
Les implications de la mondialisation
et de la restructuration du commerce
du point de vue
des ressources humaines
Rapport soumis aux fins de discussion à la Réunion Tripartite
sur les implications de la mondialisation et de la restructuration
du commerce du point de vue des ressources humaines
Genève, 1999
Bureau International du travailGenève
Copyright ® 1999 Organisation Internationale du Travail (OIT)
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Le présent rapport, établi par le Bureau international du Travail, est destiné à servir de base aux discussions de la Réunion tripartite sur les implications de la mondialisation et de la restructuration du commerce du point de vue des ressources humaines. Le Bureau y examine la restructuration et la mondialisation du secteur du commerce - notamment l'apparition de nouvelles filières de distribution et le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication - ainsi que la libéralisation croissante du marché et, sur cette base, il étudie les effets de cette évolution sur l'emploi, les relations professionnelles et les conditions de travail.
La réunion s'inscrit dans le cadre du Programme des activités sectorielles du BIT, lequel vise à faciliter les échanges d'informations entre mandants concernant l'évolution de la situation sociale dans différents secteurs économiques, sur la base d'études des problèmes d'actualité qui se posent dans ces secteurs. Des réunions sectorielles tripartites internationales sont ainsi traditionnellement organisées afin de favoriser les échanges de vues et la confrontation des expériences. Les objectifs sont les suivants: permettre une meilleure compréhension des problèmes sectoriels; promouvoir un consensus tripartite international à ce sujet et dégager des orientations concernant les politiques et mesures à adopter sur les plans national et international; favoriser l'harmonisation de toutes les activités sectorielles du BIT et assurer la liaison entre le BIT et les mandants; fournir des avis techniques, une assistance pratique et un appui concret à ces derniers afin de faciliter l'application des normes internationales du travail dans les différents secteurs économiques.
A sa 267e session (novembre 1996), le Conseil d'administration du BIT a décidé d'inscrire au programme des réunions sectorielles pour 1998-99 une réunion tripartite sur les implications de la mondialisation et de la restructuration du commerce du point de vue des ressources humaines. A sa 268e session (mars 1997), il a décidé que cette réunion serait tripartite, qu'elle rassemblerait 75 participants et que les gouvernements des 25 pays suivants seraient invités à se faire représenter: Allemagne, Burundi, Canada, Chine, Chypre, Colombie, République de Corée, Egypte, France, Ghana, Italie, Japon, Luxembourg, Madagascar, Mali, Népal, Nicaragua, Pérou, Portugal, Slovénie, Suisse, Suriname, République tchèque, Thaïlande et Turquie. Les pays suivants ont été inscrits sur une liste de réserve pour le cas où des gouvernements de la première liste déclineraient l'invitation: Algérie, Argentine, Bénin, Brésil, Croatie, Dominique, Emirats arabes unis, Ethiopie, Finlande, Grenade, Guatemala, Maroc, Nigéria, Royaume-Uni, Tunisie et Zambie. Par ailleurs, 25 représentants des employeurs et 25 représentants des travailleurs ont été invités. Le Conseil d'administration a décidé que l'objet de la réunion serait le suivant: échanges de vues et confrontation des expériences au sujet des nouvelles filières de distribution et de leurs effets sur l'emploi et les conditions de travail; élaboration de conclusions contenant des orientations et des propositions d'action future; adoption d'un rapport. La réunion pourra aussi adopter des résolutions.
Le progrès technique, la mobilité internationale des entreprises et les changements rapides provoqués par la concurrence ont de lourdes répercussions sur l'organisation des entreprises commerciales et sur leur stratégie en matière de ressources humaines. Du fait de la mondialisation et de l'interdépendance croissante des marchés, le nombre de personnes travaillant dans des secteurs ouverts à la concurrence internationale et aux flux de capitaux a beaucoup augmenté. De ce fait, les marchés du travail sont eux-mêmes de plus en plus interdépendants. Si la productivité augmente plus vite dans le secteur du commerce de gros et de détail que dans d'autres secteurs depuis le début des années soixante-dix, c'est en grande partie parce que les grossistes et les grandes chaînes de détaillants ont beaucoup investi dans la technologie de l'information.
Le progrès technique ainsi que la baisse constante du coût des communications et des transports ont donc joué un grand rôle dans l'intégration mondiale. Au lieu d'ériger des barrières protectionnistes, les pays cherchent de plus en plus à améliorer leur compétitivité internationale. Les pays en développement ont fait d'énormes progrès dans le domaine de l'éducation et de l'infrastructure, ce qui a beaucoup accru leur capacité de production et leur permet d'être compétitifs sur les marchés mondiaux. Cette évolution a été favorisée par la technologie de la communication qui rend le monde de plus en plus petit. L'impact de la mondialisation dans le domaine social et notamment dans le domaine du travail exige que le monde politique, le monde des affaires et le monde syndical assument leurs responsabilités et veillent au respect des normes internationales du travail, ce qui contribuera à une amélioration des conditions de travail, y compris dans le secteur du commerce.
Dans ce rapport, le BIT fait le point sur l'impact social de la mondialisation et des restructurations dans le secteur du commerce. Il examine, dans le chapitre 1, l'évolution récente de l'emploi. Dans le chapitre 2, il décrit les effets de l'internationalisation, des fusions et des acquisitions, sur l'emploi, les rémunérations et la productivité dans le secteur du commerce. Le chapitre 3 analyse le processus de libéralisation en cours dans le secteur et ses répercussions sur l'emploi. Le chapitre 4 traite des nouvelles technologies, en particulier de la technologie de l'information et du commerce électronique, et étudie leur impact sur l'emploi. Le chapitre 5 traite de l'évolution de la demande, des nouveaux formats apparus dans le commerce de détail et des besoins de formation et de qualifications. Dans le chapitre 6, le BIT examine l'impact de la mondialisation et des restructurations sur les relations professionnelles en indiquant comment les partenaires sociaux s'adaptent aux récentes évolutions. Enfin, le dernier chapitre traite des «initiatives volontaires» prises dans le secteur du commerce et examine le rôle que l'OIT peut jouer pour assurer des emplois et des conditions de travail décents dans le secteur. Le rapport se termine par une liste de points suggérés pour la discussion.
Les informations sur lesquelles repose le présent rapport proviennent de différentes sources. En réponse à un questionnaire, le BIT a reçu de précieuses informations d'un certain nombre d'organisations d'employeurs et d'organisations de travailleurs, et notamment de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres (FIET). José Paulo Zeetano Chahad (Brésil) et Peter B. Doeringer (Université de Boston, Etats-Unis) ont également fourni d'utiles contributions. Des renseignements ont également été tirés de publications du BIT ou d'autres organisations internationales et de centres de recherche.
Le présent rapport a été établi sur la base des contributions de Paula Repo, consultante, et d'une équipe du BIT composée de Claude Duchemin, John Sendanyoye et Brigitte Steck (Service des employés et travailleurs intellectuels), ainsi que de Frances Papazafiropoulos (Service des documents officiels) et Messaoud Hammouya (Bureau de statistique). Ce rapport est publié sous l'autorité du Bureau international du Travail.
