Incidence des mesures assurant la flexibilité du marché du travail sur la construction mécanique, la construction électrique et l'industrie électronique
Rapport soumis aux fins de discussion à la Réunion tripartite sur l'incidence des mesures assurant la flexibilité du marché du travail sur la construction mécanique, la construction électrique et l'industrie électronique
6. La flexibilité externe
et la structure de l'emploi
Les aménagements du temps de travail sont de plus en plus diversifiés. De nouvelles formules plus souples apparaissent dans un certain nombre de pays, souvent parallèlement ou consécutivement à un raccourcissement de la semaine de travail destiné à maintenir (ou à accroître) la durée d'utilisation des machines. Les taux de chômage élevés incitent à réduire le temps de travail pour préserver les emplois ou en créer de nouveaux. Le présent chapitre traite de l'impact de ces tendances sur divers aspects de la flexibilité externe: la durée du travail hebdomadaire, l'emploi temporaire et l'emploi à temps partiel, le renouvellement de la main-d'œuvre, la retraite anticipée -- autre instrument auquel on a recours pour réduire le chômage et favoriser les innovations technologiques et organisationnelles -- et enfin les possibilités de création d'emplois qu'offrent des semaines de travail et des carrières plus courtes. Il y sera également question de la sexospécificité des systèmes de travail flexibles ainsi que de la répartition des hommes et des femmes dans le secteur. L'impact sur la flexibilité interne et l'organisation du travail a été étudié dans le chapitre 4. Ces deux dimensions sont très liées car les entreprises peuvent compenser un manque de flexibilité externe par une plus grande flexibilité interne, et inversement.
6.1. La durée du travail hebdomadaire
Au cours des dernières décennies, le temps de travail normal n'a cessé de diminuer dans un certain nombre de pays, notamment en Europe où il est en général plus court qu'ailleurs. En 1993, le Conseil de l'Union européenne (UE) a adopté une directive concernant l'aménagement du temps de travail, qui a été appliquée en 1996 (voir encadré 6.1). En Amérique du Nord, le temps de travail conventionnel est demeuré stable, à 40 heures par semaine. Les progrès ont été beaucoup plus lents en Asie, excepté au Japon et en Australie. Dans de nombreux pays d'Asie et d'Amérique latine, le temps de travail légal est encore de 48 heures par semaine(1) (voir tableau D.1, The industry in numbers).
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Encadré 6.1
La directive limite la durée moyenne de travail pour chaque période de sept jours à 48 heures, y compris les heures supplémentaires, et le travail de nuit à 8 heures en moyenne par période de 24 heures. Ce quota est un maximum absolu pour les travailleurs dont le travail comporte des risques particuliers ou des tensions physiques ou mentales importantes. En principe, tout travailleur doit bénéficier, au cours de chaque période de 24 heures, d'une période minimale de repos de 11 heures consécutives et d'un temps de pause au cours de la journée de travail lorsqu'elle excède six heures. Il a également droit à une période minimale ininterrompue de 24 heures de repos par semaine en sus des 11 heures consécutives quotidiennes mentionnées ci-dessus. Les Etats membres doivent prendre les mesures nécessaires pour garantir que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines. Certains domaines d'activité, tel le secteur des transports, ne sont pas couverts par cette directive. Des dérogations sont permises pour certains types d'emploi impliquant un service 24 heures sur 24 (par exemple les services hospitaliers et ceux qui assurent l'ordre public). Source: Directive 93/104/CE du Conseil du 23 novembre 1993 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail (Journal officiel des Communautés européennes, no L 307, 13 déc. 1993, pp. 18-24). |
Pour compenser la réduction de la durée hebdomadaire du travail, certaines entreprises préfèrent augmenter les heures supplémentaires plutôt que de réaménager le temps de travail. C'est le mécanisme d'ajustement classique. En dépit des primes qui doivent être versées, il revient moins cher de payer des heures supplémentaires que d'engager du personnel supplémentaire parce que les coûts de main-d'œuvre non salariaux sont liés au volume de l'emploi et non aux heures de travail; ils représentent en fait 30 pour cent de la masse salariale. En outre, les heures supplémentaires offrent l'avantage non négligeable de la flexibilité et permettent de conserver des travailleurs qualifiés. Dans certains cas, comme au Royaume-Uni ou en Inde, les heures supplémentaires sont devenues un moyen courant de compenser des salaires de base peu élevés. C'est pourquoi les salariés sont peu enclins à accepter des réductions des heures supplémentaires, car ils dépendent de ce «deuxième salaire». Le Japon pratique également une culture des «longues heures» de travail. Cependant, la loi sur les normes du travail révisée de 1987 a institué la semaine de 40 heures en plusieurs étapes, qui avaient été franchies en 1997. Par ailleurs, les entreprises européennes cherchent encore des mécanismes acceptables sur le plan social pour créer une telle flexibilité à la baisse. Les heures supplémentaires sont donc devenues systématiques et endémiques, ce qui va à l'encontre de la tendance à la réduction du temps de travail(2).
Les informations concernant les heures supplémentaires dans l'industrie de la construction mécanique sont fragmentaires. Les données internationales rapportées dans le tableau 6.1 indiquent en général des niveaux élevés d'heures supplémentaires dans les pays autres que ceux d'Amérique du Nord et d'Europe, à l'exception notable du Royaume-Uni. En outre, les chiffres indiqués dans le tableau 6.2 n'indiquent pas de tendance générale à la baisse. Entre 1985 et 1996, les heures supplémentaires sont demeurées au même niveau en Australie, ont diminué au Japon pendant la crise économique et ont augmenté de nouveau en 1995; elles n'ont cessé de diminuer en Allemagne, tandis que, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, elles ont en fait augmenté au cours de la même période. En Allemagne, cette tendance à la baisse à long terme résulte des mesures prises pour accroître la flexibilité du temps de travail(3). Aux Etats-Unis, la hausse du taux de rémunération des heures supplémentaires a incité les travailleurs à en faire davantage, plutôt que cela n'a dissuadé les employeurs à en faire faire; l'accroissement des coûts salariaux indirects a renforcé cette tendance. Au Royaume-Uni, les travailleurs manuels font davantage d'heures supplémentaires que les travailleurs non manuels et elles contribuent pour une part importante à leurs gains(4).
Tableau 6.1. Heures supplémentaires dans la construction mécanique, 1996
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| |||
|
Pays |
Branche
|
Heures
|
Heures
|
|
| |||
|
Pays de l'OCDE à revenu élevé |
|||
|
Allemagne |
ABB
|
-
|
±50
|
|
Autriche |
SKF |
- |
108 |
|
Corée, Rép. de |
Electronique
|
7,1
|
342,5
|
|
Etats-Unis |
ABB |
- |
80 |
|
France |
SKF |
- |
50 |
|
Italie |
ABB |
- |
100 |
|
Japon1 |
Electronique
|
4,2
|
217,9
|
|
Royaume-Uni |
SKF |
- |
440 |
|
Suède |
ABB
|
-
|
90
|
|
Suisse |
ABB |
- |
29 |
|
Pays ou territoires à revenu élevé n'appartenant pas à l'OCDE |
|||
|
Hong-kong |
Electronique |
10-12 |
400 |
|
Singapour |
Métallurgie |
18 |
864 |
|
Taiwan, Chine |
Métallurgie |
15 |
557 |
|
Pays à revenu moyen supérieur |
|||
|
Malaisie |
Métallurgie |
25 |
1 300 |
|
Pays à revenu moyen inférieur |
|||
|
Philippines |
Métallurgie |
12 |
576 |
|
Pologne |
ABB |
- |
48 |
|
Thaïlande |
Electronique
|
15,6
|
573,1
|
|
Pays à faible revenu |
|||
|
Inde |
SKF
|
12a
|
623
|
|
1 Valeur en 1995. 2 Les heures supplémentaires chez Simpson constituent 30 pour cent du salaire total. a En moyenne.
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Tableau 6.2. Heures supplémentaires dans la construction mécanique, 1985-1996
|
| |||||||||
|
Pays et branche
|
1985 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 | |
|
| |||||||||
|
Australie |
|||||||||
|
Secteur manufacturier1 |
2,5 |
2,8 |
2,4 |
2,6 |
2,9 |
3,1 |
2,6 |
2,6 | |
|
Allemagne (orientale) |
|||||||||
|
Métallurgie2 |
- |
- |
- |
52,2 |
64,5 |
59,4 |
54,1 |
42,1 | |
|
Allemagne (occidentale) |
|||||||||
|
Sidérurgie2 |
66,4 |
- |
61,7 |
58,6 |
46,2 |
54,3 |
70,3 |
54,4 | |
|
Construction mécanique
|
1,6 |
1,5 |
1,4 |
1,1 |
1,3 |
1,6 |
1,3 |
- | |
|
Japon4 |
|||||||||
|
Construction générale |
- |
23,6 |
23,0 |
16,6 |
11,7 |
13,0 |
15,9 |
- | |
|
Construction électrique |
- |
20,3 |
18,6 |
12,9 |
11,8 |
12,8 |
14,3 |
- | |
|
Instruments de précision |
- |
17,1 |
15,8 |
11,2 |
8,7 |
9,3 |
10,7 |
- | |
|
Royaume-Uni5 |
|||||||||
|
Construction mécanique |
|||||||||
|
Hommes |
manuels |
6,2 |
7,3 |
5,3 |
6,3 |
5,9 |
6,1 |
7,0 |
7,5 |
|
non manuels |
1,9 |
1,8 |
1,8 |
2,1 |
1,9 |
2,2 |
1,9 |
- | |
|
Femmes |
manuelles |
1,7 |
2,9 |
1,5 |
2,7 |
2,2 |
2,4 |
2,7 |
- |
|
non manuelles |
0,8 |
0,7 |
0,6 |
0,6 |
0,7 |
1,0 |
0,9 |
- | |
|
Construction électrique et électronique |
|||||||||
|
Hommes |
manuels |
4,7 |
6,1 |
4,6 |
4,6 |
4,6 |
4,6 |
5,1 |
5,1 |
|
non manuels |
2,2 |
2,0 |
1,6 |
1,6 |
1,6 |
1,6 |
1,8 |
- | |
|
Femmes |
manuelles |
1,6 |
2,2 |
1,7 |
2,0 |
2,3 |
2,7 |
3,2 |
- |
|
non manuelles |
0,7 |
0,8 |
0,8 |
0,7 |
0,8 |
0,8 |
1,1 |
- | |
|
Fabrication d'instruments |
|||||||||
|
Hommes |
manuels |
4,1 |
4,9 |
4,3 |
5,1 |
3,8 |
4,0 |
4,4 |
- |
|
non manuels |
1,6 |
1,4 |
1,5 |
1,6 |
1,3 |
1,2 |
1,4 |
- | |
|
Femmes |
manuelles |
2,2 |
1,7 |
- |
2,1 |
1,6 |
1,9 |
3,2 |
- |
|
non manuelles |
- |
- |
- |
0,4 |
0,6 |
- |
1,0 |
- | |
|
Etats-Unis6 |
|||||||||
|
Construction industrielle (SIC-35) |
3,4 |
3,9 |
3,7 |
4,0 |
4,7 |
5,4 |
5,1 |
4,9 | |
|
Equipement électrique (SIC-36) |
- |
3,1 |
3,2 |
3,4 |
3,9 |
4,3 |
4,0 |
4,0 | |
|
Instruments (SIC-38) |
- |
2,8 |
2,9 |
2,8 |
2,8 |
3,3 |
3,4 |
3,7 | |
|
1 Heures supplémentaires hebdomadaires dans le secteur manufacturier; données de l'OCDE. 2 Moyenne annuelle des heures supplémentaires dans la métallurgie allemande, selon IG Metall. 3 Moyenne des heures supplémentaires hebdomadaires dans la construction mécanique en Allemagne, selon Gesamtmetall. 4 Heures supplémentaires mensuelles dans la construction mécanique au Japon; statistiques nationales. 5 Moyenne des heures supplémentaires hebdomadaires dans la construction mécanique, électrique et électronique au Royaume-Uni, travailleurs à plein temps; statistiques nationales. La nouvelle enquête sur les gains ne fait pas mention des heures supplémentaires ouvrées pour terminer un travail particulier mais plutôt d'heures contractuelles auxquelles s'ajoutent des heures supplémentaires enregistrées; cette mention sous-estime le nombre des heures de travail réelles. Depuis 1995, la nouvelle enquête sur les gains a recours à une nouvelle classification (SIC-1992), qui remplace l'ancienne (SIC-1980). 6 Travailleurs de la production; statistiques nationales.
