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Le Programme des Activités Sectorielles de l'Organisation internationale du Travail dirige un programme d'action pendant le biennal 2004-2005 pour aider les Etats membres à améliorer l'accès à et la qualité de l'éducation, dans le cadre de la campagne international de l’Education pour Tous, en aidant à résoudre la pénurie de enseignants qualifiés.

Introduction

Aujourd’hui que l’éducation revêt une importance primordiale dans nos sociétés du savoir et de l’information, la pénurie d’enseignants s’accentue dans le monde. Une étude récemment publiée par le BIT et l’UNESCO, A Statistical Profile of the Teaching Profession (2002), révèle que, malgré l’accroissement du recrutement de nouveaux enseignants depuis 1990, les pressions démographiques et la nécessité de réduire le taux élevé de population non scolarisée aggravent la pénurie déjà chronique dont souffrent de nombreux pays en développement. Cette situation compromet fortement la réalisation de cet objectif ambitieux: l’éducation pour tous, qui devrait être atteint à l’horizon 2015. Dans les pays développés, les pénuries de personnel enseignant – qu’elles affectent l’ensemble des domaines d’étude, une matière en particulier, ou encore qu’elles soient propres à certaines régions (trois facteurs qui peuvent d’ailleurs être conjoints) – prennent une telle ampleur que les ministères de l’Education de nombreux pays de l’OCDE ont décidé, dans le cadre d’un projet ad hoc, d’échanger idées et informations sur les mesures qui permettront de remédier à une telle situation. C’est en effet à cette seule condition que l’on pourra assurer la mise en place de systèmes d’apprentissage tout au long de la vie accessibles à tous.

Questions et problèmes

Les problèmes ne sont pas identiques dans tous les pays. Dans les pays en développement, les pénuries chroniques d’enseignants, conjuguées à l’absence des conditions élémentaires indispensables à la pratique de l’enseignement comme à la poursuite de l’apprentissage, se traduisent depuis de nombreuses années par un gonflement excessif des effectifs des classes, un taux d’abandon élevé, l’impossibilité – qui touche surtout les filles – d’accéder ne serait-ce qu’aux rudiments de l’enseignement scolaire et, d’une manière générale, la médiocre qualité de l’enseignement. Ces pays doivent résoudre d’importantes difficultés, touchant notamment:

  • la formation de base des enseignants;
  • leurs possibilités d’avoir accès à une formation en cours d’emploi, même rudimentaire;
  • le relèvement des salaires, souvent dérisoires, propre à renforcer la motivation des candidats à l’enseignement et à permettre la création de nouveaux emplois dans des économies soumises à d’importantes contraintes budgétaires et fiscales;
  • la mise en place d’une infrastructure élémentaire d’appui à l’enseignement;
  • les inégalités entre hommes et femmes – qui peuvent dissuader les filles d’embrasser la carrière de l’enseignement;
  • et enfin la lutte contre les ravages infligés par le VIH/SIDA.


Par-delà leurs différences de niveau socio-économique, nombre de pays sont confrontés à une même question: comment institutionnaliser, entre les autorités publiques et privées responsables de l’enseignement et les syndicats d’enseignants, un dialogue social véritable susceptible de déboucher sur l’engagement d’une réforme salutaire de l’éducation.

Moyens d’action proposés par l’OIT

Le programme d’action d’éduction de l’OIT a été mis en place pour résoudre ces difficultés et aider les Etats Membres et les partenaires sociaux à rendre la profession enseignante plus attrayante et à répondre aux exigences fixées en matière de qualité de l’éducation. Ce programme s’appuie sur un ensemble de recherches, sur la création de forums pour le dialogue social et sur l’élaboration, entre 2004 et 2006, d’un rapport global.

La première étape du programme consistera en une réflexion sur les obstacles auxquels se heurtent les divers pays et sur les solutions envisageables à l’échelon régional. Les résultats de cette réflexion prendront la forme de rapports de pays. Ces rapports, conjugués aux recommandations pratiques formulées lors des réunions sectorielles de l’OIT ainsi que par le Comité conjoint OIT/UNESCO d’experts sur l’application des recommandations concernant la condition du personnel enseignant (CEART), ainsi qu’aux analyses de la situation nationale et des meilleures pratiques communiquées par les participants, constitueront la matière première d’un dialogue social qui se poursuivra dans chaque région dans le but de délimiter avec précision les obstacles et d’arrêter les mesures – politiques, législatives ou autres – qu’il faudra mettre en œuvre pour les surmonter.

Enfin, en 2006, le Bureau réunira l’ensemble des résultats (recherches régionales et bilan du dialogue social) dans un rapport global qui sera présenté au Conseil d’administration, au CEART et à l’ensemble des Etats Membres. Le programme sera complété par la mise en place de procédures de contrôle et
d’évaluation qui permettront d’évaluer son incidence sur les politiques et les pratiques nationales.

 

Mise à jour par AV. Approuvée par BR/NJ. Dernière modification des pages: 11 février 2005.