1. Mondialisation, restructuration et emploi dans le commerce
1.1.1 Europe occidentale
1.1.2 Amérique du Nord
1.1.3 Europe centrale et orientale
1.1.4 Asie et Pacifique
1.1.5 Amérique latine et Caraïbes
1.1.6 Afrique subsaharienne
1.1.7 Moyen-Orient et Afrique du Nord¨
1.2 Rôle du secteur informel dans la création d'emplois
1.3 Effets de la mondialisation dans le secteur du commerce, en particulier pour les femmes
2. Internationalisation et nouveaux circuits commerciaux
2.1.1 Le commerce de détail change de physionomie
2.1.2 Fusions et acquisitions internationales
2.1.3 Les plus grosses entreprises
2.1.4 Part des filiales étrangères des grossistes dans le chiffre des ventes
2.1.5 Part des entreprises étrangères dans le chiffre d'affaires du commerce de gros etdedétail en Europe
2.1.6 Filiales de sociétés européennes et des Etats-Unis dans les pays en développement
2.1.7 Le franchisage, forme courante d'entrée sur les marchés des économies émergentesou en transition
2.1.8 Produits fabriqués dans les économies émergentes et consommés dans les pays industrialisés
2.2.1 Le risque de perte d'emplois est plus grand dans les entreprises rachetées que danslesautres - le cas des Etats-Unis
2.2.2 Les salariés risquent davantage de perdre leur emploi lorsque l'entreprise acquiseestgrande
2.2.3 Parmi les établissements rachetés, les pertes nettes d'emploi sont plus élevées en pourcentage dans le commerce de détail que dans le commerce de gros
2.2.4 Les travailleurs déplacés se retrouvent souvent avec des emplois à temps partiel etdesrevenus inférieurs
2.2.5 De par leur taille, les entreprises multinationales évincent les entreprises locales -notamment dans les pays en développement
2.2.6 Les multinationales stimulent la productivité du travail dans les entreprises locales
3.1.1 Libéralisation des IDE et législation régissant la concurrence
3.1.2 Accentuation des différences en ce qui concerne les autorisations et les heures d'ouverture
3.2.1 La libéralisation de la distribution joue en faveur des types de magasins à valeur élevée susceptibles d'accroître le nombre des emplois
3.2.2 La libéralisation favorise également les magasins de grande taille qui menacent l'emploi indépendant traditionnel
3.2.3 Les formes de travail flexible jouent en faveur de l'emploi
4. Amélioration de l'efficience de la filière de l'offre au moyen des technologies de l'information
4.1.1 D'une distribution induite par le producteur à une distribution induite par le consommateur
4.1.2 Réponse efficace à la demande du consommateur
4.1.3 Effets des technologies de l'information sur la filière de l'offre
4.1.4 Emergence de trois types de circuits de distribution
4.1.5 Conséquences de l'intégration verticale pour les grossistes
4.1.6 Rachat des grossistes par des fabricants
4.1.7 Technologies de l'information et marketing direct personnalisé
4.1.8 Le commerce électronique pour un «marché sans friction»
4.2 Impact sur l'emploi et les conditions de travail
4.2.1 Augmentation du personnel informatique et des avantages qui lui sont offerts
4.2.2 Augmentations maximales du nombre des emplois aux deux extrémités de l'éventaildes salaires
4.2.3 Commerce électronique et emploi
4.2.4 Commerce électronique et qualifications exigées
4.2.5 Conditions de travail: le potentiel du commerce électronique
4.2.6 Vers une évolution de la répartition des emplois
5. Evolution de la consommation et des formats de vente au détail
5.1.1 Formats adaptés aux consommateurs recherchant la facilité
5.1.2 Formats adaptés aux consommateurs privilégiant le meilleur prix
5.2 Incidence de la mondialisation et de la restructuration sur la formation
6. Les relations professionnelles dans le cadre de la mondialisation des circuits de distribution
6.1 La syndicalisation dans le secteur du commerce
6.2 Evolution de la négociation collective et accords internationaux conclus entre les partenairessociaux
6.3 Accords-cadres découlant de la directive du Conseil de l'Union européenne
6.4 Déclaration de principes tripartite de l'OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale
6.5 La mondialisation, source éventuelle de tensions dans les multinationales
6.6 Les relations professionnelles dans le commerce informel
7. Initiatives volontaires dans le secteur du commerce et rôle de l'OIT
Points suggérés pour la discussion
1.Emploi total et emploi dans le commerce de gros et de détail, par sexe
2.Chômage total et chômage dans le commerce de gros et de détail, par sexe
3.Salaires dans le commerce de gros et de détail, par sexe
4.Durée du travail dans le commerce de gros et de détail, par sexe
Tableaux:
1.1 Pays du MERCOSUR: Croissance de la production, de l'emploi et de la productivité, 1990-1997
1.2 Secteur du commerce: Production et emploi dans les pays du MERCOSUR, 1990-1996
1.3 Structure des activités du secteur informel dans certains centres urbains en Ouganda
2.1 Les grossistes les plus importants au monde, 1997
2.2 Les principales entreprises généralistes, 1997
2.3 Les principaux détaillants d'Asie, 1998
2.4 L'emploi dans quelques-unes des plus grosses entreprises
2.5 Ventes de services à des personnes étrangères par des filiales de sociétés américaines -commercede gros et commerce de détail, 1995
2.6 Ventes de services à des personnes américaines par des filiales de sociétés étrangères établiesauxEtats-Unis - commerce de gros et commerce de détail, 1995
2.7 Ventes de franchises étrangères et de franchises nationales au Brésil, 1996-1998
2.8 Nombre de franchises étrangères et de franchises nationales en Hongrie, 1995-1997
2.9 Principaux franchiseurs étrangers en République tchèque, 1997
2.10 Evolution de l'emploi dans les établissements survivants acquis et non acquis par industrie (Etats-Unis, 1990-1994)
2.11 L'emploi dans les établissements acquis par industrie (Etats-Unis, 1990-1994)
2.12 Travailleurs déplacés aux Etats-Unis entre janvier 1995 et décembre 1997
2.13 Travailleurs des Etats-Unis ayant perdu un emploi salarié à plein temps entre janvier 1995 etdécembre 1997 et occupant un nouvel emploi en février 1998
2.14 Croissance et productivité de la main-d'œuvre du secteur de la distribution dans les pays de l'OCDE, 1979-1994
3.1 Résumé numérique des engagements des Etats membres de l'OMC concernant les modes 1, 2et3 dans les services de distribution
3.2 Analyse numérique des limitations maintenues par les membres de l'OMC dans les services dedistribution
4.1 Part de marché des grossistes par circuit de distribution, Pays-Bas, 1991
4.2 Distribution des biens de consommation en France: répartition des parts de marché en 1985 eten1992
4.3 Qui a racheté les grossistes européens entre 1981 et 1995?
4.4 Nombre d'emplois et salaires horaires et annuels moyens dans certains métiers, Etats-Unis, 1997
4.5 Part des emplois hautement spécialisés dans le commerce de gros et de détail dans certains pays
5.1 Pénétration des marques privées par pays
5.2 Parts du marché de l'épicerie des principaux formats de distribution en Europe, 1995
5.3 Pourcentage d'entreprises de différents secteurs offrant une formation dans 12 Etats de l'Unioneuropéenne (1993)
5.4 Ventilation par sexe de l'emploi et de la participation aux cours de formation dans 12 Etats del'Union européenne (1993)
Figures:
1.1 Part du commerce dans l'emploi total dans 17 pays industriels en 1997
1.2 Progression annuelle moyenne de l'emploi total et de l'emploi du secteur du commerce dans 16pays industriels (1995-1997)
1.3 Part du commerce dans l'emploi total dans huit pays en transition en 1997
1.4 Progression annuelle moyenne de l'emploi total et de l'emploi du secteur du commerce dans huitpays en transition (1995-1997)
1.5 Part du commerce dans l'emploi total dans cinq pays d'Amérique latine en 1997
1.6 Progression annuelle moyenne de l'emploi total et de l'emploi du secteur du commerce dans cinqpays d'Amérique latine (1995-1997)
1.7 Brésil: Evolution de l'emploi du secteur moderne, 1996-1998
1.8 Commerce - Evolution de l'emploi dans le secteur moderne du Brésil, 1996-1998
1.9 Variation de l'emploi par secteur économique en Afrique du Sud
1.10 Taux de chômage dans l'ensemble de l'économie dans le secteur du commerce en général, etpour les femmes, dans 12 pays industriels en 1997
1.11 Taux de chômage dans l'ensemble de l'économie dans le secteur du commerce en général, etpour les femmes, dans huit pays en transition en 1997
2.1 Revenus des travailleurs du commerce de gros et de détail ayant perdu leur emploi entre janvier1995 et décembre 1997 dans leur nouvel emploi en février 1998 (travailleurs ayant occupéà plein temps pendant au moins trois ans l'emploi qu'ils ont perdu)
Encadrés:
1.1 L'emploi dans le secteur du commerce en Finlande
1.2 L'emploi dans le commerce alimentaire de détail en Suisse
1.3 Effets sur l'emploi de la pénétration des entreprises multinationales dans le secteur du commercede la République tchèque
1.4 Emploi dans le commerce de détail au Canada: répartition entre hommes et femmes
1.5 La filière de distribution du vêtement en France
2.1 Wal-Mart
2.2 L'arrivée d'entreprises internationales en Pologne accélère le processus de mondialisation ducommerce
3.1 La loi japonaise sur les magasins à grande surface
3.2 La nouvelle convention collective de Carrefour France
4.1 Le transporteur UPS mise sur le commerce électronique pour son expansion
4.2 Perspectives d'emploi dans les secteurs liés au commerce électronique
5.1 Nouveaux formats en République tchèque
5.2 Formation interne dans des micro-entreprises européennes
6.1 Les syndicats dans le secteur de la vente de vêtements au détail aux Etats-Unis
6.2 Les détaillants du secteur informel à Caracas cherchent à être reconnus sur le plan international
7.1 Apparel Industry Partnership et Fair Labour Association
7.2 Ethique sur étiquette
Le présent rapport, qui traite des effets de la mondialisation et de la restructuration dans le secteur du commerce sur l'emploi et les conditions de travail, est publié quelques mois seulement avant le début du troisième millénaire. Ce que l'on désigne à présent sous le nom de «mondialisation», laquelle aura marqué de son empreinte le paysage social et économique de la fin du XXe siècle, est une forme moderne et plus extrême de ce qui est de longue date un facteur déterminant dans l'évolution du commerce. Il est même possible de discerner une sorte de continuité dans l'évolution du commerce, depuis les anciennes pistes caravanières jusqu'au commerce électronique en passant par les routes maritimes des Phéniciens et le trafic hanséatique. Sous cet angle, les «autoroutes de l'information» apparaissent comme un revêtement moderne et planétaire des légendaires routes de la soie ou des épices. L'apparition des grands magasins à la fin du XIXe siècle et la multiplication des grandes chaînes de distribution dans la seconde moitié du XXe siècle ont bouleversé la structure du commerce dans divers pays sans toutefois faire disparaître totalement les formes plus traditionnelles de distribution. La vente à distance, et plus particulièrement le commerce électronique sur Internet, entraîne des changements sociaux et économiques fondamentaux: suppression des contraintes liées à la distance; absence d'interaction physique pendant l'achat et le paiement; nécessité de revoir les politiques et les programmes d'éducation et de formation; destruction, création ou transformation de telle ou telle catégorie d'emplois, etc.
Souvent associé à la recherche de nouveaux produits et à la conquête de nouveaux marchés, le commerce international a fréquemment joué, pour le meilleur ou pour le pire, un rôle de catalyseur dans les changements sociaux. L'un des principaux objectifs que s'est fixés l'OIT dès sa création a été de veiller à ce que le commerce international contribue au progrès social et ne porte pas préjudice aux travailleurs et à leurs familles. La Constitution de l'Organisation dispose en effet dans son Préambule que «... la non-adoption par une nation quelconque d'un régime de travail réellement humain fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d'améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays». Ce principe est toujours valable aujourd'hui, comme l'a confirmé la Conférence internationale du Travail en adoptant à sa 86e session, en juin 1998, la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.
