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Gestion de la privatisation et de la restructuration
des services publics de l'eau, du gaz et de l'électricité

Rapport soumis aux fins de discussion à la
Réunion tripartite sur la gestion de la privatisation
et de la restructuration des services publics de distribution

Partie 2    


2. Impact des privatisations
et restructurations sur l'emploi
et la valorisation des ressources
humaines

Ce chapitre présente des informations sur la nature et l'ampleur des réductions de personnel dans le secteur de l'eau, de l'électricité et du gaz ainsi que sur les approches adoptées en matière de gestion des ressources humaines. Les privatisations et restructurations opérées dans ce secteur ont généralement débouché sur une réduction des effectifs (parfois jusqu'à 50 pour cent). Apparemment, les compressions de personnel sont particulièrement sévères lorsque la privatisation prend certaines formes (par exemple, sous-traitance d'une partie des activités et privatisation totale) ou lorsqu'elle va de pair avec une restructuration. Il est rare qu'une privatisation soit suivie de la création d'emplois et, quand c'est le cas, c'est en général qu'elle a été précédée de licenciements massifs.

Privatisations et restructurations ont été nombreuses dans le secteur considéré mais on n'a guère étudié jusqu'à présent l'impact de leurs diverses modalités sur l'emploi. On s'est surtout intéressé aux raisons de ces changements, aux approches et procédures adoptées, à l'efficacité et à la rentabilité des entreprises privatisées, ainsi qu'à l'impact sur les prix et la qualité des services fournis aux clients.

L'absence de statistiques transparentes et fiables et la difficulté d'obtenir auprès des entreprises privées des informations détaillées sur l'emploi rendent malaisée une évaluation objective du nombre exact d'emplois créés ou perdus. Les informations utilisées dans cette partie du rapport proviennent pour l'essentiel de trois sources: données statistiques recueillies par le BIT auprès des Etats Membres pour le secteur de l'eau, de l'électricité et du gaz; études réalisées à la demande du BIT dans le cadre du Programme d'action sur la privatisation, la restructuration et la démocratie économique 1996-97; renseignements fournis par les syndicats, les entreprises et d'autres sources.

2.1. Volume global de l'emploi

Le BIT dispose, pour diverses années de la dernière décennie, de données sur l'emploi dans le secteur de l'électricité, de l'eau et du gaz dans une cinquantaine de pays. Ces données sont présentées dans les tableaux 2.1 (CITI-Rev.2, 1968) et 2.2 (CITI-Rev.3, 1990). Elles portent sur l'emploi rémunéré dans le secteur considéré: volume, variation d'une année sur l'autre, part de l'emploi total, pourcentage de femmes. Il peut arriver que la privatisation ou la restructuration dans un pays se soit produite à une date ultérieure à celle pour laquelle des données sont disponibles. Etant donné que les chiffres se rapportent à l'ensemble du secteur, la privatisation ou la restructuration de tout ou partie de l'une des branches ne se reflète généralement pas au niveau macro-industriel. Des informations micro-industrielles tirées d'études et de rapports émanant des entreprises et des syndicats sont présentées plus loin.

Les tableaux montrent que, pour le secteur pris dans son ensemble, l'emploi rémunéré a augmenté dans la majorité des pays. Dans certains cas, l'augmentation est minime; dans d'autres, elle est considérable jusqu'à un doublement des effectifs. Cette augmentation peut être due à divers facteurs: développement de l'infrastructure, expansion des réseaux, croissance de l'emploi total.

Tableau 2.1. Emploi rémunéré dans le secteur de l'électricité, du gaz et de l'eau*


Pays

Année

Emplois

Variation
(%)

