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TRAVAIL
No 42, Mars 2002


Les nouvelles


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Aviation civile: comment sortir de la crise?

Pour rechercher des solutions aux problèmes qui assaillent l'aviation civile, le BIT a réuni en janvier les représentants des syndicats, des employeurs et des gouvernements. À l'issue de trois journées de débat intense, les 200 délégués présents ont préconisé des solutions pour que le secteur retrouve sa stabilité, réalise à nouveau des recettes et des bénéfices et continue à investir pour améliorer les infrastructures. Mais il importe avant tout de regagner la confiance des usagers.

GENÈVE - Les participants ont fait observer qu'avant même le 11 septembre, plusieurs compagnies avaient annoncé des licenciements ou avaient pris des dispositions pour faire face à un imminent ralentissement des activités. S'ajoutant à la récession conjoncturelle, les attentats ont provoqué la suppression d'environ 400 000 emplois à l'échelle mondiale et engendré une crise qui touche désormais tous les secteurs de l'industrie des transports aériens: compagnies aériennes, aéroports, services de navigation, équipementiers, entreprises de restauration, parkings et services de location de voitures.

Qui plus est, le gel des recrutements, le non-renouvellement des contrats à durée déterminée, les départs volontaires à la retraite anticipée, les autres départs volontaires et les licenciements pour cause économique, la réduction du temps de travail et la baisse ou le gel des salaires ont provoqué des suppressions d'emplois supplémentaires. La plupart de ces mesures sont temporaires, mais elles pourraient bien être maintenues jusqu'en 2003 environ ou jusqu'à ce que le secteur redémarre.

Les participants ont fait observer que l'absence d'assurance contre le risque de guerre avait bien failli paralyser totalement le système mondial de transport aérien à la fin de septembre 2001. C'est seulement grâce à l'intervention des gouvernements que des mesures d'urgence offrant une autre forme de couverture ont pu être mises en place. Malheureusement, la plupart de ces mesures viendront à échéance dans les quelques semaines ou les quelques mois à venir, alors que la recherche de solutions permanentes et efficaces n'a pas encore abouti.

La réunion a formulé les recommandations suivantes:

La réunion a exhorté les gouvernements à garantir que des indemnités de chômage, une assurance maladie et des programmes de formation et de recyclage destinés aux travailleurs mis en congé ou licenciés soient mis en place; à contribuer à la prise en charge (y compris financière) des dépenses de sécurité et des frais d'assurance afin d'éviter que les ajustements portent exclusivement sur les conditions de travail et les suppressions d'emplois; à proroger l'application de toutes les mesures d'urgence pour avoir le temps de mettre au point des solutions définitives; à assurer l'indépendance et l'intégrité des autorités chargées de la réglementation de la sécurité dans l'aviation; à veiller à ce que les autorités nationales responsables de l'aviation disposent des moyens et des ressources qui leur sont nécessaires pour garantir la surveillance et l'application de la réglementation par l'ensemble des composantes d'un secteur mondialisé mais pourtant fragmenté; à envisager, en collaboration avec l'OACI, la mise en place d'une protection juridique efficace et de solutions à la violence à l'égard du personnel navigant, notamment en examinant les problèmes de compétence et en édictant des procédures et des règles en matière de sécurité; et à s'assurer que les droits fondamentaux des travailleurs dont doivent bénéficier les employés du secteur de l'aviation, y compris pour ce qui est de la confidentialité, sont protégés et respectés dans les cas où ces employés font l'objet de contrôles de sécurité en raison du caractère particulièrement sensible de leurs fonctions.

La réunion a prié instamment l'OIT d'analyser plus en profondeur l'impact des événements du 11 septembre sur l'aviation civile dans les pays en voie de développement et de diffuser les résultats de cette analyse; d'étudier de toute urgence, avec l'OACI, les répercussions de la restructuration du secteur de l'aviation civile sur l'emploi et les pratiques de sécurité; de réunir, en collaboration avec les gouvernements et les organisations internationales, des données sur l'emploi dans le secteur, ventilées par sexe et en fonction des groupes minoritaires, chaque fois que cela est possible, et de les diffuser; de rassembler des données et d'effectuer des travaux de recherche sur les questions de santé et de sécurité au travail qui sont propres au secteur de l'aviation, dans le cadre de ses programmes existants; de promouvoir, auprès de l'OACI et d'autres autorités chargées de la réglementation en matière de sécurité, une démarche qui tienne compte du facteur humain et optimise la qualité des ressources humaines, eu égard aux aspects qui ont des répercussions sur la performance des fonctions liées à la sécurité et à la sûreté; et de renforcer sa coopération et sa collaboration avec les organes responsables de la sécurité des transports aériens, les instances de régulation économique, les organisations internationales compétentes, y compris l'OACI et les institutions financières internationales, en vue de faire valoir l'importance de la concertation tripartite et d'un dialogue permanent sur les questions sociales et techniques.

