Présentation du droit du travail de la Fédération de
Russie
Par Vladislav Egorov et Gerung von Hoff.
Dernière mise à jour, mai 2001.
Le Code du Travail Russe a été récemment modifié. Si vous souhaitez obtenir des information actualisées, veuillez consulter la version anglaise de ce document. La version française sera prochainement mise à jour.
Cadre constitutionnel
L'actuelle Constitution de la Fédération de Russie est
entrée en vigueur le 12 décembre 1993, après avoir
été approuvée dans le cadre d'un
référendum national. Elle précise entre autres que la
Fédération de Russie est une République
multi‑ethnique, démocratique, fédérative, qui
repose sur l'État de droit (Article 1). Le pouvoir de l'État
est divisé entre le législatif, l'exécutif et le
judiciaire qui sont indépendants l'un de l'autre (Article 10).
Aux termes de l'Article 65 de la Constitution, la Fédération
de Russie est un État fédéral comportant 21
républiques, 68 territoires et régions autonomes, y compris
deux villes fédérales, Moscou et Saint-Pétersbourg (89
circonscriptions).
Le Président de la Fédération de Russie, qui est le
chef de l'État et le Commandant en chef des forces armées,
est élu pour un mandat de quatre ans par les citoyens de la
Fédération sur la base d'un vote général,
égal, direct et secret. Le Président ne peut être
réélu que pour deux mandats consécutifs (Article 81 de
la Constitution).
Le pouvoir législatif suprême est confié à
l'Assemblée fédérale qui comporte deux chambres : le
Conseil de la Fédération et la Douma (Article 95 de la
Constitution). Le Conseil de la Fédération compte 178
sièges qui sont pourvus par des représentants
désignés par chacune des 89 circonscriptions
fédérales. Les membres remplissent un mandat de quatre ans.
La Douma compte 450 députés et est élue pour quatre
ans. La moitié de ses membres sont élus à la
représentation proportionnelle sur les listes de partis ayant obtenu
au moins 5 pour cent des votes. L'autre moitié est élue
à partir des circonscriptions des membres au vote direct pour un
mandat de quatre ans.
Pour qu'une loi soit adoptée, il faut qu’elle soit
approuvée par la Douma. Elle est ensuite soumise au Conseil de la
Fédération. Si ce dernier rejette le projet de loi, une
Commission de conciliation est créée pour surmonter les
contradictions. Le Président peut également rejeter le projet
de loi mais son veto peut être désavoué par une
majorité des deux tiers du nombre total de membres du Conseil de la
Fédération et des députés de la Douma (Article
107 de la Constitution).
La Constitution définit explicitement les pouvoirs exclusifs du
Gouvernement fédéral (Article 71). Elle précise
également les questions qui relèvent de la juridiction
conjointe du Gouvernement fédéral et des circonscriptions de
la Fédération (Article 72). Cette juridiction conjointe
englobe également la législation du travail (Article 72 j)).
Le chef du Gouvernement de la Fédération de Russie est
nommé par le Président avec le consentement de la Douma. Si
la Douma rejette trois fois les candidats proposés par le
Président, celui-ci peut nommer un chef de gouvernement, dissoudre
la Douma et appeler de nouvelles élections (Article 111 de la
Constitution).
La Cour Suprême de la Fédération de Russie est l'organe
judiciaire le plus élevé pour les questions civiles,
pénales, administratives et autres (Article 126 de la Constitution).
La Cour Suprême d'arbitrage est l'organe judiciaire suprême qui
s'occupe de régler les différends économiques et les
autres affaires dont sont saisis les tribunaux d'arbitrage de rang
inférieur (Article 127 de la Constitution). Les juges des cours
suprêmes sont nommés par le Conseil de la
Fédération, sur proposition du Président.
Les droits du travail dans la Constitution
Aux termes de l'Article 7 de la Constitution, la Fédération
de Russie est un État social, dont la politique doit viser à
créer des conditions permettant à l’être humain
d’avoir une vie digne et de se développer librement. Elle doit
protéger le travail et la santé de ses citoyens,
définir un salaire minimum garanti, garantir l’aide de
l'État à la famille, à la mère, au père
et aux enfants et également aux personnes handicapées et aux
personnes âgées, mettre en place un système de services
sociaux et prévoir des pensions, subventions et autres garanties de
protection sociale.
L'Article 37 de la Constitution énumère les droits
fondamentaux du travail, y compris le libre choix du type d'activité
et de profession, l'interdiction du travail forcé, des conditions de
travail qui satisfont à des normes de sécurité et
d'hygiène, des rémunérations sans aucune
discrimination, un salaire minimum décidé par une loi
fédérale, la protection contre le chômage, le droit de
participer à des conflits sociaux individuels et collectifs, le
droit de grève, la durée garantie par la loi des horaires de
travail, des jours de congés et des vacances, ainsi que des
congés annuels payés. L'Article 30 de la Constitution stipule
que chacun a le droit de se réunir, y compris celui de créer
des syndicats afin de protéger ses propres intérêts.
Liens Web vers la Constitution :
En anglais :
http://www.departments.bucknell.edu/russian/const/ch1.html ou
http://www.uni-wuerzburg.de/law/rs__indx.html
En russe :
http://www.gov.ru/main/page4.html
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Législation du travail
L’ensemble de la législation du travail de la
Fédération de Russie a une structure codifiée à
laquelle s’ajoute d’autres textes. Parallèlement au Code
du travail qui regroupe de manière systématique un grand
nombre de dispositions statutaires concernant à la fois les
relations individuelles de travail et les rapports professionnels, il
existe d’autres textes dans ce domaine qui complètent et
étoffent les dispositions du Code du travail.
Code du travail
Contrairement à ceux de 1918 et de 1922, le Code du travail de la
Fédération de Russie du 9 décembre 1971, qui est
toujours en vigueur, n'a pas été introduit de façon
indépendante mais sur la base des éléments
fondamentaux de la législation du travail de l'URSS en date du 15
juillet 1970 qui devait définir un cadre législatif pour
l'ensemble de l'Union soviétique.
