OIT Page d'accueil
  

IIES Home
A propos de l'institutRechercheEducationProjetsDocumentsPublicationsQuoi de neufSitemap
 

search

 

 
EXCLUSION SOCIALE ET STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
Conclusion
Previous Table des matières

Les objectifs généraux, tout comme les objectifs plus immédiats et matériels du projet IIES/PNUD, ont été largement atteints. Le projet constitue une exploration novatrice des possibilités d'appliquer la notion d'exclusion sociale au niveau mondial. Il a étendu la portée du concept, en termes d'analyse et de politiques, aux pays en voie de développement et aux pays postsocialistes. Il a aussi approfondi sa conceptualisation dans le cadre des pays industrialisés. Le travail sur les notions d'exclusion sociale dans différents modèles de société met cela particulièrement en évidence. De plus, le projet a examiné comment l'analyse de l'exclusion sociale pouvait enrichir les politiques de lutte contre la pauvreté plutôt que substituer l'exclusion sociale à la pauvreté; cette perspective a permis des observations qui éclairent l'élaboration des politiques. L'examen du désavantage social et des privations sous l'angle de l'exclusion sociale est un apport qui aide les approches existantes à comprendre et lutter contre la pauvreté, car c'est un outil potentiel qui traite les questions de pauvreté de façon plus intégrée. Le concept permet d'analyser les aspects matériels et non matériels du désavantage social et dirige l'attention vers une diversité de processus qui conduisent les gens à la pauvreté et qui font qu'ils s'enlisent dans cette situation ou, au contraire, en échappent. Il comprend à la fois les aspects distributionnels du désavantage social (variations de revenu, d'avoirs et de consommation) et les aspects relationnels (notamment la structure occupationnelle, la participation sociale et le système des droits). L'analyse des modèles et causes d'exclusion sociale complète les approches plus "économistiques" du désavantage social en analysant les causes plutôt qu'en identifiant simplement les conséquences.

En termes de politiques, le projet a collecté des éléments utiles pour élargir la base des actions contre la pauvreté et l'inégalité. La perspective de l'exclusion sociale a pour avantage majeur de mettre l'accent sur les agents d'intervention, tout en identifiant les groupes les plus nécessiteux de la société. Un autre avantage est qu'elle offre un cadre permettant l'évaluation des politiques et la coordination des interventions sectorielles.

Elle est plus utile adoptée comme base pour changer l'orientation de la stratégie de lutte contre la pauvreté plutôt que comme alternative ou prescription de politiques complètement nouvelles. L'implication du travail analytique de l'IIES/PNUD en matière de politiques est que la stratégie de lutte contre la pauvreté doit être davantage centrée sur le fonctionnement des institutions qui, en limitant la participation des citoyens à la vie sociale et économique, ont tendance à favoriser l'exclusion. Du point de vue pratique, une telle orientation incite à repenser les stratégies de lutte contre la pauvreté en termes plus larges. Par exemple, si les revendications liées à la propriété d'avoirs productifs (tels que la terre) ou à la rémunération du travail coûtent cher et prennent du temps, les mesures qui facilitent l'accès au système judiciaire et accroissent son efficacité deviennent alors essentielles pour réduire la pauvreté. Elles devraient non seulement faire partie des stratégies de lutte contre la pauvreté, mais également être reconnues comme ayant une valeur et un effet équivalents à ceux des mesures visant à assurer la sécurité matérielle.

Les institutions les plus importantes pour briser l'exclusion sociale et lutter contre l'extrême dénuement incluent: les marchés essentiels de la terre, du travail et du crédit qui permettent aux individus de s'assurer un revenu; le système judiciaire, y compris les systèmes de respect des lois; le système éducatif, qui non seulement façonne le capital humain mais aussi socialise les individus en en faisant des citoyens; les média; et plus fondamentalement les structures participatives et de communication, y compris les nouvelles formes de partenariat social grâce auquel un sens partagé du bien public se crée et est discuté.

Les résultats du projet suggèrent que la perspective de l'exclusion sociale peut utilement éclairer le dialogue sur la formulation de politiques de lutte contre la pauvreté, en particulier au niveau des évaluations nationales de la pauvreté ou des notes de stratégies nationales. Il n'avait pas été prévu que le projet fasse des recommandations spécifiques en matière de formulation de projets ou programmes d'action basés sur l'approche de l'exclusion sociale. Plus de recherche est nécessaire dans ce domaine; le suivi doit se faire à quatre niveaux:

Premièrement, il faut renforcer les bases théoriques de l'approche. Il faut, en particulier, prendre en compte les aspects d'efficacité et d'équité des institutions d'un point de vue économique. Deuxièmement, il sera important d'analyser les casoùle cycle de l'exclusion sociale a pu être brisé avec succès. Ceci impliquerait de passer en revue les expériences mises en place au niveau national ou régional et d'en identifier les éléments stratégiques, à savoir les types d'institutions et les modes d'interventions. L'idéal serait de le faire dans un cadre comparatif plus rigoureux, puisque le travail exploratoire a déjà été réalisé. Troisièmement, il faut travailler sur des indicateurs d'exclusion sociale, et examiner le potentiel des sources de données existantes, tout en proposant de nouveaux indicateurs. L'approche développée par le projet, a montré que les politiques devaient non seulement être centrées sur les pauvres eux-mêmes, mais aussi sur les processus d'appauvrissement absolu et relatif. Pour cela, il faut des données qui permettent de suivre l'évolution de la pauvreté au niveau des individus et des ménages. Le caractère multidimensionnel de la notion de désavantage social demande également des indicateurs qui incluent des mesures de la participation. Finalement, en termes de domaines spécifiques de recherche, il faudrait s'attacher à examiner comment développer un sens commun de bien public, en particulier au moment où une forte pression pousse à réformer le système de sécurité sociale en tant qu'élément central d'une cohésion sociale accrue. Un thème majeur serait la représentativité des acteurs sociaux et les formes de dialogue social à tous les niveaux.

--------


Mise à jour par RS. Approuvée par RMG. Dernière modification: 9 novembre 1998.