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Le travail des enfants à l'ordre du jour des syndicats

Claudia Coenjaerts
Conseillère technique en chef Projet de coopération technique, Bureau des activités pour les travailleurs (BIT)


Contenu

Introduction
Le mandate des syndicats pour la lutte contre le travail des enfants
Domaines d'action pour les syndicats
Obstacles qui entravent l'action des syndicats pour lutter contre le travail des enfants dans les pays en développement
Quelques recommendations sur la façon de relever les défis

Liste des encadrés et tableaux:

Encadré 1: Les partenaires, les objectifs et approche du projet
Encadré 2: Enquête sur la façon dont les dirigeants syndicaux perçoivent le travail des enfants en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam
Le rôle des syndicats dans la lutte contre le travail des enfants tel que le conçoivent 300 dirigeants syndicaux en Indonésie, Thaïlande et Viet Nam
Domaines d'action prioritaires
Liste d'activities par ordre de préférence
Encadré 3: Coopération technique: placer la question du travail des enfants à un plus haut niveau de l'agenda des syndicats
Flux d'information
Formation relative à des questions syndicales générales
SDomaines spécifiques dans lesquels les syndicats doivent améliorer les qualifications pour pouvoir lutter efficacement contre le travail des enfants


Du 27 au 30 octobre 1997, une conférence internationale sur le travail des enfants réunira des acteurs clés du monde entier à Oslo, en Norvège, pour recenser les stratégies nationales et internationales permettant d’éliminer le travail des enfants, et examinera plus particulièrement comment la coopération au développement et d’autres formes de coopération internationale peuvent contribuer efficacement à la réalisation de cet objectif. L’organisation de ce forum international démontre que l’exploitation des enfants, qui est réapparue comme un des problèmes actuels les plus effrayants, reçoit l’attention des médias et des institutions officielles qu’elle mérite.

Le travail des enfants est un problème mondial, et il ne peut être résolu efficacement que par des efforts concertés aux niveaux national et international. Il n’est pas possible de l’éliminer par une seule action, car il requiert une vaste mobilisation sociale des agences gouvernementales et non gouvernementales, des organisations de travailleurs et d’employeurs. Depuis bien des années déjà, le mouvement syndical s’est penché sur ce problème qu’il considère comme étant extrêmement préoccupant. Mais, en dépit des témoignages d’intérêt évidents et croissants des organisations syndicales internationales, ce problème n’a pas été prioritaire dans les agendas des syndicats des pays où intervient le travail des enfants à grande échelle.

L’article suivant utilise les résultats d’une enquête auprès de 300 dirigeants syndicaux en Indonésie, en Thaïlande, et au Viet Nam, ainsi que les expériences acquises, grâce au projet dans le cadre duquel l’enquête a été organisée comme base pour évaluer le rôle potentiel que les syndicats peuvent jouer pour éliminer le tabou de la main-d’oeuvre enfantine, et pour comprendre les raisons de la réaction lente des syndicats dans les pays en développement. Cet article offre également quelques recommandations sur la façon dont les obstacles existants pourraient être supprimés.

Encadré 1 Les partenaires, les objectifs et l’approche du projet

En septembre 1995, le Projet d’aide à l’éducation des travailleurs pour renforcer l’action syndicale en faveur des travailleuses, en tenant compte du travail des enfants existant dans des pays d’Asie du Sud-Est sélectionnés, a commencé à être mis en oeuvre en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam. Les travailleurs belges ont financé le projet qui devrait être mis en oeuvre en trois ans, avec l’appui du Bureau des activités des travailleurs (ACTRAV), à Genève, et la coordination du Bureau régional de l’OIT pour l’Asie et le Pacifique, à Bangkok.

L’objectif de ce projet est d’accroître la capacité des syndicats qui cherchent à renforcer le statut des travailleuses et à lutter efficacement contre le travail des enfants. Les stratégies principales doivent servir à produire des matériels pour l’éducation des travailleurs et à organiser des programmes de formation. Cette formation a notamment pour but de sensibiliser divers groupes; elle porte aussi sur des questions plus techniques, des thèmes spécifiques et des questions syndicales courantes.

Un mécanisme a été mis en place pour s’assurer que les activités répondent aux besoins et aux priorités des partenaires. Dans chaque pays, les membres d’un comité exécutif se réunissent régulièrement pour donner des instructions au conseiller technique en chef, lui suggérer des activités prioritaires, définir les besoins de formation et évaluer les matériels requis pour les cours de formation.