Le Code du travail contient 255 articles qui traitent des questions
suivantes : droits fondamentaux du travail; législation du travail;
conventions collectives; contrats de travail; emplois; horaires de travail;
temps de repos, y compris congés; rémunérations;
rémunération à la tâche et en fonction du temps;
garanties et compensations; discipline du travail; santé et
sécurité; protection de la maternité; travail des
jeunes; privilèges des travailleurs qui associent travail et
étude; conflits sociaux; syndicats et participations des
travailleurs; collectifs; assurance sociale de l'État; supervision
et contrôle du respect de la législation du travail; et
particularités des réglementations s’appliquant
à des catégories individuelles de travailleurs.
Des amendements importants ont été apportés au Code du
travail de la Fédération de Russie le 25 septembre 1992, le
dernier d'entre eux étant entré en vigueur le
18 janvier 2001.
Afin d'adapter la législation du travail aux récents
changements socio‑économiques et de faire en sorte qu'elle
facilite la transition vers une société plus
démocratique et à économie de marché; une
révision de l'ensemble du Code du travail est actuellement en cours.
Plusieurs projets de texte ont été soumis à la Douma
pour examen, notamment un projet de texte préparé par le
Gouvernement qui a été publié dans la Revue
hebdomadaire nationale Economica i Jizn du 9 mars 2001 (No 9) afin
de faire l'objet d'un débat public (voir également les
nouvelles relatives aux lois sur le travail).
Autres lois en vigueur
Les dispositions du Code du travail sur les relations du travail
collectives ont été complétées et
développées dans plusieurs autres textes de lois distincts,
notamment :
- loi de 1992 sur les accords et conventions collectifs (dernière
amendement en date du 1er mai 1999);
- loi de 1995 sur les conflits sociaux;
- loi de 1996 sur les syndicats;
- loi de 1999 sur la Commission tripartite russe de réglementation des
relations socio-professionnelles;
Parmi les autres textes d’importance appliqués, il convient
également de mentionner (par ordre chronologique) :
- loi de 2000 sur le salaire minimum;
- loi de 1999 sur la santé et la sécurité au travail;
- loi de 1998 sur l'assurance sociale obligatoire en cas d’accident du
travail ou de maladie professionnelle (dernier amendement en date du 2
janvier 2000);
- loi de 1998 sur le service municipal (dernier amendement en date du 13
avril 1999);
- loi de 1997 sur l'insolvabilité (faillite);
- loi de 1995 sur le soutien de l'État aux petites entreprises;
- loi de 1995 sur le service public (dernier amendement en date du 7
novembre 2000);
- loi de 1991 sur l'emploi des personnes (dernier amendement en date du 17
juillet 1999).
Autres sources de droit du travail
Aux termes de l'Article 90 de la Constitution de la
Fédération de Russie, le Président publie des
décrets et des ordonnances qui ont force de loi sur l'ensemble du
territoire de la Fédération de Russie et ne peuvent
être en contradiction avec la Constitution ou les lois
fédérales. Ces décrets et ordonnances constituent
actuellement une importante source de droits du travail dans la
Fédération de Russie. Le pouvoir exécutif de la
Fédération est exercé par le Gouvernement (Article 110
de la Constitution).
Les décrets et les ordonnances pris par le Gouvernement sur la base
de la Constitution et conformément à ses dispositions, compte
tenu des lois fédérales et des décrets normatifs du
Président constituent également une importante source de
législation du travail ayant force de loi sur l'ensemble du
territoire. Si ces décrets et ordonnances sont en contradiction avec
la Constitution, les lois fédérales et les décrets du
Président, ce dernier peut les abroger (Article 115 de la
Constitution).
Il faut citer également les documents normatifs publiés par
le Ministère du travail et du développement social dans le
but de faire appliquer la législation du travail en vigueur dans la
Fédération de Russie. Plusieurs autres organes
exécutifs fédéraux sont également
habilités à publier des textes normatifs dans la limite des
pouvoirs qui leur sont conférés par la législation
fédérale, les décrets et les ordonnances du
Président ou du Gouvernement.
Étant donné que, selon l'Article 72 j) de la Constitution, la
législation du travail relève de la juridiction conjointe de
la Fédération de Russie et de ses circonscriptions, les
réglementations en matière de droit du travail prises
à ces niveaux semblent également constituer une très
importante source.
Les accords bipartites ou tripartites régissant les relations
socio‑professionnelles au niveau national, sectoriel ou territorial
ainsi que les conventions collectives d’entreprises ont
également un rôle important à jouer en matière
de réglementation. Des "accords généraux" de niveau
national ont été introduits aux termes du décret
présidentiel du 15 novembre 1991 sur les partenariats sociaux et le
règlement des conflits en tant que nouvel instrument de politique du
travail. Ces accords doivent être conclus sur une base tripartite et
annuelle entre le Gouvernement et les organisations d'employeurs et de
travailleurs les plus représentatives afin de définir les
responsabilités des parties s’occupant de domaines tels que
l'emploi, la protection sociale, les rémunérations, etc. Ces
accords semblent similaires à ceux qui sont souvent conclus dans les
pays d'Europe de l'Ouest entre les trois "partenaires sociaux". En 2000, un
accord général national, 71 accords fédéraux
sectoriels, 77 accords régionaux et 2293 accords régionaux
sectoriels ainsi que 161 700 conventions collectives d'entreprises ont
été conclus dans la Fédération de Russie (voir
l'hebdomadaire national Economika i Jizn de mars 2001 (No 9)).
La jurisprudence joue également un rôle important dans la
législation du travail. Les révisions constitutionnelles
publiées par le Tribunal constitutionnel et l'interprétation
des dispositions de la législation du travail donnée par les
organes judiciaires supérieurs ont non seulement force de loi pour
tous les organes judiciaires inférieurs du pays mais jouent
également un rôle important dans le processus de
révision de la législation du travail. Ces révisions
et ces interprétations aident le législateur à mieux
comprendre ce qu'il faut modifier dans le système de
réglementations actuelles et comment le faire afin de mieux
l'adapter aux nouvelles préoccupations économiques et
sociales et par conséquent qu’il soit mieux appliqué.