Pourcentage
de femmes

Pourcentage
de l'emploi total


Bahreïn

1987
1994

2 606
3 325

+28,0

1,40
20,0

3,0
2,9

Bulgarie

1987
1991

33 000
36 800


+11,5

-
-

0,7
1,0

Chine

1987
1996

1 640 000
2 720 000

+66,0

38,0
32,0

1,2
1,8

Colombie

1991
1996

39 600
36 000

-9,1

16,7
18,9

1,2
1,0

Costa Rica

1987
1996

11 370
11 830

+4,0

6,3
15,0

1,8
1,5

Croatie

1987
1993

31 470
26 780

-15,0

17,3
18,4

2,
2,4

Egypte

1989
1995

95 900
164 800

+72,0

10,0
8,0

1,3
1,8

El Salvador

1987
1994

4 900
6 800

+27,0

-
6,3

2,1
2,2

Fidji

1987
1993

2 140
2 600

+21,5

4,2
4,2

2,7
2,5

Ghana

1987
1991

6 700
1 700

-74,0

-
-

1,7
0,9

Inde

1987
1996

829 000
988 000

+19,2

2,9
3,9

-
-

Japon

1987
1996

310 000
370 000

+19,4

12,9
16,3

0,7
0,7

Jordanie

1987
1993

4 550
12 280

+169,0

4,3
3,3

2,3
4,0

Kazakhstan

1987
1995

65 000
94 000

+31,0

-
-

0,9
1,8

Kenya

1987
1991

19 100
22 400

+17,0

8,9
14,3

1,5
1,5

Ex-République yougoslave de Macédoine

1987
1996

11 000
11 000

0,0

9,0
18,0

2,0
3,5

Madagascar

1987
1991

9 460
11 530

+22,0

-
-

3,7
4,0

Malawi

1987
1995

5 500
5 700

+3,6

-
-

1,3
1,0

Maurice

1990
1996

3 470
3 410

-2,0

4,0
4,7

1,2
1,2

Nicaragua

1987
1996

7 950
4 860

-39,0

-
-

2,6
2,2

Niger

1987
1991

2 426
4 461

+84,0

4,5
6,1

8,7
18,0

Philippines

1987
1993

52 130
67 330

+29,0

20,0
17,3

3,4
2,0

Slovaquie

1987
1993

35 000
61 000

+74,0

22,9
14,6

1,4
2,9

Afrique du Sud

1987
1993

56 800
42 500

-25,0

-
-

1,1
0,9

Sri Lanka

1988
1994

13 600
7 600

-44,0

3,7
5,3

2,5
0,97

Swaziland

1987
1995

1 520
1 180

-
-22,0

-
12,7

1,8
1,4

Togo

1987
1992

2 379
2 362

-0,7

-
-

3,7
3,7

Turquie

1987
1995

111 000
170 000

+53,8

2,2
2,2

3,9
3,9

Etats-Unis

1987
1996

925 000
885 000

-4,0

21,5
22,0

0,9
0,7

Zimbabwe

1987
1994

8 200
8 600

+4,9

2,4
4,7

0,8
0,7

* Groupe 40 (Production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau) de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITI-Rev.2, 1968). Les données proviennent d'enquêtes auprès des établissements pour la plupart des pays, d'enquêtes sur la main-d'œuvre pour la Colombie, le Costa Rica, l'Egypte et le Japon, des statistiques relatives à l'assurance sociale pour Bahreïn, le Niger, le Nicaragua, le Togo et la Turquie et d'estimations officielles pour la Bulgarie et la Chine.

Source: BIT: Annuaire des statistiques du travail, 1997.



Tableau 2.2. Emploi rémunéré dans le secteur de l'électricité, du gaz et de l'approvisionnement en eau*


Pays

Année

Emplois

Variation
(%)

Pourcentage
de femmes

Pourcentage
de l'emploi total


Bermudes

1987
1996

513
516

+0,6

17,3
18,0

1,4
1,5

Bolivie

1993
1996

4 910
10 210

+108,0

8,0
14,7

0,8
1,4

Canada

1987
1996

116 300
124 400

+7,0

-
-

-
-

République tchèque

1993
1996

96 000
97 000

+1,0

29,0
28,0

2,2
2,3

Danemark

1994
1996

19 080
16 560

-13,0

18,0
19,7

0,8
0,7

Estonie

1989
1994

16 400
19 200

+17,0

34,0
2,0

2,3
3,2

Allemagne

1995
1996

355 000
332 000

-6,5

20,3
19,9

1,1
1,0

Grèce

1993
1995

39 461
41 385

+4,9

17,0
17,3

-
2,0

Islande

1991
1996

1 600
1 100

-31,0

6,3
18,0

1,5
1,0

Irlande

1987
1996

53 800
63 300

+17,7

22,7
18,3

6,4
6,1

République de Corée

1992
1996

66 000
73 000

+10,6

13,6
13,7

0,6
0,6

Lettonie

1995
1996

25 100
22 000

-12,4

17,0
23,0

3,0
2,7

Pays-Bas

1995
1996

43 000
41 000

-4,7

16,3
17,0

0,7
0,7

Panama

1992
1995

9 571
8 831

+7,7

19,9
22,0

1,9
1,5

Pologne

1995
1996

264 000
269 000

+2,0

20,1
20,1

2,5
2,5

Portugal

1992
1996

32 700
30 300

-7,3

23,9
14,9

1,0
1,0

Roumanie

1994
1996

185 472
224 184

+20,9

23,0
23,0

2,7
3,2

Singapour

1987
1996

7 700
7 200

-6,5

18,2
18,0

0,7
0,5

Slovénie

1993
1996

12 000
13 000

+8,0

25,0
15,4

1,7
1,8

* Catégorie de classement E (Production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau) de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITI-Rev.3, 1990). Données provenant d'enquêtes sur la main-d'œuvre, sauf pour les Bermudes et le Canada (enquêtes auprès des établissements).

Source: BIT: Annuaire des statistiques du travail, 1997.


Dans certains pays, la croissance de l'emploi dans le secteur de l'électricité, de l'eau et du gaz s'est inscrite dans un contexte de hausse globale du nombre d'emplois au niveau national (par exemple, Bolivie, Chine, République de Corée, Egypte, El Salvador, Espagne, Grèce, Inde, Irlande, Japon, Jordanie, Kenya, Madagascar, Malawi, Philippines, Turquie, Zimbabwe). Dans d'autres pays, en particulier ceux d'Europe centrale et orientale, le nombre d'emplois a augmenté dans le secteur mais a globalement chuté au niveau national (Bulgarie, Estonie, Niger, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie).

