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Gif Journée mondiale de l'alimentation - 16 octobre 2003
L'OIT et le travail décent dans l'agriculture

Elles nourrissent le monde, mais leurs enfants ont faim


On estime que plus d'un milliard trois cent millions de personnes travaillent aujourd'hui dans l'agriculture. Elles représentent la moitié de la population active mondiale. Elles nourrissent le monde. Leur sort? Peu enviable si l'on en croit les témoignages qui se sont succédé au colloque international sur le travail décent dans l'agriculture organisé récemment sous les auspices de l'Organisation international du Travail à Genève.

«Si elle n'a pas fini son quota de travail, elle devra poursuivre le lendemain et c'est alors qu'elle sera payée pour "sa journée", car elle travaille à la tâche. Si tout va bien, elle gagnera l'équivalent de 35 dollars américains (32 euros) en un mois. Les superviseurs sont tous des hommes et le chantage à la paie fait partie de l'arsenal du harcèlement sexuel. Dans les plantations de thé, la plupart des enfants qui vivent avec leur mère ne connaissent pas leur père biologique. Ironie de la situation, les employeurs rechignent au départ à recruter des femmes ayant des responsabilités familiales et les tests de grossesse à l'embauche sont monnaie courante...» Des témoignages comme celui Phillipina Mosha, syndicaliste dans les plantations de Tanzanie, ont émaillé les quatre jours de débats du colloque sur le travail décent dans l'agriculture organisé à Genève le mois dernier par le Bureau des activités pour les travailleurs de l'OIT. Sa consoeur du Zimbabwe, Gertrude Hambira, évoquera la situation tendue qui règne dans son pays et qui place les syndicats de travailleurs agricoles en première ligne. «La soi-disant réforme agraire promue par le gouvernement s'est soldée par un état de guerre dans les fermes, les nouveaux propriétaires y font régner la terreur. Le secteur agricole occupait la moitié de la population active, mais la plupart des paysans ont été licenciés et ont dû quitter l'endroit où ils vivaient. Ceux qui s'opposent à cette "révolution" sont considérés comme des ennemis. Ils sont chassés comme des animaux...».

600 syndicalistes assassinés
En Colombie, le syndicat des travailleurs de l'agriculture (SINTRAINAGRO) a perdu six cents de ses membres depuis 1980. Tous assassinés. Cinq jours avant son départ pour Genève où il est venu témoigné, Guillermo Rivero Zapata, a été informé par les autorités que les mesures de protection dont il bénéficiait avaient été levées. «Ils me privent de protection pour que j'arrête d'organiser les travailleurs» dénoncera à la tribune de l'OIT, Guillermo Rivero, plus déterminé que jamais à poursuivre son combat. Une tâche de Sisyphe. En Colombie, comme dans bien d'autres pays en développement, le nombre de pauvres dans le secteur rural a littéralement explosé au cours des dernières années. Entre 1994 et 2000, le taux de pauvreté de la main-d'oeuvre agricole est passé de 65 à 80 pour cent. En cinq ans les salaires ont baissé de 15 pour cent. Ailleurs en Amérique latine, dénoncera une déléguée, nous avons des preuves que des femmes reçoivent des injections pour les rendre stériles pendant la durée de la récolte. Ce tour du monde ne serait pas complet sans les informations, tout aussi accablantes, fournies par les délégués d'Asie et d'Europe occidentale ou orientale.

Les femmes en premières lignes
Ainsi, selon un rapport distribué au colloque, la fréquence du travail des enfants et la discrimination envers les femmes (qui y représentent aujourd'hui la moitié main-d'oeuvre) constituent d'importantes préoccupations pour le secteur agricole en Asie. Celui-ci occupe de 80 pour cent de la population active au Bangladesh à 14 pour cent en Malaisie. Indice: partout la part générée par l'agriculture dans le revenu national est inférieure à la proportion de travailleurs et travailleuses qu'elle occupe. La faiblesse des revenus est renforcée par des systèmes de distribution très injustes, expliquera A. Navamukundam, secrétaire national du syndicat des plantations en Malaisie. Les «distorsions» du marché agricole qui ont fait les choux gras des négociateurs et des journalistes présents à Cancún (Mexique) où, quelque jours avant l'ouverture du colloque de l'OIT, l'espoir d'un nouvel accord multilatéral pour le secteur était enterré, n'ont pas manqué d'être relevées par les porte-parole de ceux et celles qui s'échinent dans les campagnes.

Après Cancún
Déçus par l'échec de Cancún, les participants au colloque ont lancé un appel en faveur d'un accord multilatéral qui tienne compte du sort des petits fermiers et des salariés de l'agriculture, particulièrement dans les pays dont les économies dépendent des exportations et qui se voient mis hors-jeu par l'agriculture subventionnée du Nord. Membre du groupe des travailleurs au Conseil d'Administration de l'OIT, Guillaume Attigbe (Bénin) s'est fait l'avocat des dix millions de travailleurs africains dont les revenus du coton qu'ils produisent sont menacés par la concurrence du coton américain ou européen subsidié et donc nettement moins cher sur les marchés internationaux.

