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La Corée du Sud et la Chine dans le collimateur des délégués travailleurs
Genève, 7 juin 2002 (ACTRAV Info) : Les représentants des travailleurs participant, à Genève, à la Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ont émis une ferme protestation à destination du gouvernement de la République de Corée (Corée du Sud) exprimant leur « forte préoccupation » quant aux violations des droits syndicaux dans ce pays.
Dans une résolution adoptée au cours d’une réunion privée du Groupe des Travailleurs de la conférence tripartite (gouvernement, employeurs, travailleurs), quelque 500 représentants syndicaux de près de 175 pays exigent la libération immédiate de syndicalistes emprisonnés.
Selon les informations fournies lors de cette réunion, une trentaine de syndicalistes coréens sont aujourd’hui en prison pour des activités syndicales que le Groupe des Travailleurs qualifie de « légitimes et conformes aux normes du travail acceptées internationalement ». Une quarantaine d’autres syndicalistes sont recherchés par la police. Parmi les syndicalistes emprisonnés figure Dan Byun-ho, président de la confédération des syndicats coréens (KCTU). L’an dernier plus de 200 syndicalistes ont été arrêtés en République de Corée.
Selon la résolution adoptée par le Groupe des Travailleurs, la situation des droits syndicaux en Corée s’est considérablement détériorée depuis la crise économique qu’a connue le pays en 1997.
Chine
La situation des droits syndicaux en Chine a également été évoquée à la réunion, le Groupe des Travailleurs ayant invité le syndicaliste indépendant chinois Han Dongfan à la tribune. « Je parle au nom des millions de travailleurs et travailleuses chinois qui sont réduits au silence et ne peuvent s’organiser en syndicats », a notamment déclaré M. Han. Il a évoqué la montée du mécontentement des travailleurs en Chine où, a-t-il souligné, des milliers de salariés sont licenciés sans compensation adéquate. M. Han a également dénoncé la répression qui s’abattait sur les manifestations pacifiques de travailleurs et s’est inquiété en particulier du sort de quatre militants syndicaux arrêtés en mars dernier dans la ville de Liao Yang (province de Liao Ning dans le nord-est du pays) suite à un mouvement de protestation. M. Han, qui a passé trois ans en prison pour ses activités syndicales indépendantes en 1989, poursuit ses activités à Hong Kong. Il participe à la Conférence de l’OIT en tant que membre de la délégation de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
Un membre travailleur de la délégation chinoise à la Conférence a également eu la parole pendant la session du Groupe des Travailleurs. Cette représentante de la Fédération des syndicats chinois (ACFTU) a reconnu l’existence de mouvement de protestation par les travailleurs en Chine. Elle a souligné les efforts de l’ACFTU pour s’attaquer aux problèmes posés par les licenciements ainsi que ceux fournis par la centrale pour organiser les travailleurs du secteur privé. La représentante de l’ACFTU a cependant réfuté l’information sur les arrestations de travailleurs pour activités syndicales estimant notamment que l’arrestation de quatre travailleurs à Liao Yang était justifiée et était liée à des actes de violence auxquels ces derniers se seraient livrés.
La Conférence internationale du travail qui s’est ouverte lundi à Genève constitue l'Assemblée annuelle de l'Organisation internationale du travail et est le principal organe de décision de cette institution spécialisée des Nations unies. Il s'agit de la seule agence tripartite du système onusien. Quelque 3.000 délégués et conseillers représentant les gouvernements, les organisations d'employeurs et les centrales syndicales des 175 pays membres de l'OIT participent à la Conférence qui poursuivra ses travaux jusqu'au 20 juin.
Pour plus d'informations veuillez contacter: Luc Demaret (ACTRAV), +41 22 799 7233.
Mis-à-jour par LO. Approuvée par MS. Dernière modification: 10 juin 2002
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