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Travail décent dans le développement
Le premier domaine est celui du travail décent dans le développement. Les recherches
entreprises visent à montrer plus clairement et à mieux analyser l’impact des différentes
voies du développement en matière de travail et d’emploi, l’influence de la mondialisation,
les conditions dans lesquelles les entreprises et les communautés peuvent tirer profit des
opportunités mondiales, et la contribution des politiques du travail et de l’emploi aux
objectifs de développement.
Il est prévu de procéder à l’analyse en profondeur des expériences d’un petit nombre de
pays représentant des situations et des choix politiques différents dans l’économie
mondiale. On analysera avec soin les préoccupations en matière d’emploi et de travail et
on observera comment les institutions y relatives sont traitées dans le cadre des politiques
du développement; l’analyse portera également sur le rôle du secteur public et celui des
syndicats, le fonctionnement des marchés du travail et des produits, et les implications
pour la croissance, le travail, l’égalité entre hommes et femmes, et la répartition. Il
conviendrait pour réussir dans ces travaux de collaborer avec des institutions de recherche soeurs dans le système des Nations Unies, telles que l’Institut de recherche des Nations
Unies pour le développement social (UNRISD) et l’Institut mondial de recherche sur
l’économie du développement (UNU/WIDER). Ces travaux s’inspireront également des
approches intégrées du travail décent par pays qui ont été mises au point à l’OIT au cours
des dernières années.
On s’efforcera aussi, plus spécifiquement, de mieux comprendre les relations causales qui
existent entre certaines normes du travail et le développement économique. Ces travaux
comporteront une évaluation critique des hypothèses sur la question de savoir si les normes
du travail sont un facteur ou une conséquence du développement économique, ou si elles
sont les deux, et ils permettront de comprendre comment ces relations sont influencées par
les institutions du travail en général, le type de système juridique, les institutions de
représentation et de dialogue social, et l’efficacité de l’inspection du travail. La réalisation
de cet objectif exigera peut-être un travail d’économétrie et des recherches historiques, et
elle s’inspirera des recherches poursuivies actuellement par l’Institut dans ce domaine.
Un projet connexe étudiera le rôle de la législation du travail dans le développement, avec
une référence particulière à l’économie informelle. Des questions sont parfois posées quant
à l’influence et à l’efficacité réglementaire de la législation nationale du travail. Lorsque la
réglementation de l’économie informelle est inadéquate ou mal appliquée, il en résulte une
situation injuste pour les entreprises qui respectent les règles, et les efforts consentis en
faveur de l’exercice des droits et du respect des normes dans l’économie sont anéantis.
Comment la législation du travail relève-t-elle ce défi dans les diverses régions du monde?
Le projet étudiera les effets directs et indirects des cadres juridiques sur les pauvres, y
compris les effets différentiels sur les femmes et les hommes, dans certains pays en
développement. Le rôle joué par d’autres organes juridiques, par exemple le droit
constitutionnel et les droits de l’homme, ou le droit commercial, présente un intérêt
particulier ainsi que la relation qui existe entre ces organes juridiques et la législation du
travail.
Les options de développement, même au niveau local, sont dans une très large mesure
déterminées par les opportunités de l’économie mondiale et l’accès aux systèmes de
production mondiaux. L’une des orientations importantes de la recherche consiste donc à
comprendre le processus local de création des emplois et des revenus grâce à la
participation aux systèmes mondiaux – l’espace réservé aux entreprises et aux politiques
locales, la nature des emplois créés et la répartition des revenus. Les faits nouveaux
concernant les réseaux de petites entreprises liées aux marchés mondiaux devraient être
étudiés plus avant. La recherche dans ce domaine tirera profit de l’analyse politique de
l’OIT et des projets de coopération technique y relatifs, et elle établira des liens avec l’une
et les autres.
Les mouvements transfrontières des travailleurs constituent un autre aspect important du
lien qui existe avec les préoccupations de l’économie mondiale. Il existe un lien entre la
migration et les changements survenus dans les systèmes de production, tels que la
délocalisation et les changements qu’elle entraîne pour le commerce et l’investissement. Il
faudra mieux comprendre l’économie des marchés du travail internationaux et comment ils
sont liés à la croissance des systèmes de production mondiaux. Sur la base des travaux
actuels de l’Institut sur la migration, les chercheurs approfondiront le potentiel et la
contribution véritable de la migration à la réalisation des objectifs du développement, à la
fois dans les pays d’origine et dans les pays d’accueil, à la lumière de ces changements
mondiaux, en considérant à la fois les problèmes économiques et juridiques.
Une grande partie de ces travaux doit se fonder sur les réalités des pays en développement,
et ils devront donc être menés à bien en coopération avec les institutions et les chercheurs
de ces pays. Il est important que l’ordre du jour politique de l’OIT traite des besoins et des
aspirations des pauvres, notamment de ceux qui se trouvent dans les économies rurales et
informelles.
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