Etant donné que les pays sélectionnés ont traditionnellement eu un grand nombre de femmes travailleuses et un taux de main-d’oeuvre enfantine, ou un risque de recours à cette main-d’oeuvre élevé, l’accent a tout particulièrement été mis sur les secteurs industriels suivants: textile et habillement, alimentation et boissons, électronique et métaux, agriculture et plantations. Afin d’assurer la continuité des activités, d’arriver à des résultats tangibles et d’accroître l’impact global, un certain nombre de syndicats nationaux ont été sélectionnés comme partenaires, mais on a tenu à garder un certain degré de flexibilité pour pouvoir impliquer d’autres organisations de travailleurs, selon qu’il sera approprié. Ces partenaires sont : les syndicats sectoriels de l’habillement et du textile (SP-TSK), de l’alimentation, des boissons, des cigarettes et du tabac (SP-RTMM), de l’électronique et des métaux (SP-LEM), et des plantations et de l’agriculture (SP-PP) en Indonésie ; la Confédération du travail de Thaïlande, la Fédération des syndicats thaïlandais, la Fédération nationale des travailleurs thaïlandais en Thaïlande, et la Confédération générale du travail du Viet Nam (VGCL) au Viet Nam.

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Le mandat des syndicats pour la lutte contre le travail des enfants

D’un point de vue général, le rôle des syndicats dans la lutte contre le travail des enfants est amplement justifié. Bien que cet article n’ait pas pour objectif de donner une liste exhaustive d’explications, les raisons pour lesquelles la pratique et l’accroissement du travail des enfants font que le mandat des syndicats est particulièrement pertinent sont notamment les suivantes:

  • La pauvreté est probablement la cause la plus importante du travail des enfants, et lutter contre la pauvreté en assurant des salaires et des conditions acceptables pour les travailleurs est considéré par beaucoup de personnes comme le rôle clé des syndicats. La réalité est que pour nombre de familles, le travail des enfants est nécessaire pour leur survie. De plus, la pauvreté s’est accrue dans de nombreuses zones. La privatisation, les politiques de promotion des exportations, les mesures de déréglementation et de flexibilité font partie des programmes d’ajustement structurel imposés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui, si ils conduisent à la croissance économique, ont aussi pour conséquence des coûts sociaux énormes si l’écart des revenus n’est pas attentivement pris en considération. Beaucoup de gens, et plus particulièrement des femmes, ont perdu leur emploi dans le processus. Les conditions de vie des familles pauvres se sont énormément détériorées, et cela a contraint beaucoup d’enfants à travailler pour obtenir un revenu additionnel. Simultanément, il est incontestable qu’aussi longtemps que des enfants seront obligés de travailler et ne seront pas en mesure d’aller à l’école, une fois adultes ils seront désespérément pris dans le cercle vicieux de la pauvreté. Lutter contre le travail des enfants signifie aussi faire quelque chose pour combattre la pauvreté.
  • Là où les enfants sont exploités, les intérêts économiques des syndicats et de leurs membres subissent des effets négatifs. Les enfants ne sont naturellement guère en mesure de se défendre contre l’exploitation, et ils sont facilement victimes de bas salaires, de travail illégal et de mauvais traitements. Il arrive même que les employeurs préfèrent les engager plutôt que des travailleurs adultes, une pratique qui ne peut conduire qu’à un accroissement du chômage et de la pauvreté. Abolir le travail des enfants signifie aussi améliorer le pouvoir de négociation des travailleurs adultes.
  • Il est clair que là où les syndicats ont une grande influence, il y est moins vraisemblable que le travail des enfants existe. L’énorme développement du secteur non structuré de l’économie a toutefois eu pour conséquence que les organisations de travailleurs ont de plus en plus de peine à organiser leurs travailleurs dans le cadre des stratégies traditionnelles. Bien des politiques orientées vers la croissance ont aussi eu pour effet que des droits fondamentaux des travailleurs tels que le droit d’adhérer à des organisations, ou de conclure des accords de négociations collectives ont été limités dans les zones de libre-échange. En outre, la répartition du travail et les structures de l’emploi ont aussi beaucoup changé: de plus en plus de travailleurs ne trouvent du travail que dans le cadre d’arrangements de sous-traitance, à titre temporaire, en étant rémunérés aux pièces, ou comme travailleurs à domicile. Ce sont des travailleurs flexibles qui ne bénéficient d’aucune protection ou sécurité, et qui ne sont pas organisés par des syndicats. Les étapes essentielles qui permettront de réduire l’existence du travail des enfants consisteront à trouver des solutions pour s’adapter à ces changements et à accroître les niveaux de syndicalisation existants.

Le fait que le travail des enfants est une violation des droits de l’homme pour lesquels les travailleurs organisés se sont battus par le passé étaie cette approche pragmatique. Certaines conclusions de l’étude (voir encadré 2 pour plus de détails) appuient cette préoccupation.

  • Presque tous ceux qui ont répondu ont estimé que l’abolition du travail des enfants devrait être une préoccupation de chaque membre de syndicat. Ils ont toutefois reconnu qu’il est difficile de surmonter les obstacles. Dans les trois pays, les ressources techniques et financières ont été mentionnées comme étant les principaux problèmes au sein de leurs organisations qui les empêchaient de lutter contre le travail des enfants.
  • La majorité des dirigeants qui ont répondu sont convenus que les syndicats, en tant qu’organisations de la société civile, ont pour responsabilité générale de lutter contre toutes les formes d’injustice sociale, y compris l’injustice à l’encontre des enfants. Nombre d’entre eux étaient même d’avis que les clauses relatives aux questions du travail des enfants pouvaient être incluses dans les conventions collectives conclues entre les syndicats et les employeurs.