Le droit international est également considéré comme
une source de droit du travail dans la Fédération de Russie.
Aux termes de l'article 15 4) de la Constitution, les principes et normes
actuellement reconnus du droit international ainsi que les traités
internationaux auxquels la Fédération de Russie est Partie
sont une composante de son système juridique. Si un traité
international auquel la Fédération est Partie prévoit
d'autres règles que celles précisées par la loi, ce
sont celles du traité international qui s'appliquent.
Liens sur le Web sur le droit du travail :
en russe :
http://www.mintrud.ru/
http://www.consultant.ru/
http://www.supcourt.ru/
http://www.systema.ru/
http://law.optima.ru/
en russe et en anglais :
http://www.gov.ru/
http://garant.park.ru/
http://www2.kodeks.net/
http://ks.rfnet.ru/
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Contrat de travail
Durée et type de contrat de travail
Les contrats de travail peuvent être conclus sans limite de temps, ou
pour une période de temps définie (appelée
ci-après "contrat à durée déterminée").
Ce dernier type de contrat est autorisé lorsque des relations
d'emploi ne peuvent pas être établies pour une durée
indéterminée en raison du caractère du travail
prévu (par exemple, travail saisonnier), des conditions de travail,
des intérêts du travailleur ou dans des cas directement
prévus par la loi (Article 17 du Code du travail de la
Fédération de Russie). Tous les contrats de travail doivent
être rédigés par écrit (Article 18 du même
Code).
Période d'essai
Après la conclusion d'un contrat de travail, les parties peuvent
convenir d'une période d'essai pour que les aptitudes du travailleur
correspondent bien au travail qui lui est demandé. Les conditions de
la période d'essai doivent être précisées par
écrit au moment de l'embauche. La législation du travail
s'applique en totalité au travailleur qui effectue une
période d'essai. Toutefois, il n'y a pas de période d'essai
lorsque sont embauchés des travailleurs qui n'ont pas atteint
18 ans, des jeunes travailleurs qui terminent leurs études dans des
instituts spécialisés ou techniques et des invalides de la
seconde guerre mondiale (Article 21 du Code du travail).
La période d'essai ne peut pas dépasser trois mois, sauf
disposition contraire prévue dans la législation, et six
mois, dans des cas individuels et avec l’accord de l'organisme
syndical compétent (Article 22 du Code).
À l'issue de la période d'essai, si le travailleur est
maintenu à son poste, cela signifie qu'il (elle) a terminé la
période d'essai avec succès et que son contrat de travail ne
peut être résilié que conformément aux
règles générales prévues dans ce cas dans le
Code du travail. Si les résultats ne sont pas satisfaisants pendant
la période d'essai, les règles générales
susmentionnées ne s'appliquent pas au travailleur qui quitte
l'emploi (par exemple, aucune indemnité de licenciement n'est
versée). Le travailleur a toutefois le droit de faire appel devant
un tribunal (Article 23 du Code du travail).
Aux termes de l'Article 23 de la Loi de 1995 sur le service public, la
période d'essai dans la fonction public peut être
prolongée jusqu'à six mois.
Interruption du contrat de travail
Les circonstances dans lesquelles il peut être mis fin à un
contrat de travail sont les suivantes :
-
consentement mutuel des parties;
-
expiration d’un contrat de durée déterminée,
à l’exception des cas où la relation d’emploi
continue de fait et qu’aucune partie n’a demandé
qu’il y soit mis fin;
-
appel sous les drapeaux du travailleur;
-
le contrat de travail est résilié :
-
par le travailleur;
-
à l’initiative de l’employeur, ou
-
pour certaines raisons, lorsqu’un organisme syndical (niveau minimum
de l’arrondissement) demande le licenciement d’un cadre de
l’entreprise (voir l’Article 37 du Code de travail
ci‑après);
-
mutation de l’employé, avec son consentement, dans une autre
entreprise, institution ou organisation ou à un poste pourvu par
voie d’élection;
-
refus de l’employé de suivre son entreprise dans une autre
localité;
-
refus de l’employé de continuer à travailler en raison
d’un changement des conditions fondamentales de travail;
-
application d’un jugement du tribunal condamnant
l’employé à une peine d’emprisonnement ou
à une autre sentence excluant la possibilité qu’il
continue à travailler (Article 29 du Code du travail).
Aux termes de l’Article 37 du Code du travail de la
Fédération de Russie, l’employeur est tenu
d’interrompre le contrat de travail d’un membre du personnel
dirigeant d’une entreprise ou de le (la) muter à la demande de
l’organisme syndical compétent, si la personne :
-
enfreint les dispositions de la législation du travail;
-
ne respecte pas les clauses d’une convention collective;
-
fait preuve d’un esprit bureaucratique ou abuse de la paperasserie.
Fin du contrat de travail à l’initiative de
l’employé. Un employé peut mettre fin à un
contrat de travail de durée indéterminée à
n’importe quel moment à condition de donner un préavis
de deux semaines (avec l’accord des parties, le contrat peut prendre
fin avant l’expiration de ce préavis) (Article 31 du Code du
travail). L’employé peut mettre fin à un contrat de
durée déterminée avant la fin du contrat en cas de
maladie ou d’incapacité l’empêchant
d’exécuter le travail prévu dans le contrat, ou si
l’employeur enfreint les dispositions de la législation ou
d’une convention collective, ou pour toute autre raison justifiable
(Article 32 du Code du travail).