Dans le monde entier, la mondialisation et la restructuration des circuits de distribution renforcent les liens entre le commerce extérieur et le commerce intérieur. Parallèlement, on voit progresser le commerce informel dans un certain nombre de pays en développement. Les réglementations qui régissent les activités des acteurs commerciaux ne s'appliquent la plupart du temps qu'à l'échelon local ou à l'échelle nationale, et les pouvoirs publics semblent avoir de plus en plus de mal, du fait de la croissance du commerce électronique, à imposer pleinement leurs prérogatives aux marchés nationaux. En effet, les transactions électroniques à distance se prêtent moins à un contrôle que le transfert de biens matériels. Cette évolution renforce l'influence des consommateurs, du moins pour ceux qui disposent d'un véritable pouvoir d'achat, et soulève des questions inédites quant à la politique menée par les pouvoirs publics.
Dans son rapport à la Réunion tripartite sur la productivité et l'emploi dans le commerce et les bureaux (1994), le BIT relevait que «la concurrence accrue, une plus grande exigence des consommateurs et, surtout, la généralisation de l'économie de marché ont sensibilisé les gouvernements, les employeurs et les travailleurs de toutes les régions du monde à la nécessité de répondre aux besoins des consommateurs pour pouvoir réussir sur le marché...» et que «la concurrence s'exerçant à l'échelle mondiale, et non plus simplement locale, les nouveaux produits et services peuvent être commercialisés dans des délais extrêmement brefs»(1).
Il est évident qu'une telle évolution a une incidence durable sur l'emploi, les conditions de travail et les relations professionnelles non seulement dans le commerce, mais aussi dans les secteurs contigus et les activités connexes telles que la fabrication, le marketing, le transport, la finance, la logistique, la gestion, les communications et le traitement des données. Les espoirs sont souvent grands, dans de nombreux pays, de voir les investissements dans le commerce et la diffusion des nouvelles techniques de commercialisation alimenter la croissance de l'économie, générer un nombre significatif d'emplois nouveaux directs ou indirects et contribuer à l'amélioration des conditions de vie et de travail. A ces espoirs répondent fréquemment diverses appréhensions, liées à l'apparition d'une société globale gouvernée principalement par les forces du marché.
Comme l'indiquait le rapport du Directeur général du BIT à la 85e session (1997) de la Conférence internationale du Travail(2) «Par une curieuse ironie de l'histoire, les lendemains qui chantent ne seraient plus ceux de la fin de la lutte des classes (...) Ils seraient à attendre du dessaisissement de l'Etat de ses prérogatives économiques et sociales au profit d'une société civile globale soumise aux seules lois de la rationalité économique, elle-même seule garante d'une prospérité future dont les promesses devraient suffire à faire oublier la dureté du présent. Ce nouvel avatar de l'idéologie du progrès ... s'obstine à affirmer la prééminence de l'humanité en marche sur les hommes de chair et de sang...». Dans son rapport à la 87e session (1999) de la Conférence internationale du Travail(3), le Directeur général exprime les mêmes préoccupations en relevant que «la mondialisation a apporté la prospérité mais aussi des inégalités qui mettent à l'épreuve la responsabilité sociale collective». Cette remarque est d'autant plus pertinente qu'à l'heure de la mondialisation et de la restructuration du commerce les nouvelles technologies et les modifications apportées aux systèmes de production et de distribution ont entraîné des changements dans la conscience sociale. Ainsi qu'il est dit dans le même rapport, «le choix accru qui est offert aux consommateurs, les possibilités d'accès au savoir et les nouveaux moyens de communication font que les personnes et les institutions sociales ne sont pas seulement les sujets mais les acteurs potentiels de la mondialisation».
1. BIT: La productivité et l'emploi dans le commerce et les bureaux (Genève, 1994), pp. 1 et 6.
2. BIT: L'action normative de l'OIT à l'heure de la mondialisation, rapport du Directeur général à la Conférence internationale du Travail, 85e session, 1997, p. 6.
3. BIT: Un travail décent, rapport du Directeur général à la Conférence internationale du Travail, 87esession, Genève, 1999, pp. 1 et 2.
1. Mondialisation, restructuration
et emploi dans le commerce
Que la mondialisation fasse pleinement sentir ou non ses effets sur le marché de l'emploi au niveau national, le fait demeure qu'elle a entraîné des changements qualitatifs dans le cadre économique mondial et influé ainsi sur le sort des travailleurs à travers le monde. La libéralisation et la restructuration économiques ont pour effet de multiplier les prises de contrôle étrangères par la voie des fusions et des acquisitions, avec pour résultat de mettre en place des circuits de distribution modernes liés aux nouvelles technologies, aux méthodes de gestion novatrices, aux approches différentes du travail et aux nouvelles conditions d'emploi. Cependant, ces évolutions ne se font pas encore pleinement sentir dans les marchés nationaux de nombre de pays en développement. Les structures et les méthodes commerciales traditionnelles restent la règle dans des pays comme le Bangladesh, le Gabon, le Liban et Sri Lanka, où peu de chaînes de magasins se sont implantées et où aucune acquisition ou fusion d'importance ne s'est produite entre des entreprises étrangères et des entreprises locales. C'est pourquoi la Confédération patronale gabonaise (CPG) et l'Association des industriels libanais indiquent toutes deux qu'il n'existe guère de lien visible dans leur pays respectif entre la mondialisation et l'emploi.
Il en va tout autrement des pays industriels, où l'on débat toujours plus de l'influence exercée par les pays à faibles salaires sur l'emploi national. Il ressort d'études récentes de l'OIT que, tout bien considéré, les échanges avec les pays en développement et la relocalisation des industries ne contribuent que faiblement à la hausse du chômage et à la baisse des salaires des travailleurs non qualifiés dans les pays industriels. Il apparaît également que les pessimistes sous-estiment les avantages non négligeables que ces pays tirent du commerce avec les pays en développement et des investissements qu'ils y effectuent. S'il est incontestable que la libéralisation économique entraîne souvent des coûts sociaux à court ou moyen terme, il apparaît aussi que ces coûts sont plus que compensés par les gains à long terme qu'entraîne cette libéralisation par rapport au protectionnisme.
Les effets de la mondialisation sur l'emploi dans le commerce varient selon les régions du monde. Au cours des dernières années, le nombre des travailleurs employés dans les industries d'importation et d'exportation - de même que celui des travailleurs avec lesquels ils sont en concurrence - a progressé nettement, parallèlement à la progression des liens entre les différents marchés du travail mondiaux. Malgré cette progression, cependant, ce nombre reste faible par rapport à l'emploi total. Dans les pays industriels, par exemple, près de 70 pour cent des travailleurs sont employés dans les services, dont la plupart sont difficilement exportables. De même, dans nombre de pays en développement à faibles revenus, le gros de l'emploi se trouve toujours dans l'agriculture de subsistance traditionnelle ou dans le secteur informel urbain, dont les produits sont largement destinés au marché intérieur et ne sont que faiblement touchés par la mondialisation. Malgré cela, l'impact de la concurrence économique mondiale est ressenti par un nombre croissant de travailleurs, qui craignent que l'intensification de ce mouvement n'entraîne une détérioration des salaires et des normes du travail.
S'il est difficile de mesurer l'évolution de l'emploi dans le secteur du commerce, c'est pour une large part en raison de la pénurie de statistiques nationales précises. Même dans les pays où ces statistiques sont régulièrement publiées, la plupart ne sont à jour que jusqu'à 1997. En raison de ce retard, les données disponibles permettent de mesurer l'évolution à long terme, mais non à court terme. A la différence des données par pays que l'on trouvera dans les figures 1.1 à 1.6, celles qui sont présentées dans l'annexe statistique placée à la fin du rapport comprennent non seulement les chiffres relatifs au commerce de gros et de détail, mais aussi ceux de l'hôtellerie- restauration, de manière à correspondre au grand groupe 6 de la Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (CITP, révision 2, de 1968). Cependant, une évaluation de la situation de chacun des pays inclus dans les figures 1.1. à 1.6 montre que l'inclusion de l'hôtellerie-restauration exerce un effet négligeable sur l'évolution générale du commerce de gros et de détail.
Il ressort des données de l'OIT que, en général, l'emploi du commerce de gros et de détail de la plupart des pays industriels a progressé plus vite que l'emploi total au cours des dernières années. Comme le montrent les figures 1.1 et 1.2, la part de l'emploi dans ce secteur par rapport à l'emploi total va d'un minimum de 12 pour cent pour la Finlande à un maximum de 20 pour cent pour l'Australie. Cet emploi a progressé dans la majorité des pays en question, particulièrement en Finlande, aux Pays-Bas et en Irlande, pays où cette progression a dépassé 4pour cent de 1995 à 1997. En revanche, l'emploi dans ce secteur a diminué d'environ 1,5 pour cent au cours de la même période en Suède et au Portugal.
Dans l'Union européenne, 4,7 millions d'entreprises commerciales, représentant 30 pour cent de l'ensemble des entreprises, constituent le lien essentiel qu'est la distribution de biens et de services entre les producteurs et les consommateurs, dont le nombre dépasse 370 millions.
