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Deuxième Symposium France/OIT

L'avenir du travail, de l'emploi et de la protection sociale:
dynamique du changement et protection des travailleurs
(Lyon, 17/18 janvier 2002)



Second France/ILO Symposium * Page de présentation
* Synthèse générale du colloque
* Programme
* Allocution d'ouverture par M. Collomb
* Allocution d'ouverture par M. Somavia
* Introduction au colloque par Peter Auer et Bernard Gazier
* Documents de la Conférence de Lyon
* Liste des participants

L'idée de tenir une série de symposiums sur le thème de « l'avenir du travail » s'est dessinée au cours d'une rencontre entre la ministre de l'emploi et de la solidarité de la France et le Directeur général du BIT. Cette idée a été par la suite inscrite dans l'accord-cadre entre la France et le BIT. Les objectifs sont de nouer un dialogue international de haute qualité sur les questions liées au changement du travail et de l'emploi avec leurs conséquences pour la protection sociale et la sécurité des travailleurs dans les pays industrialisés, et de stimuler les échanges entre le monde académique, le monde de la politique et celui des partenaires sociaux. La présente conférence est la deuxième de cette série.

La première rencontre (janvier 2001) avait permis de prendre une vue d'ensemble des mutations à l'œuvre, et des types d'action susceptibles de leur répondre. Par delà la diversité des diagnostics et des orientations, un consensus s'était affirmé sur la nécessité d'assurer l'intégration et la cohésion sociale, par l'accès de tous à un travail décent et par la mise en place de nouveaux équilibres entre flexibilité et sécurité. Les débats s'étaient centrés sur les modalités d'une action politique responsable, loin d'une quelconque « pensée unique » en faveur du « marché » comme d'un espoir qui serait placé dans le « tout réglementé ». Cette première conférence avait conclu en soulignant l'intérêt de poursuivre de tels échanges entre chercheurs et spécialistes, partenaires sociaux et décideurs politiques, appartenant à des disciplines et des pays différents, « car aujourd'hui le politique a trop peu de temps pour réfléchir » (Juan Somavia), et il faut en même temps « mieux connaître pour mieux agir » (Elisabeth Guigou).

Dans le prolongement de ces travaux, la seconde rencontre a pour thème « Dynamique du changement et protection des travailleurs ». Elle se focalise sur les trajectoires de travail et d'activité au cours du cycle de vie, sur les inflexions voire ruptures qui les affectent, et les moyens qui permettent d'en maîtriser le déroulement et les conséquences. Trois domaines feront l'objet d'approfondissements :

La dynamique et la protection des transitions sur le marché du travail tout d'abord. La conférence précédente avait montré la nécessité d'indicateurs prenant en compte la dimension dynamique des trajectoires sur le marché du travail, souvent mal saisie et largement absente de beaucoup de débats sur le travail et l'emploi. La prise en compte de cette dimension dynamique est la seule à permettre de repérer des progrès ou une stagnation, voire des reculs dans ce domaine. En effet, la question de savoir si un travail est décent ou pas ne peut s'analyser véritablement qu'à travers une approche en termes de trajectoire : une situation présente peu enviable (tel un travail en CDD mal payé et peu protégé) peut se révéler avoir été en fait un pont vers un travail décent.

Il s'agira d'ouvrir la discussion sur l'analyse des trajectoires, afin de pouvoir préciser si l'exercice d'un travail est en soi porteur de progrès ou si certaines caractéristiques d'un travail en font une « trappe » enfermant l'individu dans une situation durablement précaire. Il semble particulièrement pertinent d'étudier les moments critiques qui peuvent décider de l'inclusion ou de l'exclusion du marché du travail - telles certaines transitions entre école et travail, entre travail et chômage, entre travail et retraite. Assurer de bonnes transitions et prévenir les mauvaises, tel serait en fait l'objectif d'une politique de l'emploi axée sur les transitions. On pourra ainsi déboucher sur les implications politiques d'une bonne gestion de ces transitions.

Les rapports entre travail et famille ensuite. Pour bien des travailleurs et surtout des travailleuses, les « choix » demeurent difficiles entre travail et carrière d'un côté, et vie familiale de l'autre. Les arbitrages résultent davantage de la prise en compte de contraintes (éducation et garde d'enfants, personnes âgées et handicapées, conditions liées à la maternité, partage des tâches familiales …) que de véritables choix. Plus souvent pénalisées par ces contraintes, les femmes accèdent ainsi plus difficilement à un travail décent, à un déroulement de carrière et à des responsabilités.