- 25 janvier 2002, BIT/02/03


Les travailleurs et la mondialisation:
L'OIT au cœur de l'offensive

À l'occasion du Forum économique mondial, Juan Somavia, Directeur général du BIT, a tenu une série de consultations pour faire connaître le sentiment de l'OIT, à savoir que les entreprises et les travailleurs devaient adopter une démarche stratégique face à la mondialisation. Le forum, qui s'est tenu cette année à New-York et non comme à l'accoutumée à Davos (Suisse), son lieu de naissance, a porté sur les moyens de combler l'écart entre riches et pauvres à l'ère de la mondialisation. Dans le cadre des efforts déployés par l'OIT pour combler cet écart, le Directeur général a également participé au Forum social mondial - baptisé le «Davos social» - à Porto Alegre (Brésil) et à des débats sur la politique sociale et l'emploi, à Lyon (France).

New York - Porto Alegre - Lyon - «Le travail est synonyme de production et de croissance économique mais il peut aussi être synonyme d'exploitation, de discrimination et de dénuement», a déclaré M. Somavia au Forum économique mondial. «En axant nos efforts sur le travail décent pour tous - femmes et hommes - nous pouvons contribuer à l'avènement d'un monde meilleur.»

À propos des effets de la récession mondiale sur les marchés du travail du monde entier, il a fait observer que malgré les signes annonciateurs d'une reprise économique dans le courant de l'année, l'emploi, lui, mettrait plus longtemps à redémarrer. «En règle générale, les crises mondiales donnent lieu à des ajustements financiers et monétaires plutôt qu'à des mesures visant à stimuler la productivité et la création d'emplois», a-t-il précisé.

M. Somavia, qui est l'un des rares dirigeants d'une institution internationale à avoir participé à la fois au Forum de New York/Davos et au deuxième Forum social mondial - le «Davos social» - tenu à Porto Alegre (Brésil), a affirmé à Manhattan: «Nous savons que nous devons veiller à ce que la mondialisation se fasse dans l'intérêt du plus grand nombre, mais nous n'avons pas suffisamment recherché les moyens d'y parvenir.»

«La notion de travail décent peut nous aider à élaborer et à appliquer des politiques économiques et sociales qui soient de nature à mettre la mondialisation au service de la majorité plutôt que de la minorité. Pour ce faire, l'esprit d'initiative - dans le secteur économique et au-delà - est essentiel.»

Le forum social

Environ 3000 délégués ont participé au Forum économique mondial, alors qu'ils étaient en moyenne 2000 lorsque celui-ci se tenait à Davos. Cela s'explique, certes, par le choix du lieu - New York plutôt que le village de Davos, isolé dans les montagnes de la Suisse orientale - mais aussi par le regain d'intérêt pour les thèmes de la mondialisation, de la pauvreté et des questions sociales, qu'ont suscité à la fois le ralentissement économique mondial et les événements survenus l'automne dernier à New York, à Washington et ailleurs.

New York/Davos a été relégué au second plan - du moins pour ce qui est du nombre de participants - par Porto Alegre, dont les organisateurs estiment à 50 000 le nombre de représentants d'ONG, de syndicats, d'organisations religieuses et d'organismes d'aide présents.

M. Somavia a transmis un message de conciliation aux participants : «Il est primordial de parvenir à une entente entre conceptions différentes du monde et de la mondialisation afin de transformer celle-ci en un système qui soit favorable à tous.»

Il a attiré l'attention sur les leçons à tirer de l'action menée par l'OIT pour faire progresser la cause sociale à l'échelle mondiale. «Le plus important est de se faire entendre et de participer», a-t-il affirmé. «La solution ne viendra pas d'en haut, elle ne viendra pas d'un marché anonyme… Il existe de nombreux modèles de démocratie, mais l'essentiel est que les gens aient la liberté de décider de l'action à entreprendre.»

Il a ensuite insisté sur l'importance du consensus, celui-ci ne consistant pas «à faire des compromis mais à construire des alliances, à exprimer la volonté commune de personnes capables de surmonter leurs divergences pour atteindre un but commun. Tout consensus doit s'appuyer sur des valeurs communes.»

Selon lui, ces valeurs fondamentales - et complémentaires - sont la justice, l'équité, l'ouverture, la solidarité, la culture, l'identité, la tolérance et la liberté.