Fin du contrat de travail à l’initiative de
l‘employeur.Le principe général garantissant la
protection légale contre un licenciement abusif est
énoncé à l’Article 40 1) du Code du travail. En
outre, certaines catégories de licenciements sont automatiquement
injustifiées, notamment pour des raisons de sexe, de race, de
nationalité, de langue, d’origine sociale, de situation
financière, de lieu de résidence, de convictions religieuses,
d’affiliation à des associations sociales et autres
circonstances qui n’ont pas de lien avec les qualités
professionnelles de l’employé. Lors de l’embauche
d’une personne pour un travail, les distinctions, exceptions,
préférences et limites impliquant des exigences en rapport
avec un type particulier de travail ou motivés par une
préoccupation particulière de l’État concernant
des catégories spécifiques de travailleurs qui
requièrent une plus grande protection sociale et juridique, ne sont
pas considérées comme un acte de discrimination (Article 16
du Code du travail). Par conséquent, le licenciement des femmes
enceintes ou des femmes ayant des enfants de moins de trois ans est
illégal sauf en cas de fermeture totale de l’entreprise
(Article 170 du Code du travail) tout comme l’est celui de
représentants élus d’un syndicat pour des motifs
disciplinaires sans le consentement du syndicat concerné (Article
235 du Code du travail). De plus, les représentants syndicaux ne
peuvent pas être renvoyés pendant les deux années
suivant la fin de leur mandat, sauf dans le cas où
l’entreprise ferme ses portes(Article 235 du Code du travail).
D’une manière générale, le droit de
l’employeur à mettre fin à n’importe quel contrat
de travail (contrats de durée indéterminée et contrats
à durée déterminée) se limite aux motifs
ci‑après énoncés dans l’Article 33 du Code
du travail) :
-
liquidation de l’entreprise ou réduction de l’effectif
de personnel;
-
compétences insuffisantes ou état de santé qui
empêchent de continuer un travail particulier;
-
inaptitude systématique de l’employé à
s’acquitter des tâches qui lui sont confiées,
après application des sanctions disciplinaires et sociales
prévues à l’Article 135 du Code du travail;
-
nonchalence (y compris absences de plus de trois heures pendant la
journée de travail) sans raison justifiée;
-
absence pendant quatre mois continus en raison d’une
incapacité temporaire de travail pour raisons de santé
(à l’exclusion des congés de maternité)
à moins qu’une période plus longue n’ait
été prévue par la loi pour la maladie en question. Le
poste (emploi) d’un employé qui n’est plus apte
à travailler en raison d’une blessure ou d’une maladie
professionnelle doit être conservé (jusqu’à ce
qu’il soit rétabli);
-
réintégration de l’employé qui faisait
précédemment le travail (retour d’un appelé du
service militaire, par exemple);
-
le travailleur se présente au travail en état
d’ivresse, sous l’emprise de drogues ou de toute autre
substance intoxicante;
-
vols commis sur le lieu de travail, avec application d’une
condamnation émanant d’un organe judiciaire ou administratif
compétent.
La résiliation pour les motifs indiqués sous 1), 2) et 6) est
autorisée s’il est impossible de muter l’employé,
avec son consentement, à un autre poste.
Conformément à l’Article 35 du Code du travail, la
résiliation pour les motifs précisés sous 1), à
l’exception des cas de liquidation d’une entreprise, 2) et 5),
est autorisée seulement s’il y a consentement préalable
de l’organisme syndical élu concerné.
L’Article 254 du Code civil prévoit les motifs
supplémentaires de résiliation ci-après à
l’initiative de l’employeur, lesquels peuvent s’appliquer
à des catégories spécifiques de travailleurs :
-
violation grave des responsabilités du travailleur par le directeur
d’une entreprise ou ses subalternes;
-
comportement d’un travailleur directement responsable de valeurs
(monétaires ou autres) qui engendre une perte de confiance;
-
délits moraux perpétrés par le travailleur
chargé de tâches éducatives qui sont incompatibles
avec la poursuite d’un tel travail;
-
autres motifs précisés dans le contrat de travail du
directeur d’une entreprise.
Indemnités de départ.En cas d’interruption
d’un contrat de travail aux termes de l’Article 29 6) ou de sa
résiliation aux termes de l’Article 33 2), 6); ou en cas de
résiliation d’un contrat à durée
déterminée par l’employé à la suite du
non-respect par l’employeur du contrat de travail ou de la convention
collective, l’employé touche une indemnité de
départ équivalant au moins à la
rémunération moyenne de deux semaines (Article 36 du Code du
travail).
Licenciements.Lorsque des travailleurs sont licenciés par une
entreprise en raison de sa liquidation ou d’une réduction du
personnel, ceux-ci doivent être informés du licenciement
à venir, personnellement et par courrier recommandé, au moins
deux mois à l’avance. L’employeur doit également
informer l’organisme syndical concerné au moins trois mois
avant que les licenciements prennent effet (Article 40‑2) du Code du
travail). Aux termes de l’Article 40‑39 du même Code, les
travailleurs licenciés reçoivent:
-
une indemnité de licenciement équivalant à leur
rémunération mensuelle moyenne;
-
une rémunération moyenne pendant une période ne
dépassant deux mois à compter de la date de
résiliation du contrat pendant laquelle ils recherchent un nouvel
emploi, y compris une indemnité de licenciement;
-
une rémunération moyenne également pendant le
troisième mois après la date de résiliation, si
l’employé s’est inscrit, dans les deux semaines suivant
la fin du contrat, dans un organisme de placement mais n’a pas pu
trouver d’emploi.
^ début de la page
Horaires de travail
Aux termes de l’Article 42 du Code du travail, la durée
normale du temps de travail ne doit pas dépasser 40 heures par
semaine. Pour les travailleurs qui n’ont pas encore atteint 18 ans,
l’Article 43 du Code prévoit une durée de travail
réduite : pas plus de 36 heures par semaine pour les jeunes de 16
à 18 ans; pas plus de 24 heures par semaine pour les jeunes de 14
à 16ans.