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Cependant, la moyenne des heures réellement effectuées dans la construction mécanique (voir tableau D.1, The industry in numbers) révèle une tendance générale à la baisse au cours des deux dernières décennies, qui va de pair avec des réductions du temps de travail conventionnel. Ces chiffres englobent à la fois les heures supplémentaires et l'emploi à temps partiel. Ainsi, le développement de l'emploi à temps partiel peut endiguer l'impact des heures supplémentaires sur les heures de travail réelles et entraîner une réduction globale. Voilà qui pourrait expliquer en partie les chiffres assez bas du Japon où le travail à temps partiel est plus répandu dans ce secteur que dans les pays européens. La diminution des heures de travail a été particulièrement prononcée en Pologne, en Hongrie, en Finlande, en Norvège et en Belgique. Dans toutes les régions, la construction de machines autres que des machines électriques a connu les baisses les plus fortes comparées à la construction électrique, excepté aux Pays-Bas, à Chypre, en Israël et en Argentine.
Dans les pays à revenu élevé membres de l'OCDE, la semaine de travail s'est allongée dans certains cas, toujours dans les deux sous-secteurs. Cela a été le cas en Autriche, sans excéder toutefois les heures normales, alors que les heures contractuelles ont baissé. Inversement, aux Etats-Unis, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, les heures réelles ont augmenté et dépassé la durée du travail conventionnelle, ce qui semble révéler un plus grand recours aux heures supplémentaires. Là encore, l'augmentation des heures de travail a été plus forte dans la construction de machines autres que des machines électriques par rapport aux autres secteurs, excepté en Nouvelle-Zélande. En outre, certains pays à bas revenu ont enregistré une augmentation du temps de travail alors même qu'ils travaillaient déjà de longues heures. En Egypte, la semaine de travail a atteint quelque 60 heures (dans la construction électrique), et au Costa Rica, à Singapour, aux Philippines et en Bolivie, quelque 50 heures. Dans les pays autres que les pays de l'OCDE à revenu élevé, il semble que les augmentations les plus marquées ont été enregistrées dans la construction électrique.
Par conséquent, nous sommes face à une situation contrastée, à la fois dans les régions et dans les secteurs. Il semble que la construction non électrique ait connu des changements plus importants à long terme en matière de temps de travail, et que l'ajustement y ait suivi un modèle double, se traduisant d'ordinaire par des réductions, mais dans certains cas par un allongement des heures de travail. Inversement, dans les pays autres que les pays à revenu élevé de l'OCDE, c'est dans la construction électrique que l'augmentation des heures de travail a été la plus forte.
L'écourtement des semaines de travail a insufflé un élan à la réorganisation du travail au niveau des entreprises. En Allemagne, par exemple, la réduction initiale d'une heure et demie en 1985 a eu peu d'effet sur l'organisation du travail. La plupart des entreprises ont conservé leur système de temps de travail. Elles n'ont guère mis à profit les nouvelles possibilités de flexibilité qu'offraient les conventions collectives, de sorte que, dans certains cas, il y a eu des pénuries de personnel. La tendance à mettre en place des systèmes de gestion du temps plus novateurs afin de résoudre ces problèmes n'est apparue qu'en 1988-89 avec l'application de la deuxième et de la troisième phase de réduction à 37-37,5 heures par semaine, et avec l'introduction de nouvelles réglementations concernant la différenciation du temps de travail à partir de 1990. Ce sont d'abord les grandes entreprises qui ont eu recours aux nouvelles possibilités de différenciation et de variabilisation du temps. L'amélioration radicale de la conjoncture a fourni une incitation supplémentaire à la restructuration de l'organisation du travail en vue de maintenir ou d'accroître la durée d'utilisation des équipements(5).
Des entreprises novatrices ont pu dissocier le temps de travail de la durée d'utilisation des équipements. Les données globales illustrent ce modèle. Dans les pays de l'OCDE, le taux d'utilisation des capacités dans la construction mécanique et les industries des métaux s'est accru pendant les années quatre-vingt-dix, tandis que le temps de travail a été réduit ou est demeuré au même niveau, dans les pays suivants: Danemark, Grèce, Espagne, Japon et Suède (voir tableau 6.3 et tableau D.1, The industry in numbers). Cependant, au sein de l'Union européenne ce taux a baissé en général entre 1990 et 1994 à cause de la récession économique.
Tableau 6.3. Taux d'utilisation des capacités dans la production métallurgique, la construction mécanique et l'équipement (CITI 38), 1990-1997 (en pourcentage)1
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| |||||||||
|
Pays |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
|
|
| |||||||||
|
Allemagne occidentale |
90 |
88 |
81 |
77 |
81 |
- |
- |
- |
-2,2 |
|
Autriche3 |
53 |
38 |
28 |
22 |
39 |
38 |
82 |
84 |
-2,9a |
|
Belgique |
83 |
79 |
78 |
76 |
77 |
- |
- |
- |
-1,4 |
|
Danemark |
81 |
79 |
78 |
77 |
81 |
- |
- |
- |
0,1 |
|
Espagne |
77 |
71 |
74 |
69 |
75 |
81 |
- |
- |
0,9 |
|
Finlande3 |
50 |
18 |
20 |
79 |
85 |
87 |
83 |
87 |
2,6b |
|
France |
86 |
82 |
80 |
77 |
81 |
- |
- |
- |
-1,3 |
|
Grèce |
72 |
72 |
68 |
64 |
72 |
- |
- |
- |
0,0 |
|
Irlande |
79 |
78 |
76 |
75 |
76 |
- |
- |
- |
-0,8 |
|
Italie |
80 |
76 |
74 |
73 |
75 |
- |
- |
- |
-1,1 |
|
Japon |
74 |
86 |
83 |
71 |
68 |
78 |
84 |
88 |
2,0 |
|
Luxembourg |
90 |
86 |
91 |
88 |
85 |
- |
- |
- |
-1,1 |
|
Norvège3 |
27 |
27 |
31 |
25 |
31 |
34 |
- |
- |
1,3 |
|
Pays-Bas |
85 |
83 |
82 |
78 |
- |
- |
- |
- |
-2,4 |
|
Portugal |
84 |
80 |
78 |
73 |
76 |
79 |
79 |
- |
-0,8 |
|
Royaume-Uni |
84 |
75 |
76 |
78 |
80 |
- |
- |
- |
-1,0 |
|
Suède3 |
32 |
16 |
15 |
24 |
44 |
53 |
- |
- |
4,3 |
|
Suisse |
91 |
84 |
81 |
81 |
85 |
87 |
85 |
86 |
-0,7 |
|
Turquie |
73 |
69 |
74 |
78 |
61 |
72 |
70 |
75 |
0,3 |
|
Europe (UE) |
- |
81 |
79 |
76 |
79 |
- |
- |
- |
-0,8 |
|
1 Moyenne annuelle calculée à partir de données trimestrielles. 2 Variation annuelle moyenne en points de pourcentage. 3 Part relative de la pleine utilisation des capacités (pourcentage des entreprises fonctionnant à pleine capacité); Autriche jusqu'en 1995; Finlande jusqu'en 1992.
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|
| |||||||||
6.2. Emploi à temps partiel et emploi temporaire
Les emplois à temps partiel et les emplois temporaires se sont multipliés. Dans l'Union européenne, entre 1985 et 1995, l'emploi à temps partiel est passé de 12,5 à 16 pour cent et l'emploi temporaire de 9,1 à 11,5 pour cent de l'emploi total. Il semble que le besoin de flexibilité soit la principale cause de la croissance de l'emploi temporaire, tandis que les exigences des salariées ont joué un rôle important dans l'introduction du travail à temps partiel(6). Cependant, les employeurs ont recours à l'emploi à temps partiel essentiellement pour des raisons économiques et organisationnelles. La productivité est en principe plus élevée dans les emplois à temps partiel et l'absence pour cause de maladie moins fréquente. Par ailleurs, les travailleurs à temps partiel sont souvent proportionnellement moins bien rémunérés que leurs homologues à plein temps; ils tombent parfois en dessous des seuils minima pour les cotisations à la sécurité sociale, et les prestations qu'ils reçoivent ainsi que leurs perspectives de carrière sont faibles. Les travailleurs à temps partiel ont aussi souvent des horaires incommodes(7). C'est pourquoi la directive du Conseil de l'Union européenne sur le travail à temps partiel édictée en décembre 1997 établit le principe de la non-discrimination et vise à faciliter le développement du travail à temps partiel sur une base volontaire (voir encadré 6.2). L'incidence de l'emploi temporaire est semblable pour les hommes et les femmes au sein de l'Union européenne(8); la différence entre les sexes est loin d'être aussi marquée que dans le cas de l'emploi à temps partiel. La plupart de ces emplois exigent peu de qualifications: 56 pour cent dans le cas du travail à temps partiel et 63 pour cent dans le cas du travail temporaire(9). Il en résulte que l'offre d'emplois qualifiés à temps partiel est en retard sur la demande.
|
Encadré 6.2
Le travailleur à temps partiel est une personne dont la durée normale de travail, calculée sur une base hebdomadaire ou en moyenne sur une période d'emploi pouvant aller jusqu'à un an, est inférieure à celle d'un travailleur à temps plein comparable. La directive établit le principe de la non-discrimination pour ce qui concerne les conditions d'emploi et de rémunération des travailleurs à temps partiel et s'efforce de promouvoir l'emploi partiel sur une base volontaire. Par conséquent, lorsque c'est approprié, le principe du pro rata temporis s'applique; par ailleurs, le refus d'un travailleur d'être transféré d'un travail à plein temps à un travail à temps partiel, ou vice versa, ne devrait pas en tant que tel constituer un motif valable de licenciement. Cependant, les travailleurs à temps partiel qui travaillent sur une base occasionnelle peuvent être exclus, totalement ou partiellement, des dispositions de l'accord-cadre si des raisons objectives justifient cette exclusion. Les Etats membres et les partenaires sociaux doivent prendre des mesures pour éliminer les obstacles à l'emploi à temps partiel de nature juridique ou administrative. Les employeurs devraient prendre en considération les mesures visant à faciliter l'accès au travail à temps partiel à tous les niveaux de l'entreprise, y compris les postes qualifiés et de direction, ainsi que l'accès des travailleurs à temps partiel à la formation professionnelle pour favoriser la progression et la mobilité professionnelles. Cette directive est entrée en vigueur le 20 janvier 1998. Source: Directive 97/81/CE du Conseil du 15 décembre 1997 concernant l'accord-cadre sur le travail à temps partiel conclu par l'UNICE, le CEEP et la CES (Journal officiel des Communautés européennes, no L 14, 21 janv. 1998, pp. 9-14). |
Deux événements récents sont révélateurs de changements profonds(10). Premièrement, dans l'Union européenne, le taux de croissance du travail à temps partiel s'est accéléré au cours des années quatre-vingt-dix tant pour les hommes que pour les femmes (voir figure 6.1). En outre, la part des hommes d'âge très actif (de 25 à 54 ans) dans l'emploi à temps partiel s'est accrue dans les pays de l'OCDE, alors que, traditionnellement, ce groupe de travailleurs n'est pas associé à cette forme d'emploi. Au Canada et aux Etats-Unis, les tendances à la hausse des années de récession n'ont pas été suivies de baisses correspondantes au cours des périodes de redressement économique. Au sein de l'UE, entre 1991 et 1995, environ 60 pour cent de la croissance de l'emploi à temps partiel parmi les hommes concernait ce groupe d'âge; l'incidence de l'emploi à temps partiel dans ce groupe s'est accrue de 2 à 3 pour cent au cours de la période. Il semblerait donc que le virage vers le temps partiel soit permanent dans la composition de l'emploi. En outre, l'accroissement de l'emploi à temps partiel semble exercer une influence favorable sur le chômage en général. Dans l'Union européenne, au cours des années de récession, la plupart des emplois créés pour les hommes comme pour les femmes étaient des emplois à temps partiel. Il en est allé de même pendant l'année de la reprise, en 1995: 71 pour cent des nouveaux emplois offerts aux hommes et 85 pour cent des nouveaux emplois offerts aux femmes étaient des emplois à temps partiel.