« Les subventions américaines et européennes accordées aux exportations agricoles vers les pays du Sud, reviennent à donner chaque jour deux dollars pour chaque vache des pays industrialisés, alors que les travailleurs agricoles du Sud doivent vivre parfois avec moins d'un dollar! » a fustigé Leroy Trotman (La Barbade), porte-parole des travailleurs au sein de l'OIT, appelant l'OIT à lancer un programme d'urgence sur le travail décent dans l'agriculture et, comme l'a aussi demandé le représentant de la Confédération mondiale du Travail, à obtenir que l'OIT ait son mot à dire dans les tractations sur le commerce international, au même titre que l'OMC, la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Les pays en transition ne sont pas non plus épargnés par les incohérences du commerce mondial. En Russie, notait ainsi un délégué, le beurre néo-zélandais est moins cher que le beurre produit localement et le porc importé du Danemark semble avoir écarté la viande indigène des échoppes. Résultat, poursuivait le représentant syndical, nous assistons à un «échange»: les pays industrialisés nous envoient des produits moins chers, nous leur envoyons nos migrants. Autrefois grenier à blé de l'Europe de l'Est, l'Ukraine vient de perdre 5 millions d'emplois dans la transition. Le taux de chômage s'y est multiplié par 29. Les salaires payés en ville frôlent la misère. Dans les campagnes ils sont encore trois fois inférieurs.

En résumé, constatait le Directeur général de l'OIT, Juan Somavia, en prenant la parole au colloque des travailleurs, «ceux et celles qui produisent la nourriture pour le monde, ne gagnent souvent pas de quoi mettre à manger sur la table familiale. Ils constituent la majorité de ceux qu'on appellent les travailleurs pauvres».

Si la communauté internationale est sérieuse lorsqu'elle affiche son intention de combattre, voire d'éradiquer la pauvreté et, en tout cas, de la réduire de moitié d'ici à 2015, alors le secteur rural doit devenir une priorité. «Nous devons lutter pour des emplois, des revenus durables et des activités qui produisent ces revenus. Il faut promouvoir des opportunités réelles, pas la charité» a insisté M. Somavia.

Mais comment en est-on arrivé là? Pour le responsable de la seule agence tripartite des Nations Unies, «l'actuel modèle de mondialisation traite le travail comme une marchandise. Eh bien, ce n'est pas une marchandise». «Ce modèle est injuste et ne pourra pas résoudre les problème». Le constat est partagé par Ron Oswald, Secrétaire général de l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation et de l'agriculture (UITA), la plus grande organisation des travailleurs agricoles, tant le secteur agricole est difficile à organiser en syndicats. «C'est un fait que le contrôle croissant des entreprises sur le secteur est un des principaux facteurs contribuant aux nombreux déficits de travail décent dans l'agriculture», notait Ron Oswald. Le système agricole dominant actuellement est, pour Ron Oswald, «un système qui favorise des modèles de production qui ne sont pas durables sur les plans social, économique ou environnemental».

Monopole de la production
Le document de travail préparé pour le colloque donne la mesure du contrôle exercé par les entreprises transnationales sur le système alimentaire mondial et sur les politiques agricoles et alimentaires dans le monde entier. On y apprend, par exemple, que les dix plus grandes entreprises du secteur agrochimique contrôlent environ 80 pour cent d'un marché mondial évalué à 32 milliards de dollars. Deux entreprises distribuent à elles seules 80 pour cent des céréales dans le monde. Cinq entreprises contrôlent les trois quarts du commerce de la banane, trois entreprises président aux quatre cinquièmes du commerce du cacao et trois autres contrôlent la même part du commerce du thé. Les cinq grands torréfacteurs mondiaux se partagent un pactole de 1 milliard de dollars de chiffre d'affaire et gèrent la moitié du café produit mondialement.

Mais alors que les profits des entreprises augmentent, les prix pays aux producteurs ne cessent de diminuer. Spécialiste de l'OIT pour l'agriculture, Ann Herbert, souligne les contrastes. « Alors que le kilo de café arabica était acheté 400 cents de dollar au producteur en 1970, aujourd'hui il s'échange à 142 cents. Payé au paysan, 0,14 dollar, le kilo d'instantané se retrouve sur les rayons des supermarchés à 26 dollars». La chute des cours des matières premières s'est bien évidemment répercutée de manière encore plus violente sur les salaires des travailleurs agricoles et sur leurs conditions de vie et de travail.