Les travailleurs employés dans un environnement à risque ou
malsain travaillent 36 heures par semaine (Article 44 du Code du travail),
L’Article 46 du Code du travail prévoit une semaine de travail
de cinq jours sauf pour les entreprises dans lesquelles, en raison de la
nature de la production et des conditions de travail, une semaine de
travail de six jours est nécessaire.
La durée du travail de nuit doit être réduite
d’une heure (Article 48 du Code du travail).
En général, les heures supplémentaires ne sont pas
autorisées. L’Article 54 du Code du travail stipule que
seulement dans les circonstances exceptionnelles précisées
à l’Article 55 du Code du travail, l’employeur peut
demander à l'employé de faire des heures
supplémentaires, sous réserve de l’accord de
l’organisme syndical concerné. Les heures
supplémentaires ne doivent pas dépasser 4 heures par
employé pendant deux jours consécutifs et 120 heures par an
(Article 56 du Code du travail).
^ début de la page
Congés payés
Un congé payé annuel qui ne doit pas être
inférieur à 24 jours ouvrables est accordé aux
travailleurs. Pour les travailleurs n’ayant pas 18 ans, la
durée du congé payé est d’un mois (Article 67 du
Code du travail). Un congé annuel supplémentaire est
accordé à certaines catégories de travailleurs dont il
est question à l’Article 68. Pendant la première
année, le congé est accordé aux travailleurs à
l’issue d’une période de onze mois de travail
ininterrompue dans une seule entreprise (Article 71 du Code du travail).
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Protection de la maternité et congé de maternité
Aux termes de l’Article 170 du Code du travail, il est interdit de
refuser d’engager des femmes ou de réduire leur
rémunération pour des raisons liées à une
grossesse ou à l’existence d’enfants. Un tel refus
d’engagement peut faire l’objet d’un recours devant un
tribunal. Le renvoi, sur l’initiative de l’employeur,
d’une femme enceinte ou d’une femme ayant des enfants de moins
de trois ans (ou de mères célibataires ayant un enfant de
moins de 14 ans ou un enfant handicapé de moins de 16 ans)
n’est pas autorisé, sauf en cas de liquidation de
l’entreprise ou lorsqu’un autre emploi doit être
trouvé par l’employeur.
Le travail de nuit, les heures supplémentaires, le travail pendant
les jours de congés et les voyages d’affaires sont interdits
aux femmes enceintes et aux femmes ayant des enfants de moins de trois ans
(Article 162 du Code du travail).
Il peut être demandé à des femmes qui ont des enfants
âgés entre trois et quatorze ans (ou des enfants
handicapés de moins de 16 ans) de faire des heures
supplémentaires ou de se déplacer en voyages d’affaires
sans leur consentent (Article 163 du Code du travail).
Selon avis médical, la femme enceinte peut être mutée
dans un autre emploi afin d’exclure les risques liés à
des conditions de travail défavorables, sans modification de la
rémunération moyenne qui lui était versée pour
son précédent emploi (Article 164 du Code du travail).
Les femmes ayant des enfants de moins d’un an et demi ont droit de
prendre des pauses supplémentaires pour les nourrir. Ces pauses sont
accordées toutes les trois heures et leur durée ne doit pas
être inférieure à 30 minutes (Article 169 du Code du
travail).
Aux termes de l’Article 165, les femmes ont droit à 70 jours
de congé prénatal et à 70 jours de congé
postnatal (en cas de naissance difficile elles ont droit à 86 jours
et pour la naissance d’un ou de plusieurs enfants, à 100
jours). Pendant un congé de maternité, la femme a le droit de
toucher des allocations équivalant à la totalité des
sommes versées par l’assurance sociale de l’État
(Article 240 du Code du travail). À sa demande, un congé
parental d’éducation payé lui est accordé pour
la garde d’un enfant jusqu’à l’âge
d’un an et demi, avec versement pendant cette période
d’une allocation de l’assurance sociale de l’État.
De plus, sur demande, il lui est accordé un congé parental
d’éducation supplémentaire sans
rémunération jusqu'au troisième anniversaire, avec
versement pendant la période considérée, d’une
allocation conforme à la législation en vigueur
(Décret présidentiel du 23 février 1995). Ce
congé parental d’éducation partiellement payé
ainsi que le congé supplémentaire sans
rémunération peuvent également être
accordés au père de l’enfant, à la
grand-mère, au grand-père ou à tout autre parent qui
s’en occupe. À sa demande, la femme peut, alors qu’elle
s’occupe de l’enfant, travailler (moins d’une semaine
entière) à la maison. Pendant son congé de
maternité, son poste sera conservé (Article 167 du Code du
travail).
^ début de la page
Autres droits à des congés
En cas d’incapacité temporaire de travail en raison d’un
accident du travail on d’une maladie professionnelle ou autre, une
indemnité est versée par la caisse d’assurance sociale
de l’État. L’indemnité pour incapacité
temporaire de travail à la suite d’un accident ou d’une
maladie professionnelle correspond à la totalité des gains,
dans d’autres cas elle s’établit entre 60 et 100 pour
cent selon la durée ininterrompue de service, le nombre
d’enfants mineurs à charge et autres circonstances. Le montant
minimum de l’indemnité d’incapacité de travail
temporaire est fixé à 90 pour cent du salaire minimum
(Article 239 du Code du travail).
Pour d’autres évènements liées à la
famille ou d’autres raisons justifiables, un travailleur peut, sur
demande et sous réserve de l’autorisation de
l’employeur, se voir accorder un congé de courte durée
(ne dépassant pas habituellement 12 jours ouvrables) sans versement
de salaire (Article 76 du Code du travail).
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Âge minimum et protection des jeunes travailleurs
Les jeunes de moins de 15 ans ne peuvent être admis au travail. Dans
des cas exceptionnels et avec l'accord du syndicat compétent, des
enfants âgés de 15 ans peuvent être engagés. Dans
des situations qui n'entraînent aucun risque pour la santé et
n'interfèrent pas avec la scolarité, un jeune de plus de 14
ans peut être autorisé à occuper un emploi peu
contraignent en dehors des périodes scolaires (Article 173 du Code
de travail).