Deuxièmement, au sein de l'UE, le taux de croissance de l'emploi temporaire a été considérablement plus élevé que celui de l'emploi à temps partiel au cours des années quatre-vingt, mais non au cours des années quatre-vingt-dix (voir figure 6.2). En outre, le taux d'accroissement des contrats de travail temporaire a été plus élevé pour les hommes que pour les femmes au cours des années quatre-vingt-dix, mais non au cours des années quatre-vingt. C'est parmi les travailleurs des services et de la production qu'il a été le plus élevé, bien qu'on trouve une forte incidence d'emplois temporaires parmi les travailleurs intellectuels et les employés de bureau. Dans l'ensemble, à la différence de ce qui se passe pour l'emploi à temps partiel, il n'y a pas de rapport entre les niveaux de chômage et le travail temporaire, sauf peut-être au Portugal, au Danemark et au Royaume-Uni.
L'emploi temporaire semble être devenu le passage obligé pour entrer sur le marché du travail, comme en témoigne l'incidence très importante de ce type de contrat de travail parmi les jeunes (elle est trois fois plus élevée que pour l'ensemble des travailleurs), et il est absolument lié au taux de chômage des jeunes. En général, compte tenu de l'importance relative du réservoir des emplois temporaires, un nombre très élevé de chômeurs trouve du travail par ce biais. C'est ainsi que dans l'Union européenne, en 1995, c'est parmi les hommes et les femmes d'âge très actif que l'emploi temporaire s'est le plus développé. La moitié environ des personnes anciennement au chômage ont pris un emploi temporaire plutôt qu'un emploi permanent, en grande partie parce que c'étaient là les seuls emplois qu'elles ont trouvés, ce qui a renforcé la tendance des trois années précédentes.
Figure 6.1. Emploi à temps partiel des hommes et des femmes dans l'Union européenne, 1985-1995a

Figure 6.2. Emploi temporaire des hommes et des femmes dans l'Union européenne, 1985-1995a

Cette expansion de l'emploi temporaire reflète peut-être en partie une situation plus faible sur le marché du travail, mais elle illustre aussi une orientation plus générale vers des systèmes de travail flexibles. Il en va de même dans la métallurgie. Ainsi, les Français ont créé des usines satellites de montage d'automobiles qui sont considérées comme des centres d'innovation organisationnelle et dont le fonctionnement repose en grande partie et presque en permanence sur des travailleurs engagés pour des périodes de courte durée et des travailleurs temporaires, lesquels représentent environ 10 à 30 pour cent des effectifs permanents; dans un de ces établissements, il arrive que cette part atteigne 55 pour cent. Même lorsque les perspectives économiques sont mauvaises, ces usines gardent du personnel temporaire. La législation est suffisamment souple pour leur permettre de garder un travailleur temporaire pendant plusieurs années, chaque fois pour un motif différent. On fait appel à cette main-d'œuvre pour répondre aux variations de la demande, notamment lorsqu'on accroît la production afin de commercialiser un nouveau modèle. En outre, les contrats de formation et les contrats temporaires sont souvent utilisés pour sélectionner les nouvelles recrues. Le processus peut durer deux ans. Quoi qu'il en soit, le personnel temporaire reçoit la même formation que les salariés permanents(11).
Les statistiques concernant le secteur de la métallurgie montrent que le travail à temps partiel est relativement rare dans ce secteur (voir figure 6.3 et tableau 6.4), en partie parce qu'il emploie relativement peu de femmes. Dans l'Union européenne (12 membres), la moyenne non pondérée de l'emploi à temps partiel dans ce secteur était de 4,2 pour cent en 1992, ce taux se situant à l'avant-dernier rang pour ce qui est de l'incidence de l'emploi à temps partiel dans les neuf secteurs considérés. Entre 1983 et 1992, c'est aussi dans ce secteur que la part de l'emploi à temps partiel s'est accrue le moins vite, exception faite pour le bâtiment et le génie civil. Au Danemark, cette part a en fait diminué, mais elle demeure relativement élevée par rapport aux autres pays de la région. Cette tendance à la hausse est due en partie aux accords d'entreprise, qui encouragent ce type d'emploi, quelquefois dans le cadre d'un plan social sous la forme de programmes de retraite progressive, de partage du travail ou le travail à horaires réduits (voir plus loin). Entre 1983 et 1992, la part de l'emploi à temps partiel s'est accrue beaucoup plus rapidement dans le secteur que dans l'ensemble de l'économie en Espagne, mais beaucoup plus lentement aux Pays-Bas.
L'incidence de l'emploi temporaire dans la métallurgie est aussi relativement faible (voir figure 6.3 et tableau 6.5), mais elle l'est davantage que celle de l'emploi à temps partiel, contrairement à ce que l'on observe dans l'ensemble de l'économie. Dans l'Union européenne (12 membres), en 1992, 6,7 salariés du secteur en moyenne avaient un contrat de durée limitée. Ce taux était le quatrième en partant du taux le plus faible pour les neuf secteurs considérés. C'est dans la métallurgie que l'emploi temporaire était le plus répandu en Espagne (25,3 pour cent des salariés) et au Portugal (15,9 pour cent): dans ce dernier pays, c'était le taux le plus élevé après celui du bâtiment et du génie civil; il était en tout cas beaucoup plus élevé que la moyenne non pondérée pour tous les secteurs. Le taux d'accroissement entre 1983 et 1992 était aussi le quatrième moins élevé dans la métallurgie pour l'ensemble de l'Union européenne. La part de l'emploi temporaire dans le secteur a diminué en Allemagne, au Danemark et en Grèce.
Figure 6.3. Emploi à temps partiel et emploi temporaire dans la métallurgie, la construction mécanique, la construction électrique et la construction d'instruments, 1983-1992a

Tableau 6.4. Emploi à temps partiel par branche, 1983-1996
|
| |||||||||||||
|
Pays |
Emploi à temps partiel par branche, 1992 (pourcentage du total)1
|
Moyenne
|
Variation
|
Industrie
| |||||||||
|
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 | |||||
|
| |||||||||||||
|
Allemagne occidentale |
4,1 |
5,3 |
5,2 |
13,5 |
5,8 |
25,5 |
11,6 |
18,2 |
24,1 |
12,6 |
-7,4 |
7,4a | |
|
Belgique |
- |
- |
3,2 |
5,1 |
3,0 |
27,1 |
4,0 |
10,0 |
22,1 |
10,6 |
-7,4 |
1,9 | |
|
Danemark |
- |
- |
5,7 |
18,4 |
5,3 |
33,1 |
14,7 |
19,7 |
31,0 |
18,3 |
-12,6 |
- | |
|
Espagne |
- |
- |
1,1 |
2,7 |
0,6 |
4,8 |
1,8 |
4,0 |
11,0 |
3,7 |
-2,6 |
2,1 | |
|
France |
- |
3,5 |
2,8 |
6,1 |
2,8 |
15,3 |
8,1 |
10,3 |
21,7 |
8,8 |
-6,0 |
3,8 | |
|
Grèce |
- |
- |
- |
2,0 |
6,7 |
4,0 |
- |
3,8 |
4,4 |
4,2 |
- |
- | |
|
Irlande |
- |
- |
- |
4,7 |
- |
18,3 |
- |
6,0 |
14,5 |
10,9 |
- |
11,6a, b | |
|
Italie |
- |
1,6 |
2,5 |
3,9 |
3,4 |
8,1 |
1,9 |
7,2 |
5,3 |
4,2 |
-1,7 |
1,2 | |
|
Luxembourg |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
12,8 |
12,8 |
- |
- | |
|
Pays-Bas |
12,0 |
12,0 |
7,4 |
23,7 |
9,4 |
41,4 |
22,8 |
21,8 |
46,3 |
21,9 |
-14,5 |
5,6 | |
|
Portugal |
- |
- |
- |
2,8 |
- |
3,9 |
- |
3,5 |
7,5 |
4,4 |
- |
- | |
|
Royaume-Uni |
- |
- |
5,4 |
12,9 |
7,7 |
40,6 |
9,4 |
16,8 |
33,4 |
18,0 |
-12,6 |
4,4 | |
|
Europe (CEE-12) |
3,4 |
4,4 |
4,2 |
9,0 |
4,5 |
23,9 |
8,2 |
13,6 |
22,4 |
10,4 |
-6,2 |
- | |
|
Australie |
Hommes |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
3,0a |
|
Femmes |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
25,0a | |
|
Canada |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
1,5 | |
|
Etats-Unis |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
2,8 | |
|
Finlande |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
3,0 | |
|
Suède |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
10,0 | |
|
Suisse5 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
4,3 | |
|
| |||||||||||||
|
Pays |
Evolution de la part de l'emploi à temps partiel, 1983-1992 (moyenne annuelle en points de pourcentage)1, 6
|
Moyenne
|
Variation
|
||||||||||
|
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 | |||||
|
| |||||||||||||
|
Allemagne occidentale |
0,14 |
0,13 |
0,11 |
0,21 |
0,23 |
0,60 |
0,34 |
0,44 |
0,68 |
0,32 |
-0,21 |
||
|
Belgique |
- |
- |
0,14 |
0,16 |
-0,18 |
1,28 |
0,20 |
0,16 |
0,93 |
0,38 |
-0,24 |
||
|
Danemark |
- |
-0,67 |
-0,22 |
0,30 |
0,17 |
0,03 |
0,04 |
-0,43 |
-0,71 |
-0,19 |
-0,03 |
||
|
Espagne |
- |
- |
0,04 |
-0,04 |
-0,08 |
0,14 |
0,12 |
0,08 |
-0,04 |
0,03 |
0,01 |
||
|
France |
-0,05 |
0,17 |
0,09 |
0,10 |
0,06 |
0,42 |
0,32 |
0,16 |
0,72 |
0,22 |
-0,13 |
||
|
Grèce |
- |
- |
- |
-0,03 |
-0,47 |
0,07 |
0,00 |
-0,23 |
-0,22 |
-0,15 |
- |
||
|
Irlande |
- |
- |
- |
0,30 |
- |
0,89 |
- |
0,10 |
0,70 |
0,50 |
- |
||
|
Italie |
- |
0,05 |
0,18 |
0,11 |
0,12 |
0,47 |
0,08 |
0,56 |
0,11 |
0,21 |
-0,03 |
||
|
Luxembourg |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,16 |
- |
- |
||
|
Pays-Bas |
0,98 |
0,90 |
0,26 |
1,21 |
0,53 |
1,99 |
1,42 |
0,88 |
1,12 |
1,03 |
-0,77 |
||
|
Portugal |
- |
- |
- |
0,02 |
-0,20 |
0,30 |
- |
-0,80 |
-0,02 |
-0,14 |
- |
||
|
Royaume-Uni |
0,13 |
0,24 |
0,07 |
0,13 |
0,31 |
0,42 |
0,41 |
0,36 |
0,49 |
0,28 |
-0,21 |
||
|
Europe (CEE-12) |
0,16 |
0,12 |
0,10 |
0,26 |
-0,02 |
0,48 |
0,34 |
0,26 |
0,36 |
0,23 |
-0,13 |
||
|
1 Chiffres correspondant aux branches: 1 Energie et eau.
2 Moyenne non pondérée de toutes les branches. 3 Points de pourcentage de variation de l'industrie métallurgique par rapport à la moyenne générale non pondérée. 4 Affiliés de la FIOM plus statistiques nationales. 5 Personnes travaillant entre 50 pour cent et 89 pour cent d'un temps complet. 6 1983-1992, ou données aussi proches que possible de ces années. a 1989. b 1990. c 1995. d Industries productrices.
