Biographie de Juan Somavia, Directeur général
Le 23 mars 1998, le Conseil d'administration a élu Juan Somavia Directeur général du BIT. Neuvième Directeur général de cette institution, M. Somavia est aussi depuis le 4 mars 1999, date à laquelle il a pris ses fonctions pour un mandat de cinq ans, le premier représentant de l'hémisphère Sud à occuper ce poste. En mars 2003, M. Somavia a été réélu pour un deuxième mandat de cinq ans, et pour un troisième mandat le 18 novembre 2008.
Avocat de profession, il a mené une longue et brillante carrière dans les affaires civiles et internationales. Sa vaste expérience dans tous les domaines de la vie publique - en tant que diplomate et en tant qu'universitaire - et sa participation active aux activités d'organismes de développement social, d'associations commerciales et d'organismes de la société civile ont contribué à le convaincre de la nécessité d'assurer un travail décent aux femmes et aux hommes dans le monde entier. On trouvera ci-après une liste des nombreux postes qu'il a occupés auprès des Nations Unies et dans d'autres organisations intergouvernementales avant de rejoindre l'OIT:
1990-99: représentant permanent du Chili auprès de l'Organisation des Nations Unies à New York;
1993-94, 1998-99: président du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies;
1996-97: représentant du Chili au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, et président du Conseil de sécurité en avril 1996 et octobre 1997;
1993-95: président du Comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement social;
1991-92: président du Comité social du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies;
1990-91: président de la troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles;
1970-73: secrétaire exécutif de l'Association latino-américaine de libre-échange (Chili); ambassadeur du Chili auprès du Groupe andin; membre et président du Conseil du Groupe andin;
1968-70: ambassadeur et conseiller du ministre chilien des Affaires étrangères pour les questions économiques et sociales, responsable des affaires multilatérales, y compris l'OIT.
Depuis sa prise de fonctions en 1999, M. Somavia a entrepris de relever le défi que présente pour l'OIT la transformation accélérée de l'économie. En 1999, il a présenté à la Conférence internationale du Travail son programme de promotion du travail décent, adopté ensuite par le Conseil d'administration et par la Conférence. L’Organisation a adopté le travail décent en tant qu’expression contemporaine de son mandat historique.
A son initiative, l’OIT a créé en 2002 la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation. Composée de Chefs d’Etat, de représentants d’employeurs et de travailleurs, de décideurs, d’universitaires et d’acteurs sociaux de tous horizons, cette commission a été le premier organe officiel chargé d’examiner, de manière globale et systématique, l’impact social de la mondialisation. Parmi ses recommandations essentielles, figure un appel en faveur du travail décent en tant que moyen d’instaurer une mondialisation juste créant des opportunités pour tous.
En juin 2008, la Conférence internationale du Travail a adopté la Déclaration sur la Justice sociale pour une mondialisation équitable. Cette Déclaration refonde la mission de l’OIT lui permettant, grâce à l’Agenda du Travail décent, d’affronter les défis de la mondialisation au XXIème siècle.
Avec le soutien unanime de ses participants, à savoir des chefs d'État et de gouvernement, des vice-présidents, des ministre du travail et des dirigeants d’organisations d’employeurs et de travailleurs de toutes les régions du monde, présents au Sommet de l’OIT sur la crise mondiale de l’emploi en 2009, l'OIT a adopté un Pacte mondial pour l’emploi conçu pour remédier à l’impact de la crise financière et économique internationale sur la société et l’emploi. Ce Pacte préconisant entre autres une relance productive axée sur l’investissement, l’emploi et la protection sociale. Le Pacte mondial fut ensuite bien accueilli par les Leaders du G20 au Sommet de Pittsburgh, où le Directeur général de l’OIT Juan Somavia a été invité à présenter un rapport sur des politiques et des perspectives pour les travaux et la protection sociale. Sous sa conduite, l'OIT a également été conviée à participer aux différents Sommets du G20.