Résoudre les problèmes
psychosociaux liés au travail

Le programme Safework du BIT a lancé une toute nouvelle initiative, intitulée «Solve» - concernant les problèmes «psychosociaux» sur le lieu de travail.

GENEVE - Les problèmes «psychosociaux», c'est-à-dire ceux qui sont causés par l'alcoolisme et la toxicomanie, la violence, le stress, le tabagisme et le VIH/sida, constituent dans le monde entier l'une des principales causes d'accident, de maladie, d'absentéisme et de décès au travail.

Au Royaume-Uni, par exemple, plus de 40 millions de journées de travail sont perdues chaque année en raison de troubles liés au stress 1. On estime à trois millions le nombre de travailleurs de l'Union européenne qui sont actuellement victimes de harcèlement sexuel et, aux États-Unis, un millier sont assassinés chaque année sur leur lieu de travail.

Ces problèmes ne sont pas l'apanage des pays industrialisés. Quelque 500 millions de personnes vivant aujourd'hui, majoritairement dans les pays en développement, mourront pour cause de tabagisme. En Afrique australe, la baisse de productivité due au VIH/sida pourrait atteindre 50% au cours des dix prochaines années.

Pour les travailleurs, les problèmes psychosociaux sont parfois synonymes de stigmatisation, d'isolement, de maladies, de blessures, voire de mort. Pour l'entreprise, ils peuvent se traduire par une grave perturbation des activités, la dégradation de l'image, l'absentéisme, des changements constants de personnel, des accidents du travail, la hausse des primes d'assurance, le surmenage du personnel et l'augmentation des dédommagements.

La récente initiative de santé et de sécurité au travail, dénommée «Solve», vise à doter les employeurs des connaissances, des compétences et des outils stratégiques nécessaires pour affronter ces problèmes et, surtout, pour les prévenir. Ce projet, élaboré par le Programme focal du BIT pour la sécurité et la santé au travail, «Safework», a été lancé en novembre 2001, à Windhoek (Namibie).

Malgré sa création récente, il a déjà retenu l'attention de nombreuses entreprises et organisations, y compris le Comité d'organisation des jeux olympiques de 2002 (Grèce), qui aura la charge de plus de 5 000 employés et 60 000 bénévoles.

La méthode «solve»

Habituellement, en cas de problèmes psychosociaux, les entreprises confient à un expert extérieur la tâche d'étudier la situation et de traiter les symptômes. La méthode «Solve» est différente. Elle consiste à démontrer l'interdépendance de ces problèmes. Ainsi, un travailleur souffrant d'un stress avancé risque davantage de devenir alcoolique ou toxicomane ou encore d'infliger une violence physique ou psychologique à ses collègues. En pareil cas, il faudra certes s'attaquer au problème de dépendance ou de violence, mais il faudra aussi essayer d'alléger le stress, soit par un meilleur soutien social soit par la réorganisation du travail.

En outre, le projet établit un lien direct entre les problèmes psychosociaux et la gestion normale de l'entreprise, c'est-à-dire avec des questions telles que la productivité, la qualité, la satisfaction des travailleurs et les relations avec la clientèle. L'idée est que mettre en place une politique efficace de gestion et de prévention des problèmes psychosociaux est bénéfique pour les résultats de l'entreprise.

Comment fonctionne «Solve»? Le cours de familiarisation avec la démarche «Solve» dure cinq jours, dont chacun est consacré à un problème psychosocial différent; il comporte trois phases.

La première phase est conçue de façon à favoriser l'ouverture d'esprit face aux problèmes et à créer une atmosphère dans laquelle chacun se sente à l'aise pour en parler et soit réceptif à des idées nouvelles. À propos du stress, par exemple, l'exercice consistera à élargir la définition communément admise de cette pathologie et à remettre en question certains préjugés concernant les professions censées y être sujettes.

La deuxième phase vise à transmettre aux participants des connaissances de base, à la fois sur les problèmes à l'étude et sur la manière d'élaborer un cadre politique qui permette de les résoudre efficacement. À la fin de cette phase, les participants ne seront peut-être pas des experts du VIH/sida, par exemple, mais ils devraient avoir bien compris la manière d'y faire face et ils devraient savoir comment mettre au point une stratégie d'entreprise qui, en aidant les malades et les autres travailleurs - en atténue les conséquences néfastes pour le lieu de travail.

Enfin, la troisième phase consiste en un exercice de simulation qui leur permet de tester leurs nouvelles connaissances et de se confronter à des difficultés qui surviennent fréquemment.