| |||||||||||||
|
| |||||||||||||
Tableau 6.5. Emploi temporaire par branche, 1983-1992
|
| |||||||||||
|
Pays |
Emploi temporaire par branche, 1992 (pourcentage de l'ensemble de l'industrie)1
|
Moyenne
|
Variation
| ||||||||
|
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 | |||
|
| |||||||||||
|
Allemagne occidentale |
4,1 |
5,5 |
6,1 |
7,1 |
7,9 |
9,5 |
5,3 |
8,5 |
12,7 |
7,4 |
-1,3 |
|
Belgique |
- |
3,2 |
2,8 |
2,6 |
2,7a |
3,8 |
2,2 |
2,8 |
8,4 |
3,6 |
-0,8 |
|
Danemark |
- |
- |
8,6 |
7,4 |
13,7 |
11,3 |
5,1 |
5,4 |
14,7 |
9,5 |
-0,9 |
|
Espagne |
- |
24,2 |
25,3 |
34,2 |
59,1 |
41,2 |
20,9 |
28,0 |
24,9 |
32,2 |
-6,9 |
|
France |
3,1b |
6,8 |
6,4 |
9,0 |
10,4 |
10,2 |
5,8 |
8,1 |
13,9 |
8,2 |
-1,8 |
|
Grèce |
- |
7,9a |
5,8 |
7,8 |
33,3 |
11,9 |
7,2 |
6,8 |
6,8 |
10,9 |
-5,1 |
|
Irlande |
- |
- |
- |
5,3 |
11,6 |
10,6 |
- |
6,9 |
11,4 |
9,2 |
- |
|
Italie |
- |
2,8 |
4,1 |
5,4 |
11,2 |
8,4 |
3,1 |
6,5 |
6,3 |
6,0 |
-1,9 |
|
Luxembourg |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
3,9 |
3,9 |
- |
|
Pays-Bas |
12,0 |
3,4 |
5,0 |
8,1 |
3,7 |
10,8 |
5,2 |
6,1 |
9,0 |
7,0 |
-2,0 |
|
Portugal |
- |
8,1 |
15,9 |
10,7 |
16,2 |
14,4 |
8,6 |
10,5 |
8,0 |
11,6 |
4,4 |
|
Royaume-Uni |
4,5 |
3,5 |
3,4 |
3,1 |
6,5 |
5,0 |
2,9 |
3,9 |
7,8 |
4,5 |
-1,1 |
|
Europe (CEE-12) |
3,4 |
6,5 |
6,7 |
9,2 |
15,6 |
11,4 |
5,8 |
7,9 |
11,4 |
8,7 |
-2,0 |
|
| |||||||||||
|
Pays |
Evolution de la part de l'emploi temporaire, 1983-1992 (moyenne annuelle en points de pourcentage)1, 4
|
Moyenne
|
Variation
| ||||||||
|
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 | |||
|
| |||||||||||
|
Allemagne occidentale |
0,14 |
-0,01 |
-0,16 |
-0,24 |
-0,26 |
-0,36 |
0,01 |
0,01 |
-0,01 |
-0,10 |
-0,06 |
|
Belgique |
- |
0,05 |
0,02 |
-0,03 |
-0,08 |
-0,34 |
-0,06 |
-0,13 |
-0,06 |
-0,08 |
0,10 |
|
Danemark |
- |
- |
-0,23 |
-0,18 |
-0,33 |
-0,50 |
-0,34 |
-0,16 |
0,06 |
-0,24 |
0,01 |
|
Espagne |
- |
3,20 |
3,50 |
3,78 |
5,96 |
4,60 |
2,62 |
3,90 |
2,64 |
3,78 |
-0,28 |
|
France |
-0,05 |
0,52 |
0,38 |
0,51 |
0,58 |
0,47 |
0,52 |
0,48 |
1,34 |
0,53 |
-0,15 |
|
Grèce |
- |
-0,20 |
-0,41 |
-0,59 |
-1,61 |
-0,81 |
-0,33 |
-0,38 |
-0,12 |
-0,56 |
0,15 |
|
Irlande |
- |
- |
- |
0,15 |
0,40 |
0,38 |
- |
0,03 |
0,37 |
0,27 |
- |
|
Italie |
- |
0,16 |
0,34 |
0,27 |
-0,08 |
0,16 |
0,18 |
0,51 |
0,16 |
0,21 |
0,13 |
|
Luxembourg |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,06 |
- |
- |
|
Pays-Bas |
0,98 |
-0,29 |
0,29 |
0,50 |
-0,02 |
0,66 |
0,18 |
0,28 |
0,01 |
0,29 |
0,00 |
|
Portugal |
- |
-0,52 |
1,13 |
-1,05 |
-1,55 |
-0,37 |
0,63 |
0,70 |
-0,42 |
-0,18 |
1,31 |
|
Royaume-Uni |
0,13 |
0,13 |
0,11 |
0,02 |
-0,04 |
-0,44 |
0,08 |
0,02 |
0,10 |
0,01 |
0,10 |
|
Europe (CEE-12) |
0,16 |
0,30 |
0,22 |
0,28 |
0,62 |
0,16 |
0,30 |
0,22 |
0,28 |
0,28 |
-0,06 |
|
1 Chiffres correspondant aux branches: 1 Energie et eau.
2 Moyenne non pondérée de toutes les branches. 3 Points de pourcentage de variation de l'industrie métallurgique par rapport à la moyenne générale non pondérée. 4 1983-1992, ou données aussi proches que possible de ces années. a 1989. b 1991.
| |||||||||||
|
| |||||||||||
C'est en Espagne et au Portugal que le taux de croissance a été le plus élevé; récemment, il a baissé au Portugal en général mais il est demeuré élevé en Espagne. Dans ce pays, la libéralisation de la réglementation sur les contrats temporaires et la réglementation plus stricte des contrats permanents ont été déterminantes. L'emploi temporaire y est également un très mauvais moyen d'accéder à l'emploi permanent(12). Entre 1983 et 1992, le taux de croissance de l'emploi temporaire a été plus faible dans ce secteur que dans l'ensemble de l'économie en France, en Allemagne et en Espagne, tandis qu'il a été beaucoup plus élevé au Portugal.
Au Japon, comme dans l'Union européenne, c'est parmi les femmes que l'emploi à temps partiel est le plus répandu; en 1995, dans la construction mécanique, les femmes représentaient 90,5 pour cent des travailleurs à temps partiel. Elles sont aussi plus nombreuses à détenir un contrat de travail de durée limitée: en 1996, elles constituaient 80 pour cent de la main-d'œuvre temporaire dans la construction mécanique et les instruments de précision, et 56 pour cent dans la construction électrique. L'emploi temporaire est moins prédominant dans le secteur que l'emploi à temps partiel, contrairement à ce qui se passe dans l'Union européenne; la part de l'emploi à temps partiel dans ce secteur est en moyenne deux fois plus élevée au Japon que dans l'UE. Au cours des années quatre-vingt-dix, l'emploi à temps partiel s'est accru au Japon. Ainsi, en 1995, dans la construction mécanique en général, 7,6 pour cent des salariés travaillaient à temps partiel et, en 1996, la proportion des salariés temporaires était de 7 pour cent dans la construction électrique et de 3,3 pour cent dans la construction mécanique en général et dans la fabrication d'instruments de précision (voir tableau 6.6).
Tableau 6.6. Emploi temporaire et emploi à temps partiel au Japon, 1987-1996 (part en pourcentage de l'emploi total dans chaque secteur)
|
| ||||||
|
Emploi à temps partiel1 |
1987 |
1995 |
Emploi temporaire |
1996 | ||
|
| ||||||
|
Industries
|
Total
|
8,4
|
10,1
|
Industries
|
Total
|
5,8
|
|
Construction
|
Total
|
4,6
|
7,6a
|
Construction générale
|
Total
|
3,3
|
|
Instruments
|
Total
|
10,0
|
-
|
|||
|
Construction
|
Total
|
11,5
|
-
|
Construction
|
Total
|
7,0
|
|
1 La définition de l'emploi à temps partiel n'est pas identique en 1987 et en 1995. a Construction générale et construction électrique, instruments de précision et équipement de transport. Source: Trois études du ministère du Travail: Diversified employees, 1989; Real situation of part-timers, 1991; General Survey on part-time workers, 1997 (Tokyo, ministère du Travail); et Management and Coordination Agency: Annual report on the labour force survey, 1996 (Tokyo, Statistics Bureau, MCA, 1996). | ||||||
Contrairement à la situation qui prévaut d'ordinaire pour les travailleurs temporaires (moins qualifiés), l'exemple de Silicon Valley, en Californie, montre comment ces aménagements du travail, établis dans un esprit d'entreprise, peuvent offrir de brillantes perspectives de carrière aux personnes hautement qualifiées (voir encadré 6.3). Cependant, une étude de cas concernant trois usines électroniques en Irlande appartenant à des entreprises américaines illustre bien les inconvénients qu'il y a à recourir trop lourdement à du personnel temporaire(13). L'une des entreprises a recruté jusqu'à 70 pour cent des travailleurs de la production sur une base temporaire, contre moins de 10 pour cent pour les deux autres. Les économies n'ont été que marginales car les coûts de main-d'œuvre représentaient 15 à 20 pour cent des ventes nettes. C'était une manière un peu grossière d'obtenir que les travailleurs fassent des heures supplémentaires et, indirectement, d'exercer un contrôle sur le personnel permanent. Cependant, de graves problèmes se sont posés: il a fallu dispenser une formation sur une plus grande échelle et faire des efforts pour maintenir la motivation de la main-d'œuvre permanente.
|
Encadré 6.3
La Silicon Valley et ses entreprises de haute technologie donnent le ton. La mondialisation des marchés a obligé les entreprises à donner beaucoup d'importance à la flexibilité. Les contrats hors normes rendent les travailleurs plus vulnérables aux fluctuations économiques et ils impliquent souvent non seulement une plus grande précarité de l'emploi, mais aussi des salaires plus faibles. Cependant, dans la Silicon Valley, une minorité encore faible mais non négligeable de travailleurs sont au bénéfice de ce type de contrats non traditionnels. Pour cette minorité, la flexibilité représente une nouvelle forme d'esprit d'entreprise, puisqu'elle lui permet de mettre sur le marché son portefeuille de compétences auprès de plusieurs acheteurs. Par ailleurs, sur un marché où les compétences deviennent très vite obsolètes, cette formule diminue les risques en retirant la formation des mains des employeurs. Ainsi, dans le comté de Santa Clara, diverses formes d'emploi flexible se sont accrues entre 1984 et 1995. Il en résulte que les estimations concernant l'emploi flexible vont de 40 à 27 pour cent de l'emploi total en 1995. Dans tous les cas, ce type d'emploi s'est développé deux fois et demie à cinq fois plus vite que l'emploi total. Pour certaines entreprises, le recours à une aide temporaire est devenu une stratégie permanente. La fourniture de main-d'œuvre technique et professionnelle s'est accrue très rapidement car les besoins n'étaient plus centrés sur les emplois administratifs et l'industrie légère. En 1989, les techniciens et travailleurs apparentés représentaient 13 pour cent de la main-d'œuvre temporaire, soit près du triple de la moyenne nationale, et les spécialistes 6 pour cent, soit le double. Ceci explique que, dans les entreprises de haute technologie, les taux de renouvellement de la main-d'œuvre sont très élevés, soit 15 à 25 pour cent par an, notamment parmi les travailleurs hautement qualifiés. Les jeunes entreprises offrent de bonnes possibilités aux travailleurs créatifs. L'emploi temporaire débouche sur des contrats permanents dans 20 à 40 pour cent des cas, sauf pour les travailleurs hautement qualifiés qui sont souvent recrutés sur la base d'un projet spécifique et préfèrent parfois ce type de flexibilité. Les directeurs conçoivent donc des stratégies pour rendre ce segment de la main-d'œuvre moins flexible; mais la disparité est moins grande entre les deux extrémités de la hiérarchie qu'elle ne le serait avec une production juste-à-temps. Cette «culture du temporaire» engendre cependant beaucoup d'angoisse. Une entreprise a fait savoir que 10 pour cent de son personnel avait eu recours aux services de conseils de l'entreprise pour gérer la situation. Il est donc possible que le milieu et la base de la hiérarchie de la main-d'œuvre préfèrent une plus grande sécurité de l'emploi, tandis que les travailleurs hautement qualifiés préfèrent une plus grande flexibilité. S'agissant des travailleurs les moins qualifiés, l'importance de l'élément temporaire dans les contrats profite à l'entreprise beaucoup plus qu'aux travailleurs; les gardiens en sont un bon exemple. Inversement, les personnes hautement qualifiées disposant de bons réseaux personnels ont de brillantes perspectives de carrière; elles mettent à profit leur mobilité interentreprises pour acquérir de l'expérience et demander des salaires plus élevés. Source: M. Carnoy, M. Castells et C. Benner: «Les marchés de l'emploi et les pratiques en matière d'emploi à l'ère de la flexibilité: étude de cas de la Silicon Valley», Revue internationale du Travail, vol. 136, no 1, printemps 1997, pp. 29-54. |
6.3. Le renouvellement de la main-d'œuvre
Les modèles d'emploi flexible et le recours plus large au personnel temporaire soulèvent la question de l'accélération du renouvellement de la main-d'œuvre. Une étude de l'OCDE sur la précarité de l'emploi montre que la permanence auprès du même employeur est relativement élevée dans l'industrie manufacturière en général -- la moyenne non pondérée de l'OCDE était de 10,5 ans en 1995 -- , la période d'occupation des postes des hommes étant plus longue que celle des femmes (8,4 ans en moyenne pour ces dernières contre 10,4 pour les premiers) (voir tableau S, The industry in numbers). La période d'occupation de leur poste par les conducteurs de machines et les ouvriers de l'assemblage est également assez longue par rapport à celle d'autres professions; c'est au Luxembourg qu'elle est la plus longue (13,3 ans) et en République de Corée qu'elle est la plus courte (4,6 ans). Le recours à la flexibilité externe varie selon les pays. Lorsque l'on évalue les différences dans la répartition de l'emploi par âge, par sexe et par catégorie professionnelle, on constate que c'est aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni, suivis du Canada et du Danemark, que la période d'occupation des postes est la plus courte. C'est en Italie, puis en Belgique, au Portugal et en France qu'elle est la plus longue(14). Cependant, on n'a pu observer aucune tendance générale à une diminution de la durée d'occupation des postes chez un même employeur. On a observé en revanche une tendance constante dans tous les pays au faible taux de maintien en fonctions et même à la diminution de l'ancienneté dans l'emploi des travailleurs les moins instruits et les moins qualifiés, ce qui concorde avec la tendance à instaurer des systèmes de travail plus flexibles, exigeant un rendement élevé et davantage de compétences.
