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Les nouvelles
Plus d'enfants, moins d'enseignants:
les classes sont bondées
Une étude révèle que dans le monde entier, la pénurie d'enseignants risque de mettre en péril la qualité de l'enseignement. Dans les pays en développement, malgré les mesures prises pour augmenter le nombre d'enseignants, les ratios enseignant-élèves demeurent obstinément faibles à cause de la croissance démographique.
GENÈVE - Selon cette étude 1
, publiée par le Bureau international du Travail et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la surcharge des salles de classe, causée par une croissance démographique inexorable, est de plus en plus préoccupante. À l'échelle mondiale, le nombre d'enfants d'âge scolaire a augmenté beaucoup plus rapidement que celui des enseignants au cours des années quatre-vingt-dix, à tel point que certaines écoles ont des classes de plus de 100 enfants pour un enseignant.L'auteur cite des chiffres montrant que des mesures concertées ont été prises dans de nombreuses régions en développement, où exercent déjà les deux tiers des 59 millions d'enseignants recensés dans le monde, mais où la demande demeure la plus forte. Dans ces pays, le nombre d'instituteurs a augmenté de près de 9% en moyenne entre 1990 et 1995. Cependant, la population des enfants ayant l'âge d'entrer à l'école primaire a augmenté d'autant.
Dans les pays industrialisés, le vieillissement du personnel enseignant et la pénurie de nouvelles recrues, découragées par la déconsidération dont est victime la profession et la médiocrité des salaires, menacent de détériorer la qualité de l'enseignement, précisément au moment où l'acquisition de connaissances et de qualifications nouvelles devient plus nécessaire que jamais.
À propos du profil des nouveaux enseignants, l'auteur constate que le nombre de femmes a augmenté sans discontinuer pendant les années quatre-vingt-dix, mais demeure très en deçà de 50% dans beaucoup de pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud. Dans ces pays, pourtant, la présence d'un plus grand nombre de femmes dans la profession contribuerait à accroître la scolarisation des filles.
En outre, bien que leur nombre augmente dans le monde entier, les enseignantes sont - souvent gravement - sous-représentées dans les postes de direction, ce qui prouve si besoin était que le «plafond de verre» demeure intact dans l'enseignement.
1 Maria Teresa Siniscalco, «Un profil statistique de la profession d'enseignant». Ce rapport se fonde sur des données émanant de différentes sources et notamment du Réseau d'information sur l'éducation en Europe (Eurydice), de l'UNESCO et de son Bureau international de l'éducation (BIE), du Bureau international du Travail (BIT), de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'UNESCO.
Amélioration des conditions de travail
dans les ateliers de confection cambodgiens
GENÈVE - Le Bureau international du Travail (BIT) 2
a constaté des «signes d'amélioration encourageants» des conditions de travail dans une trentaine d'usines de confection du Cambodge. Ces usines, qui produisent des vêtements vendus en Amérique du Nord, en Europe et dans d'autres pays développés, sont régulièrement contrôlées en vertu d'un projet de coopération technique résultant d'un accord entre les gouvernements du Cambodge et des États-Unis.Selon le dernier rapport en date, des contrôles récents n'ont mis à jour aucun cas de travail des enfants ni de harcèlement sexuel. En outre, la liberté syndicale et le droit d'organisation, le paiement des salaires et la réglementation des heures supplémentaires s'améliorent malgré la persistance de certains problèmes.
«Il y a tout lieu d'espérer que les conditions de travail s'améliorent encore dans ces usines», écrivent les auteurs de ce rapport.
Aux termes de l'accord triennal conclu entre les États-Unis et le Cambodge, les exportations cambodgiennes vers les États-Unis peuvent augmenter de 18% par an, à condition que le gouvernement cambodgien donne son appui à l'exécution d'un programme d'amélioration des conditions de travail dans l'industrie du textile et du vêtement, notamment en incorporant les normes fondamentales du travail internationalement reconnues dans la législation nationale.
Le Comité consultatif du projet - composé de représentants du gouvernement cambodgien, de l'Association des fabricants de vêtements et des syndicats - a approuvé le troisième rapport en se félicitant de ce qu'aucune trace de travail des enfants, de travail forcé, de discrimination ni de harcèlement sexuel, n'ait été relevée dans les 30 usines inspectées.
2 Le troisième rapport de synthèse et l'attestation du CCP figurent en anglais sur le site Internet du BIT, à l'adresse: www.ilo.org/public/english/dialogue/index.htm, dans la rubrique «Featured Sites».