Dans un autre groupe de pays, l'emploi rémunéré dans le secteur de l'électricité, de l'eau et du gaz a chuté parallèlement à l'emploi total (Afrique du Sud, Allemagne, Croatie, Ghana, Lettonie, Nicaragua, Portugal, Suède). Dans quelques pays, enfin, il a diminué dans le secteur alors qu'il restait stable, voire augmentait, à l'échelle nationale (Colombie, Danemark, Etats-Unis, Islande, Panama, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour, Sri Lanka, Swaziland).

Malgré son rôle capital pour la croissance économique, le secteur ne représente qu'une faible part de l'emploi rémunéré (de moins de 1 pour cent à 3 ou 4 pour cent, la moyenne étant d'environ 2 pour cent). Le pourcentage de femmes qu'il emploie est très variable (de 1 ou 2 pour cent à 20 pour cent, voire plus). La plupart des rapports indiquent que les femmes sont surtout nombreuses dans les emplois de bureau et les services administratifs. La variation de leur pourcentage reflète donc les différences qui existent entre les pays en ce qui concerne la structure du secteur et aussi les différences culturelles qui déterminent les rôles économiques et sociaux attribués aux hommes et aux femmes.

Des données du BIT relatives à l'évolution du chômage dans le secteur de l'électricité, du gaz et de l'eau sont disponibles pour 38 pays (voir tableaux 2.3 et 2.4 basés, respectivement, sur la CITI-Rev.2 et la CITI-Rev.3). Au cours de la décennie écoulée, l'augmentation des taux de chômage dans le secteur est souvent allée de pair avec une hausse ou une stagnation du chômage au niveau national. Dans une quinzaine de pays, les taux de chômage dans le secteur de l'eau, de l'électricité et du gaz sont restés stables ou ont baissé, reflétant souvent une décrue du chômage global dans ces pays.

Tableau 2.3. Chômage dans le secteur de l'électricité, du gaz et de l'eau*


Pays

Année

Nombre de
chômeurs

Variation
(%)

Pourcentage
de femmes


Australie

1989
1994

1 900
4 900

-
+61,0

16,0
8,0

Autriche

1987
1993

100
500

-
+80,0

-
20,0

Belgique

1987
1996

970
990

-
+2,0

42,0
37,0

Bolivie

1989
1992

310
228

-
-26,0

-
-

Canada

1987
1993

5 000
9 000

-
+44,0

20,0
11,0

Chili

1987
1996

1 900
1 800

-
-5,0

16,0
28,0

Colombie

1987
1996

4 000
2 100

-
-48,0

28,0
29,0

Costa Rica

1987
1993

229
541

-
+58,0

51,0
28,0

Equateur

1990
1996

490
1 200

-
+59,0

-
37,0

Egypte

1989
1996

1 600
600

-
-63,0

-
0,0

El Salvador

1987
1992

500
1 300

-
+62,0

-
17,0

Ethiopie

1987
1992

1 504
194

-
-66,0

6,0
9,0

Honduras

1990
1995

1 041
573

-
-45,0

-
-

Israël

1988
1994

300
700

-
+57,0

33,0
43,0

Nouvelle-Zélande

1987
1996

300
400

-
+33,0

33,0
-

Pakistan

1987
1996

1 000
1 000

-
0,0

-
-

Pérou

1989
1994

7 200
22 090

-
+67,0

-
4,0

Etats-Unis

1994
1996

43 000
38 000

-
-12,0

26,0
29,0

Venezuela

1987
1995

3 960
7 700

-
+96,0

10,0
21,0

* Groupe 40 (Production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau) de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITI-Rev.2, 1968). Les données proviennent d'enquêtes sur la main-d'œuvre sauf pour la Belgique (statistiques relatives à l'assurance sociale).

Source: BIT: Annuaire des statistiques du travail, 1997.


Tableau 2.4. Chômage dans le secteur de l'électricité, du gaz et de l'approvisionnement en eau*


Pays

Année

Nombre de
chômeurs

Variation
(%)