Cependant, il faut comparer cette tendance à l'instabilité relativement élevée des emplois de courte durée de ceux qui essaient de rétablir une relation d'emploi. Les taux de maintien en fonctions et de durée moyenne d'occupation des postes de ceux qui sont déjà pourvus d'un emploi ne tiennent pas compte de ce type d'instabilité. En 1995, les taux de cessation d'activité avant la fin de la deuxième année d'emploi parmi les travailleurs entrés moins d'un an auparavant dans une entreprise se situaient entre 20 pour cent au Luxembourg et 85 pour cent en Espagne, avec une moyenne de 43 pour cent pour les pays de l'OCDE. Entre 1985 et 1995, le renouvellement à court terme s'est beaucoup accru en Espagne, un peu en Australie, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis; il est demeuré stable en Finlande et s'est réduit quelque peu au Canada (voir tableau 6.7). Cependant, ces données sont très sensibles aux cycles économiques et les observations ne sont pas encore assez nombreuses pour que l'on corrige cet effet.
Il semble aussi qu'un plus grand recours à la flexibilité externe se soit traduit, ces dernières années(15), par un alignement plus étroit des cycles du chômage et de l'activité économique dans de nombreux pays de l'OCDE. On peut en outre s'attendre à ce que cela réduise la variabilité de la productivité du travail, comme cela a été observé au Royaume-Uni par exemple(16). Une étude britannique a montré que les entreprises les plus flexibles étaient les mieux adaptées aux chocs de la demande s'agissant d'ajuster l'apport de travail (emploi et heures), tandis que les entreprises manufacturières en général préfèrent accroître les heures ou l'utilisation de leurs capacités(17).
6.4. La dimension hommes/femmes
La construction mécanique emploie depuis toujours relativement peu de femmes. La part des femmes dans la main-d'œuvre est généralement plus faible dans la fabrication de machines non électriques que dans la construction électrique et l'industrie électronique (voir tableaux 6.8 et 6.9). Dans le secteur des machines non électriques, vient en tête pour le recrutement de femmes la Malaisie (36 pour cent), suivie de Taiwan, Chine (34 pour cent), et de Porto Rico (32 pour cent). Cette proportion a augmenté ou est restée stable dans la plupart des pays et territoires, exception faite de l'Autriche, de la Hongrie, de Porto Rico et de la République tchèque, où elle a diminué. L'augmentation a été particulièrement rapide en Thaïlande, à Macao, en Malaisie et à Taiwan, Chine. Au contraire, dans le secteur, plus féminisé, des machines électriques, la part des femmes a plus souvent diminué. C'est à Macao, en Turquie et en Nouvelle-Zélande que l'augmentation a été la plus rapide; à Macao, la part des femmes a atteint 74 pour cent, soit le maximum enregistré dans ce secteur, en Malaisie 71 pour cent et en Nouvelle-Zélande 57 pour cent. La répartition par sexe de la main-d'œuvre semble donc aller dans le même sens dans les différents sous-secteurs de la construction mécanique.
Il ressort de l'une des rares études qui ont examiné la dimension hommes/femmes des horaires de travail que la tendance à un assouplissement de ces horaires présente des différences très nettes selon le sexe(18). Alors que pour les femmes la flexibilité passe par le travail à temps partiel et le travail occasionnel, pour les hommes elle se traduit par le nombre des heures supplémentaires effectuées et par un réaménagement du travail posté. Il y a aussi des différences entre les sexes et entre les secteurs dans la manière dont la flexibilité s'est réalisée. Alors que, pour les femmes, cela s'est traduit essentiellement par une progression du temps partiel et du travail occasionnel, pour les hommes, cela a davantage pris la forme de nouveaux arrangements contractuels et d'un réaménagement du temps de travail avec, par exemple, l'apparition de nouvelles formes de travail posté. On a toutefois constaté peu de cas de substitution par l'un ou l'autre sexe pour répondre à des exigences d'horaires, comme le fait de recruter des femmes pour les tâches qui se prêtent le mieux à un travail à temps partiel ou d'embaucher des hommes, en cas d'horaires incommodes, pour les travaux qui sont normalement confiés à des femmes. On a préféré recourir à d'autres systèmes.
Dans l'industrie manufacturière en général, pour tenir compte des fluctuations saisonnières ou conjoncturelles de la demande, on a donc généralement eu recours, du fait de la répartition par sexe de la main-d'œuvre de ce secteur, aux heures supplémentaires et à de nouvelles formes de travail posté. Pour ce qui est de la répartition par sexe, elle est essentiellement déterminée, dans la plupart des cas, par le système de discrimination professionnelle. Dans les établissements et les professions qui sont dominés par les hommes, la semaine de travail normale et un recours important et régulier aux heures supplémentaires constituent des contraintes beaucoup plus fortes. C'est pourquoi, dans le secteur manufacturier en général, les femmes sont sous-représentées là où les horaires de travail sont peu commodes, au contraire de ce qui se passe dans d'autres secteurs comme celui des services.
Tableau 6.7. Durée d'occupation des postes à court terme et renouvellement, 1980-1995
|
| ||||||||||||
|
Pays |
Ancienneté inférieure à un an (en pourcentage de l'emploi) |
Ancienneté moyenne (années) |
Taux de départ entre la première et la deuxième année d'emploi (en pourcentage du recrutement estimé) | |||||||||
|
|
|
|
| |||||||||
|
1980 |
1985 |
1990 |
1995 |
1980 |
1985 |
1990 |
1995 |
1980 |
1985 |
1990 |
1995 | |
|
| ||||||||||||
|
Allemagne |
- |
11,3i |
11,2l |
9,8n |
- |
9,8l |
10,2l |
10,8n |
- |
25,0i |
24,0l |
27,2n |
|
Australie |
22,3a, f |
26,6j |
22,7m |
25,2o |
6,6a, f |
5,5j |
6,3m |
6,4o |
- |
46,9j |
38,9m |
49,7o |
|
Canada |
26,4 |
25,7 |
26,0 |
22,7 |
7,0 |
7,4 |
7,2 |
7,9 |
52,1 |
58,2 |
52,0 |
53,0 |
|
Espagne |
- |
15,2a, k |
24,6 |
24,8 |
- |
11,5a, k |
9,1 |
9,1 |
- |
15,6k |
62,4 |
85,0 |
|
Etats-Unis1 |
28,2e |
27,3h |
28,8m |
26,0o |
7,1e |
7,5h |
7,2m |
7,4o |
58,9h |
60,5k |
63,4c, m |
65,9d, o |
|
Finlande |
17,9 |
18,5 |
18,7 |
18,0 |
7,9 |
8,4 |
8,4 |
9,2 |
44,9b |
46,2b |
31,5b |
45,1b |
|
France |
13,8g |
12,2 |
16,7 |
14,4 |
9,5g |
10,1 |
9,7 |
10,4 |
- |
- |
- |
- |
|
Japon |
10,4 |
9,4 |
9,8 |
7,6 |
9,3 |
10,3 |
10,9 |
11,3 |
- |
- |
- |
- |
|
Pays-Bas |
- |
11,6 |
20,3 |
13,1n |
- |
9,4 |
8,2 |
9,6n |
- |
- |
- |
- |
|
Royaume-Uni |
- |
17,7 |
21,2 |
18,6 |
- |
8,3 |
7,8 |
8,3 |
- |
40,5 |
43,3 |
42,9 |
|
1 Les données pour 1991 et 1996 concernent uniquement les ouvriers et employés, tandis que les données pour 1978, 1983 et 1987, ainsi que celles qui portent sur une ancienneté inférieure à un an en 1991, concernent toutes les personnes pourvues un emploi.
