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Messages d’espoir
formes de
travail des enfants
La convention (n° 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999, est entrée en vigueur le 19 novembre 2000. Ratifiée à ce jour par près de 50 pays, elle aura été la convention de l’OIT la plus rapidement ratifiée depuis la naissance de l’Organisation, il y a 81 ans. Dans le monde entier, les choses semblent désormais aller très vite tant du côté des gouvernements que du côté des ONG et des enfants eux-mêmes. Le moment est venu de donner la parole aux enfants.
Genève - Le jour où Arnold, 11 ans, a décidé de sortir de son silence - comme beaucoup de travailleurs enfants le font désormais - était un jour comme un autre à l'école de la banlieue de Manille qu'il fréquente depuis deux ans maintenant.
Il venait d'apprendre que les Philippines avaient ratifié la convention no 182 de l'OIT sur les pires formes de travail des enfants.
«Pour nous et pour tous ceux qui risqueraient de subir le même sort que nous, c'est peut-être la fin de l'obligation de travailler et le début d'une existence meilleure», espère-t-il.
Arnold sait de quoi il parle, lui qui effectuait déjà un travail dangereux à l'âge de 9 ans. A l'usine de feux d'artifice, il risquait sa vie tous les jours à tel point qu'il est toujours hanté par la peur.
Action internationale, résultats locaux
Le petit Arnold est l'un des milliers d'enfants anonymes qui étaient assujettis aux pires formes de travail définies dans la nouvelle convention de l'OIT, adoptée en 1999.
À son poste de travail, Arnold était constamment en danger. Avant que les autorités du pays le délivrent, il vivait dans la crainte permanente d'une explosion. Aujourd'hui, sa seule préoccupation est d'avoir de bonnes notes et de voir ses camarades eux aussi libérés du danger de mort.
Comme beaucoup d'enfants délivrés de l'exploitation extrême, Arnold et d'autres ont célébré au mois de novembre 2000 l'entrée en vigueur de la convention sur les pires formes de travail des enfants comme une étape décisive vers la victoire.
En Thaïlande, enfants et adultes ont participé à une fête organisée sur le thème «Les enfants d'abord», par la Fondation pour le développement de l'enfant afin d'attirer l'attention sur la question du travail des enfants. Dans l'un des stands installés pour les enfants et les sympathisants, était projeté le Video -clip My hope is in you, du musicien de renommée mondiale, Youssou Ndour, que le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a récemment nommé ambassadeur honoraire de la campagne mondiale contre le travail des enfants.
En Jamaïque, Mike «Ibo» Cooper et C. Nesbeth, avec les chanteurs An-gie Angle, Lacy G. Tony Rebel et Nazzleman ont produit Let us Try1 , chanson reggae composée pour la campagne, dont le refrain invite les adultes à faire en sorte que les enfants restent des enfants, c'est-à-dire qu'ils ne vivent pas en captivité, mais seulement heureux et libres. Cette chanson sera chantées aux Caraïbes et dans le monde entier en signe de ralliement à la cause de l'élimination de l'exploitation des enfants, et surtout des pires formes de travail des enfants.
Ces fêtes et des centaines d'autres ont eu lieu dans le monde entier pour célébrer l'entrée en vigueur de la convention, le 19 novembre 2000, soit un an jour pour jour après la date de la deuxième ratification.
A ce jour, près de 50 des 175 États membres de l'OIT - soit 25% de la totalité des membres de l'Organisation - ont ratifié la convention, ce qui représente plus de ratifications que n'en a recueilli aucune autre convention en un laps de temps comparable durant les 81 ans d'existence de l'OIT2.
«Cela met en évidence l'ampleur du mouvement en faveur de l'éradication la plus rapide possible des formes les plus préjudiciables d'exploitation des enfants», a déclaré M. Somavia. «Non seulement la convention fondamentale relative aux pires formes de travail des enfants est désormais inscrite dans le droit international, mais elle génère un formidable soutien de la part des gouvernements, des employeurs, des travailleurs, des organisations internationales, de parents et même d'enfants - pour qui la ratification conduira . l'application des principes qu'elle énonce.»