A la question qui leur demandait s’il fallait organiser le travail des enfants, plus de 90 pour cent des syndicalistes ont répondu qu’une mesure dans ce sens ne serait pas considérée comme une bonne politique syndicale.

Paradoxalement, les expériences faites durant la réalisation du projet ainsi que les conclusions de l’étude ont démontré que les questions concernant le travail des enfants ne sont en général pas des priorités de l’agenda des syndicats. Les dirigeants syndicaux de certains pays en développement se sont même demandés si les syndicats étaient bien placés pour participer à cette enquête. Pour comprendre cette contradiction apparente, il faut tout d’abord bien connaître les obstacles auxquels les syndicats se heurtent. Pour remédier à ce qui peut donner l’impression d’être une incohérence, il faudrait bien entendu s’occuper de ces contraintes d’une manière appropriée, mais étant donné que cet article ne s’est pas assigné cet objectif, nous allons tout de suite explorer dans la section suivante un certain nombre d’activités spécifiques qui pourraient être entreprises dans les pays en développement pour lutter contre le travail des enfants.

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Domaines d’action pour les syndicats

Le rôle des syndicats en tant que sensibilisateurs

Souvent des raisons culturelles et économiques ont entravé les mesures prises pour lutter contre le travail des enfants. Trop de personnes sont d’avis que le travail des enfants est une conséquence inévitable de la pauvreté et du processus de développement, et qu’il est un facteur essentiel pour accroître la compétitivité. Beaucoup de parents ne sont pas conscients de l’importance de l’éducation et considèrent le travail des enfants comme «normal».

Comme ils peuvent accéder facilement aux masses, les syndicats ont un potentiel énorme pour sensibiliser le public sur ces questions, lui suggérer des solutions, et le convaincre qu’un changement est possible et que le travail des enfants est un problème auquel on ne peut s’atteler que si la volonté politique est suffisante. Il est possible d’organiser des conférences sur cette question, en invitant des fonctionnaires du gouvernement et des employeurs. Des informations peuvent être diffusées sur le lieu de travail, et elles peuvent ainsi être rendues accessibles aux travailleurs et aux employeurs. Pour atteindre leurs propres membres, les syndicats peuvent utiliser leurs journaux ou d’autres moyens de communication appropriés. Diverses méthodes d’éducation des travailleurs peuvent être utilisées. Pour atteindre le grand public, les syndicats peuvent fournir aux journaux, à la télévision et à la radio des informations sur les particularités du problème et sur ce qui peut être fait.

Encadré 2 Enquête sur la façon dont les dirigeants syndicaux perçoivent le travail des enfants en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam

En tant que première activité de la composante du projet relative au travail des enfants, une enquête a été organisée en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam. Trois cents dirigeants syndicaux, des hommes et des femmes, représentant divers secteurs industriels sur lesquels le projet met l’accent, ont répondu à des interviews approfondis sur les problèmes du travail des enfants et la contribution potentielle des syndicats. L’enquête a été organisée au niveau national; elle a été coordonnée par un point focal national et a eu lieu entre mai et août 1996. Les questionnaires ont été traduits dans des langues locales et des formateurs ont été instruits pour diriger les interviews.

Les objectifs de l’enquête étaient :

  1. fournir une base pour recenser les contraintes que connaissent les syndicats en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam en vue d’accroître leur capacité de s’occuper des problèmes des enfants;
  2. indiquer un programme approprié pour aider les efforts des syndicats, spécifier les informations dont ils ont besoin, et déterminer les zones et les activités qui sont prioritaires du point de vue des syndicats dans les trois pays du projet;
  3. fournir spécifiquement des informations sur:
  • la façon dont les dirigeants syndicaux perçoivent la question du travail des enfants;
  • leur compréhension du lien existant entre le travail des enfants et d’autres questions socio-économiques, et les effets néfastes que ce travail peut avoir sur la sécurité, la santé, l’éducation et le développement psychosocial des enfants;
  • leurs points de vue et leur compréhension des politiques et de la législation nationales, et des normes internationales relatives aux droits des enfants et au travail des enfants;
  • leurs points de vue et leur compréhension des mesures prises au niveau international pour lutter contre le travail des enfants;
  • leurs points de vue sur ce qui peut être fait et comment ils conçoivent leur rôle dans la lutte contre le travail des enfants.

L’enquête ne cherche pas à exprimer les points de vue de tous les dirigeants syndicaux en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam. Le nombre des interviews a été limité et il a fallu surmonter bien des contraintes pour organiser des tests sur l’importance que revêt cette question et pour analyser et comparer les variables recherchées par l’étude. Les résultats se sont toutefois avérés très utiles pour recenser certaines contraintes importantes auxquelles les syndicats se heurtent pour lutter efficacement contre les problèmes du travail des enfants dans leur pays.