| ||||||||||||
Tableau 6.8. Fabrication de machines non électriques. Part des femmes dans la main-d'œuvre totale (CITI 382, Rev.2), 1985-1996
|
| |||||||||||||
|
Pays |
1985 |
1986 |
1987 |
1988 |
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
Année
|
|
| |||||||||||||
|
Pays à revenu élevé de l'OCDE | |||||||||||||
|
Allemagne occidentale |
16,7 |
16,6 |
16,3 |
16,4 |
16,9 |
16,7 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,01 |
|
Australie |
15,2 |
- |
18,7 |
17,8 |
18,5 |
18,6 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,68 |
|
Autriche |
13,9 |
13,6 |
13,3 |
13,1 |
12,7 |
12,7 |
12,2 |
12,9 |
12,9 |
12,8 |
- |
- |
-0,12 |
|
Belgique |
9,5 |
9,2 |
9,1 |
9,3 |
9,1 |
9,4 |
9,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
0,05 |
|
Canada |
15,5 |
15,6 |
16,3 |
15,4 |
15,9 |
15,5 |
15,9 |
- |
- |
- |
- |
- |
0,07 |
|
République de Corée |
16,7 |
18,3 |
16,3 |
17,4 |
16,2 |
16,0 |
18,9 |
17,4 |
18,4 |
18,4 |
- |
- |
0,18 |
|
Danemark |
18,4 |
18,8 |
19,8 |
- |
- |
20,8 |
20,7 |
21,0 |
- |
- |
- |
- |
0,38 |
|
Espagne |
6,8 |
5,8 |
8,3 |
10,3 |
12,3 |
8,8 |
8,9 |
10,0 |
- |
- |
- |
- |
0,45 |
|
Etats-Unis |
22,1 |
22,1 |
22,4 |
21,9 |
21,9 |
21,7 |
21,8 |
21,8 |
21,8 |
21,7 |
21,6 |
21,6 |
-0,04 |
|
Finlande |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Irlande |
- |
- |
- |
28,9 |
27,6 |
28,3 |
28,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,01 |
|
Luxembourg |
7,1 |
7,5 |
7,4 |
8,0 |
7,5 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,12 |
|
Nouvelle-Zélande |
- |
- |
- |
12,3 |
11,4 |
12,8 |
13,3 |
13,3 |
12,4 |
- |
- |
- |
0,02 |
|
Pays-Bas |
- |
- |
- |
- |
- |
10,8 |
12,4 |
11,0 |
10,1 |
9,5 |
- |
- |
-0,32 |
|
Portugal |
12,1 |
13,6 |
12,7 |
- |
- |
16,0 |
17,1 |
17,5 |
18,4 |
19,0 |
- |
- |
0,76 |
|
Royaume-Uni |
16,7 |
16,5 |
16,8 |
16,9 |
16,9 |
16,9 |
- |
16,8 |
- |
- |
- |
- |
0,01 |
|
Suède |
16,9 |
17,1 |
16,8 |
17,9 |
17,9 |
17,7 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,15 |
|
Pays ou territoires à revenu élevé extérieurs à l'OCDE | |||||||||||||
|
Bermudes |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Chypre |
7,0 |
7,0 |
9,2 |
9,5 |
12,3 |
13,4 |
12,3 |
14,8 |
13,5 |
14,2 |
- |
- |
0,80 |
|
Hong-kong2, * |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
79,4 |
75,7 |
72,3 |
70,8 |
74,6 |
79,1 |
-0,08 |
|
Macao |
- |
- |
- |
5,3 |
4,6 |
5,8 |
11,7 |
18,6 |
13,1 |
20,0 |
- |
- |
2,44 |
|
Singapour |
20,8 |
20,4 |
22,5 |
22,8 |
24,5 |
24,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,78 |
|
Taiwan, Chine |
18,0 |
20,0 |
23,0 |
26,2 |
30,3 |
33,2 |
33,5 |
33,5 |
34,1 |
- |
- |
- |
2,01 |
|
Pays à revenu moyen supérieur | |||||||||||||
|
Chili |
1,7 |
2,4 |
- |
- |
5,1 |
5,6 |
4,5 |
4,6 |
3,4 |
- |
- |
- |
0,22 |
|
Croatie |
- |
- |
- |
- |
- |
15,2 |
14,8 |
14,5 |
14,8 |
14,9 |
- |
- |
-0,09 |
|
Hongrie |
26,4 |
26,0 |
26,4 |
25,2 |
23,8 |
22,8 |
- |
18,5 |
18,6 |
- |
- |
- |
-0,97 |
|
Malaisie |
17,3 |
16,7 |
17,6 |
19,6 |
19,2 |
25,2 |
33,7 |
34,2 |
35,8 |
- |
- |
- |
2,32 |
|
Malte |
2,6 |
- |
- |
- |
- |
2,8 |
2,9 |
5,3 |
5,2 |
- |
- |
- |
0,33 |
|
Maurice |
4,0 |
4,4 |
4,3 |
3,7 |
3,9 |
5,6 |
5,6 |
4,5 |
4,8 |
5,7 |
5,6 |
5,6 |
0,14 |
|
Porto Rico |
- |
- |
- |
40,6 |
26,9 |
38,7 |
36,1 |
34,2 |
31,7 |
31,5 |
- |
- |
-1,52 |
|
Slovénie4 |
14,0 |
14,0 |
14,1 |
14,2 |
15,2 |
15,9 |
15,2 |
9,7 |
14,4 |
- |
- |
- |
0,04 |
|
République tchèque3 |
- |
- |
- |
- |
31,1 |
31,8 |
31,1 |
26,2 |
26,3 |
- |
- |
- |
-1,20 |
|
Pays à revenu moyen inférieur | |||||||||||||
|
Colombie |
- |
- |
13,5 |
13,9 |
14,0 |
- |
14,1 |
- |
- |
- |
- |
- |
0,14 |
|
Cuba5 |
25,6 |
26,9 |
27,3 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,85 |
|
Fidji |
3,9 |
5,9 |
6,3 |
6,7 |
7,8 |
7,7 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,75 |
|
Iran, Rép. islamique d' |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
2,4 |
2,9 |
2,8 |
- |
- |
- |
0,18 |
|
Jordanie |
1,0 |
2,1 |
2,3 |
3,6 |
4,6 |
4,3 |
3,5 |
3,0 |
2,8 |
4,7 |
- |
- |
0,41 |
|
Macédoine, ex-République yougoslave de |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
Panama |
8,4 |
- |
- |
- |
9,3 |
10,1 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,34 |
|
Philippines |
- |
- |
- |
9,6 |
12,0 |
12,4 |
14,1 |
13,4 |
15,1 |
- |
- |
- |
1,10 |
|
Ex-Tchécoslovaquie3 |
15,7 |
16,6 |
15,9 |
15,5 |
15,5 |
15,1 |
15,9 |
- |
- |
- |
- |
- |
0,03 |
|
Thaïlande |
- |
17,0 |
- |
22,7 |
10,6 |
16,0 |
29,9 |
- |
- |
- |
- |
- |
2,58 |
|
Turquie |
2,5 |
5,2 |
5,3 |
6,4 |
5,2 |
5,7 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,65 |
|
Pays à faible revenu | |||||||||||||
|
Bangladesh |
0,9 |
0,2 |
0,7 |
0,6 |
0,9 |
2,0 |
1,4 |
1,0 |
- |
- |
- |
- |
0,03 |
|
Chine |
- |
- |
- |
- |
- |
35,9 |
37,3 |
- |
- |
- |
- |
- |
1,40 |
|
Ethiopie et Erythrée |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Inde |
2,3 |
1,9 |
2,1 |
2,1 |
2,3 |
2,3 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,00 |
|
Kenya |
- |
- |
0,4 |
- |
2,2 |
2,2 |
1,9 |
2,0 |
1,9 |
- |
- |
- |
0,25 |
|
Népal |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
Sri Lanka |
6,9 |
7,3 |
- |
7,1 |
16,4 |
8,2 |
19,4 |
- |
4,8 |
13,2 |
11,8 |
- |
0,49 |
|
Zimbabwe6 |
3,5 |
3,2 |
3,2 |
3,6 |
3,7 |
3,5 |
3,6 |
3,8 |
4,4 |
6,3 |
- |
- |
0,31 |
|
1 Variation annuelle moyenne en pourcentage. 2 CITI 382-383. 3 En 1993, la Tchécoslovaquie a été divisée en deux pays: la République tchèque et la Slovaquie. 4 En 1992, la Yougoslavie a été divisée en plusieurs pays: Bosnie-Herzégovine, Croatie, ex-République yougoslave de Macédoine, Slovénie et République fédérative de Yougoslavie. 5 CITI 382, 384-385. 6 CITI 381-382. * Avant le 1er juillet 1997. Source: Tableau établi à partir de la base de données de l'ONUDI: Industrial Statistics, 1997; et de plusieurs volumes de l'Annuaire des statistiques du travail du BIT (Genève). | |||||||||||||
|
| |||||||||||||
Tableau 6.9. Fabrication de machines électriques. Part des femmes dans la main-d'œuvre totale (CITI 383, Rev.2), 1985-1996
|
| |||||||||||||
|
Pays |
1985 |
1986 |
1987 |
1988 |
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
Année
|
|
| |||||||||||||
|
Pays à revenu élevé de l'OCDE | |||||||||||||
|
Allemagne occidentale |
38,3 |
38,0 |
37,6 |
37,7 |
37,5 |
37,7 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,13 |
|
Australie |
35,1 |
- |
30,6 |
31,3 |
32,3 |
30,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,86 |
|
Autriche |
36,1 |
36,1 |
35,5 |
35,3 |
35,7 |
35,7 |
34,6 |
32,5 |
31,9 |
31,5 |
- |
- |
-0,51 |
|
Belgique |
30,4 |
31,7 |
30,3 |
29,9 |
30,2 |
29,6 |
28,5 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,31 |
|
Canada |
36,8 |
36,0 |
36,1 |
37,2 |
35,7 |
36,6 |
35,1 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,29 |
|
République de Corée |
50,9 |
56,3 |
54,2 |
50,0 |
47,9 |
49,1 |
46,4 |
45,3 |
44,6 |
45,4 |
- |
- |
-0,61 |
|
Danemark |
38,0 |
38,0 |
38,6 |
- |
- |
39,1 |
38,3 |
37,9 |
- |
- |
- |
- |
-0,01 |
|
Espagne |
21,3 |
20,6 |
22,5 |
20,4 |
21,9 |
23,9 |
22,3 |
21,3 |
- |
- |
- |
- |
-0,01 |
|
Etats-Unis |
41,9 |
41,7 |
41,7 |
42,8 |
42,9 |
42,7 |
42,4 |
42,4 |
42,3 |
42,1 |
41,8 |
41,4 |
-0,04 |
|
Finlande |
41,1 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
Irlande |
- |
- |
- |
53,4 |
53,5 |
52,5 |
51,4 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,70 |
|
Luxembourg2 |
39,3 |
38,5 |
38,9 |
40,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,50 |
|
Nouvelle-Zélande |
- |
- |
- |
28,2 |
36,8 |
33,5 |
33,6 |
33,0 |
34,3 |
- |
- |
- |
1,22 |
|
Pays-Bas |
- |
- |
- |
- |
- |
17,3 |
15,6 |
18,4 |
17,3 |
20,0 |
- |
- |
0,68 |
|
Portugal |
46,7 |
45,8 |
46,3 |
- |
- |
44,6 |
49,8 |
52,3 |
54,1 |
57,2 |
- |
- |
1,17 |
|
Royaume-Uni |
29,6 |
29,8 |
30,0 |
30,0 |
30,0 |
29,9 |
- |
31,9 |
- |
- |
- |
- |
0,32 |
|
Suède |
33,8 |
33,8 |
34,1 |
34,5 |
36,1 |
34,5 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,16 |
|
Pays ou territoires à revenu élevé extérieurs à l'OCDE | |||||||||||||
|
Bermudes |
- |
- |
- |
- |
- |
33,3 |
33,3 |
21,1 |
25,0 |
23,5 |
- |
- |
-2,45 |
|
Chypre |
43,1 |
41,6 |
42,3 |
40,7 |
32,6 |
34,4 |
34,7 |
35,8 |
37,6 |
34,8 |
- |
- |
-0,92 |
|
Hong-kong3, * |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
79,4 |
75,7 |
72,3 |
70,6 |
74,6 |
79,1 |
-0,08 |
|
Macao |
43,4 |
- |
- |
66,1 |
65,1 |
66,8 |
73,5 |
71,7 |
75,2 |
74,2 |
- |
- |
3,42 |
|
Singapour |
72,3 |
73,6 |
73,9 |
72,4 |
72,1 |
71,0 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,26 |
|
Taiwan, Chine |
58,9 |
59,4 |
58,2 |
57,6 |
56,7 |
55,8 |
55,4 |
54,4 |
54,2 |
- |
- |
- |
-0,59 |
|
Pays à revenu moyen supérieur | |||||||||||||
|
Chili |
13,0 |
12,3 |
- |
- |
13,3 |
12,1 |
12,2 |
13,5 |
13,2 |
- |
- |
- |
0,03 |
|
Croatie |
- |
- |
- |
- |
- |
39,0 |
39,5 |
39,5 |
39,1 |
39,3 |
- |
- |
0,09 |
|
Hongrie |
47,4 |
47,4 |
47,3 |
47,6 |
46,3 |
45,0 |
- |
44,3 |
45,8 |
- |
- |
- |
-0,20 |
|
Malaisie |
73,7 |
75,9 |
76,6 |
78,0 |
77,2 |
75,4 |
72,7 |
73,3 |
71,3 |
- |
- |
- |
-0,30 |
|
Malte |
38,5 |
- |
- |
- |
- |
36,2 |
36,2 |
44,9 |
43,1 |
- |
- |
- |
0,58 |
|
Maurice |
26,1 |
21,4 |
21,0 |
21,8 |
21,1 |
25,5 |
26,0 |
16,1 |
18,5 |
19,5 |
21,6 |
25,4 |
-0,07 |
|
Porto Rico |
- |
- |
- |
51,5 |
60,9 |
61,0 |
58,9 |
58,9 |
57,7 |
54,4 |
- |
- |
0,49 |
|
Slovénie5 |
53,0 |
52,5 |
51,6 |
51,5 |
51,4 |
50,8 |
50,4 |
49,2 |
48,4 |
- |
- |
- |
-0,57 |
|
République tchèque4 |
- |
- |
- |
- |
50,0 |
48,0 |
49,5 |
44,6 |
44,6 |
- |
- |
- |
-1,35 |
|
Pays à revenu moyen inférieur | |||||||||||||
|
Colombie |
- |
- |
30,6 |
30,8 |
32,8 |
- |
30,6 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,01 |
|
Cuba |
55,3 |
55,1 |
57,8 |
58,2 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,97 |
|
Fidji |
3,5 |
4,3 |
5,4 |
6,3 |
4,4 |
7,2 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,75 |
|
Iran, Rép. islamique d' |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Jordanie |
21,0 |
22,3 |
12,6 |
11,8 |
25,1 |
12,0 |
12,0 |
9,6 |
8,2 |
16,0 |
- |
- |
-0,56 |
|
Macédoine, ex-République yougoslave de |
30,0 |
27,3 |
27,3 |
27,3 |
27,3 |
27,3 |
27,3 |
30,0 |
30,0 |
33,3 |
22,2 |
28,6 |
-0,13 |
|
Panama |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
|
|
Philippines |
- |
- |
- |
63,8 |
66,0 |
64,8 |
69,4 |
72,7 |
66,5 |
- |
- |
- |
0,54 |
|
Ex-Tchécoslovaquie2 |
34,3 |
35,3 |
33,9 |
33,8 |
33,4 |
32,1 |
33,4 |