Selon l'OIT, le développement durable
commence sur le lieu de travail
JOHANNESBURG, Afrique du Sud - Pour que les stratégies de développement durable puissent effectivement libérer la planète de la pauvreté et enrayer la détérioration de l'environnement, il faut se tourner vers le monde du travail. Tel est en substance le message de la délégation tripartite de l'OIT au Sommet mondial pour le développement durable, qui s'est tenu du 26 août au 4 septembre à Johannesburg.
Dans l'allocution qu'il a prononcée à cette occasion, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a fait observer que l'adoption de technologies et de pratiques respectueuses de l'environnement, exigerait une complète transformation des méthodes de travail et la fabrication de produits radicalement différents. Pour lui, la réalisation d'un développement durable constitue une formidable occasion de favoriser l'innovation technologique, l'investissement, la modernisation des savoir-faire, l'égalité entre les hommes et les femmes et le travail décent.
«Il est essentiel de gérer le changement à travers une étroite collaboration entre les gouvernements et les véritables acteurs de l'économie», a-t-il déclaré. «Ce sont les travailleurs et les employeurs organisés, femmes et hommes, qui seront les principaux artisans de la transition technologique vers la durabilité.»
«N'oublions pas que c'est le travail - accompli dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité humaine - qui permet aux gens de s'affranchir de la pauvreté, de gagner ce qu'il leur faut pour mener une existence satisfaisante et de vivre dans le respect de la société et de l'environnement.»
M. Somavia était accompagné de Lord Brett, Président du Conseil d'administration du BIT et représentant des travailleurs, de M. Chung, ambassadeur de la République de Corée, Vice-président et représentant des gouvernements, et de M. Funès de Rioja, Vice-président et représentant des employeurs. Tous trois ont participé aux côtés du Directeur général à une table ronde parrainée par l'OIT sur le thème de l'emploi, du dialogue social et de la protection sociale, qui a réuni plus de 150 participants du Sommet.
La Déclaration politique adoptée à la fin du Sommet, qui a fait l'objet de plusieurs mois de négociations et de réunions préparatoires, contient l'engagement de contribuer à la création d'emplois rémunérateurs sur la base de la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.
Dans son allocution, M. Somavia a attribué l'échec du développement durable à une mondialisation qui, «dans sa forme actuelle, aggrave plutôt qu'elle ne réduit la fracture sociale à l'intérieur des pays et entre eux». Pour approfondir la réflexion sur cet aspect des choses, la Commission mondiale de l'OIT sur la dimension sociale de la mondialisation a tenu une réunion de consultation avec des représentants de la société civile. Les deux coprésidents, M. Mkapa, Président de la Tanzanie et Mme Halonen, Présidente de la Finlande, ont participé à cette réunion avec cinq autres membres de la commission.
Le but essentiel du Sommet était de susciter une riposte mondiale aux immenses problèmes de pauvreté et d'environnement dans quatre domaines prioritaires définis par le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan: accès à l'eau potable, et assainissement, accès aux sources d'énergie, amélioration des conditions de santé et de la productivité agricole, protection de la biodiversité et des écosystèmes.
Conférence tripartite de Tallinn
Les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs des pays d'Europe centrale et d'Europe orientale ont examiné les conséquences des technologies de l'information et de la communication (TIC) sur le travail et l'emploi, lors d'une conférence de deux jours, organisée en avril, à Tallinn, par l'OIT et le gouvernement estonien.
TALLINN, Estonie - Cette conférence, organisée avec l'appui du ministère estonien des Affaires sociales et le ministère finlandais du Travail, a été l'occasion de situer les questions soulevées dans le Rapport du BIT sur l'emploi dans le monde 2001, intitulé Vie au travail et économie de l'information, dans le contexte de l'élargissement de l'Union européenne.
Les délégués ont fait observer que d'une manière générale les pays d'Europe centrale et d'Europe orientale étaient bien équipés pour la société de l'information, mais que pour en tirer les avantages, il fallait un cadre politique adéquat et un dialogue social performant.
Craignant que l'élargissement de l'Union européenne ne provoque un «exode des cerveaux» vers l'Europe occidentale, les participants ont exhorté les gouvernements et les partenaires sociaux à prendre des mesures à la fois pour inciter les diplômés à rester dans leur pays d'origine et pour faire revenir ceux qui sont déjà partis. En outre, ils ont insisté sur l'importance de la formation continue pour les jeunes - et aussi pour les travailleurs plus âgés.