Le rôle des syndicats dans la lutte contre le travail des enfants tel que le conçoivent 300 dirigeants syndicaux en Indonésie, Thaïlande et Viet Nam

64 % des dirigeants syndicaux interviewés ont estimé que le rôle approprié des organisations de travail dans la lutte contre le travail des enfants est la sensibilisation;

15 % ont estimé que les syndicats devraient se concentrer sur des activités de groupes de pression;

12 % ont estimé que le rôle de surveillant est prioritaire; et

9 % ont pensé que les activités d’assistance et de protection sociale devaient être déployées en premier.

Les syndicats en tant que groupe de pression et surveillants en cas d’abus

Les syndicats sont en bonne position pour mobiliser les gouvernements, les employeurs et la société dans son ensemble afin que l’on s’attelle au problème du travail des enfants. Ils peuvent exercer des pressions sur d’autres hommes politiques pour qu’ils accordent de l’importance aux questions du développement social et pour qu’ils veillent à ce que des ressources soient affectées à ces fins. En fait, une partie des dirigeants syndicaux du plus haut niveau dans les trois pays de l’enquête sont eux-mêmes députés au parlement et pourraient avoir une influence significative sur l’agenda politique.

Les activités de groupe de pression peuvent servir à réclamer que la législation soit amendée pour tenir compte des mesures élaborées à l’échelon international, ou peuvent se concentrer sur l’application des normes internationales du travail ou d’autres conventions internationales (ratifiées ou non), sur la mise en oeuvre de plans adoptés par des conférences internationales, et notamment des suggestions faites lors du Sommet des Nations Unies sur le développement social en 1995 demandant que 20 % des budgets nationaux soient affectés aux politiques sociales.

Présents sur le lieu de travail, ils peuvent assumer les fonctions de surveillants en cas d’abus et compléter le travail des inspecteurs du travail. Ils peuvent exercer des pressions sur les employeurs au moyen de campagnes ou de conventions collectives en réclamant l’élimination des formes de travail des enfants qui sont dangereuses et précaires et veiller à ce que les enfants qui ne peuvent pas être retirés de leur travail immédiatement bénéficient des services de protection sociale fondamentaux. Ils peuvent aussi organiser des campagnes pour que les employeurs respectent les dispositions relatives au travail des enfants imposées par les codes de conduite des sociétés multinationales, ils peuvent porter plainte pour nonrespect des règles résultant d’accords commerciaux, de systèmes d’étiquetage, de mesures de boycottage, etc.

Aide directe des syndicats en faveur des enfants

Un autre domaine d’action possible est l’apport d’une aide directe aux enfants, en retirant ceux qui travaillent dans des conditions d’exploitation et, comme mesure temporaire, en fournissant aux enfants qui ne peuvent pas être retirés immédiatement et qui ne sont pas employés à des travaux dangereux une assistance sous la forme de projets spéciaux de protection sociale, d’éducation et de formation. Néanmoins, étant donné les ressources humaines limitées disponibles, un ciblage sélectif est nécessaire: par exemple, en s’occupant d’un ou de quelques secteurs industriels seulement à la fois et en apportant le type d’assistance le plus approprié dans chaque cas particulier.

Domaines d’action prioritaires

Les personnes qui ont accepté de participer à l’enquête ont été priées de donner leur opinion sur quelles catégories devraient être sélectionnées pour une assistance immédiate.

En Indonésie, les groupescibles prioritaires étaient les travailleurs des usines et des plantations.

En Thaïlande, les enfants employés dans des «lieux d’exploitation» (sweatshops), pris au piège de la prostitution, travaillant dans des fabriques et sur des chantiers de construction ont été recensés comme étant ceux qui ont besoin d’attention en premier.

Au Viet Nam, ceux qui ont été considérés comme ayant le plus besoin d’une assistance d’urgence étaient les enfants employés dans les hôtels, les restaurants, les établissements commerciaux, les entreprises familiales et les chantiers de construction.

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Liste d’activités par ordre de préférence

Les dirigeants syndicaux ont été priés d’établir une liste des activités que les syndicats pouvaient entreprendre le plus aisément pour lutter contre le problème du travail des enfants. Le tableau ci-après présentent les priorités dans chaque pays:

Indonésie Thaïlande Viet Nam
1 Education informelle/formation professionnelle Sensibiliser sur les effets négatifs Sensibiliser sur les effets négatifs
2 Sensibiliser sur les effets négatifs Déployer des activités de groupe de pression en faveur d’une législation Trouver des sources de financement pour le développement des enfants
3 Trouver des sources de financement pour le développement des enfants Hot lines / informer / faire campagne Programmes de protection sociale et de développement
4 Déployer des activités de groupe de pression en faveur d’une législation Travaux de recherche sur l’exploitation Travaux de recherche sur l’exploitation
5 Hot lines / informer / faire campagne Trouver des sources de financement pour le développement des enfants Hot lines / informer / faire campagne
6 Instruire les enfants sur leurs droits Education informelle/ formation professionnelle Education informelle/ formation professionnelle
7 Programmes de protection sociale et de développement Instruire les enfants sur leurs droits Instruire les enfants sur leurs droits
8 Organiser les enfants qui travaillent Programmes de protection sociale et de développement Accords de négociation collective pour améliorer les conditions de travail
9 Accords de négociation collective pour améliorer les conditions de travail Retirer les enfants des formes de travail à risques Retirer les enfants des formes de travail à risques
10 Travaux de recherche sur l’exploitation Accords de négociation collective pour améliorer les conditions de travail Organiser les enfants qui travaillent
11 Retirer les enfants des formes de travail à risques Organiser les enfants qui travaillent  

Obstacles qui entravent l’action des syndicats pour lutter contre le travail des enfants dans les pays en développement

L’analyse ci-après est basée sur les résultats de l’enquête ainsi que sur les expériences acquises chaque jour par les partenaires du projet. Chaque obstacle explique dans une certaine mesure pourquoi le travail des enfants ne reçoit pas l’attention qu’il mérite.

Contraintes institutionnelles

Les syndicats impliqués poursuivent leur lutte pour mettre en place leur propre capacité institutionnelle et organiser effectivement le secteur public et les entreprises industrielles. Beaucoup de temps et d’efforts sont consacrés uniquement à la consolidation des droits syndicaux fondamentaux. Mais même là où les droits syndicaux sont reconnus, la tâche primordiale reste la création d’organisations parmi la masse des travailleurs non organisés. C’est notamment dans les secteurs qui ne sont pas à la portée immédiate des organisations syndicales, tels que les secteurs rural et non structuré et le travail de sous-traitance, que le travail des enfants va croissant. Dans la plupart des cas, la capacité institutionnelle est trop faible pour qu’il soit possible d’essayer de faire les expériences des approches novatrices qui sont nécessaires pour atteindre ces secteurs.

La nécessité d’élargir la «vision syndicale»

Le rôle des syndicats dans la lutte contre le travail des enfants devient extrêmement importante dans un contexte politique, social et économique plus large où des questions fondamentales, telles que la promotion de la démocratie, la lutte contre la pauvreté et l’inégalité, sont incorporées dans l’agenda. Les questions à long terme qui sont souvent incluses parmi les points centraux de l’agenda des syndicats dans les pays en développement, telles que la solidarité, la participation politique et des questions de protection de l’environnement ne viennent qu’en septième, huitième et neuvième position parmi les dix points de l’ordre du jour considérés comme possibles dans les pays qui ont fait l’objet de l’enquête.

Perceptions des contraintes

  1. Liées à la pauvreté : Il est clair que la pauvreté est probablement la principale raison de la persistance du travail des enfants, mais en lui accordant une importance trop grande on peut donner une image fausse de la réalité et justifier l’inaction, car le travail des enfants serait alors considéré comme étant hors de la portée des syndicats. Une grande majorité des dirigeants syndicaux interviewés ont estimé que la pauvreté était la cause du travail des enfants, et près de quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux ont déclaré que le travail des enfants existait parce qu’il rapportait un revenu essentiel au ménage. Pour que la justice sociale devienne une réalité, il fallait sortir du cercle vicieux du travail des enfants et de la pauvreté. La condition la plus importante pour atteindre cet objectif était que les adultes travaillent et que les enfants aillent à l’école. Les syndicats doivent être convaincus que cet objectif est réalisable et qu’il est de leur tâche de veiller à ce qu’il soit vraiment atteint (bien qu’ils ne puissent pas fournir les services eux-mêmes). Parmi les dix points de l’ordre du jour des syndicats considérés comme possibles, lutter pour une meilleure société ne vient qu’au septième rang en Indonésie, et qu’au neuvième rang en Thaïlande et au Viet Nam.
  1. Liées aux avantages économiques du travail des enfants: le travail des enfants est souvent expliqué comme une partie inévitable du processus de développement, comme une composante essentielle pour le maintien de la compétitivité, ou comme étant irremplaçable pour certains emplois. Plus particulièrement les dirigeants syndicaux qui ont répondu au Viet Nam (86 pour cent), mais aussi, dans une moindre mesure, en Indonésie (45 pour cent) et en Thaïlande (36 pour cent), craignent que le remplacement des enfants-travailleurs par des adultes accroisse les coûts et compromette la compétitivité. Plus de la moitié de ceux qui ont répondu à l’enquête ont estimé que certainstravaux ne pouvaient être bien effectués que par des enfants. Ces conceptions erronées doivent être clarifiées et il faut donner à ces dirigeants l’assurance que l’abolition de la main-d’oeuvre enfantine n’aura pas un effet négatif sur leur économie et n’accroîtra pas la pauvreté et la misère de leurs membres de la base.
  1. Liées à l’étendue du problème: Beaucoup de personnes, et notamment des dirigeants syndicaux, ont une attitude plutôt tolérante envers la main-d’oeuvre enfantine, essentiellement parce qu’elles ne sont pas conscientes des effets sociaux et économiques dévastateurs. Presque tous ceux qui ont répondu ont soutenu avec force des idées telles que : le droit à l’enfance, la nécessité d’offrir une protection spéciale aux enfants et le fait que les enfants ne devraient pas être obligés de travailler alors qu’ils sont encore très jeunes. De même, neuf personnes sur dix interviewées ont pensé que le travail des enfants faisait partie de leur mode vie et qu’il ne faut pas en exagérer la gravité. Une explication éventuelle de ce paradoxe est que beaucoup ne sont pas suffisamment conscients des formes de travail des enfants dangereuses et fondées sur l’exploitation.