Pourcentage
de femmes


Argentine

1992
1996

2 504
9 629

-
+285,0

-
9,0

République tchèque

1993
1996

1 200
1 800

-
+67,0

33,0
28,0

Danemark

1994
1996

694
432

-
-38,0

-
5,5

Estonie

1992
1994

200
400

-
+100,0

50,0
25,0

Finlande

1995
1996

2 000
2 000

-
0,0

-
-

Allemagne

1995
1996

23 000
22 000

-
-4,0

39,0
41,0

Grèce

1995
1996

3 420
865

-
-75,0

38,0
44,0

Hongrie

1992
1996

7 300
5 700

-
-22,0

26,0
21,0

Irlande

1987
1996

1 000
300

-
-70,0

10,0
-

Lettonie

1995
1996

1 600
300

-
-81,0

6,0
-

Panama

1991
1995

684
1 147

-
+68,0

37,0
11,0

Pologne

1994
1996

19 000
16 000

-
-16,0

32,0
25,0

Portugal

1992
1996

1 230
840

-
-32,0

55,0
5,0

Roumanie

1994
1996

4 949
5 837

-
+18,0

11,0
24,0

Singapour

1987
1996

100
100

-
0,0

-
-

Slovaquie

1994
1995

3 100
2 700

-
-13,0

48,0
30,0

Espagne

1995
1996

6 100
5 200

-
-15,0

26,0
21,0

Suède

1995
1996

1 000
1 000

-
0,0

-
-

Royaume-Uni

1994
1996

14 919
17 310

-
+16,0

28,0
19,9

* Catégorie de classement E (Production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau) de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITI-Rev.3, 1990). Les données proviennent d'enquêtes sur la main-d'œuvre.

Source: BIT: Annuaire des statistiques du travail, 1997.


Au Royaume-Uni, la privatisation et la restructuration ont été très poussées aussi bien pour l'eau que pour l'électricité ou le gaz. Entre 1987 et 1996, l'emploi rémunéré dans le secteur a diminué de près de moitié, alors que le nombre total d'emplois rémunérés augmentait de presque 3 pour cent au niveau national. De même, entre 1994 et 1996, le nombre de chômeurs est passé de 14 919 à 17 310, soit une hausse de 14 pour cent, alors que, au niveau national, le chômage reculait de 15 pour cent.

2.2. La privatisation et la restructuration,
sources de déclin de l'emploi

Dans le secteur, privatisations et restructurations se sont très souvent accompagnées d'une réduction de l'emploi. Parfois, cette réduction précède la privatisation et vise à rendre les services plus compétitifs et donc plus intéressants pour le marché. Elle intervient souvent aussi pendant et après la privatisation. Déréglementation et restructuration peuvent avoir lieu un certain temps après la privatisation lorsque, par exemple, de nombreuses petites entités privées cèdent la place à quelques grands monopoles, comme aux Etats-Unis(1), ce qui peut entraîner des réductions de personnel.

Les raisons le plus souvent citées pour expliquer les importantes réductions de personnel intervenues en période de privatisation ou de restructuration sont que les services publics en question souffraient de sureffectifs considérables, d'où une faible productivité. En outre, souvent, le personnel ne recevait pas une formation suffisante pour pouvoir s'adapter à l'évolution des technologies et de l'organisation du travail. Les réductions de personnel ont donc habituellement été jugées impératives pour réduire les coûts et accroître la productivité, au moins dans un premier temps.

Les compressions d'effectifs ont généralement été moins sévères dans le secteur de l'eau que dans celui de l'électricité ou du gaz car, bien souvent, les entreprises sont restées publiques ou sont soumises à un important contrôle public. Par exemple, en Guinée, la privatisation de l'eau en 1989 au profit d'un consortium privé étranger a eu peu d'effets sur l'emploi (voir tableau 2.5). De même, le tableau 2.6 montre, pour le Royaume-Uni, une croissance significative du nombre de salariés des dix entreprises du secteur de l'eau, dont les effectifs sont passés au total de 42 363 salariés en 1990 à 58 413 en 1996. Toutefois, on observe aussi un recours accru à la sous-traitance et à l'emploi précaire dans ce pays. Le nombre total des salariés permanents a ainsi chuté de 17 pour cent, alors que, dans certaines entreprises, le nombre de salariés non permanents a considérablement augmenté(2).

Dans quelques pays, d'importantes compressions de personnel ont eu lieu dans le secteur de l'eau. En République tchèque par exemple, la privatisation des services de distribution d'eau et d'assainissement a commencé en 1992; depuis cette date, le nombre de travailleurs des entreprises de distribution d'eau a chuté de 26 pour cent (voir tableau 2.7). De même, en Hongrie, le personnel d'une entreprise du secteur de l'eau a diminué de 46 pour cent (voir tableau 2.7).

Tableau 2.5. Guinée: évolution des effectifs de l'entreprise nationale de distribution des eaux (DEG)


Catégorie

1986

1987

1988

1996


Cadres

78

76

85

45

Agents de maîtrise

55

55

45

77

Ouvriers qualifiés

104

105

92

Ouvriers non qualifiés

165

149

151

233

Temporaires

110

110

133

148

Total

512

495

506

503

Source: L. de Luca (dir. de publication): Labour and social dimensions of privatization and restructuring (Genève, BIT, 1998), p. 31.