On constate de grandes différences parmi les pays les plus développés quant aux dispositifs de protection sociale, de politiques d'emploi et de droits des travailleurs, leurs orientations étant plus ou moins éloignées de la promotion de la famille et de l'égalité des hommes et des femmes. Décideurs, experts et partenaires sociaux voient la nécessité de remplacer le modèle de l'homme seul apporteur de revenus (« The male breadwinner model ») un temps dominant, de plus en plus inadapté au contexte socio-économique contemporain. Ainsi, la question de la « conciliation » entre vie familiale et activité professionnelle n'est plus aujourd'hui « une affaire de femmes ». Au delà des solutions classiques en terme de services sociaux, d'équipements collectifs, de prestations familiales et d'aides aux mères et parents qui travaillent, deux points suscitent l'attention. Le premier concerne un nouveau partage des rôles et responsabilités entre les collectivités publiques, les entreprises et administrations, le tiers secteur, les familles et les individus. Le second concerne un réexamen de la coupure traditionnelle existant entre les différentes politiques sociales d'un côté, et les politiques fiscales, de formation, de travail et d'emploi, d'égalité des genres de l'autre.

Le troisième sujet porte sur le type de régulation sociale qui est nécessaire pour encadrer ces évolutions. La première rencontre avait mis en évidence l'arrivée de nouveaux acteurs, tant au niveau national qu'international. Elle s'était interrogée sur les lieux appropriés de débats et de décisions, et sur l'articulation des différents niveaux locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Comment concilier la protection des intérêts des travailleurs et ceux des firmes dans un environnement mondialisé ? Faut-il opposer le marché à la réglementation, ou trouve-t-on des solutions « gagnants-gagnants », y compris des solutions promouvant une société plus égalitaire ? Quel doit être le rôle d'une autorité sociale mondiale : celui d'une agence de légitimation ou d'une instance de contrôle ? Faut-il réglementer certaines situations particulières dans le cycle de vie d'un individu ou faut-il donner des droits à utiliser selon les choix de chacun tout au long de la vie ? Ces questions seront reprises en s'appuyant sur les travaux issus des deux premiers thèmes.

Deux questions transversales apparaissent dès lors pour les trois ateliers : premièrement, n'est-il pas nécessaire d'analyser les risques d'exclusion auxquels sont confrontés les individus dans le déroulement d'ensemble de leur cycle de vie? Et deuxièmement, pour garantir un travail décent durable, ne faut-il pas coordonner et intégrer des politiques, étant donné que, dans les dynamiques économiques et sociales examinées, les effets d'une mesure dépendent de plus en plus fréquemment des interactions avec les effets d'autres mesures trop souvent conçues et mises en œuvre indépendamment. Les modalités d'intégration telles qu'elles ont pu être développées, à différents niveaux, dans les expériences nationales et internationales pourront faire l'objet de comparaisons.

La conférence « Dynamique du changement et protection des travailleurs » vise ainsi à donner un contenu précis à l'affirmation de la « sécurité tout au long de la vie » et à débattre des moyens qui permettent de l'assurer.

Programme

Jeudi, 17 janvier 2002

 

9.30-10.30
Ouverture: Gérard Collomb, maire de Lyon, et
Juan Somavia, Directeur général du BIT

 

Présentation des rencontres: Peter Auer et Bernard Gazier

 

10.30-12.30
Session 1: Prévenir l'exclusion et faciliter l'insertion: les transitions sur le marché de travail

 

Président: Georg Fischer
Coordinateur: Bernard Gazier
Rapporteurs: Anne-Marie Brocas
Per K. Madsen
Günther Schmid
Discussion

 

12.30-14.00 Déjeuner

 

14.00-16.00
Session 2: L'articulation entre travail et famille: une approche en termes de cycle de vie/transitions

 

Président: Annie Fouquet
Coordinateur: Eileen Appelbaum
Rapporteurs: Dominique Anxo
Gösta Esping Andersen
Jeanne Fagnani
Discussion

 

16.00-16.30 Pause café

 

16.30-18.30
Session 3: Entre marché et réglementation: les nouvelles régulations sociales assurent-elles une sécurité tout au long de la vie?

 

Président: Renate Hornung-Draus
Coordinateur: Alain Supiot
Rapporteurs: Marie-Anne Frison-Roche
Michael Piore
Bruno Trentin
Simon Deakin
Discusssion
19.30 Dîner (allocution: Catherine Barbaroux)

 

Vendredi, 18 janvier 2002

 

9.00-10.00 Synthèses des sessions (idées neuves, constats, suite) et synthèse d'ensemble

 

10.00-10.30 Pause café

 

10.30-12.30 Discussion en table ronde et discussion générale « L'impact de la mondialisation sur l'emploi, le travail et la protection sociale »

Elisabeth Guigou, Juan Somavia, Pierre-Paul Maeter, Pierre-Alain Muet, Jean-Pierre Rodier, Mamounata Cissé

12.30-14.00 Clôture de symposium, suivi d'un apéritif et buffet.

Mise à jour par VR. Approuvée par CK. Dernière modification: 5 avril 2002.