- |
- |
- |
- |
- |
-0,15 |
|
Thaïlande |
- |
51,9 |
- |
43,1 |
58,4 |
40,6 |
46,4 |
- |
- |
- |
- |
- |
-1,09 |
|
Turquie |
11,9 |
20,6 |
21,2 |
19,5 |
22,4 |
22,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
2,19 |
|
Pays à faible revenu | |||||||||||||
|
Bangladesh |
1,9 |
2,7 |
2,1 |
2,1 |
3,2 |
2,9 |
2,1 |
2,7 |
- |
- |
- |
- |
0,11 |
|
Chine |
- |
- |
- |
- |
- |
47,2 |
47,8 |
- |
- |
- |
- |
- |
0,64 |
|
Ethiopie et Erythrée |
14,6 |
16,7 |
18,2 |
18,3 |
16,1 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,37 |
|
Inde |
8,2 |
8,4 |
8,2 |
8,8 |
6,5 |
9,4 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
0,24 |
|
Kenya |
- |
- |
3,5 |
13,0 |
8,2 |
7,0 |
6,7 |
6,8 |
6,8 |
- |
- |
- |
0,55 |
|
Népal |
- |
2,3 |
1,1 |
7,8 |
9,1 |
2,7 |
6,6 |
- |
3,0 |
- |
- |
- |
0,09 |
|
Sri Lanka |
21,7 |
24,2 |
- |
31,4 |
39,1 |
41,3 |
49,1 |
- |
70,7 |
67,8 |
69,2 |
- |
4,75 |
|
Zimbabwe |
5,3 |
6,7 |
6,5 |
7,9 |
7,6 |
7,1 |
8,3 |
7,1 |
7,2 |
6,8 |
- |
- |
0,18 |
|
1 Variation annuelle moyenne en pourcentage. 2 CITI 383, 385. 3 CITI 382-383. 4 En 1993, la Tchécoslovaquie a été divisée en deux pays: la République tchèque et la Slovaquie. 5 En 1993, la Yougoslavie a été divisée en plusieurs pays: Bosnie-Herzégovine, Croatie, ex-République yougoslave de Macédoine, Slovénie et République fédérative de Yougoslavie. * Avant le 1er juillet 1997. Source: Ibid. | |||||||||||||
|
| |||||||||||||
On en vient à se demander si les horaires de travail classiques n'ont pas un effet inhibiteur sur la déségrégation professionnelle. Par exemple, si pour les hommes la flexibilité se traduit par des heures supplémentaires, l'annualisation du temps de travail ou le travail posté, les femmes ne seront guère tentées de se porter candidates pour ce genre de travail car il est plus difficile de concilier des horaires incommodes, variables et longs avec des responsabilités familiales. Pour ce qui est des hommes, ce type d'horaire risque de décourager tout changement dans la répartition des tâches au sein de la famille, même si en fin de compte ils font moins d'heures de travail(19).
Cette étude est également révélatrice par l'absence de différences qu'elle constate. Par exemple, on ne peut pas vraiment dire que les horaires des femmes sont aménagés de manière à tenir compte de leurs préférences ou de leurs contraintes ménagères, exception faite de la durée totale du travail. Autrement dit, les préférences des travailleurs influent essentiellement sur le choix entre différents emplois, sans déterminer directement l'aménagement du temps de travail dans un travail donné; une fois l'emploi ou l'entreprise choisis, ils n'ont guère la possibilité de renégocier leur horaire, même si leur situation familiale a changé entre-temps. Par conséquent, les femmes qui doivent s'occuper d'un enfant doivent constamment modifier leur programme en fonction de leur travail, au lieu que ce soit l'inverse. En fait, il est très rare qu'un employeur aménage les horaires de travail en fonction des besoins ou des préférences personnels, qu'il s'agisse des hommes ou des femmes. C'est beaucoup plus en fonction des normes établies ou escomptées pour chaque sexe que l'horaire est fixé.
Avant la montée du chômage à la fin des années quatre-vingt, alors que les jeunes, pour des raisons démographiques, étaient moins nombreux à accéder au marché du travail, les entreprises ont adopté de nouveaux modes d'organisation du temps de travail pour attirer davantage les femmes (droit à une interruption de carrière, travail à temps partiel et horaire flexible), mais aujourd'hui, avec la conjoncture qui règne sur le marché du travail, ce qui domine c'est le besoin de souplesse des employeurs et leur volonté de réduire les coûts de production(20).
6.5. Préretraite et retraite progressive
Dans les années quatre-vingt, le taux d'activité des hommes de plus de 55 ans dans l'Union européenne a fortement baissé avec la multiplication des départs en préretraite. Pour la direction d'une entreprise, ce système est le moyen le moins contesté pour se séparer des travailleurs dont le maintien reviendrait trop cher comparé au recrutement de travailleurs plus jeunes, et il lui permet d'accroître sa marge de manœuvre en rappelant que l'âge est un frein à l'innovation(21). Dans certains pays, des accords d'entreprise viennent encourager le départ des travailleurs en préretraite, parfois dans le cadre d'un plan social, comme moyen de réduire le chômage.
Toutefois, il y a peu de possibilités de départs en préretraite lorsque l'entreprise n'a pas investi suffisamment dans la formation. Aux Etats-Unis, par exemple, la moyenne d'âge des machinistes est de 62 ans dans le secteur des machines-outils. En outre, ce secteur est confronté à une grave pénurie de main-d'œuvre qualifiée due à une absence d'investissement dans la formation, contrairement à ce qui se passe chez ses concurrents allemand et japonais. Les entreprises de ce secteur ont mis fin l'une après l'autre à leur programme d'apprentissage, en partie à cause du caractère cyclique des affaires, qu'elles ont gérées par des licenciements et des rappels massifs, mais aussi parce qu'elles pensaient pouvoir remplacer des machinistes qualifiés par des outils sophistiqués. Les compétences et, par implication, le savoir concernant le procédé de fabrication accumulé sur des années sont devenus des produits jetables. Aujourd'hui, les Etats-Unis forment quatre fois moins de machinistes qualifiés, en pourcentage de la population, que l'Allemagne avec son système d'apprentissage en entreprise(22).
Les systèmes de retraite partielle offrent une autre solution qui est parfois liée à l'obligation de recruter une personne au chômage ou un stagiaire. Mais le système de préretraite subventionnée, utilisé pour libérer des emplois pour les jeunes et les chômeurs, a été abandonné récemment en raison de son coût de plus en plus grand. Dans les pays de l'Union européenne, les sorties du monde du travail se sont toutefois poursuivies et ont touché des travailleurs plus jeunes. C'est ainsi qu'en 1995 la moitié seulement des hommes âgés de 55 ans et plus faisaient encore partie de la population active dans l'Union européenne, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où les deux tiers en font encore partie, et au Japon où ils représentent 85 pour cent. En outre, beaucoup de ceux qui partent en préretraite ont un niveau d'instruction relativement bas. Au contraire, pour les femmes de 55 ans et plus de l'Union européenne, la tendance aux départs en préretraite a été compensée par une augmentation de leur taux d'activité même pendant la récession enregistrée au début des années quatre-vingt-dix. Toutefois, en 1995, dans l'Union européenne, le taux d'activité moyen était nettement inférieur à celui des Etats-Unis et du Japon, où il atteignait près de 49 pour cent(23).
6.6. Objectif: réduire le chômage
Avec la montée du chômage, on a insisté davantage sur la préservation et la création d'emplois, en plus des questions de bien-être, comme argument en faveur d'une réduction du temps de travail et de la vie professionnelle qui serait accompagnée d'une plus grande flexibilité. En Suisse, par exemple, une diminution de la durée moyenne du travail avec le passage de la semaine de 42 heures à la semaine de 40 heures permettrait de créer 83 000 emplois, soit pratiquement la moitié des personnes inscrites au chômage dans ce pays. En Australie, les heures supplémentaires effectuées représentent l'équivalent de 500 000 emplois à plein temps. En Allemagne, IG Metall affirme que, sans le système des heures supplémentaires, 120 000 emplois auraient pu être créés en 1996, et aux Etats-Unis le syndicat des travailleurs de l'automobile estime à 130 000 le nombre des emplois qui auraient pu être créés en 1994 si on s'en était tenu strictement à la semaine de 40 heures dans les usines de matériel et de construction automobile des Etats-Unis(24). En France, le passage généralisé de la semaine de 40 heures à la semaine de 39 heures au début des années quatre-vingt a, semble-t-il, dégagé entre 15 000 et 70 000 emplois, soit beaucoup moins qu'on ne l'avait espéré(25).
Ce phénomène s'explique par une surestimation de l'effet arithmétique de création d'emplois de ces mesures (obtenu en ajoutant les heures supplémentaires aux heures «libérées» grâce à la réduction du temps de travail) par rapport à leur potentiel réel de création d'emplois. Une partie de ce potentiel est réduite à néant par les gains de productivité qui peuvent être obtenus avec une semaine de travail plus courte et un aménagement des horaires de travail qui réduit les temps morts et augmente de ce fait l'intensité du travail. Reste à faire concorder les postes vacants et l'offre de main-d'œuvre. Dans les petites entreprises, les heures ainsi libérées ne sont pas toujours suffisantes pour justifier de nouvelles embauches. C'est ainsi qu'au Danemark, où l'industrie est dominée par les petites et moyennes entreprises, la réduction du temps de travail n'a pas eu d'effet sensible sur l'emploi(26). En outre, les personnes au chômage n'ont pas forcément les qualifications requises. Ce décalage est parfois exacerbé par des facteurs structurels comme l'absence de mobilité géographique ou la réticence des employeurs à recruter des personnes au chômage (voir encadré 6.4). Enfin, lorsque la conjoncture économique est incertaine, les employeurs ne sont pas toujours prêts à recruter du personnel. Toutefois, l'effet indirect de création d'emplois est aussi à prendre en considération. Un accroissement de la productivité peut stimuler la croissance et créer ainsi de nouveaux emplois.
L'Allemagne a fait l'objet de plusieurs études qui ont tenté d'évaluer le potentiel de création d'emplois de la diminution de la durée hebdomadaire du travail(27). Toutes ont conclu à un effet positif de cette diminution sur l'emploi, y compris une étude de la Fédération des associations d'employeurs des industries mécaniques (Gesamtmetall), mais leurs résultats varient considérablement en raison des différences de méthodologie et du champ sectoriel, géographique et démographique couvert. Ces variations s'expliquent en particulier par les différences constatées entre les gains de productivité obtenus dans différents secteurs et métiers grâce à un réaménagement du temps de travail.