Le milieu universitaire

La démarche «Solve» a d'ores et déjà retenu l'attention du milieu universitaire. Des universités des États-Unis, de la Namibie, de l'Afrique du Sud, de la Malaisie et de la Thaïlande envisagent d'incorporer le cours «Solve» dans leurs programmes d'enseignement et de recherche, au niveau de la maîtrise ou du doctorat.

Le Programme du BIT intitulé «Innovation, éducation et formation pour le développement humain et le travail décent», mieux connu sous le nom de Programme «Universitas», se propose d'utiliser «Solve» pour promouvoir une approche intégrée visant à favoriser les partenariats entre acteurs locaux, universités et institutions nationales et internationales.

Les responsables de ce programme considèrent que les universités, en tant qu'institutions qui cherchent à définir et à résoudre les problèmes socio-économiques présents et futurs, jouent un rôle important dans le processus de développement. Selon Giovanni Di Cola, coordinateur du Programme «Universitas», «la solution consiste à traduire cette vision prospective de la pensée universitaire en moyens de promouvoir le développement. Un autre aspect de «Solve» qui le rend attrayant pour les universités et les membres de l'OIT, réside dans la manière dont «Solve» peut montrer comment établir des partenariats qui répondent aux besoins réels et concrets des travailleurs».

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Pour tout renseignement concernant «Solve», consulter le site www.ilo.org/safework (en anglais) ou s'adresser à David Gold, e-mail: gold@ilo.org, tél. +4122/799-6183, fax +4122/799-6878

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1 Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 2000.


Premiers audits du BIT sur les questions d'égalité
entre hommes et femmes

Le BIT a lancé une série d'audits d'un genre nouveau, dénommés audits sur l'égalité hommes-femmes, dans ses bureaux de Bangkok, Budapest, Katmandou et Tanzanie ainsi que du Bureau à Genève. D'autres auront lieu dans les prochains mois et un rapport sera soumis en novembre 2002 au Conseil d'administration.

GENEVE - Pour promouvoir l'égalité entre hommes et femmes et inscrire celle-ci dans une stratégie, le BIT a lancé une nouvelle initiative visant à attirer l'attention sur le travail qu'il accomplit dans ce domaine et à sensibiliser davantage à cette question tous ceux qui sont appelés à élaborer ou à exécuter des projets du BIT. Les «audits sur les questions d'égalité entre hommes et femmes» qui ont débuté au mois d'octobre 2001 et doivent se poursuivre jusqu'en avril 2002, s'inscrivent dans le cadre du Plan d'action sur l'égalité entre les hommes et les femmes, qui a été présenté au Conseil d'administration en mars 2000.

Cette action a pour but de garantir une prise en compte des questions d'égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les activités du BIT et à tous les niveaux. Selon le Bureau de l'égalité entre hommes et femmes 2, il ne s'agit pas simplement d'accoler une «composante féminine» aux politiques existantes, mais de mettre à profit l'expérience des hommes et des femmes dans la planification de toute action, de toute législation, de toute politique et de tout programme. Ces audits ont également pour but de garantir que les conséquences d'une action ou d'un projet sur les deux sexes soient pleinement évaluées avant même la mise en œuvre.

Le terme «audit» est peut-être trompeur puisqu'il appartient au jargon de la comptabilité. Il est donc important de préciser que les «audits du BIT sur les questions d'égalité entre les hommes et les femmes» se fondent sur une participation active et un processus d'apprentissage visant à favoriser l'adoption de bonnes pratiques, à anticiper les difficultés et à garantir l'application effective de la stratégie d'intégration de l'équité entre les sexes dans les activités du BIT.

Qui participe et comment?

La participation est facultative, chaque audit portant sur une «unité de travail», c'est-à-dire, au siège, un programme focal, un département, un bureau ou encore un programme intersectoriel et, dans les régions, une équipe consultative multidisciplinaire ou un bureau de zone.

Les séances se tiennent à proximité du lieu de travail des participants. Elles sont organisées avec l'aide de consultants du Gender and Development Training Centre d'Haarlem (Pays-Bas), qui a plus de dix ans d'expérience dans ce domaine.

La méthode de l'audit est sans équivalent au sein du système des Nations Unies en ce sens qu'elle se fonde sur une technique participative à base de réunions de travail et d'entretiens qui permettent aux intéressés de participer activement à l'exercice et d'obtenir une information en retour. Elle se distingue donc de la méthode traditionnelle consistant à faire analyser le lieu de travail par un expert qui remet ensuite ses conclusions à la direction.

