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Une sélection des contributions des délégués
travailleurs aux débats de la Conférence
M. TROTMAN, délégué des travailleurs, Barbade;
vice-président travailleurs de la Commission de la sécurité et santé dans
l'agriculture de la 88ème session de la Conférence internationale du travail; membre du Conseil d'administration
du BIT:
J'ai l'honneur de m'adresser à cette Conférence au nom des membres travailleurs de la Commission de la sécurité et santé dans l'agriculture.
Nous sommes très heureux d'avoir eu la possibilité de travailler sur un instrument qui concerne à peu près la moitié de la main-d'œuvre dans le monde ainsi que
chaque pays de la famille de l'OIT.
En toute franchise, je ne pense pas que nous soyons ici pour faire de longs discours. C'est la raison pour laquelle je me bornerai à faire miens les sentiments
exprimés par le rapporteur et à dire que ses sentiments reflètent bien ce qui est ressorti. J'aimerais également faire quelques commentaires pour que les choses
soient parfaitement claires.
Je regrette de ne pas pouvoir être encore plus bref que cela, mais M. Makeka, comme d'habitude, a fait surgir dans mon esprit quelques commentaires, et je
crois que justice doit être faite dès maintenant.
Je n'ai pas l'intention de parler de la question des décisions prises par consensus plutôt qu'à la majorité. Je crois que c'est une question qui continuera d'être
discutée au Conseil d'administration et qui sera donc réglée plus tard.
Toutefois, je ne suis pas d'accord, et je crois que tout mon groupe n'est pas d'accord avec la suggestion selon laquelle les demandes adressées aux employeurs
sont trop nombreuses, dans ce que nous avons mis dans le projet de rapport et dans notre première lecture de la convention. Nous pensons qu'il s'agit là de
demandes justes, raisonnables et fondamentales, et que par conséquent, les gouvernements, de même que les employeurs, ne devraient pas éprouver de
difficultés à traiter ces demandes.
Si de temps à autre nous avons traité de certains domaines spécifiques, ce n'est pas très différent de ce que nous avons également fait dans d'autres
conventions que nous utilisions comme références.
Je pense que nous ne sommes pas en train d'ouvrir la voie à des demandes confuses en demandant, par exemple, que des installations sanitaires soient prévues
pour nos travailleurs de l'agriculture, installations que d'ailleurs nous avons eu beaucoup de peine à obtenir pour nos membres.
Notre groupe ne partage pas l'avis de ceux qui semblent être contre la création de nouvelles normes ou qui semblent les prévenir.
Nous pensons que ces nouvelles normes sont indispensables et que nous devons aboutir à des conclusions en nous fondant sur les conditions qui prévalent
dans la société moderne d'aujourd'hui. Mais sur ce point, notre position n'est pas la même que celle de beaucoup d'autres. D'autres voudraient que nous
soumettions nos marchés à ceux qui agissent le plus vite et qui sont les plus forts et parfois aussi ceux qui sont les moins fastidieux. Ils voudraient que nous leur
inféodions nos terres avec les plus beaux paysages et les meilleures potentialités écologiques, surtout aujourd'hui.
Mais ainsi, ils opposeraient un déni aux justes attentes de nos peuples et feraient valoir que les espoirs de l'humanité dans la jungle mondialisée doivent être
transformés en paradigme, qui pérenniserait à jamais le système de classes, les privilèges et la pauvreté.
Au cours du récent débat, nous avons traité de la sécurité et de la santé dans l'agriculture pour essayer de contester ce paradigme et faire en sorte que les
travailleurs agricoles jouissent de conditions de travail et d'un environnement de travail qui ne soient pas moins humains ni moins respectables que ce que les
autres travailleurs obtiennent systématiquement dans les faits.
Nous sommes adultes, nous sommes réalistes, nous comprenons fort bien que c'est le propre du travail qu'il y ait des divergences sur des points de détail, mais
nous insistons sur une chose: le principe de similarité doit être observé.
Nous avons éprouvé quelques difficultés, aussi bien de la part des gouvernements que de la part des employeurs quant à la façon dont ont été traités certaines
installations et certains équipements élémentaires pour préserver la dignité humaine. Nous pensons que ce sont là des questions qui mériteront d'être examinées
à nouveau. Je ne voudrais pas gêner qui que ce soit ici.
De même, il faut que nous nous penchions à nouveau sur la question de savoir comment les travailleurs et les employeurs peuvent travailler ensemble de
manière efficace afin de préserver et de renforcer la sécurité et la santé dans les régions dans lesquelles les exploitations agricoles sont peut-être très petites et
où les ressources ne permettent peut-être pas de mettre sur pied des comités paritaires de santé et de sécurité. Nous reviendrons donc sur la question des
inspecteurs itinérants.
D'autre part, nous avons souligné que les conditions spécifiques des travailleurs payés à la pièce devaient être examinées lors d'une discussion beaucoup plus
approfondie. En effet, nous considérons qu'il s'agit là d'une activité particulièrement dangereuse dans le secteur agricole, comme c'est également le cas dans
d'autres secteurs.
D'autre part, nous devons aussi réfléchir à la façon de protéger les travailleurs agricoles contre les pesticides et les produits chimiques dangereux. Nous devons
le faire avec beaucoup plus d'efficacité que nous ne l'avons fait en première lecture.
Les employeurs, et certains gouvernements également, ont peut-être certaines raisons d'être préoccupés, mais nous sommes associés aux employeurs pour
demander au Bureau de revenir sur certaines des questions qui ont été évoquées en première lecture.
Nous pensons que quels que soient les avis concernant l'avenir de futures conventions, les employeurs et les gouvernements devraient être à même, maintenant
et d'ici à 2001, de considérer que cette convention et cette recommandation pourront être adoptées aussi facilement que l'a été la convention sur le travail des
enfants.
Nous nous joignons à tous ceux qui ont remercié le Bureau du travail préparatoire qui a été accompli, et je n'insisterai pas sur les détails puisque nous l'avons
déjà fait lorsque nous étions en commission.
C'est pourquoi je tiens une fois de plus à remercier tous ceux qui dans les rangs
gouvernementaux, les rangs des employeurs, les rangs des travailleurs ont appuyé notre effort et nous espérons pouvoir compter sur ce soutien à l'avenir, non seulement de leur part, mais
aussi de toute la famille tripartite pour rehausser la dignité des travailleurs agricoles, un geste que non seulement ils méritent, mais qu'ils attendent aussi.
Mis à jour par SP. Approuvée par MS. Dernière modification:
31 janvier 2001
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