Ricardo Yaque a commencé à travailleur en 1996 dans les plantations d'agrumes d'Uruguay. Très vite il participe à l'organisation et à la renaissance du syndicat de travailleurs ruraux (Sudora) (il porte sans doute bien son nom, sudor veut dire sueur en espagnol), à Salto une ville portuaire sur le fleuve Uruguay. Il parvient même à syndicaliser les plantations de la famille Caputto, un véritable exploit, estiment ses collègues de la région. A Genève, Ricardo s'est fait le porte-parole des travailleurs des plantations qu'il représente désormais en tant que secrétaire général de Sudora. Mais il n'a pas oublié les conditions dans les plantations. La chemise spéciale qu'il faut porter pour la cueillette des oranges et qu'on remplira de 60 à 70 kilos de fruits qu'il faudra ensuite porter, en courant pour ne pas perdre de temps, à ceux qui en bout de terrain achètent la production après l'avoir pesée. «Nous sommes payés au kilo. Le travail est physiquement éprouvant et la plupart des collecteurs doivent arrêter, usés, à 45 ou 50 ans, trop tôt pour avoir droit à la pension». Il parle aussi de la répression antisyndicale qui sévit dans le secteur.

Déficit de liberté syndicale
C'est que, aux yeux des participants au colloque sur le travail décent en agriculture, le déficit de liberté syndicale constitue la cause de bien des problèmes pour les travailleurs de ce secteur. Dans beaucoup de pays d'Amérique latine, raconte Maria Moya Hinojosa, de la confédération paysanne du chili, la plupart des sous-traitants qui recrutent des travailleurs veillent au grain pour éviter d'engager des syndiqués. Ils s'échangent des listes noires sur lesquelles figurent les noms des «agitateurs sociaux». Un sondage organisé à la veille du colloque par le Bureau des activités pour les travailleurs de l'OIT (ACTRAV) est révélateur: 52 pour cent des organisations de quelque 35 pays affirment que leurs responsables ou leurs membres ont subi un harcèlement. La menace à l'emploi est courante. Le licenciement aussi. La discrimination à l'égard des militants syndicaux est manifeste et les autorités participent parfois au mouvement: 16 pour cent des organisations interrogées ont fait état d'arrestations de syndicalistes. Des dirigeants syndicaux ont été assassinés en Colombie, détentrice du triste record mondial d'assassinats de syndicalistes, en Bolivie et au Brésil. Dans ce dernier pays, un rapport de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) signale que 1 588 travailleurs ruraux et 71 syndicalistes paysans ont été tués entre 1988 et 2002. En 2002, le nombre d'assassinats de travailleurs ruraux s'est élevé à 16, et 73 militants syndicaux ont subi des menaces. Dans la plupart des cas, les enquêtes officielles sur ces crimes, au mieux piétinent, au pire elles aboutissent à des non-lieux. En 2002, une centaine d'officiers de la police militaire brésilienne, accusés d'avoir été impliqués dans le massacre de 19 paysans à Eldorado dos Carajás en 1996 ont finalement été tous acquittés.

Le dialogue social, un investissement
«Ce que les gouvernements comme les entreprises doivent comprendre c'est que lorsque la liberté syndicale est niée, c'est la nation qui s'appauvrit car elle se passe des ressources les plus précieuses pour son développement, c'est-à-dire la capacité d'hommes et de femmes de s'engager dans un dialogue tripartite productif afin de trouver des solutions pacifiques aux problèmes économiques et sociaux qui les minent.» Ces mots, prononcés par le Directeur général de l'OIT, ont fait mouche face à un parterre de syndicalistes, mais aussi de représentants d'organismes internationaux, d'agence des Nations Unies, d'institutions financières et même d'employeurs.

Si ces derniers n'étaient pas nombreux (le colloque s'adressaient en particulier aux syndicalistes), le représentant de la multinationale Chiquita, George Jaksch, invité à participer au débat sur le dialogue social, n'a pas désavoué les propos du Directeur général. «Nous ne pouvons envisager une affaire rentable, sans une bonne réputation en matière de droits humains. De bonnes relations sociales ont un effet direct sur la rentabilité et la durabilité d'une entreprise» a notamment déclaré M. Jacksch. Il est vrai que le choix de Chiquita dans les invitations au colloque n'était pas anodin. La multinationale qui emploie plus de 20 000 personnes (dont beaucoup sont syndiquées) principalement en Amérique latine s'est engagée depuis 1998 dans un effort de «Responsabilité sociale des entreprises». Une notion qui n'a pas encore levé toutes les suspicions des organisations syndicales, mais qui a permis à l'UITA d'ouvrir une brèche dans le secteur bananier puisque qu'elle a débouché sur la conclusion du premier accord-cadre mondial dans le secteur bananier précisément entre l'UITA et Chiquita. Dans cet accord, Chiquita s'engage à respecter huit normes fondamentales de l'OIT (portant sur la liberté syndicale, le droit de négociation collective, l'interdiction du travail des enfants et du travail forcé, la non-discrimination dans l'emploi et la profession et l'égalité de rémunération). L'entreprise y reconnaît aussi sa responsabilité en matière de sécurité et santé au travail et s'y engage, aux côtés de ses partenaires syndicaux (outre la UITA, le comité de coordination des syndicats de travailleurs des plantations de bananes en Amérique latine, COLSIBA, est également signataire) à œuvrer en faveur de meilleures conditions de travail.