Selon certains délégués, les nouveaux modes d'organisation du travail résultant de l'usage des TIC peuvent accroître la satisfaction professionnelle des travailleurs et permettre à ceux-ci de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Toutefois, les organisations d'employeurs et de travailleurs ont été averties que ces nouvelles formes de travail pourraient les obliger, d'une part, à rechercher de nouveaux modes de fonctionnement et de recrutement et, d'autre part, à adapter les services qu'elles proposent à leurs membres.
Les participants ont reconnu que la négociation collective et les conventions nationales, sectorielles et locales étaient des instruments utiles pour faciliter le passage à de nouvelles méthodes de travail. À propos du télétravail, ils ont dressé une liste de bonnes pratiques, recommandant que celui-ci soit facultatif et que les travailleurs concernés puissent retrouver leurs bureaux dans l'entreprise s'ils le souhaitent. En outre, ils ont souligné la nécessité de protéger l'emploi et les droits syndicaux des télétravailleurs.
En ce qui concerne les conséquences des nouvelles technologies sur la santé et la sécurité au travail, les délégués ont demandé à bénéficier de l'avis de spécialistes pour définir ce que sont un cadre et des conditions de travail convenables.
Cette conférence, à laquelle étaient représentés tous les pays d'Europe centrale et d'Europe orientale qui sont candidats à l'adhésion à l'Union européenne, a donné aux délégués l'occasion de se rendre compte des possibilités qu'offrent les TIC pour la création d'emplois et le travail décent.
Accord sur le télétravail
Les représentants des employeurs et des syndicats européens ont négocié un accord-cadre sur le télétravail. Cet accord, signé en juillet à Bruxelles, marque l'aboutissement de presque une décennie de négociations à l'échelle européenne sur la réglementation des nouvelles formes de travail faisant appel aux technologies de l'information et de la communication.
BRUXELLES, Belgique - Dans cet accord, le terme de télétravail, dont la définition a posé quelques difficultés, désigne tout travail qui fait appel aux technologies de l'information, effectué normalement en dehors des locaux de l'employeur. Il concerne donc potentiellement beaucoup de travailleurs mobiles et de travailleurs à domicile.
Cet accord, négocié par trois organismes européens représentant les employeurs et la Confédération européenne des syndicats, et le premier que les partenaires sociaux s'engagent à mettre en œuvre de façon autonome, sans recourir à la législation européenne.
Il comporte plusieurs points: le télétravail doit être volontaire et le droit de retourner au travail classique à la demande du travailleur ou de l'employeur doit être explicite (sauf si la description initiale des tâches précise qu'il s'agit d'un poste de télétravail); les télétravailleurs doivent bénéficier des mêmes droits et conditions au regard de l'emploi que ceux de leurs collègues qui travaillent dans l'entreprise; en règle générale, les employeurs doivent fournir l'équipement utilisé par les télétravailleurs et assumer la responsabilité de la protection des données.
Les employeurs demeurent responsables de la santé et de la sécurité des salariés télétravailleurs, conformément à la législation habituelle. Les droits et les questions concernant le respect de la vie privée sont également régis.
L'accord se fonde sur de nombreuses conventions collectives d'entreprise relatives au télétravail (en particulier dans les branches des technologies de l'information et des télécommunications) ainsi que sur des conventions nationales et sectorielles et des codes de conduite adoptés dans plusieurs États membres de l'UE. Parmi les antécédents les plus récents, il convient de mentionner les deux conventions européennes sur le télétravail, négociées à l'échelle des secteurs des télécommunications et du commerce, par les employeurs et UNI-Europe.
Dans le contexte du partenariat social européen, la nature volontaire de cet accord a plus particulièrement retenu l'attention. L'accord-cadre sur le télétravail sera le premier à être mis en œuvre par la «voie volontaire» visée à l'article 139 du Traité sur l'Union européenne; il est considéré comme un modèle pour de futurs accords entre partenaires sociaux.
Anna Diamantopoulou, commissaire chargée de l'emploi et des affaires sociales, a salué la signature de l'accord à propos de laquelle elle a déclaré: «Ce fait marque l'avènement de l'ère du dialogue social européen.»
Le suivi de l'accord sera confié à un groupe spécial composé des parties signataires, qui devront présenter un rapport conjoint sur sa mise en œuvre dans un délai de quatre ans.