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Encadré 6.4
Une étude détaillée des établissements satellites dans l'industrie automobile française montre comment «les personnes en difficulté» ou venant d'un environnement marqué par une forte présence syndicale sont systématiquement écartées. Les aides publiques à la réinsertion des chômeurs et des jeunes sont rarement utilisées. En outre, lorsqu'une entreprise crée des établissements satellites indépendants pour y transférer certaines de ses activités, c'est souvent pour elle une occasion de recruter une main-d'œuvre nouvelle, plus jeune et non syndiquée. Il est plus facile d'introduire des formes nouvelles et flexibles d'organisation du travail avec des travailleurs qui ne sont pas habitués au taylorisme et qui n'ont pas participé aux luttes sociales. Aussi y a-t-il rarement transfert de personnel dans ce cas, sauf pour le personnel d'encadrement et les formateurs, même dans le cadre d'un plan social. Ces entreprises préfèrent créer de nouvelles implantations en pleine campagne ou dans des zones industrielles en déclin et voient d'un mauvais œil les organisations syndicales. Ces nouvelles pratiques créent des désaccords fondamentaux avec les syndicats, en particulier au sujet des primes collectives. Par ailleurs, les systèmes de classification des emplois et de rémunération changent sans arrêt car ces établissements satellites ont tendance à expérimenter de nouvelles formes d'organisation du travail. Ces entreprises s'appuient pour la plupart sur une formation interne approfondie et n'attendent de ce fait ni expérience professionnelle ni diplômes reconnus des nouvelles recrues. La compétence (prise au sens large, non technique) et l'attitude jouent un rôle important; des tests psychologiques sont parfois utilisés. Ce que l'on attend avant tout des candidats, c'est qu'ils soient flexibles, polyvalents et capables de travailler en équipe. Mais ces compétences ne sont pas prises en considération par le système de rémunération car elles ne forment pas une qualification reconnue. La structure peu hiérarchisée des qualifications et des salaires laisse peu de possibilités d'avancement. En fait, ces entreprises n'ont pas de perspectives à long terme et la question du vieillissement de la main-d'œuvre n'est même pas envisagée. Source: A. Gorgeu et R. Mathieu: Recrutement et production au plus juste: les nouvelles usines d'équipement automobile en France, Centre d'études de l'emploi, dossier 7 (Gap, France, Louis-Jean, 1995), passim. |
Une étude portant sur des industries françaises montre qu'en soi l'adoption du modèle flexible a un effet légèrement négatif sur l'emploi mais que, ce modèle étant généralement associé à des changements technologiques, il a un impact globalement positif sur l'emploi en raison de son effet expansionniste sur les parts de marché. L'impact final sur le volume de l'emploi est donc le même que pour les autres entreprises. Le modèle de l'entreprise flexible affecte essentiellement la structure de l'emploi. En effet, la part du personnel d'encadrement dans la main-d'œuvre s'en trouve réduite. Contre toute attente, cette catégorie de personnel est aussi moins touchée par la réduction de la taille de l'entreprise que d'autres salariés, même si des échelons hiérarchiques ont été supprimés et que les responsabilités du personnel d'exécution ont été augmentées(28).
Les résultats auxquels aboutit une étude du Royaume-Uni sont tout à fait différents. Dans la plupart des cas, les changements technologiques et organisationnels n'ont d'effet sensible ni dans un sens ni dans un autre; ils sont d'ailleurs très limités comparés aux changements induits dans l'industrie et dans la région en général par une variation de la demande et de la concurrence. Mais, lorsqu'il y a changement, on enregistre aussi bien des gains que des pertes d'emplois, avec des variations considérables d'une industrie à l'autre. Dans la métallurgie, le changement technologique a un impact plus grand sur l'emploi que le changement de mode d'organisation; dans l'industrie mécanique, les gains d'emplois sont imputables pour la plupart aux changements technologiques, alors que les pertes d'emplois sont généralement associées à des changements de mode d'organisation. En général, le changement de mode d'organisation a des répercussions beaucoup plus importantes sur l'emploi que le changement technologique, et ce quelle que soit la taille de l'entreprise; c'est dans les petites et moyennes entreprises que cet impact est le plus important sur les gains d'emplois, alors que dans les grandes entreprises la plupart des pertes d'emplois lui sont imputables(29).
En Suède, la flexibilité aurait permis, selon des estimations préliminaires, d'augmenter la productivité de 20 pour cent, de favoriser la main-d'œuvre qualifiée et de réduire le taux de rotation de la main-d'œuvre. Une étude danoise constate l'existence d'une très forte corrélation entre l'accroissement de la productivité et du volume de l'emploi et une réforme des structures de gestion, cet accroissement étant encore plus fort dans les entreprises qui, tout en modifiant les structures de gestion et/ou l'organisation du travail, ont adopté des techniques de fabrication avancées. Il y aurait donc peu de liens directs entre l'organisation, les caractéristiques de base de la productivité et l'emploi. L'effet global dépend de l'utilisation conjuguée de toute une gamme de pratiques de travail et de formes d'organisation(30).
Enfin, il est plus difficile d'évaluer l'impact de la flexibilité sur l'emploi lorsqu'il y a à la fois réduction de la taille de l'entreprise et externalisation. Dans les pays de l'OCDE, le mouvement de suppression d'emplois et de délocalisation semble être dominé par des évolutions intra-industrielles conformément à une réorganisation qui se traduit par une rationalisation et une concentration de la société mère sur ses activités de base, en même temps qu'une externalisation des activités périphériques(31).
Toutefois, la réduction du temps de travail, qui va souvent de pair avec une plus grande flexibilité, a servi à éviter des licenciements. En facilitant le processus d'ajustement, on sauvegarde la paix sociale et on réduit les coûts de transaction; toutefois, contrairement à la création des emplois, leur préservation est une solution temporaire qui ne fait que remettre à plus tard de douloureux ajustements. En Allemagne, par exemple, l'aide publique à une réduction du temps de travail destinée à sauver des emplois a commencé par augmenter, avant d'enregistrer un déclin très net après 1992, les entreprises s'étant mises à réduire non seulement la durée du travail, mais aussi leurs effectifs(32). Les économies que l'Etat réalise ce faisant constituent un argument solide en faveur de l'octroi de subventions pour éviter des licenciements et pour le recyclage et le redéploiement de la main-d'œuvre (comme dans le cas du travail à horaires réduits, mais non du partage du travail). C'est ainsi qu'avec l'accord Volkswagen, probablement l'exemple le plus célèbre de partage du travail ayant pour but de préserver des emplois (près de 30 000), l'Etat a, semble-t-il, économisé 367 millions de deutsche marks; ce montant représente toute une année d'allocations de chômage et tient compte de la diminution des recettes fiscales et des cotisations sociales provoquée par la baisse du niveau des revenus. Pour un partage du travail, mieux vaut prévoir des programmes de formation et une indemnisation partielle pour perte de salaire des groupes à bas revenu; on reproche souvent à cette formule d'engendrer une pénurie de qualifications sur le marché du travail(33).
Le réaménagement du temps de travail offre d'autres moyens encore de réduire le chômage. En juin 1992, le Danemark est devenu un terrain d'expérimentation de différentes formules spéciales de congé et de rotation, parfois liées à la création d'emplois à court terme pour des personnes au chômage(34). Il y a aussi eu ces dernières années, dans un certain nombre de pays européens, une libéralisation partielle du système de protection contre les licenciements, mais sans effet sensible sur le comportement des entreprises en matière de recrutement. Cela tient en partie au fait que les nouvelles formes d'organisation du travail ont aussi accru les besoins en qualifications, augmentant par là même le coût du recrutement. La flexibilité du temps de travail est davantage recherchée que la flexibilité de l'emploi, d'où l'initiative lancée en 1994 par le gouvernement allemand en faveur du travail à temps partiel. L'évolution du coût des licenciements a davantage modifié le comportement d'ajustement pendant les crises structurelles du début des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix; l'emploi est devenu beaucoup plus instable, plus sensible aux fluctuations cycliques, ce qui augmente le risque d'avoir un investissement insuffisant dans le capital humain(35).
1. Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM): Les métallurgistes et le temps de travail dans le monde, rapport soumis à une conférence tenue à Tokyo (Japon), 15-16 oct. 1997 (Genève, FIOM, 1997).
2. W. K. Roche, B. Fynes et T. Morissey: «Emploi et temps de travail: un tour d'horizon international», Revue internationale du Travail, 135 (2), 1996; G. Bosch: Flexibilité et aménagement du travail, supplément 1/95 (Luxembourg, Office des publications officielles des Communautés européennes, 1995).
3. K. Zühlke-Robinet et S. Lehndorff: Company policies with regard to the reduction of working time: Germany; document de travail no WP/97/51/EN (Dublin, European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions, 1997).
4. P. Blyton: The development of annual working hours in the United Kingdom, document de travail (Genève, BIT, 1995).
5. K. Zühlke-Robinet et S. Lehndorf, op. cit.
6. A. De Grip, J. Hoevenberg et E. Willems: «L'emploi atypique dans l'Union européenne», Revue internationale du Travail, 136 (1), printemps 1997.
7. K. Zühlke-Robinet et S. Lehndorf, op. cit.; Bosch, op. cit., note 3.
8. OCDE: Perspectives de l'emploi, 1996 (Paris).
9. De Grip et coll., op. cit.
10. Pour une analyse détaillée, voir De Grip et coll., op. cit.; OCDE; Commission européenne: Emploi et affaires sociales: Emploi en Europe, 1996 (Luxembourg, Office des publications officielles des Communautés européennes); OCDE: Perspectives de l'emploi, 1996, op. cit.
11. A. Gorgeu et R. Mathieu: Recrutement et production au plus juste: les nouvelles usines d'équipement automobile en France, Centre d'études de l'emploi, dossier 7 (Gap, France, Louis-Jean, 1995).
12. OCDE, op. cit.
13. J. F. Geary: «Employment flexibility and human resource management: The case of three American electronics plants», Work, Employment and Society, 6 (2), 1992.
14. OCDE: Perspectives de l'emploi, 1997 (Paris, 1997).
15. G. Bertola et A. Ichino: «Crossing the river: A comparative perspective on Italian employment dynamics», Economic Policy 21 (1995).
16. M. Beatson: «Labour market flexibility», Research Series no 48 (Sheffield, ministère de l'Emploi, 1995).
17. J. Haskel, B. Kersley et C. Martin: «Labour market flexibility and employment ajustment: Micro evidence from UK establishments», Oxford Economic Papers, vol. 49 (3) (1997), pp. 362-379.
18. Cette étude a examiné 29 entreprises représentatives en 1988-89 dans quatre régions de Grande-Bretagne et dans tous les secteurs où il y avait une forte demande d'horaires variables et inhabituels. S. Horrel et J. Rubery: «Gender and working time: An analysis of employers' working-time policies», Cambridge Journal of economics (15), 1991, pp. 373-391.
19. F. Bettio, J. Rubery et M. Smith: Séminaire européen: femmes et travail en Europe (Turin, Centre international de formation de l'OIT), 18-19 avril 1996, pp. 13-16.
20. OCDE: La flexibilité du temps de travail: négociations collectives et intervention de l'Etat (Paris, 1995), p. 107.
21. Zühlke-Robinet et Lehndorf, op. cit., p. 35.
22. R. Forrant: «Un tranchant qui s'émousse: comment l'industrie américaine de la machine-outil a raté le tournant de la mondialisation», document soumis à la Conférence sur les industries mécaniques: mondialisation, emploi et nouvelles stratégies d'entreprise, FIOM et BIT (Genève, 26-28 nov. 1997), p. 112.
23. Commission européenne: L'emploi en Europe, 1996 (Luxembourg, Office des publications officielles des Communautés européennes), pp. 49-52.
24. FIOM, op. cit., p. 57.
25. «Perspectives», Revue internationale du Travail, 134 (2), 1995, p. 297.
26. FIOM, op. cit., p. 71.
27. Pour un résumé, voir Zühlke-Robinet, op. cit., pp. 22-27.
28. N. Greenan: «Progrès technique et changements organisationnels: leur impact sur l'emploi et les qualifications», Economie et statistique, 8 (298), 1996, pp. 35-44.
29. M. Campbell: «The employment effects of new technology and organizational change: An empirical study», New Technology, Work and Employment, 8 (2), sept. 1993, pp. 134-140.
30. OCDE: Technologie, op. cit., p. 162.
31. Ibid., p. 180.
32. Zühlke-Robinet, op. cit., p. 59.
33. Bosch, op. cit. Ce chiffre de 367 millions de deutsche marks est une estimation de V. Meinhard, F. Stille et R. Zwiener: «Weitere Arbeitszeitverkürzungen erfoderlich: Zum Stellenwert des VW-Modells», Wirtschaftsdienst, 12 (1993), pp. 639-644.
34. Bosch, op. cit.
35. Ibid.; et European Industrial Relations Review, no 247, août 1994, pp. 21-22.