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Encadré 1.1
Selon la Confédération des employeurs des industries de services de Finlande (LTK), un changement structurel considérable s'est produit au cours des quatre premières années de la décennie quatre-vingt-dix. Ensuite, de 1994 à 1998, le nombre des personnes travaillant dans le secteur du commerce a progressé comme suit:
Alors que les tâches continuent à évoluer, le besoin prioritaire du secteur est devenu la constitution d'une main-d'œuvre plus qualifiée et plus polyvalente grâce à une formation permanente. Contrairement aux craintes, l'automatisation n'a pas entraîné de réduction de l'emploi, lequel était tombé à un minimum en 1994. La Finlande détenant le record d'Europe pour les achats par cartes de crédit, les travailleurs connaissent depuis longtemps le maniement de cet outil de paiement. La formation met l'accent sur les relations publiques, le service à la clientèle et l'informatique. Les entreprises de gros exigent en outre des qualifications en langues étrangères. Des efforts sont faits en permanence pour améliorer le niveau éducatif, et les écoles commerciales offrent un cours de gestion de l'entreprise de trois ans comprenant six mois d'expérience pratique. Les partenaires du secteur participent directement à l'élaboration des programmes de ce cours. |
L'immense majorité - 95 pour cent - de ces entreprises sont petites ou moyennes, avec un effectif moyen inférieur à dix personnes. Le secteur du commerce est le deuxième employeur d'Europe par ordre d'importance, avec plus de 22,5 millions de travailleurs, soit 16 pour cent de l'emploi total. Par ailleurs, tandis que d'autres secteurs licenciaient, il a créé 1,5 million d'emplois de 1985 à 1995, soit la moitié du nombre de ceux perdus dans l'industrie manufacturière et 15,5pour cent de l'ensemble des emplois créés au cours de la période.
L'emploi du secteur du commerce progresse dans la plupart des pays européens, par exemple à Chypre, en Norvège et en Turquie, et il reste stable en France, en Italie, à Malte et en Suisse.
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Encadré 1.2
La concentration du commerce alimentaire de détail en Suisse a entraîné une diminution du nombre d'entreprises par tranche de 10 000 habitants. L'emploi a diminué parallèlement. En 1995, la part de l'alimentation dans le chiffre d'affaires annuel était de 61 pour cent pour Migros et Coop. Ce chiffre peut s'expliquer par la puissance commerciale de ces chaînes de détail et la gamme de leurs produits ainsi que par l'ouverture de nouveaux magasins et l'agrandissement d'anciens. Comme ailleurs, le personnel a diminué au profit de l'espace, le système du libre-service exigeant moins d'attention envers le consommateur, et donc un personnel moindre. Selon l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi (OFDE), 60 pour cent des travailleurs de ce segment du secteur du commerce sont employés par des entreprises ayant un effectif inférieur à 250 personnes, contre 75 pour cent pour l'ensemble des autres segments du secteur. Toujours selon l'OFDE, il faudrait, pour éviter les pertes d'emplois résultant de la concentration, que les grandes chaînes qui dominent aujourd'hui le marché arrivent à créer autant de postes qu'en perdent les petits détaillants. Source: OFDE. |
De 1985 à 1997, la part du secteur du commerce dans l'emploi total a légèrement progressé au Canada, mais a baissé aux Etats-Unis, alors pourtant que le secteur a créé 4 millions d'emplois.
Le commerce de détail est l'un des secteurs les plus vastes et les plus divers de l'économie américaine. Selon une étude parrainée par l'OIT, le nombre des commerces de détail de toute sorte -stations-service et concessionnaires automobiles, restaurants et magasins d'alimentation, grands magasins et magasins de vêtements spécialisés, etc. - atteignait 1,6 million en 1996-97. En 1997, ces commerces ont généré un chiffre d'affaires de 2,2 trillions de dollars et employé plus de 20millions de travailleurs. En termes relatifs, les ventes de détail représentent environ 27 pour cent du PIB (S&P, 1998) et près de 20 pour cent des emplois. Le commerce de détail est un secteur de croissance, le nombre des établissements ayant progressé d'environ un tiers de 1972 à 1992 (S&P, 1998), à tel point qu'il crée davantage d'emplois que les industries manufacturières. Bien que la croissance ait contraint le secteur à développer ses effectifs, les salaires n'en demeurent pas moins relativement faibles, et la main-d'œuvre, composée essentiellement de jeunes, de femmes et de travailleurs faiblement qualifiés, est peu syndicalisée. En 1996, le salaire horaire moyen était d'environ 8 dollars, soit à peu près 60 pour cent de la moyenne des industries manufacturières. En raison du caractère saisonnier du commerce de détail et du fait que de nombreux travailleurs sont employés à temps partiel, l'écart est encore plus fort sur une base annuelle. On examinera plus loin les qualifications dont devrait avoir besoin ce secteur dans l'avenir par suite de la mondialisation.
1.1.3 Europe centrale et orientale
Dans certains pays en transition d'Europe centrale et orientale comme la Slovaquie, la mondialisation et la libéralisation du marché ont eu divers effets: concentration sectorielle, progression du nombre de coentreprises, pénétration des chaînes de distribution internationales opérant sous leur propre marque et progression du rôle des centrales d'achat. Les effets sur l'emploi de cette évolution n'ont pas été uniformes, la part du secteur du commerce dans l'emploi total progressant dans certains pays et diminuant dans d'autres.
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Encadré 1.3
La pénétration et le développement des entreprises multinationales sur le marché intérieur tchèque ont entraîné une progression de l'emploi. A la fin de 1998, on comptait 30multinationales dans le commerce de gros et de détail, pour une main-d'œuvre totale d'environ 40 000 personnes. Les plus gros employeurs sont Euronova (6 000 salariés), Julius Meinl (4000), Delvita (3 000), Tesco (3 000), Plus Discount (2 500), Billa (2 000), Ikea (2 000), Kaufland (1700) et Spar (1 000). La plupart des salariés du secteur (environ 250 000) travaillent dans de petites entreprises employant de une à 19 personnes, suivies des entreprises employant de 20 à 99 personnes (environ 138 000 salariés). L'arrivée sur le marché des multinationales n'exerce parfois aucun effet sur l'emploi, comme dans le cas de Penney et de Plus, du fait qu'elle s'est produite par l'acquisition d'entreprises locales. Il arrive aussi parfois que la disparition de coopératives solides, comme ce fut le cas en Bohême du Nord pour cinq d'entre elles qui employaient un total de 3 000 salariés, entraîne des pertes d'emplois élevées. On prévoit l'implantation de nouveaux supermarchés et hypermarchés, ce qui ne manquera pas de créer de l'emploi. Ces nouveaux magasins appartiennent à des chaînes multinationales qui possèdent des capitaux considérables et sont capables d'absorber des pertes «temporaires» durant un certain nombre d'années en vue d'accroître leur part du marché. C'est pourquoi certains craignent que la concurrence n'entraîne en fin de compte des pertes d'emplois en contraignant les petites entreprises à cesser leurs activités. Depuis 1990, date à laquelle plus de 400 000 autorisations «d'achat et de vente ultérieure» avaient été émises, le secteur du commerce a été en mesure d'absorber 130 000 travailleurs qui avaient perdu leur emploi dans l'industrie, l'agriculture et les transports. On craint cependant que le développement incontrôlé des multinationales au sein des réseaux de distribution intérieurs n'entraîne à brève échéance la disparition des centres urbains traditionnels et de leurs petites boutiques, très commodes pour les gens dépourvus de voiture. Des craintes similaires se font jour au sujet des magasins locaux de taille moyenne, qui risquent de ne pas être en mesure de réagir avec une flexibilité suffisante aux réductions de prix et aux promotions effectuées par les filiales des entreprises multinationales. Un autre obstacle d'importance à la progression de l'emploi -négligé lors des privatisations à grande échelle - tient au fait que les chaînes de distribution multinationales n'accordent pas une préférence suffisante aux marchandises produites dans le pays. Source: Réponse au questionnaire du BIT. |
Les figures 1.3 et 1.4 montrent que, dans les pays en transition, la part du commerce dans l'emploi total est relativement faible par rapport à certains autres groupes de pays. En 1997, elle s'est située entre un minimum de 8 pour cent pour la Hongrie et un maximum de 13,6 pour cent pour la Roumanie. Il convient de noter toutefois que, si l'emploi total a diminué dans ces pays, l'emploi du secteur commercial a progressé en moyenne de 6 pour cent par an de 1995 à 1997, le record ayant été atteint par la Lettonie avec 11 pour cent.
Au cours de la période précédant la crise économique et financière de 1997, la région de l'Asie et du Pacifique a enregistré une croissance spectaculaire de l'activité économique et de l'emploi fondée sur les échanges. De 1985 à 1997, le secteur du commerce a créé environ 400000 emplois à Hong-kong, Chine, accroissant ainsi sa part de l'emploi total de 7,7 points. Des gains plus modérés (1 à 5 points) ont été enregistrés en Chine, en République de Corée, en Indonésie, au Pakistan, aux Philippines et en Thaïlande. La part du commerce dans l'emploi total s'est aussi accrue à Fidji, aux Iles Salomon, en Malaisie et à Sri Lanka, mais dans une proportion très inférieure à celle des pays précités. Elle a baissé au Bangladesh, en Inde, au Myanmar et à Singapour. En Australie et en Nouvelle-Zélande, la progression a été plus forte que pour l'emploi total. Au Japon, la proportion a baissé malgré la création d'un million d'emplois. Selon la Fédération japonaise des syndicats de travailleurs du textile, de l'habillement, de la chimie, du commerce, de l'alimentation et des secteurs connexes (ZENSEN), l'emploi a progressé dans le secteur jusqu'en 1994, puis a amorcé une baisse qui s'est poursuivie jusqu'en 1997, en raison essentiellement de l'évolution technologique (codes à barres, informatisation, progrès logistiques, etc.). L'écart entre travailleurs hautement qualifiés et travailleurs faiblement qualifiés, ces derniers effectuant essentiellement des tâches répétitives, est de plus en plus marqué. Par ailleurs, la récente crise économique et financière de l'Asie a aggravé les difficultés d'un certain nombre de distributeurs japonais et les a incités à restructurer leurs activités par le biais de réductions d'effectifs. C'est ainsi par exemple que, en réaction contre une diminution de ses recettes et un lourd endettement, Daiei, l'un des principaux détaillants, a récemment entrepris un vaste plan de restructuration de plusieurs années. Le groupe a l'intention de réduire ses effectifs au cours de 1999 par des mises à la retraite anticipée et le transfert de travailleurs vers des postes moins rémunérés dans ses filiales.