Adoption d'un programme social
tripartite à Santo Domingo
SANTO DOMINGO, Costa Rica - À l'issue d'une réunion tenue en mai 2002 dans cette ville, les délégations tripartites de Belize, du Costa Rica, d'El Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, de Panama et de la République dominicaine ont adopté un nouveau programme social pour la sous-région. Les débats étaient organisés par le Bureau de l'OIT à San José, avec l'appui de deux projets de coopération technique qui promeuvent le dialogue social dans la sous-région (PRODIAC, financé par le gouvernement norvégien, et RELACENTRO, financé par le ministère du Travail des États-Unis).
Cette réunion avait pour thème le lien entre les relations du travail, le dialogue social et la gouvernance démocratique. Le programme adopté recense onze domaines d'action et mesures de suivi prioritaires, parmi lesquels: le respect des conventions, politiques et stratégies fondamentales de l'OIT concernant l'économie informelle; le renforcement des capacités des organisations d'employeurs et de travailleurs; l'amélioration de la productivité et de la compétitivité, des très petites, petites et moyennes entreprises en particulier; la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes; la modernisation des régimes de sécurité sociale; et la réalisation de programmes sur les migrations de travailleurs dans la sous-région.
Malgré la situation économique et sociale extrêmement difficile dans laquelle se trouvent la plupart des pays, les participants ont manifesté un réel intérêt pour une nouvelle approche des relations professionnelles, fondée sur le respect de la liberté syndicale et du droit de négociation collective ainsi que pour la recherche d'un consensus sur le développement économique et social.
Le BIT apportera son concours au suivi et à la mise en œuvre de ce programme, en collaboration avec les organismes nationaux et sous-régionaux compétents tels que le Conseil des ministres du Travail, le Forum sous-régional des employeurs et le Forum des travailleurs. Une réunion sous-régionale sera organisée pour évaluer les résultats de ce programme et décider des activités futures.
(Pour tout renseignement, s'adresser au Programme du BIT pour le renforcement du dialogue social, du droit du travail et de l'administration du travail, à l'adresse: ifpdialogue@ilo.org)
Région arabe:
des grandes inventions du passé
à la timide diffusion des nouvelles technologies
Les technologies de l'information creuseront-elles le fossé entre les riches et les pauvres ou serviront-elles à promouvoir le travail décent pour les hommes et les femmes de la région arabe? Telle était l'une des questions posées lors du Forum régional sur la technologie, l'emploi et la lutte contre la pauvreté dans les pays arabes, coorganisé du 16 au 18 juillet 2002 à Beyrouth, par l'OIT et la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO).
BEYROUTH - Dans son allocution d'introduction, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a déclaré: «Nous nous trouvons dans une région qui fut l'un des berceaux de la technologie, qui a engendré de grands inventeurs et dont les idées et les découvertes se propagèrent dans le monde entier.»
Le Premier ministre du Liban, Rafiq Hariri, a souligné l'importance du forum et la nécessité de le compléter par la mise en place de mécanismes favorisant le progrès technologique dans la région arabe. Selon lui, un tel progrès ne dépend pas uniquement de la décision des gouvernements mais suppose une collaboration étroite avec le secteur privé et des liens de partenariat avec les pays européens.
Répondant à une invitation transmise par le conseiller du Directeur général pour les politiques de développement et les pays arabes, Samir Radwan, M. Hariri a accepté de parrainer une réunion régionale de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation.
Les communications présentées durant le forum ont attiré l'attention sur le fait que les nouvelles technologies pouvaient favoriser le développement durable, la création d'emplois et la réduction de la pauvreté dans la mesure où elles permettent de réduire les inégalités de revenus entre les pays et à l'intérieur de chacun d'eux.
«Les technologies de l'information et de la communication peuvent stimuler la créativité, créer des emplois décents, c'est-à-dire des emplois plus productifs et mieux rémunérés, reposant sur une plus grande participation et sur une plus grande équité», a déclaré M. Somavia, et de souligner que «les pauvres sont, en dernière analyse, les laissés-pour-compte de l'information … En leur offrant la possibilité de faire entendre leur voix, la technologie leur donne des moyens d'agir et, partant, d'accéder à la sécurité, à des conditions de vie satisfaisantes et à la respectabilité auxquelles tout être humain aspire.»
«Pour certains, la mondialisation a été un instrument de progrès, pour l'entreprise, pour l'emploi, pour la création de richesses. Pour d'autres, en revanche, dont beaucoup d'habitants de cette région, elle a accru les inégalités et l'insécurité», a-t-il ajouté.
Les participants ont réfléchi aux politiques, stratégies et mesures à adopter pour créer des emplois, réaliser les conditions d'un travail décent et soulager la pauvreté dans la région arabe en misant sur les nouvelles technologies et en s'inspirant de l'expérience d'autres pays.
