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_____Emploi_____
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Cas de la Chine
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Cas des Etats-Unis
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Cas de la Chine
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et moyennes entreprises (PME)
Cas du Japon
(revisée en Septembre 2000)
La politique contractuelle de développement de la formation des salariés instituée en 1984 est définie par l’article L.951-5 du Code du travail. Son objectif est de promouvoir des actions d’anticipation des compétences favorables à l’emploi et au développement des qualifications des salariés.
Cette politique repose sur l’élaboration de contrats liant l’Etat, les organisations professionnelles ou interprofessionnelles et les employeurs qui souhaitent s’inscrire dans cette démarche.
Ces contrats sont de deux types
distincts:
Cette politique s’inscrit, en outre, dans le cadre d’un dialogue permanent avec les partenaires sociaux aux niveaux interprofessionnel, professionnel ou local sur les stratégies de développement des compétences et des qualifications.
La politique contractuelle s’inscrit dans l’histoire de la formation professionnelle continue. Conçue initialement pour corriger les effets pervers (notamment les inégalités d’accès, au détriment des salariés les moins qualifiés) de l’obligation légale des employeurs à financer la formation continue de leurs salariés, elle s’est rapidement trouvée au cœur des débats sur la Gestion prévisionnelle du personnel, des emplois et des compétences (GPPEC).
En effet, elle trouve dès son origine sa justification dans la volonté des pouvoirs publics de passer d’une logique d’obligation à une logique d’encouragement car la contribution obligatoire au financement de la formation professionnelle, instaurée par la loi de 19711, est vécue par la majorité des employeurs comme une fiscalité supplémentaire et non comme un dispositif incitatif. La création de ce dispositif cherche à modifier l’image de la formation continue, que les «prospectivistes» considèrent à cette époque comme moteur de la compétitivité des entreprises. A travers les EDDF, l’Etat s’engage donc à promouvoir une vision stratégique de l’accès à la formation continue.
Dans un premier temps, la cible déclarée est donc d’accompagner l’introduction des nouvelles technologies par la formation. La politique contractuelle est alors essentiellement centrée sur les grandes entreprises à la pointe des filières technologiques. Mais l’évolution de la politique industrielle va inciter l’administration du travail à réorienter son action en direction des salariés les moins qualifiés, toutes entreprises et tous secteurs confondus, dans une perspective de développement des dispositifs de GPPEC. Cet infléchissement, qui remonte à 1988, va donner naissance au second outil de la politique contractuelle, le CEP, destiné à permettre à l’Etat et aux partenaires sociaux d’inscrire leur réflexion en matière d’emploi et de formation professionnelle dans une vision anticipatrice des mutations économiques, techniques et organisationnelles. Le CEP est donc censé intégrer des données aussi complémentaires que celles du marché de l’emploi et celles issues de l’observation de l’évolution des métiers ou des qualifications.
Parallèlement, les EDDF vont revêtir un nouveau rôle correcteur du dispositif de formation continue dans une perspective de meilleure cohésion sociale. L’Etat dégagera ainsi des priorités sur le choix des branches, privilégiant celles d’entre elles soumises aux plus fortes tensions économiques, technologiques et humaines (métallurgie, bâtiment/travaux publics, agroalimentaire, textile, etc.).
Actuellement, le dispositif est nettement orienté, d’une part, vers les secteurs porteurs en matière de création d’emploi ou en cours de structuration et les petites et moyennes entreprises (PME) et, d’autre part, vers le développement de la formation qualifiante pour les salariés.
Les orientations générales de la politique contractuelle peuvent se résumer comme suit:
Par définition, le dispositif de la politique contractuelle est donc un dispositif partenarial. Qu’il s’agisse des EDDF ou des CEP, l’action engagée est une action commune, dont l’objectif est de permettre aux partenaires sociaux, aux entreprises et aux services publics de mieux anticiper les changements et d’orienter en conséquence leur politique et leurs décisions.
Le cadre paritaire dans lequel s’inscrit la politique contractuelle permet de mettre en évidence les fondements d’un compromis possible entre les intérêts des entreprises et les intérêts des salariés. Se trouve également facilitée l’émergence des besoins non satisfaits, qu’il s’agisse de la professionnalisation des salariés les moins qualifiés ou bien de la formation à de nouvelles compétences pour des catégories particulières de salariés.
De manière générale, on peut dire que la politique contractuelle contribue fortement à dynamiser l’action des partenaires sociaux, parfois même jusqu’à leur faire reconsidérer les accords collectifs existants.
Un groupe de travail de la Commission permanente du Conseil national de la formation professionnelle, de la promotion sociale et de l’emploi, présidé par une personnalité qualifiée, participe à la définition des orientations prioritaires de la politique contractuelle et donne un avis sur les projets d’EDDF et de CEP.
Les partenaires sociaux, dans le cadre des Commissions nationales paritaires de l’emploi, sont associés à l’élaboration des cahiers des charges des études prospectives ou des projets d’accords EDDF.