Tableau 2.6. Nombre de salariés dans le secteur de l'eau au Royaume-Uni, 1990-1997


1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997


Nombre total
de salariés

Anglian

4 328

4 663

5 224

5 357

6 031

5 733

5 261

5 333

North West

7 100

7 290

8 201

8 061

8 013

7 871

10 237

Northumbrian

1 404

1 625

2 377

2 903

3 314

3 065

3 073

Severn Trent

7 298

7 524

10 416

10 519

10 783

10 628

10 037

South West

1 712

2 072

2 449

2 556

3 060

3 083

3 005

Southern

2 790

2 928

3 103

3 385

3 476

3 728

3 885

Thames

7 790

9 015

9 348

10 352

10 141

10 473

10 360

Welsh

3 711

4 133

4 696

4 998

6 600

6 565

6 768

Wessex

1 639

1 755

1 869

1 871

1 834

1 582

1 469

Yorkshire

4 591

4 789

4 902

4 740

4 786

4 640

4 318

Total

42 363

45 794

52 585

54 742

58 038

57 368

58 413

5 333

Permanents

Anglian

4 328

4 663

5 016

5 147

5 180

4 832

4 287

4 278

North West

7 100

7 290

5 928

5 442

5 426

6 342

4 770

Northumbrian

1 404

1 053

1 086

1 170

1 315

1 347

1 315

Severn Trent

7 105

7 054

7 456

7 445

6 964

5 531

5 930

South West

1 657

1 855

2 084

2 144

2 141

2 084

1 815

Southern

2 217

2 259

2 229

2 373

2 386

2 371

2 243

Thames

7 688

7 331

7 562

7 381

6 893

6 673

6 338

Welsh

3 397

3 455

3 547

3 481

3 102

2 972

2 744

Wessex

1 639

1 755

1 869

1 871

1 834

1 582

1 469

Yorkshire

4 591

4 789

4 902

3 948

3 864

3 651

3 263

Total

41 126

41 504

41 679

40 402

39 105

37 385

34 174

4 278

Non permanents

Anglian

208

210

851

901

974

1 055

North West

2 273

2 619

2 587

2 529

5 467

Northumbrian

572

1 291

1 733

1 999

1 718

1 758

Severn Trent

193

470

2 960

3 074

3 828

4 097

4 107

South West

55

217

365

412

919

999

1 190

Southern

573

669

874

1 012

1 088

1 357

1 642

Thames

102

1 684

1 786

2 971

3 248

3 800

4 022

Welsh

314

678

1 149

1 517

3 498

3 593

4 024

Wessex

Yorkshire

792

914

989

1 055

Total

1 237

4 290

10 906

14 340

18 933

19 983

24 239

1 055

Source: UNISON.


Tableau 2.7. Evolution de l'emploi dans les entreprises privatisées du secteur de l'eau dans deux pays d'Europe centrale et orientale


Pays

Localisation

Compagnie

Multinationale

Effectifs avant joint venture

Effectifs en 1997


République tchèque

Brno

Brno VaK

Lyonnaise des Eaux

762

(1991)

624

(1996)

Karlsbad

Vodarny Karlovy Vary

Lyonnaise des Eaux

416

(1994)

361

Bohème septentrionale

Severoceske VaK

Hyder

3 550

(1990)

2 350

Bohème méridionale

VaKJC

Anglian Water

1 642

(1994)

1 300

Plzen

Vodarna Plzen

Générale des Eaux

370

(1995)

350

Hongrie

Kaposvar

Eaux de Kaposvar

Lyonnaise des Eaux

120

(1994)

118

Szeged

Szegedi Vizmu

Générale des Eaux

Pecs

Pecsi Vizmu

Lyonnaise des Eaux

1 000

(1994)

540

Source: L. de Luca, op. cit., p. 136.


D'importantes réductions d'emploi ont accompagné la transformation en société et la restructuration du système de distribution de l'eau et d'assainissement de Manille, aux Philippines. La réorganisation a débuté en 1995. En 1996, les effectifs ont diminué de 28 pour cent et d'autres pertes d'emplois ont été enregistrées au début de 1998(3).

En Amérique latine, la privatisation de l'eau a été suivie dans certains cas d'une forte contraction de l'emploi. Dans les années quatre-vingt-dix, la privatisation des services de distribution de l'eau et d'assainissement en Argentine a entraîné une chute de près de 50 pour cent du nombre des salariés (d'environ 8 000-9 000 à 4 000-5 000)(4). La privatisation de l'eau à Carthagène (Colombie) s'est soldée par une réduction des deux tiers de la main-d'œuvre. L'ancienne entreprise publique comptait 1 200 salariés dont près de 600 ont accepté le plan de départ volontaire à la retraite proposé par la compagnie et financé par le gouvernement. Deux cents autres sont partis à la retraite par la suite et à peu près 400 ont fini par être engagés par la compagnie privée.

En Australie, la sous-traitance des services de l'eau a fait perdre leur emploi à 80-90 pour cent des salariés de Sydney Water. La réorganisation de cette entreprise entre 1984 et 1994 s'était déjà soldée par une réduction de 53 pour cent du nombre d'emplois (de 12 776 à 6 774). En 1997, l'attribution de l'ensemble du système de distribution de l'eau de l'Australie méridionale à United Water, consortium essentiellement composé de Thames Water (Royaume-Uni) et de la Générale des Eaux (France) a fait chuter le nombre d'emplois de 43 pour cent. Cela est venu s'ajouter à une précédente réduction de 43 pour cent de l'emploi à laquelle avaient procédé les autorités locales avant la privatisation, entre 1991 et 1994(5). En Zambie, la récente réforme du secteur de l'eau a entraîné la création de plusieurs compagnies ayant comme actionnaires principaux des collectivités locales. Près de 5 000 salariés touchés par cette réforme ont été redéployés ou licenciés(6).