Il est interdit à des adolescents de moins de 18 ans d'entreprendre
des travaux à risque ou un travail dans des conditions dommageables
ou dangereuses, y compris un travail en sous-sol. Le transport et le
déplacement par des mineurs d'objets lourds qui dépassent les
normes maximales établies (16,4 kg pour les garçons et 10,25
kg pour les filles) sont également interdits (Article 175 du Code du
travail).
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Égalité de rémunération
Le principe de l'égalité de rémunération est
défini comme un droit fondamental dans la Constitution de la
Fédération de Russie (Article 19). En conséquence,
"l'État garantit l'égalité de droits et les
libertés quels que soient le sexe, la race, la nationalité,
la langue, l'origine, la position financière et le statut social, le
lieu de résidence, les pratiques religieuses, les convictions,
l'appartenance à des associations publiques ou toutes autres
circonstances". Ce droit fondamental à l'égalité est
également énoncé dans l'Article 16 du Code du travail.
L'inégalité de rémunération est par
conséquent illégale.
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Questions de rémunération
Selon l'Article 78 du Code du travail, tout travailleur qui a
travaillé normalement la totalité du mois et s'est
acquitté des tâches qui lui ont été
confiées, a droit à une rémunération
équivalant au moins au minimum établi de façon
statutaire. Le type, système de rémunération,
échelle des salaires, traitements, primes et autres incitations
financières sont déterminés de façon
autonome au niveau de l'entreprise et consignés dans des accords
collectifs et autres actes normatifs locaux (Article 80 du Code du
travail). L'Article 81-1 du même Code prévoit l'indexation des
rémunérations conformément aux procédures
définies dans la Loi de 1992 sur l'indexation des revenus et de
l'épargne (Article 81-1 du Code du travail). Les traitements doivent
être versés régulièrement, et au moins tous les
15 jours (Article 96 du Code du travail).
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Réglementation concernant les syndicats
La liberté d'association est garantie par la Constitution de la
Fédération de Russie, selon laquelle "chacun a le droit
d'association, y compris le droit de créer un syndicat afin de
protéger ses intérêts" (Article 30 1)).
Les activités des syndicats sont régies par la Loi de 1996
sur les syndicats et par le Code du travail de la Fédération
de Russie. Tous les travailleurs (âgés de 14 ans au moins) ont
le droit de créer librement et de façon indépendante
des syndicats pour protéger leurs droits, d'en être membre, de
participer à leurs activités et de les quitter sans
autorisation préalable. Les syndicats ont le droit de créer
leurs propres associations au niveau de la branche d’activité,
du territoire ou à tout autre niveau. Ils ont le droit de
coopérer avec les syndicats d'autres pays, de faire partie de
syndicats et autres associations et organisations internationaux et de
conclure des traités et des accords avec eux (Article 2 de la loi
sur les syndicats).
Dans leurs activités, les syndicats sont indépendants des
organes du pouvoir exécutif, des organes locaux, des employeurs et
de leurs groupements (syndicats, associations), des partis politiques et
autres entités publiques, et ils ne sont pas responsables devant eux
ou soumis à leur contrôle. Toute ingérence de la part
d'organes de l'État, d'organes de gouvernements locaux (autonomes)
ou de leurs représentants dans les activités des syndicats,
qui pourrait entraîner une limitation des droits syndicaux ou
entraver l'exercice légitime de leurs activités, est
interdite (Article 5 de la loi sur les syndicats).
Selon l'Article 8 de cette même loi, l'enregistrement des syndicats
est facultatif. Il est seulement exigé lorsqu'un syndicat souhaite
acquérir la personnalité juridique. Dans ce cas, il doit
s'inscrire auprès Ministère de la justice de la
Fédération de Russie ou auprès de ses agences
territoriales selon l'endroit où il se trouve. Un défaut
d'inscription ou une inscription frauduleuse peut faire l'objet de
poursuites judiciaires.
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Participation des travailleurs
Selon l'Article 227 du Code du travail, les travailleurs d'une entreprise
exercent leur droit de participation par le biais des assemblées
générales du collectif de travailleurs, du conseil des
collectifs, des syndicats et autres organes habilités par le
collectif à faire des propositions relatives à
l'amélioration du travail d'une entreprise et également
à des questions touchant aux services de protection et
socio‑culturels. Tous les salariés dans l'entreprise, y
compris les cadres, font partie du collectif.
1
À propos des pouvoirs du collectif, il convient de mentionner les
principaux droits suivants :
-
adoption des règles pratiques d'une entreprise (Article 130 du Code
du travail);
-
élection d'une commission de règlement des conflits
individuels (Article 203 Code du travail);
-
décision sur la question de savoir s'il faut ou non conclure une
convention collective dans l'entreprise (Article 10 de la Loi de 1992 sur
les accords et les conventions collectifs);
-
création d'organismes autonomes aux fins des négociations de
conventions collectives (Article 2 de la même loi);
-
approbation du texte de la convention collective (Article 12 de la
même loi);
-
décision sur les actions revendicatives (Article 15 de la Loi de
1995 sur le règlement des conflits collectifs du travail).
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Négociations des conventions et accords collectifs
L'Article 7 du Code du travail définit la convention collective
comme un acte juridique qui réglemente les relations
professionnelles et socio‑économiques entre l'employeur et les
travailleurs d'une entreprise. Le cadre législatif des
négociations des conventions collectives de travail dans la
Fédération de Russie est défini dans la Loi de 1992
sur les conventions et les accords collectifs. Si l'expression "conventions
collectives" s’applique dans cette loi à des conventions
collectives bipartites négociées au niveau de l'entreprise,
l'expression "accords" signifie des accords (bipartites ou tripartites)
conclus aux niveaux fédéral, de la branche
d’activité ou territorial (Articles 2, 18 de la loi
susmentionnée) pendant une période minimale d'un an et
maximale de trois ans (Articles 14, 22 de la même loi).