M. Somavia a débuté sa carrière en tant qu'universitaire. En 1967-68, il a été chargé d'enseignement sur les questions économiques et sociales dans le cadre des cours de politique commerciale du GATT à Genève. En 1971, il a été nommé professeur de politiques économiques et sociales internationales au département des sciences politiques de l'Université catholique du Chili ; à ce poste, il a eu l'occasion de mettre en relief le rôle de l'OIT et sa structure tripartite dans le cadre d'une étude de cas sur la coopération internationale. De 1976 à 1990, il a été fondateur, directeur exécutif et président de l'Institut latino-américain d'études transnationales (ILET) et a entrepris, durant cette période, plusieurs études sur les mouvements syndicaux et sociaux à Mexico et à Santiago. De 1996 à 1999, il a été président du conseil de l'Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD). Pendant toute sa carrière, il a publié des documents et donné des conférences sur des sujets relatifs au commerce, au travail et aux droits de l'homme. En outre, il a été cité et récompensé en de multiples occasions pour son travail en faveur de la paix, des droits de l'homme et du développement social.
M. Somavia a toujours manifesté beaucoup d'intérêt pour la coopération au service du développement et pour les affaires économiques et sociales. A la fin des années soixante, lorsqu'il travaillait au GATT, il a encouragé la participation des pays en développement aux négociations Kennedy. De 1970 à 1973, il a été membre et président du conseil de la Société andine de développement à Caracas et a œuvré activement en faveur de l'intégration régionale. De 1977 à 1995, il a été membre du comité exécutif de la Fondation internationale pour un autre développement, à Nyon (Suisse); il a en outre fait partie pendant de plus de 25 ans du comité consultatif de "Development Dialogue" (publié par la Fondation Dag Hammarskjöld).
La carrière aux multiples facettes de M. Somavia a été guidée par un ferme attachement à la cause de la justice sociale, de la paix et des droits de l’homme. M. Somavia a activement participé au rétablissement de la démocratie au Chili. Non seulement il a été président de la Commission internationale de la coalition démocratique du Chili, mais il a aussi été, de 1986 à 1990, fondateur et secrétaire général de la Commission sud-américaine de la paix. La poursuite de ces idéaux lui a valu plusieurs citations et récompenses, dont le Prix de la paix Leonides Proaño, décerné par l’Association latino-américaine des droits de l’homme, le Golden Dove of Peace international, que lui a attribué en juillet 2005 l’ONG italienne Archivio Disarmo et, plus récemment, le Silver Rose Award, que lui a remis SOLIDAR pour sa vision du travail décent et sa défense des droits et des libertés des travailleurs. Il a récemment reçu un Prix pour l’œuvre de toute une vie au service de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)et de la promotion du développement social.
M. Somavia a été actif pendant de nombreuses années au sein d'associations commerciales, d'organismes financiers et de la société civile. En tant que secrétaire exécutif de la Chambre de commerce Chili-Argentine, il a renforcé les liens entre les milieux d'affaires des deux pays. De 1976 à 1982, M. Somavia a été coordinateur du Forum du Tiers-monde, un réseau d'acteurs sociaux d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Il a également été membre du conseil et vice-président pour l'Amérique latine de l'Agence de presse du tiers monde Interpress Service, située à Rome. Avec Gabriel García Márquez, lauréat du prix Nobel, M. Somavia a représenté l'Amérique latine en tant que membre de la Commission MacBride sur les communications internationales (1980-1982). Enfin, il a été président du Comité Action mondiale des parlementaires des Nations Unies.
Né le 21 avril 1941, M. Somavia a fait ses études primaires et secondaires au Chili, aux Pays-Bas, en Belgique, aux Etats-Unis et en Equateur. En 1958, il est retourné dans son pays pour étudier le droit à l'Université catholique du Chili. Après avoir obtenu son diplôme en 1962, il a suivi des études supérieures en développement économique à la faculté de droit et de sciences économiques de l'Université de Paris. M. Somavia a reçu le diplôme de Laurea Honoris Causa en sciences politiques de l'Université de Turin en novembre 2001, des doctorats Honoris Causa décerné par l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne en mai 2003, par l’Université Catholique du Pérou en 1999 et par le Connecticut College en 1996.
M. Somavia a obtenu plusieurs récompenses dont, un Doctorate Honoris Causa par le Connecticut College en 1996, par l’Universidad Católica del Pérú en 1999, par l’Université de Turin en novembre 2001, l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne en mai 2003 et enfin en 2009 par l’Université de Coimbra et l’Université de Kassel.
M. Somavia et son épouse Adriana Santa Cruz ont deux enfants et trois petites filles.
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