Les compressions d'effectifs qui suivent la privatisation et la restructuration ont tendance à être d'une plus grande ampleur dans le cas de l'électricité et du gaz que dans le cas de l'eau. Toutefois, cela n'a pas toujours été vrai, notamment quand des efforts ont été faits pour sauvegarder l'emploi. Dans l'Etat d'Orissa, en Inde, le State Electricity Board a été restructuré en 1996 en trois entreprises autonomes: une compagnie de transport et de distribution, la Grid Corporation of Orissa (GRIDCO); l'Orissa Hydro Power Corporation (OHPC), chargée de gérer toutes les installations hydroélectriques de l'Etat; l'Orissa Power Generation Corporation (OPGC), chargée de construire et de faire fonctionner les centrales thermiques. La GRIDCO et l'OHPC emploient environ 35 000 personnes. Le gouvernement de l'Etat s'est engagé à ne procéder à aucun licenciement. Cependant, la Bombay Suburban Electric Supply Corporation, qui s'est vu attribuer un contrat de gestion en 1996, a indiqué qu'elle désirait pouvoir utiliser à sa guise les 8 000 employés de la GRIDCO qui travaillent désormais pour elle(7).

Deux monopoles d'Etat contrôlent pratiquement toute la production et la distribution de gaz et d'électricité en France. Leur autonomie croissante et le recours à des critères du secteur privé pour l'évaluation des performances depuis 1984 ont entraîné une perte d'emplois. Entre 1984 et 1997, le nombre de salariés d'EDF est tombé de 123 931 à 114 938, soit une réduction de 7 pour cent. De même, le nombre de salariés de GDF a chuté de 28 769 à 24 559, soit une baisse de 15 pour cent. Selon des sources syndicales, les restructurations prévues pour 1999 et 2000 - décentralisation, sous-traitance de certaines tâches, internationalisation des activités - entraîneront une nouvelle réduction du nombre d'emplois dans le secteur du gaz et de l'électricité(8). D'un autre côté, EDF et GDF ont rendu public en 1997 un plan en huit points prévoyant d'accroître le nombre de salariés par le recrutement de jeunes. Ce plan se fonde à la fois sur l'extension des services offerts aux clients et sur l'introduction de nouvelles formes de partage du travail (voir chapitre 3)(9).

En Norvège, il n'y a pas eu de privatisation importante du secteur de l'électricité, mais la restructuration de ce secteur et l'introduction d'approches fondées sur les lois du marché ont entraîné une réduction du nombre de salariés qui est passé de 19 000 en 1991 à 17 000 en 1997, soit une baisse de 11 pour cent(10). Une baisse du même ordre (10 pour cent) a été observée en Suède en 1996 à la suite de la déréglementation de l'électricité. On prévoit que la rationalisation induite par la déréglementation et les progrès technologiques entraînera au total une réduction de personnel de l'ordre de 40 pour cent dans le secteur énergétique(11).

D'importantes réductions d'emplois, de plus de 20 pour cent, ont été observées dans un certain nombre de pays. En Côte d'Ivoire, le secteur de l'électricité a été privatisé en 1990 par le biais d'une concession accordée pour quinze ans, l'Etat conservant la propriété des biens et les fonctions de réglementation. En cinq ans, l'emploi a diminué de 22 pour cent, passant de 3 930 à 3 068 personnes(12). En Afrique du Sud, la restructuration d'ESKOM, grande entreprise publique de production, de distribution et de vente d'électricité, s'est soldée par une réduction de 40 pour cent des effectifs, qui sont passés de 65 000 à 39 000 au cours des six dernières années(13).

Les données relatives à l'Union européenne qui figurent dans le tableau 2.8 montrent les réductions d'emplois intervenues dans divers pays. Il en ressort que, dans la plupart de ces pays, il y a eu des pertes d'emplois dans les secteurs du gaz et de l'électricité, et que ce phénomène a été particulièrement marqué pour l'électricité. Entre 1990 et 1995, les effectifs dans ce secteur ont diminué au total d'environ 15 pour cent. Les pertes d'emplois observées dans le secteur de l'énergie en Europe occidentale depuis 1990 sont imputables pour moitié au Royaume-Uni. Les compressions d'effectifs, en particulier dans le secteur de l'électricité, ont été énormes. La privatisation a démarré en 1989 au Royaume-Uni. Le nombre de salariés dans le secteur de l'électricité est tombé de 142 623 en 1990-91 à 96 143 en 1995-96, soit une réduction d'un tiers environ (voir tableau 2.9). Les estimations actuelles indiquent que le nombre d'emplois n'est plus que de 85 000. Au départ, la plupart des pertes d'emplois se sont produites dans les entreprises de production et ont été imputées aux pressions de la concurrence et à la nécessité de réduire les coûts. Plus récemment, le personnel a été fortement réduit dans les compagnies régionales d'électricité incitées à réduire leurs coûts par les résultats d'examens réglementaires. D'autres compressions d'effectifs ont été provoquées par une série d'accords de sous-traitance. Le progrès de l'informatique continue également soit de causer directement, soit de faciliter les réductions d'emplois dans le cadre des restructurations(14). D'importantes pertes d'emplois ont été observées dans l'industrie du gaz britannique depuis le début de la privatisation en 1986: ce secteur n'emploie plus que 36 500 salariés, contre 78 300 en 1992 et 91 599 en 1986. En Espagne, où l'électricité et le gaz ont été privatisés et où l'eau est sur le point de l'être, les réductions d'emplois ont été particulièrement marquées dans le secteur de l'électricité. Entre 1990 et 1996, le nombre de salariés dans ce secteur a chuté de 51 899 à 44 000, et on prévoit que 12 000 emplois pourraient être supprimés dans les années à venir, soit plus du quart des effectifs actuels(15).