1.1.5 Amérique latine et Caraïbes
En Amérique latine, l'emploi a moins progressé dans le secteur du commerce que dans l'ensemble de l'économie, la part de ce secteur dans l'emploi total s'étant située au cours de la période 1996-97 (voir figure 1.5) entre un minimum de 14,6 pour cent pour le Costa Rica et un maximum de 29,4 pour cent pour le Pérou, et la progression annuelle y étant moindre que dans l'ensemble de l'économie. On a toutefois enregistré une progression notable, comme il ressort de la figure 1.6, qui couvre un nombre représentatif de pays de la région.
En ce qui concerne particulièrement les pays du MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), les données ventilées du tableau 1.1 montrent que, sauf en Argentine, la progression de l'emploi du secteur du commerce a été supérieure ou à peu près égale à celle du PIB et à celle de l'emploi total. Au Brésil et en Uruguay, elle a été plus forte que celle de l'emploi total, ce qui a contribué à atténuer les pressions subies par le marché du travail.
Tableau 1.1. Pays du MERCOSUR: Croissance de la production, de l'emploi et de la productivité, 1990-1997 (hors agriculture) (progression annuelle en pourcentage)
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Pays |
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Argentine |
Brésil |
Paraguay |
Uruguay | |
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1. PIB |
5,5 |
2,8 |
2,7 |
4,2 |
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2. Population active |
3,0 |
2,7 |
5,6 |
1,9 |
|
3. Emploi total |
1,8 |
2,5 |
5,6 |
1,4 |
|
4. Emploi du secteur commercial |
0,8 |
4,8 |
n.d. |
4,5 |
|
5. Productivité non agricole |
3,6 |
0,3 |
2,7 |
2,8 |
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6. Secteur informel non agricole1 |
1,6 |
1,9 |
1,4 |
0,3 |
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1 Progression annuelle de la part de l'emploi informel. n.d. = non disponible.
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En tout état de cause, comme il ressort du tableau 1.2, l'évolution de l'emploi dans le secteur du commerce des pays du MERCOSUR n'a pas entraîné de changement notable dans la part de ce secteur dans la création d'emplois totale. Ainsi, étant donné la brièveté de la période examinée, cette évolution est similaire à celle de la production du secteur, dont la part du PIB reste constante dans chacun des pays.
Tableau 1.2. Secteur du commerce: Production et emploi dans les pays du MERCOSUR, 1990-1996
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Pays |
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Argentine |
Brésil |
Paraguay |
Uruguay |
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1990 |
1996 |
1992 |
1995 |
1991 |
1996 |
1990 |
1996 | |
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1. Production du secteur en % du PIB1 |
16,0 |
16,0 |
7,6 |
6,8 |
26,8 |
26,0 |
12,6 |
12,4 |
|
2. Emploi du secteur en % de l'emploi total non agricole |
20,4 |
19,22 |
21,0 |
21,8 |
n.d. |
23,1 |
18,5 |
20,8 |
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3. Emploi dans les petites entre- prises en % de l'emploi total3 |
14,9 |
18,7 |
24,0 |
25,2 |
29,0 |
29,7 |
11,0 |
10,3 |
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4. Taux de chômage urbain déclaré (total) (%)4 |
7,5 |
17,3 |
4,9 |
4,6 |
5,1 |
5,5 |
9,2 |
12,4 |
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1 Argentine: y compris l'hôtellerie-restauration; Brésil: PIB - au coût des facteurs; Paraguay: y compris le secteur financier; Uruguay: y compris l'hôtellerie-restauration. 2 1997. 3 Petites entreprises: entreprises employant au plus dix salariés. 4Argentine: zones urbaines; Brésil: six régions métropolitaines; Paraguay: région d'Asunción; Uruguay: région de Montevideo. n.d. = non disponible.
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Conformément à l'évolution observée dans d'autres pays d'Amérique latine et dans un certain nombre de pays d'Asie, la part des petites entreprises dans l'emploi du secteur commercial s'est accrue, comme on l'a indiqué plus haut. Cette évolution ne peut être imputée uniquement à la progression du chômage déclaré, puisqu'on la constate à la fois en Argentine, pays où le chômage s'est fortement accru, et au Brésil et au Paraguay, pays où il est resté relativement stable. Il apparaît que l'emploi dans les petites entreprises de services, secteur qui comprend des entreprises commerciales, fait partie d'une réorganisation du marché du travail menée en réponse aux défis auxquels font face ces entreprises.
Comme le montre la figure 1.7, l'emploi a progressé dans le secteur commercial du Brésil de 1996 à 1998, conformément à l'évolution générale du secteur des services, mais non des industries manufacturières, où l'emploi a diminué. C'est dans ce dernier secteur que l'impact de la mondialisation a été le plus sensible, contraignant les entreprises à se restructurer en profondeur pour améliorer leur compétitivité et pouvoir ainsi faire face à la libéralisation des échanges amorcée en 1990. Cette évolution a entraîné à son tour une augmentation de la productivité du travail et une réduction de l'emploi. Si l'emploi a diminué de 2 pour cent pour l'ensemble de l'économie - 8 pour cent dans les industries de transformation -, il a augmenté d'environ 2 pour cent dans le secteur du commerce. On peut en conclure que le secteur du commerce moderne a contribué à atténuer les effets négatifs sur l'emploi de la restructuration qui s'est produite dans d'autres secteurs.
Il convient néanmoins de noter que le rythme d'accroissement de l'emploi dans le secteur du commerce s'est récemment ralenti au Brésil, en raison pour une part d'un certain fléchissement de l'activité économique après que l'euphorie des consommateurs provoquée par le succès du Plan Real se fut calmée. Cette évolution apparaît dans la figure 1.8, qui montre une forte réduction de l'emploi du commerce de détail entre 1996 et 1998, parallèlement au maintien du taux de croissance du commerce de gros. Même si cette réduction s'explique en partie par le ralentissement précité, il tient clairement au fait que la modernisation du secteur s'est accélérée, en raison pour l'essentiel de l'informatisation de nombre de fonctions assurées manuellement jusque-là. De janvier 1996 à novembre 1998, l'emploi a diminué de quelque 1,6 pour cent dans le commerce de détail et a progressé d'un pourcentage identique pour l'ensemble du commerce.
En Afrique, comme dans d'autres régions en développement, la mondialisation et la restructuration du commerce provoquent des changements très visibles. Les petits métiers du commerce traditionnel (colporteurs, etc.) n'ont pas disparu et coexistent -parfois en leur faisant concurrence -avec les opérateurs modernes -galeries commerciales, supermarchés -en particulier dans les grandes agglomérations urbaines. Toutefois, le manque général de données, sans parler de statistiques fiables et à jour sur tel ou tel secteur, fait qu'il est extrêmement difficile de déterminer la part du commerce dans l'emploi et sa contribution relative à la création d'emplois. Les quelques données dont on dispose sur un petit nombre de pays de la région indiquent qu'entre 1985-86 et 1990 la part du commerce dans l'emploi en Afrique subsaharienne a évolué dans une fourchette comprise approximativement entre plus 10 points (République centrafricaine) et moins 10 points de pourcentage (Tchad). Entre ces deux extrêmes se situent le Botswana, l'Ethiopie, le Kenya, Maurice, le Niger, le Swaziland (expansion importante) et le Zimbabwe (expansion modérée). La part du commerce dans l'emploi a diminué au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Malawi et au Togo. La figure 1.9 montre que de 1994 à 1997, en Afrique du Sud, le commerce est l'un des trois secteurs dans lesquels l'emploi a augmenté (environ 27000 nouveaux emplois, soit 3,9 pour cent), les deux autres secteurs étant les autres services privés (environ 34000 emplois, soit 11 pour cent) et le secteur public (86 000 nouveaux emplois, soit 4,8 pour cent). Le secteur manufacturier a perdu 95000 emplois (6,4pour cent) et la construction 51000 (14,2 pour cent).
1.1.7 Moyen-Orient et Afrique du Nord
La part du commerce dans l'emploi a augmenté de 1 à 5 points de pourcentage entre 1984 et 1995 dans la majorité des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, y compris Bahreïn, l'Egypte, la Jordanie et la République arabe syrienne. En chiffres absolus, l'augmentation a été très importante dans certains pays, comme l'Egypte, où l'effectif est passé de 1 million à environ 1,5 million, ce qui porte la part du commerce dans l'emploi à 10,3 pour cent. Dans d'autres pays, notamment la Tunisie, la part du commerce a un peu diminué.