Le droit de participer à des négociations de conventions
collectives est accordé, d'une part, aux syndicats ou aux organismes
autonomes créés lors des assemblées
générales des travailleurs de l'entreprise et, par ailleurs,
aux employeurs ou organes les représentants. Toutes les parties
peuvent lancer une négociation collective. Après avoir
reçu une invitation écrite à cette fin, l'autre partie
doit agir dans les sept jours. En cas de représentation multiple,
chaque représentant a le droit de négocier au nom des
travailleurs qu’il représente (Article 6 de la loi de 1992 sur
les conventions et les accords collectifs). L'Article 12 de la même
loi prévoit que dans un délai de cinq jours, ces
représentants peuvent constituer un organisme conjoint chargé
de négocier et de signer conjointement une convention collective. En
cas d’échec, les travailleurs d'une entreprise peuvent en
assemblée générale choisir le projet de convention
collective qui convient le mieux et donner au représentant des
travailleurs qui présente ce projet le droit de le négocier ;
une fois approuvé par l’assemblée
générale des travailleurs de l'entreprise, celui-ci aura le
droit de signer une convention collective. S'il n'y a pas d’organisme
conjoint, les différents représentants des travailleurs
peuvent négocier et signer séparément une convention
collective ou ajouter à la convention collective approuvée
par l’assemblée générale des travailleurs de
l'entreprise un protocole contenant des dispositions concernant les groupes
spécifiques qu'ils représentent. Dans un délai de sept
jours, l'employeur doit envoyer la (les) convention(s) signée(s)
à l'organisme administratif compétent pour notification.
Le contenu des conventions et des accords collectifs fait l'objet d'un
examen et de négociations par les parties auxdits accords. Les
Articles 13 et 21 de la loi sur les conventions et les accords collectifs
contiennent une liste, certes pas exhaustive, des questions qui pourraient
figurer dans des conventions ou accords collectifs.
Les conventions et accords entrent en vigueur immédiatement
après leur conclusion ou à toute autre date fixée par
les parties. À son expiration, une convention ou un accord collectif
reste en vigueur jusqu'à ce que les parties auxdits accords ou
conventions le ou la modifient ou approuvent de nouveaux textes (Articles
14, 22 de la loi déjà mentionnée).
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Règlement des conflits
Le droit du travail de la Fédération de Russie prévoit
différentes procédures de règlement selon que le
conflit est individuel ou collectif. Concernant les conflits individuels,
les procédures diffèrent selon que le conflit porte sur
l'application de normes déjà existantes relatives aux
conditions de travail ("conflit de droits") ou sur de nouvelles conditions
de travail ou encore un changement des conditions existantes ("conflit
d'intérêts").
Règlement des conflits individuels
Conflits de droits .Selon l'Article 201 du Code du travail, les
conflits professionnels entre un travailleur et un employé
concernant l'application de la législation du travail et autres
actes normatifs, les conventions collectives ou autres accords relatifs au
travail ou encore les conditions du contrat d'emploi, sont examinés
par les conseils de prud’hommes et les tribunaux de grande instance.
2
La Commission chargée des conflits du travail qui est le premier
organe saisie des conflits de droits individuels est élue par
l’assemblée générale du collectif et compte au
moins quinze membres. Ceux qui ont recueilli la majorité simple des
votes à l’assemblée générale deviennent
membres. Le conflit doit être examiné par la Commission
chargée des conflits du travail dans un délai de dix jours
suivant la date de réception de la demande du travailleur. Le
conflit peut être examiné en l'absence du travailleur
seulement si celui-ci (ou celle-ci) en est convenu par écrit. La
Commission prend une décision à la majorité simple (la
moitié de ses membres plus un). Si la Commission n'a pas
examiné le conflit dans un délai de dix jours, le travailleur
a le droit de retirer sa demande et de saisir le tribunal. Si la Commission
a tranché mais que le travailleur n'est pas d'accord avec la
décision, il (ou elle) peut saisir le tribunal dans un délai
de dix jours (Articles 203 à 208 du Code du travail).
Dans certains cas, un conflit de droits individuels peut être
porté directement (c'est‑à‑dire, sans avoir
été examiné par la Commission chargée des
conflits du travail) devant un tribunal. C'est notamment le cas dans les
situations suivantes :
-
il n’existe pas de commission chargée des conflits du travail
dans l'entreprise où le conflit survient;
-
demande de réintégration ou de reclassification des motifs
de licenciement avec versement d'une indemnité de licenciement;
-
demande d’indemnisation de l'employeur pour des dommages
matériels causés par le travailleur (Article 210 du Code du
travail).
En règle générale, le tribunal peut être saisi
d'un conflit de droits individuels dans un délai de trois mois;
s’il s’agit d’un licenciement, dans un délai de un
mois; et d’une indemnisation pour dommages matériels, dans un
délai de un an (Article 211 du Code du travail).
Dans le cas d'un différend concernant un renvoi, le travailleur peut
non seulement être réintégré mais
également toucher, pendant une année au plus, la
rémunération moyenne correspondant à la période
d'absence forcée, ou la différence de
rémunération pendant la période où il a fait un
travail moins bien payé (Article 213 du Code du travail).
Conflits d'intérêts.Les conflits concernant de
nouvelles conditions de travail ou un changement des conditions existantes
pour le travailleur doivent être résolus par l'employeur et
l'organisme syndical compétent (Article 219 du Code du travail).
Règlement des conflits collectifs
L'Article 220 du Code du travail définit les conflits collectifs
comme des divergences non résolues entre les travailleurs et les
employeurs concernant la mise en place de nouvelles conditions de travail
ou la modification de conditions existantes (y compris les salaires), la
conclusion, la modification et l'application de conventions et d'accords
collectifs, lesquels sont réglés conformément à
la loi de 1995 sur le règlement des conflits collectifs du travail.
C'est pourquoi la loi semble prévoir la même procédure
à la fois pour les conflits portant sur les droits et sur les
intérêts.