«Le but de ce forum est d'étudier les moyens d'amener les sociétés arabes à intégrer les technologies modernes dans leurs modes de pensée, tant au stade de la planification qu'au stade de la réalisation, afin d'améliorer la position des États arabes dans ce domaine», a déclaré Mervat Tallawy, secrétaire générale adjointe et secrétaire exécutive de la CESAO.
Évoquant le faible niveau du PIB par habitant de la plupart des pays arabes - à peine 2 800 dollars - Mme Tallawy a affirmé que sans l'apport humain, les matières premières n'étaient pas suffisantes, sous-entendant que la région pourrait valoriser son capital humain et social si elle s'appuyait sur la technologie. Elle a cité plusieurs exemples dans lesquels la technologie moderne a permis de surmonter des problèmes liés au développement tels que la pauvreté, le chômage et un niveau d'instruction insuffisant.
«Toutefois, la difficulté consiste à trouver le moyen de faire connaître le potentiel de ces nouvelles sciences, à trouver des gens qui aient la volonté de changer les choses en faisant appel à la technologie, à faire accepter ce savoir.»
Pendant les trois journées de réunion, orateurs et experts ont fait observer que le marché pouvait être un puissant moteur de progrès technique si les gouvernements et le secteur privé, dont la participation est essentielle, adoptent des politiques et des stratégies judicieuses.
Ces politiques doivent viser simultanément l'adoption des nouvelles technologies et l'intégration des pays arabes dans la société du savoir.
D'éminentes personnalités scientifiques du monde arabe, parmi lesquelles le professeur égyptien Ahmed Zewail, Prix Nobel de chimie en 1999, étaient également présentes.
L'un des principaux résultats du forum a été la création d'un groupe de travail sur les technologies de l'information, l'emploi et la pauvreté. La dernière journée a été consacrée à la réunion inaugurale du comité consultatif de la CESAO pour le développement scientifique et technologique et l'innovation technologique. Ce comité a formulé, à l'intention des pays membres, des recommandations sur les stratégies à appliquer pour mettre la science et la technologie au service de la création d'emplois et de la lutte contre la pauvreté.
Le Directeur général du BIT se rend à Moscou
MOSCOU - À l'occasion d'un récent voyage de cinq jours dans cette ville, le Directeur général a rencontré de hauts responsables de la Fédération de Russie ainsi que des représentants d'employeurs et de travailleurs. Les entretiens ont porté, entre autres, sur l'accession de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce et sur la question du travail des enfants.
M. Somavia a rencontré Alexander Pochinok, ministre du Travail et du Développement social; Mikhail Shmakov, président de la Fédération des syndicats indépendants et les dirigeants de syndicats affiliés à cette fédération; Oleg Eremëev, directeur général du Conseil de coordination des alliances de chefs d'entreprise. Il s'est également entretenu avec le Premier ministre, Mikhail Kasianov; le vice-Premier ministre, Valentina Matvienko; le Président de la Douma, Gennady Seleznev; et le ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov.
Avec le Premier ministre, le Directeur général du BIT a accordé la priorité à l'examen des questions liées à l'adhésion imminente de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. Le gouvernement russe a demandé au BIT de l'aider à évaluer les incidences sociales de cette adhésion. Juan Somavia a dit que tout devait être mis en œuvre pour que la population russe en tire un maximum d'avantages et en subisse un minimum d'inconvénients.
Le problème du travail des enfants a été examiné lors de la réunion de la délégation de l'OIT avec les dirigeants de la Fédération des syndicats indépendants de Russie. Après avoir rencontré le maire de Moscou, M. Somavia a visité l'un des nombreux refuges pour les enfants de la rue, qui ont été ouverts ces dernières années dans la ville.
Visite du Directeur général en France
À l'occasion de la visite officielle qu'il a effectuée en France les 19 et 20 septembre 2002, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, s'est entretenu avec le Président Jacques Chirac. Ils sont convenus que, dans une économie mondiale, les États devront veiller à donner un visage humain à la mondialisation car, pour être durable, le développement économique doit aller de pair avec le progrès social. M. Somavia a souligné la portée de cette rencontre et l'importance du dialogue pour orienter la mondialisation dans une nouvelle direction.
Il a également rencontré le ministre du Travail, François Fillon, Denis Gautier Sauvagnac, vice-président du MEDEF (organisation française d'employeurs), Marc Blondel, secrétaire général du syndicat «Force ouvrière» et un délégué travailleur du Conseil d'administration du BIT.