore plus élevé eu égard à certaines formes de violence (violence sexuelle exercée contre les filles en Afrique du Sud, par exemple). La plupart des pays de l’OCDE disposant de statistiques font état de 4 à 15 pour cent de cas d’intimidation exercée à l’encontre d’élèves ou d’étudiants. Le nombre d’enseignants victimes de violences est en général plus bas puisqu’il atteint 2 à 6 pour cent dans certains pays (Japon, France, Etats-Unis). Ces chiffres varient également selon la nature de l’environnement (milieu urbain, banlieue ou milieu rural) et le type de violence perpétrée (les menaces sont plus fréquentes que les actes de violence effectifs).

Les effets de la violence sont plus sensibles dans le milieu de l’enseignement et de l’apprentissage, sans compter les effets pernicieux et les répercussions sur les résultats scolaires ou académiques qu’ils impliquent. La crainte et l’appréhension touchent aussi bien les élèves ou étudiants que les enseignants. Il semblerait que le taux d’absentéisme soit plus élevé parmi les personnes victimes d’actes de violence ; en outre, il arrive que ces dernières soient contraintes à l’interruption de travail et fassent valoir leurs droits auprès de leur employeur en matière de traitement médical et d’assistance sociale. Tous ces éléments ont une incidence directe sur les coûts de fonctionnement. Ces personnes peuvent également exiger d’être reclassées ou prétendre à une retraite anticipée, ce qui signifie des pertes en termes de personnel qualifié et des répercussions négatives sur l’apprentissage.

Le stress sur le lieu de travail dans le secteur de l’éducation touche lui aussi principalement les enseignants et les directeurs d’établissements. Il diffère quelque peu de la violence en ce sens qu’il est davantage lié aux facteurs suivants : craintes et angoisses individuelles (sentiment d’impuissance, manque de formation) ; éléments internes d’organisation du travail et milieu physique (exigences professionnelles trop élevées et horaires trop chargés, mauvaise répartition des tâches, manque de discipline des élèves ou étudiants ; personnel administratif mal formé ; mauvaise communication) ; absence d’autonomie ; et obligation de rendre des comptes en ce qui concerne les résultats, le tout associé à une évolution ou à des réformes permanentes. Bien qu’elle soit au cœur de nombreux débats, la question de la fiabilité des statistiques reste difficile à traiter. Cependant, selon des estimations effectuées au milieu des années quatre-vingt-dix pour le compte du BIT, 25 à 33 pour cent des enseignants de la plupart des pays de l’OCDE souffrent de niveaux élevés de stress lié au travail, les nouveaux venus dans la profession semblant plus exposés que les autres. Il en résulte une aggravation du sentiment d’angoisse et une augmentation des cas de dépression chez les enseignants, de toutes sortes de maux physiques provoqués par des niveaux élevés de stress négatif, et une augmentation de la consommation de drogue et d’alcool. Il arrive que les enseignants particulièrement stressés se sentent dépassés par la mission qui leur incombe, si bien qu’ils démissionnent face aux élèves ou étudiants et face à leur travail. Le taux d’absentéisme augmente, notamment lorsque le stress prend la forme d’un surmenage. Dans les situations extrêmes, le stress peut conduire les victimes au suicide. Les répercussions négatives sur les résultats scolaires ou académiques peuvent être très graves et aller à l’encontre du but recherché par les milieux de travail et d’apprentissage dynamiques, à l’heure où les établissements scolaires de nos sociétés, dont le fondement est le savoir, se heurtent à des difficultés croissantes.

Evaluation, prévention, réduction, gestion et maîtrise des risques

La prévention, la réduction, la gestion et la maîtrise de la violence et/ou du stress dans le secteur de l’éducation dépendent de la nature du problème, mais elles impliquent généralement la participation de divers acteurs et des niveaux de réponse variables. La direction des établissements scolaires, les représentants des syndicats d’enseignants, le personnel médical et les personnes s’occupant des questions d’assurance, ainsi que toutes autres personnes concernées, ont tous un rôle à jouer dans le traitement de la violence, du stress ou des deux à la fois. Au plan individuel, les solutions visant à remédier à la violence et au stress mettent l’accent sur la nécessité d’une formation qui aurait pour objet d’identifier les problèmes et symptômes potentiels, de fournir des conseils et un soutien aux victimes et aux malades, et de procéder à des transferts vers d’autres milieux moins stressants ou moins violents. Les initiatives visant à promouvoir le bon fonctionnement de l’école ou de l’organisation – bonne cohésion de l’établissement et intégration de ses objectifs, missions, aptitudes à résoudre les problèmes et efforts en faveur du développement – peuvent parvenir à atténuer le stress des enseignants et à réduire l’incidence négative que ce dernier peut avoir sur leur santé et leur comportement au travail. Les interventions au sein de l’organisation visant à aider les victimes à gérer le stress dans le secteur de l’éducation privilégient notamment, d’une part, l’amélioration de la conception du travail, l’ergonomie, la formation et les conseils fournis aux enseignants en vue de les aider à surmonter les problèmes qu’ils rencontrent et, d’autre part, la constitution d’équipes scolaires permettant à leur organisation de «recouvrer la santé».

Voici en outre un échantillon de mesures spéciales visant à prévenir la violence : élaborer des politiques et programmes scolaires orientés vers la sécurité ; repenser l’accès aux établissements scolaires (systèmes de détection des armes, installation de portails et de caméras, adoption de mesures de sécurité exceptionnelles) ; garantir un environnement physique plus sûr (amélioration de l’éclairage, aménagement des locaux de façon à réduire l’isolement des enseignements) ; repenser les méthodes de travail (enseignement en équipe, réunions parents-professeurs ouvertes) ; mettre en place des équipes de gestion des crises ; et fournir aux élèves ou étudiants et au personnel une formation en matière de prévention de la violence interpersonnelle.


Additional information related to workplace violence and stress in the Education sector

Publications
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Mise à jour par AV. Approuvée par BR/ET. Dernière modification: 14 mars 2007.