Manque de coordination au niveau national

Sans une politique nationale cohérente, la lutte contre le travail des enfants ne peut pas aboutir. Il est évident, que la responsabilité ultime de s’atteler à cette question incombe au gouvernement, mais il est important que tous les acteurs unissent leurs forces. Dans la plupart des pays des mécanismes pour coordonner les activités existent, mais les syndicats ont rarement été effectivement intégrés dans ces réseaux. En Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam, tout juste un peu plus de la moitié des personnes interviewées étaient au courant d’un mécanisme de coordination existant, ou si des programmes gouvernementaux avaient été introduits dans le domaine de la main-d’oeuvre enfantine.

Connaissance insuffisante des moyens nationaux et internationaux de réduire le travail des enfants

Une action appropriée contre le travail des enfants ne peut être entreprise que si des informations pertinentes peuvent être facilement obtenues. S’ils ne disposent que de peu d’informations sur de telles questions, les syndicats continueront à ne pouvoir jouer qu’un rôle marginal dans la lutte contre la main-d’oeuvre enfantine, et ne seront pas en mesure de jouer leur rôle potentiel. De plus, en n’ayant que de vagues connaissances de la manière dont ils peuvent, dans la pratique, s’organiser pour jouer leur rôle de surveillants et de groupe de pression, leur contribution dans ce domaine continuera à être de peu d’importance. Les résultats de l’enquête font apparaître que beaucoup de dirigeants syndicaux ne savent rien de certaines informations essentielles.

Moyens nationaux : La majorité de ceux qui ont répondu aux questions connaissaient l’âge minimum d’admission à un emploi et l’âge de scolarité obligatoire, mais pratiquement aucun d’entre eux était au courant de détails importants de règlements en vigueur, tel que le champ d’application, les procédures d’entrée en vigueur, etc.

Moyens internationaux: En ce qui concerne les instruments législatifs internationaux, seule une faible majorité d’entre eux savaient que la Convention des Nations Unies relative aux droits des enfants (1989) avait été ratifiée par leur pays; plus de la moitié d’entre eux savaient que la convention comporte des dispositions relatives à la main-d’oeuvre enfantine; juste un peu plus de la moitié d’entre eux savaient que la convention (no 138) sur l’âge minimum pour l’admission à un emploi est une des conventions « centrales » de l’OIT; un tiers d’entre eux avaient certaines connaissances des dispositions de la convention ; un tiers d’entre eux savaient que la convention avait été ratifiée par leur gouvernement.

Participation insuffisante à la campagne internationale de lutte contre le travail des enfants

Le travail des enfants est un problème mondial qui mérite un engagement mondial. Depuis quelques années, il y a un nombre croissant d’exemples de la façon dont la communauté internationale, y compris les gouvernements, les syndicats, les employeurs et la société civile assument activement la responsabilité de faire quelque chose au sujet du travail des enfants, et ils sont devenus un moyen efficace d’exercer des pressions sur les gouvernements moins disposés à adopter une politique cherchant vraiment à lutter contre le travail des enfants. La campagne internationale est également un effort visant à promouvoir la solidarité internationale et à assurer un environnement commercial équitable dans lequel les droits syndicaux et les droits des travailleurs sont vraiment respectés. Dans les pays en développement, les syndicats sont toutefois rarement bien informés sur ce que ces mesures signifient et sur leurs implications.

Alors qu’une grande majorité de dirigeants syndicaux en Thaïlande et au Viet Nam, et dans une moindre mesure, en Indonésie, ont reconnu que le travail des enfants devrait bénéficier de l’attention du monde entier et qu’il s’agissait d’un problème mondial, nombre d’entre eux ont laissé paraître une perception de la campagne internationale de la lutte contre le travail des enfants qui s’écartait du point de vue prédominant des dirigeants syndicaux dans les pays industrialisés. Pour beaucoup d’entre eux, ces questions restaient des concepts étrangers, qui ont une connotation de mesures «occidentales» et « protectionnistes ». Ils sont de toute évidence préoccupés par le fait que certaines de ces mesures pourraient avoir des conséquences négatives pour eux et accroître la pauvreté et le chômage.

Presque tous les dirigeants syndicaux au Viet Nam, mais seulement un peu plus de la moitié de ceux qui ont répondu en Thaïlande et en Indonésie, ont une compréhension élémentaire de la signification de la clause sociale. D’une façon générale, très peu d’entre eux comprenaient bien cette question.