Conséquences de l'entrée en vigueur de la convention 182
Aux termes de la convention no 182, les pires formes de travail des enfants sont l'esclavage, la servitude pour dettes, la prostitution, la pornographie, le recrutement forcé d'enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés, le trafic de stupéfiants, drogues, et autres activités illicites ainsi que tout autre travail dangereux ou préjudiciable pour la santé, la sécurité ou la moralité de filles et de garçons de moins de 18 ans.
La Conférence internationale du Travail a adopté cette convention à l'unanimité le 17 juin 1999. Celle-ci a été ratifiée par le gouvernement des Seychelles le 28 septembre 1999 puis par le gouvernement du Malawi le 19 novembre 1999. Cette date du 19 novembre devient donc la date de l'entrée en vigueur de la convention puisqu'il est stipulé dans le texte même de la convention que celle-ci entrera en vigueur douze mois après la date de la deuxième ratification.
Il convient d'établir une distinction entre la convention sur le pires formes de travail des enfants et la précédente convention fondamentale de l'OIT sur le travail des enfants, à savoir la convention no 138 sur l'âge minimum. Cette convention, qui a été adoptée par la Conférence internationale du Travail en 1973, a pris effet en 1976. Elle vise l'abolition générale du travail des enfants alors que la deuxième est axée sur les pires formes de travail des enfants, et stipule que l'âge minimum d'accès à l'emploi ne doit pas être inférieur à l'âge de fin de scolarité obligatoire.
La récente mobilisation mondiale contre le travail des enfants s'est traduite par une vague de ratifications sans précédent de la convention sur l'âge minimum. En effet, le rythme de ratification de cette première convention s'est accéléré au cours de l'année écoulée par rapport au début des années quatre-vingt-dix, où seules quelques ratifications étaient enregistrées chaque année. À la fin du mois d'octobre 2000, 102 États membres de l'OIT avaient ratifié la convention no 138.
Le texte de la convention sur les pires formes de travail des enfants est connu depuis son adoption il y a un an et les États membres étaient libres de s'en inspirer pour prendre les mesures préconisées. Mais maintenant qu'il est «entré en vigueur» et fait donc partie du droit international, les mécanismes ci-dessous sont mis en ouvre:
L'impact des effets juridiques décrits ci-dessus ne se fera peut-être pas directement sentir sur la campagne de sensibilisation menée sans interruption depuis l'adoption de la convention no 182, mais constituera des incitations supplémentaires pour les pays dans lesquels celle-ci n'est pas encore en vigueur.
La convention 182 et la Déclaration
L'entrée en vigueur de la convention no 182, qui et la huitième convention fondamentale de l'OIT, aura un effet direct sur les Rapports globaux annuels établis en vertu de la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée en 1998. En 2001, pour la première fois, les États membres qui n'auront pas encore ratifié la convention no 182 seront appelés à faire rapport sur le respect du principe de l'abolition des pires formes de travail des enfants et les mesures prises à cet effet. Ils pourront demander l'assistance technique du BIT.
Ainsi, les États membres qui n'ont pas encore ratifié les conventions fondamentales de l'OIT relatives au travail des enfants doivent, sans être liés par toutes les dispositions qu'elles contiennent, s'orienter vers l'abolition effective du travail des enfants. Tant qu'ils n'ont pas ratifié les conventions nos 182 et 138, ils doivent rendre compte chaque année des efforts qu'ils déploient afin d'y parvenir.
Le Rapport global de 2002, établi par le Directeur général également dans le cadre du suivi de la Déclaration, portera sur les progrès réalisés dans le monde en ce qui concerne l'abolition du travail des enfants et notamment de ses pires formes. Il évaluera aussi l'efficacité de l'assistance offerte par le BIT dans ce domaine et tirera des conclusions préliminaires sur les priorités à venir pour la coopération technique. Le rapport sera examiné en juin 2002, lors de la Conférence international du Travail.
1 Let us Try, Michael «Ibo» Cooper et C. Nesbeth avec Angie Angel, Lady G, Tony Pebel et Nazzleman, chanson écrite pour la campagne en faveur de l'abolition du travail des enfants, avec l'appui de l'IPEC et la participation d'artistes locaux et des enfants de «Children First».
2 Le BIT s'est fixé pour but d'obtenir 87 ratifications, représentant la moitié des États membres de l'Organisation, avant la fin de 2001.