La méthode du BIT comporte certes un élément d'évaluation objective puisque chaque produit d'une unité de travail donnée (documents de projet, bases de données et publications) ainsi que chaque programme de sensibilisation, de consultation et de coopération technique sont examinés. Néanmoins, cet examen comprend lui aussi un volet participation: les conclusions sont communiquées à tous les participants afin que l'unité de travail réfléchisse collectivement aux questions soulevées.

L'audit porte sur de nombreux aspects: gestion de l'information et des connaissances, dotation en personnel et ressources humaines, progrès réalisés en vue d'instaurer l'égalité entre les sexes, compétences et renforcement des capacités des hommes et des femmes.

Au siège, sont également analysés les documents d'orientation et les principales publications ainsi que les méthodes de programmation, de budgétisation et d'évaluation. Les résultats de cet exercice seront publiés dans un rapport final qui contiendra également une synthèse des conclusions des audits des unités de travail ainsi que des recommandations. Ce rapport sera soumis à l'Équipe de direction du BIT en mai 2002, puis au Conseil d'administration en novembre de la même année.

A l'issue de la première série d'audits, Jane Zhang, Directrice du Bureau de l'égalité entre hommes et femmes, a déclaré que «le processus a permis d'apprendre énormément de choses sur l'état d'avancement de l'intégration des questions de genre au sein du BIT et sur les mesures à prendre pour passer réellement de la théorie à la pratique».

Lorsque l'ensemble du processus aura abouti, les données ainsi réunies seront communiquées aux mandants, aux donateurs, aux autres institutions de l'Organisation des Nations Unies et à d'autres organisations concernées.

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- Pour tout renseignement, s'adresser au Bureau de l'égalité entre hommes et femmes, tél. +4122/799-6730, fax +4122/799-6388, e-mail: gender@ilo.org ou consulter le site: www.ilo.org/gender.

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2 Partenaires et égaux, Bureau international du Travail, 2000.


Mondialisation et identité culturelle:
accord OIT/OIF

L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Organisation internationale du Travail (OIT) partagent des valeurs fortes. Pour officialiser ce lien naturel, Juan Somavia, Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) et Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de l'OIF ont signé le 14 février au siège de l'OIT à Genève, un accord-cadre confirmant leur volonté de développer leurs relations institutionnelles et les activités qu'ils mènent ensemble au bénéfice de la cinquantaine de pays qui sont membres des deux organisations.

«Cet accord va contribuer à la réalisation d'objectifs communs à l'OIF et à l'OIT, surtout dans les domaines du travail et de la protection des droits de l'homme et des travailleurs», explique le Secrétaire général de l'OIF. Ce document stipule en effet que les deux organisations collaboreront pour promouvoir la dimension sociale de la mondialisation, le respect des principes et droits fondamentaux au travail et l'application des normes internationales du travail. Il contient également une disposition sur l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, la défense de la diversité culturelle et linguistique, et plus particulièrement le statut international de la langue française.

«L'OIF ne défend pas seulement la langue française», a fait observer Juan Somavia. «Elle défend surtout le droit de pouvoir s'exprimer dans sa propre langue. Les valeurs défendues par l'OIF sont au cœur des préoccupations de l'OIT, au cœur du débat sur la dimension sociale de la globalisation, car il n'y aura pas de mondialisation juste et équitable sans un profond respect de l'identité culturelle de chacun.» Le respect de l'identité culturelle serait-il donc une condition préalable à la mondialisation?

«C'est pour moi une évidence», répond Boutros Boutros-Ghali, qui a fait partie, de 1971 à 1978, de la Commission d'experts du BIT pour l'application des conventions et recommandations. «Si la mondialisation se poursuit au rythme actuel, dans dix à quinze ans, il ne restera plus que la culture pour préserver la singularité des États», explique-t-il. «La diversité culturelle est dans l'intérêt de la communauté internationale, car si nous ne parvenons pas à la démocratiser, la mondialisation dénaturera la démocratie; or, cette démocratisation exige la défense et la préservation de la diversité culturelle. A mes yeux, la diversité linguistique est à la mondialisation ce que le multipartisme est à la démocratie: indispensable.»

Ce credo commun à l'OIT et à l'OIF, constitue la pierre angulaire de l'accord de coopération conclu entre les deux organisations. Cette coopération portera en particulier sur la formation professionnelle, l'insertion des jeunes dans la vie active ainsi que l'enseignement et la formation dans le domaine des technologies de l'information et de la communication. A noter que la collaboration des deux organisations s'exprime déjà concrètement, depuis juillet 2001, à travers la réalisation d'un programme d'échange d'experts francophones.

Mise à jour par RP. Approuvée par KMK. Dernière modification: 14 juin 2002.