Seul un tiers de ceux qui ont répondu étaient d’avis que les questions des droits de l’homme et des droits des travailleurs devaient jouer un rôle dans la sélection des partenaires locaux par les multinationales, et très peu d’entre eux avaient entendu parler de codes de conduite; ceux qui avaient entendu parler de ces codes estimaient que de telles directives étaient trop occidentales, qu’elles ne tenaient pas suffisamment compte de la situation locale et qu’elles pourraient nuire aux intérêts du pays.

Encadré 3 Coopération technique: placer la question du travail des enfants à un plus haut niveau de l'agenda des syndicats

Les questions concernant les femmes et le travail des enfants sont liées de bien des façons, et des liens entre les deux composantes du projet sont établis chaque fois que cela est possible. Néanmoins, la capacité institutionnelle existant avec les partenaires syndicaux (y compris le degré de sensibilisation, l'organisation et les structures) pour apporter des réponses aux questions concernant les femmes travailleuses est très différente de celle permettant de s'occuper des questions relatives à la main-d'oeuvre enfantine, et c'est à cause de cette inégalité qu'il a été nécessaire d'élaborer des programmes séparés et pertinents pour chacune des composantes.

Comme on sait que l'engagement ne peut être accru que lorsque les activités reflètent les besoins de ceux qui sont impliqués, les comités directeurs jouent un rôle capital en décidant ce qu'il convient de faire pour lutter contre le travail des enfants, et comment les mesures doivent être mises en oeuvre. Un cadre stratégique est fourni par le projet pour orienter les comités directeurs dans leur choix; ces derniers sont constamment en collaboration étroite avec le Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), le programme de coopération technique le plus important de l'OIT.

L'accent est mis sur la création institutionnelle et la politique de développement, et sur la mise en place d'unités de travail au sein des syndicats à tous les niveaux (ou sur leur intégration et leur renforcement là où ces unités existent déjà). Ces activités englobent une assistance technique pour déterminer les besoins structurels et la formation requise pour améliorer les qualifications techniques du personnel. Les cours peuvent porter sur bien des sujets, par exemple sur la façon d'élaborer des programmes de sensibilisation, d'organiser des campagnes, d'établir des programmes d'appui direct, etc.

Afin d'obtenir un effet synergique des expériences faites dans ces trois pays, une approche commune est utilisée dans toute la mesure du possible en Indonésie, en Thaïlande et au Viet Nam. Ces activités sont notamment les suivantes:

  • organiser une enquête auprès des dirigeants syndicaux dans les trois pays (voir également encadré 2). Les résultats sont utilisés pour évaluer les besoins de formation devant être satisfaits pour produire les matériels de formation appropriés pour les syndicats ;
  • des ateliers de sensibilisation sur le problème de la main-d'oeuvre enfantine ont été organisés à l'échelon national et ont pris fin avec une déclaration de politique;
  • selon les besoins et les capacités des syndicats dans chaque pays, des activités de suivi sont organisées afin d'améliorer la capacité institutionnelle des syndicats concernées;
  • une tournée d'étude est envisagée pour exposer les points centraux des syndicats et les expériences qu'ils ont faites à d'autres syndicats préoccupés par la question de la main-d'oeuvre enfantine;
  • les approches fructueuses des divers syndicats seront présentées, afin que tous les intéressés puissent aussi en tirer profit, lors d'une réunion subrégionale à la fin du projet.

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Quelques recommandations sur la façon de relever les défis

Quelques suggestions stratégiques

Se concentrer initialement sur un petit nombre d’activités. Tenir compte des contraintes que connaissent la plupart des syndicats dans les pays en développement, y compris leur capacité financière, technique et structurelle limitée ; il sera impératif d’établir des domaines d’action prioritaires. Dans ce contexte, il s’agira de prendre tout d’abord en considération les priorités et les besoins recensés par les syndicats, en utilisant leur force la plus visible en premier. D’après les résultats de l’enquête, cette action pourrait se situer dans le domaine de la sensibilisation.

Incorporer progressivement les activités qui sont proches de leur mandat. Les syndicats devraient pouvoir disposer de données sur les expériences déjà faites, d’informations pratiques et d’indications utiles quand ils entreprennent des activités de groupe de pression, préparent des clauses pour la négociation d’accords collectifs et pour mobiliser leurs membres, car c’est souvent leur manque de connaissances qui les empêchent d’entreprendre des actions dans ces domaines. Il est possible, par exemple, de leur fournir des listes de contrôle, des directives, etc.

Définir une vision qui spécifie clairement le rôle social et politique des syndicats. L’élimination du travail des enfants devient même plus pertinente quand elle est considérée sous l’angle de la promotion de la démocratie et le combat pour une société meilleure, contre la pauvreté et l’inégalité.

