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Le programme de recherche pour 2010-11

En 2010-11, l’objectif est d’approfondir l’analyse de la crise, d’évaluer les mesures visant à la surmonter et d’identifier celles qui favorisent la reprise et le travail décent conformément à la mission que le G20 a confiée à l’OIT. Cela permettra à l’Organisation de mettre en oeuvre le Pacte mondial pour l’emploi conformément à son mandat et d’examiner deux nouvelles questions du Rapport sur le travail dans le monde. Ces travaux offriront, dans le droit fil de la stratégie en matière de connaissances proposée par l’Organisation, d’importantes possibilités de coopération entre les différents secteurs du Bureau et permettront d’exploiter l’avantage comparatif de l’Institut, à savoir sa capacité autonome de recherche. L’Institut est en train de créer un groupe d’experts chargé de renforcer le processus d’examen collégial des travaux et ainsi d’améliorer la qualité des analyses.

Crise mondiale de l’emploi: stratégies pour une reprise durable

Même si une reprise encore fragile semble s’amorcer, la crise mondiale de l’emploi reste encore très préoccupante. Le Rapport sur le travail dans le monde examinera les conditions qui doivent être réunies pour sortir de la crise et s’acheminer vers une reprise durable. Les rapports de 2010 et de 2011 compléteront l’évaluation des mesures spécifiques mises en oeuvre par le Bureau en mettant l’accent sur les principales questions que se poseront les analystes à long terme, notamment celles décrites ci-dessous.

  • Questions relatives à l’emploi et à la durabilité sociale En premier lieu, le rapport examinera dans quelle mesure les mesures actuelles permettent d’éviter que la crise de l’emploi ne se prolonge. La crise a touché tout d’abord les travailleurs qualifiés, le secteur financier et les grandes entreprises et s’est ensuite propagée. Alors que l’économie redémarre, on peut craindre que certains groupes plus exposés comme les femmes, les jeunes, les petits entrepreneurs, les travailleurs informels, temporaires ou peu qualifiés ne soient à long terme les principales victimes de la crise. Le rapport examinera donc, dans un ensemble de pays donné, les retombées de la crise sur ces catégories. Il examinera, en second lieu, s’il est possible d’envisager une reprise généralisée. Il passera en revue divers scénarios de sortie de crise concernant l’emploi et les revenus et étudiera la manière dont ces scénarios interagissent avec les réformes annoncées. Ces scénarios s’inspireront du modèle «Global economic linkages» récemment élaboré par l’Institut.
  • Le rapport examinera comment mettre en oeuvre des ripostes à la crise axées sur le travail décent sans compromettre la durabilité budgétaire à long terme. Les déficits et la dette publics ont considérablement augmenté à la suite de la crise en raison, d’une part, des mesures de relance budgétaire et, d’autre part, des interventions visant à sauver le système financier. S’il est impératif de réduire les déficits, il est tout aussi important, comme le souligne le Pacte mondial pour l’emploi, de mettre en place un système solide de protection sociale. Le rapport montrera que ces deux objectifs peuvent se renforcer mutuellement à moyen terme même si cela n’est pas nécessairement le cas à court terme. Il faudra pour cela examiner comment les systèmes d’emploi et de protection sociale les plus efficaces peuvent, tout en créant un socle social, soutenir l’économie et la durabilité budgétaire à long terme. Le rapport accordera une attention toute particulière à la situation des économies émergentes et en développement qui disposent d’une marge de manoeuvre budgétaire limitée.
  • Comme le souligne le Pacte mondial pour l’emploi, la relance réussie de l’emploi suppose que l’on s’attaque aux déséquilibres mondiaux qui sont à l’origine de la crise. Le rapport de 2008 a suggéré qu’il existe un lien entre ces déséquilibres et les tendances dans le monde du travail. Il est proposé de conduire des études plus approfondies sur cette question essentielle. Cela permettrait de répondre directement à l’exigence de mondialisation plus équitable, formulée dans le Pacte mondial pour l’emploi. Il faudra, en premier lieu, analyser les salaires, la productivité et les revenus et étudier, d’autre part, les déséquilibres mondiaux. En second lieu, comme la croissance, les emplois et la protection sociale resteront étroitement liés au système financier, le rapport examinera comment les réformes financières peuvent servir les objectifs de travail décent et les entreprises durables. Il analysera notamment l’impact sur les emplois et les revenus des mécanismes alternatifs de financement des entreprises (les marchés financiers comme source de financement, les prêts bancaires et les fonds de participation privés) ainsi que la manière dont la structuration de ces fonds se répercute sur l’économie réelle, l’emploi, les revenus et les questions connexes liées à l’élaboration des politiques. De manière plus générale, la crise soulève également des questions plus vastes concernant les rôles respectifs des marchés et des interventions gouvernementales. Devant l’urgence, les gouvernements ont jusqu’à présent réagi en fonction des circonstances en apportant, notamment, un appui sans précédent au secteur financier. Cependant, la question qui se pose est de savoir s’il est possible et souhaitable d’apporter une réponse plus stratégique à moyen terme.
  • Le rapport examinera les dimensions sociales et les implications sur l’emploi des politiques visant à promouvoir un environnement durable et s’appuiera à cette fin sur le modèle élaboré par l’Institut concernant les effets des écotaxes sur l’emploi. Le rapport examinera notamment les effets que peuvent avoir les technologies vertes sur l’évolution des modes de production et des formes d’emploi à l’échelle nationale et internationale. Il étudiera également les effets distributifs des différentes politiques écologiques, question qui n’a guère suscité d’intérêt jusqu’à présent.
  • La crise a eu pour effet d’attirer l’attention sur ce qui constitue depuis toujours les points faibles des économies en développement, que la forte croissance enregistrée lors de la récente flambée des cours des produits de base avait relégués au second plan. Le premier de ces problèmes est le sous-investissement dans l’agriculture. Il est utile de rappeler que, selon les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la quantité de nourriture disponible dans les pays en développement devra doubler d’ici à 2050 pour satisfaire les besoins de la population. Les investissements dans l’agriculture, pour autant qu’ils soient à forte intensité de main-d’oeuvre, pourraient promouvoir l’activité et l’emploi, améliorer les salaires et la productivité et stimuler durablement la croissance économique. Le rapport examinera les perspectives en matière d’emplois verts, de sécurité alimentaire et de productivité agricole dans les économies en développement et le rôle des initiatives et de l’aide internationale à cet égard. Deuxièmement, il s’agit d’intégrer plus efficacement l’économie informelle dans les chaînes de production et nationales et internationales de manière à accroître sa résilience aux crises futures. Sur la base du projet récent mené conjointement avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le rapport examinera de quelle manière les économies informelles peuvent générer une reprise économique auto-entretenue et comment les liens et interactions avec l’économie formelle peuvent favoriser le travail décent. Le rapport pourrait également définir l’aide complémentaire que les responsables politiques pourraient apporter à l’investissement dans les infrastructures, à la mise sur pied de systèmes bancaires locaux et à la création de cadres administratifs englobant l’économie informelle.
  • Les migrants ont profondément souffert de la crise et réduit par contrecoup les transferts de fonds vers les pays d’origine, lesquels pourraient être confrontés au retour de migrants à la recherche de sources de revenu stables. La question est donc de savoir comment faire des migrations un facteur de développement plus puissant dont la contribution à l’essor des économies locales ne se limiterait pas aux seuls transferts de fonds. Le rapport examinera plusieurs options, notamment: créer de nouvelles possibilités d’entrepreneuriat pour les migrants de retour au pays; et faire intervenir les pouvoirs publics pour qu’ils mettent en place les conditions les plus à même de favoriser l’emploi de ces migrants. Ce travail s’appuiera sur le projet en cours relatif aux migrations dans les pays africains.

