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Les droits sociaux doivent concerner toutes les institutions internationalesGenève, 8 novembre 2001 (ACTRAV Info): "Les normes internationales du travail doivent être inscrites à l'ordre du jour de toutes les institutions dont les politiques et les actions affectent les travailleurs et leurs conditions de travail". C'est ce qu'affirme Bill Brett, Vice-président du Conseil d'Administration du Bureau international du Travail (BIT) et président du groupe des travailleurs au sein de cette agence spécialisée des Nations Unies. Dans un article publié aujourd"hui, à la veille de l'ouverture de la Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et d'une journée d'action mondiale des syndicats, M. Brett ajoute: "en d'autres termes, les gouvernements ne devraient pas pouvoir adopter un discours à l'OIT et tenir un langage différent dans d'autres institutions comme l'Organisation mondiale du commerce (OMC)". L'article de M. Brett, qui figure dans la dernière édition d'Education ouvrière, la revue trimestrielle du Bureau des activités pour les travailleurs du BIT (ACTRAV), fait référence à l'adoption en 1998 par l'Organisation internationale du travail (OIT) d'une Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail. Celle-ci rappelle que tous les Etats Membres de l'OIT ont l'obligation, du seul fait de leur appartenance à l'Organisation, de «respecter, promouvoir et réaliser» les principes concernant les droits fondamentaux au travail à savoir: la liberté syndicale et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l'élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l'abolition effective du travail des enfants et l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession. Consacrée aux droits fondamentaux au travail, le dernier numéro de la revue d'ACTRAV examine la situation des droits sociaux dans le monde notant une recrudescence des attaques contre les syndicats, la persistance de la discrimination dans l'emploi et la nécessité d'intensifier l'action contre les pires formes de travail des enfants. Un rapport de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), cité dans la revue, indique que, l'an dernier, plus de 200 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en raison de leurs activités syndicales. Une étude de la Confédération mondiale du travail (CMT) montre, quant à elle, que les violations des droits sociaux sont particulièrement fréquentes dans les zones franches d'exportation qui sont devenues "une illustration des effets pervers de la mondialisation sur les droits des travailleurs et travailleuses". Plusieurs articles par des syndicalistes appellent à l'inclusion d'une clause sociale dans les accords de commerce internationaux, y compris l'OMC. Alors que Kari Tapiola, Directeur exécutif du BIT, indique que "pour des raisons tant politiques que techniques, aucune solution au débat sur la ‘clause sociale' n'est en vue", il souligne que la Déclaration de l'OIT pourra servir de base "au besoin d'une gouvernance sociale de l'économie mondiale, chose qui manque dans le débat global et qui est à l'origine de bien des préoccupations dans tous les pays du monde". S'exprimant dans la revue au nom de la CISL, James Howard estime que, à Doha, l'OMC devrait "donner son accord à l'une ou l'autre forme de groupe de travail ou d'étude, ou d'instance semblable, auquel participerait l'OIT et qui devrait analyser les règles et les procédures de l'OMC et présenter des recommandations permettant de les rendre compatibles avec le respect des normes de travail fondamentales". "Le processus de mondialisation doit adopter un visage humain permettant aux travailleuses et travailleurs des pays en développement, en transition ou industrialisés d'en bénéficier pleinement et équitablement", souligne Manuel Simón Velasco, Directeur du Bureau des activités pour les travailleurs du BIT, dans l'éditorial d'Education ouvrière. Il note que l'OIT est actuellement l'unique forum international où est débattue la question des dimensions sociales de la mondialisation. Le Conseil d'administration du BIT, qui tient en ce moment une session à Genève, examinera, pour sa part, une proposition du Directeur général, M. Juan Somavia, qui vise à mettre sur pied une Commission mondiale chargée de lancer le débat sur cette question. Cette Commission serait composée de personnalités éminentes et toutes les institutions internationales concernées seraient invitées à participer à ses travaux. Des copies de la publication Education ouvrière sont disponibles auprès du Bureau des activités pour les travailleurs du BIT. Mis-à-jour par LO. Approuvée par MS. Dernière modification:
9 novembre 2001
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