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Vue d'ensemble de la Convention du travail maritime ,
2006
Les activités de l'OIT dans le secteur maritime
Les gens de mer ainsi que leurs conditions de travail et de vie ont
toujours fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'OIT.
- Les premiers instruments de l'OIT ont eu pour but d'améliorer les
conditions de travail des gens de mer.
- L'un des premiers instruments adoptés par l'OIT, un an après sa création,
fut une recommandation maritime (à savoir la recommandation ( no. 9)
sur les statuts nationaux des marins, 1920), prévoyant l'importance
de l'élaboration d'un code international des gens de mer qui formulerait
expressément les droits et obligations relatives à ce secteur.
- Les questions relevant particulièrement de la situation des gens
des mer ont été, dès l'origine, examinées dans le cadre d'une session
spéciale, appelée session maritime de la Conférence International du
Travail.
- La première session maritime de la Conférence internationale
du Travail de l’OIT s’est tenue en 1920. Depuis, 9 sessions
maritimes ont eu lieu (dont la dernière en 1996).
- La 94ème session de la Conférence internationale du
Travail se déroulera en février 2006. Elle sera la dixième
session maritime.
- L’OIT consacrera cette dixième session à l’examen
et à l’adoption d’un important instrument, la convention
du travail maritime, 2006, qui devrait concrétiser l’idée
d’un code complet relatif aux droits des gens de mer et aux obligations
des États, dont la nécessité avait déjà été entrevue
en 1920.
L’OIT et les normes du travail maritime
- Depuis 1920, l’OIT a adopté plus de 65 instruments maritimes
(conventions et recommandations ).
- Ces instruments, considérés dans leur ensemble, traitent
de manière complète de tous les aspects des conditions
de travail des gens de mer.
- Parmi les questions traitées figurent des considérations
essentielles pour assurer les conditions d’un « travail
décent » aux gens de mer, telles que l’âge
minimum d’accès au travail à bord des navires,
la durée du travail, la protection de la sécurité et
de la santé au travail, les normes en matière de logement
et de service de table, l’accès aux soins médicaux,
le rapatriement, l’inspection du travail et la sécurité sociale.
Changements devant être apportés aux activités
normatives de l’OIT
- Le phénomène connu sous le nom de « mondialisation » a
amené l’OIT à revoir ses activités normatives
et de contrôle, afin de garantir que ses normes soient élaborées
de manière à être universellement acceptées,
et un traitement approprié des questions liées à une
application effective de leurs dispositions.
- En 1998, l’OIT s’est engagée dans un processus
d’examen des instruments du travail maritime (conventions et
recommandations) dans le cadre d’une révision globale
de ses normes et de ses pratiques en matière d’activités
normatives.
- Les changements dans le secteur maritime ont rendu nécessaires
des changements dans les normes.
Les changements nécessaires à la modernisation des normes
maritimes de l’OIT
- Ces considérations conduisirent en 2001 les représentants
des travailleurs et des employeurs, réunis au sein de la Commission
paritaire maritime, vers une nouvelle approche destinée à assurer
: (a) une protection complète et effective du droit des gens
de mer au travail décent et (b) des règles du jeu équitables
pour les gouvernements et les armateurs, grâce à une flexibilité quant
aux moyens d’assurer cette protection et de s’adapter à la
diversité.
- Les travailleurs et les employeurs ont élaboré un certain
nombre de solutions ou d’approches ayant retenu leurs préférences
par rapport aux normes du travail maritime, dans le cadre de ce qui
est connu sous le nom d’ « Accord de Genève ».
Ces solutions ont été appuyées par les gouvernements.
- Plusieurs facteurs touchant le secteur maritime ont amené le
Conseil d’administration du BIT à adopter les idées
de l’ « Accord de Genève » et à conclure à la
nécessité d’une révision importante des
instruments pertinents, afin de mieux répondre à la nécessité pour
les normes internationales du travail de garantir un travail décent
dans le secteur maritime.
Les raisons du changement
Parmi les raisons justifiant un changement, on peut mentionner :
- Une grande partie des instruments de l’OIT ont besoin d’être
actualisés.
- Des changements structurels importants sont intervenus dans l’industrie
maritime, particulièrement au cours des 25 dernières
années.
- L’émergence d’un secteur et d’une main-d’œuvre
réellement mondialisés.
- Des changements en matière de propriété et de
financement des navires et l’apparition de sociétés
de gestion entraînant des modifications significatives sur le
marché du travail des gens de mer.
- L’apparition d’équipages regroupant de manière
délibérée différentes nationalités
dans le cadre d’un réseau global hautement organisé liant
les armateurs, les sociétés d’exploitation de navires
et d’équipages, les agences de fourniture de main-d’œuvre
et les institutions de formation.
- La multiplication des registres internationaux et des « pavillons
de complaisance ».
- La nécessité de prévoir des « règles
du jeu équitables » afin d’éviter l’exploitation
des travailleurs.
- Le stress et la complexité croissante du travail maritime ayant
une incidence réelle sur la santé et la sécurité des
travailleurs.
- Le taux de ratification relativement faible de certaines conventions
clés.
- Le niveau de détails et le nombre important de conventions maritimes
qui entraînent des problèmes en matière d’inspection
et de contrôle de l’application.
- Un changement rapide des conditions d’emploi alors que le processus
de mise à jour des conventions au sein de l’OIT est coûteux
et très long.