En Nouvelle-Zélande, la transformation en 1986 des entreprises publiques en sociétés dans le secteur de l'électricité ainsi que la réorganisation du transport et de la distribution ont entraîné d'importantes pertes d'emplois, le nombre de salariés tombant de 5 999 à 3 690 entre 1987 et 1990, soit une chute de 39 pour cent(16).

Aux Etats-Unis, les monopoles locaux privés du secteur du gaz et de l'électricité ont fait l'objet de restructurations dans les années soixante-dix et quatre-vingt (reprises, fusions, séparation de diverses fonctions), ce qui a donné naissance à quelques grands monopoles. Ce processus a réduit d'un quart les effectifs ouvriers et cadres confondus(17). Au Canada, où l'essentiel du secteur de l'électricité est toujours détenu par l'Etat, l'entreprise publique Ontario Hydro a pris en 1993 de vastes mesures de restructuration afin de surmonter les nombreuses difficultés auxquelles elle faisait face, ce qui a entraîné la suppression d'environ 12 000 emplois au cours de la période 1992-95. Le tableau 2.10 donne un aperçu des réductions d'emplois intervenues entre 1992 et 1995 dans diverses entreprises des Etats-Unis et du Canada(18).

Tableau 2.8. Evolution de l'emploi dans les secteurs de l'électricité et du gaz en Europe, 1990-1995


Pays

Activité

Effectifs
1990

Effectifs
1995

Différence
1990-1995

Variation (%)
1990-1995


Electricité

Danemark

Secteur

11 595

11 382

-213

-1,8

Allemagne

Secteur

292 800

243 200

-49 600

-16,9

Grèce

Secteur

29 200

30 383

1 183

4,1

Espagne

Secteur

52 639

47 951

-4 688

-8,9

France

EDF

120 263

116 909

-3 354

-2,8

Irlande

ESB/Secteur

12 000

10 300

1 700

-14,2

Italie

ENEL/Secteur

110 562

94 561

-16 001

-14,5

Norvège

Secteur

19 396

19 948

552

2,8

Portugal

EdP

20 165

16 472

-3 693

-18,3

Suède

Vattenfall

10 175

8 460

-1 715

-16,9

Suède

Secteur (sauf Vattenfall)

28 000

21 500

-6 500

-23,2

Royaume-Uni

Toutes compagnies privées

144 219

102 197

-42 022

-29,1

Sous-total

851 014

723 263

-127 751

-15,0

Electricité et gaz

Belgique

Electrabel+Distrigaz

14 984

14 285

-699

-4,7

Belgique

Liège gaz+électricité

1 440

1 501

61

4,2

Pays-Bas

Secteur

35 800

31 000

-4 800

-13,4

Suisse

Secteur

23 565

23 753

188

0,8

Finlande

Secteur

5 470

4 755

-715

-13,1

Sous-total

81 259

75 294

-5 965

7,3

Gaz

Allemagne

Secteur

36 900

35 300

-1 600

-4,3

Espagne

Secteur

3 070

4 831

1 761

57,4

France

Gaz de France

26 965

25 620

-1 345

-5,0

Italie

Italgas/Secteur

14 000

17 000

3 000

21,4

Royaume-Uni

British Gas

79 200

54 754

-24 446

-30,9

Sous-total

160 135

137 505

-22 630

-14,1

Total

1 092 408

936 062

-156 346

-14,3

Source: L. de Luca, op. cit., p. 135.