La mondialisation au lendemain de la crise mondiale

Un suivi du rapport sur la mondialisation et les emplois informels dans les pays en développement, qui a été réalisé conjointement avec l’OMC, est à l’étude. Cela suppose éventuellement que l’on étudie de quelle façon des réformes du commerce bien conçues peuvent contribuer à renforcer l’intégration internationale des pays en développement et à améliorer parallèlement les résultats en matière de travail décent. Une attention particulière pourrait être apportée au commerce agricole, au développement et au travail décent dans ces pays.

Dans le cadre du suivi de la Déclaration sur la justice sociale, l’Institut conduira des études de pays en vue de regrouper les enseignements tirés des mesures anticrise qui se sont révélées efficaces. La Déclaration souligne la nécessité d’examiner les interactions entre les différents domaines de l’Agenda du travail décent et invite l’Organisation à améliorer ses connaissances empiriques et à mieux comprendre que les objectifs stratégiques sont indissociables, interdépendants et se renforcent mutuellement. Pour aider les mandants de l’OIT à faire face aux problèmes économiques et sociaux, notamment aux conséquences de la crise économique actuelle, cinq études de pays seront lancées en 2009 pour analyser les impacts de la crise sur l’économie et la main-d’oeuvre, d’autres faits nouveaux survenus à l’échelon national ainsi que les implications des programmes d’action mis en oeuvre. La participation à ces études repose sur le volontariat et les mandants seront associés à ce processus. Les bureaux régionaux et les départements techniques de l’OIT travailleront en équipe pour mener à bien ce projet.


 
Dernière mise à jour:28.05.2012 ^ top