Le conflit commence à partir du moment où les parties ne
parviennent pas à régler leur(s) divergence(s) par le
dialogue direct conformément aux dispositions prévues aux
Articles 3 et 4 de la loi susmentionnée (également l'Article
2). Trois procédures sont ensuite possibles:
-
la conciliation;
-
la médiation;
-
l'arbitrage.
La conciliationest une étape obligatoire. À cette fin,
une commission de conciliation comptant également un nombre
égal de représentants des parties au conflit doit être
constituée dans un délai de trois jours ouvrables à
partir du début du conflit (si les parties s'avèrent
incapables de convenir d'une commission de conciliation, elles soumettent
le différend à un médiateur ou à un arbitrage).
L'employeur n'a pas le droit de refuser de constituer une commission de
conciliation ou de participer à ses travaux. La commission dispose
de cinq jours ouvrables pour examiner le différend. La
décision prise par la commission de conciliation est opposable
à toutes les parties au conflit (Articles 5 et 6 de la loi sur le
règlement des conflits collectifs du travail).
La médiation est engagée si la conciliation a
échoué. A cette fin, les parties choisissent ensemble ou sur
recommandation du Service de règlement des conflits collectifs du
travail, qui est un organisme d'État, un médiateur pour les
aider à régler leur différend. Si dans un délai
de trois jours ouvrables, les parties ne parviennent pas à un accord
concernant le médiateur recommandé par le service, ce dernier
désigne le médiateur de son choix. La procédure de
médiation doit avoir lieu dans un délai de sept jours
à compter de sa désignation et se terminer par l'adoption
d'une résolution conjointe écrite ou l'élaboration
d'un protocole faisant état des divergences (Article 7 de la loi de
1995 sur le règlement des conflits collectifs du travail).
L'arbitrageest une procédure obligatoire auquel il faut avoir
recours dans un délai de trois jours ouvrables suivant
l'échec de la conciliation ou de la médiation. La
procédure d'arbitrage est menée par trois médiateurs
qui sont désignés soit à la suite d'un accord des
parties, soit sur la recommandation du Service de règlement des
conflits collectifs du travail. Il n'est pas possible que les
représentants des parties soient désignés comme
médiateurs. Les médiateurs doivent examiner le
différend avec les parties dans un délai de cinq jours
ouvrables. La recommandation du médiateur est obligatoire aux
parties si elles en ont ainsi décidé lorsqu'elles ont
engagé la procédure d’arbitrage (Article 8 de la loi
sur le règlement des conflits collectifs du travail).
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Grèves et lock-out
Le droit de grève est reconnu par la Constitution de la
Fédération de Russie (Article 37).
Selon l'Article 10 de la loi sur le règlement des conflits
collectifs du travail, les travailleurs peuvent avoir recours à une
grève dans les cas où l'employeur refuse de résoudre
le conflit par le biais de l'arbitrage ou de respecter les recommandations
formulées par les médiateurs, si les parties sont convenues
du caractère contraignant de ces recommandations. Une grève
est définie dans la loi susmentionnée comme un refus
temporaire et volontaire des travailleurs d'accomplir leur devoir
professionnel (en totalité ou partiellement) aux fins de
résoudre un conflit professionnel collectif (Article 2 de la
même loi).
La participation à une grève est volontaire. Personne ne peut
être obligé à participer ou à refuser de
participer à une grève. La décision de se mettre en
grève est prise lors d'une assemblée générale
des travailleurs d'une entreprise, par un syndicat, ou par une association
de syndicats et elle est considérée adoptée si pas
moins de la moitié de ceux qui sont présents votent en sa
faveur. Dans un délai de cinq jours suivant les travaux de la
commission de conciliation, les travailleurs peuvent lancer un
préavis de grève. L'employeur sera informé par
écrit au plus tard dix jours avant. Il doit en informer le Service
de règlement des conflits collectifs du travail (Article 14 de la
loi sur le règlement conflits collectifs du travail).
L'Article 16 de cette loi exige un service minimum pour certaines
catégories de travailleurs. Sinon, la grève pourrait
être considérée comme illicite.
Une grève est également considérée illicite i)
si elle constitue une véritable menace pour les fondements de
l'ordre constitutionnel et la santé d'autres personnes (Article 55
de la Constitution); ou ii) si, dans les forces armées, les organes
chargés d'appliquer les lois et les services fédéraux
de la sécurité, la grève constitue une menace pour la
défense du pays ou la sécurité de l'État. Le
droit de grève peut être limité conformément aux
lois sur l'état d'urgence. La décision de juger de la
légalité d’une grève peut être prise
à la demande de l'employeur ou du procureur fédéral
par les organismes judiciaires au niveau des circonscriptions
fédérales (Article 17 de la loi précitée).
La participation à une grève ne peut pas être
considérée comme un non-respect de la discipline du travail,
sauf participation à une grève illicite. Les travailleurs qui
participent à une grève conservent leur emploi. La
grève dispense l’employeur de l’obligation de verser le
salaire correspondant aux heures de grève. Il est en revanche tenu
de le verser aux travailleurs non-grévistes qui sont dans
l’impossibilité de fournir leur travail à cause de la
grève. L'employeur a le droit de muter les non-grévistes
à un autre poste pendant la durée de la grève
(Article 18 de la loi précitée).
L'Article 19 de la même loi interdit les lock-out.
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Liens
BIT
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Journaux officiels
- Rossiystaia Gazeta, Moscou, 1990.
- Sobranie Zakonodatel'stva Rossijskoj Federatsii, Moscou, 1993.
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-
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-
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Moskovskaia Gosudarstvennaia Juridicheskaia Akademia. Moskva, 2000.
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Yergin D., Gustafson T.: Russia 2010. 2d ed.,
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1. voir, Komentarii k Kodeksu Zakonov o Trude. Moskva, Prospekt,
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2.Il n'y a pas de tribunaux du travail dans la Fédération
de Russie.
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