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L'OIT met en place une Commission d'enquête sur le BélarusGenève, 19 novembre 2003 (ACTRAV Info) : Les membres travailleurs (représentant les organisations syndicales) du Conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT), une agence des Nations Unies, ont salué aujourd'hui (19 novembre 2003) la décision de mettre sur pied une Commission d'enquête concernant les graves allégations de violations des droits des travailleurs au Bélarus. La création d'une Commission d'enquête est l'une des mesures les plus fortes dont disposent les organes de surveillance de l'OIT afin de remédier aux violations des droits des travailleurs, elle n'est utilisée que dans les cas les plus graves. La décision du conseil d'administration tripartite (gouvernements, employeurs et syndicats) qui a été prise au de sa 288e session réunie en ce moment à Genève, fait suite à une plainte déposée par les délégués des travailleurs lors de la Conférence internationale du Travail, en juin 2003, et dans laquelle les syndicats dénonçaient les arrestations, emprisonnements, harcèlements, licenciements et menaces dont sont victimes les syndicalistes indépendants au Bélarus tout comme la prise de contrôle de la fédération syndicale nationale par les alliés du Président Lukashenko. Des informations précises sur les violations de la liberté syndicale ont été fournies dans une série de plaintes déposées par les syndicats bélarusses indépendants et les organisations syndicales internationales depuis 1996. Récemment encore, Aliaksandr Bukhvostau et Aliaksandr Yaroshuk, deux dirigeants syndicaux indépendants, ont été arrêtés et emprisonnés durant dix jours parce qu'ils avaient critiqué publiquement les mesures de répressions antisyndicales des autorités. « Un examen de l'économie du pays et de la situation des travailleurs en Bélarus explique sans doute pourquoi le régime tente de réduire les syndicats au silence », souligne un document publié aujourd'hui par le Secrétariat du groupe des travailleurs de l'OIT (version anglaise uniquement). « Les arriérés de salaire atteignent des millions de dollars (des milliards de roubles) et des centaines de milliers de travailleurs n'ont d'autre choix que de recevoir leur salaire en nature. Le revenu national par habitant était d'environ 56 dollars américains par mois en 2002 mais on estime que deux tiers de la main-d'oeuvre du pays (qui compte 4,5 millions de personnes) survit avec moins de ce montant. Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté », affirme le document. A la veille de la session du Conseil d'administration de novembre, le gouvernement du Bélarus a décidé de suspendre tous les projets du BIT au Bélarus et ont averti les syndicalistes qu'y participer est désormais illégal. « En vertu même de son adhésion à l'OIT, le gouvernement du Bélarus a souscrit au caractère tripartite de l'OIT et est tenu d'assurer qu'une coopération directe avec les partenaires sociaux, employeurs et syndicats, puisse être menée par l'OIT sans ingérence gouvernementale. La décision du gouvernement bélarusse est inacceptable et constitue une violation flagrante de la Constitution de l'OIT par un Etat Membre, qui plus est membre du Conseil d'administration de l'OIT », a affirmé Leroy Trotman, porte-parole du groupe des travailleurs de l'OIT. « La décision de l'OIT de mettre sur pied une commission d'enquête sur le Bélarus envoie un message clair aux autorités pour leur signifier que la communauté internationale prend les droits des travailleurs très au sérieux et que la situation doit s'améliorer rapidement » a encore déclaré M Trotman. « Cela, a-t-il dit, nous permettra aussi d'obtenir des actions à d'autres niveaux ». Les membres du groupe des travailleurs du conseil d'administration de l'OIT ont en effet annoncé qu'ils renouvelleraient leurs pressions auprès de l'Union européenne pour qu'elle lance à son tour une enquête au Bélarus. Cela pourrait mener à un retrait des privilèges commerciaux octroyés au Bélarus en vertu du système de préférence généralisée (SPG) de l'Union européenne, au cas où les violations des droits des travailleurs se poursuivent dans ce pays. Les exportations du Bélarus vers les pays de l'Union européenne s'élèvent à plus de 8 millions de dollars américains, elles bénéficient d'exemptions tarifaires en vertu su SPG. Plus d'informations sur la répression syndicale au Bélarus: CISL Rapport annuel des violations des droits syndicaux au Bélarus (2003) Paragraphe spécial, juin 2002 La liberté syndicale bafouée au Bélarus, mars 2002 Paragraphe spécial, juin 2001Pour plus d'informations veuillez contacter Luc Demaret Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) Tél. : +41 22 799 72 33
Mis-à-jour par LO. Approuvée par MS. Dernière modification: 20 novembre 2003.
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