Les objectifs du projet de convention du travail maritime, 2006
En 2001, le Conseil d’administration du BIT a décidé d’élaborer
un nouvel instrument visant à :
- Consolider la quasi-totalité des normes du travail maritime
existantes,
- Répondre aux besoins actuels et futurs,
- S’attaquer
aux obstacles qui empêchent l’acceptation
universelle des normes et,
- Assurer une meilleure mise en œuvre
des normes et qui soit plus effective.
Un large processus de consultations, s’étendant sur plus
de quatre ans et associant jusqu’à 88 pays, a permis l’élaboration
du présent projet de convention.
La nouvelle convention a deux objectifs principaux :
- Rendre le système de protection prévu dans les normes
du travail actuelles plus proche des travailleurs concernés,
d’une manière compatible avec l’expansion rapide
du secteur mondialisé ;
- Améliorer l’applicabilité du système de
manière à ce que les armateurs et les gouvernements attachés
au principe de l’établissement de conditions de travail
décentes n’aient pas à supporter une charge injuste
en matière de protection.
Le projet de convention a été examiné en détail
en septembre 2004 par la Conférence technique maritime préparatoire
(CTMP), regroupant plus de 500 délégués, qui ont
adopté à la fois la structure et la majorité du
texte de convention proposé.
Une réunion de suivi s’est tenue en avril 2005. Elle a élaboré un
texte complémentaire concernant certaines questions n’ayant
pas été résolues par la CTMP. Elle a également
examiné les propositions d’amendements qui n’avaient
pas été examinées au cours de la CTMP, par manque
de temps.
Le nouveau projet de convention adopté par la CTMP associe le
meilleur des anciennes conventions avec de nouvelles dispositions.
Il combine les normes fondamentales prévues dans les conventions
existantes avec une présentation innovatrice, visant à permettre
une acceptation universelle et une nouvelle approche destinée à garantir
un respect en continu des dispositions ainsi qu’une mise à jour
plus rapide des normes techniques.
Présentation du projet de convention du travail maritime, 2006
Trois parties différentes mais interdépendantes:
- Articles
- Règles
- Code (Partie A, normes obligatoires ; Partie B, principes directeurs
non obligatoires )
Les articles sont suivis par les dispositions des règles et du
code groupées sous cinq titres selon une « structure intégrée
ou verticale »
- Titre 1 : Conditions minimales requises pour le travail des gens
de mer à bord d’un navire
- Titre 2 : Conditions d’emploi.
- Titre 3 : Logement, loisirs,
alimentation et service de table.
- Titre 4 : Protection de la santé,
soins médicaux, bien-être
et protection en matière de sécurité sociale.
- Titre
5 : Respect et mise en application des dispositions.
Exemple d’une intégration verticale (extraits) :
Règle 1.2- Certificat médical
Objet : assurer que tous les gens de mer sont médicalement
aptes à exercer leurs fonctions en mer
1. Aucun marin ne peut travailler à bord d’un navire
s’il ne produit un certificat médical attestant qu’il
est médicalement apte à exercer ses fonctions ...
Norme A1.2 – Certificat médical
1. L’autorité compétente exige qu’avant
de commencer à servir à bord d’un navire les
gens de mer soient en possession d’un certificat médical
valide attestant qu’ils sont médicalement aptes aux
fonctions qu’ils accompliront en mer….
Principe directeur B1.2 – Certificat médical
Principe directeur B1.2.1 – Directives internationales…
Caractéristiques innovatrices
Quelques caractéristiques innovatrices de la nouvelle convention
:
- Un nouveau système permettant une mise en application et un
respect effectifs - un système de certification des normes du
travail (un certificat de travail maritime ainsi qu’une déclaration
de conformité du travail maritime délivrés par
l’État du pavillon).
- La certification par l’État du pavillon ainsi qu’un
système
d’inspection dans les ports étrangers s’appliquant
aux navires d’une jauge supérieure à 500 tonneaux
affectés aux voyages internationaux ou aux voyages entre des
ports étrangers. Ce système de certification peut également
s’appliquer, à la demande de l’armateur, à d’autres
navires.
- Le certificat et la déclaration fourniront un commencement
de preuve du respect des prescriptions de la convention.
- Les normes continueront à s’appliquer à la plupart
des autres navires (les petits navires pouvant être exclus de
l’application de certaines prescriptions). Cependant, les dispositions
sur l’inspection dans le port et les prescriptions en matière
de certification ne seront pas obligatoires
- Des procédures accélérées d'amendement de la convention permettant
de mettre à jour les dispositions du code, afin de mieux s'adapter
aux changements dans le secteur
- Des procédures de plaintes, à bord et à terre, permettant de favorise,
si possible, le règlement rapide des problèmes
- Un système de plaintes et d'inspection lié au système de contrôle
bien établi de l'OIT
- Des dispositions établissant des normes internationales prévoyant
la délégation de certaines fonctions relevant de l'État du pavillon
à un organisme reconnu
- Un approche basée sur la gestion modernisée de la sécurité et de
la santé au travail
Conclusion
La convention du travail maritime, 2006, répond à une nécessité car
:
- Elle établira un système moderne visant à améliorer les conditions
de travail décentes dans le monde maritime, tout en favorisant leur
mise en application effective
- Elle offrira à ce secteur mondialisé une base, régie par des règles
du jeu équitables, pour exclure une concurrence qui soit fondée sur
des pratiques de travail injustes, déloyales et d'exploitation.
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