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L'OIT: ses origines

La première guerre mondiale a bouleversé la carte sociale et économique du monde. Le Traité de Versailles, signé en 1919, a donné naissance à l'OIT en même temps que voyait le jour la Société des Nations. La création de l'OIT traduisait le souci d'entreprendre les réformes sociales devenues indispensables dans un monde profondément marqué par la révolution industrielle, et reflétait la conviction que ces réformes ne pourraient être menées à bien qu'à l'échelle internationale.

Vingt-cinq ans plus tard, l'OIT est entrée dans la période de reconstruction qui a suivi la seconde guerre mondiale en adoptant la Déclaration de Philadelphie, qui, en réaffirmant et en élargissant ses buts et principes fondamentaux, a donné une impulsion nouvelle à son action.

Cette déclaration anticipe l'accession de beaucoup de pays à l'indépendance après la guerre et marque le début d'un vaste effort de coopération technique avec le monde en développement, allant de pair avec l'action normative entreprise dès 1919.

En 1946, l'OIT est devenue la première institution spécialisée du système des Nations Unies. En 1969, date de son 50e anniversaire, le Prix Nobel de la paix lui a été décerné.


Juan Somavia

A la tête du BIT se trouve un directeur général désigné par le Conseil d'administration. Depuis 1919, la direction générale du BIT a été assurée successivement par le Français Albert Thomas (1919-1932), le Britannique Harold Butler (1932-1938), l'Américain John Winant (1939-1941), l'Irlandais Edward Phelan (1941-1948), l'Américain David Morse (1948-1970), le Britannique Wilfred Jenks (1970-1973), le Français Francis Blanchard (1973-1989), le Belge Michel Hansenne (1989-1999) et, depuis mars 1999, le Chilien Juan Somavia.

L'OIT: son fonctionnement

L'OIT a une structure tripartite qui est unique dans le système des Nations Unies: les organisations d'employeurs et de travailleurs participent, au même titre que les gouvernements, aux travaux de ses différents organes.

La Conférence internationale du Travail se réunit une fois par an. Elle examine les problèmes sociaux et les problèmes du monde du travail, établit des normes internationales du travail et fixe les grandes orientations de l'Organisation. Tous les deux ans, elle adopte le programme de travail biennal de l'OIT ainsi que son budget, financé par les Etats membres.

Chaque Etat membre a le droit de se faire représenter à la Conférence par quatre délégués: deux du gouvernement, un des travailleurs et un des employeurs. Chacun de ces délégués est libre de s'exprimer et de voter en toute indépendance.

L'OIT est la seule institution mondiale dont la politique et les programmes sont arrêtés par les représentants des employeurs et des travailleurs - les partenaires sociaux - sur un pied d'égalité avec ceux des gouvernements.

L'OIT encourage aussi le tripartisme dans les Etats membres en incitant ceux-ci à établir un «dialogue social» associant les organisations syndicales et les employeurs à l'élaboration et, lorsque la situation s'y prête, à la mise en æuvre des politiques nationales dans les domaines social et économique et dans d'autres domaines.

Entre deux sessions de la Conférence, c'est le Conseil d'administration qui oriente les travaux de l'OIT. Celui-ci se compose de 28 membres gouvernementaux, 14 membres travailleurs et 14 membres employeurs.

Le Bureau international du Travail, dont le siège se trouve à Genève, est le secrétariat de l'Organisation. Il coordonne les activités de coopération technique et fait fonction de centre de recherche et de maison d'édition. Un réseau de bureaux extérieurs (bureaux régionaux, bureaux de zone, bureaux de correspondance) implantés dans plus de 40 pays assure la décentralisation de l'administration et de la gestion.

Le Conseil d'administration et le Bureau sont aidés dans leur tâche par des commissions sectorielles tripartites ainsi que par des commissions d'experts qui traitent de questions telles que la formation professionnelle, le perfectionnement des cadres dirigeants, la sécurité et la santé des travailleurs, les relations professionnelles, l'éducation ouvrière ou encore les problèmes particuliers des femmes et des jeunes travailleurs.

Des réunions régionales, auxquelles participent les Etats membres de l'OIT appartenant à une région donnée, ont lieu périodiquement, ce qui permet d'examiner les questions intéressant plus particulièrement telle ou telle partie du monde.

La Déclaration de Philadelphie

En 1944, la Conférence internationale du Travail, réunie à Philadelphie, aux Etats-Unis, a adopté une déclaration qui redéfinit les buts et objectifs de l'Organisation en énonçant notamment les principes suivants:

Le travail n'est pas une marchandise.

La liberté d'expression et d'association est une condition indispensable d'un progrès continu.

La pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous.

Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales.


La couverture du dépliant d'information
L'OIT: ses origines / son fonctionnement
Le Centre international de formation / L'institut international d'études sociales
Publications / Bibliothèque et services d'information
Etats Membres
L'OIT: son action / Le travail des enfants
Normes internationales du travail / Le travail et les femmes
Un emploi et un revenu décents / Coopération technique

Mise à jour par RS. Approuvée par KMK. Dernière modification: 24 août 1999.