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Le programme de recherche pour 2012-13

Pour 2012-13, l’objectif est d’approfondir l’analyse du processus mondial de rééquilibrage en cours après la crise mondiale en vue d’étudier les problèmes que cela posera à plus long terme dans le monde du travail. Ainsi, les deux prochaines éditions du Rapport sur le travail dans le monde seront consacrées à cette question et il sera procédé à l’évaluation des réponses apportées par les pays à ce rééquilibrage. Ces travaux offriront, dans le droit fil de la stratégie en matière de connaissances proposée par l’Organisation, d’importantes possibilités de coopération avec les différents secteurs du Bureau et avec d’autres organisations internationales.

Contribution des politiques de l’emploi et du revenu bien conçues au rééquilibrage mondial

La reprise mondiale a commencé à s’essouffler parce que plusieurs facteurs qui sont à l’origine de la crise économique et financière n’ont pas été correctement traités. En outre, le rythme de croissance de l’emploi et la qualité de l’emploi restent très variables entre les régions et les pays et en leur sein. On craint de plus en plus, notamment au FMI, dans les pays du G20 et dans les organisations mondiales de travailleurs et d’employeurs, qu’il n’y ait pas de reprise durable sans amélioration de l’emploi de qualité. Sur cette base, le Rapport sur le travail dans le monde pour 2012 analysera la question de savoir comment des politiques de l’emploi et du revenu bien conçues peuvent contribuer à un rééquilibrage, tant entre les pays qu’au sein de ces derniers. Une partie de ces travaux pourrait être menée en coopération avec d’autres organisations internationales (en particulier le FMI et le DAES) et d’autres secteurs de l’OIT. Sous le thème central, on pourrait examiner les questions suivantes:


  • Politiques de l’emploi et politiques macroéconomiques. . Les déséquilibres macroéconomiques se sont accentués, en particulier dans les économies développées. De nouvelles bulles financières sont apparues dans plusieurs pays émergents tandis que le déficit de travail décent demeure très prononcé. Les activités dans ce domaine viseront principalement à offrir une analyse objective des interactions positives qui existent entre les politiques macroéconomiques et les politiques sociales et de l’emploi.

  • Incitation à l’investissement dans les entreprises durables pour créer davantage d’emplois de meilleure qualité. Pour être générale et équitable, la reprise économique devra passer par un changement de paradigme, au niveau mondial, en matière d’investissement et d’emploi. Il faudra en particulier étudier de plus près les facteurs qui déterminent les investissements, notamment en ce qui concerne l’accès aux moyens de financement et les questions liées à la gouvernance d’entreprise, en s’attachant tout particulièrement à évaluer leur incidence sur la création d’emplois. A cet égard, l’une des plus vives craintes des entreprises est de ne pouvoir obtenir les moyens financiers dont elles ont besoin. Depuis le déclenchement de la crise, cette préoccupation est notamment celle des petites et moyennes entreprises (PME), qui sont les principales créatrices d’emplois. De nombreuses études ont en effet apporté la preuve que les PME se heurtent à davantage de contraintes financières que les grandes entreprises, contraintes qui pèsent sur leur croissance – et ont de graves répercussions sur la création d’emplois. Il est impératif d’étudier les facteurs et contextes politiques qui favorisent la création et la croissance des PME ainsi que leur incidence sur l’offre d’emplois décents.

  • Répartition des revenus et rééquilibrage de la croissance. Il est de plus en plus généralement admis que les économies en développement et émergentes ne peuvent plus compter sur leurs exportations vers les pays développés pour tirer leur croissance. Toute la question est de savoir comment des politiques avisées en matière de revenus, d’investissements et d’action sociale peuvent contribuer à ce rééquilibrage.

  • De manière plus générale, l’accroissement des inégalités de revenus a été pour beaucoup dans le déclenchement de la crise financière et économique. Après un bref recul (avec la chute du marché des actions et la baisse des revenus des plus riches), ces inégalités ont continué de se creuser. Il est important de noter que la situation risque de s’aggraver considérablement du fait que les travailleurs les moins qualifiés ont plus de mal à revenir sur le marché du travail et sont souvent moins bien rémunérés qu’auparavant lorsqu’ils retrouvent un emploi. Ce phénomène touche tout particulièrement les jeunes et perdure depuis de nombreuses années. Des travaux de recherche viseront à identifier les politiques susceptibles de permettre une meilleure distribution des revenus tout en soutenant l’emploi, l’investissement productif et la croissance.

  • Une stratégie de rééquilibrage intégrant les normes internationales du travail. Eu égard aux défis que les législations du travail doivent permettre de relever au niveau national, la question se pose de savoir comment utiliser la réglementation internationale afin de garantir des règles du jeu équitables pour les entreprises et les travailleurs et de contribuer à rééquilibrer la mondialisation. A partir de cette analyse, des propositions seront formulées en vue d’améliorer et d’harmoniser les instruments existants.