Le cas échéant, l’Etat propose un appui technique préalable aux branches qui le demandent.
D’un point de vue plus général, la dynamique d’application de la politique contractuelle doit être examinée à travers les principaux usages actuels des deux dispositifs.
La mise en œuvre du dispositif d’intervention s’effectue dans le cadre d’une contractualisation avec les branches au niveau national et la mise en œuvre de projets spécifiques au niveau régional ou territorial.
Les accords-cadres nationaux privilégient les fonctions de cadrage, d’orientation, d’ingénierie de suivi et d’évaluation des actions à conduire dans les entreprises. Leurs objectifs et leurs contenus sont différents selon les caractéristiques des secteurs concernés:
En ce qui concerne les programmes lancés au niveau régional, différents objectifs sont visés:
Ainsi, les entreprises peuvent bénéficier d’un EDDF:
Le taux d’intervention de l’Etat est compris entre 30 et 40 pour cent des dépenses correspondant aux actions éligibles à l’EDDF.
La dynamique d’application des CEP se caractérise par la volonté affichée de l’Etat de nouer des partenariats avec des secteurs professionnels qu’il convient, dans la majorité des cas, d’outiller méthodologiquement afin de favoriser une réelle implication dans la définition de politiques de formation et d’emploi. Les choix stratégiques des pouvoirs publics se portent principalement sur des secteurs peu structurés ou connaissant d’importantes mutations.
Dans la mesure où il est important de doter de façon permanente les partenaires sociaux des branches d’un outil d’aide à la négociation pour les actions qu’ils mènent dans le domaine de l’emploi et de la formation professionnelle, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) a encouragé la création d’observatoires des métiers, de l’emploi et de la formation professionnelle.
Les travaux d’étude sont conduits sur la base d’un cahier des charges, construit conjointement par l’Etat et les partenaires sociaux, qui précise:
La sélection des opérateurs est effectuée conjointement par l’Etat et la branche après mise en concurrence. Les travaux sont cofinancés par l’Etat et les professions intéressées.
Un suivi et une évaluation des actions et de leurs résultats sont prévus, en mobilisant, d’une part, des moyens internes aux professions et, d’autre part, le recours à des prestataires extérieurs indépendants.
S’agissant des évaluations «internes» à chaque accord EDDF, elles sont expressément prévues dans le cahier des charges élaboré avant la signature des protocoles ou des conventions. Elles définissent les moyens de suivi mobilisés sur toute la durée de l’accord et débouchent sur l’examen des bilans intermédiaires effectués, dans le cadre des groupes de pilotage.
En ce qui concerne les évaluations externes, elles sont systématiquement confiées à des opérateurs extérieurs publics ou privés, spécialisés dans le conseil ou l’ingénierie de formation. Elles sont soumises à un appel d’offre de droit commun et visent l’analyse des résultats quantitatifs et qualitatifs.
D’un point de vue global, le bilan physico-financier pour l’année 1996 met en évidence:
En 1999, les crédits mobilisés dans le cadre du Fonds de la formation professionnelle et de la promotion sociale, sur les CEP et les EDDF, sont de 335 millions de francs français. Les actions de la politique contractuelle ont bénéficié de cofinancement dans le cadre de l’objectif du Fonds social européen (FSE) entre 1994 et 1999.
L’évaluation des interventions de la politique contractuelle met en évidence:
Les orientations et les priorités qui sous-tendent les interventions futures de la politique contractuelle tiennent compte de ces constats. Elles ont été arrêtées dans le cadre d’une série d’échanges avec les partenaires sociaux fin 1998 et en liaison avec le projet de réforme de la formation professionnelle.
Ainsi, les objectifs prioritaires et le ciblage des interventions publiques ont été précisés, il s’agit:
En termes de secteurs d’activité, il s’agit de toucher les entreprises peu structurées du point de vue des relations sociales et de l’organisation du travail et dont le développement repose sur la professionnalisation des activités. Ces différentes caractéristiques s’appliquent plus particulièrement aux activités de services.
En termes de taille, sont particulièrement visées les entreprises de moins de 250 salariés, quel que soit le secteur d’activité, qui se caractérisent par des fonctionnements peu propices à la mise en œuvre d’actions de développement des ressources humaines. En outre, des adaptations spécifiques du dispositif d’intervention sont destinées à des approches collectives sectorielles ou territoriales.
En termes de population, il s’agit de toucher les salariés soumis à diverses formes de précarité dans leur activité professionnelle, du fait de leur qualification, de leur contrat de travail, de leur âge ou de leur parcours professionnel.
La préoccupation qui sous-tend ces orientations est de faire jouer aux interventions de l’Etat un réel effet de levier sur les politiques des entreprises en faveur de l’accès à la formation et de la qualification des salariés.
1Loi no 71-575 du 16 juillet 1971 portant organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente (Journal officiel de la République française, Lois et Décrets, 17 juillet 1971, pp. 7035 sqq.).