Cela n'est pas un luxe quand on sait que le secteur agricole détient le triste record mondial du nombre de décès dus à des accidents de travail: 170 000 morts par an. Selon le document de travail distribué au colloque, l'accroissement de la productivité dans l'agriculture, l'augmentation des rythmes de production et les développements technologiques ont des incidences marquées sur la sécurité et la santé des salariés agricoles. Désormais, l'intoxication par les pesticides constitue un risque professionnel sérieux dans le secteur. L'Organisation mondiale de la santé situe le nombre total de cas dans une fourchette de 2 à 5 millions par an, dont 40 000 sont mortels. Il en a été beaucoup question, bien évidemment au colloque de l'OIT. Et d'aucuns n'ont pas manqué d'afficher leur stupéfaction lorsque le syndicaliste suédois, Sven-Erik Pettersson, a évoqué la possibilité de voir le paraquat, un pesticide puissant, être retiré de la liste des produits interdits par l'Union européenne. L'appel de M. Pettersson pour une campagne syndicale demandant le maintien de l'interdiction a sans nul doute été entendu à Genève. «Il n'existe pas de pesticides sûrs» a noté le délégué malaisien, Navamukundam.

La santé et la sécurité dans le secteur de l'agriculture est en tout cas un thème prioritaire pour l'OIT. Une convention internationale sur le sujet adoptée en 2002 est entrée en vigueur en septembre 2003. Ratifiée jusqu'ici par trois pays, cette convention (no 184) permet, entre autres choses, aux travailleurs de se soustraire à une tâche s'il considère que celle-ci peut nuire à leur santé. Au cours du colloque et dans les conclusions qu'ils ont adoptées, les représentants des organisations syndicales ont insisté sur le lien fondamental qui existait entre la convention no 184 et la convention de l'OIT sur les pires formes du travail des enfants (no 182) adoptée deux ans plus tôt. En effet, estime le document de travail, pour les enfants qui travaillent dans l'agriculture, la lutte passe par la promotion de la convention no 184, dont l'article 16 fixe à 18 ans l'âge minimum pour l'exécution d'un travail qui, par sa nature, les conditions dans lesquelles il s'exerce, est susceptible de nuire à la sécurité et à la santé des adolescents. D'autre part, le travail des enfants est endémique dans l'agriculture et ils y sont le plus souvent exposés à ses « pires formes ». Au point que chaque année, douze mille gosses meurent dans les champs. La situation d'exploitation dans laquelle se trouvent de plus en plus de femmes ne manque pas, on s'en doute, d'affecter leurs enfants.

Féminisation, précarisation et migrations
Féminisation de la main-d'oeuvre et précarisation de l'emploi avec de moins en moins de postes permanents et une augmentation de la main-d'oeuvre occasionnelle et temporaire, l'agriculture est aussi devenue le secteur d'exploitation de la main-d'oeuvre migrante avec son lot d'abus et de discrimination. Une préoccupation que semblent partager toutes les organisations syndicales agricoles au Nord comme au Sud, avec partout la nécessité de mettre au pas des hordes d'intermédiaires de moins en moins scrupuleux qui, dans certains pays, ressemblent à s'y méprendre à des réseaux mafieux. Salaires de misère, conditions de travail déplorables et pression à la baisse de dispositions négociées par les syndicats dans les conventions collectives, le sort du travailleur migrant résume à lui seuls les déficits de travail décent dans l'agriculture.

Tous et toutes concernés
Si la situation des travailleurs agricoles concerne les organisations syndicales qui ont adopté à Genève un véritable plan de campagne. Elle concerne bien sûr les employeurs et les gouvernements qui devraient faciliter et promouvoir l'émergence d'un véritable dialogue social fondé sur la liberté syndicale. En réalité, elle nous concerne tous. Quand on sait, par exemple, qu'il suffirait de réduire les marges bénéficiaires de ceux qui, tout au long de la chaîne, se partagent les fruits de la sueur des paysans pour que ceux-ci et leurs familles mangent aussi à leur faim.


Marni Pigott
Luc Demaret


Mis-à-jour par LO. Approuvée par MS. Dernière modification: 16 octobre 2003.