    L’avenir du travail

    LeRapport sur le travaildans le monde 2013 sera consacré à toute une série de changements structurels affectant la nature du travail et des lieux dans lesquels il est effectué. De nombreux pays étant confrontés à des taux de chômage élevés, le problème du vieillissement de la population n’est plus au premier rang des priorités politiques. Dans la plupart des pays – développés, émergents et en développement –, l’âge moyen de la population s’élève rapidement, et ce problème peut avoir de graves conséquences socio-économiques, sauf à faire l’objet de mesures appropriées.

  • Les systèmes de protection sociale, la crise financière et le vieillissement de la population. La proportion des retraités augmentant par rapport à celle des personnes actives, la pérennité financière des régimes de protection sociale est en danger – un danger qu’aggravent encore les destructions de richesses causées par la crise financière et économique. Dans d’autres cas, notamment dans les pays émergents et en développement, ces régimes sont encore peu développés, voire inexistants – les conséquences sur le bien-être des individus pouvant alors être désastreuses, avec de graves répercussions sur l’économie. Dans le même temps, les politiques relatives au financement de ces régimes doivent être conçues de manière à ne pas décourager l’emploi.

  • Par ailleurs, le vieillissement des populations a souvent été associé à une augmentation des dépenses de santé. A l’heure actuelle, ces dépenses s’accroissent plus vite que le PIB de beaucoup de pays, ce qui met les régimes de sécurité sociale devant de graves difficultés. Rares sont les systèmes de santé aujourd’hui qui ne sont pas financés par les actifs, au travers de taxes ou de cotisations de sécurité sociale. Le rapport comprendra une analyse des causes de l’accroissement des dépenses de santé, y compris de l’incidence des systèmes de soins publics et privés sur la productivité du travail. On s’intéressera notamment à un phénomène relativement nouveau, apparu ces dernières années: l’augmentation des dépenses liées aux troubles psychiques dus au travail, tels que le syndrome d’épuisement professionnel ou la dépression, lesquels se traduisent globalement par davantage d’absentéisme et une moindre productivité.

  • Jeunesse, mise en adéquation des compétences et productivité. Le rythme de croissance de la population active se ralentissant, les gains de productivité seront essentiels pour éviter que les progrès accomplis par le passé en matière de niveau de vie ne soient mis en péril. Cependant, les jeunes diplômés sont bien souvent ceux qui ont le plus de mal à trouver un emploi correspondant à leurs compétences. Il faudra dans un premier temps s’efforcer de faire en sorte que les jeunes aient d’excellentes qualifications, même si la formation ne fait pas tout: bien formés, les jeunes doivent encore pouvoir trouver un emploi qui corresponde à leur niveau d’instruction, faute de quoi les perspectives futures sur le marché du travail vont s’assombrir, tandis que la productivité et la compétitivité diminueront de manière générale.

  • Conséquences sociales de la raréfaction des ressources naturelles. Au cours des dernières décennies, la mondialisation a clairement mis en évidence le fait que la législation nationale n’avait qu’un effet limité sur les processus économiques. Des gouvernements et des institutions supranationales énergiques sont toutefois nécessaires pour définir et préserver les biens publics. Par exemple, la stabilisation du changement climatique au niveau mondial et la protection des autres biens publics environnementaux doivent faire l’objet de mesures politiques adoptées au niveau international. Des recherches dans ce domaine permettront, d’une part, de déterminer quelles politiques seront susceptibles d’accroître sensiblement la productivité des ressources dans les différentes économies sans compromettre la réalisation des objectifs en matière d’emploi ni nuire à la compétitivité et, d’autre part, de définir quel sera le rôle dévolu au dialogue social à cet égard. L’accent sera mis principalement sur les effets, sur l’emploi et les revenus, des investissements visant les principales énergies renouvelables.

    Etudes sur la croissance et l’équité: Evaluation des politiques nationales qui donnent de bons résultats

    Afin de mieux comprendre la corrélation qui existe entre la justice sociale et la croissance économique, l’Institut a pris part à l’élaboration d’une série d’Etudes sur la croissance et l’équité. L’objectif premier était d’examiner l’incompatibilité supposée entre ces deux éléments. Or il ressort des cinq premières études (Allemagne, Brésil, Espagne, Indonésie et Tunisie) que croissance et équité peuvent être conciliées pour relancer l’économie et créer des emplois – pour peu que l’on adopte des mesures soigneusement planifiées.

    Les Etudes sur la croissance et l’équité continueront d’être consacrées à l’examen des politiques aux niveaux national et régional afin de compléter les travaux thématiques pluridisciplinaires déjà menés à bien dans ce cadre. Ces publications pourraient porter sur trois thèmes particuliers: i) la mobilisation des sources nationales de croissance dans différents pays en développement et pays émergents et la contribution du travail décent à cette fin; ii) la promotion des politiques de l’emploi dans la zone euro; et iii) contribution à l’émergence d’une nouvelle conception du développement dans les pays arabes.


 
Dernière mise à jour:28.05.2012 ^ top