1.2 Rôle du secteur informel dans la création d'emplois
Il est difficile de déterminer quel est le rapport qui existe entre la mondialisation et la croissance continue du secteur informel, secteur recouvrant essentiellement des activités de vente au détail et qui est une source d'emplois importante - voire la plus importante -, dans beaucoup de pays en développement. N'étant généralement pas enregistrées, ces activités ne font pas l'objet de statistiques nationales, d'où le peu de données disponibles et leur manque de fiabilité. Toutefois, comme il est indiqué dans le rapport du BIT Le travail dans le monde 1997-98, tout porte à croire que le secteur informel continuera à croître dans la quasi-totalité des pays en développement, à l'exception des nouvelles économies industrielles (Asie de l'Est). En Amérique latine, par exemple, 15,7millions d'emplois ont été créés entre 1990 et 1994, dont 8,4 sur 10 dans le secteur informel, soit un taux d'accroissement annuel de l'emploi de 4,7 pour cent contre 1,1 pour cent dans le secteur formel.
En Asie, le secteur informel absorbe, selon les estimations, entre 40 et 50 pour cent de la population active urbaine, avec des extrêmes allant de moins de 10 pour cent dans les nouvelles économies industrielles (avant 1997) jusqu'à 65 pour cent dans des pays comme le Bangladesh. Selon la Fédération des employeurs du Bangladesh, la restructuration a entraîné des pertes d'emplois dans le secteur formel. Toutefois, dans les petites entreprises de services, qui sont classées dans le secteur informel et ne sont donc pas pleinement prises en compte par les statistiques officielles, l'emploi a augmenté. En Asie du Sud-Est, un nombre croissant de travailleurs, qui ont perdu leur emploi dans le secteur formel sous l'effet de la crise de 1997, cherchent dans le secteur informel un moyen de subsistance. Les emplois qu'ils peuvent y trouver n'ont peut-être pas la même qualité que ceux du secteur formel mais, dans l'ensemble, ils sont réguliers et durables.
Au Bénin, comme c'est généralement le cas dans le reste de l'Afrique subsaharienne, le secteur informel qui englobe principalement des activités artisanales et de microcommerce est, après l'agriculture, la deuxième source d'emplois. L'activité marchande est principalement ambulante (42,7 pour cent) ou semi-ambulante (40,1 pour cent) et, dans une faible mesure, sédentaire (17,2 pour cent). Ces chiffres témoignent de la précarité, au Bénin comme dans plusieurs autres pays en développement, du commerce informel urbain qui, pour une part non négligeable de la population, ne représente qu'une activité de subsistance d'appoint. En Ouganda, l'enquête sur la main-d'œuvre de 1989 (données disponibles les plus récentes) montre aussi que le commerce (commerce et restaurants) est la principale source d'emplois en milieu urbain: sa part dans l'emploi du secteur informel est de 40,22 pour cent (voir tableau 1.3). Il ressort aussi de cette enquête que 5,5 pour cent seulement de la population active (soit 378000travailleurs sur environ 7millions de personnes) travaillent dans le secteur formel, contre 13,7 pour cent dans le secteur informel urbain, ce qui témoigne de la forte contribution de ce dernier à la création d'emplois.
Tableau 1.3. Structure des activités du secteur informel dans certains centres urbains en Ouganda
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Pourcentages |
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Transformation alimentaire |
9,94 |
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Vêtements/chaussures |
10,41 |
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Fabrication de produits métalliques |
9,94 |
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Produits du bois |
5,99 |
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Artisanat |
3,15 |
||
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Construction |
4,26 |
||
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Garages |
1,73 |
||
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Commerce/restaurants |
40,22 |
||
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Transports |
4,10 |
||
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Services |
8,99 |
||
|
Autres |
0,47 |
||
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NS |
0,79 |
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Total |
100,00 |
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Source: Enquête nationale sur la main-d'œuvre, Ouganda (tableau 4.42), 1989. | |||
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Une activité typique du commerce informel est la vente d'articles de consommation divers - aliments, charbon de bois, bois de feu, journaux, livres, articles de ménage -, dans des kiosques, sur des étals de marché ou par colportage. Aliments, boissons ou repas (viande, maïs grillés, etc.) sont vendus dans de petits restaurants, au marché ou dans la rue. Dans les grandes villes des pays qui reçoivent beaucoup de touristes, la vente d'objets d'artisanat est une source considérable d'emplois et de revenus.
De façon générale, l'accroissement du nombre des micro-entreprises et l'augmentation corrélative du travail occasionnel dans les pays en développement ont renforcé, pour les multinationales, la possibilité de recourir indirectement aux travailleurs du secteur informel par le biais de la sous-traitance. On trouve souvent des travailleuses à domicile et des enfants à la première extrémité de la chaîne mondiale de production/distribution.
1.3 Effets de la mondialisation dans le secteur
du commerce, en particulier pour les femmes
Le secteur du commerce a enregistré une croissance nette importante de l'emploi dans les pays industriels, mais le taux de chômage y demeure néanmoins plus élevé que dans l'économie dans son ensemble (voir figure 1.10). Dans les pays en transition, c'est l'inverse qui est vrai (voir figure1.11).
En règle générale, le commerce emploie plus de femmes que les autres secteurs, notamment dans certains pays d'Amérique latine et dans les pays en transition, qui détiennent le pourcentage de travailleuses le plus élevé pour le secteur.
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Encadré 1.4
Le commerce de détail est, au Canada, le deuxième employeur. En 1993, sa contribution à l'emploi salarié a été de 13 pour cent et elle continue d'augmenter de façon sporadique. Depuis quelques années, on assiste à une féminisation assortie d'une déqualification de la main-d'œuvre, et les formes atypiques d'emploi prédominent dans le secteur. Selon la Chambre de commerce du Canada, l'effectif du secteur de la vente au détail au Canada s'établissait à 1,7 million de travailleurs en 1990, avec un chômage de 6,6 pour cent. En 1997, les chiffres de l'emploi n'avaient pas changé et le taux de chômage avait légèrement diminué (5,8 pour cent). En 1995, les femmes représentaient 51 pour cent de la main-d'œuvre du commerce de détail et 46pour cent du personnel de vente. La ventilation de la main-d'œuvre féminine par taille de l'établissement, catégorie professionnelle et profession montre que dans l'Ontario les femmes prédominent dans les très petites entreprises (moins de cinq salariés) et les gros établissements (plus de 500salariés). Elles ont tendance à travailler dans des établissements généralistes, des boutiques de vêtements pour femmes, des merceries, des pharmacies, des boutiques de fleuriste et des bureaux de tabac, alors que les hommes travaillent plutôt dans des entreprises de vente et de réparation de véhicules à moteur, des quincailleries, des magasins de meubles, d'appareils ménagers ou des débits de boissons alcoolisées. Les femmes prédominent aux postes de caissières (91 pour cent), de vendeuses (84 pour cent) et de couturières (73pour cent), et les hommes aux postes de commerciaux (74 pour cent) et de magasiniers (95 pour cent). Source: BIT, Programme des entreprises multinationales, document de travail no 79, 1997. |
En 1997, dans les pays industriels, le commerce a subi en règle générale plus de pertes d'emplois que le reste de l'économie, sauf dans certains pays tels que l'Australie, l'Espagne et le Japon.
Jusqu'aux années soixante-dix, les débats sur l'emploi salarié reposaient, implicitement ou non, sur le modèle de la relation d'emploi classique, ainsi caractérisée: un employeur et un lieu de travail uniques; un contrat de travail indéfini; un travail à temps plein; une forme ou une autre de protection sociale et juridique.
Ce type de relation d'emploi était loin d'être universel même pendant les années soixante-dix (il était peu répandu dans les pays en développement), mais aujourd'hui on peut dire que les formes atypiques de travail gagnent du terrain dans beaucoup de pays.
Comme l'indique une étude du Groupe de travail sur la dimension sociale de la libéralisation du commerce international, il est difficile, compte tenu du manque de données complètes et des différences de définitions, d'établir des comparaisons entre pays. Les analyses de tendances au sein des pays et de groupes de pays sont un peu plus fiables. Depuis le milieu des années soixante-dix, le travail à temps partiel a progressé dans la plupart des pays pour lesquels on dispose de données: dans les douze pays membres de l'Union européenne en 1987, la part du travail à temps partiel dans l'emploi a augmenté, passant de 8,9 pour cent en 1987 à 10,2 pour cent en 1990 et à 12,2 pour cent en 1997. Le travail temporaire a augmenté depuis le début des années quatre-vingt dans tous les pays de l'échantillon sauf au Japon, où il n'a pour ainsi dire pas changé, et en République de Corée, où il a nettement baissé. Dans beaucoup de pays en développement, l'emploi atypique est souvent un emploi «non protégé», sans contrat de travail écrit ni sécurité sociale prévue par la loi. Certes ce type de travail rémunéré «informel» n'est pas nouveau, mais les données disponibles pour un échantillon de pays d'Amérique latine indiquent qu'il ne cesse de s'accroître dans tous ces pays depuis le début des années quatre-vingt-dix.
Il est difficile de savoir si cette évolution est principalement imputable à la mondialisation, mais il y a des raisons de croire qu'il existe une certaine corrélation. Des études devront être faites pour quantifier plus précisément cette corrélation. Outre la mondialisation, l'évolution de l'offre a aussi contribué à l'émergence de certaines formes d'emploi atypique, comme le travail à temps partiel, très répandu dans le secteur du commerce. Lorsqu'il leur est possible de choisir, ce sont généralement les femmes elles-mêmes qui optent pour le temps partiel, car il leur permet de concilier activité professionnelle et responsabilités familiales.
