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Djibouti

Données de base
Superficie   23, 000 sq km
Capitale   Djibouti ville
Population   700, 000 environ
Monnaie   Franc djiboutien
Fuseau horaire   GMT + 3 heures
Carte de Djibouti    

Djibouti est un pays désertique situé à l’entrée de la mer Rouge et partage ses frontières avec l’Ethiopie, l’Erythrée et la Somalie. Jouissant d’une certaine stabilité au sein d’une région caractérisée par de nombreux conflits, Djibouti connaît des flux migratoires importants en provenance de ses pays voisins, de nature à fragiliser son équilibre économique. Parallèlement, Djibouti revêt une importance stratégique pour l’accès à la Mer Rouge, et possède une forte présence militaire française et américaine.

Le pays est doté d’une population d’environ 700’000 habitants - dont les trois quarts vivent à la capitale, Djibouti-ville -, population caractérisée par un taux de près de 40 pour cent de jeunes de moins de quinze ans. Cette proportion très élevée de jeunes comporte des défis importants en matière de développement socio-économique.

Occupant la 148ème place sur 177 pays selon l’indice de développement humain des Nations Unies en 2006, Djibouti compte parmi les pays les plus démunis et connaît en outre un accroissement de la paupérisation de la population. En effet, entre 1996 et 2002 seulement, l’incidence de la pauvreté relative est passée de 45,1 à 74 pour cent tandis que le taux de pauvreté extrême grimpait de 9,6 à 42,1 pour cent, affectant particulièrement le milieu rural.

Sur le plan politique, la République de Djibouti a engagé un certain nombre de réformes et amorcé une transition vers la démocratie et le pluralisme politique. Les institutions du pays nécessitent un appui soutenu afin d’améliorer la qualité professionnelle de leurs services, aux niveaux du gouvernement, du secteur judiciaire ou législatif. Quant à la société civile, elle demande à être développée et renforcée en vue de sa participation active.

Membre de l’OIT depuis 1978, Djibouti a ratifié 66 Conventions du Travail de l’OIT (58 en vigueur), dont les huit Conventions fondamentales ainsi que trois Conventions prioritaires. La ratification de ces Conventions implique l’obligation d’appliquer au niveau national les droits des travailleurs qui en découlent, par le biais, entre autres, d’un Code du Travail qui y soit conforme ainsi que par un suivi efficace des commentaires des organes de contrôle de l’OIT.

L’économie du pays est peu industrialisée et dépend largement du secteur des services (commerce, tourisme, transports, télécommunications, banques et assurances) qui contribue à hauteur de 80 pour cent au Produit National Brut et 80 pour cent des emplois. Grâce à l’ouverture du secteur public aux investisseurs privés - conclusion d’un contrat de gestion du port de Djibouti et concession de l’aéroport international d’Ambouli avec l’Emirat de Dubaï -, les perspectives de croissance sont porteuses de création d’emplois. D’autres projets d’investissements sont prévus dans le commerce maritime, avec d’inévitables répercussions sur le marché de l’emploi et du travail.

En effet, en l’absence de main d’oeuvre qualifiée dans le pays, les investisseurs doivent actuellement recourir à l’emploi de travailleurs d’autres pays. Compte tenu du taux de chômage très élevé - 59,5 pour cent de la population active, affectant particulièrement les jeunes et les femmes -, il est donc crucial d’entreprendre une politique de formation professionnelle adaptée aux nouveaux besoins afin que les djiboutiens puissent bénéficier des retombées économiques de ces investissements. A cette fin, le gouvernement a placé la formation professionnelle au coeur de sa politique de lutte contre le chômage et mis en place une nouvelle structure, l’Agence Nationale de l’Emploi, de la Formation et de l’Insertion Professionnelle.

L’accroissement du chômage s’est inévitablement répercuté sur la pauvreté qui s’est fortement accrue depuis 1996, évolution qui a amené les autorités à adopter un ensemble de politiques et de mesures. A cet effet, le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) de 2004 vise à dynamiser la croissance à travers le renforcement de la compétitivité, la promotion du développement des ressources humaines, la promotion de la femme et d’activités génératrices de revenus pour les plus pauvres, le développement local durable, et la bonne gouvernance.

En second lieu, l’Initiative Nationale du Développement Social (INDS) prévoit trois objectifs principaux: la promotion de l’accès aux services de base (éducation, santé, énergie et logement), la restructuration des instances nationales en vue de créer de l’emploi; et enfin, une assistance aux personnes en situation de grande vulnérabilité.

Troisièmement, la Feuille de Route du Gouvernement pour 2005 - 2011, prévoit un ensemble de mesures complémentaires afin de promouvoir la démocratie politique et sociale. Ces mesures portent sur le renforcement du système judiciaire et du dialogue social, l’établissement d’un partenariat entre les secteurs public et privé ainsi qu’avec la société civile, et enfin la mise en place d’une protection sociale pour tous les citoyens.

Enfin, dans son Discours de Politique Générale du Gouvernement du 1er mars 2008, le Premier Ministre a identifié l’emploi comme dossier prioritaire, et particulièrement celui des jeunes. Des efforts particuliers devront être menés dans les secteurs du port et des zones franches, le commerce maritime, ainsi que l’hôtellerie et le tourisme.

Plusieurs mécanismes institutionnels ont été établis afin de mettre en oeuvre la stratégie contre la pauvreté, dont notamment l’Agence Djiboutienne de Développement Social, dotée d’un Fonds de Solidarité Nationale.

Co-opération technique disponible par le BIT

L’assistance apportée par le BSR dans le passé concerne principalement le travail des enfants, l’élaboration des rapports en vertu des Conventions ratifiées par le pays, et des études telles que sur le développement de l’entreprenariat féminin. Le BSR, en étroite collaboration avec le Ministère de l’Emploi et les partenaires sociaux, a élaboré un Programme Pays Travail Décent (PPTD) qui s’inscrit tant dans le cadre des politiques nationales du pays que des priorités établies par l’Equipe Pays des Nations Unies, dans le « Plan Cadre pour l’Aide au Développement (UNDAF) 2008 – 2012. Ces priorités offrent de nombreux domaines d’action où l’expertise du BIT peut intervenir à titre complémentaire.

Le PPTD est basé sur quatre priorités: la création d’emplois, particulièrement pour les femmes et les jeunes ainsi que l’accès à l’emploi à travers la formation professionnelle, le respect des normes nationales et internationales du travail, avec un accent sur le travail des enfants, la promotion du dialogue social, ainsi qu’une protection sociale universelle. La validation à l’avenir du PPTD s’inscrit dans une période particulièrement cruciale pour répondre aux nombreux enjeux et défis qui se poseront pour le pays dans le contexte actuel de la crise économique internationale.


 
Last update:17.04.2009 ^ top