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Objectifs sociaux de la gouvernance de l’économie mondiale
Le deuxième domaine est celui des objectifs sociaux de la gouvernance de l’économie
mondiale. Il semble bien que la mondialisation ait donné naissance à deux tendances
opposées. D’un côté, du fait des incertitudes de l’économie internationale actuelle, de
nombreuses parties de la société ont renouvelé leur demande de règles du jeu équitables.
D’un autre côté, les mécanismes de gouvernance économique et sociale existants, qui sont
surtout de nature nationale, ne semblent pas être à même de satisfaire les désirs exprimés
de protection et de sécurité.
En matière de gouvernance, les chercheurs s’efforceront de comprendre quels sont les
cadres institutionnels qui permettraient de relever les défis de l’ère de la mondialisation et,
partant, de créer de nouveaux espaces et de nouvelles demandes pour l’action de l’OIT,
dans le cadre de son mandat actuel. Ils procéderont à l’analyse des institutions actuelles,
étudieront la manière de les renforcer, et préciseront l’impact qu’elles pourraient avoir sur
les entreprises et les travailleurs; ils examineront aussi les innovations institutionnelles
émergentes aux niveaux mondial et régional, y compris, dans le cas des développements
régionaux, les efforts consentis pour établir un nouvel équilibre entre la flexibilité et la
sécurité, dans le cadre du Modèle social européen. La recherche est indispensable pour
évaluer la signification et le potentiel de ces nouveautés, et pour les sélectionner en
fonction de leur proximité aux valeurs et aux objectifs de l’OIT.
Les instruments qui permettent de traiter la pauvreté, la vulnérabilité et l’insécurité au
niveau mondial constituent un aspect important de la gouvernance internationale. On l’a
déjà dit, l’OIT s’inquiète tout particulièrement de ce que les arrangements multilatéraux
actuels concernant la réduction de la pauvreté ne reflètent pas suffisamment le rôle du
travail décent. La Commission mondiale a également dit sa préoccupation devant l’absence
de moyens permettant de protéger ceux qui sont touchés négativement par les
développements économiques mondiaux, et elle a évoqué la mise au point éventuelle du
concept d’une «base socio-économique». Ces questions seront approfondies, en
coopération avec les départements pertinents du Bureau, en vue de préciser quels sont les
instruments internationaux qui pourraient être conçus pour promouvoir la sécurité, compte
tenu des fluctuations économiques mondiales. Le premier pas consistera à étudier les
institutions régionales et mondiales existantes qui visent à promouvoir la solidarité et la
justice.
L’OIT s’intéresse particulièrement à la manière dont la mondialisation affecte le rôle et
l’impact des normes internationales du travail. L’Institut contribuera à la réflexion sur cette
question, et sur les implications pour les droits sociaux et du travail de la dépendance de
plus en plus grande vis-à-vis du droit non contraignant. Il devra également entreprendre
une réflexion sur les liens qui existent entre ces instruments politiques et les ordres du jour
du commerce international et de l’investissement, et notamment se demander si de
nouvelles approches pourraient être mises au point qui seraient susceptibles d’attirer un
large soutien tripartite.
L’OIT s’intéresse également aux instruments volontaires visant à promouvoir le progrès
social dans le cadre des systèmes de production mondiaux. La responsabilité sociale des
entreprises devient un sujet majeur dans l’analyse de la gouvernance économique et
sociale, et un instrument politique de plus en plus important pour les entreprises. Des
travaux à la fois théoriques et empiriques seront menés à bien pour connaître la mesure
dans laquelle les pratiques en matière de responsabilité sociale des entreprises prennent en
compte les divers éléments de l’Agenda pour le travail décent, et les implications pour les
objectifs des entreprises, pour les travailleurs et les communautés locales dans les diverses
parties du monde.
L’émergence de nouveaux instruments de dialogue et favorisant la conclusion d’accords au
niveau mondial constitue un autre fait nouveau dans le cadre des systèmes mondiaux de
production. Bien que ces instruments ne couvrent encore qu’une très petite fraction du
marché du travail mondial, ils illustrent la tendance qu’ont les acteurs concernés à chercher
des mécanismes et des cadres institutionnels nouveaux. L’Institut s’efforcera de mettre au
point une base de connaissances systématique sur ces faits nouveaux. Ces travaux
s’inspireront des études approfondies menées à bien sur les questions de gouvernance dans
le cadre du programme de recherche de l’Institut en 2004-05.
La proposition de développer un cadre multilatéral des mouvements transfrontières des
personnes ouvre un autre débat important en matière de gouvernance. Pour compléter un
travail qui est déjà à l’ordre du jour de l’OIT, l’Institut s’efforcera de promouvoir une
réflexion sur les lacunes et les problèmes du régime de migration actuel, ainsi que sur les
besoins qui motivent la création d’instruments de gouvernance nouveaux dans ce domaine
complexe, et sur les options et les possibilités qui s’offrent à cet égard.
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