Tableau 2.9. Compagnies d'électricité: nombre moyen de salariés au Royaume-Uni (1990-91/1995-96)


1990-91

1991-92

1992-93

1993-94

1994-95

1995-96

Variation
(%) entre
1990-91 et
1995-96


National Power

15 713

13 277

9 934

6 955

5 447

4 848

-69,1

Nuclear Electric

13 924

13 300

12 283

10 728

9 426

8 815

-36,7

PowerGen

8 840

7 771

5 715

4 782

4 171

4 148

-53,1

Eastern Electricity

10 001

9 877

8 415

7 003

6 403

6 113

-38,9

East Midlands Electricity

7 382

8 243

8 684

7 914

6 458

5 051

-31,6

London Electricity

6 691

6 581

6 258

5 532

4 908

4 404

-34,2

Manweb

5 483

4 623

4 533

4 604

4 582

3 303

-39,8

Midlands Electricity

7 729

7 643

7 370

6 207

5 815

5 114

-33,8

Northern Electric

5 528

5 364

4 826

4 714

4 456

3 882

-29,8

NORWEB

8 203

7 917

7 977

7 652

7 617

8 196

-0,1

SEEBOARD

6 340

6 257

6 039

5 339

4 680

4 278

-32,5

Southern Electric

8 362

8 340

7 642

7 391

7 091

6 728

-19,5

South Wales Electricity

3 767

3 632

3 166

3 350

3 218

2 979

-20,9

South Western Electricity

5 676

5 553

5 569

5 092

4 656

3 424

-39,7

Yorkshire Electricity

7 126

7 105

6 850

5 764

4 924

4 294

-39,7

NGC

6 550

6 217

5 666

5 127

4 871

4 565

-30,3

Hydro-Electric

3 484

3 480

3 494

3 552

3 584

3 435

-1,4

Scottish Nuclear

1 976

2 047

2 172

2 060

1 860

1 704

-13,8

Scottish Power

9 848

9 495

8 724

7 778

8 041

8 036

-18,4

NIE

n.d.

n.d.

3 851

3 536

3 035

2 826

Total

142 623

136 722

129 168

115 080

105 243

96 143

-32,6

Source: Centre d'étude des industries réglementées, Royaume-Uni. Données fournies par UNISON (Royaume-Uni).


Tableau 2.10. Réduction des effectifs de diverses compagnies d'électricité
et du gaz des Etats-Unis et du Canada, 1992-1995


Compagnie

Effectifs


Méthodes utilisées

Avant

Après

Réduction
(%)


AEP

2 150

1 650

23

Réduction naturelle des effectifs, suppressions d'emplois, mesures de départ à la retraite anticipée facultative

Columbus Southern Power

2 350

1 600

8

Réduction naturelle des effectifs, suppressions d'emplois, mesures de départ à la retraite anticipée facultative

Atlantic Electric

n.d.

n.d.

n.d.

Suppression de 50 postes de direction, mutations, licenciements

Baltimore Gas & Electric

9 400

n.d.

n.d.

Retraite anticipée offerte à 2 200 salariés, gel des postes

Centerior Energy

8 300

7 100

14

Retraite anticipée (1 514 salariés sur 1 900 ont accepté)

Central & South West

8 800

7 950

10

Retraite anticipée, offres de mutation, primes de départ

Central Louisiana Electric

1 100

950

14

Réduction de 21 pour cent des postes d'encadrement et de direction. Retraite anticipée, départ volontaire, déclassement sur une période de deux ans

Central Maine Power

2 250

2 025

10

Allègement de l'encadrement notamment

Cincinatti Gas & Electric

5 450

4 957

10

Offre d'une retraite anticipée à 9 pour cent des effectifs, départ non volontaire si nécessaire

Commonwealth Edison

19 000

18 375

3

Licenciements

Commonwealth Energy
Systems

1 411

1 250

11

Licenciements, retraite anticipée

Duke Power

18 000

16 300

10

Offre de prime de départ anticipé, programme de départ volontaire

Entergy

18 000

12 371

32

Offre d'une retraite anticipée à 9 pour cent des effectifs, départ non volontaire si nécessaire

Florida Power Corp.

6 700

4 900

23

Retraite anticipée, reconversion

Florida Power & Light

16 300

14 000

14

Départ volontaire à la retraite anticipée, départ volontaire, licenciements

General Public Utilities

11 800

n.d.

n.d.

800 offres de départ volontaire à la retraite anticipée

Georgia Power

12 494

12 138

3

445 offres de départ à la retraite anticipée

Hydro-Québec

27 000

25 500

6

Essentiellement réduction naturelle des effectifs sur deux ans

Kansas Gas & Electric

5 800

5 100

12

Retraite anticipée, départ volontaire

Kansas City Power & Light

2 583

n.d.

n.d.

35 postes laissés vacants chaque année, 411 offres de départ à la retraite anticipée

Louisville Gas & Electric

2 100

1 988

5,4

Retraite anticipée

Iowa-Illinois Gas & Electric

4 350

3 700

15

Gel des embauches, programme d'incitation à la retraite, primes de départ

Nevada Power

1 816

1 651

9

Départ volontaire à la retraite anticipée, primes de départ

New Brunswick Power

2 700

2 200

18,5

Licenciements, fermeture d'un établissement en Nouvelle-Angleterre

New England Electric System

2 160

1 880

13

Départ volontaire à la retraite anticipée (400 postes d'encadrement), licenciements (Etat de New York)

New York State Electric & Gas

4 887

4 150

15

Réduction naturelle des effectifs (200 par an), fermeture d'installations

Niagara Mohawk Power

11 896

10 350

13