Dans presque tous les pays, les femmes qui travaillent dans le commerce sont plus touchées par le chômage que les hommes, ce qui s'explique notamment par le fait qu'elles sont plus nombreuses à occuper des emplois peu qualifiés, précaires et à temps partiel. En 1997, parmi les pays pour lesquels on dispose de données, c'est en Pologne qu'on enregistrait la plus grande disparité du taux de chômage entre hommes et femmes dans le commerce (4,7 pour cent pour l'ensemble des travailleurs contre 18,7 pour cent pour les travailleuses). Parmi les pays en transition, le taux de chômage des femmes dans ce secteur n'était inférieur au taux global du secteur que dans deux pays: la Lettonie et la Lituanie. Pour ce qui est des pays industrialisés, l'Australie et le Royaume-Uni sont aussi les seuls pays dans lesquels le taux de chômage des femmes dans le commerce a été inférieur au taux correspondant pour la main-d'œuvre en général. En Asie, où l'emploi dans le commerce a particulièrement souffert ces dernières années, notamment depuis la crise économique et financière de 1997, il semble que les femmes soient beaucoup plus touchées que les hommes par le chômage, mais on ne dispose que de très peu de données.
L'impact de la mondialisation et de la restructuration sur l'emploi dans le commerce a donc d'importantes conséquences pour les politiques de promotion de l'égalité et les initiatives qui peuvent en découler dans le monde entier.
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Encadré 1.5
Le commerce de détail, l'un des secteurs les plus importants de l'économie française, représente 13,3 pour cent de l'emploi. Dans ce secteur, caractérisé par de bas salaires et une main-d'œuvre composée essentiellement de jeunes et de femmes, dont beaucoup travaillent à temps partiel, l'habillement représente près de la moitié de l'emploi total, 57 pour cent des ventes et plus de 15pour cent des établissements. L'agrandissement de la taille des entreprises, l'introduction de l'informatique et de méthodes modernes de gestion ont bouleversé l'organisation interne du secteur de la vente au détail et des tâches qui s'y rapportent. Le travail à temps partiel y est plus répandu, les besoins de qualifications ont changé et la productivité a augmenté. Cependant, ces changements n'ont guère stimulé l'emploi ni sensiblement modifié la nature du travail dans les magasins de vêtements. Le commerce de détail reste caractérisé par de bas salaires, une forte proportion de femmes (55 à 60 pour cent), un taux élevé de rotation du personnel et une faible syndicalisation. L'emploi et les contrats de travail à temps partiel sont devenus plus courants ces dernières années, notamment dans les hypermarchés et les supermarchés, ce qui témoigne de la flexibilisation du travail pour les employeurs, mais sa précarisation pour les salariés. Aujourd'hui, la distribution joue un rôle actif dans la filière traditionnelle du vêtement; elle a complètement modifié les règles de la concurrence et en particulier le contenu des tâches tant des fabricants que des détaillants. Un nouveau modèle de régulation et de contrôle des filières de la confection se dessine depuis les années quatre-vingt-dix. Il associe production flexible et système de distribution au plus juste, avec un mélange de contrats à court terme et à long terme. Beaucoup de changements opérés dans la structure et l'organisation de la vente au détail des vêtements se répercutent dans toute la filière. Les plus gros détaillants ont exercé une forte influence en amont sur les fabricants de vêtements et de textiles. Ils ont fait pression sur eux pour qu'ils réduisent leurs prix et les délais de livraison, fournissent des gammes complètes et offrent divers services complémentaires. Les détaillants ont aussi établi des partenariats avec des sous-traitants. Ils ont incité les fabricants traditionnels à modifier leurs méthodes et leurs modes de relation avec eux-mêmes mais aussi avec les sous-traitants. Source: BIT. |
Travail atypique et précarisation ne vont pas forcément de pair. Certaines personnes préfèrent travailler à temps partiel ou de façon temporaire. Ainsi, en 1997, 58,5 pour cent des travailleurs à temps partiel des quinze pays de l'Union européenne ne souhaitaient pas travailler à temps plein, et 9,5 pour cent combinaient travail à temps partiel et études ou formation. Les femmes étaient encore plus nombreuses à avoir choisi de travailler à temps partiel.
* * *
Le présent chapitre s'est attaché à déterminer l'influence de la mondialisation et de la restructuration sur la croissance de l'emploi en général et l'évolution de la part du commerce dans l'emploi total. Cependant, il est très difficile d'établir la corrélation exacte entre la mondialisation et l'emploi dans le secteur du commerce car d'autres facteurs économiques, politiques et techniques doivent être pris en compte.
La situation de l'emploi dans le secteur du commerce s'est globalement améliorée entre 1990 et 1997. Le nombre de travailleurs y a augmenté dans la majorité des pays. Qui plus est, la part du commerce dans l'emploi a augmenté dans un pays sur deux.
Les chiffres montrent bien l'importance de la contribution du commerce à l'emploi entre 1990 et 1997 et son rôle économique dans différentes régions du monde. Dans les vingt-quatre pays industriels pour lesquels on dispose de statistiques, environ 6 millions d'emplois ont été créés dans ce secteur. Celui-ci est par ailleurs à l'origine de 1,5 million d'emplois nouveaux dans 19 pays en transition pour lesquels on dispose aussi de données. Dans les dix-sept pays d'Asie et du Pacifique étudiés, ce sont 40 millions d'emplois, dont la moitié rien qu'en Chine, qui ont été créés au cours de cette période. Dans le même temps, 6 millions d'emplois ont été créés dans 27 pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
La part du commerce dans l'emploi s'est élevée, dans les trente-cinq pays étudiés, à 18 pour cent, dont 15 pour cent dans les pays industriels, 12 pour cent dans les pays en transition, 17pour cent dans les pays d'Asie et 20 pour cent en Amérique latine. Il y a lieu de noter que la croissance annuelle de l'emploi dans ce secteur est nettement supérieure à celle de l'emploi global dans la majorité des pays. Entre 1995 et 1997, les plus forts taux de croissance pour le secteur ont été enregistrés par les pays en transition (6 pour cent) et les pays d'Amérique latine (4 pour cent).
La capacité du secteur du commerce à maintenir son niveau d'emploi actuel, voire à l'améliorer, dépend en grande partie de l'accroissement continu du pouvoir d'achat et du rythme de la croissance économique.
D'autres effets, spécifiques, de la mondialisation et de la restructuration du commerce sur l'emploi sont étudiés dans les chapitres 2, 3 et 4.
2. Internationalisation
et nouveaux circuits commerciaux
Le commerce des services de distribution s'effectue essentiellement grâce à une présence commerciale et à la fourniture transfrontière de marchandises. Les deux principaux services de distribution, les services de commerce de gros et les services de commerce de détail, sont surtout fournis grâce à une présence commerciale, mais la situation peut évoluer étant donné les progrès techniques récents. Les services de franchisage font habituellement l'objet d'un commerce transfrontière alors que la fourniture des services de courtage est soit transfrontière, soit assurée grâce à une présence commerciale.
2.1.1 Le commerce de détail change de physionomie
Les détaillants jouent un rôle crucial dans la commercialisation. En plus des marchandises qu'ils font circuler du producteur au consommateur, ils rapportent des informations du consommateur. Le commerce de détail occupe une place centrale. Aux Etats-Unis, il emploie ainsi près de 25millions de personnes. Les «nouveaux» détaillants semblent avoir adopté une philosophie et un style nouveaux. Au lieu de faire eux-mêmes l'inventaire de chaque article, ils rendent les fournisseurs en grande partie responsables de la disponibilité des produits. Les fournisseurs suivent la progression des ventes en temps réel aux points de vente grâce à l'informatique et reconstituent automatiquement les stocks au fur et à mesure. Ils sont payés par virement électronique de banque à banque, ce qui permet d'éliminer beaucoup de paperasse.
Lorsque fabricants et détaillants travaillent ensemble, la distribution et la commercialisation y gagnent énormément en efficacité. Le travail en partenariat entraîne une transformation de la relation entre ces deux groupes, qui reposait traditionnellement sur des rapports d'opposition; ils se reconnaissent ainsi en tant qu'éléments d'un même processus - qui peut être fortement rationalisé et simplifié - de distribution des produits aux consommateurs. Cette façon de travailler offre les avantages d'une intégration verticale sans les inconvénients d'un tel système. A l'origine, on trouve le mouvement dit de «réaction rapide» propre à l'industrie de l'habillement. Dans le marché de l'épicerie, on parle d'ECR (Efficient Consumer Response ou Efficacité continuellement renouvelée), ou encore «réponse optimale au consommateur».
Grâce à la technologie, le travail en partenariat est facilité, mais ce n'est pas tout: le commerce électronique va jusqu'à se substituer peu à peu au commerce de détail classique. L'expérience américaine montre que, pour beaucoup de clients pressés, la vente en ligne ou sur catalogue, avec l'assurance d'être livré le lendemain, permet de gagner du temps par rapport aux achats effectués dans un centre commercial.
Les sociétés de vente par correspondance seront probablement les plus touchées par le commerce électronique, celui-ci pouvant mieux renseigner les clients même si, par ailleurs, il souffre en partie des mêmes limites que la vente par correspondance, notamment les délais de livraison.