Définir des stratégies alternatives pour atteindre le secteur non structuré. C’est tout particulièrement dans les domaines où les syndicats ne sont pas représentés, tels que celui du travail en soustraitance, que le travail des enfants devient de plus en plus important.

Un meilleur flux de l’information

Des efforts explicites doivent être déployés pour renforcer l’implication des syndicats en faveur de l’abolition du travail des enfants dans les forums nationaux et internationaux. Ils doivent participer activement à l’élaboration de politiques et d’actions des syndicats au niveau international.

Flux d’informations

Il y a plusieurs façons d’améliorer le flux d’informations dont disposent les dirigeants syndicaux. Afin de leur rendre ces informations facilement utilisables, il se peut qu’il faille tout d’abord simplifier la langue et traduire les matériels dans les langues locales.

Les organisations syndicales internationales ainsi que le Bureau des activités pour les travailleurs (BIT) pourraient diffuser plus régulièrement parmi leurs organisations membres des informations sur les accords internationaux, les résolutions, les directives élaborées en tant que codes de conduite, les sanctions commerciales, les normes internationales du travail et d’autres conventions, ou toute autre mesure internationale pertinente pour lutter contre le travail des enfants.

Les organisations internationales du travail et l’OIT peuvent promouvoir des approches novatrices en veillant à ce que les initiatives des syndicats locaux soient décrites de façon précise et portées à la connaissance des autres syndicats afin que les succès remportés puissent servir de modèles ailleurs, être adaptés ou perfectionnés. Ce genre d’activités peuvent être déployées dans le cadre d’ateliers régionaux ou au moyen de bourses, mais des méthodes moins coûteuses peuvent aussi être employées; la publication de bulletins d’informations ou d’autres mécanismes de gestion de réseaux pourraient être établis et soutenus par des conseils techniques donnés par des organisations internationales et coordonnés par ces dernières. Ces informations doivent être disponibles dans des langues locales afin qu’elles atteignent les dirigeants au niveau de l’usine et aux niveaux locaux.

La création d’une unité ou d’un point focal pour la lutte contre le travail des enfants au sein des syndicats faciliterait la coordination avec d’autres syndicats et organisations. Mais pour pouvoir être efficaces, de telles unités doivent disposer de certaines ressources financières et humaines, être en liaison avec d’autres départements pertinents de leur organisation, et les points focaux ou le personnel doivent avoir reçu une formation appropriée.

Besoins de formation

Au niveau local, les syndicats pourraient inclure systématiquement les questions relatives au travail des enfants dans les programmes d’éducation des travailleurs ; dans certains cas il faudra peut-être organiser des cours de formation séparés, tandis que dans d’autres cas ces questions pourront être incorporées utilement dans les programmes de formation existants. L’OIT et les organisations internationales de travailleurs pourraient apporter une aide active en fournissant à ces syndicats des modules appropriés sur divers sujets, y compris des informations sur les dispositions et procédures de normes internationales du travail, pour qu’ils puissent être traduits dans des langues locales. Elles pourraient aussi, selon qu’il sera approprié, organiser ou financer de tels cours, mais les syndicats devront jouer eux-mêmes le premier rôle dans le cadre des ces manifestations.

Formation relative à des questions syndicales générales

Comment intégrer les questions du travail des enfants dans les programmes d’éducation ouvrière.

Comment négocier avec les employeurs sur des questions relatives au travail des enfants et déployer des activités de groupe de pression sur les gouvernements et d’autres groupes influents pour obtenir l’adoption, aux niveaux national et international, de mesures pour lutter contre le travail des enfants.

Comment faire face au changement. Organiser des cours basés sur la participation active qui seront centrés sur les qualifications permettant de résoudre les problèmes, sur la réflexion créative. De telles activités pourraient également renforcer la capacité des dirigeants syndicaux à s’impliquer activement dans la lutte contre le travail des enfants. En plus de l’accroissement de leur capacité de s’occuper des questions du travail des enfants, ces cours seraient aussi une incitation à l’adoption d’approches novatrices et stimuleraient l’enthousiasme pour de nouvelles activités.

Comment améliorer la gestion de réseaux et des moyens de renforcer leurs structures institutionnelles pour pouvoir s’occuper plus efficacement du travail des enfants.

Domaines spécifiques dans lesquels les syndicats doivent améliorer les qualifications pour pouvoir lutter efficacement contre le travail des enfants

Comment diriger les travaux de recherche sur les problèmes liés au travail des enfants. Le BIT pourrait organiser des ateliers au cours desquels les participants peuvent apprendre à utiliser des méthodes d’évaluation rapide.

Comment élaborer et mettre en oeuvre des programmes de sensibilisation efficaces.

Comment élaborer et mettre en oeuvre des campagnes.

Comment concevoir et mettre en oeuvre des programmes d’action spécifiques en faveur des enfants qui travaillent. (Certains modules élaborés dans le cadre de l’IPEC pourraient être traduits dans des langues locales).

Mis-à-jour par AdT de AREA International Ltd., Approuvée par E-MO. Dernière modification: 28 May 1999.