On note, par ailleurs, un mouvement de convergence entre le commerce de détail, l'industrie du divertissement et les loisirs. Certaines sociétés comme WaltDisney, WarnerBros, Discovery CommunicationsInc., Sony et Viacom se sont lancées avec enthousiasme dans le commerce de détail, et certains détaillants n'hésitent pas longtemps à ajouter les loisirs à leurs offres existantes. Dans cette découverte du lien entre le commerce et les loisirs, ces derniers apparaissent très clairement comme ce qui fait la différence entre une sortie-achats et le commerce classique ou électronique. Dans certains mégacentres, on trouve des boîtes de nuit, des zoos, des cafés-théâtres, des stands de tir, des salles de jeux virtuels et des salles de cinéma gigantesques. On assiste également à un rapprochement entre le commerce de détail et le savoir. Les clients peuvent acquérir de nouvelles connaissances et les parents passer de manière plus enrichissante le temps limité qu'ils peuvent consacrer à leurs enfants. Les clients qui se rendent dans ces endroits n'y vont pas seulement pour acheter des produits ou pour y apprendre quelque chose, mais aussi pour flâner, discuter et se retrouver avec d'autres personnes, et ils dépensent plus d'argent que ceux qui vont dans un centre commercial classique.
Enfin, au lieu d'une véritable mondialisation du commerce de détail, il faut plutôt s'attendre à une sorte d'intégration régionale. La chaîne de l'offre n'étant pas suffisamment mondialisée, les détaillants internationaux auront affaire à divers fournisseurs de différentes régions du monde, ce qui diminuera les économies d'échelle. C'est pourquoi, au lieu de s'étendre à travers le monde, ils chercheront plutôt à dominer une région déterminée (pour des raisons de partage des coûts).
2.1.2 Fusions et acquisitions internationales
Les fusions et acquisitions ne constituent qu'une façon parmi d'autres de passer au stade de l'internationalisation, l'engagement dans des activités internationales pouvant aussi prendre la forme d'une prise de participation dans le capital d'une entreprise ou de la création d'une filiale étrangère grâce à une croissance interne, mais c'est celle qui domine les flux d'investissements directs étrangers dans les principaux pays avancés.
En 1998, les détaillants européens étaient à la fois les acheteurs les plus actifs et la principale cible de cette activité de fusion et d'acquisition du commerce de détail international; le commerce de détail occupait le dixième rang des industries les plus actives au monde pour ce type d'opérations. En 1998, les transactions transfrontières du commerce de détail représentaient 17967millions de dollars des Etats-Unis au total. Pour le commerce de gros, l'Amérique duNord était une cible plus importante que l'Europe. Les transactions transfrontières du commerce de gros représentaient 6553millions de dollars des Etats-Unis.
Entre 1991 et 1998, la valeur annuelle des fusions et acquisitions dans le commerce de détail international est passée de 1729à 17967millions de dollars des Etats-Unis. Dans le commerce de gros international, l'augmentation a été beaucoup moins importante (de 1675à 6553millions de dollars des Etats-Unis).
Parmi les entreprises américaines les plus performantes dans le commerce de détail à l'étranger figurent:
| ||||||||||||||||
Parmi les entreprises européennes les plus performantes dans la vente au détail à l'étranger figurent:
En Asie, la reprise des dépenses des consommateurs devrait profiter dès qu'elle se produira à:
2.1.3 Les plus grosses entreprises
Les grossistes les plus importants sont des entreprises des Etats-Unis et d'Europe occidentale. Toutefois, parmi les 500 plus grandes sociétés du monde, on ne trouve que trois grossistes européens, deux entreprises allemandes et une entreprise irlandaise (voir tableau 2.1). De même, on n'y trouve que trois détaillants asiatiques et trois européens (voir tableau 2.2).
Tableau 2.1. Les grossistes les plus importants au monde, 1997
|
| |||||
|
Société |
Rang parmi les
|
Recettes
|
Bénéfices
| ||
|
En millions de
|
Variation en % par
|
En millions de
|
Variation en % par
| ||
|
| |||||
|
McKesson Corporation |
174 |
20 857,3 |
32,8 |
154,9 |
15,7 |
|
Supervalu Inc. |
222 |
17 201,4 |
3,9 |
230,8 |
31,8 |
|
Franz Haniel & Cie. GmbH |
226 |
16 907,1 |
0,9 |
177,6 |
-13,6 |
|
Ingram Micro Inc. |
233 |
16 581,5 |
37,9 |
193,6 |
75,0 |
|
Fleming Companies Inc. |
254 |
15 372,7 |
-6,8 |
25,4 |
-4,9 |
|
Sysco Corporation |
281 |
14 454,6 |
7,9 |
302,5 |
9,2 |
|
Bergen Brunswig Corporation |
387 |
11 660,5 |
17,3 |
81,7 |
11,1 |
|
Cardinal Health Inc. |
415 |
10 968,0 |
23,8 |
181,1 |
61,9 |
|
Edeka Zentrale |
465 |
9 887,3 |
- 8,3 |
46,8 |
19,2 |
|
- |
133 890,4 |
- |
1 394,4 |
- | |
|
Source: Fortune Magazine (New York). | |||||
|
| |||||
Tableau 2.2. Les principales entreprises généralistes, 1997
|
| |||||
|
Société |
Rang parmi les
|
Recettes
|
Bénéfices
| ||
|
En millions de
|
Variation en % par
|
En millions de
|
Variation en % par
| ||
|
| |||||
|
Wal-Mart Stores Inc. |
8 |
119 299,0 |
12,4 |
3 526,0 |
15,4 |
|
Sears, Roebuck and Co. |
50 |
41 296,0 |
8,0 |
1 188,0 |
- 6,5 |
|
K-mart Corporation |
76 |
32 183,0 |
2,4 |
249,0 |
0,0 |
|
J.C. Penney Co. Inc. |
87 |
30 546,0 |
29,2 |
566,0 |
0,2 |
|
Dayton Hudson Corporation |
107 |
27 757,0 |
9,4 |
751,0 |
62,2 |
|
The Daiei Inc. |
120 |
25 882,2 |
- 8,5 |
9,9 |
0,0 |
|
Federated Department Stores Inc. |
246 |
15 668,3 |
2,9 |
536,0 |
101,6 |
|
Groupe Pinault-Printemps |
256 |
15 280,0 |
- 2,8 |
488,8 |
21,1 |
|
MYCAL Corporation |
262 |
15 005,8 |
- 7,3 |
83,2 |
- 39,1 |
|
Karstadt Group |
300 |
13 720,4 |
- 14,1 |
93,6 |
141,3 |
|
Marks & Spencer PLC |
308 |
13 536,5 |
8,8 |
1 361,2 |
13,7 |
|
The May Department Stores Co. |
344 |
12 685,0 |
0,7 |
775,0 |
2,6 |
|
Takashimaya Co. Ltd. |
431 |
10 463,9 |
- 8,7 |
67,7 |
- 19,1 |
|
- |
373 323,1 |
- |
9 695,4 |
- | |
|
Source: Fortune Magazine (New York). | |||||
|
| |||||
En Europe, on trouve parmi les vingt premiers détaillants des entreprises allemandes, françaises, britanniques et néerlandaises. En Asie, le Japon se détache nettement du lot. Parmi les trente-cinq premiers détaillants, il y a deux entreprises australiennes et une entreprise de la République de Corée. Le reste est constitué d'entreprises japonaises (voir tableau 2.3). Le tableau2.4 décrit les effectifs des grands distributeurs de différents pays.
Tableau 2.3. Les principaux détaillants d'Asie, 1998 (en millions de dollars)
|
| ||||||||
|
Classement
|
Société |
Pays |
Activité
|
Chiffre
|
Bénéfices
|
Actifs |
Capital-
|
Capitalisation
|
|
| ||||||||
|
29 |
Ito-Yokado |
Japon |
Commerce de détail |
25 867 |
582,4 |
16 318 |
7 756 |
22 820 |
|
62 |
Coles Myer |
Australie |
Commerce de détail |
14 305 |
289,8 |
4 983 |
1 872 |
4 964 |
|
74 |
Woolworths |
Australie |
Commerce de détail |
12 867 |
207,9 |
3 039 |
1 021 |
3 880 |
|
106 |
Takashimaya |
Japon |
Grands magasins |
10 269 |
68,4 |
7 312 |
1 775 |
2 439 |
|
130 |
UNY |
Japon |
Grands magasins |
8 702 |
106,1 |
5 123 |
1 792 |
3 275 |
|
136 |
Mitsukoshi |
Japon |
Grands magasins |
8 413 |
- 320,6 |
5 165 |
276 |
1 302 |
|
152 |
Daimaru |
Japon |
Grands magasins |
7 251 |
11,4 |
3 603 |
587 |
619 |
|
231 |
Seibu Dept. Stores |
Japon |
Grands magasins |
5 073 |
4,2 |
3 736 |
98 |
- |
|
241 |
Isetan |
Japon |
Grands magasins |
4 880 |
21,2 |
4 350 |
990 |
2 116 |
|
267 |
Marui |
Japon |
Grands magasins |
4 531 |
158,9 |
6 011 |
3 265 |
6 316 |
|
279 |
Tokyu Dept. Store |
Japon |
Grands magasins |
4 312 |
- 127,1 |
3 827 |
597 |
232 |
|
284 |
Matsuzakaya |
Japon |
Grands magasins |
4 214 |
- 29,7 |
2 167 |
637 |
887 |
|
349 |
Hankyu Dept. Stores |
Japon |
Grands magasins |
3 445 |
9,6 |
2 804 |
833 |
1 144 |
|
369 |
Nagasakiya |
Japon |
Vêtements |
3 226 |
- 35,0 |
3 144 |
9 |
158 |
|
484 |
Kintetsu Dept. Store |
Japon |
Grands magasins |
2 491 |
4,8 |
1 401 |
106 |
- |
|
510 |
Seven-Eleven Japan |
Japon |
Bazarettes |
2 371 |
504,2 |
4 877 |
3 514 |
29 947 |
|
512 |
Parco |
|||||||